Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 13:35

Aujourd'hui, 15 Novembre 2012, les localités situées au Sud d'Israeli, sont dans un rayon de 70km de Gaza, la proie des terroristes islamiques. Pluie de feu : des centaines de fusées de fabrication iraniennes sont tirées de Gaza sur les civils israéliens dans le seul but de semer la terreur. Chez ces chefs de bandes la vie n'est pas sacrée et mourir pour retrouver au-delà 70 vierges est la suprême récompense. La Paix est un mot inconnu qui ne fait pas partie de l'enseignement de la Charia qui veut changer le monde.Par contre la haine coule de leurs lèvres. Mais comme Hitler, Sadam-Hussein, Khadafi et bientôt Assad, ils trouveront une fin amère dans leurs abris de béton.

 

  Albert  Marquet* (1875-1947)

 

  Le Port d'Alger embrumé 


Marquet-Alger-Port-embrume-1943.jpg

 

 

Alger sous la pluie.

 

L'hiver, la vue du port à travers la croisée, est troublée par les gouttes d'eau écrasées qui coulent lentement sur le verre enchâssé comme les larmes du ciel délavé.

Les flèches des grues soudain zigzaguent, les mâts des bateaux se contorsionnent, le réservoir à gaz est comme un gibus cabossé, les passants titubent sous le vent méchant, les nuages et la mer se fondent un moment : tout le paysage dans la pluie se déforme.

Et moi, derrière le carreau froid et embué, de mes doigts encrés de petit écolier, dessine un chat, une fleur, que j'efface de mon souffle chaud sur le vitrage glacé.

Dans la rue, mon tramway du Jardin d'Essais, roule par miracle sur des rails tordus, et sa longue perche d'acier se réfracte, suivant la loi des indices, même à Alger.

Cette pluie me plaît car j'en suis protégé dans mon nid familier. Ma cape de laine noire, au retour de l'école, sèche près du poêle à pétrole.
Le chandail tricoté par ma mère adorée, me chatouille le cou, et d'un geste irrité, comme pour une mouche obstinée, d'un coup de main leste, la congédiais cette boucle de laine qui se révoltait !

Kouglof
Du fond de la cuisine monte une odeur chaude de pâtisserie, le Kouglof (1) aux raisins secs juste sorti de son moule m'appelle irrésistiblement à coté du bol de lait sucré . Mais encore un instant s'il te plaît Maman,  voici l'hydravion(2) qui amerrit dans la baie....Je jette un dernier regard sur ce conte de fées qu'est la ville où je suis né:
Les martinets noirs dans la pluie fine, plongent et remontent avec des cris aigus dans ce paysage d'hiver qui se noie, chassent une proie invisible et mouillée, dans une ronde sans cesse recommencée.
Un arc en ciel soudain apparaît, sorti de la mer, un instant, pour m'enchanter, saluant de ses fines couleurs éparpillées Alger sous la pluie, et mon enfance émerveillée.

 

Notes:

J'habitais rue Sadi-Carnot à Alger, face à la baie, avec une vue dégagée sur le port commercial , la gare de marchandises et les usines du Hamma. Autant de sujets de curiosité qui ont comblé  mon enfance.

(1) Ce Kouglof, gâteau d'origine autrichienne, était une recette d'Anna, que j'ai évoquée dans l'article précèdent. 


(2) Plusieurs types d'hydravions firent  la ligne Alger-Marseille, avec escale aux Baléares, avant d'être détrônés par les avions modernes de l'après-guerre...Voir le site exceptionnel de Pierre Jarrige, avec des photos du port et des hangars que je pouvais discerner de loin :

Aviation Commerciale - 1ère partie

 

*Extrait de Bab-el-Oued Story:


"En 1943, Marquet retrouve son ami de jeunesse, le peintre Armand Assus qui habite avec sa famille un appartement au square Bresson. Ils vont peindre ensemble du deuxième étage d'un hôtel proche, situé sur le front de mer (probablement l'hôtel Terminus)".

Cet immeuble, situé sur le Boulevard Carnot, dominait la Darse de l'Amirauté et  les installations portuaires.

Marquet peint plus de 300 tableaux ayant pour sujet le Port et la Baie d'Alger . Chaque saison, chaque état du ciel et de la mer, furent pour lui (et notre plus grande joie), l'occasion de brosser un tableau sous un  angle, un éclairage et une atmosphère différents.

http://babelouedstory.com/cdhas/38_39_marquet/marquet.html

 

Maintenant la pianiste Young-Hyun Cho vous invite à écouter  "Les Jardins sous la pluie" de Claude Debussy,(1862-1918), un extrait d'Estampes (III).

  http://www.youtube.com/watch?v=XrlL6pJ4_HA&feature=related

 


------------------------------------------0000000000000000000-----------------------------------

Partager cet article

Repost 0
Published by Georges Lévy - dans souvenirs
commenter cet article

commentaires

azyadé 11/02/2013 22:05


Alger ce 11 fev 2013, j'entends moi aussi les petits bruits agréables que font les gouttes de pluie sur ma fenetre! Alger pleure t-elle ses habitants partis loin  d'elle? rememore
t-elle elle aussi ce bon vieux temps? ou peut etre est-ce le bruit de mes larmes a la lecture de certains de vos articles?et a la vue du haik?


je decouvre un blog plein de tendresse et de nostalgie,ces aquerelles qui me rapellent le "haik"(voile blanc) de ma grand mere aujourd'hui disparu! je n'ai pas bcp connu ce temps la ,mais quand
je regarde les vieilles photos ou bien quand je passe devant les beaux immeubles d'antan, j'ai comme un reve de vouloir vivre cette époque,la notre aujourd'hui est tellement fade! comme vous avez
eu de la chance!


bonne continuation et grosse bise d'ALGER:)

Georges L. 12/02/2013 09:15



Merci Azyadé  de votre gentil et poétique commentaire. Il est un fait que nous pleurons les uns et les autres de l'autre coté de la Méditerranée, en évoquant le passé. Mais nous savons que
tout n'a pas été idéal et que les années de séparation enjolivent nos souvenirs. Ceux de notre enfance restent purs et intacts. Après, toutes les cartes se sont brouillées. Je ne suis jamais
retourné à Alger pour ne pas gâter les images qui  peuplent souvent mes nuits. Par le biais d'internet, à la vue des photos récentes de la ville, mon coeur me dit que j'ai raison de garder
intactes mes impressions d'antan. Un jour viendra, du moins nous le souhaitons tous, que le petit bassin méditerranéen baignera dans la Paix tous ses riverains. Mais, sans être trop pessimiste,
je pense que ce rêve ne se réalisera (hélas!) que dans quelques ...siècles.  En attendant recevez mes amitiés ensoleillées.



Liliane 22/11/2012 23:08


Je suis heureuse de vous savoir épargné... Quand je vois ce qui se passe aux informations à Tel Aviv je frémis... Un jour la paix reviendra t-elle...
Merci pour ce récit et ces souvenirs d'une vie. Je fais parfois le kougloff pour le petit déjeuner du dimanche !
Bonne soirée Georges prenez grand soin de vous et bon courage.

Georges L. 23/11/2012 08:09



Comme j'étais très gourmand je suivais attentivement la préparation du gâteau, et bien sur toujours plongeait un doigt dans la pâte fraîche pour la déguster toute crue avec les raisins
secs.....Et après le démoulage, tartinais une tranche encore tiède avec du beurre...Plaisir innocent près de la chaleur maternelle, inoubliable.
Bon Dimanche Liliane, près du fourneau....



René 22/11/2012 08:00


Bonjour, georges...Nostalgie quand tu nous tiens...nous n'avons retenu de notre enfance que les instants de bonheur ,occultant volontairement les moments sombres (qui ont pourtant eu leur place
pendant les 8 année de "terrorime aveugle")J'apprends ce matin qu'il y a le cessez le feu depuis hier soir en Israel. Espérons qu'il sera respecté,car j'entends qu'un missile a été à nouveau tiré
aprés la déclaration.Je souhaite une paix durable!!!!


amitiés


René

Georges 22/11/2012 19:11



Bonjour René,



Le cauchemar est provisoirement terminé. Nous les-plus-qu'adultes savons regarder en avant et essayer de mettre de coté les mauvais moments... Et dire qu'ils sont milliers...inoubliables. Mais
les jeunes, eux, sont très marqués. Nous espérons tous que le prochain round ne sera pas trop proche pour nous laisser le temps de nous ressaisir.
Bon Dimanche.
Amitiés aux sympathisants du Limousin.
Georges.



margareth 21/11/2012 19:43


De la métropole française, pour ceux qui n'ont jamais fréquenté l'Algérie, il est difficile d'imaginer Alger sous la pluie. Mais c'est vrai qu'il y a aussi un hiver là-bas. Un autre détail a
retenu mon attention : la cape de laine noire. A la fin des années cinquante des enfants en portaient dans notre campagne. Les temps ont bien changé. Quant au kouglof je m'en suis régalé lorsque
je vivais en Alsace... mais jamais fait par moi. Un collègue m'avait offert un moule à kouglof avec la recette. Malheureusement mes rares essais sont restés malheureux : il ne gonflait pas et
parfois il devenait dur comme de la semaine. En ce moment je pense souvent à toi et à ta famille. Quel désastre la guerre !

Georges L. 22/11/2012 18:59



Bonjour Margareth,

Le calme est revenu ici, du moins pour un moment, car rien ici n'est plus fragile que la normalité. J'ai vécu l'actualité souvent de loin, mais aussi de près. Évidement dans ces minutes la gorge
s'étreint et la respiration devient difficile quand on doit téléphoner tout azimut vérifier que toute la famille est a l'abri ainsi que les amis qui 8 jours ont vécu dans les cages
d'escaliers...Le plus dur est d'être glace par les sirènes d'alertes a réveiller ...un mort (!). Après, il suffit de compter jusqu'à 60 à Tel-Aviv, et seulement jusqu'à 10 dans le sud, pour
entendre l'explosion dans le ciel ()...ou sur terre (). A vrai dire nous sommes allés deux fois à la Cinémathèque pour voir des films parlant français, la
salle était pleine..Mais dans un rayon de 40km de Gaza, tout était paralysé et les écoles fermées.
Maintenant il s'agit de rattraper le temps perdu...
Merci de m'avoir lu.
Georges.



Quichottine 15/11/2012 23:09


Une nouvelle fois, merci pour ces souvenirs de votre enfance.


... et pour ces nouvelles d'aujourd'hui.


Je dois dire que j'étais inquiète à votre sujet.


J'espère qu'aucun de ceux que vous aimez n'a été touché dans les derniers combats.


Y aura-t-il un jour la paix de nouveau ?


J'ai du mal à m'en persuader.


 


Prenez bien soin de vous, Georges.

Georges L. 16/11/2012 03:48



Bonjour Quichottine,

Hier soir il y a eu une alerte dans le Grand Tel-Aviv. Après quelques secondes j'ai entendu deux fortes explosions, celle de fusées iraniennes que Gaza possède en quantité dans ses bunkers.
J'étais à la fenêtre et comme j'habite près d'une école j'ai vu les enfants qui y jouaient après les classes, s'éparpiller comme des moineaux au rugissement de la sirène. Heureusement elles
sont  tombées dans une zone non-habitée. C'était la première alerte depuis 1991 ( Scuds de Sadam-Hussein) sur la ville, et je pense la dernière. Par contre dans un rayon de 40km de Gaza, la
vie n'est pas normale. Les enfants sont en vacances forcées mais s'en passeraient bien...Autour de moi tout est tranquille et les embarras de la ville en reflètent l'activité. Dans peu de temps
le soleil va se lever sur une situation qui va s'apaiser car l'abcès est crevé.. Merci de m'avoir écrit.
Georges L.



Présentation

  • : des souvenirs dans un mouchoir
  • des souvenirs dans un mouchoir
  • : souvenirs d'enfance et d'adolescence
  • Contact

Recherche