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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 15:10
 

Birkadem,(en arabe "Le puits de la négresse"),est un petit village proche d'Alger, dont les terres rouges très cultivées étaient arrosées par des pompes à godets.


      Birkadem
     ----------

 Fatigué de courir la campagne,
 Essoufflé par la chaleur qui me gagne,
 Je m'assois, empourpré, sur la muraille de pierre,
 Que recouvre un magnifique lierre, très vert.
 J'ai les jambes griffées par les orties,

 Et la Bardane têtue colle à mes habits.
 Je détache, vivement, mes petites sandales,
 Dont la boucle de fer, me faisait si mal:
 Elles tombent sur une mue argentée,
 Que l'habitant a changé, pour sa tenue d'été.
 Un scarabée mordoré, par le bruit dérangé,

 Hésite un peu, et reprend sa course saccadée.
 Un criquet audacieux, saute, sur ma main enchantée,
 Et répare son erreur, par un bond décuplé.
 Le papillon blanc, sur le géranium, s'enivre à tout vent,
 Lorsque le gros hanneton jaune passe, en vrombissant,
 Et un lézard tout gris, s'arrête, dresse sa tête,

 Me regarde fixement, me souhaite bonne fête,
 Et dans un trou disparaît lestement.
 Tout la haut, une buse inquiétante,
 Cherche sa proie dans un buisson de menthe.
 Je bats de mes pieds-nus, l'air odorant,
 L'air vibre de tous ces insectes charmants.
 Ferme les yeux, écoute les grelots des Norias,
 Qui montent l'eau, sur une musique de Ségovia.
 Je vois un figuier, cueille un gros fruit,
 Qui perle une goutte de lait,
 L'ouvre à deux mains, et plonge mes jeunes dents

 Dans la chaire violacée,
 Que le Bon-Dieu a fait naître, avant que l'homme ne soit né.
 L'amandier à la branche compliquée,
 Me tend son fruit vert et sa coque veloutée,
 Je croque l'amande fraîche, détache la gousse blanche,
 Ele est double: c'est vraiment un jour de chance.
 J'ai dix ans, je rêve entre la terre et le ciel,
 Je suis l'hôte d'une maison, dans le Sahel.



  G.L.


  La Bardane:cette fleur pourpre, estivale, du bord des routes,qui s'agrippe par ses  capitules,et qui ainsi a inspiré l'inventeur du Velcro.
  Andres Ségovia,(1893-1987),Andalou,le père de la guitare Classique.


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Published by georges - dans poésies
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commentaires

Fialyne Olivès 03/06/2012 23:56


Merci George de cette réponse touchante. Oui je vois tous les jours Birkadem, Birmandreis qui est en fait bir mourad raïs, le puits de Mourad Rais, comme d'ailleurs birtouta en allant vers Blida,
Bir Touta, c 'est le puits de Touta, touta étant un mûrier donc le puits du mûrier.


Alger d'aujourd'hui est en surpopulation ainsi que Blida la ville des roses avec ses jolies montagnes de Chréa.


Bien à vous


Fialyne


 

Georges L. 23/06/2012 14:55



Je me souviens des Mûriers qui bordaient la route de Boufarik ! Nous nous arrêtions sur le bas cote pour cueillir ces délicieuses mures qui nous tachaient les doigts et la chemisette blanche...
Bonheur ineffable...



Fialyne Olivès 01/06/2012 10:17


Très joli poème et très touchant. Etant encore sur cette terre voici mon poème, si vous le voulez bien :


Mon puits de la Négresse


Bleu azur est peint le ciel de mon tendre village
Reflet de notre regard, laissant les traces au passage,
Celle de ma famille enfuie ou présente, de mes ancêtres
Mes véritables amis qui m'ont vu naitre, grandir et être.

Ö combien de fois ai-je foulé tes rues et tes quartiers
En ton cœur, la déesse mairie, l'église et la mosquée
Vivant ensemble unies en piliers côte à côte posées
L'épicier, le café et le boulanger, s'alliant pour partager.

Mon village, tes maisons somptueuses créent le bonheur
Mauresques, grandes ou petites répandent les senteurs
De jasmins de jour et de nuit, de roses et de mimosas.
Les fruits et légumes du marché appelant aux bons plats.

Que de melons, de pastèques et de raisins juteux en été
Des blancs, des rouges, des verts, tout pour vous enivrer
Les figues et les dattes ambrées viennent à le couronner
Tentant les papilles des friands, s'empressant à goûter.

Et Vendredi, jour sacré de prière, de sortie et de détente
Autour d'un couscous succulent les familles se rencontrent
Légumes cuits en vapeur ou en sauces piquantes dosées
S'accompagne toujours de petit lait écrémé et bien caillé.

Que j'aime en toi cette ambiance mon 'puits de la Négresse '
De tes enfants joyeux, amis et frères unis de ta tendresse
Ahmed ou Pierre, l'un ou l'autre caressent avec délicatesse
L'espoir de te maintenir mon village éternisant ta sagesse.

Fialyne Olivès

Georges L. 03/06/2012 11:54



Le Ravin de la Femme Sauvage et sa terre jaune de tuf, Birmandreis et ensuite Birkadem, en autocars de l'A.C.B (Les Autocars
Blidéens que nous empruntions
à Alger,rue de Lyon),  autant de souvenirs que les années ne
font qu'aiguiser !

Vers sans Frontières,  
Médecines des âmes,
Comme la vague infinie sculpte la pierre
La plume du poète adoucit la misère
Et jette un pont par dessus les mers.
Un vent tiède caresse nos paupières
Et des strophes envolées
Poussent les fleurs dans l'ornière.
Puissent ces mots arrêter les guerres
Et laisser à la Terre son rôle de Mère
Éviter le sang que font couler les Pères.
Laisser reposer  aux Cimetières de Demain
Que des hommes morts, une fleur à la
main.



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