Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 15:42

 

 

Le Rocher Rouge est la traduction de l'hébreu " Hazeéla Aadom", une chanson composée pour chanter les exploits malheureux ou heureux de jeunes israéliens attirés par les Légendes sur les ruines de la fabuleuse Cité Nabatéenne de Pétra,  en Jordanie alors interdite  aux randonneurs israéliens ensorcelés par leur curiosité. Ce fut depuis 1930 le but d'expéditions secrètes de ces jeunes téméraires qui avaient pour devise que rien ne vaut pour mieux connaître le pays que de le parcourir pédestrement, en long et en large, en bravant l'inévitable insécurité.

 

J'ai traduit pour les lecteurs francophones une partie de ce texte extrait du remarquable site :

http://www.202.org.il/Pages/moreshet/petra/roman.php

 


...
L'idée d'aller à Pétra (1) a captivé les jeunes Israéliens au début des années 1950. Svora'i et deux de ses camarades Palmah, Gila Ben-Akiva et Aviva Rabinovitch, ont  également attrapé le virus. Un jour, dans la salle à manger du kibboutz Ein Harod, Svora'i entendit dire que l'un des membres du kibboutz avait fait une excursion de Bethléem à Ein Gedi. Son nom était Meir Har-Zion (2). Elle comprit immédiatement qu'il  pouvait l'aider à réaliser son rêve et lui demanda de l'accompagner à Pétra avec lui. Il a rapidement accepté. Deux semaines plus tard ils partirent....

 

Le triangle du Désert du Néguev, et la vallée de l'Arava, entre l'Egypte et la Jordanie.

                                                    Pétra est à l'Est.



Negev Map


  "Nous avions seulement une boussole et une carte à petite échelle, mais qui était certainement suffisante pour trouver notre chemin à Pétra," rappelle Har-Zion . Cette nuit-là, ils ont traversé la frontière vers la Jordanie, et se sont dirigés vers les montagnes d'Edom sur la côte orientale de l'Arava. Ils se reposèrent dans les contreforts des montagnes et vérifièrent la carte
à  la lueur d'une allumette, mais ne purent pas trouver le sentier qui était sur le document. Ils ont lentement fait leur chemin en progressant dans l'un des ravins. "Le ravin se terminait à un mur de pierres. Nous avons essayé de trouver notre position en utilisant la boussole et les étoiles, et rapidement réalisé que nous avions perdu nos repères."

  La seule façon de continuer fut d'attaquer ce pan rocheux. Après une heure et demie d'escalade, ils atteignirent le sommet et dans  un creux de pierrailles ils décidèrent de s'arrêter. Épuisés, ils  se sont rapidement endormis.

  Ils se sont réveillés dans l'après-midi. En utilisant la boussole, ils ont pens
é à la direction d'une piste à suivre pour l'après-midi et la nuit. La région est apparue totalement déserte, mais ils ont décidé qu'il serait plus sûr de continuer dans la pénombre. Ils partirent à 17 heures et  trouvèrent un chemin menant au sommet de la montagne. En avançant ils arrivèrent  vers le bas dans une rivière, pour découvrir une succession de trois chutes d'eau, et un bassin naturel  «Nous étions sûrs que Pétra (3) était au bout du lacet", se souvient Svora'i.

  Ils décidèrent d'attendre jusqu'à tard dans la nuit pour continuer. A 01h30, ils ont commencé à marcher de nouveau. Le chemin qu'ils ont suivi  conduisit encore  à un amas de rochers, qu'ils escaladèrent en atteignant le sommet en plein jour. Alors qu'ils descendaient de la montagne, un troupeau de chèvres s'approcha d'eux. Ils se cachèrent dans les replis de rochers, en attendant nerveusement que passe un troupeau suivit d'un deuxième..

  Enfin, la vallée de Pétra s'offrit
à leurs yeux. "Nous sommes entrés dans Pétra, en plein jour», explique Har-Zion. «Nous étions arrivés à l'endroit où les monuments énormes ont été creusées dans les falaises, passant au dessus de nous comme d'étranges  et incroyables géants."

  Surpris par le cri d'un bébé, ils se cachèrent dans une grotte, en attendant qu'il fasse presque nuit pour continuer à explorer. Ils se dirigèrent vers le Nord pendant plusieurs kilomètres, en évitant le poste de garde, jusqu'à trouver un chemin menant à l'ouest. Soudain, ils entendirent des voix et rapidement se jetèrent
à plat-ventre, à la vue de  deux Bédouins armés et de leur âne au dos lourdement chargé.

  Dans l'obscurité, ils ont poursuivi leur chemin sur une pente raide vers le haut d'une falaise. Et la se sont arrêtés pour dormir. A la lumière du jour, ils découvrirent un petit ruisseau en dessous d'eux, serpentant à travers les roches colorées. Précautionneusement descendant de la falaise, ils ont suivi la rivière à l'ouest. Après avoir rencontré une autre bédouin, ils ont décidé de se cacher et attendre le soir pour continuer. Dans la soirée, ils se hâtèrent pour atteindre la vallée de l'Arava, et  continuèrent leur route pendant encore d'autres  cinq heures. Quand ils tombérent sur une pancarte, "État d'Israel, Ministère de l'Agriculture," ils  réalisèrent qu'ils étaient de retour au pays..

  Quatre mois après leur retour, en Septembre 1953, le Groupe de la Faculté d'Agriculture a organisé une autre randonnée. Arik Megger, Miriam Monderer, Eitan Mintz, Ya'acov Kleifeld, et Gila Ben-Akiva prirent le chemin de Pétra.
  "Nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé pour eux», dit Svora'i. "Un serpent  apparemment mordit Eitan ils ont décidèrent de rebrousser chemin. Lorsque son état a empiré, ils choisirent de se livrer
à  la police jordanienne de Bir Madhkur. Mais la police a alors tiré et les a tué alors qu'ils s'approchaient, et leurs corps ont été retournés à Israël les jours suivants ».
En avril 1956, Dror Levi et Dimitri Berman ont tenté leur chance. Jordaniens les ont découvert et ouvrirent le feu avec des résultats mortels. Levi a été tué et Berman, quoique blessé, a réussi à rentrer en Israël.

  Ce printemps, un mémorial pour les randonneurs a été érigé dans l'Arava. Mais leur mort renforça l'attrait pour Pétra. Quelques mois plus tard, en Mars 1957, Menahem Ben David, Ram Pragai, Kalman Shelef Shlafsky, et Dan Gilad se mirent en marche pour Pétra. Tous les quatre ont été assassin
és par l'armée jordanienne. Cette dernière tragédie a conduit à une loi israélienne promulguant l'interdiction de cette randonnée sur la frontière.

 Les  Bédouins dans l'Arava ont été recrutés par les Jordaniens  qui leur ont enseign
é à  suivre les Israéliens qui tentent une randonnée à Pétra. En Novembre 1987, ils ont tué Amiram Hai et Mordechai Tuvi. Mais en 1960, Kushi Rimon et Victor Friedman sont venus avec l'idée d'aller à Pétra et retourner  en Israël en toute sécurité: dans une jeep et déguisés en personnel de l'ONU.

  «En tout, 12 randonneurs non armés ont été mortellement atteints sur le chemin de Pétra. Raconte Svora'i : «Quand l'accord de paix avec la Jordanie a été signé, les touristes Israéliens ont pu visiter la Jordanie et Pétra a été - et est toujours -. la principale attraction pour les Israéliens"

  Après la signature de l'accord de paix,
à la mémoire des randonneurs  audacieux qui ont été tués en Septembre 1953 a été organisé un voyage spécial .. Au poste de police près de l'endroit où ils ont été assassinés, une cérémonie a eu lieu et un mémorial fut érigé, ainsi clôturant cette époque. Svoar'i rappelle:  "On se sentait comme si nos amis étaient avec nous, enfin réalisant pleinement  leur rêve»....

 
(Fin
de citation).

 

Je dois ajouter que j'ai particulièrement apprécié la lecture de ces exploits (hélas tragiquement terminés), car je fus dans ma trentaine un adepte de ces excursions solitaires, uniquement dans le Néguev, dans le Désert de Judée, loin des voies de communications, mais sans jamais avoir cherch
é  à provoquer le sort dans une marche aventureuse. Il faut avoir fait ces randonnées à pieds dans le silence cristallin de ces paysages magnifiques, dénudés et presque vierges, en n'entendant que les palpitations de son coeur, pour apprécier le courage de ces randonneurs pionniers. Le silence du randonneur aux pas   feutrés    permet de découvrir à  un détour et le temps d'un éclair, la faune furtive qui peuple cette région comme la  Gazelle, le Bouquetin, le Lynx dit de Syrie aux oreilles pointues, les charmantes  marmottes au regard étonné, l'inévitable Chacal, l'Hyène et diverses espèces de Lézards, et autres beautés de la Nature que survolent les Aigles toujours en chasse. Mais attention de ne pas soulever les pierres par inadvertance, vous mettriez presque à coup sur à nu un nid de scorpions bien dardés  , ou un serpent peu engageant.

    J'ai essayé de traduire cette chanson célèbre chantée par Arik Lavi (1927-2004), qui conte l'attrait des jeunes israéliens méprisants le danger, de la génération des années 50, ensorcelés par cette région qui fut interdite    jusqu'en 1984, date de la signature du Traité de Paix Israélo-Jordanien.

 

        Au delà des montagnes et du désert
        Les légendes racontent qu'il y a un endroit
        Dont personne n'est revenu vivant
        Et qui se nomme le Rocher Rouge.

        Tout trois ont pris la route au coucher du soleil,

        Face aux brûlures rouges des montagnes ,
        Avec un vieux rêve, une carte et une  gourde d'eau
        En chemin vers le Rocher Rouge.
        Oh, le Rocher, rouge, rouge !
 
        Le premier est allé en éclaireur, levant son visage,
        Vers le ciel étoilé,
        Mais ce que ses yeux ont vu
        Ne fut que de la roche rouge
        Oh, le Rocher rouge-rouge !
 
        Bien sur,
        Ils campèrent quelques fois

        Entre les pierres,
        L'un dit, comme sortant d'un rêve:
        Je vois - son visage est blanc.
        Ses compagnons répondirent: la Roche Rouge !.
        Oh, le Rocher rouge, rouge !
 
         Le soleil de nouveau leur cognait la tête
         Et ils respiraient la chaude poudre du désert
         Et soudain,  comme pétrifiés,
         Ils ne dirent mot
         Ils ont vu le Rocher Rouge.
         Oh, le Rocher rouge rouge !.

 

         La rafale a été courte.

  L'un d'eux gémit "je suis blessé" et il se tut.
  Ses compagnons répondirent, la bouche pleine de poussière
  Nous voila arrivés au Rocher Rouge !
 
         Oh, le Rocher rouge rouge !....

Notes:

(1) Un film de 45 minutes sur Pétra par "National Geographic", expliquant comment furent sculptés ces monuments avec ingéniosité, sans échafaudage,(par manque de bois, il n'y pousse que de rares épineux) et très peu d'outils: la sculpture dans le mur de grès était entamée par le haut de la falaise, les ouvriers se tenant sur un rebord creusé et découpé au fur et à mesure de la progression de la taille, les monuments se terminaient au niveau du sol.

(2) Sur le célèbre commando des "101'' et une de ses plus grandes figures:  Har-Zion.
Dans ce Commando, il était de règle pour prouver son courage et son savoir-faire en pays ennemi, de traverser la frontière jordanienne d
éguisé, de rentrer dans un Bureau de Poste pour se faire oblitérer une enveloppe à  l'adresse locale et revenir en sécurité avec cette preuve de mission accomplie, grace à la parfaite connaissance du dialecte et des usages.
http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Society_&_Culture/paratroop.html

(3) L'Histoire Juive à l'Est du Jourdain:

Et voici le site pour écouter la chanson d'Arik Lavi "Hazeela Aadom", "the Red Rock", le fameux Rocher Rouge !
(Sur la couverture du disque, la  locomotive illustre  une autre chanson de cet artiste). Musique de Yohanan Zarai, paroles de Haim Heffer:


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Par Georges Lévy - Publié dans : souvenirs
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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 15:19

   

 

Regardez bien ce grand dessin à la mine de charbon, il a un passé dont je cherche à retracer l'histoire. Qui m'aidera à dévoiler le secret de ces Allégories ?.

 

 

LNE 0865

 

   
J'ai eu l'honneur d'avoir fait partie du personnel du L.N.E (Laboratoire National d'Essai, maintenant aussi dit "et de Métrologie") de 1962
à 1967. Cette année 62 qui fut pour tant de citoyens de la méditerranéenne province française d'Algérie un exode brutal, je me retrouvais sur le pav
é parisien avec ma valise bourrée de livres, de souvenirs pris au hasard, et surtout d'amertume. Mais j'étais vivant, et jeune, et eu la chance d'être accueilli par mon grand-frère, qui était parisien depuis la fin de ses études et sa réussite aux Grandes Écoles.

Tout de suite je me mis en quête d'un emploi , en continuant des études au C.N.A.M et grâce à la compréhension de Monsieur Maurice Bellier, alors le Directeur du L.N.E, je fus employé dans la petite équipe* d'électroniciens qui s'occupait de l'entretien des appareils de mesures électriques. Cette salle servait aussi aux Travaux Pratiques des élèves du CNAM grâce à  un Calculateur Analogique (Gired/Dervaux) reconditionné par nous-mêmes, et cela du au dynamisme du Directeur.

Cet immeuble magnifique, avec ses piliers d'entrée monumentaux et ses larges fenêtres vitrées, allait chercher ses fondations profondément, à cause du vide laissé par les carrières de la pierre de Paris extraite pour la construction de la Capitale.

J'en connaissais de par ma fonction tous les recoins, des étages profondément en sous-sol où étaient installés  à l'abri des vibrations du trafic et des changements de température les appareils de mesures des Masses, l'étalon du Mètre en irridium, la Chambre Sourde, jusqu'aux étages supérieurs du Service de Dosimétrie Radioactive et autres. Les balances de haute précision sous abri de verre étaient commandées par des manivelles tenant ainsi à  distance la chaleur  de l'opérateur  et lui permettant des manipulations très délicates ! Quant au fameux mètre, il baignait dans un liquide en perpétuel circulation pour maintenir uniformément sa température !.  J'avoue l'avoir admiré chaque fois avec la même émotion. Bien sur, il n'est plus depuis longtemps la référence, mais l'unité de longueur est remplacée par la longueur d'onde d'un gaz rare. A Paris, au 10 de la rue Vaugirard, le passant curieux pourra voir  incrusté dans un mur un mètre étalon en pierre établi du temps de la Révolution lors de l'unification bénéfique pour la Science des unités de mesure. (Peut-être fut-il utilisé aussi pour confectionner les redingotes en sapin en grande demandes à cette époque de raccourcissement des ci-devant).
Un jour, le Directeur demanda aux jeunes techniciens que nous étions d'aller débarrasser d'une salle située au dernier étage, les vieux appareils de métrologie entrepos
és car désuets ou hors de service. Des cloches à  vide fendues, des balances couvertes de poussières, des alambics et des instruments d'optique d'un autre âge. En fait très peu d'articles avaient assez bonne mine pour entrer au Musée.
Pour ma part, je remarquais dans un coin, un grand papier fort pli
é en accordéon sans protection dont je dérangeais les pinces-oreilles qui en faisaient et leur demeures et leurs garde-manger. Au lieu de le jeter aux décombres, j'en écartais les plis poussiéreux pour entrevoir de larges traits au fusain noir. Et puis en fin de journée, je pris avec moi ce dessin sans penser à  la portée de mon acte.
Je présente donc mes regrets pour ce larcin commis, après un demi-siècle .

Ce dessin prit le chemin de la...cave de l'appartement où j'habitais alors avec mes parents. Ce mois dernier, de passage à  Paris, et faisant des rangements dans les souvenirs familiaux, je redécouvrais cette esquisse dont j'avais oublié son existence et en dépliant avec précaution le papier très fragilisé, je vis en entier cette oeuvre au fusain: deux nus légèrement voilés tenant le fléau d'une balance, sans doute Allégories de la Métrologie. J'ai alors photographié ce dessin du haut d'un escabeau, car il m'était impossible de le fixer au mur sous  peine de détérioration. Les dimensions sont de l'ordre de 3X 3 mètres.
Je ne réussis pas
à découvrir la moindre signature. Cette esquisse me semble être l'avant projet à l'échelle 1/1 d'un bas-relief, du style Art-Déco.
Je suis allé voir de plus près les 3 oeuvres taillées dans le fronton du L.N.E., grâce
à  une photo que j'ai prise en mai 2011 :

 

 

LNE 0265

 

Elles n'ont aucun rapport avec l'esquisse au fusain, si non celle de l'époque de l'Art Moderne.
Peut-être que ce fut une version proposée, refusée et non exécutée. Dommage, car à  mon humble avis elle est des plus évocative, avec cette balance. Je n'ai pas réussi à en retrouver  l'auteur,  la signature étant absente. Peut-être l'artiste fut-il  André Granet, architecte du LNE, ou André Lhote (Artiste cubiste 1885-1962) comme le cite un passage sur l'architecture du CNAM ? :


"
Parallèlement à ces commandes, qui se caractérisent par un souci d'ouverture aux courants novateurs, Jean Zay(1) élabore les prémices du 1%, en proposant une mesure selon laquelle 1,50 % des crédits de construction d'établissements d'enseignement seraient destinés à la commande de travaux de décoration confiés à "des artistes en difficulté"ont parmi quelques uns des exemples réalisés dans ce cadre:  La décoration murale de bâtiments publics comme le Conservatoire des Arts et Métiers (André Lhote), l'amphithéâtre de l'Ecole de Pharmacie (Charles Dufresne) ou encore la Singerie du Muséum d'histoire naturelle (Raoul Dufy) ". (Citation CNAM)


Que ce dessin ait été présent dans les combes du Labo n'est évidement pas un hasard et un Historien du L.N.E pourrait sans-doute nous éclairer.
De toutes les façons, et quelque en soit sa valeur (pour moi toute sentimentale), je le rendrai
à  qui-de-droit lors d'un éventuel passage à  Paris. Peut-être même qu'il ferait alors bonne figure dans le hall d'entrée du Labo, pour accueillir le visiteur...

Notes et sources Internet
sur ce sujet :

 

Laboratoire National d'Essai et de Métrologie:

(1940-1962) 1 rue Gaston Boissier. Paris XVeme.

 

 Architecte: André Granet [1881-1978]


http://www.culture.gouv.fr/culture/dap/commande_publique/cp/historique.htm


L'oeuvre d'André Lhote:

http://www.artexpertswebsite.com/pages/artists/lhote.php


Sur le Musée du Conservatoire des Arts et Metieres.
http://www.arts-et-metiers.net/musee.php?P=157&id=10016&lang=ang&flash=f


Une biographie de Jean Zay:

Jean Zay, né  d'un père juif alsacien et d'une mère protestante, fut assassiné par la milice de Vichy :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay#Biographie

 

 

Mes amis du Labo avec lesquels j'étais en relation (même dans des services différents), mais que j'ai perdu de vue depuis...un demi-siècle et qui peut-être, quant aux plus jeunes d'alors,  lirons ce Blog, (En me pardonnant l'orthographe peut-être erroné de leur nom de famille):

 

Monsieur Michel Griffon, Chef de Service

Monsieur Brun, Agent technique-maquettiste principal

Monsieur Jacques Prat (Ingénieur- Informaticien)

Mademoiselle Micheline Lepage, physicienne

Monsieur Michel Silly, physicien

Monsieur Daniel Moreau,(Ingénieur- électronicien)

Monsieur Dufaure, physicien

Monsieur Daniel Morlay (Ingénieur-acousticien)

 

Et bien d'autres dont j'ai hélas oublié le nom, mais qui restent vivants dans mes souvenirs, comme les élèves stagiaires, préparant leur thèse de fin d'étude.

 

Le Site du L.N.E.:

http://www.lne.fr/fr/lne_bref/essentiel.asp

 

Bien-sur je me suis permis d'envoyer un courriel à ce sujet à Monsieur le Directeur actuel du L.N.E, qui peut-être, grâce à un archiviste, pourra  retrouver ainsi l'auteur de ce Projet de Bas-Relief .

 

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Par Georges Lévy - Publié dans : souvenirs
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 09:04
C'est le récit tragique de l'embarcation "Egoz", (Noix en hébreu), chargée de familles juives fuyant le Maroc et qui sombra en méditerranée près des cotes marocaines, en essayant de gagner Israel,  en Janvier 1961.


Dès le début de la Deuxième Guerre mondiale, la R.A.F (Royal Air Force) eut à faire face à un problème crucial: la récupération de ses pilotes abattus au dessus de la Manche ou en Méditerranée. Blessés ou choqués  avec leur ceinture de sauvetage dans l'eau glacée, ou au mieux dans leur dinghy il fallait faire vite pour les récupérer. Cette embarcation, minuscule barque gonflable, munie de sa bouteille d'air comprimé, est de couleur jaune pour mieux être repérée dans les vagues. Elle est équipée de deux courtes rames, d'un petit mat pour une voile, d'une dérive en tissu de la forme d'un manche à air qui immergée permet de garder une direction .
Pour porter secours rapidement, même dans les fortes vagues, furent construites des vedettes rapides légèrement armées connues sous les initiales de H.S.L :"High Save Launch". Quand les avions anglais décollaient pour une mission, près des cotes elles attendaient prêtes à s'élancer pour rechercher un équipage qui avait sauté en parachute ou fait un amerrissage de fortune .
Ces petits bateaux conçus par George Selman furent construits en bois, pour être légers et facile à mettre en chantier. La coque était robuste, bâtie sur une échine en bois très dure, avec un bordage de planches assemblées en double diagonales comme l'explique ce dessin ci-dessous, extrait d'un livre d'une école de marine. Le bordage extérieur était orienté de façon à fendre la vague, en remontant vers la proue. Remarquez la toile placée en sandwich dans la construction pour en assurer l'étanchéité.

  Illustration d'un bordage extérieur et intérieur monté en "double-diagonales"

bordage en diagonale

             Cette Vedette, dénudée, va être complètement rénovée .


142 may2004

Ce dessin "éclaté" est celui d'une très moderne vedette britannique avec son équipement électronique qui évidement n'existait presque pas il y un demi-siècle .


RAF illustration

 Mais pourquoi toute cette description maritime ? Et bien parce qu'à la fin des hostilités, beaucoup de matériel allié fut désarmé et acheté à bas prix là où il avait été employé. Des vedettes furent adaptées à des fins civiles, d'autre acquises pour faire de la contrebande à la faveur des cotes escarpées et idéales pour s'esquiver . L'une d'elle fut utilisée par des émissaires du Mossad (1) envoyés d'Israel pour aider l'émigration clandestine des Juifs fuyants le Maroc pour rejoindre en première étape Gibraltar.



RAR extra

Ashdod est aujourd'hui une grande ville portuaire  au Sud d'Israel. Vous avez du en entendre parler lorsque les navires affrétés par le Hamas qui  essayèrent d'éviter la vérification de leurs "marchandises" destinées à Gaza,  pour finir furent interceptés et conduits au port israélien le plus proche en eau profonde. Ashdod m'est bien connue car j'ai des amis qui y ont souffert des attaques de fusées tirées de Gaza et qui ont terrorisé jusqu'à dernièrement la population (2). C'est pour l'algérois que je fus, comme pour me retrouver dans la ville qui m'a vu naître. Des que je prononce une phrase, en hébreu l'interlocuteur me sourit et me répond en français avec l'accent de là-bas . Et tous les enfants dont les parents sont originaires d'Afrique du Nord sont francophones. A ces pionniers se sont ajoutés dans la rue des conversations en russe, en  anglais et aussi en amarite la langue des éthiopiens, et même les rires des enfants de la grande colonie de Bombay.  Dans les rues bâties d'habitations à loyers modérés, les quartiers se ressemblent, et j'ai du un peu me perdre, étant descendu trop tôt de l'autobus qui m'avait conduit de Tel-Aviv . En Israel, jamais une personne interrogée ne vous répondra qu'elle ne connaît pas l'adresse que vous cherchez. Cet excès d'enthousiasme me conduit d'abord à la stèle des soldats tombés au Champ d'Honneur pendant les multiples guerres, puis à un Mémorial pour marins, et aussi à  une grande sculpture moderne offerte à la ville. Pour finir, un chauffeur de taxi, qui gentillement téléphona à sa femme qui travaillait à la Mairie me conduisit à deux pâtés de maisons devant ce monument élevé à la mémoire des disparus dans le naufrage du Pisces.  Pisces, en latin le Poisson, nom original de cette coquille de noix est la sculpture que j'ai photographiée :

Une sorte de baleine emportée dans les vagues. Sur la plaque de métal, les noms des passagers qui périrent dans ce drame, si loin d'Israel .

 

 

Egoz memorial

 

 

Début des actes anti-juifs au Maroc en 1954.  

"Durant l'été 1954, la terrorisme nationaliste s'amplifia contre les français. Cette vague nationaliste vit le jour sous l'influence des évènements d'Algérie .
Le terrorisme des nationalistes se répandit au Maroc entraînant avec lui une baisse de l'économie. Ce mouvement permit le retour du Sultan du Maroc en Octobre 1955. Aussitôt que le Sultan posa le pied au Maroc, les juifs joignirent leurs acclamations à celles de la foule.
Un changement radical se produisit dans les relations entre les juifs et leurs voisins dans les régions les plus reculées, l'écho du terrorisme  parvint même dans ces régions où s'installa l'agitation. Ces actes nationalistes visaient aussi les juifs qui étaient considérés comme des alliés des français. Durant l'été 54, le terrorisme sur le territoire augmenta et débuta par un évènement tragique dans le village de Petit Jean, aujourd'hui Sidi Kacem .
Une grande manifestation eut lieu à Petit Jean contre le gouvernement français, ce village était sous la protection de la France, là vivaient plusieurs familles françaises qui  s'étaient concentrées en nombre durant la seconde guerre mondiale .
Cette manifestation fut d'une grande violence, la foule déchaînée tua cruellement six juifs qui se trouvèrent à cet endroit. Ils étaient arrivés au village de Petit Jean afin de commercer avec l'armée Française.
Malheureusement, ils ne furent pas seulement assassinés mais furent aussi brûlés par la foule meurtrière. Ils furent lapidés et leurs corps incendiés sur un bûcher.
Après cette tragédie, de nombreux juifs commencèrent à se rendre au bureau de l'agence juive pour Israel  afin de se sauver du Maroc où la vague nationaliste allait de pair avec des actes de terreur et d'instabilité et ils essayèrent  par tous les moyens de pouvoir immigrer en Israel " .

Par Clementine et Pineuss Pour DAFINA.NET


 

Voici un texte d'Agnes Bensimon, sur la tragédie, extrait aussi du site "Dafina" :

 


"Le mercredi 11 janvier 1961, le bateau Egoz était sur le point de faire pour la treizième fois la traversée clandestine vers Gibraltar. C'était un vieux bateau qui avait servi pendant la  2ème guerre mondiale, une ancienne vedette de l'armée britannique reconvertie en bateau de contrebande. A son bord 10 familles de juifs marocains, 42 personnes en tout, prêts a faire le grand voyage pour la Terre Promise. Parmi eux le capitaine Francisco Morilla, 3 hommes d'équipages espagnols, Haim Sarfati, un israélien de 28 ans ne à Fez, délégué du Mossad, charge de la radio, qui effectuait sa dernière mission avant de rentrer se marier en Israel,  Jacques et Denise Ben Haroch, maries la veille, David Dadoune et ses 2 enfants qui s'était fait prendre avec un faux passeport à l'aéroport de Casablanca et qui était heureux de rejoindre sa femme et ses 2 autres garçons déjà en Israel, Henri Mamane, barman à Casablanca, et sa mère de quatre vingt ans, Hana Azoulay et ses enfants impatiente de retrouver ses 2 filles parties avec un groupe d'enfants le 2 janvier.
Les passagers étaient épuisés après 600 kilometre de trajet depuis Casablanca. En effet, pour ne pas attirer l'attention le groupe était sensé faire un pèlerinage
à Ouezzane sur la tombe de Amram Ben Diwan. En cas de controle après Ouezzane ils devaient prétexter une invitation à un mariage aux environs d'Al Hocema. La traversée de la chaîne du Rif avait été très difficile  à cause de la neige et du brouillard. Vers minuit ils s'étaient arrêtés près d'un pont où deux silhouettes masquées les avaient guindés sur un chemin rocailleux jusqu'à la plage. Là, des hommes armés, membres du réseau du Mossad, le visage recouvert d'une cagoule les avaient aide à embarquer sur les canaux de sauvetage pour rejoindre le bateau.
Mais
à mesure que le bateau gagnait la mer, la houle devenait mauvaise. Pourtant tout avait été vérifié et la météo avait prévu un temps clément. A 3 heure GMT, à dix milles de la cote Marocaine, la coque fatiguée du bateau s'est fendue comme une  coque de noix . En moins de 5 minutes, l'Egoz a coulé a pic. Sans doute le réseau du Mossad de Gibraltar parvint à capter les SOS et donnèrent ils l'alerte.  Le capitaine et deux marins réussirent à s'enfuir à bord de l'unique canot de sauvetage. Un chalutier espagnol, le Cabo de Gata les recueille au lever du jour et donna également l'alerte. Alex Gatmon, le chef du réseau au Maroc, entre en fonction deux mois plus tot, averti au plus vite Ephraim Ronnelle , son supérieur qui dirigeait depuis Paris les 3 réseaux d'Afrique du Nord. Les secours vinrent de toute part. Le garde cote Orphee et quatre chalutiers marocains partirent du port d'Al Hoceima. La base britannique de Gibraltar dépêcha une vedette rapide et un avion. Le commandant de la marine française en Algérie ordonna à deux escorteurs proche du lieu de l'accident (le Vendéen et l'Intrépide) de se détourner de leur route. L'attache militaire de l'ambassade d'Israel à Paris , le colonel Ouzi Narkiss, obtint du premier ministre Michel Debré l'aide de la France. Mais les secours arrivèrent trop tard. Vingt deux cadavres furent retrouves flottant à la surface retenus par une dérisoire ceinture de sauvetage. Les recherches prirent fin le jeudi 12 janvier 1961 à 14heures 25. On ne retrouva jamais l'épave du bateau ni les corps de 20 des passagers dont ceux de 16 enfants.
Cet évènement souleva une émotion considérable dans le monde, accentue par une campagne virulente en Israel et au Maroc (campagne de tracts placardes dans les rues des mellâhs appelée opération Bazak) suscitant la colère des autorités marocaines. Le prince héritier Moulay Hassan reçut en audience une délégation de la communauté juive : le Docteur Leon Benzaken, ancien ministre des postes et ami personnel du roi Mohamed V, David Amar, chef de la communauté juive et le grand rabbin David Massas. Ils demandèrent l'autorisation d'enterrer religieusement les morts. A la suite d'une longue négociation extrêmement tendue, le prince accepta
à condition que la cérémonie se réduisit au strict nécessaire et qu'aucun parent ne soit admis. Les 22 corps furent inhumés à la hate dans un coin reculé du cimetière espagnol d'Al Hocema.
D
epuis 1980 le 23 teveth a été déclaré jour du souvenir pour le naufrage du bateau Egoz en Israel
Après des années d'efforts et de tractations menées par le gouvernement isra
élien, des associations en Israel et des personnalités internationales, le roi Hassan II autorisa le rapatriement des ossements des naufrages qui eurent droit à des obsèques nationales au Mont Herzl à Jerusalem le 14 décembre 1992."

 

Sources :
Hassan II et les juifs par Agnes Bensimon

 

                                          Plaque en souvenir de l'exode tragique des Juifs marocains 


zadok 0765-copie-1
 

 

Sur cette tragédie , j'ai lu un commentaire haineux de communistes français, qui accusent les victimes ! (mais est-ce bien étonnant de la part de la propagande soviétique ?) :

 " Le sionisme, quant à lui, était bien organisé. Comme par hasard, à ce même moment, un petit bateau, le «Pisces», chargé de 42 émigrants, incapable de tenir la mer, coulait devant les côtes méditerranéennes du Maroc, son capitaine sauvant, quant à lui, sa peau! Lorsqu'on connaît l'efficacité de l'organisation sioniste, peut-être ne faut-il pas s'étonner de cette «coïncidence fortuite» qui permit à un journaliste sioniste d'écrire «Le Maroc a désormais son Exodus»

 


Mais voici d'autres témoignages précieux sur ce naufrage du 11 Janvier 1961 :

http://solyanidjar.superforum.fr/t1492-l-histoire-du-bateau-egoz-racontee-par-sam-benchetrit

 

Notes :

(1) Le rôle et la fonction du Mossad sont comparables au Secret Intelligence Service britannique ou à la CIA. Mais il possède aussi ses particularités liées à l’histoire et la politique d'Israël ; il est ainsi, par exemple, chargé de faciliter l’aliyah (retour en Israël) lorsqu’elle est interdite. (Wikipedia).

 

(2) Ashdod est  souvent la cible des fusées du Hamas de Gaza:

 

http://www.youtube.com/watch?v=H8TrZKEmfLQ


http://www.youtube.com/watch?v=LCgP_KZQo_g&feature=related

 

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Par Georges Lévy - Publié dans : souvenirs
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 17:30

Monsieur-B-jpg  

Hier dans l'autobus, s'assit presque en face de moi un vieil homme  dont l'apparence ressemblait d'une manière frappante à une de mes connaissances des années 70. N'aurai-je pas été certain que ce personnage  fut décédé depuis 30 ans, que je me serai levé pour lui serrer la main.  Je ne pouvais quitter mes yeux des traits de son visage, bien que mon regard était déjà à la limite de la politesse. Il descendit avant mon arrêt, ce qui me soulagea. Je me promis d'évoquer son souvenir par ces lignes pour lui rendre hommage, quoique après tant d'années je suis presque certain de n'y attendre aucun écho.

On croise quelque fois sur le chemin de sa vie une personne qui laisse une profonde impression, après qu'elle eut disparu de notre paysage familier, comme le dit la chanson du poète. Moi j'ai eu la chance et le privilège de côtoyer de longues années, un petit homme trappu
à la poignée aussi vigoureuse que son coeur était large. Il était déjà d'un certain âge quand je suis entré, tout frais isra
élien, dans son Département.
Mais même au fil des ans, il restait aussi droit qu'un peuplier, et seules ses joues se piquaient de petites taches avec la vieillesse. Le matin, lorsque je montais dans le car du personnel, je m'asseyais toujours
à coté de lui et nous bavardions pour passer l'heure monotone du trajet: il n'était pas du genre à perdre son temps à dormir ! Il avait l'habitude de pendre sa serviette de cuir  démodée
à un crochet  en "S" de sa fabrication à un barreau de la fenêtre , ayant ainsi les mains libres  pour lire le Journal "Haaretz" ("La Terre"), un grand quotidien libéral. Comme tout jeune émigrant en Israel, j'aimais parler de la "situation" avec des mots tranchants qui ne laissaient pas de place aux nuances  et avec la fougue de la naïveté, j'évoquais le "Status-Quo", cher à Moshe Dayan. C'est au contact de cet Ingénieur,  que j'ai appris à réfléchir et à me faire une opinion personnelle, et surtout à ne pas juger qui ou  quoique ce soit d'une façon définitive et immodeste .
En Israel, où le vouvoiement est inconnu, les personnes étrangères se tutoient naturellement et les barrières n'existent pas, ce qui quelque fois me fait battre en retraite devant cette familiarité. Alors, pour les personnes
à qui on veut montrer spécialement sa déférence, on fait précéder son nom d'un  "Monsieur", qui est quelques fois employé par sarcasme par des irrespectueux.
Ainsi Nathan était connu
à l'usine avec la plus grande considération comme "Monsieur Nathan  B..." , et les autres de par leur simple prénom !.
Il était originaire de Vilnius, où j'y ai retrouvé son nom de famille, avant qu'il ne fut hébraïsé,  sans rien d'autre précision. Une année de particulière nostalgie, et encore
à l'époque du Rideau de Fer, il se rendit en voyage organis
é en Suède pour se rapprocher au maximum, mais séparé par un bras de la mer Baltique, de sa chère Lituanie où il avait vécu .
Je crois me souvenir, il me l'avait précisé au fil de la route, que dans ses lointains souvenirs d'enfance, il lui restait en mémoire que son père avait été une personne influente qui recevait dans son appartement les personnalités bolchevistes célèbres de l'époque révolutionnaire. Lui avait fait ses études d'ingénieur en Russie et lorsque l'ignoble Pacte Molotov-Ribentropp sur le dos de la Pologne déchirée fut violé, la Deuxième Guerre mondiale éclata. En tant qu'officier il participa brillamment
à la défense héroïque de Stalingrad pendant cet hiver si cruel où le froid et le feu firent autant de victimes. Sa modestie était telle qu'il ne racontait que des bribes de sa vie personnelle. Et maintenant que je ne peux plus lui poser de questions,  je rage de mon ignorance.


Il me précisa seulement qu'un jour son jeune fils revint à la maison, avec comme sujet de rédaction à rendre, "Le Héros Staline". Une ode au dictateur à ne pas bâcler pour ne pas être remarqué dangereusement  par les sbires du régime, comme une famille de réfractaires !! Monsieur Nathan était un humaniste fervent, élevé dans le respect des peuples et des citoyens, et souffrait de voir la Russie soviétisée devenir une dictature aussi fasciste qu'allait devenir l'Allemagne nazie. Pour lui, il n'était pas question que son propre fils écrivisse en devoir de maison une Ode au Petit Père des Peuples qui avait, entre autres crimes politiques, assassiné tant de juifs de l'intelligentsia. Ce jour précis il décida, je ne sais comment de sortir de l'Union Soviétique pour aller en Allemagne avec sa famille. Il abandonnait ainsi son poste de Directeur d'une grande usine, pour chercher un emploi d'ingénieur expérimenté . Et puis, à la montée du nazisme, ce juif, pas du tout pratiquant, et profondément socialiste dut fuir les milices hitlériennes. Il arriva à Paris, la ville qui éclairait alors de ses  Lumières un monde que gagnait la peste brune et où les réfugiés pensaient trouver un asile sûr.
L
à bas naquit un deuxième enfant. Lors d'un hiver parisien rigoureux, (ils habitaient très démunis un  vieil appartement mal chauffé), le bébé mourut d'une complication qui suivit une otite mal soignée. Il fut enterré dans un cimetière parisien. Ce fut pour lui et sa femme un drame immense, que le sort lui infligeait après tous les dangers qu'ils avaient traversés. Il travailla après la Guerre  avec toute son ardeur dans une très moderne société d'électronique de la France renaissante de ses cendres. Disons que son savoir étant universel, il aurait pu se spécialiser dans tout. Il parlait et écrivait couramment le russe, l'allemand,  l'anglais et le français.   Son savoir était d'une universalité rare en notre temps de la spécialisation,  mais cet érudit mais n'en faisait usage avec son interlocuteur qu'avec modestie en lui laissant le choix de l'appréciation.
Après la création de l'Etat d'Israel, alors que certaines personnes déplacées s'établissaient en Amérique ou au Canada, pour y retrouver la paix après la tourmente, il décida de monter en Israel, encore dans ses langes, et menacé de toutes parts.. C'est dans une usine où je fis mes débuts, que je l'ai rencontré. A la sortie de la Guerre des Six Jours, après l'angoisse du déferlement du Panarabisme de cinq armées ennemies, régnait en Israel l'euphorie de la Victoire. Mais il fallait déjà penser
à l'avenir sécuritaire du petit État. Monsieur B...était
à la tête d'un important département. Au contraire des tables de ses collègues couvertes de paperasses, son bureau était toujours d'une netteté irréprochable, à croire que son propriétaire était en vacances ! Les dossiers  étiquetés étaient rangés dans leurs tiroirs, les schémas une fois consultés rejoignaient immédiatement leur place dans les classeurs. Chaque fois qu'un problème se posait, il était là  pour le résoudre, ne laissant  jamais une réponse dans le vague, à tel point que je l'ai vu se mettre en colère qu'une seule fois lorsque après sa patiente explication à un jeune technicien, celui fit semblant d'avoir compris pour ne pas passer pour un ignare. Monsieur B... qui le coinçât par une question, lui administra une autre explication en  ne lui pardonnant pas d'avoir fait semblant de comprendre ! On pouvait le déranger à n'importe quel moment, et alors il demandait quelques instants de réflexion... le temps d'humecter ses doigts et de sortir de son tiroir un quart de feuille soigneusement coupée et  il inscrivait l'essentiel de ses réponses.
Un jour il me donna une copie d'un tableau qu'il avait écrit, où les chiffres décimaux étaient traduits en code binaires et Gray pour faciliter mon travail.

 

Code-Gray.jpg

 

 

 

J'ai gardé en souvenir cette photocopie de son écriture fine et précise. !

Cet homme simple avait une haute idée de l'intégrité. Je me souviens d'une de ses réactions  comique à nos yeux, jeunes israéliens un peu rustres.  Un jour sa cafetière électrique cabossée dont il se servait pour se verser une tasse de thé tomba en panne.  Il vint alors nous demander la permission (!) de se servir de la notre. Mais outre cette politesse  exagérée, et voyant notre bouilloire moderne d'un modèle diffèrent, il nous demanda avec le plus grand sérieux si c'était un ustensile appartenant à l'Etat ou non ! Car il ne pouvait être question de profiter de la propriété privée....Tellement il était habitué par son séjour en URSS aux coutumes socialistes...

 

Monsieur B... qui avait débuté dans  son métier d'électronicien  au temps des volumineuses lampes à tubes, continua sa carrière avec les applications des transistors, des circuits intégrés logiques et analogiques, apprit la programmation et ses divers langages avec l'apparition des ordinateurs, de telle sorte qu'il pouvait affronter les systèmes les plus compliqués et les approfondir dans leurs détails. Il apprit le maniement et les applications des microprocesseurs et nous en expliqua les secrets.

Ses grands schémas fonctionnels étaient célèbres, il tenait à les dessiner lui-même et à les colorer pour mieux les rendre compréhensibles aux néophytes.  Dans un coin on pouvait lire en lettres minuscules des annotations personnelles en hébreu, français, anglais et allemand, sans doute pour mieux cerner leur  délicate signification technique !. Je les avais conservé avec vénération longtemps après sa disparition ces accordéons de papier translucide jusqu'au jour où à mon tour de partir en retraite, je dus m'en séparer et les détruire car les anciens témoins de notre époque n'étaient plus là pour les apprécier. Ce fut pour moi un vrai crève-coeur que seuls ceux qui arrivent en fin de carrière peuvent comprendre.  En aurai-je eu l'autorisation, que j'aurai accroché une de ces reliques au mur de mon salon, comme un tableau de Maître.

 

Son fils unique était devenu un Chercheur chez IBM. Chaque fois qu'il se rendait à Nice pour un Symposium, Monsieur B...en profitait pour le rejoindre, le voyage en Amérique lui étant trop fatiguant. Ainsi me dit-il se rencontraient à mi-chemin.


Il habitait avec sa femme au ré-de-chaussée d'un genre d'H.L.M
à toits de tuiles à Ramat-Gan, un faubourg de Tel-Aviv. En 1991, lors de la Guerre du Golfe, durant laquelle Israel ne brûlâ pas une seule cartouche, Saddam Hussein, cet aspic venimeux qui avait saupoudré de gaz mortel d'innocents villageois Kurdes, tira des  terriers de son désert irakien où elles étaient cachées, quarante fusées balistiques du type Scud. Une époque angoissante où à chaque alerte nous étions obligés de nous munir d'un masque devant théoriquement filtrer sarin, anthrax et toutes sortes de produits mortels, en espérant que l'ogive mortelle ne tomberait pas sur notre maison sans abri. Une nuit, la charge explosive (conventionnelle) tomba dans le quartier de B...,  à mille mètres du mien.  Son appartement fut épargné mais une file de maison avait ses murs béants avec les fenêtres arrachées. Les débris de tuiles jonchaient le sol comme des feuilles mortes. Des containers furent disposé s dans la rue par la Mairie, pour permettre aux habitants traumatisés, d'y mettre provisoirement leurs effets.  Il sortit vainqueur une fois de plus de ce bombardement. Mais brusquement il dut réunir toutes ses forces force pour une nouvelle lutte contre le sort .
Sa femme  était atteinte d'une maladie irrémédiable et elle disparut après un long combat et il se retrouva tout seul en Israel. Il tenait sans aide son minuscule appartement de plain-pied avec un jardinet commun aux habitants. Lorsque je lui rendis une visite de condoléances, il était en train d'arroser précautionneusement un rosier, que sa femme avait plant
é, me dit-il d'une voix étranglée.
Plus que jamais l'usine devint sa seule famille .
Le matin, il venait nous serrer la main, non pas pour vérifier notre présence, mais pour  demander
à chacun des nouvelles de nos enfants. Il en connaissait non seulement les prénoms, mais aussi s'intéressait à leurs progrès scolaires .

 Il me confia un jour qu'il aurait pu, comme il le fut à  l'étranger, briguer le poste de Directeur Général, mais cette responsabilité l'aurait inévitablement obligé à s'éloigner de la technique et surtout à s'occuper de gestion du personnel et qui fatalement  l'aurait conduit à prendre des mesures de compression en cas de crise économique, et cela il ne pouvait l'envisager !

Au fil des années, sa démarche fut plus difficile, ses pas plus courts, mais ne se plaignait de rien et jamais ne manquait une jour de travail. Il rapportait du déjeuner à la Cantine quelques tranches de pain, m'expliquant que sa boulangerie était  close quand nous rentrions le soir. L'hiver, il portait un béret basque, coiffe peu habituelle en Israel, s'entourait d'une écharpe, et avec sa gabardine semblait être plus un parisien qu'un israélien qui lui ne porte jamais de manteau, tout au plus un anorak ! Pour être à la charge de personne, il vendit son appartement et entra dans une maison de retraite. Je décidais un jour d'aller lui rendre visite. Encore très alerte mentalement, il me demanda de le prévenir de mon arrivée et en fixa l'heure, car chez lui tout était d'une précision scientifique .
Après m'être fait annonç
é à la réception, je pris l'ascenseur et Monsieur B... m'attendait sur le palier pour me guider...Il m'invita à entrer dans sa chambrette, nette comme au premier jour de sa création. Le meuble principal était près de la fenêtre. Une table où était rangée à l'équerre une petite radio avec ses cassettes "de musique classique" me précisâ-t-il..Et aussi un dictionnaire bilingue, Allemand et Russe. Ouvert sur la table, un livre en lettres gothiques qu'il avait abandonné à mon arrivée, en y mettant un signet. Et puis brusquement, il ouvrit les portes de son armoire, pour me montrer des étagères où était rangé son linge comme pour la revue. J'étais gêné de cette intrusion dans son intimité, Il voulait sans doute me montrer qu'il n'avait pas changé et qu'il était fier de son ordre.
Seulement après cette auto-inspection il m'invita
à m'asseoir et la conversation roula sur les collègues qui lui manquaient et dont il était avide d'avoir des nouvelles d'Uzi, Avner, Bloria, Jacob, et autant de  nombreux techniciens qui étaient presque pour lui ses enfants....Ainsi pendant cette courte visite, il se retrempait dans l'ambiance vivifiante de son travail.
Je lui offris le livre de Jacques Hillairet "Connaissance du Vieux Paris". Un livre précieux pour les amoureux de cette ville, comme lui. Il fut enchant
é de se promener en chambre dans ces rues qu'il avait tant  aimées, malgré le drame qui l'endeuilla.


Une année où le Comité d'entreprise organisa un rassemblement des pensionnaires à  l'Usine, avec déjeuner et  chansons folklorique  de la chorale, il fut envoyé un taxi spécial à  sa Maison de Retraite, car il ne pouvait plus se déplacer.
C'est dans un fauteuil de paralytique qu'il fit son apparition. J'en eu le coeur si serré, que je me suis éloigné du cercle d'amis qui vinrent l'accueillir. Je voulus égoïstement rester avec le souvenir de ce petit homme si actif, méthodique et brillant, mais avant tout au grand coeur et ne pas être témoin de sa déchéance. Ce fut sa dernière apparition.


Par décision exceptionnelle de la Direction, et cela du à sa compétence dans l'accomplissement des projets, il était resté à son poste plus de 20 ans après la limite d'âge.....

Brusquement me vint à l'esprit qu'au contraire de la France, par exemple, il n'existe pas en Israel de décorations civiles (ou militaires) comme la Légion d'Honneur. Sauf une très rare médaille de distinction délivrée avec parcimonie pour les actes de bravoure au feu.

Eussent-elles existé dans notre pays égalitaire, pour "Services éminents rendus à la Patrie" que Monsieur B..., dans son immense modestie, les auraient certainement refusé, bien que les méritant toutes .


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Par Georges Lévy - Publié dans : souvenirs
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Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 12:34


"Habima" (1) est le nom en hébreu pour "La Scène", théâtre juif en langue yiddish et hébraïque fondé à Vilnius,

(Lithuanie), qui a courageusement subi les pressions tsaristes et communistes pour enfin  se déplacer à Tel-Aviv après la Révolution d'Octobre de 1918 où il est jusqu'à ce jour le flambeau de la culture israélienne. 

 

  Habima dans les années 50.

   

il-telaviv-habimah.jpg

 

Ces dernières années de grands travaux furent entrepris pour moderniser et agrandir ce théâtre mythique,

Une occasion aussi pour construire sous la place, une immense aire de stationnement à plusieurs étages.

Des rampes et des  ascenseurs permettent l'accès des voitures, mais aussi des habitants du voisinage  qui en cas d'alerte pourront se réfugier dans cet abri qui devrait résister aux fusées tirées par nos voisins humanitaires .

 

  habima-10-shikma-_sycomore_-septembre-2007.jpg

 

Les camions-bennes donnent une idée de l'échelle des travaux.

 

Habima 0404

 

Devant le théâtre s'élève une sculpture de Menashe Kadishman. Haute de 15m, elle est faite de disques de fer en équilibre instable, en lutte contre la gravité. N'est-elle pas le symbole d'Israel qui toujours menacé d'être abattu, résiste par ses racines profondes et éternelles, générations après générations, aux attaques renouvelées de ses ennemis ?.

                        

            Eté 2011, le Théâtre juste terminé va voir de l'autre coté de la rue se jouer le premier acte de la contestation prolétaire.

 

  Toutes ces dix dernières années, les villes du Sud d'Israel ont souffert des bombardements quotidiens de fusées et obus. Mais ce dernier mois d'Août, plus d'un million d'habitants ont eu leurs nerfs mis à rude épreuve avec des alertes répétées à Beer-Sheva, Ashkelon , Ashdod. Le Hamas de Gaza espérant ainsi attirer Israel dans une autre guerre. La nécessité pour Israel d'être toujours sur ses gardes et de se moderniser pour parer aux menaces  balistiques de Gaza  du Liban et Syrie, grève lourdement le budget national. Ces jeunes citoyens qui passent trois années sous les drapeaux, se retrouvent dans le civil à affronter les difficultés insurmontables de la vie courante. La location d'un logis atteint des prix incongrus, l'achat d'un appartement est impensable pour un couple joignant même leurs deux salaires pour rembourser les prêts sans recevoir l'aide de parents.  Ce mouvement  pour une meilleure justice sociale est soutenu par les intellectuels. Il ne s'agit pas d'étudiants braillards, ni d'anarchistes comme veulent certains les considérer, mais de gens honnêtes (et un peu trop naïfs) qui s'opposent à la privatisation à outrance et à l'insécurité de l'emploi. Hélas Israel qui souffre maintenant d'un embargo politique et moral de mêmes ses anciens amis contaminés par la montée de l'Islam fanatique, ne peut sans danger faire face à toutes les exigences extérieures et intérieures. 


     Un attentat sanglant du mois précèdent :

le bus attaqué et brulé par les terroristes venus de Gaza sur la route d'Eilat.

 

Bus brule sur la route d'Eilat

 

C'est dans cette ambiance sulfureuse que  hommes et femmes patriotes  partout en Israel sont descendus dans la rue pour demander une meilleure répartition du revenu national. 


    Une classe bombardée cet été: par chance l' école était vide.  

Très nombreux sont  les lieux scolaires qui ne sont pas munis d'abri.

Les enfants se réfugient alors sous leurs tables...

(Photo internet. merci a son auteur) 

399px-Beersheva kindergarten after rocket attack from Gaza

 

  A Tel-Aviv le très large et ancien Boulevard Rothschild à double voie et planté d'épais Ficus a ses allées très animées par les promeneurs et les cyclistes.

Mais ces deux derniers mois il est devenu le flambeau de la Justice Sociale !

 

Habima 0375

 

Très médiatisée par les chaînes de TV, la révolte contre la cherté et la précarité de la vie

dure depuis deux mois.

 

   

Habima 0377

   

                                          "  Sortez de votre indifférence  pour manifester dans la rue " !!


Habima 0378

 

     Adresse sur Facebook, l'outil des manifestants:

" Coalition des jeunes révolutionnaires"

 

Tout a commencé par la protestations de consommateurs... d'un vulgaire fromage à 5% de matière grasse et de 250 grammes, le célèbre "Cottage", sur fond rouge sur l'image,  si apprécié par les familles, mais qui a vu son prix spiraler sans rapport avec son coût réel. Pour vous donner une idée, il coûte plus de 3 ou 4 fois plus cher que son équivalent en France. Les producteurs de lait, les distributeurs, toute une chaîne où la concurrence est absente, ne sont qu'un petit exemple de la cherté ( inexplicable par la seule  hausse des tarifs de l'électricité et de l'eau )

de tels  produits de consommation courante..


Habima 0379

 

                                         Sur la pancarte : " Israel, pays du lait et du miel et des...impôts " !

   

Habima 0382

   

La solution au problème du logement :

"Allez peupler la  Galilée et le Neguev " !!


Habima 0385

 

 Possesseurs de richesses,

 Propriétaires fonciers,

 Financiers tout puissants,

 C'est de la porcherie !



     

Habima 0389

 


                        Le "Laptop" enregistre la contestation dans un bureau improvisé à l'ombre d'un arbre..

   

Habima 0390

   


Nous réclamons:

La baisse des prix de l'alimentation de base,

La construction de logements sociaux,

Le droit aux personnes âgées de vivre décemment,

L'accès aux pouponnières et l'enseignement supérieur gratuit ,

La répartition égale des devoirs pour défendre le pays.

 

Habima 0394

   

                                           Ce  village de tentes improvisé n'est pas un village de vacances .

 

Habima 0395

 

Dans ce bazar qui ressemble à un marche bédouin,

  et si les mouches bourdonnent

      la  popote est bien organisée par les volontaires, et l'intendance suit la contestation.

L'électricité est fournie par les maisons voisines compatissantes.

Mais les ventilateurs ne brassent qu'un air brûlant en ce mois d'Aout.

   

Habima 0396

     

                                                    " Ce pays est le notre, et nous voulons le récupérer" !

 

Habima 0399

 

Facebook, l'arme et  l'outil indispensables pour mobiliser les foules...

 

Habima 0401-copie-1

 

Huldai, (Maire de Tel-Aviv), des appartements pour les travailleurs !!


Habima 0403

 

 

  Mais que fait-elle ici , cette jeune contestataire interrogative sur son avenir ?


yasm4

   


Et bien c'est ma petite-fille (13 mois) qui venait avec ses parents voir ce lieu historique, et a profité de se reposer en jouant sur une pancarte à l'adresse d'un comité du quartier populaire du Sud de la ville. Cette photo n'est pas de moi, mais de la photographe-journaliste Yaira Yasmin qui justement revenait d'Egypte avec un reportage de la Révolution au Caire, et était venue voir les contestataires israéliens du Boulevard Rothschild.

 

                Une dernière image qui résume bien la situation:                

Israel pleure sur sa situation sociale !

 

 

Habima 0407

 

Le Rideau va-t'il tomber sur ce mouvement ? Non, je crois que son éveil aura de profondes répercussions  sociales aux prochaines élections, car les classes moyennes appauvries vont réagir pour arrêter ce clivage dangereux dans la société israélienne  jadis égalitaire. Sûrement émergeront de jeunes lions et lionnes venus de tous bords  qui mettront en avant de la politique les intérêts sociaux d'un peuple qui doit se défendre des menaces extérieures et intérieures.


 

(1)  Notes sur l'histoire du théâtre Habima :

  http://en.wikipedia.org/wiki/Habima_Theatre?oldid=cur

 

 

     

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Par Georges Lévy - Publié dans : souvenirs
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