Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 11:14









Composition Francaise

Le Jardin d'Essai à Alger,
A été créé sur une zone de marais,
Dite le Hamma, près d'Hussein-Dey,
Pour acclimater et croiser les fruits des vergers,
Qui allaient faire de l'Algérie vide un pays renommé.
Un jour, en classe de sixième, mon professeur Chiaporée
Un homme charmant chargé de nous enseigner le rosa, rosae
Sans les épines, mais d'une voix claire et empreinte de bonté,
En fin d'année, nous demanda en classe de Français
De composer une rédaction sur notre sujet préféré.
Le Jardin d'Essai, ma promenade enchantée
Fut sur le champ une aubaine inespérée.
Je choisi un crayon vernis et bien taillé,
Une rame de feuilles vierges comme la forêt,
Et me mis à griffonner sur le papier ces heures émerveillées
Quand je prenais, à l'arrêt du Moulin, le bruyant  tramway
Qui s'arrêtait pour moi devant la grille ouverte de ce palais.
Avant d'entrer, achetais un cornet de cacahuètes salées,
A côté du guichet où la vieille femme vendait les tickets.
Avant même d'approcher de la grande serre vitrée
Qui abritait ces grands oiseaux qui jacassaient,
Voici une cage minuscule au grillage doré ,
Qui pour moi valait à elle seule, ce long trajet d'été :
Un petit singe Ouistiti, aux yeux cernés,
Une miniature d'homme avec des oreilles duvetées,
M'attendait en tendant à travers les barreaux sa paume plissée,
Me demandant d'un regard inquiet si j'avais oublié ses délices préférés. 
Et vite, j'ouvrais pour lui ce tiède cornet de papier !
J'aurai tant voulu le prendre dans mes bras, caresser sa tête et son nez ,
Sa longue queue panachée, qui n'avait rien où s'enrouler,
Ce captif blanc et noir prisonnier de sa beauté,
Qui a du mourir de faim , quand Alger s'est vidée !.
Plus je remplissais des pages, que je froissais et jetais au panier,
Cherchant la perfection sans jamais m'y rapprocher,
Dans mon orgueil enfantin d'obtenir une note élevée,
Et plus je voyais la date de mon devoir expirer.
Et un samedi dus mentir d'une manière effrontée,
Prétendant qu'à la maison, je l'avais oublié.
Car j'avais trouvé sur les rayons de mon père cultivé
Un ouvrage savant sur les arbres, en images illustré,
Et m'en servit des noms pour décrire ce Jardin d'Essai,
Qui remplirent mes pages de couleurs et d'odeurs imaginées,
De Magnolias, de Fuscias, de Bambous verts et de fleurs carnées :
Un vrai feu d'artifice silencieux au coeur de ce bel Alger.
La date et le sujet soulignés, en fin du mois de Mai,
Sur la table du Maitre, posais un matin mon trophée.
Hélas, les bulletins de notes déjà étaient encrés,
Mon Jardin d'Essai déjà fané sur la table magistrale gisait,
A côté de la boite à craie, et je crois même qu'en fin de matinée,
Dans la joie de la fin de l'année, comme mon cher Ouistiti, il fut abandonné .

Partager cet article

Repost 0
Published by georges - dans poésies
commenter cet article

commentaires

Jacques Varlot 28/06/2009 15:05

Georges, j'aime beaucoup la nouvelle présentation de ton blogQuel talent! 

jacques Varlot 31/05/2007 13:11

Bravo Georges, on y est encore.
Je me rappelle toujours de la lumière d\\\'Alger.
Chez les parents de mon épouse, il y avait l\\\'inévitable bâche (orange) projetée sur la rampe du balcon
Les taches de soleil sur les tommettes rouges sont toujours présentes à mon esprit

Françoise 29/05/2007 10:54

Bravo Georges,  à la lecture de ce poème j\\\'ai oublié écran,clavier, souris. Je me suis transportée là-bas, chez moi, à Alger d\\\'avant 1962, dans la clarté de la salle-à-manger où je faisais me devoirs. Au calme de la matinée. La pièce était baignée de la lumière du soleil, tamisée par la bâche projetée sur la rambarde du balcon. L\\\'air chaud passait par dessous le store et par moment, soulevait le haut d\\\'une page de mon cahier d\\\'écolière. Il faisait bon, trop bon pour rester enfermée avec ces satanés devoirs. Vite, les finir, et descendre jouer dans la cour brûlante de l\\\'immeuble. Billes, noyaux d\\\'abricots séchés, boite de chaussures trouée, tout est prêt pour s\\\'échapper et retrouver les copains dans la brûlure du soleil et le souffle du sirocco. Les sauterelles vont arriver, prépares aussi ton lasso !... Au boulot pour finir vite. Papa va rentrer du lycée Gautier, à table il nous parlera de ses élèves, de ses collègues, de ses copains, de M. Chiaporée qu\\\'il admire .... Bravo Georges, je reste là-bas chez moi encore un moment.
 
 

Présentation

  • : des souvenirs dans un mouchoir
  • des souvenirs dans un mouchoir
  • : souvenirs d'enfance et d'adolescence
  • Contact

Recherche