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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 17:29
Marie-Claude Marque a conservé ces précieuses coupures de journaux  qu'elle m'a fait parvenir .
A l'occasion du dixième anniversaire de la mort tragique de Fernand Pistor lors de la libération de Marseile ,ses compagnons journalistes et de route et de plume ont publié leurs témoignages dans le Journal d'Alger du 10 Aout 1954 . .
Le Journal d'Alger :





" Aout 1944-Aout 1954 "

Edmond Brua :
Il était Rédacteur en Chef au quotidien "Le Journal d'Alger", et c'est dans ses colonnes  qu'il accueilli tous ces témoignages d'amitié de ses amis,alors  aussi correspondants de guerre,  portés à Fernand Pistor en ce dixième anniversaire de sa disparition .
Edmond Brua n'est évidement pas à présenter tant il accompagné presque quotidiennement les souvenirs de notre vie en exil de l'Algérie. Mais cet écrivain-journaliste et humoriste a aussi écrit un délicieux  conte  " Petit Poisson Rouge " dont voici la couverture que je viens de découvrir avec joie sur le Net.. Encore un souvenir de jeunesse .
Brua-1-copie-1.jpg

Edmond Brua ne fut pas seulement celui qui écrit les Fables Bonoises ou La Parodie du Cid mais fut aussi un philosophe lorsque il écrivit  son essai " Une Hypothèse sur Balzac et Vico " ,un article certes  moins connu du grand public mais à lire pour mieux connaitre l'éventail littéraire et la  culture  étendue du père de Jean Brua .

http://www.ispf.cnr.it/file.php?file=/ispf_lab/documenti/b1972_070_075.pdf

Pour la pérennité de la mémoire de Dodièze :
http://nice.algerianiste.free.fr/pages/bouq_com/brua.html

"Sa Vie et sa Mort..."
Par Edmond Brua :



 "Il  Rayonnait ...."
Par Paul Péronnet :

Paul Péronnet  qui écrivit l'article ci-dessous était un frais agrégé de Lettres en 1939.
Je retrouve sa trace ,(est-ce bien lui ?),comme responsable de la Radio francaise en zone d'Allemagne occupée
d' alors, dans l'article ci-dessous :
http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=VING_080_0025





....".Pierre Ichac m'a mis sous les yeux ce document si bouleversant : la photo d'une civière portée par quelques hommes .Sur la civière un mort ou plus-tot un bléssé aux portes de la mort. Un long corps au visage au trois-quarts dissimulé et dont le mystère se dérobe à nos anxieuses interrogations . Le sien peut-etre,le sien sans doute .

C'était le 25 Aout 1944 à Marseille au bas des escaliers de Notre Dame de la Garde .

Pendant dix ans nous avions ignoré l'existence de cette photo et la mort de Fernand demeurait voilée de brume . Et voici  tout a coup cet agonisant si " cruellement" vraisemblable : quoique nous puissions faire cette image-là va désormais se subsituer en nous à celle que chacun nous gardions au creux de notre mémoire ,à notre dernière image de Pistor vivant ....

…..sur cette page napolitaine pour l'embarquement pour la Provence . Il partait dans les premiers. Il rayonnait. Moi je devais attendre quelques jours encore. Il avait au dos son sac de montagne  . Je ne sais quelle pudeur m'a  refréner l'envie qui me tenait de l'embrasser  : nous nous sommes simplement longuement serrés la main , échangeant un grand et joyeux sourire  et un  "a bientot "  tout calme ,tout sur de lui."



"Ici Jean Pontacq ...."
"Les Supremes Paroles" de Fernand Pistor,alias Jean Pontacq .




"Au travail,l'avant-veille de sa mort au front...."



"A Mon Compagnon...."
Par Barreto Leite-Filho .

Barreto Leite-Filho était un journaliste brésilien francophone qui fut reporter  de la 2ième guerre mondiale en Europe pour les "Diaros Associados". Sur le lien ci-dessous il sera intéressant de lire ses lignes ( en Portuguais) sur le dur combat en Italie de Castelnuovo dont il en avait été très impressioné par l'horreur . ( Sur le plan politique, il est souvent cité sur l'Histoire du Trotskysme ).

http://books.google.com/books?id=OHHqkpGxxSwC&pg=PA129&lpg=PA129&dq=barreto+leite-filho+biography&source=web&ots=Ax5FNeBxGX&sig=4yZN6U3LZleWniehv3nYaAa00Ak&hl=en&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result





J'ai recopié l'article du Journaliste Brésilien pour le rendre plus visible au lecteur : .
 

J'ai été le premier à apprendre qu'on avait des appréhensions de la mort de Pistor,mais je me refusais à y croire comme il advient toujours dans ce cas-là .A cette époque nous étions en France près de Grenoble attendant d'entrer à Lyon .et notre camarade avait disparu depuis Marseille. Je travaillais journellement avec Luc , le meilleur de ses amis dans un autre groupe correspondant  également de Radio-France .Les appréhensions de Luc croissaient  d'instant en instant mais je cherchais à l'apaiser .Pistor avait  échappé à bien d'autres périls .

Son genre comme correspondent de guerre était le genre téméraire .

En effet les troupes françaises ,dont le commandement  allié s'était habitué à admirer la valeur depuis leurs premiers combat en Italie recevaient presque toujours des missions terriblement difficiles et Pistor considérait de son devoir d'affronter les memes risques que les combattants .Nous entrames à Rome cote à cote dans une des jeeps de correspondants francais où j'étais le seul étranger . Depuis lors nous étions restés amis .

Mais Pistor disparut aussitot suivant sa coutume . Il s'en fut prendre part au débarquement de l'Ile d'Elbe .Il fut le premier journaliste à prendre pied sur la terre ferme. Il tarda longtemps à rentrer plus que de raison. Alors commencèrent les premiers bruits inquiétant sur son destin. Des semaines plus-tard Pistor reparut,toujours le meme,toujours  avec le meme enthousiasme tantinet ingénu .,car c'était un pur et attendait impatiement  l'heure d'entrer en France . Nous eumes encore le temps de faire  ensemble notre entrée à Sienne et d'assister à cet espèce de couronnement  de l'action des Francais en Italie .La revue de la Plaza del Campo qui doit etre la Place la plus belle du monde du point de vue de la délicatesse et de l'originalité fut un moment de compensation  pour les homes comme Pistor qui voyaient  la rentrée en scène sur le plan de gloire et de prestige qui avait été le sien depuis les origines . Meme si je m'étais senti spirituellement attaché à la France,ce jour aurait été pour moi un jour heureux pour le seul fait d'avoir pu etre  témoin du bonheur de mes amis . Mais sera-t-il besoin de dire que ce bonheur ne fut vraiment complet que lorsque nous nous retrouvames sur le sol meme de la France ?. Pistor travaillait tout attendri. Pour nous tous cette rapide campagne du Midi fut une campagne idyllique . Mais comment  pourrai-je exprimer ce que je pressentais dans l'ame de mes camarades francais .?
Cette idylle en pleine tragédie n'était pas naturellement pas privée d'épisodes tragiques .
Le plus grave dans la première phase de cette campagne fut Toulon .Pistor était à Toulon nuit et jour possédé de cette espèce passion téméraire qui le dominait aux heures difficiles.  Pour cette unique raison le sort voulut nous faire entrer,cinq camarades américains et moi-meme tous dans la meme jeep à Marseille ,avant lui .On se battait de tous cotés de la ville et avions pu vérifier à nos dépens qu'on n'y passait pas une heure sans risque . Notre entrée à Marseille mobilise  les autres correspondants . Le lendemain matin je vis Pistor partir du camp en compagnie de Vaughan Thomas* de la B.B.C. autre spécialiste de la radio comme lui dont la compagnie était la plus utile pour les possibilités de collaboration qu'elle lui offrait . Je lui demandais où il allait :
"A Marseille !" répondit-il . Je ne sais pourquoi je me suis donné le ridicule de l'avertir,d'avertir Pistor "Prend garde,Marseille est très dangereux" . Le lendemain je retournai moi-meme avec d'autres Français ,parmi lesquels Jean Luc . Je rencontrai tout le groupe sauf Pistor . Serait-il déjà mort ? Je ne saurais   répondre . A l'heure qu'il est  parait-il, on ne sait exactement quand ,ni comment il est mort . J'ai entendu dire que Vaugham Thomas avait pris rendez-vous avec lui pour rentrer, rendez-vous que notre ami avait manqué .  Son habitude de demeurer absent,des jours entiers,perdu aux avant-postes ne nous permit pas de nous inquiéter au début . Mais de ce que nous apprenons de France ,Pistor n'arriva pas à Paris ,du moins son ame de Francais, plus que son ame de correspondent aura poursuivi sans étapes jusqu'en Allemagne . J'ai la certitude qu'en ce moment elle rode du coté des premières lignes , et que, en apprenant que ses compatriotes allaient entrer à Belfort, elle y est entrée avec eux .

( D'après " Présence",Hebdomadaire francais en Italie ) .

* Sur le journalisteWynford Vaughan-Thomas (1907-1987),lire :
http://en.wikipedia.org/wiki/Wynford_Vaughan-Thomas


Dans cette meme page, un poeme de jeunesse de Fernand Pistor :

                                                                                               " Paysage"

Le matin s'argente
D'un pale soleil
Le ciel est pareil
Aux feuilles de menthe

La colline en pente
Et les toits vermeils
Sourient à l'éveil
De l'aube riante

La vie est là-bas
A nos premiers pas
Facile et dorée

Voici le Printemps
L'ame est enivrée !
Nous avons quinze ans !

(Fernand Pistor,écrit à quinze ans)



"Marseille, 25 Aout.. "
par Pierre Ichac

"En 1935-1939, Pierre Ichac fut grand reporter à L'Illustration et à Paris-Match. Il effectue des reportages sur la guerre d'Éthiopie (1935-1936), au Levant (Palestine, Syrie, Irak), sur la guerre civile espagnole (1936), en AfriqueExtrême-Orient (1938, où il participe aussi au film Le Drame de Shanghaï de Georg Wilhelm Pabst), en Europe centrale et dans les Balkans après l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne nazie
En 1940, Pierre Ichac participe avec l'abbé Breuil à la découverte de la grotte de Lascaux et en réalise le premier reportage photographique. centrale (1937), en (1939). Il réalise également un reportage sur les premières lignes aériennes françaises transafricaines. En 1939-1940, Pierre Ichac sera correspondant de guerre en France.

En 1942-1945, Pierre Ichac est correspondant de guerre de la 1e armée française du général de Lattre de Tassigny. Il couvre les campagnes de Tunisie, de Corse, d'Italie (Monte Cassino), le débarquement de Provence, les combats du Jura, des Vosges, d'Alsace-Lorraine. Il réunira ses souvenirs dans le Livre Nous marchions vers la France (1954)."

En 1970 produit pour la TV un film monté avec des documentaires sur la Campagne d'Italie .



"Sous la croix de bois du Souvenir Francais,une dalle de ciment encadrée de petits galets blancs et enserrée dans un cadre de verdure sombre " ...

"Dernières Images d'Italie..."

"Une résurrection à la française" : la revue L'Arche (1944-1947)

par Michel P. Schmitt

"Placée sous le patronage de Gide et lancée par Jean Amrouche en février 1944, la revue L'Arche, éditée chez Charlot à Alger puis à Paris, cherchera d'abord à rétablir, pendant cette période noire, les droits d'une pensée humaniste et libre. Ce sera en fait surtout la défense et illustration d'une littérature française « classique » qui la caractérisera tout au long de ses 26 numéros, et qui l'amènera à s'arrêter quand la Libération sera effective : l'époque, désormais imprégnée de la culture qui se préparait outre-Atlantique, n'était plus à célébrer l'éclat et la dignité d'une littérature libre."






Dans ce numéro de Janvier-Février 1945, sont publiées les "Dernières Images d'Italie" de Fernand Pistor .


l



 
Le célèbre char Sherman face à Notre Dame de la Garde,là où combattit son équipage pour la délivrance de Marseille .
Certainement la zone de feu où fut atteint par un fusant  Fernand Pistor M.P.F. en tant que Correspondant de Guerre . Victime de sa témérité pour etre toujours en première ligne ,ce fut sans doute sa  dernière vision.
Des détails dans les rudes  combats pour libérer la ville :
http://www.military-kits.com/sections.php?op=viewarticle&artid=179



Taken in Marseille, Provence-alpes-cote d'Azur (See more photos or videos here)
43°17' 12" N, 5°22' 12" E43.2866445.369943 Le  Sherman, Monument à la mémoire de l'équipage du char Jeanne d'Arc, tombé lors de la libération de Notre-Dame de la Garde .
Le char presque entièrement brulé a été reconstitué pour en faire un monument  .

Extrait du site : farm2.static.flickr.com


le sherman de Marseille by Dominique Pipet.



                              
                                                 

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commentaires

René 13/08/2008 08:15

Un petit coucou en passant! toujours trés intéressants tes articles,cher Georges.Remarquable reportage où j'ai appris pas mal de choses que j'ignorais.

Gaby:0059::0010: 12/08/2008 18:13

j'apprends bcp avec vos reportages en direct du passéje repars à la fin du mois pour la Bretagne (la France toujours ...!!)amitiés

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