| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Charles-Frédéric se fit donc définitivement architecte :
Il eut à surveiller pour ses débuts la construction de la Cour des Comptes que devait décorer vingt ans plus tard, son neveu Théodore. C’est lui qui acheva le petit Arc de triomphe blanc, autour duquel il y a aujourd'hui un carrousel d'automobiles, au seuil de la route qui conduit à Aix.
Mais c’est à Alger qu’il laissera le meilleur de son œuvre. Il fut le concepteur des rampes d’accès et des boulevards des fronts de mer d’Alger, (réplique de la Rue de Rivoli à Paris).
Il effectua les grands travaux du port, le boulevard de l’Impératrice Eugénie, et fut l’auteur du théâtre municipal d’Alger achevé en 1853 en collaboration avec Sorlin et Poussard. C’est lui encore qui procéda à l’aménagement des abords et des contreforts du port réalisés entre 1860 et 1865.
Frédéric Chassériau a publié en 1858 l’Étude pour l’avant-projet d’une Cité Napoléon-Ville visant à établir sur la plage de Mustapha à Alger une ville résolument moderne : “ Pour nous, il nous faut de l’air, du soleil, des boulevards plantés d’arbres et des rues à galeries couvertes »…
Arthur Chasseriau (1850-1934):Grand amateur d'art, le baron Arthur Chassériau était le fils de l'architecte en chef de la ville d'Alger, Charles-Fredéric Chasseriau cousin germain du peintre Théodore Chasseriau.
Ce fut à Alger, en 1850, que naquit Arthur Chassériau. Il commença ses études à Paris au Lycée Louis le Grand, il s'engagea dans les francs-tireurs et sous l'uniforme en 1871, prit part à la répression de l'insurrection et à la campagne de Kabylie ".
Théodore Chassériau ,(1819-1856 ) a peint deux oeuvres particulièrement intéressantes :
Exécuté en 1851, le tableau (32x27cm) une peinture à huile sur toile : "Les deux femmes Juives au Balcon", une de ses meilleurs oeuvres algériennes, est dans la lignée des scènes capturées par l'imagination de Chassériau. La peinture de ses "Deux Juives de Constantine berçant un enfant" est de la même année et il semble y figurer les mêmes modèles. ..
Je cite Monsieur Alain Gouin :
"L’Islam interdisant la représentation de la figure humaine, faire des croquis d’une musulmane pourrait se révéler dangereux. Chassériau prend plutôt des Juifs pour modèles, plus faciles à côtoyer que les Arabes, surtout pour les sujets féminins et intimes. Bien qu’il n’y ait pas de détails explicitement juifs, on peut supposer que les modèles des Juives d’Alger au balcon étaient effectivement juives : en effet, contrairement aux musulmanes, les Juives ne sortaient pas voilées et avaient la possibilité de recevoir des hommes étrangers chez elles, donc éventuellement des artistes."
De plus ces femmes devisent librement à un balcon sans se cacher derrière un écran de bois de cèdre ajouré de moucharabias, à
travers lesquels on peut voir sans être vu comme dans les habitations mauresques où toute la vie du foyer est protégée de l'extérieur .
Chassériau a produit un nombre de tableaux et dessins décrivant le Judaïsme Algérien dans ses traditionnels costumes. Sans doute le
dessin de femmes juives est un pilier central de son travail après son séjour en Algérie. Les Notes du peintre accompagnant les esquisses faites en Algérie dénotent de son intérêt de capturer
l'original habillement féminin. Son mélange de bleu et d'or et d'argent des broderies et spécialement le conique henné avec ses voiles traditionnellement porté par les juives d'Algérie. La
"Terrada" est une coiffe où les cheveux sont noués avec une pièce de soie multicolore et attachée avec un ruban rouge qui traîne jusqu'au sol . Dans ce tableau ces deux femmes portent la même
coiffe qui la font reconnaître comme juives vis à vis de la population musulmane. Car c'était une coiffe imposée aux dhimmis par les Beys racistes pour les distinguer des autres femmes du pays .
(Les hommes eux étaient obligés de vêtir des vêtements sombres, et surtout pas de couleur verte sous peine de mort) .
Le Judaïsme a une longue Histoire en Algérie qui remonte avant la présence Romaine. Les ruines de Synagogue ont été retrouvées à Tipasa sur la cote et sur les Hauts Plateaux à Sétif. Des tribus berbères de Kabylie étaient même converties au Judaïsme, du temps de la Reine Juive Kahéna, vaincue par la suite lors de l'invasion Islamiste en 600. La communauté juive fut renforcée par l'expulsion en 1492 des citoyens d'Espagne et Portugal au temps de l'Inquisition. Ils s'établirent dans les villes d'Alger et Oran avec leurs ports propices aux échanges méditerranéens et aussi avec des communautés dans les villes de Blida et de Constantine .
Ces descriptions des coutumes juives ne sont pas sans rappeller l'oeuvre de Delacroix qui inspira sans doute Chassériau .
http://cartelfr.louvre.fr/pub/
Fig. 1:, Théodore Chassériau, Deux jeunes juives de Constantine berçant un enfant, 1851, oil on canvas, sold Sotheby's New York, 23 October 1990, Metropolitan Museum
of Art, New York
digi ref 364D08101
Fig. 2: Théodore Chassériau, Femmes juives au balcon, 1849, oil on wood, Musée du Louvre, Paris
digi ref 397D08101_COMP
Le costume des femmes d'Algérie est varié et a évolué au cours des siècles, notamment au moment du Décret Crémieux.L'iconographie retrouvée permet d’observer cette évolution en un siècle de 1835 à 1935.

"Le costume de la femme juive d’Algérie était constitué d'une coiffe en forme de cône, la sarmah, d'un benigo ou d'un foulard frangé.Le vêtement se composait d'une chemise fine aux longues manches amples portée sous une grande robe sans manche, appelée la djubba, à laquelle pouvait s'ajouter la ghlila, jaquette décolletée ou farmla (ou frimla) gilet sans manche pour soutenir la poitrine et retenir les manches de la chemise). Une ceinture parachevait le costume. Ce costume pouvait différer selon les villes, c'est la qualité de l’étoffe et des broderies qui indiquait la condition ".
* Sur Edmond Fleg :
( Mon père recevait le Journal "La Terre Retrouvée" où figuraient souvent les articles brillants d'Edmond Fleg et sur les rayons de la bibliothèque paternelle
ses livres cotoyaient ceux d'André Neher et bien d'autres amoureux de Sion ).
http://fr.wikipedia.org/wiki/