Mercredi 1 novembre 2006
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La Toussaint.
Ce matin, lorsque vous serez levés,
Et que vous pousserez vos volets,
Vous verrez, dans la rue mouillée,
Des femmes enchapeautées,
Et de noir voilées,
Des passants sombrement vêtus,
Dans le calme de la ville enfin revenu.
Ils serrent dans leurs bras un missel,
Ou simplement, de jolies fleurs des champs,
Car c'est un devoir universel,
Que de célébrer le souvenir de ses parents.
Dans le calme de ce jour férié,
Ils vont tous au cimetière,
Bien désherbé, et de couronnes orné.
Et je pense en moi-même, dans ma douleur altière,
Que ces gens à l'air triste, sont bien heureux,
De pouvoir prier, sur la tombe de leurs Aieux.
Ce jour de deuil, qui unit les Francais,
Ravive en moi, les heures sombres du passé:
Je n'ai pas de tombe, ou pouvoir m'incliner,
Et lire, à demi-effacés, les noms de mes bien-aimés.
Et après tant d'années, je m'efforce de revoir, le soir,
Le chemin des tombeaux, qui s'efface de ma mémoire.
Et je n'ose penser, si ce cimetière a été profané,
Ou s'il en reste encore des débris, éparpillés.
Ce Premier Novembre, cet implacable anathème,
Je ne sais pas même, ou poser ma chrysanthème,
Alors, je la donnerai à une pauvresse,
En souvenir de ces morts, qui n'ont plus d'adresse.
Georges L.
1/11/1954
Par georges
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Publié dans : poésies
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