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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 11:25

Ce Pourim est dédié à Guilad Shalit,enlevé par le Hamas le 25 Juin 2006,à Eldad Réguev et Ehud Goldwasser enlevés le 12 Juillet 2006 par le Hezbollah. Aucune organisation humanitaire n'a pu s'assurer de leur santé et conditions de leur détention,au mépris des lois internationales. 


"Sort " est la traduction francaise du mot hébreu "Pour" ,au pluriel :"Pourim"

Les événements commémorés par la fête de Pourim se situent au temps du roi de Perse Assuérus (le plus souvent identifié à Xerxès), dans la capitale Suse. Esther, une jeune femme qui cache ses origines juives comme le lui a conseillé son oncle Mardochée (Mordekhaï), est choisie comme nouvelle reine par Assuérus.

Dans un monde où Dieu semble être absent (le Livre d'Esther et le Cantique des cantiques sont les seuls livres de la Bible où le nom de Dieu n'est pas mentionné), les Judéens sont alors menacés d'extermination. En effet, Haman, descendant d'Amalek, ministre du roi, a convaincu celui-ci de faire publier un décret contre ce peuple pour se venger de Mardochée, le Juif qui refuse de se prosterner devant lui.

Mardochée, qui avait autrefois dénoncé un complot préparé par des « gardiens du seuil » pour tuer le roi, a connaissance de ce sombre projet. Il prévient Esther. Celle-ci demande à tout le peuple juif et à ses servantes de jeûner pendant 3 jours et de prier pour elle, tandis que Mardochée parcourt la ville couvert de cendres, en signe de deuil, pour rassembler le peuple juif.

Esther va donc au devant du roi, au péril de sa vie, dévoile son identité juive. Elle démasque le tyran. Le roi autorise les Juifs à se défendre contre les attaques décrétées par le ministre. Haman est pendu à la potence qu'il avait préparée pour Mardochée. Mardochée est nommé premier ministre. Le sort s'est retourné contre les auteurs du funeste dessein d'extermination des Juifs.

 

Cette fete de Pourim  qui est une occasion pour les enfants d'Israel de manifester leur joie en se déguisant a en fait plusieurs facettes .Ci-dessous un Rouleau enluminé du 17 ième siècle : .


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  Pour écouter la chanson, cliquez ici.



Pour les non-hébraisants,l'Histoire d'Esther est connue par la Pièce de Theatre en 3 actes que Racine a écrite
et que nous avons étudiée dans nos années d'humanités
.En voici les derniers vers  :

Ton Dieu n'est plus irrité,
Réjouis toi,Sion,et sors de la poussière,
Quitte les vetements de la captivité,
Et reprends ta splendeur première.
Les chemins de Sion à la fin sont ouverts.

Rompez vos fers
Tribus captives,
Troupes fugitives,
Repassez les monts et les mers,
Rassemblez-vous des bouts de l'univers.


 


 Jean Racine ,je peux l'écrire en relisant ses alexandrins a ainsi été un prophète du Sionisme......

Les Juifs dans le monde célèbrent Pourim en souvenir du sauvetage de la communauté juive de Suze, sauvée du massacre décrété par Haman. C’est aussi l’occasion de célébrer d’autres calamités auxquelles les Juifs ont échappé. ( Hélas,la liste en est longue ! ).

Mais qu'est le Pourim d'Alger ? Le récit ci-dessous est extrait du Livre d'Ab.Cahen .

Et voilà que la nuit du 23 octobre 1541 se déclenche une énorme tempête. Celle-ci fait des ravages dans la flotte de Charles-Quint. Cette dernière perd plus de 150 bateaux.Les rescapés de cette armée, se réfugient à Bougie, subissant le froid et la faim, avant de rejoindre l'Espagne.
Cette incroyable issue a, pendant des siècles, été fêtée le 3 et 4 Hechvan, par un jour de jeûne à l'image du jeûne d'Esther suivi d'un jour de joie et de fête.De nombreux poèmes ont été écrits pour célébrer cette occasion. Ils font partie du rituel algérois et étaient lus à chaque anniversaire de cette délivrance.
La synagogue Abentoua, du nom d'un des rabbins de  l'époque, possédait une Téba (pupitre de l'officiant) bien particulière, puisqu'il parait qu'elle était  faite du bois des épaves de cette flotte. La communauté juive d'Alger a célébré un second Pourim dit Pourim de Tamouz ,institué au 18 ième siècle.
Cet anniversaire qui commémore ce jour de Providence qui les sauva de Charles Quint est célèbre aussi par la lectures  en hébreu de Poesies ,( "pioutim" ), spécialement  composées par ce meme Rabbin Abraham-Jacob  Ibn Taoua .( Y est mentionnée aussi la tentative avortée en 1516 d'un autre débarquement Espagnol... )

Sur  la liste des des Rabbins d'Algérie :
http://www.sephardicstudies.org/pdf/r-algeria-10-2002.pdf
On peut y lire :
Rabbin Ibn Taoua,Yaacov ben Yehuda.Alger (1480-1550) .
Rabbin Ibn Taoua ,Abraham ben Yacov,petit fils du Rambam et de Rashbatt's.Alger (1510-1580)
Rabbin Ibn Taoua,Abraham ben Yehuda .Alger(1577-1640).
Qu'est devenue cette synagogue au nom d'Ibn Taoua,situee dans le très vieil Alger ?

Julien Zenouda (1935),Secrétaire en Israel de " Memoire et Traditions du Judaisme d'Algérie" m'a écrit :

 La Synagogue Ibn Taoua : "En partant de la Place du Gouvernement  vers la rue Bab-Azoun ,on prend la première à droite,c'est la Rue Sainte. Petite rue très étroite  qui débouche rue de Chartres  et coupe  la célèbre Place de Chartres.Dans sa prolongation et un peu plus haut  il y avait une autre  synagogue plus grande :la Synagogue Siari  du nom de son fondateur ( 1840 ) .Cette synagogue a toujours joué un  très important dans le respect des Traditions des Sages Rabbins vénérés  enterrés au Cimetière Israelite de St-Eugène ".

Je n'aii pas trouvé de gravure de cette synagogue,ni bien sur de photo. Par contre au carré Juif du cimetière de St-Eugène,sous une coupole peinte en ocre jaune et éclairée de vitraux de couleur,les tombes
de ces deux Rabbins,transferés après la destruction de l'antique cimetière juif situé à l'emplacement de la Rue Sainte,en 1830.

Voici une remarquable photo des tombes, prise par Jacqueline Simon lors d'un  de ses voyages à Alger. 
Y reposent les  Grands Rabbins,Ribach et Rachbat's, Chefs de la communaute israélite algérienne .

 
            
Un autre Historien Philippe Dahan m'a écrit qu'en 1840, avaient été détruites dans la Casbah plus de dix Synagogues pour le percement du nouveau quartier de la Place de Chartres. La Grande Synagogue, Place du Grand Rabbin Bloch  date de juste avant 1900.
( Dès Decembre 1960 elle avait été profannéee et  pillée,ses fidèles molestés,lors des émeutes dans la Casbah,et en 1962 définitivement transformée en Mosquée avec l'adjonction...d'un minaret .Elle est maintenant dit-on,le fief d'un mouvement particulierement fanatique.
   

L'histoire de la Reine d'Esther .
Telle qu'elle est contée dans la Meguilat (Rouleau).

  Il y a de très nombreuses années, dans le lointain pays de Perse, régnait le méchant roi Assuérus. Il habitait un magnifique palais à Suse, la capitale.
Il était très riche et très puissant. Il dominait sur de nombreux peuples, dans un immense royaume qui s'étendait de l'Inde à l'Ethiopie. Mais il haïssait les enfants d'Israël qui avaient été exilés dans son pays et qui souffrirent beaucoup sous son règne.Sa femme, la reine Vachti, était tout aussi cruelle que lui. Elle faisait travailler très durement les jeunes juives, les humiliait et les forçait à profaner le Shabbat. Mais elle ne tarda pas à être punie, comme vous allez le voir.

Un jour, trois ans après être monté sur le trône, Assuérus, voulut exposer à tous, sa gloire et ses fabuleuses richesses. Il organisa alors, pour les princes et les courtisans du royaume, un immense festin qui devait durer cent quatre-vingts jours ! Ces festivités terminées, il invita ensuite toute la population de Suse, du plus grand au plus petit, à participer à un somptueux banquet de sept jours dans les jardins du palais.
Quelle magnificence ! Sur le sol dallé de marbre blanc et coloré, avaient été installés des lits d'or et d'argent, recouverts de belles tentures de brocart ! Chacun pouvait boire et manger à sa guise ! On y servait en abondance, dans de la vaisselle très précieuse, les mets les plus raffinés et les vins les plus vieux. Mais ce méchant roi, pour se vanter, utilisa aussi les ustensiles sacrés que ses prédécesseurs avaient volés au Bet Hamikdach. Quel sacrilège !
La reine Vachti, elle aussi, offrit un festin à toutes les femmes de la ville. Evidemment, la population de la capitale n'allait pas se priver de profiter de cette magnifique fête !

À Suse vivait un Juif, un Tsadik, appelé Mordekhaï. C'était un grand Sage, un des membres du Sanhédrin.Lorsqu'il eut connaissance de l'invitation du roi, il prit peur et avertit les Juifs : « Mes frères, n'y allez pas ! N'y participez pas ! Il nous est interdit de profiter du repas d'un racha ! »
Mais les Juifs n'écoutèrent pas leur Maître. Craignant la réaction d'Assuérus, la plupart d'entre eux se rendirent au palais. Quelques-uns seulement obéirent à Mordekhaï.
À ce moment-là, à cause de leur péché, une terrible décision fut prise dans le Ciel !
Le septième jour du banquet (c’était un shabbat), le roi, qui avait bu beaucoup de vin, était d’humeur très gaie. Que fait-il ? Il ordonna à Vachti de se présenter devant les invités avec sa couronne sur sa tête, afin de montrer, à tous, sa beauté.
Or, au même moment, Vachti venait de recevoir sa punition : envoyé par Hachem, l'ange Gabriel lui avait fait pousser une corne ! Quelle honte ! Bien sûr, elle refusa de s'exhiber ainsi chez le roi ! 

Complètement ivre, Assuérus entra dans une violente colère. « Quel châtiment vais-je donner à cette femme rebelle demanda-t-il à ses conseillers. « Majesté ! » Intervint le ministre Memouhan, « pour avoir désobéi à son illustre mari, la reine mérite la mort. » Assuérus écouta son conseiller et fit immédiatement exécuter Vachti. Elle qui avait forcé les jeunes juives à transgresser le shabbat reçut son châtiment un jour de shabbat, comme elle l'avait mérité (mida kenéguèd mida) !
Peu de temps après, lorsque le roi se fut calmé et qu'il n'était plus grisé par le vin, il se souvint de Vachti et de ce qu 'il lui avait fait.
« Malheur à moi ! » Se lamenta-t-il. « Je n'ai plus de reine ! » « Majesté ! » Proposèrent ses serviteurs, « nous allons rassembler pour vous toutes les plus belles jeunes filles du royaume parmi lesquelles vous n'aurez qu'à vous choisir une nouvelle femme ! »
Et il en fut ainsi.

A Suse vivait alors une bonne et pieuse jeune fille qui s'appelait Esther. Elle n'avait plus son père ni sa mère et Mordekhaï, son cousin, l'avait recueillie chez lui. Elle suivait toujours fidèlement à son enseignement. Lorsque les gardes du roi remarquèrent sa beauté, ils la ravirent immédiatement pour l'amener au palais. Quel malheur ! Esther ne voulait pas qu'on la prenne pour être choisie comme reine !
Juste avant son enlèvement, Mordekhaï avait eu le temps de lui chuchoter : « Esther, même dans le palais de ce méchant roi, n'oublie jamais les Mitsvot de la Torah ! Et surtout, ne révèle à personne tes origines, de quel peuple tu viens ! » « Mordekhaï », avait-elle courageusement répondu, « je te promets de t'obéir fidèlement ! »
Au palais royal, une multitude de jeunes filles de toutes les nationalités avaient été rassemblées. Esther gagna immédiatement la bienveillance du garde des femmes, qui lui accordait tout ce qu'elle demandait. Mais son seul désir était de pouvoir continuer d'observer les Mitsvot. Grâce aux sept servantes qui avaient été mises à sa disposition et qui se relayaient tout au long de la semaine, elle réussit à tenir le compte des jours et à garder le shabbat. Elle se nourrit uniquement de graines et ne toucha jamais à un aliment non cachère.
Quant à Mordekhaï, il se rendait chaque jour devant la cour du palais pour prendre des nouvelles d'Esther.
Toutes les jeunes filles attendaient impatiemment leur tour pour être présentées au roi et chacune espérait être choisie comme reine. Elles se parfumaient, elles se paraient de bijoux pour paraître aussi belles que possible.
Mais Esther ne fit aucun effort de ce genre. Elle ne souhaitait aucunement devenir la femme de ce méchant roi ! Et pourtant, quand son tour arriva, c'est précisément elle qui trouva grâce aux yeux d'Assuérus. Il la couronna et elle devint ainsi reine de Perse à la place de Vachti. Pour l'occasion, le roi offrit un grand banquet. Malgré les insistances de son mari, Esther ne lui révéla toujours pas ses origines, respectant ainsi les instructions de Mordekhaï qui continuait, quant à lui, de venir régulièrement près du palais.

Un jour, deux gardes du roi - Bigthan et Thérech - qui étaient en colère contre Assuérus, complotèrent contre lui.« Pif kaï tchouk, pouf tai moun », chuchotèrent-ils en tharcite, « voilà comment nous allons empoisonner le roi... » Ils pensaient que personne ne comprenait leur langue. Ils ignoraient que Mordekhaï, assis là, aux portes du palais, était un membre du Sanhédrin et qu'il connaissait donc toutes les langues.
Lorsque ce dernier entendit ce qu'ils projetaient de faire, il alla immédiatement en informer Esther.
Celle-ci s'empressa d'avertir le roi :

« Majesté ! Mordekhaï le Juif a entendu que vos gardes Bigthan et Térech veulent attenter à votre vie ! Il m'a chargée de vous prévenir afin de vous sauver ! »
Très effrayé, Assuérus procéda aussitôt à des vérifications. En effet, on trouva que le repas qu'on allait justement lui servir était empoisonné !
Les deux conspirateurs furent pendus. Rempli de reconnaissance envers Mordekhaï, le roi fit inscrire son nom dans son Livre de Mémoires.

 

Quelque temps après, Assuérus fit monter en grade son conseiller Haman, fils d’Hamdata, qu'il nomma à la tête de tous les ministres. Sur l'ordre du roi, tout le monde devait se prosterner devant Haman. Le cœur de celui-ci s'emplissait d'orgueil au spectacle de tous ces hommes se courbant à son passage.
« Qui est aussi important que moi ? » Pensait-il. « Qui est puissant comme moi ? Tous les sujets du royaume me sont soumis ! Je suis comme un dieu ! »

Au comble de la vanité, Haman accrocha sur sa poitrine l'image d'une idole !
Tous, craignant l'ordre du roi, s'inclinaient devant Haman et son idole. Tous, sauf Mordekhaï ! Mordekhaï le Tsadik ne voulait à aucun prix se prosterner devant cet homme qui se prenait pour un dieu, et encore moins devant son idole ! Les serviteurs du roi lui demandèrent : « Pourquoi désobéis-tu au roi ? Ne crains-tu pas d'être sévèrement puni ? » Mordekhaï leur répondit : « Non, je n'ai pas peur ! Il est interdit aux Juifs de se prosterner devant une idole et jamais je ne le ferai ! » Et malgré leurs insistances, Mordekhaï ne céda jamais. Haman en fut averti. Lorsqu'il constata que Mordekhaï, effectivement, ne se courbait jamais devant lui, il entra dans une vive colère et pensa : « Comment ose-t-il me tenir tête ? Quel châtiment exemplaire vais-je lui infliger ? Il mérite la mort ! Mais il ne me suffit pas de le tuer tout seul. Puisque Mordekhaï est juif, c'est tout son peuple, ce sont tous les Juifs que je veux faire disparaître !
Et le méchant Haman commença à mettre au point son terrible projet :
« Tout d'abord », pensa-t-il, « fixons une date pour cette extermination. Voyons…quel serait le meilleur moment ? Aux environs de leur fête de Pessakh ? ... Peut-être de Chavouot? Ou alors de Souccot ? Ah non ! Comme les Juifs observent de nombreux commandements pendant ces périodes, leur Dieu les protège particulièrement.  »

Haman réfléchit, réfléchit, et finalement, décida…de tirer au sort ! Il inscrivit le nom de tous les mois sur des bouts de papier qu'il plia soigneusement et les mélangea dans une boîte. Il retira ensuite un billet, l'ouvrit et lut : « Mois d’adar », « Parfait se réjouit Haman, les Juifs ne célèbrent aucune fête pendant ce mois-ci ! Mais quel jour exactement va-t-on perpétrer le massacre ? Tirons à nouveau au sort ! »
Il sortit un nouveau papier où était inscrit le nombre treize. Haman était maintenant fixé : Ce serait donc le treize du mois d'adar. Il s'empressa de se rendre chez le roi pour obtenir son autorisation.
« Majesté ! » Dit-il, « Savez-vous qu'il y a un peuple très étrange éparpillé dans tout votre royaume ? Ses membres ont des coutumes particulières et ne se conduisent pas comme les autres nations. Ils n'obéissent pas aux ordres de Sa Majesté. Lorsqu'on leur demande d'effectuer des travaux pour le pays, ils disent : « C'est shabbat aujourd'hui, nous n'avons pas le droit de travailler ! Le roi n'en retire vraiment aucun profit ! Que Sa Majesté décrète leur extermination et je ferai parvenir au trésor royal la somme de dix mille écus d'argent ! »
Le méchant Assuérus fut très heureux de la proposition. « Voici ma bague », dit-il à Haman en lui tendant l'anneau royal, « tu pourras l'utiliser pour cacheter de mon sceau tous les édits que tu voudras. Je te cède tous les pouvoirs sur ce peuple, fais-en ce que bon te semble ! Quant à l'argent, il est à toi, garde-le ! »
Haman se mit immédiatement à l’œuvre. Il fit écrire par les scribes de la cour des missives dans toutes les langues du royaume. Au nom de Sa Majesté, on y donnait l'ordre à l'ensemble de la population de se tenir prête à piller et à tuer tous les Juifs, du plus jeune au plus vieux, y compris les femmes et les enfants, cela en un seul jour, le treize du mois d’adar ! Des messagers furent chargés de remettre au plus vite les lettres scellées dans toutes les provinces du royaume. Assuérus et Haman se mirent à boire joyeusement pour fêter leur accord, mais chez les Juifs de Suse, ce fut la consternation !

Mordekhaï apprit l'effroyable nouvelle. Il savait que c'était à cause de leurs péchés et de leur participation au festin que ce terrible décret avait été promulgué contre les Juifs.
Il déchira ses vêtements, se couvrit d'un habit de deuil et parcourut les rues de la ville en criant et en pleurant :
« Juifs, mes frères ! Un projet d'extermination totale a été décidé contre nous ! Faites Techouva, faites pénitence ! Peut-être que Dieu nous prendra en pitié, nous pardonnera et nous sauvera ! »
Et l'appel de Mordekhaï fut entendu ! Dans toutes les provinces de l'empire perse, partout où l'on apprit l'affreux édit, les Juifs éclatèrent en pleurs et prirent le deuil. Ils prièrent, ils jeûnèrent, ils se repentirent de leurs fautes et supplièrent Dieu de les sauver.

Mais Esther, dans son palais, ne savait rien de tous ces événements.
Ses servantes firent brusquement irruption : « Majesté dirent-elles, « nous venons de voir près des portes du palais Mordekhaï le Juif vêtu d'un cilice, en train de pleurer et de crier ! » « Que se passe-t-il ? » S'exclama la reine, très effrayée. « Ne sait-il pas qu'il est interdit d'entrer en habit de deuil dans l'enceinte du palais ? Apportez-lui immédiatement d'autres vêtements ! » Mais Mordekhaï refusa de se changer. Esther, comprenant alors que c'était sérieux, envoya Hatakh, son fidèle serviteur, lui demander des explications.
Mordekhaï lui raconta en détail tout ce qui s'était passé, et lui montra même la copie du terrible décret. Il fit demander à Esther de se rendre chez le roi pour intervenir en faveur de son peuple.
La reine fit alors répondre à Mordekhaï : « Tout le monde ici sait que quiconque ose se présenter dans la salle du trône sans y avoir été invité se rend passible de mort, sauf ? Si le roi lui tend son sceptre. Or, cela fait déjà un mois que je n'ai pas été appelée ! » Mordekhaï lui transmit ce message : « Chère Esther, ne crois pas que tu seras seule épargnée parmi tes frères ! Si tu préfères garder le silence, Dieu les sauvera par un autre moyen, mais toi tu seras punie. Tu ne peux pas attendre l'occasion d’être convoquée, car qui sait si, à l'approche de la date fatidique, tu seras encore reine ? »
Esther lui fit alors parvenir la réponse suivante : « Va, rassemble tous les Juifs de Suse. Qu'ils ne mangent ni ne boivent pendant trois jours. Moi, je ferai de même avec mes servantes. Ensuite, je me rendrai chez le roi malgré l'interdiction, même si je risque la mort. »
Mordekhaï fit ce que lui avait ordonné Esther, et tous les Juifs - les enfants y compris - jeûnèrent sans interruption pendant trois jours d'affilée.
Le troisième jour, Esther revêtit ses habits royaux et se rendit courageusement chez Assuérus. Elle adressa à Achem une ardente prière pour qu'il lui permette de réussir dans sa dangereuse mission. Et Dieu l'exauça. Dès que le roi, assis sur son trône, la vit arriver, elle trouva grâce à ses yeux. Il lui tendit son sceptre et Esther, encouragée par ce miracle, s'approcha pour en toucher le bout ! Elle était sauvée !

 

 « Qu'as-tu, chère Esther ? » Lui demanda le roi.  « Que veux-tu ? » Je suis prêt à t'accorder jusqu'à la moitié du royaume ! « Je suis venue inviter Sa Majesté, s'il lui plaît, ainsi que son ministre Haman à un banquet que je leur ai préparé », lui répondit-elle. « J’accepte avec plaisir. Gardes ! Allez prévenir Haman qu'il est invité chez la reine ! » ordonna Assuérus.
Assuérus et Haman se rendirent donc chez Esther. Ils buvaient avec délectation tous les vins qu'elle leur offrait... « Chère Esther », lui demanda à nouveau le roi au milieu du banquet, « quelle est donc ta requête ? Je suis prêt à t'accorder jusqu'à la moitié du royaume ! »
« Si j'ai trouvé grâce à ses yeux, que Sa Majesté revienne avec Haman à un nouveau banquet que j'offrirai demain. J'y révélerai tout ! »

Haman sortit tout heureux de chez la reine. Quel honneur lui faisait-on, mais voilà qu'il vit Mordekhaï, assis aux portes du palais, qui ne se levait ni même ne bougeait à son passage ! Son cœur s'emplit d'une violente colère qu'il eut grand-peine à contenir. Il s’empressa de rentrer chez lui, réunit tous ses amis ainsi que sa femme Zérech et leur raconta avec orgueil : « Vous savez à quel point je suis riche et puissant. Après le roi, il n'y a pas plus important que moi dans tout le royaume ! La preuve en est que la reine n'a convié que moi au banquet qu'elle donne pour le souverain. Elle m'a même invité avec lui une deuxième fois, pour demain. Mais tout cela ne compte en rien pour moi, car dès que je vois Mordekhaï, ce Juif, qui ose me narguer, cela me rend fou de rage ! »
Zérech et tous ses amis lui proposèrent alors :
« Tu n'as qu'à monter une potence haute de cinquante coudées et demain matin, avant d'aller au banquet, demande au roi que l'on y pende Mordekhaï. Tu pourras alors te rendre chez la reine le cœur tranquille. "
Le conseil plut beaucoup à Haman et il se mit aussitôt à l’œuvre. Toute la nuit, il travailla à construire dans sa cour une immense potence ! Quand il eut fini, il se dit :
« Ah ! Je m'imagine déjà Mordekhaï pendu là-haut, balancé à tous les vents ! Mais je suis curieux de savoir ce que fait ce Juif en ce moment. »
De ce pas, il alla chercher Mordekhaï. Et où le trouva-t-il ? Au Bet Hamidrach, bien sûr, dans la maison d'étude où il enseignait la Torah. Il était assis par terre, en tenue de deuil, entouré de tous les petits-enfants. Ils jeûnaient depuis bientôt trois jours. Tous pleuraient et priaient...

Ce spectacle mit Haman au comble de la fureur. « Je vais faire tuer tous ces enfants en premier ! » Se dit- il. Il ordonna de les enchaîner et disposa des hommes pour les garder.
Les enfants se mirent à sangloter de plus belle, et implorèrent Dieu de tout leur cœur.
Achem entendit les cris de ces petits qui n'avaient ni mangé ni bu pendant trois jours et, par leur mérite, II pardonna aux enfants d'Israël. II eut pitié en voyant le repentir de Son peuple et, dans le ciel, le terrible décret fut aboli... 

Cette nuit, le sommeil du roi fut troublé... Dieu ne voulait pas laisser de repos à Assuérus. Celui-ci s'était éveillé et ne parvenait pas à se rendormir. II était intrigué par le suspens dans lequel Esther l'avait laissé. Il se tournait et se retournait de tous les côtés. Mais en vain. « Apportez-moi le Livre des Mémoires ! » Ordonna-t-il à ses serviteurs. Les gardes (qui étaient des fils d'Haman) obéirent. Ils ouvrirent le gros livre et tombèrent juste sur le passage où il était relaté que Mordekhaï avait sauvé la vie au roi. Ils s'empressèrent de le refermer pour l'ouvrir à une autre page. Mais cette fois également, ils tombèrent sur ce récit ! Ils essayèrent une troisième fois, mais là encore, c'était toujours la même page !

Assuérus commença à s'impatienter : « Que se passe-t-il ? Lisez donc ! » Cria-t-il.
Les gardes furent obligés de lire : « Mordekhaï le Juif a sauvé la vie au roi... » « C'est vrai, je m'en souviens. Au fait, quelle récompense a-t-il reçu pour cela ? » questionna le souverain. « Euh... il n'a encore rien reçu... » avouèrent les serviteurs.
À ce moment précis, on entendit des pas dans la cour. C'était Haman, qui ne tenait plus en place et qui voulait, dès la première heure, demander au roi l'autorisation de pendre Mordekhaï. « Qui donc se promène ici à une heure pareille ? » Demanda Assuérus, intrigué. « C'est Haman ! » Lui répondit-on.
« Qu'on l'introduise ! » Ordonna-t-il.
Haman entra, tout heureux. Il n'espérait pas si bon accueil ! « Cher Haman ! » S'exclama Assuérus, « tu tombes bien ! J'avais justement besoin d'un conseil. Que faire, à ton avis, à un homme que le roi veut honorer ? De quelle manière peut-on le récompenser ? »

Haman pensa dans son cœur : « Qui donc, à part moi, le roi chercherait-il à honorer ? Evidemment, il ne peut s'agir que de moi-même ! » « Je crois », proposa l'orgueilleux Haman, toujours avide de gloire, « que le meilleur moyen de récompenser un tel homme serait de lui rendre pour un jour tous les honneurs dignes d'un roi. Qu'on le pare d'un costume et de la couronne de Sa Majesté. Que l'un des hauts gradés de la Cour, après l'avoir ainsi préparé, lui fasse monter le cheval royal, et le conduise à travers la ville en criant : « Ainsi fait-on à un homme que le roi désire honorer ! »
« Très bien, c'est une excellente idée ! » Acquiesça Assuérus. « Je vais d'ailleurs te charger de préparer toi-même toute cette parade. Dépêche-toi donc d'aller chercher le costume et le cheval comme tu l'as dit, et habille ainsi Mordekhaï le Juif, qui est assis aux portes du palais ! »
« Qu... quoi !!! Qui donc ? » S'écria Haman, frappé de stupeur !
« Oui, oui ! Mordekhaï le Juif ! » Confirma le roi. « Et veille bien à ne rien oublier de tout ce que tu as proposé ! »
Quelle catastrophe, quelle honte pour Haman ! Il fut obligé d'aller trouver Mordekhaï, couvert de ses habits de deuil. Il dut le laver, le coiffer et le vêtir du costume royal. Il l'installa sur le cheval d'Assuérus et le guida dans les rues de Suse en criant :

Ainsi fait-on à un homme que le roi veut honorer !

  

Mordekhaï, le Tsadik, chevauchant royalement et acclamé par la foule, ne fut aucunement touché par l'orgueil. Il ne cessait de remercier Dieu pour ce miracle. Quelle joie ce fut pour les Juifs de Suse de voir leur Rav honoré ainsi comme un roi !
Le méchant Haman avait une fille tout aussi mauvaise que lui. Lorsqu'elle vit le cortège par la fenêtre, de loin, elle s'imagina bien sûr que l'homme assis sur le cheval était son père et que celui qui tenait les rênes ne pouvait être que Mordekhaï. Que fit-elle ? Elle versa sur le guide un seau rempli d'eau sale. Plouf ! Surpris par cette douche humiliante, Haman leva la tête. Lorsque la fille vit qu'il s'agissait de son père, elle fut terrifiée. Au comble du désespoir, elle se jeta par fenêtre et se tua !

Après avoir ainsi parcouru toutes les rues de la capitale, Mordekhaï retourna à son jeûne et à ses prières. Quant à Haman, il revint à la maison, fatigué, sale, mouillé accablé par son malheur. Comme il racontait sa mésaventure à ses proches et à sa femme, ceux-ci dirent : « Si ce Mordekhaï devant lequel tu as commencé à perdre ton prestige fait partie du peuple juif, sache que tu ne pourras plus le vaincre. Tu seras totalement battu par lui ! » Ils étaient encore en train de parler que déjà des gardes firent irruption et emmenèrent Haman au banquet d'Esther sans même lui laisser le temps de se laver et de se changer ! Le roi et Haman étaient donc attablés avec la reine... « Chère Esther », demanda cette fois encore Assuérus, « quelle est donc ta requête ? Je suis prêt à t'accorder jusqu'à la moitié du royaume ! » « Si j'ai trouvé grâce aux yeux de Sa Majesté », répondit Esther, « et si Sa Majesté veut bien accéder à ma prière, c'est ma vie que je demande, c'est le salut de mon peuple ! Car nous avons été vendus, moi et mon peuple, pour être tués et massacrés ! Si nous avions été vendus comme esclaves, je me serais tue, car le roi en aurait tiré profit. » « Qui est-il et où est-il, celui qui projette de faire une chose pareille ? » S'écria le roi, en colère.
« C'est lui, ce méchant ennemi, c'est Haman ! » Dit Esther en le montrant du doigt. Haman fut abasourdi ! Quant à Assuérus, très irrité, il se leva et quitta la salle du banquet pour prendre l'air dans le jardin.
Haman, affolé par l'accusation de la reine, se jeta à genoux devant elle et implora sa pitié. Mais le roi, qui revenait, s'emplit de fureur quand il vit son ministre tombé ainsi aux pieds du lit de la reine. « Quoi ! » S'écria Assuérus, « tu oses même t'attaquer à ma femme dans ma propre maison ! »À cet instant, un garde du nom de Harbona (c'était en réalité le prophète Elie) ! Entra et dit : « Je suis venu informer Votre Majesté qu'il y a dans la cour d'Haman une potence haute de cinquante coudées. Il avait l'intention d'y pendre Mordekhaï qui a sauvé la vie au roi. » « Eh bien, qu'on l'y pende lui-même ! » Ordonna Assuérus. Ainsi, on pendit Haman sur la potence qu'il avait préparée pour Mordekhaï, et la colère du roi se calma.

Le même jour, Assuérus transmit les pouvoirs d'Haman à Esther. Celle-ci fit venir Mordekhaï, car elle avait maintenant révélé au roi qui il était pour elle. Le souverain donna son anneau à Mordekhaï, et la reine le nomma à la place d'Haman. Mais sur les Juifs planait encore la menace du terrible décret. Esther se rendit une nouvelle fois chez le roi et tomba à ses pieds. En pleurant, elle le supplia d'annuler cet édit. Assuérus lui tendit son sceptre, la fit relever et lui dit : « Il est impossible d'annuler un décret qui a été scellé de l'anneau royal. Toutefois, j'ai donné ma bague avec mon cachet à Mordekhaï. Il peut donc écrire de nouveaux édits comme bon lui semble et les sceller en mon nom. » Mordekhaï rédigea alors de nouvelles missives et les cacheta au nom du roi. Il y était dit que les Juifs étaient autorisés à se rassembler et à se défendre contre ceux qui voulaient les massacrer, le treize du mois d'adar. Des coursiers s'empressèrent de remettre ces lettres dans toutes les provinces de la Perse.
Mordekhaï sortit de chez Assuérus, vêtu d'habits royaux, d'azur et de pourpre et ceint d'une couronne d’or ! La ville de Suse était en fête ! Quelle joie pour les enfants d'Israël ! Par quel miracle extraordinaire Dieu les avait sauvés !
Ainsi, à cette date qui aurait pu leur être fatale, les Juifs parvinrent à se venger de ceux qui les haïssaient. Contrairement à ce qui aurait dû se passer - venahafokh hou. Ce sont eux qui tuèrent un très grand nombre de leurs ennemis. Personne ne leur résista. Ils pendirent aussi les dix fils d'Haman !

Le quatorze adar, quand les combats cessèrent, les Juifs célébrèrent leur délivrance dans la joie.Esther et Mordekhaï rapportèrent tous ces événements dans une Méguila. Ils instituèrent à la date du quatorze adar la fête de Pourim, en souvenir du pour - du sort - avec lequel Haman avait fixé son projet. En ce jour, les Juifs de toutes les générations doivent se réjouir, lire la Méguila, s'envoyer des cadeaux comestibles, donner de l'argent aux pauvres et remercier Dieu qui, dans Sa grande miséricorde, les a sauvés si miraculeusement.

Fin

Ce conte est tiré du livre « La ronde de l’année » paru aux Editions L’Arche du livre.

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commentaires

toufik 31/03/2011 01:23



en quel années aproximativement c'est produite cette histoire de la Méguilat d'Esther  si c'est possible merci d'avance 



Georges L. 31/03/2011 08:31



Pourim se situe vers 480 avant l'ère vulgaire. Pour plus de précisions, voici un lien :


http://www.calj.net/pourim


Merci de m'avoir lu !



René 23/03/2008 08:48

Bonne fête de Pourim,cher georges.Pour nous,à Limoges Nous f^tons Paques sous la neige!!!loin de nous les belles plages et le soleil de printemps!

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