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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:15
                                        En descendant de ma Colline


L'hiver en Israel, surtout à Tel-Aviv, n'est pas un trimestre sérieux, à l'image d'ailleurs de la région (!). C'est un paradis pour le promeneur que je suis devenu, après des années englouties pour gagner le pain quotidien.
J'exagère un peu, disons plutôt la brioche, car je suis un favorisé qui a fait une carrière sans menace de compression de personnel ou de réaménagèrent de l'usine pour notre bien, (of course !). 

Lorsque le ciel est légèrement voilé de nuages cotonneux qui s'effilent, je peux faire de longues escapades dans la ville sans fatigue, alors que le long été, très humide transforme les rues en un bain de vapeur éprouvant.


Ainsi hier j'ai cherché, joignant l'utile à l'agréable, un horloger pour changer le bracelet de ma montre, donnant des signes certains de mise à la retraite.
Si l'âge d'un chien se compte par rapport à celle de son maître en le multipliant par sept, pour celle d'un bracelet-montre il faudrait le multiplier par soixante-dix !!. J'avais encore il y a quelques années la patience de le changer moi-même au risque de voir s'échapper ce diable de petit axe télescopique qui le retient, et de le chercher à quatre pattes sur le carrelage !


January 2010 033


Un achat pas si évident car je le cherchais en matière synthétique et non en peau de bête. Certainement suite au lavage de cerveau que mes enfants m'ont fait, comme des jeunes de la nouvelle vague verte.
Pas si agréable de porter au bras un cuir d'agneau bien doux qui ne peut plus bêler !. J'ai fini par trouver ce simple objet chez cet artisan qui toute sa vie... lutte contre la montre. J'ai pris ce cliché de l'extérieur de son magasin, n'ayant pas trouver assez d'espace vital pour y pénétrer. Un mètre courant aurait presque suffi à mesurer son contour.
J'ai bien sur demandé son autorisation, et dans son silence amusé, il devait
se demander à quel original il avait à faire ! Il y a quelques années, je n'aurai pas eu cette audace.
Mais ce mini-local m'a rappelé l'échoppe de notre cordonnier de la rue Drouet-D'Erlon, à Alger. D'ailleurs il est coiffé d'une Kippa  en coton perlé avec un motif dentelé qui est celui des sépharades originaires d'Afrique du Nord. En Israel, il est facile de deviner l'origine et même la tendance politique de son propriétaire, simplement à la vue de son couvre-chef, tricoté, de tissu lisse,ou de velours brodé,de coton perlé à dessin symétrique, blanc à filets d'argent pour un mariage ou noir macabre pour un enterrement, porté au sommet du crane ou de coté tenant à un cheveu pour les militants qui vont par monts et par vaux, descendant presque jusqu'aux oreilles pour les plus  mystiques, ou portée avec désinvolture en arrière pour les gros-bras, mais toutes attachées par une épingle à une boucle, "car la tête du croyant doit toujours être couverte pour  rappeler la présence de Dieu au dessus de lui ".
Alors les plus conservateurs, pour être surs de ne jamais transgresser les Écritures, portent en supplément, comme il y a des siècles en Europe Centrale, un large chapeau en feutre qui leur sert aussi à cacher leur visage à un éventuel photographe.

Et vous, Georges, que portez-vous ?
- Je porte sur mes épaules le poids des années d'accusations de déicide et cela  me suffit !

Mais malgré la large Kippa que porte aussi sa Sainteté, à Rome et dans ses déplacements, je n'arriverai jamais à deviner pour qui elle pencherait car elle est posée au centre exact de la tonsure. C'est sans doute la Kippa du Silence. Ce Silence qui fait tant de bruit ces jours-ci !...



Mais voici des T-Shirts, pas pour moi, mais pour le plaisir de photographier tous ces dessins jeunes et colorés !



January 2010 032

Non ce n'est pas une erreur de mathématique ! Deux T-shirts à manches longues pour 100 shekels, et deux autres modèles, mais à capuchon, pour 200 shekels .(Un euro est l'équivalent de 5 shekels environ).

J'avais à peine déclenché mon appareil, que passa devant-moi une silhouette étrangement bariolée .
Je n'ai pu la saisir que de dos. Par la même occasion ai évité d'éventuelles protestations du sujet ! En continuant mon chemin dans la même direction, je l'ai vu s'arrêter devant un étal de livres d'occasion et feuilleter un bouquin. Cela m'a tranquillisé sur son état !




January 2010 031


        Et sur le même  trottoir ai présenté mes respects à  un passant à quatre pattes, dont je n'ai pas très bien compris ses intentions. Dans ce cas il vaut mieux être poli et passer son chemin.




5769_0388.jpg



Cette bête bien repue, a certainement plus de chance que cette gentille chienne bouclée sur l'affiche collée à la vitrine: Les passants peuvent y lire son appel au secours :
"Je suis enceinte, et j'ai été jetée à la rue, et ne sais où aller.
Chaque Shekel m'aidera !
Merci beaucoup "!



January 2010 011




Mais Tel-Aviv est aussi chargée d'Histoire :


jacob_0378.jpg


A chaque coin de rue vous trouverez des plaques qui rappellent le sacrifice  de ces jeunes de la Hagana, la future Armée de Défense. Ici le 25 Mars 1946 un petit groupe de juifs engagea un combat de diversion contre les Anglais, pour les empêcher d'atteindre la plage où devait débarquer un navire sa charge d'immigrants.
Toutes les cotes au Nord étant activement surveillées, le Quartier Général décida de faire se rapprocher le bateau "S/S Wingate" le plus possible de la cote de Tel-Aviv, espérant que le débarquement serait plus facile avec l'aide de la population de la ville.
Mais dans l'accrochage Bracha Fuld fut tué et trois de ses compagnons blessés furent capturés par les Anglais. Ils étaient tous du kibboutz Givat-Haim.
La Royal Navy se saisit du bateau et des immigrants à portée de main de leur Patrie, quelques mois seulement après la Capitulation de l'Allemagne nazie et les renvoya dans des Camps soit à Chypre ou même à Hambourg.


Ci-dessous le timbre commémorant l'immigration clandestine de 1934 à 1948. Les vieux rafiots généralement de nuit s'échouaient sur la cote et les habitants des Kibboutzim voisins aidaient à les débarquer dans les vagues pour les cacher dans les villages pionniers.



Immigration-Clandestine.jpg


Je ne peux m'empêcher avant de terminer cette promenade d'évoquer les journées terribles de Haïti dévastée par un tremblement de terre. L'Etat d'Israel a envoyé sur le champ ses meilleurs docteurs, chirurgiens, réanimateurs et même gynécologues avec un hôpital de campagne, le premier déployé à Port au Prince, avec des équipes de secouristes, hélas très entraînés (à cause des attentats) dans le sauvetage d'habitants coincés dans les décombres, avec un matériel de détection ultra-moderne : ils ont réussi à sauver,hier même, après dix jours passés sous les ruines, un haïtien âgé de 22 ans !.

IDF :Israel Défense Corps à Haiti, après l'accouchement à l'hôpital israélien.
Un bébé naît, 200000 personnes sont mortes ou agonisent.


The first birth in the IDF field hospital, Haiti (Photo: IDF spokesperson)



Si je me permets de rappeler cette actualité au lecteur, ce n'est pas par orgueuil, encore que dans ce cas il soit justifiable, mais c'est parce qu'un ignoble individu a déclaré sur une vidéo de Youtube, que les israéliens avaient pour but essentiel dans ce sauvetage, de se saisir des organes de ces blessés !
Une accusation moyenâgeuse qui rappelle celle d'assassinats d'enfants chrétiens pour se servir de leur sang pour confectionner la Galette de Pâques !
Israel n'est lié en rien avec cet Etat, et n'a rien de commun avec sa civilisation, sa religion, son économie, ses traditions, et son Histoire. Seulement comme l'Etat Hébreu l'a déjà fait en Turquie, à Mexico, et partout où ses secours ont été acceptés, son but n'est évidement qu'humanitaire, comme se doit de le faire tout état du monde libre.
Mais cet exemple reste comme un épine en travers de la gorge de nos détracteurs.
Disons que les jumeaux nés avant-terme et encore dans les incubateurs
de cet hôpital, avec les milliers de sourires d'habitants sauvés d'une mort certaine , ne suffiront jamais à dissiper la propagande haineuse des ennemis d'Israel, occupés , même sur la scène internationale, à démoniser à chaque occasion le seul pays démocratique de cette région du monde.



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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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commentaires

René 03/02/2010 09:39


Bonjour greorges .Eh oui le metier d'horloger tend à disparaitre avec l'arrivée des montres et pendules electroniques(on ne répare plus! on change.....ah la société de consommation!!)Regardes cet
article du ''jour d'algérie''(même là bas les petits métiers disparaissent :

Morts de leur belle mort

Cordonnier, horloger et matelassier, métiers en voie de disparition 


Cordonnier, horloger et matelassier, métiers en voie de disparition 


Bon nombre de vieux métiers ont disparu de nos jours en Algérie, d’autres sont en train malheureusement de disparaître. Cela nuit à un grand
nombre d’artisans, qui, en dépit de tout, continuent de perpétuer ces nobles professions menacées de disparition, à savoir le métier de cordonnier, fabricant de cuir, horloger ou encore khfafdji
(marchand de beignets). Berrah, grimpeur de palmiers, maréchal-ferrant, cocher… sont de vieux métiers qui ont complètement disparu


dans notre pays. En effet, ils sont de  moins en moins nombreux à exercer ces nobles métiers en raison de l’évolution technologique qui
influe négativement sur les métiers artisanaux. Parmi ces derniers, citons l’horloger, le cordonnier, métiers malheureusement menacés de disparition. «Nombreux sont les métiers qui
n’existent plus, à savoir berrah,  forgeron,  etc. On ne voit plus ce berrah, annonceur dans les rues de la ville de bonnes ou de mauvaises nouvelles ou en train de sillonner les
marchés pour bien écouler leurs marchandises», nous dit aâmi Brahim, 74 ans, natif de La Casbah. Et d’ajouter l’air triste : «Ces métiers oubliés appartiennent à nos grands-parents et
les anciens ne sont plus de ce monde. Quant aux jeunes, ils ne sont guère intéressés par ces métiers qui demandent beaucoup d’effort et de travail, c’est  vraiment dommage pour cette
génération !» Aâmi M’nouar, 70 ans, vieil agriculteur rencontré à Ouled Fayet, estime que plusieurs métiers relevant du domaine de l’agriculture ont disparu ou sont en voie de disparition, à
savoir le grimpeur de palmiers qui s’occupe de la cueillette de dattes, le berger... «Je pense que ces vieux métiers nécessitent particulièrement une main-d’œuvre jeune, robuste et
qualifiée», a-t-il souligné. Pour sa part, aâmi Omar, homme âgé rencontré à Alger et ancien maréchal-ferrant, dit avoir exercé ce vieux métier depuis l’époque coloniale, l’époque du vieux
temps. «J’ai exercé le métier de maréchalerie très jeune. Il demandait de la force et de la patience. Avec la disparition de ce métier, je me suis converti en vendeur de timbres»
déclare-t-il.


Les métiers de cordonnier, horloger et de khfafdji tendent à disparaître


Le métier de cordonnier est aujourd’hui en voie de disparition dans notre pays. En effet, ce métier se meurt ici comme ailleurs dans le reste
du pays par l’invasion débridée des chaussures bon marché importées le plus souvent des pays asiatiques. «Le métier de cordonnier se meurt de plus en plus à cause de l’importation des chaussures
dites ‘’jetables’’ de Chine. En effet, il reste très peu de cordonniers et ils ne travaillent qu’à la sauvette», nous dit Fouad, un jeune homme rencontré à la Place des Martyrs. Aâmi
Boualem, un ancien cordonnier installé à Alger, nous a confié le secret de sa réussite. «J’exerce ce métier depuis vingt ans. Les débuts ont été durs pour moi, mais el hamdoullah, aujourd’hui je
gagne ma journée», dit-il. Ajoutant : «Je continuerai à exercer ce métier qui tend à disparaître, et ce, dans le but de le préserver et de l’apprendre à la nouvelle génération». Ceci dit, à
Alger, nombreux sont les métiers qui sont en voie de disparition. C’est le cas par exemple  de l’horloger, vieux métier qui demande beaucoup d’amour, un peu de soutien et des outils de
travail appropriés et plus modernes. Il en est de même pour le khfafdji, considéré comme un  vieux métier apprécié par beaucoup d’Algériens. «Je crains que le métier de khfafdji ne
disparaisse un jour et qu’il ne devienne qu’un vieux souvenir pour les anciennes générations», nous dit aâmi Kader, un vieil Algérois. Et d’enchaîner : «Il est  rare de trouver un
khfafdji installé dans sa boutique, préparant ses beignets ou sfendj. Ce vieux se meurt, et dans nos vieux quartiers il reste peu de khfafdjia mais ils exercent ce métier par amour».


Mehdi I.     


 


  Source : Le jour d'Algérie



margareth 02/02/2010 08:10


J'aime ces petites boutiques que nous rencontrions encore dans nos villages, dans mon enfance. Tel Aviv, je m'y suis promenée en touriste il y a bien des années. A travers ce reportage j'en
retrouve assez l'ambiance.


Quichottine 30/01/2010 16:43


Les fausses informations circulent sur le Net... tout le monde le sait et j'espère que nos jeunes apprendront à faire le tri.

Vous avez raison d'être fier de ce qui est fait aujourd'hui pour ceux qui souffrent, de rappeler ce qui fut fait aussi autrefois.

Je pense que c'est important, ce devoir de mémoire, lorsqu'il n'est pas empreint de haine.

Votre article, comme toujours, mériterait un très long commentaire, vous y évoquez tant !

Je crois que ces rappels du passé, mêlés à votre sortie en ville et à ces découvertes en fait quelque chose d'agréable à lire, comme si nous faisions le trajet avec vous.

Merci, Georges.

J'ai adoré vos rencontres... et la façon dont vous les avez présentées !


Benissa 27/01/2010 23:32


Bonsoir, je viens de chez Jacqueline du blog Mare Nostrum car je suis également née en Algérie, à Oran, et mon mari est d'Alger. J'ai plaisir à découvrir votre blog. Aujourd'hui j'ai
également fait un article sur Haïti, mais pour parler des artistes de ce pays, pour le faire voir sous un autre jour que celui, si douloureux, qui s'étale à nos yeux ces jours-ci. A bientôt.


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