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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 16:23
Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /2010 13:53



Du Danger du Civisme !



Hier sur mon* trottoir je suis passé à la hauteur d'une bicyclette adossée à un lampadaire. Soudain au passage d'un gros camion qui fit vibrer le sol, la bicyclette glissa et le casque posé sur le guidon dégringola dans la rue. Instinctivement (et imprudemment) je me suis précipité pour le ramasser et débarrasser ainsi la voie pour éviter un éventuel accident de la circulation du à cet obstacle inattendu.
Mais, si moi-même avais provoqué un incident en faisant dévier de sa course une voiture par ma présence, j'aurais peut-être été accusé et pourvu en justice pour avoir mis le pied hors d'un passage protégé pour piéton. C'est alors que m'est revenu à l'esprit la délicieuse Nouvelle de Samuel Agnon "La Pelure". Le Prix Nobel de Littérature l'écrivit il y a près d'un siècle et son paysage natal se situe dans une lointaine province de Galicie, l'Ukraine d'aujourd'hui. 

       Samuel Agnon (1888-1970)

 

Samuel AGNON

 

Son oeuvre écrite en yiddish mais surtout en hébreu a rendu son auteur immortel. Il écrivit en 1925 les "Contes de Jérusalem". Un témoignage pittoresque de la vie juive en Europe de l'Est avant qu'elle ne soit décapitée par le nazisme. Avant de rendre ce livre à ma* bibliothèque municipale, je ne peux me retenir de vous faire connaître un extrait de ce livre  magnifiquement  traduit en français.

Voici
Buczacz, la ville natale en Galicie de Samuel Agnon. Les marchés étaient des lieux de rencontres et d'échanges entre les différentes composantes ethniques de la ville et des environs.

 

expo2 01 l

 © Coll. CDJC/Mémorial de la Shoah

          C'est donc ce paysage qui inspira l'écrivain Agnon à écrire ses Contes.


"La Pelure", récit extrait des Contes de Jérusalem, de Samuel Agnon débute ainsi : 

 

(Comme le conseille Quichottine dans son illustre Blog, en appuyant sur "Contrôle" et "+"  à la fois, vous agrandirez le texte pour le lire avec plus d'aisance ! )

 

PEL-0001                                                                                                

 

 

PEL-0002    

   

 

PEL-0003

 

 

    

PEL-0004

                                  

 

PEL-0005

 

PEL-0007-copie-1

 

* "Ghémara" ,livre écrit au début en araméen après la Destruction du Temple de Jérusalem, pour collecter les réflexions orales des Sages comportant surtout des questions et interprétations sur le Talmud pour faire réfléchir ses élèves. Un exercice de l'intelligence qui aida à survivre à l'isolement,  la misère des ghettos et les guerres. Le Talmud devint rapidement partie intégrante de l'étude et de la vie juive, à travers les générations et dans la grande majorité des communautés juives. « Pilier du judaïsme   », il fut dès le XIIIème siècle  la cible d'attaques de la part des chrétiens lorsque ceux-ci s'aperçurent que la foi des Juifs reposait autant sur le Talmud que sur la Bible. Ainsi vingt-quatre charretées remplies d'ouvrages talmudiques furent brûlées à Paris en 1242. Soumis à la censure chrétienne, mis a l'index des livres interdits en 1565 par l'Église catholique romaine, le Talmud n'en continuait pas moins à être étudié, au point que même les Juifs les plus pauvres d'Europe orientale possédaient une étagère de « livres » talmudiques. Il devint la seule matière enseignée dans les écoles religieuses après la Haskala, équivalent juif du Mouvement des Lumières. (Citation Wikipedia).

 

En fin du texte la signature en hébreu de "Shye Agnon" ( Samuel Agnon). et son portrait sur un billet de 50 Shekels (environ 50 euros).

J'avoue ne pas aimer cette mauvaise habitude (d'ailleurs internationale) de graver le portrait de personnages célèbres sur de l'argent-papier .

Agnon dans sa modeste vie était si loin de ce que l'argent représente au propre et..au sale !. Ce serait plutôt la place d'un Ministre des Finances qui de toutes les façons par sa fonction même n'est jamais très aimé !...

 

                             

 "NOTES DE PASSAGE, NOTES DE PARTAGE"

Nous offrent dans ce très beau site, une biographie et une analyse des oeuvres d'Agnon . Et aussi le texte d'un autre conte célèbre "La Chèvre" .


http://images.google.com/imgres?imgurl=http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/agnon/agnon4.jpg&imgrefurl=http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/agnon/agnon.html&usg=__8Kjorb7I1Aa8C7wNr3J_d2uDMh8=&h=337&w=300&sz=20&hl=en&start=91&itbs=1&tbnid=eAGAX3TxksIfbM:&tbnh=119&tbnw=106&prev=/images%3Fq%3DAGNON%26start%3D84%26hl%3Den%26sa%3DN%26gbv%3D2%26ndsp%3D21%26tbs%3Disch:1

 

  Rien ne peut égaler la main de Chagall pour mieux illustrer Agnon:
 "Le Policier"

9w Chagall fev108

 

           Marc Chagall a peint une maison de sa ville où il est né: Vitebsk



chagall137

Je suis sûr que vous avez aimé comme moi toute cet enchaînement de réflexions philosophiques, plus actuelles et profondes que jamais. Ces pensées quelquefois ubuesques n'ont évidement pas de frontière et en traduisant les erreurs des hommes deviennent universelles.                                                                                  

 Chagall: "Le Violoniste"


Chagall-66 The Green Violinist, 1923~24
                                                                   Chagall: "La Maison Bleue"

Chagall La Maison Bleue

Notes supplémentaires sur l'écrivain :
http://hebreunet.ovh.org/agnon.htm

Sur le Peintre :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Chagall

Oui, réfléchissez à deux fois avant de vous baisser pour ramasser quelque chose dans la rue...Je me souviens d'une de mes lectures qui enchanta mon enfance insouciante et avide de Nouvelles ." La Ficelle", de Guy de Maupassant fut l'une d'elles. Vous la relirez avec autant de plaisir que moi, comme un bijou de la langue française.
http://membres.multimania.fr/jccau/ressourc/biblio/maupas/divers/ficelle.htm

  * "Mon,"Ma"... A force de parcourir le même chemin, voilà que je m'en attribue la propriété ! Lorsque je descends de chez-moi, je ne n'emprunte jamais le même trottoir pour y remonter. Outre la diversité des devantures, il en est un autre avantage: celui de ne pas faire partie du paysage pour les anciens assis serrés sur leurs bancs qui attendent que leur soleil s'éclipse.

A l'entrée de cette bibliothèque toute neuve dans mon quartier, une table où sont empilées pour le tout-venant, de ces Encyclopédies magnifiques en multiples tomes, trop lourdes à transporter et maintenant détrônées par des disquettes méprisantes,  de quelques grammes.

Un vrai crève-coeur !. Elles finiront leur vie (au mieux) en recyclage pour devenir des sacs très écologiques. Dans la religion mosaïque, (celle de Moïse), les vieux livres de prières ou autres écrits saints devenus inutilisables, ne sont jamais jetés à la décharge publique mais enterrés dans un coin de cimetière. J'ai toujours été très impressionné de cette manière de respecter la lettre jamais morte.

 

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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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commentaires

Joëlle 13/05/2010 13:08



Je ne suis pas une grande adepte de Chagall mais j'avoue qu'il y a certaines de ses oeuvres qui m'interpellent... dont cette maison de la ville où il est né, que je découvre ici grâce à vous
Georges, merci pour le partage :-)



Georges Lévy 13/05/2010 21:10



Je cite cette critique qui nous aide à comprendre Chagall : "C'est à Paris que le peintre
trouve des " solutions " pour contourner l'interdit religieux de la représentation, propre au judaisme. Si l'Ancien Testament condamne toute représentation, car elle pétrifie et idolatre son
sujet, Chagall adapte à ses besoins les formes nouvelles. Il louvoie du pinceau, ose peindre des corps en apesanteur et autres déformations salutaires. Ses univers bancals, parfaitement mouvants,
témoignent pour lui. Aucun risque que ses chèvres rouges ne ressemblent un jour au veau d'or. Chez lui, rien de figé, bien au contraire. Les hommes volent au-dessus des villages, tels des "
luftmensch ", des juifs errants, ou encore des " amoureux ", lui et Bella, sa muse, baignant dans la félicité ". Souvent nous aussi nous essayons de nous libérer virtuellement de la pesanteur
pour prendre du recul et mieux voir les choses de ce monde. Votre peinture aussi nous incite à rever !



JACQUELINE/Mina 11/05/2010 23:29



les derniers mots de votre article si riche de "rebondissements" vont comme un gant à ce que vous avez livré sur la Toile... ce ne sera jamais lettres mortes!


J'espère que vous allez bien cher ami!


 


 



Georges Lévy 12/05/2010 17:45



Des fois je fuis l'actualité étouffante et surtout l'ignorance, la bêtise et la méchanceté de ce bas monde en relisant ce texte d'Agnon pour rire un peu de
sa description de ces travers et raisonnements illogiques qui n'épargnent aucun pays.



Maya 10/05/2010 18:22



J'ai beaucoup aimé!
Comment partir d'un casque de vélo pour.... aller loin!
Merci pour votre passage chez moi
En toute amitié
Maya



Georges Lévy 10/05/2010 19:08



C'est tout le plaisir de la plume, la laisser courir comme un jeune chien...



Quichottine 07/05/2010 09:39



Pour réussir, il eût fallu être nombreux. Il faisait partie d'une minorité à laquelle on ne pense plus aujourd'hui lorsqu'on parle de colonialisme. Tous sont mis dans le même sac, et c'est
dommage.


 


Mais comment pourrait-il en être autrement ? Pour continuer à justifier les horreurs de la décolonisation et les extrêmismes d'aujourd'hui, il n'y a pas d'autres solutions que de dire que
tout  était mauvais chez "l'envahisseur".


 


Passez une bonne journée, Georges.



Georges Lévy 07/05/2010 20:10



Nous sommes dans une période où la mode est de masquer la vérité et faire de l'Histoire une salade populiste. Mais la roue tourne et si ce n'est pas pour
aujourd'hui ou demain, les nouvelles générations apprendront un jour à  ne plus rougir de leurs ancetres.


Bonne fin de semaine et merci Quichottine de vos messages.


 



Quichottine 06/05/2010 20:54



J'ai beaucoup aimé ce conte et la façon dont, d'une simple pelure d'orange que le premier des passants aurait pu ramasser et jeter où il le fallait, toutes les idées s'enchainent.


 


Plus j'avançais dans l'histoire plus je me disais que le seul qui la ramasserait serait finalement condamné. L'écrivain m'a donné raison.


 


Je crois bien que notre monde est bizarre qui préfère discuter qu'agir pour le bien de tous.


 


Merci pour cette découverte et merci aussi pour les tableaux qui ornent votre billet du jour.


 


Je suis d'accord avec vous, les livres ne devraient jamais être détruits.


Mais combien le sont !


 


Passez une bonne soirée, Georges. Merci pour tout.



Georges Lévy 07/05/2010 05:57



Oui ce récit n'a rien perdu de son actualité et de sa fraîcheur: il pourrait se passer aux quatre coins du monde. L'égoïsme associé à la bêtise est la plus sur des
recettes pour perdre un pays. Au moins Don-Quichotte voulait changer les choses de son monde. Mon Grand-Père paternel, délégué à l'Assemblée locale de l'Algérie, a lutté toute sa vie contre ses
pairs pour justement améliorer la condition de vie autochtone, mais n'a réussi qu'à apporter le millième de ce qui aurait du être fait, en luttant contre vents et marées. Mais ceci est une autre
histoire...



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