Anna Ticho, le Vieil Olivier (1935)
Que reste-t-il
D'Alger de ma jeunesse ?
Une coupe sans fruits
Des photos jaunies
Un ciel, sans chérubins
Un pain, sans levain
Un jour, sans lendemain
Un abricot, sans noyau
Un vin aigri
Une fouta rêche
Une sandale qui blesse
Une treille desséchée
Un sarment mutilé
Un chien sans collier
Mon ciné censuré
Un fruit amer
Une orange sans pulpe
Un lait tourné
Une huile rance
Une gargoulette fendillée
Un mur décrépi
Un jardin sans fleurs
Une fontaine sans filet
Un olivier décharné
Un Monument aveuglé
Un Cimetière souillé
Un portail cadenassé
Une Synagogue muette
Un panorama, barré
Des bruits, silencieux
Les parfums évaporés
Les espoirs envolés
Ma rue, inconnue
L'appartement, bien vacant
L'École sans français
La récré sans
Caussé
Un drame
étouffé
Un décor sans
acteurs
La France sans
pitié
Je suis chez-moi,
Un étranger .
Par Georges Levy
-
Publié dans : poésies
1
-
Recommander
Commentaires