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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 14:56

  


 

                    Le Scorpion de la Femme Sauvage.

Scéne I
Un jour de classe, j'avais "tapé cao"*, mais officiellement puisque j'accompagnais mon père dans ses courses industrielles. Je ne sais à  quelle usine nous devions aller, mais je me souviens que nous avions emprunté la route large du Ravin de la Femme Sauvage, creusée dans le tuf jaune qui nous aveuglait en reverbérant le soleil généreux de l'été.

Pendant que mon père s'entretenait dans un bureau au frais, moi je préférais attendre dehors et explorer les lieux. Armé d'un roseau, je battais cette campagne, bottant la pierraille et brusquement vit un scorpion  (qui avait aussi les pieds noirs) que j'avais réveillé de sa sieste. Un scorpion est un animal qui se déplace trés vite, mais je réussis à  le faire entrer dans une boite de conserve qui trainait sur le sol et l'enfermais avec mon mouchoir.
J'oubliais seulement d'informer mon père de ma découverte et du nouveau passager, car je craignais sa désapprobation. Arrivé à  la maison, je choisis un bocal , y mis un lit de feuilles, ne sachant pas de quoi se nourrit un scorpion**, et fit d'un papier transparent un couvercle que je percais de trous pour  l'aération....Je l'installais sur la table de ma chambre, heureux de pouvoir l'observer de prés,  tout imbu de ma lecture du livre de  Fabre sur les insectes. A côté du verre de la grasse sauterelle verte et du papillon Roi, victime de sa beauté.
Le lendemain, je décidais de lui apporter quelques fourmis pour meubler son loisir forcé. Elles ne manquaient pas, se donnant la bonne adresse en montant le long du mur, pour emporter les miettes de mes tartines à la confiture. Pendant ce transbordement d
élicat , je renversais le bocal et mon prisonnier prit la fuite.


* Adaptation de l'italien "manca ora".(?)

**J'appris plus tard qu'ils sont carnivores !


Scène II
Comme j'étais pieds-nus, et seul à  la maison, je  pris la poudre d'escampette, fermais ma chambre à  clef (!) mis quand même une serpillère contre la porte, et attendis le retour de mes parents. Je dus leur annoncer la bonne nouvelle que nous avions un nouveau locataire. Ma mère pratique se saisit de l'annuaire pour chercher un spécialiste de la question, mais il fallait d'abord en trouver le nom, nous ne connaissions que celui de Bombonel...

Et elle s'apprêtait à  téléphoner aux pompiers, mais la peur du scandale la retint et mon père décida de régler ce problème en famille...

D'abord,  il sortit du placard des godasses à  clous de la dernière guerre, et s'arma d'un balais, et ouvrit la porte de la chambre bleue avec circonspection. Maman et moi nous étions le deuxième front de réserve et attendions au fond du couloir avec la tapette des tapis. Comment retrouver cette bestiole, dans le cartable, sous le lit, dans la bibliothèque, derrière les rideaux, autant de mille caches à  explorer, et le tout avant la tombée du jour. Mon père, ce héros qui avait fait la guerrre de Tunisie, avait  maintes fois couché à  même le sol, eut une idée géniale, comme l'inspecteur Pluvier: tiens,tiens ,tiens dit-il en avisant mes chaussettes sortant de mes chaussures dans un coin de ma chambre. Des chaussettes qui avaient fait une longue marche au soleil et odorantes à  souhait !...

Il renversa une chaussure sur le carrelage, c'était la bonne: s'y échappa un scorpion affolé qui finit sa carriére sous le soulier à  clous, en 3 coups comme au théatre, mais cette fois pour sonner la fin. Je n'ose imaginer le cas où cette bête aurait été introuvable chez nous , pensez 5 étages x 2 =10 locataires à  évacuer en fin de journée , c'eut été une autre manchette de journal pour Essmma ! Les scorpions, les campeurs le savent bien, adorent l'odeur suis-generis des pieds, et les scouts toujours secouent leurs chaussures avant de les enfiler. Une leçon que je n'ai jamais oubliée. En plus, le scorpion noir est trés méchant: quand on l'attaque, il se défend...

J'ai lu que les paysans en Algérie frottent d'ail les pieds des petits enfants, odeur qui fait fuir le scorpion.

Pour ceux qui ne craignent pas les cauchemards, un site précis sur ces bestioles très communes :

http://www.messcorpions.com/anatomie.php


Certains Scorpions peuvent atteindre une taille respectable de 10cm. Un jour dans une auberge de jeunesse du Néguev, j'en ai vu un sortir de dessous d'une potiche fleurie, de couleur d'un vert magnifique, qui avait trouvé une fraicheur provisoire car je mis un terme à son escapade. Une autre fois, après avoir bouclé mon sac au dos dans une maisonnette de bois qui m'avait accueilli pour la nuit, et en le jetant sur mon épaule, je vis tomber un scorpion noir, une espèce mortelle qui se faufila dans les interstices du plancher. Contrairement à ce qu'il est souvent décrit, un  malheureux scorpion placé au centre d'un cercle de feu, ne se suicide pas avec son dard, car il est lui même immunisé contre son propre poison. Curieusement, il résiste aux irradiations radio-actives des champs de tirs. En participant à des fouilles archéologiques à Arad (Néguev), j'eu l'occasion de manier la pelle et la pioche dans l'entaille d'une colline. Un matin alors que j'étais en pleine action, je ressentis une brûlure...entre mes jambes et sortis de mon trou comme un  pantin de sa boite à ressort et sans aller plus loin, aux yeux de mes camarades hilarants, me déshabillais rapidement: je vis sortant des plis du pantalon, un scorpion de petite taille qui ne me causerait, me dit l'archéologue blasé,  qu'une douleur passagère. Le seul moyen d'atténuer la douleur est d'appliquer de la glace ! Allez trouver de la glace en plein désert, en été...J'aurai au moins réussi à faire sourire le lecteur ..
 


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Published by georges - dans souvenirs
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commentaires

Monique 08/05/2007 10:58

CONSEILS PRATIQUES AUX ARCHEOLOGUES:
ou bien , partout ailleurs (chambre d\\\'enfant, désert, potiche, maison en planches...) se munir d\\\'une chaussette, d\\\'une godasse et d\\\'héroïsme, ainsi que d\\\'une réserve de glace, au cas où l\\\'héroïsme n\\\'aurait pu empêcher la rencontre douloureuse du venin.

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