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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 13:30
 Adolph Otth (1803-1839) fut un  Naturaliste suisse  qui fit un grand voyage qui le conduit entre autres régions de la méditerranée  en Algérie d'ou il rapporta une rare collection d'insectes .En 1839 il entreprend un nouveau voyage au Proche-Orient mais il meurt à Jerusalem et ses collections et ses manuscrits sont perdus .En 1838 sort un livre illustré de 30 lithographies dessinées en Algérie et intitulées :

"Esquisses africaines dessinées pendant un voyage à Alger et lithographiées par Adolphe Otth Dr."

Berne, J.F Wagner (lithographe), 1839


En voici  quelques unes extraites de ce livre :



                                                                     Le port d'Alger

Remarquez le Penon de l'Amirauté ,les bateaux aux sabords armés de canons,et les voiliers traditionnels .


1839 OTTH fine series 28 LARGE FOLIO views of ALGERIA

Un dessin délicat de la Campagne sur les hauteurs d' Alger .Une mère joue avec son enfant tandis qu'une femme remplit son broc à la fontaine de vie.  Les cavaliers avec leurs montures  s'approchent de l'abreuvoir .
Derrière le mur de pierre jaillit une haie infranchissable d' Aloes  aux piquants aigus comme des poignards .
Des noms de localités comme "Fontaine-Fraiche" ou "Fontaine-Bleue" me font encore rever .....

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Ci-dessous celà semble etre un caravansérail,avec un marabout sur le coté .



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Une précieuse gravure de la Casbah . Un soldat coiffé du Shako et sa compagne s'attardent devant l'étal d'un boucher en plein air . De coté des sacs de fruits secs . Un dromadaire bien chargé  de marchandises  déambule dans la ruelle . Les poutres en bois étayent et retiennent les façades qui ont tendance à vouloir s'embrasser .
Les fenetres étroites et croisillonées permettent aux femmes de voir sans etre vues . Le soleil n'éclaire la ruelle que lorsqu'il est au zénith et fait une tache blanche sur les pavés .

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Nous sommes devant une des portes d'Alger,celle de Bab-Azoun. A ces remparts étaient empalées les tetes des suppliciés ,souvent condamnés pour des vétilles suivant les caprices du Dey ,un moyen de régner  par la terreur .



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Le Palais du Dey et le Marché d'Alger .Cette place doit etre celle qui surplombe la Pecherie et sera la future Place du Cheval..Toute la population  y est représentée.On  remarque les arabes enturbannés,leurs femmes voilées et  en haik et en bas et à droite une femme israelite reconnaissable à son haut hénnin conique qu'elle était obligée de porter pour se différencier des musulmanes .



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Une belle vue d'un aqueduc ,celui de Bab-El-Oued  . En haut le Fort l'Empereur .


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Sous une voute de l'Amirauté  des portefaix transportent une grosse futaille . Au sol des filets sèchent.
De vieux canons scellés dans le sol servent de bittes d'amarrages . En fond la Casbah partout présente mais déjà aussi des immeubles de style européens .



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Et l'Amirauté en 1900....et la meme arcade ..







Une superbe villa du temps des Turcs
sur les hauteurs de la ville. Partout des haies de figues de barbarie et
des arbres couverts de plantes grimpantes . .



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Dans ma prime jeunesse, privés de transport pendant la guerre ,nous allions chaque dimanche nous promener  dans les chemins parfumés d'El-Biar . Derrière presque  chaque haie,une villa au toit couvert de tuiles vernissées de couleur verte . Les fenetres bardées de fer ajoutaient au mystère de ces architectures merveilleuses noyées dans les frondaisons . D'après les descriptions qui en sont faites de leur intérieur,ce sont des faiences de Delft  ou d'Italie ravies aux gallions étrangers par les pirates,  qui tapissaient les murs et couvraient le sol des pièces ainsi toujours fraiches en été .
Les chardons et les orties nous piquaient les jambes ,mais nous machions heureux  les tiges verte et acidulées des "vinaigrettes" aux fleurs jaunes . A chacun de nos  pas s'envolaient des papillons-rois ou des insectes  mordorés ,mais notre suprème joie  était une haie couverte de charmilles  et de grosses mures rouge-sombre  que nous disputions aux abeilles enivrées de leur sucre . Un coin de paradis avant de redescendre en ville .

Adolph Otth nous a légué ces merveilleuses lithographies pleines de détails et dessinées avec la précision d'un  grand Naturaliste,hélas disparu très jeune .

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commentaires

Jacqueline 25/07/2008 08:56

Mon cher ami, ces reproductions sont d'un intéret particulier pour moi. J'aime pouvoir ainsi vérifier les changements de notre bonne ville et les détails que cet artiste a su coucher sur son papier me permettent de réver...sur cette place ont du passer mes ancetres..ainsi revétues de ce couvre chef???Vous savez que je reste toujours émerveillée par vos découvertes...j'oserais dire vos "trophées"!!!Merci!Bien à vous

Gaby:0059::0010: 23/07/2008 20:59

délicieux et prècis ces dessins et merci je ne connaissais pas OtthAmitiés

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