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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 14:51

 

Le tapis, étendu sur les tomettes rouges:
-Je commence à m'ennuyer sans Georges !
Le Chat en s'étirant:
-Uyer, moi aussi !
-Alors je vais te raconter  une histoire.
-Bon, mais à condition qu'elle soit courte car je n'ai pas de patience, et en plus il faudra qu'elle commence par "Il était une fois", sinon je vais me rendormir.
-Et bien écoute:
"Il était une fois,
Un marchand de foie,
Dans la ville de Foix,
Qui disait ma foi,
C'est la dernière fois
Que je tuerai une oie.
Il y rencontra Bonnefoy*,
Qui dans son oeuvre de Roi
Lui lit tout en émoi,
Ce morceau de choix:
"Le language est notre chute", prends garde à toi !
   Le chat en faisant le gros dos:
 -Je n'ai rien compris à tes sornettes, va plutôt m'apporter du mou de veau.
-Ecoute donc ce texte lu par le poète, espèce de ventripotent, sache qu'il existe aussi les nourritures de l'âme ! :

( appuyez sur "écouter un extrait", puis après sur "Mettre à Jour" en vert et attendre le chargement, audio ouverte, de la lecture du poème "Planches Courbes").
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Yes&pageType=preliminaryResults&productID=BK_LIPA_000046FR

 Georges, de retour de sa ballade en ville, et qui avait surpris la conversation: -Comment as-tu trouvé ce texte des "Planches Courbes", quand le poète est couché au fond de la barque ? Moi, cela me rappelle la plage des Bains-Romains. J'étais à l'âge de l'insouciance où tout était simple. Cette plage était proche d'une certaine Villa Rouge, d'ou mon père mobilisé se libérait parfois pour nous rejoindre de l'autre côté de la la route. Cette villa, plus tard me raconta papa, était le centre du B.C.R.A. où il fut recruté en tant qu'ingénieur du 45 ième de Transmissions, au retour de la Campagne de Tunisie de 1943. Là étaient fabriqués les postes émetteurs-récepteurs miniatures qui étaient parachutés aux maquisards et les antennes qui dépassaient de cette villa isolée en haut de la colline , réquisitionnée sans doute, reliaient la France Libre à la Résistance. Je me souviens que revenaient dans les conversations des grands, les noms de Pélabon et de Passy*. Maman prenait une calèche Place du Gouvernement, pour nous cette

 D'abord, se laisser bercer au trot du cheval, en regardant de la fenêtre les vaguelettes tout en bas qui nous tendaient leurs bras, regarder défiler les pêcheurs qui lançaient leurs hameçons d'une grande courbe musclée de leur canne et qui tombaient au milieu des mouettes tournoyant autour d'un banc de poissons, c'était déjà une aventure qui commencait bien. A cet âge, je ne savais que patauger comme les chiens et c'est dans l'eau profonde sur le dos de mon père, que j'étranglais presque de mes deux bras passés autour de son cou, que nous arrivions à une barque, propriété d'un cabanon endormi sous le soleil d'été.  Là,  je m'allongeais sur le "fond courbe" et me laissais aller au rythme du clapotis sur la coque. Pendant ce temps, papa plongeait à la recherche de trésors naturels, muni seulement de son souffle prodigieux, et remontait avec des coquillages nacrés qui brisaient les feux du soleil. L'eau était claire et je pouvais voir les algues onduler lentement et les lichens secouer leurs feuillages sous la caresse du courant. Ce fond mystérieux m'inquiétait un peu. Il m'attirait et m'effrayait à la fois.
Sur cette plage de graviers, un camarade de travail était venu nous rejoindre à point pour un déjeuner frustre mais délicieux.
-Raoul, voulez-vous un sandwich ? proposait maman, sans jamais préciser "à quoi" , car à cette époque  il était invariablement composé de pain et de tomate au sel, le tout tiédi par le soleil généreux. Pourtant ce menu méditerranéen m'est resté plus cher au coeur qu'un repas à la Tour d'Argent.
Moi et mon grand frère, étions vêtus de slips de bains , en laine verte tricotée par les mains amoureuses de notre mère. Cette laine qui me brulait entre les jambes, et glissait toujours, sûrement dans une vie antérieure avait dû être un  pull-over paternel. Maman, elle, avait un superbe maillot en piqué blanc  d'une pièce, un  souvenir d'avant-guerre, et ressemblait à une gravure de mode de chez Vogue. Une grande serviette sur un piquet de roseau, en guise de parasol suffisait à nous abriter, c'était une journée spartiate mais  une des plus belles de ma vie.
*
http://x-resistance.polytechnique.org/bcra.html

Savez-vous d'où je reviens aujourd'hui ? Et bien de mon Ecole Clauzel. Bien sûr, elle a changé de nom, elle a pris celui de Ibn Toumert: "Il disait que la science de Dieu ne devait pas être réservée aux seuls savants, mais qu’elle devait être offerte à tous." C'est ce que pensait aussi Jules Ferry, mais en mieux, car dans le cadre de l'école laique. Et bien , mon école n'a pas changé d'aspect extérieur, elle est devenue seulement plus petite sans doute parceque j'ai grandi ! Le portail en fer est là, avec ses deux marches d'accès, seuls les murs se sont vus rajouter des barbelés, pour éviter la fuite des enfants ou l'entrée des voleurs: c'est une maladie générale dans cet Alger qui fait pousser sur son visage des aspérités boutonneuses qui l'enlaidissent . De mon temps, sortir avant la fin des classes était impensable, et personne même le plus diable, n'aurait pensé escalader ces murs, ils nous servaient seulement aux récréations de perchoirs quand nous jouions au gendarme et au voleur. Je ferme les yeux, je crois entendre les enfants chanter, délivrés de leurs devoirs, et les cartables déjà rangés, la dernière heure avant la sortie, la plus ensoleillée. Monsieur Moureau a de la peine à nous modérer, quand nous arrivons à notre air préféré :
"Petites Campanules,
 Qui tintaient au cou des mules,
 Partout vous portez
 La vie et la gaité.!!."
Et mon voisin malin qui me faisait toujours pouffer de rire, lui, chantait à voix basse :
 "au cul des mules" ! au risque de me faire punir....
Après la sieste, ,je vous raconterai d'autres souvenirs de mon école.

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Published by georges - dans souvenirs
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commentaires

Michel 14/03/2011 07:20



Un grand merci pour cette réponse tellement rapide! en lisant le texteles souvenirs ont ressurgis..... je vais apprendre cette chanson à ma petite-fille!


Encore merci



Michel 13/03/2011 11:02



très bien ton site! connais-tu les paroles de cette chanson: petites campanules qui tintaient au cou des mules...... c'est une chanson que j'ai apprise en CM2 il y a plus de 50 ans! je ne me
souviens plus des paroles et aimerais bien les retrouver!


Merci d'avance si tu peux m'aider, me répondre à michel.baraban2@sfr.fr


Cordialement



Georges L. 13/03/2011 19:31



Sur le net j'ai trouvé les paroles, hélas sans l'auteur, d'ailleurs très recherché !


"Grimpant sans peur,
Vers la montagne aride,
Mulets et muletiers,
Frappent le sol des sentiers.
Petites campanules,
Qui tintaient aux cous des mules,
Partout vous portez,
La joie et la gaieté.


Longtemps, j'entends,
Le carillon qui sonne,
Pourtant dans le lointain,
Le chant s'apaise et s'éteint.
Petites campanules,
Qui tintaient aux cous des mules,
Partout vous portez,
La joie et la gaieté."



gaby 11/04/2007 10:30

Je dois attendre qu'on me dise comment rejoindre votre blog , ils ont tout changé et je n'y accède plus ... alors patience dès que possible je corrige......Gaby:0059:

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