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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 13:56



              Le sujet de ce tableau de Nicolas Poussin inévitablement me rappelle ces étés brulants, en Algérie, qui étaient souvent accompagnés de nuages de sauterelles !
         Mais quelle grande différence avec ce que nous avons connu dans la réalité. Avant de l'évoquer, voici comment le site ci-dessous interprète ce tableau biblique :"Les Israélites recueuillant la Manne dans le désert" .

    "Ce tableau réalisé à l'huile sur toile et de dimensions assez imposantes (149 X 200) est inspiré de l'épisode biblique évoquant l'intervention miraculeuse de Dieu envoyant de la nourriture à son peuple dans le désert durant l'exode.
 "L'éclairage qui vient frapper l'ensemble des personnages semble avoir pour origine une seconde source qui viendrait d'un spectateur situé sur la gauche du tableau. On peut expliquer cette "bizarrerie" par la façon dont Poussin préparait ses compositions : il avait coûtume de modeler en terre ou avec de la cire les personnages qu'il voulait peindre et les installait dans une petite boite ou sur une petite "scène" quadrillée, éclairée latéralement par une ouverture, et percée d'un trou pour observer et mieux comprendre l'ordonnance des ombres et des lumières sur les corps garnis de draperies ou non, mais aussi pour régler les problèmes de proportion et de mesure, de raccourci et de mouvement". Fin de citation.

On ne peut rester qu'admiratif devant cette recherche de la vérité dans les ombres et lumières. Je pourrais ajouter que Nicolas Poussin aurait pu la pousser à l'extrème en goûtant de ces bestioles !!! Mais, là, je fais fuir le lecteur ou la lectrice !!
Du point de vue culinaire, c'est un fait que des sauterelles accomodées avec des dattes sont un plat de gourmet pour les Sahariens.

Un jour de vacances  d'avant 1954, mon père nous emmena à Sétif rendre visite à notre famille qui gérait la ferme. Nous voyagions dans une Hotchkiss qui avait connu de plus belles heures, vingt ans avant, mais qui restait une voiture puissante et spacieuse. La chaleur était vraiment difficile à supporter et toutes vitres baissées le vent de la course nous donnait une sensation de fraicheur. Le moteur tournait bruyamment et n'ajoutait rien au confort que son ronronnement sécurisant.
Tomber en panne en rase campagne dans la steppe des hauts-plateaux n'aurait pas été romantique. Soudain, comme dans un film le soleil se voila et le ciel s'obscurcit, mon père instinctivement ralentit et avant  que nous ayons réalisé ce qu'il  y avait devant nous, un nuage de sauterelles entoura la voiture et ces bêtes vibrantes envahirent le compartiment ! Il était trop tard pour remonter les glaces des portières.Je sentais ces bestioles aussi affolées que nous, monter dans mon pantalon ! Et instinctivement nous sommes tous sortis pour nous en débarasser, exactement comme nous entrions dans l'eau en riant quand la pluie de fin d'été nous surprenait à la plage ! La route disparaissait sous cette nuée verte et il était impossible de poser le pied sans écraser ces  insectes qui vu de près sont pourtant  superbes. Ce bruit causé par les frémissements de millions d'ailes s'ajoutait à la sensation des frôlements des pattes de ces pélerins toujours affamés, une expérience peu enviable pour des citadins. Après sans doute avoir vérifié que nous étions une  pitre pitance, ils continuèrent leur course vers des zones moins sèches. Ce que je peux certfier, c'est que ce ne sont pas nos cris et nos rires qui les ont chassées !.( Les récits , eux,  parlent toujours  des paysans qui essayent de les faire fuir au bruit de leurs tam-tam ).
Il fallut bien remonter dans l'auto, en balayer les passagers indésirables qui se cachaient partout, sous les sièges et le tableau de bord !.Mais le plus horrible fut de rouler, toutes vitres fermées, sur un tapis de sauterelles qui se faisaient écraser comme si nous étions le Char de Kali !!!
Mais quand des commandos avancés de  sauterelles atterissaient à Alger, alors là, c'était à qui les attraperait et attacherait à leur patte un fil de coton et un bout de papier au bout pour les suivre ! Les plus audacieux, bien sûr, les lachaient en classe ! Un spectacle inoubliable où nous étions pliés de rire car l'auteur  n'était jamais identifiable !
Mais en fait ce phénomène était rare dû au dépistage des oeufs dans les pays voisins qu'il fallait alors immédiatement  détruire, non pas à la  D.T.T, mais en les enterrant à la charrue.
Pour en savoir plus :
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/pub811/5grshpr.htm

Cette lutte, la France la mena jusqu'au bout.:
"- L'incontestable transformation de steppes desséchées, ravagées par les sauterelles, ou au contraire, de zones marécageuses infestées par les moustiques porteurs de paludisme, en terres riches et fécondes, transformation qui avait fait du pays une puissance agricole... Les géopoliticiens, toujours en retard d'une information, vous répliqueront que ce fut au seul profit des colons... Vous croyez ?... Allez donc dire aujourd'hui aux nombreux propriétaires terriens indigènes, les « colons » arabes - on les oublie ceux-là - aux innombrables journaliers des douars, à tous ceux qui ont déserté une terre ingrate pour les bidonvilles urbains, que la source de revenus, importants ou modestes, que leur procurait cette agriculture, tarie de nos jours avec la disparition des merveilleux champs de primeurs, d'orangers et d'agrumes de Perrégaux et de Relizane, par exemple, n'était pas un fait positif de la présence française.(Nice-Matin-2006)".
Avec l'arrivée des américains, nous reçûmes en cadeau outre les chewing -gum et sucreries, des boites de munitions vides qui furent utilisées par les  lycéens comme cartable de format des cahiers, avec anse  ...métallique.! Moi je m'en servis pour y élever diverses bestioles, des sacarabées, des bousiers et aussi des sauterelles grasses à souhait. Un matin,  je me souvins de ce vivarium que j'avais négligé et en l'ouvrant délicatement pour ne pas perdre les habitants de cette colonie, une odeur  épouvantable me jeta en arrière, celle d'une confiture de sauterelles qui n'avaient pas résisté à la claustration.
Encore des victimes, ricochet de la guerre.
Pour me remercier de m'avoir lu, je vous invite à un restaurant thailandais que je connais pour ses spécialités.
Sinon voici une adresse d'un Chef :
http://www.comby.org/insect/recettfr.htm

Bon appétit.


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Published by georges - dans souvenirs
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commentaires

jacqueline 10/06/2007 17:39

Belle leçon d'Histoire et d'Histoire de l'Art..
Vous devriez nous "en faire" davantage de ces compositions!
AMitiés

Monique 08/06/2007 11:06

merci.
Vu mon patronyme...

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