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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 15:18

Ce n'est pas dans ces lignes que je voudrai parler précisément de l'homme et son oeuvre ,mais simplement j'ai voulu coucher sur le papier les images qu'en ont gardées mes jeunes années .

Autant que je m'en souvienne, au fin fond de ma mémoire mon  Grand-Père paternel avait toujours la même silhouette d'un homme  âgé mais qui ne changea pas sensiblement tout au long de mes jeunes années, comme s'il voulait  me laisser vingt ans d'avance avant que sa haute stature se courbât un peu, comme dans mes jeux où mes cousins me laissaient partir en avant pour me rattraper à la course. Je ne ne me souviens pas de ma grand-mère disparue lorsque j'avais quelques mois.

Georgicot-pot-de-fleurs et sa Grand-Mère en 1938

Grand-M-re-maternelle-et-Georgicot-1938.jpg
 Depuis longtemps, après le décès de ma Grand-Mère Blanche son salon avait été transformé en salle de travail. Dans une bibliothèque de style berbère en bois noir  incrusté de nacres étaient alignées les reliures des Comptes Rendus des Délégations Financières(1). Dans un coin une rouet alsacien et sa quenouille. Sur une tablette un tour miniature, tout brillant de ses cuivres, un souvenir du village de Soultz(2) quand bloqués par l'hiver les habitants s'adonnaient à l'horlogerie. Ces objets disparates avaient traversé la mer en 1870 après la défaite de Sedan avec mes ancêtres et mon Grand-Père paternel qui arriva à Sétif, à l'âge de deux ans . Là-bas, sur les rudes Hauts-Plateaux , après les années ardues de ses parents agriculteurs, il créa dans la "Haute Vallée" une ferme modèle(3) en son genre  qui comme dans les textes bibliques,  apporta  à la région le blé et le lait nourriciers .
Je le retrouvais les après-midi assis à son bureau de simple bois verni, toujours occupé dans ses papiers à vérifier des dossiers et signer des lettres que le fidèle secrétaire Monsieur Zermati lui apportait .
"Monsieur Charles, demain vous avez-rendez vous avec l'architecte Zerhfuss(4) au sujet de votre projet d'Habitations à Bon Marché de Kouba "... Car c'était un homme important mais si modeste  que mon Grand-Père, qui consacra sa vie au bien-être des algériens. Mais en me voyant entrer, il relevait bien vite sa t
ête blanchie et toujours bien peignée qui  dégageait une bonne  odeur d'eau de Cologne, poussait de coté la paperasse et reculant son fauteuil, me prenait sur ses genoux, m'embrassait sur la tête et c'était toujours la même question que j'attendais: que veux-tu que je te dessines ?
- Un mouton !
Alors il prenait un des crayons bien pointus, une feuille vierge, avec un geste large et rapide il croquait un mouton frisé comme celui de Saint-Exupéry.
- Un lapin !
En souriant de son succès en me voyant si heureux ,en quelques secondes il faisait bondir un lapin bien dodu .
Alors ainsi se remplissait la feuille des animaux de la ferme que j'aurai aimé caresser , un cheval au pâturage, un amour de petit âne, un chien de garde, et une poule et ses poussins et même un chat dans le coin...
Quand la feuille était pleine, je la serrais à deux mains sur ma poitrine, mais pour ne pas me laisser partir trop vite, il me faisait sauter sur ces genoux en  me chantant :

"Roudoudou n'a pas de femme
Il en fait une avec sa canne
Et l'habille d'une feuille de chou
Voilà la femme à Roudoudou ! "

ou bien, pour me faire rire à coup sur:

"A dada sur mon Bidet
      Quand il trotte il fait des pets ! "..


Une fois dans la semaine, il venait à pied du Boulevard Baudin à notre Rue Sadi-Carnot  pour le déjeuner immuable du Jeudi où j'étais libre de mes études à la communale(5).
J'avais à la maison un coin où je bricolais avec des morceaux de bois pour en faire n'importe quoi. Je chantais en tapant du marteau cette chanson enfantine que j'avais retenue d'un disque que l'aiguille d'acier de notre gramophone à ressort avait labouré :

"Pour faire un bateau,
Qu'est qu'il faut  ?
Il faut du boué,du boué,
     Pour faire n'importe quoué !! "

Mon Grand-Père, cet homme au large savoir(6), était heureux de me voir travailler de mes mains. Souvent je plantais mes clous de travers et ils se couchaient méchamment sur le coté pour me narguer. Une fois que Grand-Père me saisit  en pleine action, il prit la planche d'une main et de l'autre avec son pouce redressa sans effort apparent un gros clou tordu à ma grande stupéfaction qui le fit sourire. J'eus l'impression d'être à coté de Gulliver.

Aux midis des années sombres, nous écoutions le bulletin d'informations de la mi-journée sur les progrès de la Guerre avant de passer à table. Maman déplaçait des petits drapeaux sur la carte de l'Europe. Un été d'août 1944, je vis mes chers visages se transformer. Alger, la Capitale de la France en Guerre venait d'annoncer la Libération de Paris. Maman ne put cacher ses larmes. Grand-Père se redressa, plus droit que jamais. En silence pensait au destin des proches restés en métropole.
A table en famille, j'étais toujours assis à sa droite.  Maman, les jours frais lui apportait un plaid, en insistant, car c'était toujours le même manège: il  le refusait au début avant d'accepter enfin d'en couvrir ses genoux. Les guêtres grises en feutre  qui recouvraient ses souliers ne suffisaient pas.  En hiver l'appartement était froid et humide et Maman allumait une assiette d'alcool à brûler dans la salle à manger qui faisait face au vent marin.
Traditionnellement, lorsque la soupe brûlante était déposée sur la table, c'est lui avec un geste patriarcal qui nous remplissait les assiettes creuses que nous lui tendions. Une assiette à fond de fleurs jaunes et feuilles vertes  que masquait une soupe de légumes,  même en été ! Une bouteille de vin trônait sur la nappe, mais il préférait la carafe d'eau fraîche.
C'était un homme sobre que je n'ai jamais vu fumer. Je ne faisais presque jamais attention à la conversation des Grands, toujours occupé à observer les gestes de mon Grand-Père pour l'imiter. Ainsi lorsque Maman en fin de déjeuner se tournait vers le buffet pour saisir à deux mains la lourde coupe de fruits et la déposer au centre de la table, je savais d'avance que Grand-Père, des raisins gonflés de soleil, ou des mandarines odorantes, choisirait une orange  à la peau épaisse. Il en coupait soigneusement l'écorce en fentes régulières, pour la séparer de la chaire pulpeuse dont il m'en tendait la moitié. Mais  cette orange ne se terminait pas avec les délicieuses tranches : Grand-Père ensuite coupait dans l'écorce interne odorante des lanières blanches un peu cotonneuses qu'il portait à sa bouche avec délice . Une manière que je ne connaissais que de lui de déguster le fruit en entier. Évidement j'eus tôt fait de l'imiter et aujourd'hui encore j'aime ce goût un peu amer après la douceur sucrée de la pulpe .
Le repas terminé, Grand-Père ne s'éternisait pas, ayant toujours fort à faire: et mon père avec un respect filial l'aidait à endosser son lourd manteau noir et Maman lui croisait son écharpe.
-Père, Georges va vous accompagner , disait Maman.
C'était un accord tacite, car Grand-Père ne voulait pas être accompagné par Papa. J'ai compris plus tard qu'il ne voulait pas de témoin de sa fatigue grandissante pour n'inquiéter personne. Nous
allions ensemble à petits pas, en  traversant prudement le Carrefour de l'Agha et passant devant le Commissariat Central bien calmes en cette demi-journée , en cheminant sans presque dire un mot, mais arrivés au bas du huit du Boulevard Baudin il se baissait pour m'embrasser et à chaque fois je  trouvais un prétexte pour monter avec lui en ascenseur. Devant la porte du palier, il sortait son lourd trousseau, et je l'aidais à tourner la grosse clef  dans la serrure rébarbative, et alors seulement ma mission accomplie, j'acceptais de repartir en courant .
 Une fois à la maison que je lui montrais une gouache d'une personne assise dans le fauteuil du salon, dans un rayon de soleil, il s'exclama d'admiration et me promit un bel avenir .
En fait c'est à lui que j'avais pensé en exécutant cette silhouette un peu tassée, les mains à plats sur le cuir vert craquelé par les rayons violents de l'été. Je fus mal à l'aise de ce compliment, car je savais que ma peinture était un échec que la bonté d'un Grand-Père avait transformé en chef d'oeuvre. Et de ce jour n'eus plus confiance dans le jugement partial des grandes personnes....
Alors que nous étions à table un midi, mes parents mon frère et moi , Papa dans la conversation fit l'éloge de son Père, comme il en avait coutume à je ne sais plus quel sujet. Alors j'y ajoutais précipitamment mon appréciation :" C'est un génie ! " .
Mais mon grand-frère qui aimait le sens précis des mots répliqua alors en se tournant vers moi  " Non, un génie c'est autre chose, comme Einstein " :
Ce qui lui attira une remontrance de notre père qui n'acceptait que l'on touche à l'auréole de l'aïeul. Mon frère à cause de moi fut ainsi injustement  mortifié,  car son amour pour la famille n'avait pas de bornes .
Son appartement où il vivait seul depuis la fin des années 30 était en hiver chauffé à blanc par une chaudière centrale intérieure alimentée au charbon. Dans un recoin étaient empilés des sacs de boulets. J'aimais en alimenter le foyer en ouvrant la petite fenêtre de fonte ,et m'imaginais ainsi être le chauffeur d'une locomotive à vapeur, comme j'en voyais passer  toujours de chez moi.
Un soir où j'attendais mes parents chez mon Grand-Père, un peu désoeuvré et las d'avoir gribouillé mes dessins  des heures entières avec les crayons empruntés dans le tiroir du Secrétaire,  je fus le spectacle  d'une scène inhabituelle: mon oncle agenouillé aux pieds de Grand-Père l'aidait  à dégrafer ses guêtres  et à le déchausser et lui passer des pantoufles.  Pour moi  ce fut  un choc de voir ce  Grand-Père immortel  qui nécessitait de l'aide pour des gestes si simples.. Et vite je me suis retiré tout triste avant d'avoir été découvert .
La Fête de Pâques, c'était lui le Patriarche qui lisait en français dans le livre de la Haggadah(4) le récit la Sortie d'Egypte. Nous le suivions attentivement en tournant nos pages imprimées sur deux  colonnes en français et en hébreu (que presque personne ne comprenait !), et c'est lui qui rompait le Pain Azyme, cette galette qui n'avait pas eu le temps de lever lors de la fuite précipitée d'Egypte pour nous en distribuer de petits morceaux que nous trempions dans un mélange épais de dattes et de noix, un délice censé nous rappeler le mortier que remuaient nos ancêtres esclaves au pays de Pharaon. Et nous  répondions en choeur  aux versets avec  des "alléluia" espiègles pour rompre le sérieux des Grands, en nous donnant des coups de pieds sous la table, tout  en goûtant aux herbes amères, persil ou cerfeuil en faisant des grimaces "pour nous souvenir des temps durs" que nos ancêtres passèrent en Egypte .
Quand j'accompagnais mon Grand-Père à l'Atelier, c'était toujours le même scénario: le vieil  arabe Madani nous ouvrait en grand le portail pour laisser entrer la Citroen . Grand-Père allait alors serrer la main de ce manoeuvre, de la même génération, qui ne faisait déjà plus grand-chose à l'usine mais que l'aïeul protégeait dans ses dernières années. Et à chaque fois je ne pouvais m'empêcher de remarquer la similitude des visages, avec le nez busqué et la moustache blanche de ce Kabyle et de cet Alsacien octogénaires .
C'est encore très actif qu'il fut nommé "Commandeur de la Légion d'Honneur pour services exceptionnels rendus à l'Algérie". La remise de cette distinction suprême  eut lieu en toute simplicité dans le petit salon de son fils ainé, André. Suivant la tradition, c'est un personnage de haut-rang qui procède à la remise de la décoration. Au nom du Président de la République Française, ce fut le Général de Réserve Lévy(5) (non, pas un parent !) qui fut le maitre de cérémonie, en grand uniforme et bicorne, et qui dégaina son épée de parade, pour ordonner mon Grand-Père. Bien-sur toute la famille assistait debout dans un silence ému. Mais moi je faillis attraper le fou-rire quand le Général pas très jeune aussi, voulu rengainer son épée sans trouver l'orifice du fourreau. Heureusement mon oncle André qui avait tout prévu l'aida  discrètement et ainsi se termina la Reconnaissance du Gouvernement à une vie de dévouement.
Un soir, alors que mon cher père René et ses deux frères André et Edgar devisaient dans le bureau avec Grand-Père au sujet de l'avenir de la situation politique et économique qui empiraient, j'entendis soudain  mon aïeul dire à ses enfants une phrase inhabituelle de sa part  qui me glaça : " Un père n'est pas immortel ". Dans les semaines suivantes, Grand-Père profitant que tous ses petits enfants étaient chez-lui pour les fêtes, distribua à chacun de nous une enveloppe, des étrennes  inattendues puisque jamais il ne nous avait habitué à des relations gâtées par l'argent. Mais pour moi qui devinais son geste comme un prélude à la séparation, j'eus le coeur brisé. Il se remettait mal d'une pleurésie qui l'avait fragilisé les années précédentes en visitant l'hiver le chantier de son projet philanthropique d'Hussein-Dey.  Je le  revois, après un trajet en auto sur le Chemin Vauban vers le haut de la colline, sa silhouette de bâtisseur emmitouflée de son lourd pardessus noir, avec sa tête chapeautée tournée vers le lotissement qui sortait de terre ,avec les premières fondations. Il caressait de ses yeux les tiges de fer qui formaient les armatures du béton et qui  sortaient des coffrages  comme des fleurs au printemps. Nous revenions les souliers crottés par la boue et le ciment de ces visites, dans le sursaut d'une Algérie en perdition que frappaient les attentats sanglants. Mon Grand-Père, imperturbable, cet idéaliste presque centenaire continuait à concevoir des plans, des projets, sans prendre en considération les lourds nuages noirs qui barraient l'horizon et jamais ne se résolut au pire .
Bien que notre famille suivait les efforts d'Israel depuis sa création en 1947, nous n'étions pas à proprement parler des Sionistes. Nous étions attachés par la terre, la culture et le sang à la France notre mère, (qui ne sut pas toujours nous protéger ).
Les envoyés de l'Agence Juive qui venaient chez mon Grand-Père quêter des fonds pour aider à envoyer en Israel  les nouveaux immigrants du Maroc fuyant les pogroms(6), repartaient déçus. Mon Grand-Père avait de la peine à leur expliquer qu'avant d'envoyer ces juifs dans ce pays où tout  manquait il était nécessaire de leur apprendre à Alger un nouveau  métier pour qu'ils s'intègrent plus heureusement dans  un Israel qui faisait face à tant de problèmes plus urgents les uns que les autres. (Sur place en Israel de 1967, je constatais combien il avait eu raison de penser que les émigrants marocains  auraient du bénéficier d'abord d'un bagage solide avant de s'établir en Israel dans des localit
és de développement et même tout au début sous les tentes dans les régions les moins hospitalières).

Pourtant Grand-Père ne se désintéressait pas de ce pays récemment né. J'ai retrouvé une feuille de cahier où il avait consigné quelques statistiques économiques et des détails géologiques, avec ses notes pour la réalisation possible d'un Canal  reliant la Mer Rouge à la  Mer Morte dont l'actualité en reparle.

Ces dernières années de ma vie en Israel, il me vient quelquefois à l'idée que mon arrière-Grand-Père aurait mieux fait d'émigrer d'Alsace en Palestine en 1870 avec sa famille. Ici il aurait pu faire profiter ce pays de son labeur et de son génie et permettre à ses fils de réaliser des projets bénéfiques pour le pays entier, au lieu d'avoir du en 1962 abandonner l'oeuvre de trois générations. Mais le miracle d'être sorti vivant de l'enfer algérien me fait songer que le sort de la famille eut peut-être été tout autre à travers toutes ces guerres qui ont précédé et suivi jusqu'à aujourd'hui l'Indépendance de l'Etat d'Israel .
En parcourant le Néguev j'ai souvent imaginé qu'au lieu de faire jaillir l'eau potable à Djelfana(7) ou semer le blé dur sur les Hauts-Plateaux, et améliorer les races bovines,  il aurait pu lui et ses fils, en faire autant en  créant leur ferme modèle en pleine zone aride pour transformer ces étendues de pierrailles en sol productif, et maîtriser les oueds violents pour remplir des barrages, et bâtir pour les Bédouins des villages sédentaires . 
  Un printemps de 1959, un coup de téléphone de Papa qui était à son chevet  nous avertit avec douceur que Grand-Père était au plus mal. Je fis avec ma mère à pas rapides ce trajet dont je connaissais les moindres détails, la tête baissée et les yeux mouillés .
Grand-Père était étendu dans son grand lit, bien droit  les yeux clos, le visage détendu, des mèches de coton dans les narines, déjà préparé pour le Grand Voyage. Le miroir de la chambre à coucher était voilé et les grands rideaux de la porte-fenêtre tirés. Avec mon frère nous eûmes l'idée saugrenue de vouloir le photographier ainsi. avant la séparation. Pour m'agripper à cette dernière vision. Mais je n'ai heureusement pas osé.
Mes parents ne voulurent pas que j'assiste à l'enterrement  connaissant ma sensibilité extrême bien que je fus déjà adulte. Chez les juifs religieux, le cercueil n'est pas de mise(8) .Le corps lavé,  les ongles coupés suivant les canons de la religion par les personnages du Dernier Devoir dans la chambre mortuaire au cimetière-même, est enveloppé d'un suaire, généralement le tallit à franges de la Bar-Mitsva(9)  qui a servi à toutes les cérémonies de la vie. Alors en présence d'au moins dix personnes suivant la Loi Mosaïque(10),le défunt est glissé dans la fosse :

"Car nous sommes sortis de la Poussière pour retourner à la Poussière."

levy-charles-_-echo-d--alger-4-avril-1959_.jpg

Le cimetière(11) de Sétif, comme beaucoup en Algérie nouvelle, fut la proie des forcenés pour lesquels rien n'est sacré . Ainsi les dépouilles rapatriées de mes aieux reposent maintenant en France métropolitaine au cimetière de Fontainbleau .


  Le Cimetière Israélite de Sétif vandalisé



Notes :


*(1)
Dans ce rapport historique, sont  cités en détail les moyens élaborés par mes ancêtres colons au long des années de labeur pour donner au mot pionnier son plein sens  en agriculture .
 http://lait.dairy-journal.org/index.php?
option=article&access=standard&Itemid=
129&url=/articles/lait/pdf/1923/
09/lait_3_1923_9_29.pdf

 
*(2) Bernard Zerhfuss , Architecte célèbre en Algérie.


Charles Lévy fit bâtir à Sétif et à Hussein-Dey, des lotissements-villas dans son désir de reloger à bon-marché les plus déshérités . Au contraire des immeubles du type Kremlin, les constructions étaient familiales et adaptées au mode de vie et au soleil d'Algérie . Dans le hall d'entrée de son appartement, une petite maquette de la "Cité Lévy". J'aimais jouer avec les maisons  cubiques au toit rouge disséminées sur la colline en plâtre  .


*(3) Un des mots les plus beaux de la langue française et le meilleur départ dans la vie civique .

Dans les Cahiers du Centenaire de l'Algerie :
http://aj.garcia.free.fr/Livret11/L11p36-37.htm


*(4) A Djelfana (Sahara) avec des instincts de géologue il fit creuser à l'endroit de son choix des puits artésiens d'où jaillirent l'eau fraiche et douce d'une nappe phréatique pour le bonheur des habitants .

 
*(5) Exception faite pour les soldats .


*(6) Un moyen pour respecter les liens familiaux .


*(7) De Moise .


*(8) Extrait du Journal électronique Sétif-info :
...
"Un mur le sépare du cimetière juif abandonné au pillage et à la destruction depuis l'indépendance"..

                                     La "Cité Bel-Air" cré
é par Charles Lévy

Extrait de "Sétif-Info" dont je remercie les auteurs algériens :


"L’édification d’une cité de recasement destinée aux musulmans était la première expérience coloniale du genre dans la ville de Sétif. L’origine de ce projet ne peut être comprise qu’en remontant l’histoire de l’établissement humain "déplacé", où les conditions élémentaires d’hygiène n’existaient pas. La première initiative revenait à Charles Lévy qui a pris acte de la décision de la ville pour créer cette cité en marge de la communauté européenne.

A travers la lecture de l’extrait de la session du Conseil Municipal du 26 Janvier 1922, il ressort que :

"Suite à la décision du 25 Juin 1921 de déplacer définitivement le village nègre pour des raisons d’hygiène et de sécurité, proposition faite par Mr. Charles Lévy, délégué financier et président du comité de la société Coopérative des habitations à bon marché, de céder à la commune un terrain lui appartenant à l’ouest de la route de Bougie et au-dessus du champ de manœuvres, à condition que l’emplacement occupé par le village nègre soit affecté à l’édification d’une cité ouvrière d’H.B.M., situé sur un large plateau dominant la ville au nord et à une distance approximative de 1 kilomètre. Il permet l’établissement d’un plan de lotissement comportant des tracés de rues très larges avec place publique et chemins d’accès.

Le nouveau village, construit suivant un alignement régulier, renfermerait, outre de nombreuses maisons d’habitations, une école de Talebs et des locaux destinés aux industries indigènes telles que fabrication de tapis, Burnous, etc.

Il serait alimenté en eau potable non seulement par de bonnes fontaines, mais encore par une fontaine abreuvoir."

De 1922 à 1933, s’ouvre une phase de recasement marquée par la création d’un office "le patrimoine Sétifien" dont le but est de faire place nette au centre. Le délégué financier qui patronne cet organisme officieux Charles Lévy, grand colon privé et minotier, offre un sien terrain inculte et rocailleux, au nord de la ville. Il destine la future cité Bel Air à recaser les 876 habitants du village nègre, à raison d’une famille par pièce ; revenant à 1397 francs et contre 100 francs de loyer annuel, en échange du communal du village nègre ou entre la gare et le marché, s’édifieront les maisons familiales de la cité Lévy, revenant alors à 10000 Francs l’une, où vivent aujourd’hui 1500 habitants, surtout européens : employés, fonctionnaires, retraités. En 30 ans, 2000 nouveaux venus s’entasseront dans la cité Bel Air. (Prenant, 1953)

Le site de Sétif-Info :

http://www.setif.info/article1021.html

 

Notes:

      Personnalités présentes à l'inauguration du Monument aux Morts israélites de la Grande Guerre, inauguré en 1927 au Cimetière de St-Eugène (Alger):

L'Intendant Général Lévy, et Charles Lévy Délégué Financier .

(5) http://www.cimetiere-steugene.judaismealgerois.fr/monument_aux_morts_new.php#debut

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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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commentaires

Weill née Dreyfus denise 04/02/2015 17:17

Âgée de 90 ans je suis une nièce de votre grand oncle Marcel Lévy de Setif. Je me souviens encore bien de votre grand père, un grand homme que nous appelions avec respect Mr Charles. J ai vécu avec ma famille a Setif et Alger de 1941 a 1948. Je l ai régulièrement côtoyé le dimanche chez votre ( ?) tante Paulette mère de Denise dit je fus l amie. Votre réponse me ferait plaisir

rené 08/05/2011 08:14



Ô,malheur ,j'ai écrit ...le père de Camus  dans le feu de l'action !C'est avec la mère de camus que mon grand père était cousin!!Le père était d'origine"pure" française" mais il travaillait
effectivement, pour un négociant en vins.



Georges L. 08/05/2011 12:23



Merci René de m'avoir lu et je suis heureux que cela t'ai provoqué des réminiscences de ta toute jeunesse avec ton Grand-Père.
Effectivement ils n'ont pas eu à connaître, ces patriarches, le démembrement de l'Algerie des 1958, et la trahison de ceux qui avant furent nos "idoles" ! Oui, l'Etat d'Israel fête aujourd'hui
ses 63 ans d'indépendance acquise avec beaucoup de sacrifices. Hélas, rien n'est encore moins sur que la vie ici, menacée par tous nos voisins qui embouchent à qui veut l'entendre des trompettes
hitlériennes. Golda Meir fut certes une femme de tête, mais aujourd'hui on l'accuse d'avoir ignoré les alertes des Renseignements israéliens sur la préparation et l'imminence de la Guerre en
1973. Il parait que sous pression des États-Unis, et d'après le Plan Kessinger, Israel devait être attaqué  d'abord, perdre de nombreux soldats dans le Sinai, pour être ainsi obligé après
des combats sanglants, de  signer un  cessez-le-feu et après tractations diplomatiques, rendre à Sadat le Sinai en entier pour ainsi redorer l'amour-propre des Égyptiens mi-vaincus,
mi-victorieux !!!!Ainsi fut signer la Paix entre Israel et l'Egypte. Hélas avec la chute de Mumbarak, tout semble remis en question avec l'arrivée des Islamistes...Ce mois de Mai ici commence
avec la Journée du Souvenir de la Shoah et de l'Héroisme des Combattants des Ghettos, puis ensuite la Journée du Souvenir des soldats tombés au Champ d'honneur depuis 1947 (22000) et puis dans 3
jours la Fete de l'Indépendance....Apres la tristesse, la joie : un passage brusque qui caractérise ici le pays. Ici aussi nous célebrons l'Anniversaire du 8 mai 1945, dit des "Vétérans" a cause
des nombreux Russes israéliens qui combattirent dans les rangs de l'Union Soviétique.



René 08/05/2011 08:10



J'aurais vraiment aimé connaître ton grand père que tu décris si bien,avec un style littéraire que je t'envie.Je n'ai connu qu'un seul grand père,mon grand père maternel issu d'une famille
immigrée espagnole (de Minorque) comme le père d'albert camus (dont il était le cousin) il travaillait chez un grand négociant en vins d'Alger(ets Simian) il était autant estimé par ses patrons
que par les ouvriers en majorité musulmans . Il aimait l'Algérie et ,mort en 1950,il a eu la chance de quitter ce monde sans avoir eu la douleur "des evennements" comme il se disait alors.
J'avais 9 ans lorsqu'il est mort mais je m'en souviens trés bien car il s'occupa de moi dés mon entrée à l'école communale. Il avait une trés belle écriture et pour lui,la promotion sociale
passait obligatoirement par le savoir. Tu vois cher Georges,moi qui ne suis pourtant pas prolique,ton article ,en réveillants de doux souvenirs,m'incite à l'écriture(à moins que ce ne soit mon
grand père de là où il est...)Je termine en souhaitant un bon anniversaire à l'état d'israel...63 ans déja! Pour moi j'ai eu une profonde admiration pour Golda Meir,une femme d'exception et un
chef d'état exemplaire comme on n'en connait plus!



Quichottine 06/05/2011 18:51



Une vie de souvenirs...


J'ai suivi ses pas et les vôtres et je suis restée au seuil de ce cimetière où tout finit.


 


Mais restent ces moments partagés, ces dessins que j'imagine, ces chants... et je suis émue. Très.


 


Merci, Georges.


Passez de belles journées en cette fin de semaine.


J'espère que vous allez bien.



Georges L. 06/05/2011 19:41



De mes Grands-Parents, je n'ai connu qu'un seul Grand-Père et c'est sans doute pour cela que mes souvenirs sont si vifs. Il était vraiment un Patriarche dans la famille. Dans mon innocence je ne
comprenais pas sa nécessité de revêtir ce lourd manteau presque toute l'année: je n'imaginais pas le froid qui  s'empare du corps le plus robuste  avec l'âge ! Ses nuits sans sommeil
lui permettaient de lire avidement les bouquins des écrivains de l'heure que mon père lui choisissait avec éclectisme chaque fin de semaine dans une grande librairie d'Alger "Les Éditions de
l'Empire"'.
Merci de m'avoir lu Quichottine en ce beau mois de Mai..



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