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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 09:27

Cet Hommage à Jacques Burel comporte 3 parties :Cimaises-1,Cimaises-2,Cimaises-3 dont voici la première.Ecoutons d'abord cette musique qui baigna la jeunesse bretonne de  notre Professeur. avant qu'il ne s'établisse à Alger :

http://bmarcore.club.fr/bretonne/danse.mid

Le Ministère de la Culture,sur son site "Joconde" nous donne un bref appercu sur le peintre Jacques Burel,en présentant deux tableaux exposés au Musée de Quimper avec une fiche explicative.(Hélas  ils n'apparaissent pas sur le site ).J'en retiens  que Jacques Burel enseigna à Alger de 1949 à 1960 et habita l'hôtel Saint-Saens,rue Valentin,peut-etre au numéro 17.Il n'avait donc qu'un court chemin pour descendre cette rue pentue,tourner Rue Michelet et bifurquer dans la rue Hoche pour descendre cette voie royale et rejoindre  notre Lycée Gautier.Il y arrivait de sa démarche déjanté,en pantalon de velours cotelé de couleur tabac,comme ses doigts, souvent en battle-dress,et s'ouvrait un chemin d'un geste bon-enfant dans la foule des petits se pressant au portail de verre.Pour les autres professeurs ,par respect surtout  mélé de crainte ,les élèves s'écartaient instinctivement pour les laisser passer.C'était là toute la différence,Burel était un camarade.Mais à cette époque algeroise,ses élèves,du moins moi,ignoraient quelle chance nous avions d'avoir comme maitre un si grand artiste.



  
1922 ; Landivisiau, 2000
Titre
Marie-Jeanne Le Meur épouse Corentin Quénéhervé
Millésime
Matériaux / 

 
Inscription
Précision inscription
En bas à gauche et sur le cadre : J. BUREL / 1951 ; Marie-Jeanne Le Meur 1874-1959 / épouse de Corentin Quénéhervé - Locjean en Kernevel 29140 / Grand-mère de l'auteur de cette toile / Jacques BUREL - Prof de dessin à Alger de 1949 à 1969 / puis au lycée Turgot à Paris de 1961 à 1987 / BUREL Hôtel St Saëns, rue Valentin Alger / Portrait de la grand-mère du peintre 1951
Sujet représenté
Précision représentation
Portrait à mi-corps d'une femme âgée portant la coiffe de Rosporden
Lieu de conservation
Quimper ; musée départemental Breton

1922 ; Landivisiau, 2000
Titre
Youn Flao
Période
Millésime
Matériaux / Techniques
Etat
Bon état
Dimensions
H. 92 ; L. 65
Inscription
Précision inscription
En bas, à droite, Au dos sur le cadre : J. BUREL ; YOUN FLAO / LOCJEAN KERNIVEL. 1874-1970. de mémoire / d'après croquis. J. BUREL / PORTRAIT D'APRES Croquis après la mort de tonton Youn / INACHEVE - Fautes dans le bas du corps
Sujet représenté
Précision représentation
Un homme âgé endormi dans un fauteuil auprès d'une cheminée. La tête penchée en avant, il porte le costume traditionnel glazig de deuil des personnes âgées
Lieu de conservation
Musée de France


C'était un dessinateur et un coloriste remarquable comme nous pouvons l'admirer
dans ses tableaux  enluminés par la vie bretonne traditionnelle.


  • Jacques Burel (1922-2000) - Témoin de la vie paysanne bretonne
    Les moissons (détail), fusain, Jacques Burel

    Musée départemental breton à Quimper :

    Jacques Burel (1922-2000) - Témoin de la vie paysanne bretonne

    "En 2000, le Musée départemental breton a bénéficié d'un don très abondant de l'artiste Jacques Burel, décédé à Landivisiau. Il était demeuré sa vie durant marqué par les séjours passés dans son enfance chez ses grands-parents, en Landivisiau et à Rosporden. Avant de se tourner, au début des années 1960, vers l'abstraction, son oeuvre tout entier fut consacré à rendre compte d'un monde rural auquel il demeurait profondément attaché. Effectués entre 1940 et 1970, les cent cinquante dessins présentés par le Musée constituent un exceptionnelel et émouvant témoignage, documentaire et artistique, sur la vie des paysans du Finistère."



EXTRAIT
JACQUES BUREL ET OUESSANT
PORTRAIT D'UNE ÎLE ÉTERNELLE
"Juillet 1945. Un jeune homme de 23 ans arrive à Ouessant pour la première fois. De son enfance passée dans les bois de Coat Meur, à Landivisiau, Jacques Burel a gardé le goût des natures intactes. Ouessant va le combler. En quatre semaines il y accumule croquis, dessins et peintures. Il reviendra souvent.
L'île, alors, semble hors du temps. A 11 milles du continent, loin des innovations, on y a préservé des pratiques agricoles, techniques et sociales basées sur la solidarité : culture de la terre à la bêche, moissons à la faucille, battages au fléau ...
Toute une série de dessins vont surgir de ces amitiés qui se nouent entre le jeune artiste et la population de l'île : portraits de femmes, intérieurs de maisons, travaux des champs, scène de cimetière ... Tout cela est possible parce que le peintre est totalement accepté.
L'année suivante, Jacques Burel reviendra compléter son étude.
Rassemblés, ses dessins composent le portrait riche et nuancé d'une île éternelle : vastes espaces de champs ouverts, jardins bordés de murs de pierres sèches où poussent timidement quelques arbres, scènes de pêche à bord du Vive-Jaurès, atmosphère admirablement restituée du passage à bord du courrier où se côtoient les hommes et les bêtes ...
Passionné très tôt par la Bretagne et les objets d'art populaire, Jacques Burel avait saisi toute l'importance documentaire de son travail. En mer, avec Henri Chalm, il n'oublie pas de relever le mécanisme du gui à rouleau, la forme exacte des casiers. A terre, il note soigneusement les gestes des champs, les détails d'un moulin, d'une façade, d'une hutte ...
« Tout donc me paraissait beau, à la fois nouveau et antique, en tout cas précieux et à noter de toute urgence comme tout ce qui est menacé » ...

 

  
          

 

Laissons parler Jacques Burel:
"A propos de peinture :
Il m'est difficile sinon impossible d'analyser ma propre démarche en peinture. On dit que tout est dans le premier geste. Ce n'est pas évident, même lorsqu'on est propulsé par un désir que le travail doit élucider. On sait quand on commence, on ignore ce qui adviendra. On peint l'avenir.., comme les politiques font l'histoire sans savoir exactement où ils mènent le monde ni où ils sont menés par lui.
Parfois l'entreprise peut durer des semaines, des mois, voire des années après mise au «rencart » de la toile Il s'ensuit une série de couches superposées pareilles à des sédiments géologiques. On pourrait faire des coupes dans les «repentirs », puis la conclusion survient (quand elle survient...) la plupart du temps en une seule séance au cours de laquelle toute la surface est de nouveau couverte.
Le but d'atteindre l'unité, la cohérence formelle, l'équilibre. De rester dans le plan du support, de n?avoir pas de couleur qui recule ou au contraire semble en avant du reste. De faire en sorte que des touches soient intégrées, n'aient pas l'air posées dessus (encore que certaines fois cela passe).
Il n'y a pas de dessein préalable conscient, de volonté d'exprimer ceci ou cela, de donner dans l'émotion ou la littérature. Il y a un côté artisanal qui veut obéir aux « invariants plastiques ». On n'exprime que ce qu'on est dans le moment où l'on peint, la liberté est donnée au spectateur éventuel d'interpréter à sa guise le résultat. La plupart du temps c'est lui-même qu'il lit, à son insu, dans le travail d'un autre. Il y accroche son imaginaire, y cherche une représentation (et parfois la trouve !).
La toile de 1979, relativement colorée paraît dynamique par l'abondance du graphisme qui la parcourt. [cat. 6] Celle de 85 a l'opacité d'un mur. On m'a parlé d'une toile de pierre. [cat. 12] Celle de 89 semble une sorte de barrière sombre, désintégrée mais pas n'importe comment. [cat. 16] Celle de 95 vise, elle aussi à l'unité du mur (et avec le mur si l'on peut la poser), mais semble plus sereine. [cat. 23]
Je ne puis en dire davantage...
Jacques Burel .le 4 août 1995 "

Extrait du site du Musée de Morlaix:

Il faut attendre les années 1980pour que la collection d'art ethnographique s'enrichisse grâce à la volonté de Jacques Burel qui incite la Conservatrice à acquérir des objets d'art populaire.Jacques Burel était un homme indépendant au caractère bien trempé,discret et taciturne,attaché à ses racines cornouaillaises et au territoire breton.Il a légué nombre de ses objets et oeuvres au Musée, après
sa mort le 28 Septembre 2000.

Je reçus un jour de René Rando le message suivant :

http://freddytiffou.blogspot.com/search/label/Sa%20vie

Bonjour,georges,je t'envoie un lien ou l'on parle de notre prof de dessin jacques burel avec un débat ,en 1959 entre lui et d'autres peintres algérois.amitiés,René :-)
Un extrait :

"""Ceci dit, je suis allé en Bretagne, et il me semble avoir été vérita­blement bouleversé par la décou­verte de la statuette populaire bre­tonne au point que cette décou­verte me semble aussi importante pour moi que le fut la révélation de l'art nègre pour Vlaminck, De­rain et les Cubistes. Il y a dans ces formes quelque chose d'éternel et de dépouillé. Cela traverse le temps silencieusement. "

Mais moi,par un hasard inoui,j'ai trouvé un jour la photo de cette statuette
Voici l'annonce ,telle que je l'avais copiée sur Internet :

MAGNIFIQUE SCULPTURE DE STE THERESE DE L'ENFANT JESUS
OEUVRE REALISE EN 1944 PAR L' ARTISTE BUREL DE 40 CM DE HT
SCUPTEE DANS UNE POUTRE EN CHÊNE
 STE THERESE EST MARQUEE SUR LA BASE AVEC 3 ROSES A SES PIEDS ET UNE DANS SA MAIN DROITE.
SIGNEE BUREL AU DOS AVEC DATE DE GRAVEE 1944




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Burel était un dessinateur hors-pair,..avant qu'il ne sombrat en fin de vie dans un abstrait aux chaudes couleurs,mais assez obscur ! (pour moi du moins !) .Ses illustrations,ses études sont superbes :




JACQUES BUREL - DE RONCE ET DE FROMENT
Editeur : Coop Breizh
Parution : 1994

 

"Jacques Burel revoit son adolescence, sa jeunesse. La guerre se dessine en filigrane derrière les images paisibles d'une société paysanne dont il s'essaie à conserver le témoignage par le dessin, dans la tradition qu'il emprunte au plus grand « croqueur » de la société bretonne de son temps, qu'il admire, Mathurin Méheut.
Les personnages qu'il saisit dans la banalité mais aussi dans la singularité de leur vie quotidienne, ce sont les siens, ses grands-parents, ses oncles, ses tantes et les voisins.
De Coat-Meur en Landivisiau où son grand-père est garde-chasse, à Loc-Jean près de Rosporden, berceau de la famille de sa grand-mère, c'est une même société qui vit et travaille, une société qui, en son temps fascina Paul Gauguin et quelques uns de ces peintres qui, à Pont-Aven et au Pouldu, révolutionnèrent la peinture ; une société dont les racines s'enfonçaient dans un terreau profond, une société que l'on avait pu croire immuable, mais qui, à cette époque, tendait déjà à abandonner une bonne part de ce qui faisait sa spécificité.
Jacques Burel le ressentait comme il ressentait la nécessité de conserver des témoignages de ces racines profondes, des images des êtres et des choses qui, bientôt, ne seraient plus. Comme l'on regrette que d'autres n'aient pas eu cette intuition, qui avec les moyens de leur temps auraient pu contribuer, plus que cela n'a été fait et jusqu'à nos jours, à enregistrer de tels témoignages.
Les carnets de croquis de Burel nous conservent des visages, des attitudes, un décor qui font aujourd'hui partie de notre passé récent."

       


Jean Nogues (1940),Secretaire actuel de la "Taupe Arabe" de Bugeaud m'a envoyé ce message,avec une précieuse coupure de Journal :

"C'est grace à une réunion d'ESMMA pour les Rois à Paris où ma fille a souhaité m'accompagner que j'ai appris,par elle,bien des années après qu' étudiante elle avait approché Burel pour avoir des infos sur Alger et...son père à Gautier.!
Burel se souvenait  de ses élèves,alors qu'en 6èmeA2 en 1951 je n'avais que le 1er accessit ,Caussé et Hollande trustaient les prix"

 "J'ai ramené d'Alger le Palmarès du Lycée Gautier du 30juin 1951..rare
document survivant de cette époque pour moi..
Y étais tu ? (ma réponse:helas non !!)
Ma fille née à Paris m'a confié avoir rencontré Burel chez lui pour
qu'il lui parle d'Alger qu'elle ne connaît pas.(Dans les années 70).
Je pense que c'est lui qui lui a remis une coupure de journal :
"Jacques Burel achève deux belles peintures murales pour
le lycée Delacroix d'Alger" dans l'un des vastes ateliers de la villa
Abd-el-tif (danseuses).
Il est hélas en noir et blanc et de faible qualité.
Burel est cigarette au bec,mais je ne peux deviner sous les taches si
son pantalon est de velours marron comme à l'ordinaire!
Pour ma part j'ai rencontré bien plus tard Burel à Collioure où il peignait
une danse "sardane" devant le café des Templiers Maison Pous riche de
tableaux des fauves,impressionistes et de Picasso qui peignaient aussi
sur leur nappe et réglaient leur séjour...en tableaux!"








Voici une belle photo de Studio de Jacques Burel en 1956,à Alger donc.




 

Cette semaine j'ai eu l'excellente surprise de recevoir un message de Monsieur Maurice André, petit-cousin de Jacques Burel, qui corrige ce Blog en me précisant que J.B n'était pas décédé de cette maladie des poumons qui emporta sa soeur, mais d'une leucémie et de plus me dit que la photo de J.B avec un collier de barbe et un complet, n'est pas du tout de lui , qui était toujours vetu comme un artiste . Je supprime donc cette photo, mais la remplace par un envoi exceptionnel de Maurice André: un superbe tableau du Peintre par lui-meme (?) qui est exposé à Landivisiau, (Bretagne) .Je ne peux discerner la signature.
( Remarquez sa cigarette allumée, qui l'accompagnait souvent).


2002-12-Landivisiau-Expo Jacques-018

Monsieur Maurice André m'écrit:
Il y a en ce moment deux expositions consacrées à JB, l'une à Landivisiau (sa ville natale)
jusqu'au 30 avril sur le thème "scènes de la vie en pays léonard", avec notamment
plusieurs portraits de Marie-Jeanne Quénéhervé née Le Meur dite "Marraine". Marraine était son
sujet favori (sur votre site,dessin p.22). C'était sa grande-tante et mon arrière grand-mère.
(Hommage à jacques Burel, Espace culturel Lucien Prigent, Landivisiau).
L'autre exposition est à Morlaix jusqu'au 31 mai et présente des objets du
patrimoine breton de la collection personnelle de Jacques ".

Un brillant ancien élève :
Je voudrai signaler aussi que que Mr Christian Grégori fut l'élève doué de J.Burel au Lycée Gautier dont il garda un excellent souvenir
et garda le contact avec le Peintre près l'exode .
Christian Grégori étudia aux Beaux-Arts et devint Professeur d'Art Plastique, et nous le connaissons particulièrement pour ses illustrations sur le sujet de l'Algérie Française. Voici son riche trajet artistique sur le site :
http://oran1962.free.fr/biblio_gregori.htm


Il ne peut être une évocation,même incomplète de Jacques Burel sans avoir vu aussi le superbe article de Georges Busson dans Essmma,où figure un portait magnifique de notre Professeur par cet ancien élève,qui lui aussi réside maintenant en Bretagne.Vous y lirez une coupure de journal consacrée au Grand Prix Artistique de l'Algérie qui fut attribué à l'artiste en 1958.

http://perso.wanadoo.fr/esmma4/burel.htm

Voici une coupure de l'Echo d'Alger sur son exposition :
600405peinture

 


Pour terminer,une marche bretonne exécutée à la Harpe par les doigts habiles d'une jeune musicienne talentueuse.(Tout le crédit à "Youtube").

http://www.youtube.com/watch?v=_GAMZ6rO_NE



              Fin de la première partie, à suivre:Cimaises-2 et 3.)

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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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commentaires

Maurice André 07/03/2010 21:40


Cher monsieur,

Je suis désolé de vous dire que jacques Burel n'est pas mort de la mucovisidose puisque la plupart des gens atteint de cette maladie ne dépasse pas l'age de 35 ans. En revanche une personne de sa
famille était atteinte de cette terrible maladie et il a utilisé son art pour apporter sa modeste contribution pour la combattre. Jacques Burel est mort d'une leucémie et le monsieur
représenté à la fin de votre site n'est pas Jacques Burel. JB n'a jamais été barbu et n'a jamais porté de costume.   Maurice André, petit cousin de jacques
Burel.        


Georges Lévy 08/03/2010 07:02


Je vous remercie de vos précisions et corrections  .
Jacques Burel reste pour tous ses élèves du Lycée Gautier d'Alger, l'image d'un professeur de Dessin remarquable tant pour son talent que pour son amour de l'enseignement. Si vous possédez des
documents le concernant et que vous voudriez les voir publiés sur mon blog, n'hésitez pas à me les faire parvenir à mon e-mail:
levygeorges@gmail.com.


Quichottine 20/10/2009 22:19


Merci pour ce lien que vous m'avez donné. J'ai lu cet article avec beaucoup d'attention.

C'est un beau cheminement d'artiste.

Je suis émue de savoir qu'il fut votre professeur.

J'aime bien ce que vous montrez de lui... même ses toiles abstraites. Elles sont chaleureuses. Je crois qu'il ne faut pas chercher à les comprendre.

Passez une bonne soirée, Georges.


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