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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:00

 

 

 La Princesse Verte

 

 

La Princesse Verte P.E. Dubois

 

Ce tableau fascinant est l'oeuvre de Paul-Elie Dubois .

Paul-Émile Dubois (1886-1949) fut un Pensionnaire de la fabuleuse Villa Ab-del-Tif à Alger. En 1928 le Gouverneur de l'Algérie Pierre Bordes l'envoya en mission au Hoggar. Il y retourna en 1938 avec sa femme, elle-même artiste, Jeanne-Henriette Dubois-Damart. Il fit encore des séjours dans le Sud en 1946/47.
Ce tableau, "Yasmila", Princesse des Sables... (aux pieds-nus), fut exécuté en 1939.

La lumière éblouissante du Désert rend les contours plus durs et les couleurs violentes. Le regard de cette femme parée de ses bijoux et enveloppée de vêtements moirés est vraiment royal .

        Les Hommes Bleus armés de leur lance, poignard en forme de Croix du Sud,

    et bouclier de cuir, c'étaient les Princes des Sables avant que le pétrole ne jaillisse !..

 

touareg-paul-elie-dubois

 

Paul-Emile Dubois illustra magnifiquement  l'Atlandide.

Quant à moi dans ma chambre feutrée je chevauchais avec l'Escadron Blanc et vivais intensément les accrochages et les razzias des Targuis dans les dunes du Grand Sud.

 

La Villa Turque Abd-El-Tif, un des joyaux du paysage algérois.

Située sur les hauteurs du Hamma, elle fut le havre des peintres boursiers orientalistes.

P.E Dubois a merveilleusement interprété ce panorama, pour moi le plus beau au monde.

 

Alger Villa Abdel-Tiff P.E.Dubois (1886-1949)

 

 

    Les Bananiers du Jardin d'Essai d'Alger

   (Le Jardin enchanteur de notre enfance !)

Je prenais le tram à l'arrêt du moulin, au début de la rue Sadi-Carnot. Le receveur en chéchia rouge me compostait du carnet quatre tickets pour le Musée des Beaux-Arts. Aux pieds de ce musée aux cimaises* enrichies des plus grands noms de la peinture française, la perspective inoubliable de mon paradis du Jeudi. Une forêt artificielle d'essences rares et centenaires entrecoupées de bassins jusqu'à la ligne de la méditerranée. Le tout créé sur un site marécageux et malsain par le botaniste Hardy.

J'avoue que je ne me sentais pas en sûreté dans ces allées presque désertes où rodaient des ombres bizarres. Et j'entrais vite  pour une après-midi au jardin zoologique dont je connaissais bien tous ses locataires, des Lions entourés d'un essaim de mouches aux Girafes hautaines. Des Autruches curieuses se dandinaient lourdement, mais les gazelles étaient mes amies préférées, craintives elles me laissaient juste leur caresser le bout du nez et leurs narines frissonnaient !

Des tortues gigantesques sans age au couple d'énormes caïmans que je retrouvais à chaque visite dans la même position dans leur flaque . Des singes malins qui tendaient leurs mains velues à travers le grillage pour saisir au vol l'arachide que je leur lançais, au Fenech aux grandes oreilles pointues qui allait et venait sans cesse rêvant d'un trou dans les mailles de fer pour s'évader. L'odeur qu'exhalaient les cages des félins était si forte qu'elle me poursuivait jusqu'à mon retour où le rêve se brisait à la perspective des cahiers de mes devoirs de maisons...

 

La France créa dès le début de la conquête un laboratoire végétal pour sélectionner et greffer les plants les plus accommodés aux différents climats algériens. 

Alger Dubois (1886-1949) Bananiers Jardi d'Essai

 

  La Darse de l'Amirauté, et dans le fonds les arcades du Blvd de la République

  qui semblent retenir les cubes blancs dégringolants de la Casbah vers la mer.                              

 

Alger P.E Dubois (1886-1949) Yatch dans le Port

                            

 

 Un pêcheur prépare ses filets pour la sortie du soir.

Des souvenirs me reviennent comme dans un miroir.

Les peintres ont cent fois immortalisé  cette darse :

Tout y commença et finit comme  une sinistre farce.

Les occupants furent des occupés bientôt expulsés

 Seule resta, étale ou festonnée  notre Méditerranée.

Je ne peux quitter mes yeux humides de cette Marine.

Sûr, ce doit être l'odeur du sel qui me pique les narines

 Ou l'image de ma jeunesse, qui errait sur les quais,

 Près des voûtes où se mêlaient aux odeurs  des chais,

Celles des caroubes, des épices, et de poissons fumés

 Et des taches de mazout  suintant des coques d'acier.


                                                  ------------&&&&&&---------

Notes:

*Un documentaire (en noir et blanc!) de la RTF sur la Villa Abd-El-Tif :

           http://www.ha.ina.fr/art-et-culture/architecture/video/CAF91048978/villa-abd-el-tif.fr.html

 

  Lire en pdf le texte d'Elisabeth Cazenave:

http://www.google.com/search?client=gmail&rls=gm&q=alger%20jean%20alazard

Aux cimaises de ces salles étaient accrochées, entre autres, les tableaux d'Orientalistes que la lumière de l'Algérie  avait si inspirés et gâtés. Jean Alazard en fut le brillant conservateur. Hélas, en 1962 la France non seulement abandonna ces trésors du génie français sur place, mais elle renvoya à l'Algérie algérienne à la demande du FLN quelques oeuvres qui avait été avant l'indépendance rapatriées en métropole...(Vae Victis !)

  Pour visiter le Jardin d'Essai :( Très longtemps abandonné à son sort après 1962, occupé par des sans-logis, ce jardin dépérit, et des milliers d'espèces végétales moururent . Les requins de l'immobilier en amputèrent une partie, et mêmes des plantes grasses très rares trouvèrent par enchantement le chemin de jardins privés de notables...Aujourd'hui, il renaît de ses cendres grâce au concours des spécialistes du Jardin des Plantes de Paris. Et les statues (réparées) du sculpteur Gaudissard ont retrouvé leurs places dans les bassins.  La statue de "La France" de Bourdelle qui dominait du haut de l'esplande, et faisait face à la Mère Patrie au delà de la Méditerranée, a été rapatriée en France et se trouve sous la garde de St-Cyriens. Alors stupidement endommagée comme un symbole gaulliste, elle a été réparée par les soins de la famille du sculpteur ) .

Ce site retrace l'histoire de ce Jardin de sa création à nos jours. (Dois-je ajouter avec une pointe d'émotion que le crocodile de ma jeunesse est maintenant exposé...empaillé avec d'autres de mes connaissances enfantines !)

http://www.jardindessai.com/index1.htm

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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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commentaires

Viviane 27/04/2010 18:00



Ce tableau est magnifique!


Les hommes bleus m'impressionnent beaucoup moins en peinture qu'en réalité!


Merci pour ces petits mots chez moi.


Bonne fin de journée


Un bisou amical


viviane



René 25/04/2010 07:37



Le jardin d'essai...grand souvenir de ma petite enfance ,lorsque nous allions nous y promener avec mon grand père. Mon "tout petit voilier" fait main (un bout de liège et une voile confectionnée
par ma grand mère.......



Georges Levy 25/04/2010 17:06



C'était pour toi certainement le plus beau voilier du monde puisque fabriqué par tes Grands-Parents et embelli par ton imagination !



Quichottine 23/04/2010 11:34



Aller dans les endroits que l'on aime... juste avant de les quitter, c'est une bonne chose.


 


Aujourd'hui, je sais qu'y retourner beaucoup plus tard ne l'est pas forcément.


Ce que l'on y retrouve, c'est une "étrangeté", qui nous fait regretter de n'avoir pas gardé ses souvenirs intacts.


 


Tarzan en noir et blanc... oui, de beaux souvenirs aussi !


 


Merci, Georges... et puisque c'en est le jour chez nous, très bonne fête à vous.



Georges 22/04/2010 19:44



Avant la fin de ma vie (à Alger !), j'avais fait une ultime pélérinage sur mes propres pas dans ce quartier du Hamma où s'étend le Jardin d'Essai, pour etre sur de ne rien oublier....La Nature
était insensible au drame qui se déroulait autour d'elle , et qui allait précipiter le pays dans un gouffre. En Novembre 1942, (que cette date soit bénie !) les Alliés transformèrent cette
étendue proche du Port, en un immense garage pour le matériel blindé fraichement débarqué des "Liberty Ships". A la fin de la guerre, il fallut beaucoup d'efforts aux jardiniers pour remettre en
état les allées et leurs bordures. L'acteur Johny Weissmuller, dans le role de Tarzan, trouva un décor de jungle idéal dans les arbres centenaire pour un de ses films ! Nous ne manquions alors
jamais dans le cinéma de quartier ses apparitions (en noir et blanc ) ! Merci Quichottine d'etre descendue dans ce
Jardin .



Quichottine 22/04/2010 17:23



Les Touaregs à peau bleue m'impressionnaient vraiment beaucoup lorsque j'étais enfant.


 


Cette princesse est splendide... Un regard profond... j'aime.


Vous m'avez beaucoup émue en parlant de vos jeudis, passés au musée et au zoo... Finalement, j'ignore si j'aurais eu plus peur du lion que des ombres du Musée...


 


La vie est importante, et tous ces souvenirs en sont remplis. Merci de les partager avec nous.


 


Passez une belle soirée, Georges, je reviendrai plus tard pour visiter vos liens.



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