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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 10:10

 

 

 

Il y a un mois passé, que le troubadour national, Arye Einstein s'est éteint. Ce fut en Israel, et en particulier. dans la bulle qu'est Tel-Aviv une consternation. Toute la population s'est accordée avec les critiques musicaux, la bohème et les célébrités politiques  (une fois n'est pas coutume), qu'Arik était et restera la piste sonore de la vie quotidienne de tout un chacun, tant il fut le reflet de la génération des années soixante.
Ses admirateurs vinrent en grand nombre se recueillir sous les fenêtres closes, et allumer des bougies sur le trottoir à l'entrée de son immeuble.
C'est ainsi qu'à mon grand étonnement, j'ai découvert qu'il habitait dans mon quartier, rue "Hovevei Sion", qui se traduit par "Les Amants de Sion". Un nom qui se colle parfaitement à  cet artiste qui a chanté les peines et les petites joies populaires. En fait, ces dernières années il ne sortait guère de son modeste appartement où il continuait à composer avec succès. Mais avant-tout, il était un personnage idéaliste, je peux même dire Don Quichottesque, qu'on retrouve dans sa chanson* pleine d'espoir "Ani Ata", qui se traduit par l'universel "Toi et Moi" et que plus d'une fois nous en avons fredonné son refrain:

Toi et moi, changerons le monde
Toi et moi, et alors se joindront à nous tous les autres
Ils l'ont dit, et bien avant-nous,
N'importe, toi et moi changerons le monde

Toi et moi, nous essaierons, au début
Cela sera dur, peu importe, on s'y fera
Ils l'ont dit, et bien avant-nous,
Peu importe, toi et moi changerons le monde..

Hier j'ai croise sa veuve qui promenait son chien. Le visage caché par de grandes lunettes noires, cette sombre apparition longeait les murs, pour éviter le regard curieux des passants. 
Arik vivait très modestement, comme un vrai artiste désintéressé qui ne songeât pas à faire carrière à l'étranger à tel point que lorsque il fut question de sa tombe, ce sont ses amis qui se cotisèrent pour acquérir une concession dans le plus ancien cimetière "Trumpeldor" de Tel-Aviv où sont enterrées les célébrités depuis la création de la Cité Blanche dans les dunes.

Au bas du 38 de la rue, un sculpteur a déposé sur le trottoir son oeuvre de pierre de basalte, une guitare brisée comme le coeur de notre génération, avec gravé en lettres d'or le refrain de sa chanson "Toi et Moi". Quelques bougies et un bouquet de fleurs des champs pour rappeler au passant que là vécut un poète témoin de son temps, chanteur-compositeur, éloigné de toute tendance politique, amoureux de Sion.

Je crains que ce memorial ne soit deplace car il encombre le trottoir deja trop etroit.

 

Arik Einstein 1939-2013

 

Arik Einstein Dec 2013

 

                                           Sa chanson gravee dans la pierre "Toi et Moi"

 

Ani ve Ata

 

En bas-relief, le portrait d'Arik.

(Je n'ai pas réussi à découvrir le nom de ce talentueux sculpteur)

(Je crains que ce mémorial ne soit déplacé, car le trottoir est déjà trop étroit. De plus nos amis à quatre pattes peuvent le confondre avec un arbre...c'est pour cela que j'ai pris la précaution de photographier cette oeuvre).

 

 

Dans la pierre, Arik Einstein

 

Un vieil enregistrement de "Toi et Moi" (Ani ve Ata) :

https://www.youtube.com/watch?v=ETqJxlBrQbc

 

Voici une autre de ses chansons d'amour très  émouvante:" Il ignorait son nom"...Ma traduction est un peu gauche, mais la musique se suffit à elle-même..écoutez :
https://www.youtube.com/watch?v=-Uz_gDkYnWk



Il marchait un jour sur la route de Beer Sheba,
Le vent de la mer caressait les buissons,
Frôlée par un vieil arbre, elle tourna la tête,
Sa tresse se déroula le long de son épaule.

Le bataillon marchait, il le suivait ,
Vent et soleil embrassant son visage.
Mais lors d'une halte de nuit, il s'est aperçu,
Aperçu qu'il avait  oublié de lui demander son nom.


Il ne connaissait pas son nom
Mais cette tresse
L'accompagnait tout au long de la marche
Et il savait que le jour viendrait

Qu'ils se rencontreraient soudainement
Dans l'aube rose ou dans le soleil d'un après-midi.

L'été suivant  avait  changé  nuances et couleurs,
Un commando est revenu d'une nuit  de Juin
L'ambulance fonçait  sur la route de Beer-Sheba
Et elle attendait, attendait, dans une robe blanche d''infirmière .

Et il a demandé: «Avez-vous ...?". Et elle a répondu: "Rappelez-vous".
Ainsi, ils ont parlé pendant des heures, personne ne sera jamais à quel sujet ,
Et quand il est parti, pour ne pas revenir, et qu'elle a été laissée en arrière, Toute pâle,
Elle se souvint qu'il avait oublié de lui demander son nom.

Il ignorait son nom ...

 

 

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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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commentaires

Dinet 15/02/2014 07:51


Par son travail, tout artiste transcende les limites: celles entre les êtres humains, et celles entre la vie et la mort. Bien mieux que les tombeaux que notre piété leur érige, notre admiration
émue et reconnaissante nous élève jusqu'à la meilleure part de nous-mêmes.

Georges L. 15/02/2014 12:37



Bonjour Monique,

"Bien mieux que les tombeaux..." Oui c'est si vrai !, et non pas seulement des artistes.Un tombeau luxueux n'assure en rien la considération du reposant par les vivants. L'important c'est la
transmission de son oeuvre si elle est exemplaire pour l'humanité ou simplement preuve d'amour filial pour ne pas rompre la chaîne qui nous lie au passé. Il y a des tombeaux d'assassins comme
ceux en ex-URSS ou Corée du Nord qui ravivent les pires souvenirs...



Liliane 12/01/2014 22:14


J'ai écouté "Ani ve ata", une douce mélodie et de bien jolies paroles... Arik était encore très jeune...
Peut-être que cette sculpture mérite un endroit plus sûr, dans un parc près de chez lui... C'est un beau travail artistique ! Merci Georges pour ce bel hommage, belle soirée.

Georges L. 13/01/2014 10:48



Une belle idée que de donner son nom à un Parc . (Comme pour celui de Georges
Brassens dans le 15eme à Paris). Mais dans son quartier les espaces verts n'existent pratiquement pas...Toutefois ses chansons courrons encore longtemps dans les rues...


Merci
Liliane de m'avoir lu.


Amitiés ensoleillées de Janvier.


Georges L.



Quichottine 10/01/2014 10:56


Magnifique hommage, Georges !


J'espère que la pierre sera déplacée mais pour aller dans un endroit où elle ne craindra rien. Y a-t-il des sculptures au cimetière ?


Les poèmes que vous nous montrez sont magnifiques. Je ne les connaissais pas.


Meci pour ce partage très émouvant.


Douce et belle journée, Georges. Prenez bien soin de vous.

Georges L. 13/01/2014 10:35



Bonjour Quichottine,



Suivant la religion hébraïque, les tombes sont...standardisées et la reproduction d'effigie n'est pas de coutume. Toutes ces restrictions statuaires pour illustrer l'égalité et la modestie dans
la dernière demeure...Dans les cimetières des orthodoxes, la monotonie totale règne... et rien d'intéressant pour les...touristes curieux ! Moi-même lorsque je vais sur la tombe de mes parents,
j'ai du mal à en trouver l'emplacement, faute de point de repères....


Aujourd'hui se déroulent les obsèques d'Ariel Sharon. un géant de l'Histoire israélienne contemporaine. Je suis fier et chanceux d'avoir été un témoin de cette époque qu'il a marqué de son sceau.
Il va rejoindre sa fidèle compagne enterrée près de sa ferme, sur "La Colline aux Coquelicots".


"Carpe Diem", sans oublier le passé.


Bonne semaine Quichottine.



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