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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 07:21
                                                        Tableau d'été

Marquet, Le "Port d'Alger", écrasé par le soleil, est sans doute peint d'un appartement du Boulevard Carnot. (Le peintre s'était réfugié à Alger quand la France fut envahie). La silhouette de ce  Chaland-Grue automoteur figure presque toujours sur ses tableaux portuaires,symbole de l'activité et la prospérité de la vie maritime .




Il fait si chaud dehors, que même le chat se garde bien de s'aventurer sur le balcon,
et reste prudement à la lisière du salon.



Lorsque en Juillet l'air est surchauffé ,
Et qu'Alger est livrée au supplice de l'été,
J'abandonne Marquet et son port embué
Dans la gaze légère qui voile les cheminées.

Avec lui je retourne sur le Quai Malaquais,
Me rafraîchir de la Seine et des Peupliers
Un matin d'hiver silencieusement enneigé,
Qu'il a peint du haut de son logis feutré,
Rue Dauphine, un paysage qui l'a consacré.

Mais c'est aussi pour moi un souvenir émerveillé,
Quand je découvris Paris, ayant abandonné Alger
Dans un décor de feu, de sang et de cris baignée
Et que dans le calme ,me promenais sur les Quais
Qui abritent en plein air des livres à tranche dorée,
Offrent au passant le plaisir sans pareil, de feuilleter
Des éditions anciennes que la rouille a tachetées.




Un matin d'hiver silencieusement enneigé,
Que Marquet a peint du haut de son logis feutré,
Rue Dauphine, un paysage qui l'a consacré.





La dominante marron est sans doute celle de la boue et de la neige fondue.

Paris sous la pluie, Paris tout gris
,la Ville dans son manteau de neige, ce fut aussi celui de notre premier hiver de 1962 . Un accueil rude de la Nature quand l'eau gelait dans les conduites et que le verglas vernissait traîtreusement les trottoirs. Et que dire des heures passées à attendre notre tour d'être enregistrés Boulevard Gouvion-St-Cyr en compagnie de familles déracinées et désemparées: combien de temps peut survivre une plante arrachée à sa terre ?
Pauvre bougainvillier  de notre balcon algérois, symbole condamné à flétrir, à se dessécher et à mourir de soif ! Mais ce Paris des pavés glissants fut aussi un havre de paix, troublé seulement par les explosions banales de pots d'échappement qui me firent encore longtemps après, sursauter. Dans ma joie de respirer cet air de liberté, j'allais à la découverte de la ville...en tenue d'été ! J'étais jeune, cela est vrai et chaque coin de rue me parlait, je n'étais pas un étranger, car à Alger j'avais déjà longuement lu la "Connaissance du Vieux Paris" par Hillairet . Un cadeau prédestiné !


http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Hillairet

Et dans mes promenades au hasard de mes pas je pouvais réciter à voix haute aux moineaux sans repos, en écrasant les feuilles jaunes des marroniers et sans me  soucier de faire se retourner les  passants pressés, les vers immortels de Paul Verlaine :

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.



Paul Verlaine (1844-1896) La "Chanson d'Automne"

                              Marquet : Paysage d'hiver parisien



De rares passants sous leurs parapluies, et un agent stoique en pèlerine au milieu de la rue. La Seine est haute et les arbres sur les berges se dressent squelettiques comme implorant le ciel. Un autobus de la Régie et des taxis roulent sans bruit que la pluie amortit . Marquet a saisi à coups rapides de son crayon l'essentiel de cet hiver parisien pour l'éternité .

Mais c'est aussi pour moi un souvenir émerveillé,
Quand je découvris Paris, ayant abandonné Alger
Dans un décor de feu, de sang et de cris baignée
Et que dans le calme ,me promenais sur les Quais
Qui abritent en plein air des livres à tranche dorée,

Une belle reliure du "Don Quichotte" de Cervantes :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_de_Cervantes





Une excellente photo extraite de :
http://diaressaada.alger.free.fr/i2-mes_voyages_05_07/07-ruisseau/grotte-cervantes_800.jpg


http://diaressaada.alger.free.fr/i2-mes_voyages_05_07/07-ruisseau/grotte-cervantes_800.jpg

La Grotte où Cervantes se cacha sur les hauteurs du Hamma pour échapper à ses tortionnaires (mais en vain) .



Mais voici que mon pays me poursuit :

Dans un coin de la boite à pigeons*
Je découvre sous du papier cristal
Une couverture fatiguée en carton,
L' expédition dans mon pays natal,
Un bouquin rare,une Histoire de l'Algérie
Que les Capitaines Rozet et Carette ont écrite,
Et que Firmin Didot et Frères, 6 Rue Jacob à Paris
Ont imprimé il y a déjà cent soixante années d'ici!.
Les feuillets décousus presque se détachent,
Et dans la reliure une curieuse bête à moustache,
Mais les gravures et les cartes qui s'y cachent
Sont pour moi comme le Trésor de la Casbah
Qui remplissait la chambre secrète du Pacha.
Le vendeur futé qui me  guettait en secret,
Et a vu mes yeux briller, et mes joues s'empourprer
Savoure d'avance quel poisson il va harponner,
Quand dans ce recoin il a posé son hameçon.
Il m'avise poliment du montant de sa rançon :
L'Histoire de l'Algérie est trop belle
Surtout vue du Quai des Tournelles
Alors comme de coutume, je cède à ma passion,
Emporte ces pages fragiles comme les ailes d'un papillon,
Hypothéquant ainsi...une croustillante Pizza aux champignons !
* Au sens propre comme au figuré ! Car souvent le bibliophile ou le curieux n'y trouvera que des revues coquines ou des livres pour touristes sans intérêt. Les livres de valeur n'y sont pas exposés et font l'objet de transactions extra-muros !





Cette édition ancienne, je la garde précieusement ,autant que possible à l'abri de l'humidité et des...pinces-oreilles argentés , ces amoureux des livres  qui adorent se faufiler dans les bonnes pages .


Offrent au passant le plaisir sans pareil, de feuilleter  
Des éditions anciennes que la rouille a tachetées.





                       Le vendeur futé qui me regardait en secret...


Comme il l'est imprimé en couverture,on peut lire dans la collection
" Les vieilles Provinces de France " : Une Histoire de l'Algérie par Stéphane Gsell, Georges Marçais et Georges Yver. Mais l'Algérie était une jeune Province Française .Elle est morte frappée en plein élan par une balle, française aussi.








Et cet étrange prédicateur que fut Napoléon Roussel, raconté par sa fille :

"Il passa environ une année sur la terre d'Afrique. Toute sa vie il conserva un souvenir lumineux de ce séjour ; le beau soleil, l'indépendance absolue dont il jouissait, la simplicité et l'originalité du genre de vie, l'étude des mœurs encore assez inconnues des Arabes avaient eu pour lui un charme inexprimable. Tout ce qui se rattachait à ce pays conquis était nouveau pour lui comme pour la plupart de nos compatriotes, et aussi intéressant que nouveau. Aussi a-t-il retracé, non sans succès, sous la forme de dialogues avec ses enfants, quelques-uns des souvenirs de ce voyage et de ce séjour, sous le titre de : Mon voyage en Algérie.

Quant au but principal, il ne paraît pas avoir été atteint. Les temps n'étaient peut-être pas mûrs, et les essais d'évangélisation auprès des colons échouèrent devant une indifférence absolue. C'étaient pour la plupart, d'après ce qu'il raconta à un ami, « des gens de sac et de corde,* » aussi éloignés de la repentance du péager que de la justice des scribes et des pharisiens"....

*Les colons eux, avaient fort à faire à évangeliser les marais et leurs fièvres et les terres ingrates . Triste jugement de ce M. Roussel aigri par son échec !







Les boutiquiers et leurs "boites à pigeons".
Le soleil ce jour gâte Paris !
Cette superbe photo n'est pas de moi,(hélas) mais de :
http://photossupl.free.fr/007-quais-BP.JPG
Merci à son auteur !





Je choisis sur l'étal une petite lithographie signée
Par un artiste inconnu, à la portée de mes deniers.

Ce remorqueur hardi qui glisse sur la Seine,
Dans l'air humide et ouaté d'un Paris ancien
Avec sa péniche, Quai des Grands Augustins*,
C'est la France que j'ai connue et me console de mes peines.


* Anatole France habitat dans sa jeunesse une belle maison près des Quais de la Seine.  Dans le "Livre de mon Ami" , il parle ainsi du don de faire apparaitre le passé:

"Il y a des heures où tout me surprend, heures où les choses les plus simples me donnent le frisson du mystère.
Ainsi, il me parait, en ce moment que la mémoire est une faculté merveilleuse, et que le don de faire apparaître le passé est aussi étonnant et bien meilleur que le don de voir l'avenir. C'est un bienfait que le souvenir. La nuit est calme, j'ai rassemblé les tisons dans la cheminée et ranimé le feu
Dormez chéris, dormez !
J'écris mes souvenirs d'enfance et c'est
pour vous trois."

C'est le spectacle que la Seine offrait à Anatole France* :





De mon scanner la gravure est sortie en deux couleurs de fond ! L'une pour l'été, l'autre pour l'hiver... !








Voici-dessous un site pour les amateurs de reliures exceptionnelles et inabordables au commun des mortels . Mais les admirer ne coûte rien...
"Émile Maylander, upper cover and spine of binding decorated with center and corner ornaments within a border, on Franz Toussaint, Le jardin des caresses, illustrated by Léon Carré (Paris: H. Piazza, 1914). Reproduced by permission of The Pierpont Morgan Library, New York, Bequest of Gordon N. Ray, 1987."

http://etext.virginia.edu/bsuva/artdeco/lecture5.html

http://etext.virginia.edu/bsuva/artdeco/images/5.3.jpg

Et sous cette riche reliure une édition rare des "Jardins des Caresses ", contes du dixième siècle, traduits de l'arabe par Franz Toussaint dont voici une page intérieure extraite de :

http://arpel.aquitaine.fr/frab/image.php?image=3145





http://mail.google.com/mail/#drafts/122a73dc06c2409d




Si vous êtes  pressé(e) ne vous offrez-vous pas ces témoignages sur les vrais derniers bouquinistes de Paris :

1) "Sur les ponts"
By Charlton Corbeck -
(D'où est extrait le précédent dessin au pastel du bouqiniste au chapeau de paille) .
http://images.google.com/imgres?imgurl=http://www.theparistimes.com/content/files/pt-images/Surlesponts.JPG&imgrefurl=http://www.theparistimes.com/content/Sur-les-ponts&usg=__SeTA07Nlg1SSbxJk6WcBbbl8kBg=&h=349&w=350&sz=194&hl=en&start=12&tbnid=U3ZNOZ5Pa3HqcM:&tbnh=120&tbnw=120&prev=/images%3Fq%3Dbouquinistes%2Bquais%2Bseine%26gbv%3D2%26hl%3Den%26sa%3DG


Et aussi,de rares détails dans :

2) "La Légende des Bouquinistes de Paris":

http://books.google.com/books?id=vmZoc0BGY-sC&dq=la+legende+des+bouquinistes+de+Paris&printsec=frontcover&source=bl&ots=SLcxble7Cq&sig=HzLVN8-qwJqT37P7Dy9aa_D7mrQ&hl=en&ei=qzZfSte_F5zKmgP-6K3VAg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1


3) Paris mouillé, Paris tout gris nous sourit pour la vie dans les superbes photos de "Paris sous la pluie" , en noir et blanc bien sur ! Quel talent !:

http://christophe.jacrot.googlepages.com/ilpleut%C3%A0paris


Paris n'est qu'à quelques heures d'avion d'Israel, mais hélas à des années lumières de l'objectivité. Alors, suivant les mots d'Anatole France*, modestement j'essaye de cultiver mes souvenirs, ce qui est plus difficile que de prévoir l'avenir....


*Anatole France,(François-Anatole Thibault (1844-1924), fut une des plus brillantes conscience de son temps. Son courage n'eut d'égal que son talent d'écrivain.
Crainquebille est devenu une figure universelle .

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anatole_France


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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 09:21


Simon Mondzain (1890-1979)- Quai du Port d'Alger.




L'Enfant du Jour.


Lorsque le matin parait,
C'est pour moi comme l'enfant du Poète.
Je l'ai attendu toute la nuit, accoudé à ma fenêtre
Ce papillon poudré qui sort de sa chrysalide.
Une  lumière dorée monte de par derrière les montagnes,
Éteint les sémaphores et les guirlandes marchandes
Et sort chaque cube encore gris de sa torpeur,
Escalade la ville, l'enveloppe d'un manteau pastel.
En silence chaque toit se peint en rose,
Les terrasses prennent la couleur aveuglante de l'été.
La mer étalée se mélange au ciel bleuté,
Des quais montent les premières fumées,
Émergent les grues et leurs croisillons d'acier.
Les chalutiers lentement contournent la jetée,
Les palmiers des squares enfin se détachent
Et le feuillage sombre vire au vert bouteille.
Alger s'éveille dans sa palette de couleurs
Que l'artiste divin, la nuit, en cachette a choisi pour elle.

Ma ville est du genre féminin,
Ce n'est pas un hasard,
Qu'elle soit aussi Alger La-Blanche,
Car elle est coquette même dans sa misère,
Quand les murs chaulés avant les fêtes
Abritent au détour d'une ruelle aux marches inégales,
Une fontaine  ornée de faïences très anciennes,
Entre deux piliers torsadés
Sur un fond de marbre, rouillé par le filet
Qui coule depuis la naissance d'Alger.
A l'ombre de la voute, le porteur d'eau
Remplit ses outres et les chargent sur son âne,
Qui va à petits pas, apporter la vie
Jusqu'au plus étroit des logis .

Je n'ai plus qu'à baisser mes persiennes
Pour garder la fraîcheur de cette nuitée
Comme un bouclier contre les dards enflammés
De cette boule de feu qui lèche les pierres,
Et transforme notre ville en brasier.
J'ai écrit ces verbes au présent,
Comme un dément,
Comme si j'étais encore un habitant :
Depuis presque cinquante ans je refais le même rêve,
Qui me transporte par dessus la mer, là où je suis né,
Face au port,
Maître après Dieu sur ma dunette au Bougainvillier  
D'où je vois, chaque matin, le soleil écarter le voile de la Cité
Pour mieux l'embrasser .


G.L.



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Le Peintre Simon Mondzain , Polonais de naissance,Français d'adoption, et amoureux d'Alger, fit partie de l'Ecole de Paris .

La petite fille de l'artiste, Raya Baudinet en a écrit la biographie dans:

http://www.exporevue.com/artistes/fr/mondzain/mondzain_biofr.html
 
"Né aux alentours de 1888 à Chelm près de Lublin, en Pologne orientale sous administration russe, Simon Mondzain qui s'appelle encore Szamaj Mondszajn est issu d'une famille juive pieuse. Il se trouve jeune dans l'obligation de fuir son milieu pour accomplir une vocation de peintre qui apparaît aux yeux de sa famille comme un acte profane. À partir de 1905, après avoir quitté son village, il vit d'expédients jusqu'à ce qu'il entre à l'École des Arts et Métiers de Varsovie.

En 1908, une bourse, lui permet de poursuivre ses études à l'Académie Impériale des Beaux-Arts de Cracovie. Il étudie sous la direction de Józef Pankiewicz, peintre d'influence impressionniste, fréquente le milieu intellectuel polonais, et fait à l'Académie la connaissance de Kisling et du peintre polonais Zawado. Il émigre définitivement à Paris en 1912. Il rencontre André Derain qui devient son maître et exerce sur lui une forte influence. Peintre du Montparnasse des années vingt, il côtoie Picasso, Modigliani, Othon Friesz mais aussi Apollinaire.

Cependant, rétif aux avant garde de l'époque, il ne s'inscrit dans aucun courant, seuls les peintres de l'École de Paris peuvent le compter parmi eux. Il écrit dans ses carnets en 1920 : "Je suis resté méfiant envers le monde, j'ai toujours peur d'être renversé, c'est pour cela que dans chaque effort de mon art est souligné avec une force égale, soit un objet, soit un être humain. Il faut que chaque forme, chaque ligne, soit enfermée dans une forme nette, que rien ne la puisse renverser. Les figures doivent être formées d'une construction musculaire solide et où elles sont placés, elles ne peuvent être ailleurs : C'est là et non pas là. La certitude dans la forme est la seule vérité."

Engagé durant la Première Guerre mondiale dans la légion étrangère sous le drapeau polonais, il dessine sa vie de soldat dans les tranchées de Verdun. Évacué en 1917, il peint plusieurs toiles marquantes dont L'Homme à la lettre qu'il présente lors de sa première participation au Salon d'automne en 1919 et Pro Patria un pastel.

Il expose ensuite au Fine Art Club de Chicago en 1920, toiles et dessins, dont une première version du Grand Arlequin. Si la galerie Druet et la galerie Paul Guillaume l'exposent dès 1922, il est surtout présent dans les salons parisiens notamment aux Indépendants de 1920 à 1946. À partir de 1950, il se fait plus rare. Son mariage avec Simone Lemaire, médecin à Alger, l'amène à partir de 1933 à partager désormais sa vie entre Paris et l'Algérie, où il devient un intime d'Albert Marquet. En 1962, après l'Indépendance de l'Algérie, il s'installe définitivement à Paris jusqu'à sa mort en 1979, année où le Musée Granet d'Aix en Provence lui consacre une exposition, qui sera suivie d'une importante rétrospective en forme d'hommage en 1983.

En 1996, le musée Bourdelle présente certains de ses dessins et tableaux pour Paris et les artistes polonais 1900-1918, exposition qui sera reprise en Pologne. Or c'est seulement en 1999, à l'initiative de l'historienne d'art polonaise Elzbieta Grabska, qu'il retrouve véritablement Paris, l'Institut Polonais lui consacrant une rétrospective qui voyagera à la galerie d'art contemporain Zachęta de Varsovie, et au musée de Silésie de Katowice.

Sans particularisme identitaire, pas plus peintre polonais qu'algérois, Mondzain a su résoudre les contradictions d'une identité contrastée, polonaise, russe autant que française, tantôt mystique et gothique, tantôt réaliste et moderne, puis un temps orientaliste. Peu prolixe en propos et en expositions, il fût d'abord un peintre de paysages et de lumières, d'abord en Provence, puis en témoin contemplatif de l'Algérie des années coloniales entre 1925 et 1962, peignant le port et les ruelles d'Alger. Les années 2004 et 2005 marque son retour posthume sur la scène artistique française puisqu'on a pu voir un important accrochage au Centre Rachi à Paris, et également ses dessins de guerre et quelques unes de ses toiles lors de l'exposition : Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 au Musée d'art et d'histoire du judaïsme. "


Raya Baudinet, critique d'art et petite-fille de Mondzain.
 

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Published by Lévy Georges - dans poésies
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 13:05
Van Gogh, les diligences et Alphonse Daudet !

Van Gogh a vécu dix ans (1880-1890) en Provence et fut un admirateur de la prose d'Alphonse Daudet, en particulier de "Tartarin de Tarascon" .
Il écrit ainsi à son frère Théo Van Gogh qui était marchand de Tableaux à Paris :


Lettres à Théo .

"Je souhaiterais pour bien des raisons pouvoir fonder un pied-à-terre, qui en cas d'éreintement, pourrait servir à mettre au vert les pauvres chevaux de fiacre de Paris, qui sont toi-même et plusieurs de nos amis, les impressionnistes pauvres."

(Dans les oeuvres de Daudet on retrouve ce moyen de locomotion sous différents noms, calèche,  fiacre, corricolo*, omnibus, carriole et patache....mais tous tirés par des chevaux sur lesquels le peintre s'apitoie }.
* Corricolo,mot du langage napolitain,vient du Latin Curriculum,chariot.

"Mon cher Théo,

Je n'avais tout à fait osé espérer aussitôt ton nouveau mandat de 50 francs, dont je te remercie beaucoup.J'ai beaucoup de frais, et cela me chagrine bien quelquefois, lorsque de plus en plus je m'aperçois que la peinture est un métier qui probablement est exercé par des gens excessivement pauvres puisqu'il coûte beaucoup d'argent.Mais l'automne continue encore à être d'un beau! quel drôle de pays que cette patrie de Tartarin. Oui je suis content de mon sort; c'est pas un pays superbe et sublime, ce n'est que du Daumier bien vivant.As-tu déjà relu les Tartarin, ah, ne l'oublie pas! Te rappelles-tu dans Tartarin la complainte du vieille diligence de Tarascon, cette admirable page? Eh bien, je viens de la peindre cette voiture rouge et verte, dans la cour de l'auberge. Tu verras :



 Ce croquis hâtif t'en donne la composition, avant-plan simple de sable gris, fond aussi très simple, murailles roses et jaunes avec fenêtres à persiennes vertes, coin de ciel bleu. Les deux voitures très colorées, vert, rouge, roues - jaune, noir, bleu, orangé.... Les voitures sont peintes à la Monticelli avec des empâtements. Tu avais dans le temps un bien beau Claude Monet représentant 4 barques colorées sur une plage. Eh bien, c'est ici des voitures, mais la composition est dans le même genre...."






Voici le texte d'Alphonse Daudet extrait du Voyage d'Alger à Blidah qui inspira Van Gogh à peindre sa "Diligence de Tarascon" :


 "Les diligences déportées".


"C'était une vieille diligence d'autrefois, capitonnée à l'ancienne
mode de drap gros bleu tout fane, avec ces énormes pompons
de laine rêche qui, après quelques heures de route, finissent par
vous faire des moxas dans le dos.... Tartarin de Tarascon
avait un coin de la rotonde; il s'y installa de son mieux, et en
attendant de respirer les émanations musquées des grands félins
d'Afrique, le héros dut se contenter de cette bonne vieille odeur
de diligence, bizarrement composée de mille odeurs, hommes,
chevaux, femmes et cuir, victuailles et paille moisie.

Il y avait de tout un peu dans cette rotonde. Un trappiste,
des marchands juifs, deux cocottes qui rejoignaient leur corps
--le 3e hussards,--un photographe d'Orléansville.... Mais, si
charmante et variée que fut la compagnie, le Tarasconnais n'était
pas en train de causer et resta la tout pensif, le bras passe dans
la brassière, avec ses carabines entre ses genoux.... Son
départ précipité, les yeux noirs de Baia, la terrible chasse qu'il
allait entreprendre, tout celà lui troublait la cervelle, sans compter
qu'avec son bon air patriarcal, cette diligence européenne,
retrouvée en pleine Afrique, lui rappelait vaguement le Tarascon
de sa jeunesse, des courses dans la banlieue, de petits dîners au
bord du Rhone, une foule de souvenirs....

Peu à peu la nuit tomba. Le conducteur alluma ses lanternes.... La
diligence rouillée sautait en criant sur ses vieux
ressorts; les chevaux trottaient, les grelots tintaient.... De
temps en temps la-haut, sous la bâche de l'impériale, un terrible
bruit de ferraille.... C'était le matériel de guerre.
Tartarin de Tarascon, aux trois quarts assoupi, resta un moment
à regarder les voyageurs comiquement secoues par les cahots,
et dansant devant lui comme des ombres falottes, puis
ses yeux s'obscurcirent, sa pensée se voila, et il n'entendit plus
que très vaguement geindre l'essieu des roues, et les flancs de
la diligence qui se plaignaient....
Subitement, une voix, une voix de vieille fée, enrouée, cassée,
fêlée, appela le Tarasconnais par son nom: "Monsieur Tartarin!
monsieur Tartarin !

--Qui m'appelle?

--C'est moi, monsieur Tartarin; vous ne me reconnaissez
pas?... Je suis la vieille diligence qui faisait--il y a vingt
ans--le service de Tarascon à Nimes.... Que de fois je vous
ai portes, vous et vos amis, quand vous alliez chasser les casquettes
du cote de Joncquières ou de Bellegarde!... Je ne
vous ai pas remis d'abord, à cause de votre bonnet de _Teur_ et
du corps que vous avez pris; mais sitôt que vous vous êtes mis
à ronfler, coquin de bon sort! je vous ai reconnu tout de suite.

--C'est bon! c'est bon!" fit le Tarasconnais un peu vexé.

Puis, se radoucissant:

--"Mais enfin, ma pauvre vieille, qu'est-ce que vous êtes
venue faire ici?

--Ah! mon bon monsieur Tartarin, je n'y suis pas venue
de mon plein gré, je vous assure.... Une fois que le chemin
de fer de Beaucaire a été fini, ils ne m'ont plus trouvée bonne
a rien et ils m'ont envoyée en Afrique.... Et je ne suis pas
la seule! presque toutes les diligences de France ont été
déportées comme moi
. On nous trouvait trop réactionnaires,
et maintenant nous voila toutes ici à mener une vie de galère....
C'est ce qu'en France vous appelez les chemins de fer algériens."


Quelle chance a cet heureux bibliophile de posséder cette édition illustrée !




Ici la vieille diligence poussa un long soupir; puis elle reprit:
"Ah! monsieur Tartarin, que je le regrette, mon beau Tarascon!
C'était alors le bon temps pour moi, le temps de la jeunesse!
il fallait me voir partir le matin, lavée à grande eau et
toute luisante avec mes roues vernissées à neuf, mes lanternes
qui semblaient deux soleils et ma bâche toujours frottée d'huile!
C'est çà qui était beau quand le postillon faisait claquer son
fouet sur l'air de: _Lagadigadeou, la Tarasque! la Tarasque!_
et que le conducteur, son piston en bandoulière, sa casquette
brodée sur l'oreille, jetant d'un tour de bras son petit chien,
toujours furieux, sur la bâche de l'impériale, s'élançait lui-même
là-haut, en criant: "Allume! allume!" Alors mes quatre chevaux
s'ébranlaient au bruit des grelots, des aboiements, des fanfares,
les fenêtres s'ouvraient, et tout Tarascon regardait avec
orgueil la diligence détaler sur la grande route royale.

Quelle belle route, monsieur Tartarin, large, bien entretenue,
avec ses bornes kilométriques, ses petits tas de pierres régulièrement
espaces, et de droite et de gauche ses jolies plaines
d'oliviers et de vignes.... Puis des auberges tous les dix pas,
des relais toutes les cinq minutes.... Et mes voyageurs,
quelles braves gens! des maires et des cures qui allaient à
Nimes voir leur préfet ou leur évêque, de bons taffetassiers qui
revenaient du _mazet_ bien honnêtement, des collégiens en vacances,
des paysans en blouse brodée tout frais rases du matin, et là-haut,
]sur l'impériale, vous tous, messieurs les chasseurs de casquettes,
qui étiez toujours de si bonne humeur, et qui chantiez si bien
chacun _la votre_, le soir, aux étoiles, en revenant!...

Maintenant c'est une autre histoire.... Dieu sait les gens
que je charrie! un tas de mécréants venus je ne sais d'où, qui
me remplissent de vermine, des nègres, des Bédouins, des soudards,
des aventuriers de tous les pays, des colons en guenilles
qui m'empestent de leurs pipes, et tout cela parlant un langage
auquel Dieu le père ne comprendrait rien.... Et puis vous
voyez comme on me traite! Jamais brossée, jamais lavée. On
me plaint le cambouis de mes essieux.... Au lieu de mes
gros bons chevaux tranquilles d'autrefois, de petits chevaux
arabes qui ont le diable au corps, se battent, se mordent, dansent
en courant comme des chèvres, et me brisent mes brancards à
coups de pieds....  Aie!... aie!... tenez!... Voila que celà
Commence.... Et les routes! Par ici, c'est encore supportable,
parce que nous sommes près du gouvernement, mais là-bas,
plus rien, pas de chemin du tout. On va comme on peut,
à travers monts et plaines, dans les palmiers nains, dans les
lentisques.... Pas un seul relais fixe. On arrête au caprice du
conducteur, tantôt dans une ferme, tantôt dans une autre.

Quelquefois ce polisson-la me fait faire un détour de deux
lieues pour aller chez un ami boire l'absinthe ou le _champoreau_....
Après quoi, fouette, postillon! il faut rattraper le
temps perdu. Le soleil cuit, la poussière brûle. Fouette toujours!
On accroche, on verse! Fouette plus fort! On passe des rivières
à la nage, on s'enrhume, on se mouille, on se noie.... Fouette!
fouette! fouette!... Puis le soir, toute ruisselante,--c'est
celà qui est bon à mon âge, avec mes rhumatismes!...--il
me faut coucher à la belle étoile, dans une cour de caravansérail
ouverte à tous les vents. La nuit, des chacals, des hyènes
viennent flairer mes caissons, et les maraudeurs qui craignent la
rosée se mettent au chaud dans mes compartiments.... Voila
la vie que je mène, mon pauvre monsieur Tartarin, et je la
mènerai jusqu'en jour ou, brûlée par le soleil, pourrie par les
nuits humides, je tomberai--ne pouvant plus faire autrement
--sur un coin de méchante route, où les Arabes feront bouillir
leur kousskouss avec les débris de ma vieille carcasse....

--Blidah! Blidah!" fit le conducteur en ouvrant la portière."

'''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''

La Patache avait besoin d'aide du cocher et de ses passagers sur les routes poussiéreuses : c'était l'époque pionnière de l'Algérie française où tout était à créer. Soyons en fiers.




Diligence de l'intérieur






 Et ce transport  (Omnibus) inimitable de Chagny !


----------------------------------------------------------------------------

Remerciements pour la documentation sur Van Gogh:
 http://www.dbnl.org/tekst/gogh006brie03_01/index.htmVan g



Appendice au texte "En Patache (1)"





Cette rare photo de sifflets de receveur des tram C.F.R.A fait partie de la collection deJean-Robert Pivon avec lequel j'avais correspondu il y a quelques années .
Le receveur, cet employé en uniforme de la compagnie " Chemins de Fer sur Route en Algérie" avait la tache difficile de donner avec ses sifflets le signal du départ ou d'arrêt intempestif au Wattman séparé de lui par un mur humain,tout en encaissant la monnaie pour le carnet de tickets, les séparer pour les composter d'un viril tour de manivelle, en criant "Avancez sur l'avant" (sic) !
En enchaînant avec un persuasif "Prioriti siou plaît !" pour une femme invisiblement enceinte parce que voilée mais accompagnée de gros couffins ! Mais aussi il avait la tache de replacer sous son câble électrique la perche qu'un effronté gamin avait fait sauter en s'agrippant à la cordelette qui la retenait. Ce yaouled avec sa boite à cirage en bandoulière s'asseyait de nouveau sur le tampon à l'arrière du tram,en s'agrippant justement au capot qui masquait la corde enroulée par un ressort, pour sauter de son perchoir au prochain  arrêt  ..
Mais en ce qui concerne le sifflet,je me souviens d'un corps en laiton jaune
et non nickelé. (Peut-être que le nickel s'était usé avec le temps !) .
C'était un mode de transport écologique, un peu bruyant et spartiate,  mais combien  pittoresque.

Qui mieux que Christian VEBEL pouvait nous en parler :

"Le parfait voyageur des C.F.R.A. doit être doué de trois qualités principales qui sont : le courage, la résistance et la compressibilité.
-------Lorsqu'il estimera réunir les qualités indispensables, le parfait voyageur se postera au bord d'un trottoir longeant la ligne, et ceci de préférence en dehors des arrêts prévus.
------Averti de l'arrivée du convoi par un léger bruit (comparable à la chute d'une batterie de cuisine qu'on précipiterait d'un cinquième étage, y compris la cuisinière... et la patronne), le parfait voyageur se met à courir d'un pas vif et décidé, vise l'une des grappes humaines suspendues au flanc de la voiture, saisit au passage ce qui dépasse et bondit sur le marchepied, ainsi nommé parce qu'on vous y marche sur les pieds.
------Le parfait voyageur considère qu'un Céféra n'est jamais complet tant qu'il n'y est pas monté lui-même, et s'y cramponnera, coûte que coûte, en vertu de cet admirable principe napoléonien : "Le mot impossible n'est pas français."
------Une fois sur le marche-pied, le parfait voyageur s'y établira solidement afin d'empêcher les autre voyageurs de monter, et surtout de descendre. S'il parvient â se glisser sur la plate-forme le parfait voyageur refusera énergiquement de passer dans le couloir, prétextant qu'il descend à la prochaine, et ceci de station en station jusqu'au terminus.
------Le parfait voyageur ne paie jamais. C'est pourquoi il voyage de préférence sur les tampons, ce qui lui permet d'affirmer bien haut : "Moi, le receveur, je m'en tamponne."
Si le parfait voyageur s'est faufilé à l'intérieur de la voiture, il s'établira à l'avant lorsque le receveur se trouvera coincé à l'arrière, et vice-versa.
------Si par hasard un receveur d'une souplesse exceptionnelle parvenait jusqu'à lui, le parfait voyageur feindrait de s'intéresser au paysage, jusqu'au moment où le receveur lui frappe sur l'épaule. A ce moment, il se retourne et dit: "Abonné".
------Les poux et les punaises appartenant à l'administration des C.F.R.A. doivent être laissés dans les voitures. Tout voyageurs surpris à emporter un des animaux est passible d'une amende pouvant aller jusqu'au typhus.
------Un parfait voyageur ne s'étonnera ni des pannes, ni des déraillements, ni des collisions, ni des menus incidents qui font le charme d'un trajet.
------Car il n'oublie jamais qu'un voyage en C.F.R.A. ne peut constituer qu'un divertissement de haute fantaisie... mais que, lorsqu'on est réellement pressé, on va à pied".

Christian VEBEL , un des "Trois Baudets".


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Alphonse Daudet a chanté la Provence et l'a immortalisée. Il a franchi la Méditerranée pour notre plus grande chance et décrit les paysages et visages d'Algérie. Il a ainsi lié ces deux provinces grâce à ses récits qui ont enchanté notre jeunesse, quand nous  passions naturellement  de la lecture de la Chèvre de Monsieur Séguin dans les Alpilles au Tartarin de Tarascon dans les collines de Mustapha, pour nous le même pays, sans savoir que des années plus tard le Roi des Animaux d'un rugissement allait nous en chasser .   

                                                   F I N
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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 13:01
Lorsque le téléphone sonnait sur sa tablette c'est toujours moi qui arrivait le premier même du fonds de ma chambre. Non pas en attente d'un quelconque appel, mais pour le plaisir enfantin de le décrocher et de répondre comme un grand. Une mission importante qui se terminait vite en appelant ma maman à mon secours !.

Il avait la trentaine (un peu jeune pour mourir) lorsque je l'ai quitté, et sans d'ailleurs lui faire mes adieux tant était grande ma préoccupation pour faire le grand saut. Pourtant je n'ai jamais oublié ce compagnon de bons et mauvais jours . Je l'ai toujours connu bien droit dans son habit austère en bakélite noire, avec sa sonnerie stridente sauf quand il faisait  la sieste l'après-midi.


Il était un peu fragile du coté de ses plombs situés sur une plaquette vissée au mur tout proche. Ils fondaient souvent pour je ne sais quelle raison indépendante du contenu des conversations.
Mais  un rouleau de fil ductile très fin était à la portée de la main et j'ai vite appris à force de fouiner à coté de l'employé des P.T.T. à reconstituer comme lui  le court-circuit du cavalier en porcelaine . Par contre, chaque année au moins, il venait en casquette à visière déballer sa sacoche en cuir de dépannage pour changer le cadran rotatif au ressort fatigué qui ne revenait plus à son point de départ.
Cet appareil avait l'avantage de pouvoir suivre une conversation à deux, puisque il possédait un écouteur supplémentaire dans les cas sérieux  où un témoin auditif devenait nécessaire .
 
Je dois dire que dans mon enfance scolaire je l'ai utilisé la plus part du temps pour demander à mon ami de coeur Philippe C...de me dicter les devoirs de maisons à faire pour me "mettre à flot" le lendemain après mes absence chroniques. A flot n'était pas une image exagérée, car j'étais au plus près de la noyade dans mes études.Simple procédure d'ailleurs pour me rendre la conscience tranquille car mes parents voyaient dans les marges de mes cahiers plus de remarques à l'encre rouge que de réponses en violet aux questions ..
 
Mais avec les beaux jours de Juin qui commençaient avec  "Les  cahiers au feu et la maîtresse au milieu", venait la liberté provisoire pour  trois mois d'été. Juste après le déjeuner, lorsque le téléphone lançait son appel strident, je savais d'avance qui était au bout du fil !
-Bonjour Georges !
-Bonjour Madame, je vais appeler maman ! disais-je en étouffant mes mots dans un rire incontrôlable, car je riais chaque fois sans explication , mais en faut-il une pour expliquer ma joie de vivre innocente ?
Maman,maman, c'est Madame Fassina !
-Bonjour Denise !
-Bonjour Colette ! 
Et la,la ligne restait occupée pour une bonne demi-heure dans
une mitraillade de phrases hachées de courts silences pour se faire entendre l'une de l'autre . Mais moi j'attendais le mot-clef qui allait me faire sauter de joie: la plage ! Demain nous irons avec Annie à la plage !

                         Sauveur Galliéro :" La Plage des Deux Moulins"





Mes souvenirs salins les plus précis sont juste d'avant la fin de la Guerre, quand les restrictions étaient encore cruelles malgré le débarquement des Alliés. Maman et son amie avaient déniché du coté de Saint-Eugène un artisan bottier qui travaillait dans sa petite villa. Annie et sa mère seraient au rendez-vous Place du Gouvernement .Elles emprunteraient le tram vert et jaune des T.A., rue Michelet,près de la Grande Poste,
et nous la ligne des C.F.R.A. rouge sombre à l'arrêt des Deux-Moulins juste en bas de chez-nous rue Sadi-Carnot .
Quant à moi j'étais déjà monté sur une chaise pour saisir en haut de l'armoire mon casque de liège dont je ne me séparerai pas de tout l'été .


Ce couvre-chef colonial entoilé et passé de frais au blanc d'Espagne et les sandalettes durcies par le soleil,  la culotte  et une chemisette étaient  pour moi l'uniforme des Grandes Vacances
.

A l'intérieur le casque était protégé de la transpiration par de minuscules orifices orifices sertis que j'associais à des hublots..
La jugulaire en cuir me le maintenait sur la tête. Il ne s'agissait pas de me le faire voler par un yaouled agile .
Ce symbole colonial avait l'odeur de mon enfance méditerranéenne .


J'avais mon maillot déjà enfilé sous ma culotte courte, j'etais le plus heureux des hommes !.

Le voyage en tram était en lui-même un enchantement. Certes les banquettes en bois vernis n'étaient pas très confortables quand le wagon qui dansait sur les rails était brinqueballé de gauche à droite mais il ne venait à personne l'idée de s'en plaindre: il y avait tant à voir pour moi.
  D'abord le receveur en fez rouge
qui sortait de son registre en cuir un carnet de tickets en accordéon, en détachaient quelques uns et réussissait malgré les secousses à les glisser dans la fente de son composteur harnaché sur son ventre et vrrrr ! un coup de manivelle et il les tendait à Maman.


Moi je les collectionnais pour leurs couleurs pastels différentes dès que nous descendions à l'arrêt . Et puis aussi je choisissais toujours le coté de la fenêtre qui m'offrait le vue sur le Port en passant Boulevard Carnot.

 Blvd d'abord de l'Impératrice, puis de la République et ensuite du Président Carnot .
    ( Après-lui, le déluge)


                                         La Motrice électrique et sa remorque
                                         passent en revue le Square Bresson et le Port
                                        
Là défilaient devant moi les quais, les cargos, les grues,les centaines de futailles bien ordonnées pour leur embarquement, les chalands et les remorqueurs et surtout les navires de guerre tout gris qui encombraient les plans d'eau.
Un coup de sifflet en laiton du receveur annonça notre terminus.



J'avoue que j'étais un peu inquiet en nous mêlant à cette foule de burnous et de haïks qui se croisaient dans tous les sens près de la Grande Mosquée et serrais bien fort la main de ma mère !.

         "La Conversation Place du Gouvernement"
    Par Marius de Buzon



Voilà Annie, je la reconnais de loin avec ses nattes, aujourd'hui elle a une jolie robe à carreaux. Mais ce jour sera pour moi inoubliable: pour nous rendre chez le bottier nous empruntons un transport qui me fait rêver. Nos mères s'approchent d'une Patache, ce sera notre correspondance pour Saint-Eugène. Il n'est pas question hélas de m'autoriser à siéger à coté du Cocher haut perché .Nous serons donc les quatre passagers pour cette excursion. Le fiacre a la peinture écaillée et sent le crottin de cheval,et du crin sort un peu des coussins fendillés, mais vite en roulant l'air marin balaie ces odeurs fortes .

Cli-Clac...Cli-Clac résonnent les sabots ferrés sur les pavés du Boulevard du Front de Mer. Je vois  en contre-bas la mer étincelante et ses petits rouleaux verts qui se transforment en écume pour mourir sur les galets. Tout au long, accoudés à la rambarde en fonte du Boulevard qui serpente, des pécheurs patientent, leur très longue perche coincée entre leurs jambes, ou jettent leur hameçon au lancer d'un grand élan vers le ciel. La route est libre, je me laisse bercer au trot régulier du cheval. Un chalutier trace un bref sillon brillant et passe au large des Grands Rochers. Je vais presque m'endormir quand je sursaute au changement de pas du cheval. La Patache se balance comme une barque quand un à un nous posons le pied sur le trottoir.

Il va nous falloir prendre des escaliers compliqués pour descendre jusqu'à la villa en contre-bas . Nous entrons dans une pièce toute fraîche. La fenêtre est quadrillée d'un vitrage de carreaux de couleurs qui tamisent la lumière crue. Il y a du jaune,du rouge,du vert et du bleu sur le carrelage qui  filtrent du vitrail. Le bottier invite nos mères à s'asseoir. Il apporte une feuille de papier journal, et avec un crayon épouse la forme de chaque plante des pieds: ce sera la mesure exacte pour tailler dans le bois ces chaussures hautes à la mode qui ressemblent à des bateaux !. Il conseille de revenir pour des essayages. D'autres excursions en Patache en perspective !

En prenant un sentier tout raide taillé dans la roche friable nous débouchons sur une crique. Je n'aime pas l'odeur fade qu'exhale la grotte inquiétante où les baigneurs changent leurs vetements .

              Ce dessin au crayon noir s'intitule "La Pointe Pescade",hélas la signature de son  auteur  est illisible .



 Les galets et le gravier ne sont pas confortables, mais déjà les épaisses foutas étalées en adoucissent le contact. Moi j'ai vite fait de me débarrasser de mes vêtements légers. Ma mère m'a tricoté un maillot de bain en laine verte récupérée sur un autre vêtement. A l'automne... il redeviendra par enchantement une écharpe .

Annie a apporté un seau. Le sable gris recèle des trésors. Des coquillages striés et nacrés, des os de Seiche pour tailler nos crayons. Des pierres précieuses qui étaient des débris de bouteille ou de brique polis pendant des années  par le  rouleau des vagues. Mais sorties de l'eau, leurs mille feux s'éteignent dans le seau à notre grande déception.

Maman a un maillot d'une pièce en piqué blanc. Son amie plus mince un deux pièces clair  Elles sont là pour bronzer et non pour se salir des taches de goudron  que les navires ont abandonné dans leur sillage. Je joue à l'intrépide en m'avançant dans l'eau, me tenant fortement avec d'autres débutants à une corde de quelques mètres tendue entre la grève et un petit rocher.
 Les moments de bonheur s'écoulent vite. Le soleil a perdu de son ardeur. Enveloppés dans nos serviettes, les lèvres un peu bleuies par la fraîcheur du vent qui se lève en fin de journée, nous dévorons le pain à la tomate et des grains de raisin chauffés au soleil. Reste le principal avant de partir: changer ce
maillot qui mouillé  me brûle entre les jambes pour une culotte sèche. Il n'y  pas de douche dans cette crique et va falloir un peu souffrir jusqu'à la maison. Le lendemain je m'amusais à lécher mon bras encore salé pour prolonger cette belle journée .

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Note :
Le père d'Annie (André) était représentant en tissus . Après le débarquement arrivèrent à Alger les premiers textiles américains . J'ai retrouvé sur internet une enveloppe de1944 avec le timbre sec "Lellouche et Fassina" adressée à un fournisseur aux États-Unis !




Mais encore bien avant dans le temps, voici une photo d'une Galerie marchande de construction turque avec une enseigne au nom de Fassina. Était-ce son parent ?

                                                 Magasin Fassina
 Remarquez les différents articles offerts au public au rez-de chaussée: Bonneterie,Lingerie, Layette, Couvertures et Coutellerie...

Et bien Alphonse Daudet qui pour ses descriptions s'est toujours bien documenté nous parle de ce "Bazar d'Orléans" . (Sur la Place du Gouvernement chevauchait fièrement un bronze du Duc d'Orléans, d'où le nom de ce Bazar tout proche). Extrait de "Tartarin de Tarascon":

"Le lendemain de cette soirée aux Platanes, dès le petit jour, le prince Grégory était dans la chambre du Tarasconnais.
- Vite, vite, habillez-vous. Votre Mauresque est retrouvée... Elle s'appelle Baïa... Vingt ans, jolie comme un coeur, et déjà veuve.
- Veuve !... quelle chance ! fit joyeusement le brave Tartarin, qui se méfiait des maris d'orient.
- oui, mais très surveillée par son frère.
- ah ! diantre !...
- Un Maure farouche qui vend des pipes au bazar d'Orléans.
Ici un silence.
- Bon ! reprit le prince, vous n'êtes pas homme à vous effrayer pour si peu ; et puis on viendra peut-être à bout de ce forban en lui achetant quelques pipes... allons, vite, habillez-vous... heureux coquin !
"......


  Alger le Bazar d'Orléans,Peinture Orientaliste (1852)
                                      (Auteur inconnu)



On reconnaît l'architecture et la division des pièces de la photo précédente du Magasin Fassina . De droite à gauche, un joueur de "Oud" (luth,) des fumeurs de narghilé, deux mauresques flânant, et un marchand de tapis et son client .
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Fin de la première partie
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 16:36

Regardez bien ce cliché :
Il n'est pas difficile de se rendre compte de la grande force d'âme, de la détermination et de la fierté qui s'élèvent de cet enfant de huit ans à peine .



Ce jeune enfant  est arrivé à bord du "Mataroa" dans le port de Haifa en Juillet 1945, avec son frère, après leur libération du Camp de Buchenwald . Âgé de huit ans, il débarque portant en bandoulière  un débris de fusil que lui avait été  donné comme jouet par un officier juif américain, sans doute en Allemagne.
Le soldat de Sa Gracieuse Majesté* qui vit Lolek* descendant du bateau portant fièrement ce bout de fusil insista pour le lui confisquer . Mais l'enfant plaidât que ce n'était qu'un jouet . Cette photographie a été prise par un journaliste, un moment avant que l'officier ne le frappe à la tête et lui saisisse son trésor . Le clich
é apparut le lendemain dans le journal local "Haaretz" ("La Terre").
 *Lolek :diminutif polonais du prénom "Israel".

*En 1945 le pays était sous contrôle mandataire des Anglais qui restreignaient au maximum par un quota honteux la montée des réfugiés survivants des Camps de la Mort. Beaucoup furent reconduits dans des camps d'internement  à Chypre et meme retournés en Allemagne !!

Lolek s'installa donc en Israel avec son frère ainé Naphtali, tous les deux seuls survivants de toute la famille, assassinée par les Allemands nazis .
Lolek est le prénom de cet enfant  polonais qui plus tard devint le Grand Rabbin d'Israel et a reçu ces jours-ci avec tous les honneurs de l'Etat d'Israel le Pape Allemand Benedictus-XVI, né Josef Ratzinger.



Joseph Ratzinger .

Il commence ainsi sa propre biographie :
"
Mr. President, dear colleagues, I was born in 1927 in Marktl, in Upper Bavaria. I did my philosophical and theological studies immediately after the war, from 1946 to 1951."

Le Pape passe aisément sous silence sa vie militaire .

Il oublie pourtant dans son curriculum vitae qu'il a revêtu l'uniforme des jeunesses hitlériennes et a servi dans la Wehrmacht  jusqu'à 18 ans alors que ses contemporains israélites,bébés, femmes, et vieillards, étaient d'office gazés et que les hommes étaient réduits à des fantômes d'humains, pliants sous les coups des gardes chiourmes . Je lui reproche que ce qu'il ne put dire alors trop jeune en 1944, de ne pas avoir saisi l'occasion d'être en Israel pour demander le pardon de l'Eglise pour les persécutions commises à toutes les époques et en particulier celle de la Shoah, car le Vatican n'a rien fait auprès d'Hitler pour éviter le massacre de 6 millions de juifs . Sous le nez de PieXII partit même de Rome  et sans entrave pontificale un train de déportés juifs ...


Joseph Ratzinger en uniforme .


 

Le Pape est allé s'incliner et a ranimé la flamme du Souvenir dans le Mausolée de Yad-Vashem, en rappelant "les millions de juifs tués",certes, mais plus précisément massacrés, et sans en préciser ni le nombre, ni par qui !! Sans doute un trou de mémoire...Dommage qu'il ait refusé aussi de visiter le Musée même de Yad-Vashem, où sont exposées ces années sinistres de la Shoah, documents nazis à l'appui . Car Josef Rastinguer voulait éviter de passer devant une vitrine où sous le cliché du Pape Pie-XII (qu'il veut béatifier) une court texte rappelle les silences de ce Pontife. (Alors que  pendant ces cinq années montaient au Ciel les fumées des fours-crématoires) . 

J'avoue que toute cette journée du 12 Mai 2009 où je n'ai pas quitté l'écran de Télévision m'a laissé un goût amer, à cause des ses déclarations où chaque mot certainement avait été pesé
au carat près pour laisser planer un brouillard théologique où était absente la repentance de l'Eglise envers le peuple de Sion après deux mille ans de persécutions .

La réponse rapide de son Etat-Major fut que l'Église ne pouvait toujours pas se répéter. (Sic !) .(Allusion aux déclarations nettes et encourageantes du Pape Jean-23,  il y a 9 ans en Israel, sur la culpabilité de l'Église de ses persécutions à travers les âges envers le Judaïsme) .
Mais Joseph Ratzinger a recueilli dans le sein de l'Eglise quatre des princes excommuniés pour avoir (et encore maintenant) nier les cortèges d'horreur de la Shoah, Williamson allant même jusqu'à dire qu'il ne s'agit alors que de deux cent mille juifs passés à l'épouillage avant d'aller au travail...

Par son entêtement réactionnaire (un pas en avant dix en arrière), ce Pape n'a pas laissé lors de sa visite en Israel l'empreinte de son illustre prédécesseur . Par contre il s'est réveillé dans les territoires palestiniens,
et a enthousiasmé les fidèles qui l'ont entendu longuement condamner Israel et l'accuser d'élever un rempart . (Protection physique pour empêcher les terroristes de venir commettre leurs crimes au sein d'Israel) .
Dommage qu'il n'ait pas été visiter la communauté chrétienne de Gaza persécutée dans sa chair par le Hamas !



Le Concordat entre le Vatican et l'Allemagne nazie:

20 juillet 1933, le Vatican. Le représentant du Reich Von Papen et le cardinal Pacelli (au centre et futur Pie XII) signent le concordat entre l’Allemagne et l’Eglise catholique .
(A la fin de la guerre,le Vatican obtint du Tribunal de Nuremberg la libération et l'acquittement du sinistre Von Papen ! ) .





Mais revenons sur un passé autrement plus courageux : Les Souvenirs d'une enfance tragique , celle du
Grand Rabbin Meir Lau qui parle de son enfance qui n'en fut pas une , en dix images à jamais gravées dans sa mémoire.
 

Lorsque le Rabbin Yisrael Meir Lau ferme les yeux et se rappelle de son enfance, son esprit se remplit des images de trains, de martèlement de bottes sur la chaussée, de chiens qui aboient. Il entend les enfants hurler ", Mamme! Tatte!*" lorsque ils sont arrachés à leurs parents,et la Gestapo vociférer leurs "Schnell, schnell!" en maniant leurs matraques, et toujours accompagnes de leurs molosses.
*
Maman,  Papa !

«Mon premier souvenir», dit Rav Lau, en pesant ses mots, «est celui de mon père, debout avec le reste des Juifs dans la cour de la Shul* Piotrkow, avec les Allemands qui vont  sélectionner  "ceux qui seraient expulsés ce jour". C'est l'image qui m'accompagne, toujours, et partout où que je sois.
*
Synagogue en Yiddish.

"Je suis un enfant de cinq ans, qui se dresse bien droit sur la pointe des pieds aussi haut que je peux, pour voir mon père. Il est debout au centre, avec sa barbe impressionnante et son habit noir de Rabbin, au milieu de tous les juifs rassemblés. Soudain, un membre de la Gestapo và à lui et le frappe brutalement sur son dos.  Mon père reçoit le coup, plie les genoux mais se redresse immédiatement. Il a rassemblé toutes ses forces pour ne pas tomber aux pieds de l'allemand et de  faire perdre ainsi le moral de ses concitoyens juifs . Puis vient un autre coup, et un autre. Mon père  fait un énorme effort pour ne pas perdre son équilibre, afin d'aider les membres de sa kéhillah, (sa communauté), à garder leur courage.

"Le pire, a été d'être témoin de l'humiliation. Un enfant ne peut pas supporter de voir son père, le héros à qui il s'identifie et veut ressembler, être humilier.. Aujourd'hui, alors que je regarde en arrière  ces six années de guerre, il est clair pour moi que ce n'est pas la faim, ni le froid, ni la douleur physique, qui nous a fait le plus de mal, mais l'humiliation. Voir son père, battu avec une matraque,et frappé à coups de bottes cloutées, et menacé par un chien, et près de s'écrouler au sol , humilié en public - c'est une image qui reste incrustée chez un enfant.

"Mais je tiens à préciser la deuxième partie de ce souvenir : Je vois aussi mon père, avec beaucoup de courage,  se maintenir , debout bien droit, sans mendier la miséricorde, face au sbire de la Gestapo. Celà efface mes sentiments d'impuissance. "

Bien que Rav Meir Lau ait  souvent été invité à écrire son autobiographie, il ne l'a jamais fait. Son livre, Al Tishlach Yadcha el haNaar (Le titre est de la Genèse 22:12 - "Ne levez pas la main contre le jeune garçon" ne peut pas être appelé une autobiographie. Il ne fait aucune mention de ses presque cinq décennies du rabbinat et de la fonction publique, mais  évoque des souvenirs personnels de l'Holocauste, une histoire de survie et d'évasion, pour commencer une nouvelle vie en Eretz* Yisrael.
* En Terre d'Israel

UN ENFANT DANS UNE PILE DE CORPS

"Lulek", le futur Rav Lau comme on l'appelait alors dans sa toute enfance, avait deux ans quand la guerre a éclaté, et huit quand il a été libéré de Buchenwald.


Rav Meir Lau commence à parler de sa deuxième image de l'Holocauste quand les Américains sont arrivés et que Buchenwald a été libéré. "Je me souviens  de l'horreur sur les visages des soldats américains quand ils sont venus et ont regardé autour d'eux. J'ai eu peur quand je les ai vu. Je me suis glissé derrière un tas de cadavres et de là, les ai regardé avec inquiétude.

                          Je me suis glissé derrière un tas de cadavres....

"Le rabbin Herschel Schachter était l'aumônier juif de la Division. Je l'ai vu sortir d'une jeep et  rester là, à regarder les corps. Il a souvent raconté cette histoire : quand il se rendit compte qu'une paire d'yeux vivants le regardait de parmi les cadavres, ses cheveux se dressèrent sur la tète, mais lentement et avec prudence, il a fait son chemin autour de la pile, et ensuite, il se souvient d'être venu face à face avec moi, un gamin de huit ans, aux grands yeux dilatés par  la terreur. Dans un américain au fort accent Yiddish, il m'a demandé, «Quel est votre âge, mon enfant?" Il y avait des larmes dans ses yeux.

-"Quelle différence celà fait-il?" J'ai répondu, avec prudence. «Je suis plus vieux que vous, de toute façon."

»Il sourit à travers ses larmes et dit:" Pourquoi pensez-vous que vous êtes plus âgé que moi? "

"Et j'ai répondu: "Parce que vous pleurer et riez comme un enfant. Moi je n'ai pas ri depuis longtemps, et je ne pleure même plus. Alors qui est le plus vieux d'entre nous?"

La terrible enfance, si on peut l'appeler  celà une enfance , sans doute a marqué la personnalité de Meir Lau . Pourtant, étonnement, elle n'a pas eu d'incidence sur lui comme celà est arrivé à  tant d'autres. À long terme, plutôt que de le transformer en traumatisé, et développer des terreurs, elle a augmenté son optimisme.

"Je suis un optimiste dans la vie, et j'aime les gens», dit-il. "Voilà comment je conte mon enfance. Enfant, j'ai appris à me méfier du premier venu. Ma règle est «être doublement vigilant." Même après la libération, j'ai été encore méfiants à l'égard des personnes. Par exemple, j'ai eu une peur mortelle des caméras. Pour moi voir quelqu'un pointant son objectif sur moi ,comme me visant -cela me terrifiait. Il m'a fallu du temps pour réaliser que personne ne tentait plus de me tuer. Mais une fois que je compris, j'ai fait une volte-face complète. Je ne peux pas expliquer comment cela s'est passé. Il peut-être lié au fait que je n'ai vraiment eu aucune enfance. Je n'ai jamais eu la chance de développer un ego à l'âge habituel de deux, trois, quatre, cinq ans. J'ai tout au plus été un petit animal, un animal chassé , et replié pour survivre et, par conséquent, l'humiliation n'a pas touché mon coeur. "

Un enfant laissé en arrière...

Suivant plus son coeur que la chronologie, Rav Lau passe au troisième volet de ses mémoire:

"Nous étions assis dans l'obscurité totale, des centaines de femmes et d'enfants étaient entassés dans la Shul (Synagogue), conscients de presque rien, sauf que nos vies étaient en suspend dans les plateaux de la balance .. Une fois, au milieu de la nuit, les portes se sont ouvertes. Un rayon de lumière montra  deux hommes de la Gestapo debout gardant l'embrasure de la porte, laissant un étroit passage entre eux. L'un d'eux a annoncé: «Je vais maintenant lire une liste de noms. Celui qui entend son nom est appelé à se lever immédiatement et a rentrer chez lui. Schnell !, schnell ! "


"Le premier nom a être appelé fut Chaya Lau, ma mère. Elle ne bouge pas, elle attend d'entendre les noms de ses deux fils, Shmuel et Yisrael, afin que nous puissions tous partir ensemble. L'officier allemand a terminé la lecture de la liste. Notre nom n'a pas été prononcé. Il est clair que le sort de ceux qui n'avaient pas été libérés a été scellé. Pendant ce temps, les Allemands ont  compté les personnes qui sont passés entre eux, et ils ont commencé à crier qu'une personne était absente. «Je viens, j'arrive!" ma mère a dit. Elle nous  prit tous deux serrés à ses côtés  et, en marchant  comme si elle était seule, nous sommes passés entre les soldats ".

"Il n'y a pas eu besoin à ma mère de nous dire de nous taire et de s'accrocher à elle, notre instinct de survie nous l'a dit. Elle avait fait son plan rapidement, en espérant que sous le couvert de l'obscurité, nous pourrions passer les trois . Mais l'un des soldats a senti qu'il y avait trop de mouvement dans l'embrasure de la porte pour une personne. Il a étendu ses bras et nous a découvert. Je sortis en premier, suivi par ma mère et Shmuel. Elle et moi avons été frappés par l'homme de la Gestapo. On est tombé dans une flaque d'eau de pluie  en face de l'entrée de la Shul . Schmuel fut frappé et repoussé en arrière et les portes se refermèrent sur lui. Nous sommes allés à notre maison vide au 21 de la rue Pilsudski. Ma mère essayait de me calmer pour m'endormir, mais en vain . Quelque temps plus tard, j'ai entendu un cri dans la rue. Je suis resté sur mon lit et ai regardé par la fenêtre. Une jeune femme avec un bébé dans ses bras est étendue dans une mare de sang, un homme de la Gestapo l'avait roué de coups et fouillait son corps de gauche à droite, à la recherche de bijoux. Je me tenais là, paralysé, jusqu'à ce que je sente ma mère me toucher l'épaule. En silence, elle m'a mis au lit ".

"Mon père est venu,  quelques minutes plus tard. Je me souviens de son apparence étrange, sans sa barbe. Il avait tenté d'obtenir la libération de Shmuel . Un officier allemand avait  promis de le faire, en échange de la montre en or de mon père. Dès qu'il eut la montre en main, les nazis  tournèrent le dos à mon père en riant " ..

"Nous ne verrons plus Shmuel, dit mon père, avec des larmes coulant de ses yeux. Shmuel a été envoyé à Treblinka cette nuit-là. "

Sur les genoux de papa...


"Ce fut aussi la dernière fois que j'ai vu mon père", rappelle Rav Meir Lau. "J'ai très peu de souvenirs de lui. Dans mes premiers souvenirs, ceux de l'innocence avant que la guerre n'entrat dans mon monde, je me vois assis sur ses genoux et  jouant avec ses ses péotes (boucles)." Mais cette image est embuée et s'efface rapidement ".

 Le 
quatrième volet pour Meir Lau de cet holocauste apparaît ici:

"Les hommes ont été rassemblés autour de la table dans notre maison, pour écouter  mon père  parler de la situation actuelle. Les rides de l'inquiétude étaient profondément gravées sur son visage. Cette image, avec  la lourde atmosphère de crainte qui l'entoure, est restée mienne- jusqu'à ce à ce jour".

"Aujourd'hui, je regarde les photos de mon père encadrées dans ma maison, et je pense à lui souvent. A chaque occasion, joyeuse ou triste, il me manque . Il était un orateur très doué parait-il, et chaque fois que j'ai à faire un discours, je me demande, comment mon père en aurait tourné les phrases ? .Il est avec moi partout où je vais. "

Le vol de la Pomme .Cinquième image.

«Auparavant, nous étions allés nous cacher dans l'endroit que mon père avait prévu pour nous .
Ma mère avait acquis des produits pour confectionner avec du miel des petits gâteaux. Elle  savait qu'ils étaient un moyen sûr de me distraire et, surtout, d'occuper ma bouche, lorsque nous aurions eu besoin d' être silencieux . Je me souviens de vouloir lui dire avec ma bouche pleine de biscuits,  "Ce n'est vraiment pas nécessaire, Mamma. Je sais que je ne dois pas faire de bruit. je suis  seulement un petit garçon, mais j'en sais assez pour savoir ce qu'est cette guerre. Mais je me souviens encore exactement du goût de ces petits gâteaux, et le souvenir de leur douceur me réconforte dans les moments d'amertume ".

"Les Allemands sont venus un autre jour, à la recherche de Juifs. L'entrée de notre lieu , la cachette au grenier était ouverte, mais par miracle, leur attention a été attirée par un gros tas de débris de bois sur le sol. Ils ont enfoncé leurs baïonnettes dans la pyramide, ils pensaient  peut-être que des Juifs se cachaient là, et puis ils s'en allèrent".

"Des années plus tard, lorsque j'étais au service de mon premier mandat comme grand rabbin de Tel-Aviv, un vieux Juif de Londres, est venu à mon bureau sans rendez-vous, en expliquant "qu'il voulait demander pardon au Rabbin" . J'ai demandé à ma secrétaire de l'introduire et il prononça ces mots : "Bonjour, Lulek. Je suis Mottel Kaminetzki. J'ai été dans la clandestinité avec vous et votre mère, à Piotrkow, et je vous ai volé une pomme . Je suis sûr que vous n'avez jamais su qu'elle avait disparu, mais ce larcin a pesé sur ma conscience pendant toutes ces années. "

"C'était alors un enfant , de quelques années plus âgé que moi. Ma mère avait mis de coté un sac de pommes quand on est entré dans la clandestinité, et le sac  était ouvert à portée de main. À un certain moment, ne pouvant pas résister à la tentation Mottel  a attrapé une pomme et en a pris une grosse bouchée.
C'est juste à ce moment-là que les Allemands sont venus perquisitionner , et le pauvre Mottel est reste bloqué avec le morceau de pomme dans sa bouche. Il était  trop gros à avaler, et il n'a pas osé le mâcher, de crainte de faire du bruit...."


Adieu Lulek, Adieu Lulek !

Le sixième image  est celle de la mère du futur Grand Rabbin Lau .

«J'ai été séparé de ma mère en Novembre, 1944», explique le Grand Rabbin Lau. "Je peux encore entendre les hurlements des Allemands" Schnell, schnell ! " quand ils nous ont poussé dans le convoi.  Les wagons, les bottes, et les chiens tout ce décor est là . Mon frère Naphtali, qui a dix-huit ans, avait été mis avec le groupe des hommes, et moi j'étais avec ma mère. Les femmes et les enfants ont été poussés dans un wagon de marchandises, les hommes dans un autre.

«À la dernière seconde avant de monter à bord du train, ma mère m'a poussé vers le groupe des hommes qu'elle pensait être utilisés au travail et non pas  etre assassinés".
"Tulek! elle a demandé à mon frère. "Prends soin de Lulek!  Adieu Tulek ! Adieu Lulek "!


"Je ne l'ai jamais revue de nouveau.
Il m'a fallu beaucoup de temps pour  réaliser qu'en me repoussant d'elle comme çà, ma mère m'avait  sauvé la vie."

«Il y avait pas eu le temps de discuter de l'idée que de s'éloigner de  Mamma était la meilleure: Tout ce que je savais que j'avais été séparé de ma mère, par la force, et j'ai pris mon frère en rage, le martelant  de coups sur la poitrine avec mes petits poings . Il a essayé de me retenir et de me calmer dans ses bras, mais sans succès . Je me rappelle combien je souffris terriblement du froid dans tout ce Novembre, 1944.

«Les hommes me donnait à boire du café chaud, mais je le crachais . Jamais dans ma courte vie  je n'ai autant pleuré si longtemps. Il a fallu beaucoup de temps jusqu'à ce que je réalise que, en me repoussant loin d'elle ainsi, ma mère m'avait sauvé la vie. "

Le Discours de sa Vie.

Après celà, Lulek dû se débrouiller par tout seul. Il se trouve en cette septième image de l'Holocauste debout dans la neige et la boue de Czenstochova dans le camp de travail.

"Nous les garçons sont debout, rangés devant le commandant allemand, chacun d'entre nous avec son père derrière lui. Dans mon cas, puisque j'étais déjà orphelin, mon frère Naphtali était derrière moi. Le commandant a crié :« Que faire ,je n'ai pas besoin de ces enfants maudits !.Ils sont inutiles, et ils me coûtent de l'argent. Nous devons nous débarrasser d'eux! "

"Alors que les autres garçons tremblaient de peur, j'amassais de mon pied une petite pile de neige et de gravier.
Il  n'était environ que de deux pouces de haut, mais j'ai pensé que si je me tenais sur cette élévation, je pourrais être vu et mes  mots auraient plus de poids, et peut-être alors le commandant  ne nous  tuerait pas tous.


"Je posais un pas en avant, et me trouvais sur ma plate-forme», et dit: "Monsieur ! Pourquoi dites-vous que nous ne sommes pas productifs? A Piotrkow dans le ghetto, j'ai travaillé dans l'usine de verre  huit heures par jour, sans arrêt, à porter d'énormes bouteilles d'eau potable pour les travailleurs de l'usine, dans une température glaciale. Pendant toute une année, j'ai fait tout celà, dans la neige, les tempêtes, dans la chaleur,  transportant de lourdes bouteilles dans cet atelier brûlant. Et puis, je n'avais que cinq ans et demi. Maintenant que je suis beaucoup plus âgé, je peux en faire plus. Si je pouvais travailler dans l'usine de verre Hortenzia, pourquoi je ne peux pas travailler ici? "

"Si les témoins ne m'avaient pas confirmé que cela  s'est réellement passé, je ne me croirais pas moi-même, et je penserais que ma mémoire m'aurait joué des tours. Mais le fait est que l'officier nazi a été convaincu. Dieu m'a donné sa confiance en me mettant ces mots dans ma bouche.

«En raison de mon petit discours, le commandant fit savoir qu'il allait racheter un enfant dans le camp pour un prix de 1000 marks. Notre mère avait prévu des circonstances comme celles-ci et nous avait fourni deux diamants et une montre en or." Ce qui vous aidera à garder votre promesse de Tatte, que vous allez prendre soin de Lulek », a-elle l'a expliqué à mon frère Naphtali. Un dentiste avait incrusté dans sa dent un  diamant de 1/2 carat, et elle avait cousu deux pierres de deux carats  dans la doublure de son manteau. Ces diamants m'a sauvé la vie deux fois. "

Seul dans un wagon.

"En Janvier 1945, nous avons marché vers une gare ferroviaire, une fois de plus. Comme nous étions à bord du train, l'agent de la Gestapo de service m'a remarqué me cramponnant à mon frère. Il m'a attrapé par le col et me jeta dans un groupe d'une cinquantaine de femmes et quelques enfants, qui furent envoyés dans une autre voiture. Cette voiture devait être détachée de la formation à un certain point, et redirigée vers un autre camp".

"Pendant ce temps, Naphtali a été entassé dans une voiture à l'autre bout du train, avec les hommes. Il a rappelé la promesse qu'il avait faite à notre père, il fera tout ce qu'il pourra pour me protéger et de veiller à ce que la lignée de la famille se poursuivre. La première fois que le train s'est arrêté, il est furtivement sortit,et  glissé sous le train, et le long des voies a exploré la chaine des wagons. "Lulek! Lulek! il a appelé. Il m'a cherché dans chaque voiture, essayant de nouveau à chaque arrêt, jusqu'à ce qu'il ait atteint  la voiture des femmes à l'avant du train, où j'étais, toujours collé à mon oreiller de plumes que ma mère m'avait donné avec du pain rassis que Tulek avait poussé dans mes mains à la gare. Une des femmes avait saupoudré de quelques grains de sucre le pain et alors que j'étais occupé à la chasse de tous les derniers grains, j'entendis mon nom".

"En enjambant et contournant des corps , j'ai suivi la voix de Tulek jusqu'à ce que je me sois retrouvé dans ses bras. Il m'a tiré en bas du train avec lui, et nous avons cherché dans l'obscurité le septième wagon, où Tulek était .  Avant de monter, il  prit un instant pour remplir son chapeau de neige, de sorte que nous aurions une eau propre à boire".

«Les femmes qui occupaient le wagon qui a été détaché ont été envoyé à leur sort, alors que nous avons été emmenés dans un camp. La première chose que nous avons vu fut un groupe d'hommes en uniformes rayés, pelleter de la neige. Nous leur avons demandé où nous étions, en réponse , ils ont mis leur index sur leur gorge. "

Il s'agit de Buchenwald, le site de la neuvième  mémoire de l'Holocauste du futur Rabbin Meir Lau .
Cette photo a été prise par un soldat américain à son arrivée à Buchenwald :



BLOC 52

«À Buchenwald, la montre en or  que Mama a donné Tulek a été utilisée pour persuader l'un des gardes allemands d'ignorer ma présence. Un médecin tchèque m'a sauvé la vie en m'injectant  seulement une demi-dose de  vaccin*, qu'il a donné entière à tous les hommes. Grâce à une série de miracles, et avec l'aide de beaucoup de courageuses personnes, je suis passé au travers de toutes les sélections .
"Souvent, quand je pense à la guerre, je suis étonné de cette chaîne de miracles qui m'a accompagné .
* Expériences nazies sur les prisonniers.

"Après les injections, nous avons été conduit dans un tunnel équipé d'une rangée de pommes de douche. En 1945, tout le monde savait à quoi s'attendre de la douche dans un camp nazi, et nous étions prêts à mourir d'une manière misérable . L'un des hommes de notre groupe tout à coup tomba mort. Depuis que nous avons quitté le ghetto Piotrkow, il avait conserve une capsule de cyanure caché sous une dent
postiche
  , et il avait décidé que c'était le moment de l'utiliser. Mais les douches ont été mis en marche et n'en jaillit qu'une eau gelée. Je ne sais pas comment décrire la chaleur de la vie  que nous rendit cette eau glaciale ".

«Ensuite, on nous a donné nos uniformes de prisonniers et reçûmes nos numéros tatoués sur les bras. Naphtali était le numéro 117029, moi j'étais le numéro 117030. Puis nous sommes entrés dans Block 52.

"Il était choquant à voir, même pour moi. Les occupants au nombre de 2000, la plupart d'entre eux "musulmans"(1) qui avaient perdu tout espoir. Ils avaient pris l'habitude de se soulager  dans la baraque, et l'odeur était insupportable.
(1) sur la signification de ce mot dans les camps, voir en fin d'article.

"J'ai attendu mon frère dans le bloc 52  pendant deux jours" .Il avait été attelé avec trois autres prisonniers à une charrette (agalah en hébreu) de transport des corps au crématorium. Pendant des années après, j'ai pensé que les mots que nous lisons dans le Kaddish(3), «b'agalah uv'zman kariv», faisait référence à ces wagons !".
*Kaddish : la prière en souvenir des morts.

"Le troisième jour, j'ai été transféré au bloc Huit, où les conditions sont relativement bonnes. Mon frère m'a mis en garde de ne pas dire que j'étais juif. L'un des prisonniers russes, Fyodor, a volé quelques pommes de terre cuites et de la soupe pour moi , et il a cousu un insigne* sur ma veste. En attendant, mon frère était dans état empirant à chaque fois que je le voyais, mais maintenant, j'ai été en mesure de faire quelque chose pour lui, parfois, comme  de lui donner  une tranche de pain avec
de la margarine.

*( Ce courageux prisonnier russe qui avait pris Lulek sous son aile avait cousu sur le vêtement de Lulek la lettre "P" , de prisonnier de guerre à la différence de l'étoile jaune . Avec des cheveux il confectionna pour Lulek un bonnet pour protéger du froid les oreilles de l'enfant ) .

TULEK est séparé .

Au début d'avril 1945, des rumeurs s'étaient répandues chez les prisonniers que l'Allemagne était en train de perdre la guerre. Mais avant que l'espoir de la libération soit arrivé, les frères, Tulek et  Lulek, ont été séparés.

Rav Meir Lau conte son dixième souvenir:

"Tulek est venu vers moi et m'a dit:" Je ne vois pas de moyen de sortir de cet enfer. C'est la fin du monde.  Il a parlé pendant seulement une minute ou deux, mais chaque mot qu'il a dit est gravé dans mon coeur. "Vous allez maintenant être laissé seuls», a-t'il dit. "Mais vous avez toujours des amis. Peut-être qu'un miracle se produira pour vous faire survivre" l. Je voulais juste vous dire: Il y a un endroit appelé Eretz Yisrael. Répéte après moi: Eretz Yisrael ».

"Je répète les mots, qui ne voulait rien dire pour moi." Eretz Yisrael est la patrie des Juifs ", Naphtali m'a expliqué.« C'est le seul endroit au monde où les gens ne sont pas là pour nous tuer. Si tu survivras, il y aura des personnes qui prendront soin de toi, parce que tu est un petit enfant. Tu n'iras pas n'importe où. Uniquement en Eretz Yisrael. Nous avons un oncle là-bas. Dites que tu est le fils du Rabbin Lau, pour qu'ils le  trouvent. Adieu, Lulek. Rappelle-toi: Eretz Yisrael ».

"Ce jour-là, Naphtali avait  été embarqué dans un convoi. Il avait réussi à sauter par la fenêtre , mais au bout de cinq jours, il a été capturé et mis sur un autre train. Cette fois, il a sauté du train en marche, et revint à Buchenwald. Avec une force surnaturelle, il a rampé dans le camp, puis il s'est effondré. Il n'avait pas oublié notre père et la promesse qu'il avait faite de lui, et le son de la voix de notre mère qui criait, 'Prenez soin de Lulek ! Le 11 avril, il a été mis en quarantaine. Le même jour, des avions américains ont survolé le Camp et il a survécu à Buchenwald ".

"Il n'est pas un jour dans ma vie qui se passe sans que je pense à Naphtali. Il a recu une mission: sauver ma vie. Et il l'a rempli."

LA VALISE

Il y a une image finale. Cette image n'est pas dans la collection de scènes déchirantes de l'Holocauste engrangées dans la mémoire du Rav Lau. Cette image est encadrée et accrochée au mur pour que chacun  puisse la voir en entrant dans sa maison. Il s'agit de la célèbre photo d'un  Lulek de huit an et souriant, un manteau drapé sur un bras, l'autre tenant une valise.

"Un soldat américain m'avait fait don d'une vieille valise  du magasin de surplus de l'armée. Elle est allée avec moi en Eretz Yisrael, et elle a contenu tout ce que j'ai possédé, pendant que  j'errais d'un établissement d'enseignement à un autre. Au moment où je me suis marié, elle était en si piteux état que mon épouse voulut la jeter, mais j'ai refusé de m'en séparer .. "C'était ma maison, je lui ai dit." Si nos enfants venaient jamais à se plaindre, je la leur montrerais et dirais : «C'est ce que votre père possédait quand il était  garçonnet."
Je l'ai mise en place dans le grenier de notre immeuble, et quand nous avons déménagé dans un autre appartement, je suis revenu la chercher. J'ai monté les soixante-cinq marches pour la récupérer, mais je n'ai trouvé que  la poignée... La valise était tombée en poussières !".


"Mais j'en ai la photo. Elie Wiesel*, qui était avec moi à Buchenwald,  me l'a présentée à un événement Bundist* . Il l'avait repéré dans un musée, à Vancouver. Ce fut une surprise totale pour moi. Dès que les enfants l'ont vu, ils ont tous dit, "Il y a la valise!

* Prix Nobel de Littérature il consacre toute son énergie à lutter contre l'oubli et le négationisme de la Shoah, tout en se consacrant à des oeuvre philantropiques .
* Bund :
est un mouvement socialiste juif créé à la fin du 19ième siècle dans l'Empire de Russie.Nombre de ses militants ont fini par s'installer en Palestine. Le Bund s'est battu pour l'émancipation des travailleurs juifs dans le cadre d'un combat plus général pour le socialisme.


"Quand je sors chaque jour de ma ,m'attendent  sur un côté de l'embrasure  la mezuzah(2); de l'autre côté cette photo. Chaque fois que je la vois, elle me dit la même chose :« Yisrael, regarde Lulek.
Maintenant ton but est de justifier que tu n'as pas été sauvé en vain .Tu dois continuer la mission de tes parents, tu dois garder ininterrompue la chaîne de vie ".

"Et en face de la photo, la mezuzah me dit : C'est devant moi que tu en es responsable ".

(2)La Mezuzah : étui placé au chambranle de la porte, où sont renfermés les passages sacrés rappelant les règles morales de la vie, écrites en minuscules lettres à la main et sans rature.

(3) Le Kaddish :

Le but du Kaddish,  écrit et lu en araméen comme les autres rites de circonstance d’ailleurs, est d'aider les enfants à faire le deuil de l’être aimé et à réintégrer le chemin de la vie en acceptant le décret du ciel, comme dit le Talmud : “l'homme est tenu de bénir Dieu aussi bien pour le bonheur que pour le malheur”. Si malgré tout ce Kaddish fut associé aux morts, c’est en raison des terribles massacres des Croisés au XIIIè siècle. Cette prière en glorifiant le Très Haut, est une manière aussi de rendre hommage au défunt qui ainsi s'entoure de cette admiration . Une sorte de consolation pour les endeuillés .
Cette prière nécessite un nombre minimum ("minian") de dix personnes pour être dite .

En voici la prononciation phonétique, et la traduction du début, en français. Bien-sur ces phrases ne seront lues par les juifs que la tête couverte (d'une Kippa), couvre-chef qui nous rappelle la présence de Dieu où que nous soyons :

Yisgadal v'yiskadash sh'mei rabbaw .
B'allmaw dee v'raw chir'usei .Amein.

Que le nom du Très Haut soit exhalté et sanctifié dans le monde qu'il a créé suivant sa volonté.
(Les fidèles répondent :Amen )

v'yamlich malchusei,b'chayeichon, uv'yomeichon,
uv'chayei d'chol beis yisroel ,
ba'agawlaw u'vizman kawriv, v'imru: Amein.
Que son règne soit proclamé dans nos jours et du vivant de la maison d'Israel dans un temps prochain...
(En choeur :Amen !)...........

Meir enfant avait confondu le mot araméen "ba'agala" de la prière avec  celui en hébreu "agala", une charette !



Cet article a paru dans "Mishpacha Magazine", 2006,sous le titre :

Lulek, Child of Buchenwald A. Netanel :

"Rav Yisrael Meir Lau, chief rabbi of Tel Aviv, shares ten images of his years as “Lulek,” an orphan boy in Buchenwald."


Je me suis efforcé de le traduire aussi fidèlement que possible pour les lecteurs francophones, et m'excuse d'avance de mes maladresses involontaires dans mes commentaires.
Je dois ajouter qu'une émotion intense m'a accompagné dans ce travail et elle n'est pas proche de disparaître .

Sur le District de Piotrkow, un lien important :
http://www.deathcamps.org/occupation/piotrkow%20ghetto.html

(1) Sur l'origine de ce mot cité aussi par Primo Levi et répandu dans les Camps :

http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=101

(2) Depuis le début du nazisme, le Vatican par ses milliers de Pretres qui vivaient en Autriche et Allemagne avait été informé avec précision
sur le sort réservé aux juifs :
http://atheisme.free.fr/Contributions/Catholique_nazisme.htm

Sur le nazizme et le Vatican un lien important :
http://www.geocities.com/tlthe5th/nazi.html

Sur les barraques de Buchenwald 66 et 8 où furent cachés les enfants:
http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Holocaust/block66.html

Qui fut Pilsudski :
http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%B3zef_Pi%C5%82sudski

Note importante :
Je dois préciser au lecteur(trice) que j'espère n'avoir froissé en aucun cas sa croyance religieuse, ne m'étant servi que de vérités historiques, qui, quand elles sont reconnues et acceptées mènent à la compréhension mutuelle, et au respect de tous, par tous et à la Paix. 
 

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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 22:00

La Rampe Frédéric Chassériau montait  des aménagements du port jusqu'à rejoindre par une bretelle qui enjambait les voies de chemins de fer et se terminait proche du carrefour de l'Agha au Boulevard Baudin. Sur certains plans, le nom de l'architecte figure aussi sur le prolongement de la rampe(mais à l'opposé) au nom de l'Ingénieur Poirel qui est l'entrée royale à Alger en provenance  de la Route Moutonnière .
Mon père garait sa récalcitrante Citroen au garage Veuve et Pérez, et l'accompagnant je passais souvent sur ce pont et après l'École de Commerce, c'était l'entrée de ce long bâtiment. Avant que ne fut construit le haut immeuble de bureaux des C.F.A, hélas juste en face de mon cinquième étage de la rue Sadi-Carnot, je pouvais suivre des yeux  mon père allant le matin ou revenant le soir du garage. Mais ce large pont ,une voie cruciale pour arriver dans le centre économique d'Alger, passait juste au dessus des voies ferrées; celles des trains de marchandises et de voyageurs. De là je pouvais admirer de près les locomotives à vapeur fumantes de vapeur blanche et de coté se dévoilaient à mes yeux émerveillés les manettes et les robinets en cuivre de la cabine d'une énorme Garratt*.
Cette carte postale exceptionnelle extraite du site Es'mma (merci !) nous montre la sortie de la rampe Poirel avec le tournant de la Rampe Chassériau. Les traces de pneus sont des témoins du traffic à cet endroit stratégique: par là arrivaient du mole Billard les services de Pompiers, les z'autorités en provenance de Maison-Blanche, mais aussi s'organisaient les régiments descendant des camions pour entrer en un ordre martial et coloré lors des défilés vers le Blvd Baudin .

A l'école Clauzel, j'avais un camarade de classe nommé Curci. Son père, au numéro un de la rampe Chassériau tenait un magasin d'articles de pêche. J'admirais dans la vitrine les cannes en vrai bambou jaune verni, strié de filets verts. Je m'y fournissais quelquefois de bobine de fil en nylon, non pas pour pêcher, mais pour mes jeux terrestres. L'un d'eux me laissa un mauvais souvenir. Un Dimanche à la foret de St Ferdinand, sur un chemin de terre, j'eus l'étrange idée de tendre ce fil entre deux arbres. Une auto s'en approcha et au bruit de la cassure le chauffeur sortit en colère, cherchant le petit terroriste en herbe...qui s'était caché derrière un arbre..
Ces jours-ci j'ai retrouvé sur un site qui vend de vieilles choses (une sorte  d'antiquaire de la vie), les clichés de ces moulinets avec la décalcomanie au nom de Curci. Quelle émotion de me retrouver après soixante ans devant ce témoin de ma jeunesse !.   
Cette classe républicaine de Cours Elémentaire 2ième année est sous vos yeux grâce au site Es'mma. (L'instituteur Di-Cresenzo prévoyant avait même noté les absents, dont moi!).
En y lisant quelques lignes à ce sujet, s'est manifesté un camarade de classe de CE-2, Alain Labbé avec qui j'ai eu le plaisir d'échanger de lointains souvenirs embués .
http://pagesperso-orange.fr/esmmaix/Photos-classes/cce245.htm

La  Pêche aux Souvenirs



                                              Un beau moulinet

       ( Simple d'apparence, sa mécanique est délicate pour dérouler le fil au lancer et remonter rapidement l'hameçon )




L'Algérie et les Chassériau .
(Extrait de Wikipédia)

"Le Baron Charles-Frédéric Chassériau (1802-1896) était le fils de Frédéric Chassériau, général et Baron du Premier Empire mort à Waterloo. Appartenant à une famille créole, il était cousin germain du peintre Théodore Chasseriau.

Charles-Frédéric se fit donc définitivement architecte :

Il eut à surveiller pour ses débuts la construction de la Cour des Comptes que devait décorer vingt ans plus tard, son neveu Théodore. C’est lui qui acheva le petit Arc de triomphe blanc, autour duquel il y a aujourd'hui un carrousel d'automobiles, au seuil de la route qui conduit à Aix.

Mais c’est à Alger qu’il laissera le meilleur de son œuvre. Il fut le concepteur des rampes d’accès et des boulevards des fronts de mer d’Alger, (réplique de la Rue de Rivoli à Paris).

Il effectua les grands travaux du port, le boulevard de l’Impératrice Eugénie, et fut l’auteur du théâtre municipal d’Alger achevé en 1853 en collaboration avec Sorlin et Poussard. C’est lui encore qui procéda à l’aménagement des abords et des contreforts du port réalisés entre 1860 et 1865.

Frédéric Chassériau a publié en 1858 l’Étude pour l’avant-projet d’une Cité Napoléon-Ville visant à établir sur la plage de Mustapha à Alger une ville résolument moderne : “ Pour nous, il nous faut de l’air, du soleil, des boulevards plantés d’arbres et des rues à galeries couvertes »…

Arthur Chasseriau (1850-1934):

Grand amateur d'art, le baron Arthur Chassériau était le fils de l'architecte en chef de la ville d'Alger, Charles-Fredéric Chasseriau cousin germain du peintre Théodore Chasseriau.

Ce fut à Alger, en 1850, que naquit Arthur Chassériau. Il commença ses études à Paris au Lycée Louis le Grand, il s'engagea dans les francs-tireurs et sous l'uniforme en 1871, prit part à la répression de l'insurrection et à la campagne de Kabylie ".


Théodore Chassériau ,(1819-1856 ) a peint deux oeuvres particulièrement intéressantes :

Exécuté en 1851, le tableau (32x27cm) une peinture à huile sur toile : "Les deux femmes Juives au Balcon", une de ses meilleurs oeuvres algériennes, est dans la lignée des scènes capturées par l'imagination de Chassériau. La peinture de ses  "Deux Juives de Constantine berçant un enfant" est de la même année et il semble y figurer les mêmes modèles. ..

 

Je cite Monsieur Alain Gouin :

"L’Islam interdisant la représentation de la figure humaine, faire des croquis d’une musulmane pourrait se révéler dangereux. Chassériau prend plutôt des Juifs pour modèles, plus faciles à côtoyer que les Arabes, surtout pour les sujets féminins et intimes. Bien qu’il n’y ait pas de détails explicitement juifs, on peut supposer que les modèles des Juives d’Alger au balcon étaient effectivement juives : en effet, contrairement aux musulmanes, les Juives ne sortaient pas voilées et avaient la possibilité de recevoir des hommes étrangers chez elles, donc éventuellement des artistes."

De plus ces femmes devisent librement à un balcon sans se cacher derrière un écran de bois de cèdre ajouré de moucharabias, à travers lesquels on peut voir sans être vu comme dans les habitations mauresques où toute la vie du foyer est protégée de l'extérieur .

Chassériau a produit un nombre de tableaux et dessins décrivant le Judaïsme Algérien dans ses traditionnels costumes. Sans doute le dessin de femmes juives est un pilier central de son travail après son séjour en Algérie. Les Notes du peintre accompagnant les esquisses faites en Algérie dénotent de son intérêt de capturer l'original habillement féminin. Son mélange de bleu et d'or et d'argent des broderies et spécialement le conique henné avec ses voiles traditionnellement porté par les juives d'Algérie. La "Terrada" est une coiffe où les cheveux sont noués avec une pièce de soie multicolore et attachée avec un ruban rouge qui traîne jusqu'au sol . Dans ce tableau ces deux femmes portent la même coiffe qui la font reconnaître comme juives vis à vis de la population musulmane. Car c'était une coiffe imposée aux dhimmis par les Beys racistes pour les distinguer des autres femmes du pays . (Les hommes eux étaient obligés de vêtir des vêtements sombres, et surtout pas de couleur verte sous peine de mort) .

Le Judaïsme a une longue Histoire en Algérie qui remonte avant la présence Romaine. Les ruines de Synagogue ont été retrouvées à Tipasa sur la cote et sur les Hauts Plateaux  à Sétif.  Des tribus berbères de Kabylie étaient même converties au Judaïsme, du temps de la Reine Juive Kahéna, vaincue par la suite lors de l'invasion Islamiste en 600. La communauté juive fut renforcée par l'expulsion en 1492 des citoyens d'Espagne et Portugal au temps de l'Inquisition. Ils s'établirent dans les villes d'Alger et Oran avec leurs ports propices aux échanges méditerranéens et aussi avec des communautés dans les villes de Blida et de Constantine .

Ces descriptions des coutumes juives ne sont pas sans rappeller l'oeuvre de Delacroix qui inspira sans doute Chassériau .

http://cartelfr.louvre.fr/pub/fr/pdf/24580_mois104.PDF



Fig. 1:, Théodore Chassériau, Deux jeunes juives de Constantine berçant un enfant, 1851, oil on canvas, sold Sotheby's New York, 23 October 1990, Metropolitan Museum of Art, New York
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Fig. 2: Théodore Chassériau, Femmes juives au balcon, 1849, oil on wood, Musée du Louvre, Paris
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Arthur Chassériau prit à coeur de conserver et rechercher toutes les oeuvres de son parent, ce qui lui valut l'envoi suivant :


LES PAROLES DIAPRÉES ~7
POUR L'EXEMPLAIRE DE
M. LE BARON ARTHUR CHASSÉRïAU
XXIII

"Vous donnez un bien noble exemple
De famille et de parenté,
Vous dont la demeure est un temple
A Celui dont l'art enchanté

Groupe des beautés magnifiques
Dans son clair Tepidario
Et rejoint les fronts poétiques
De ses Deux ~ Chassériau!

Que le dieu des voix cadencées
Nous apprête, dans le futur,
Un héritier de nos pensées,
Pareil à vous, Baron Arthur! "

*Trepidario: une oeuvre peinte de Chassériau .


Mais avant de voir le tableau définitif, voici deux esquisses de ces femme, dessinées dans son livre de croquis avec ses annotations.

                                                           Celle de gauche

                                     
                                                Et celle de droite :
                   

                                                    Pour en faire le Chef-d'Oeuvre




                    Femmes Juives de Constantine berçant un enfant




              Extrait de l'Exposition à Paris du Centre Edmond Fleg* .

"Exposition de photographies ou dessins de femmes juives d'Algérie".

Le costume des femmes d'Algérie est varié et a évolué au cours des siècles, notamment au moment du Décret Crémieux.L'iconographie retrouvée permet d’observer cette évolution en un siècle de 1835 à 1935.




"Le costume de la femme juive d’Algérie était constitué d'une coiffe en forme de cône, la sarmah, d'un benigo ou d'un foulard frangé.Le vêtement se composait d'une chemise fine aux longues manches amples portée sous une grande robe sans manche, appelée la djubba, à laquelle pouvait s'ajouter la ghlila, jaquette décolletée ou farmla (ou frimla) gilet sans manche pour soutenir la poitrine et retenir les manches de la chemise). Une ceinture parachevait le costume. Ce costume pouvait différer selon les villes, c'est la qualité de l’étoffe et des broderies qui indiquait la condition ".

ACCÉDEZ A LA GALERIE 1...

ACCÉDEZ A LA GALERIE 2...


* Sur Edmond Fleg :

( Mon père recevait le Journal "La Terre Retrouvée" où figuraient souvent les articles brillants d'Edmond Fleg et sur les rayons de la bibliothèque paternelle ses livres cotoyaient ceux d'André Neher et bien d'autres amoureux de Sion ).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Fleg


Mais pour moi, la plus jolie des femmes Juives d'Algérie .c'était évidement
ma mère .Ici photographiée au début des années 30 .Je lui trouve même une certaine ressemblance avec les tableaux précédents .



Lorsque je me suis intéressé pour la première fois au Livret de Famille de mes parents, j'appris que maman avait deux prénoms, Colette et aussi Béziza qui m'était absolument inconnu .J'avoue qu'au début, dans mon ignorance j'eu un choc en lisant cette consonance étrange. En fait cet prénom a des racines hébraïque et judéo-arabe. En hébreu Aliza signifie "Le Bonheur", et Ziza et Béziza "La Bien-Aimée" en judéo-arabe, dont l'origine devait-être la branche algérienne de ma mère dont les papiers de famille français remontent jusqu'à1830 au C.A.O.M.
Sur internet j'ai retrouvé de nombreux patronymes "Ziza" en Italie . L'état-civil d'avant la Conquête étaient tenu par les Rabbins: ces registres ont disparu dans la tourmente. Peut-être lors du sac de la Grande-Synagogue et de son quartier lors des émeutes du FLN de Décembre 1960 ? Ou bien sont-ils restés en otages ? .

Voici le portrait de ma fille, en comparant ce cliché à la photo de sa grand-mère maternelle j'y retrouve des traits communs avec la peinture de Chassériau .



Mon père a pris ce cliché de maman en 1933, dans l'appartement du 20 de la Rue Sadi-Carnot à Alger. Colette Béziza Schebat  avait bien mérité de son second prénom . Elle était tout d'amour et de beauté .



Et puis, après le funeste rapatriement la vieillesse a mis les bouchées doubles pour tous les Français d'Algérie. L'arbre transplanté et coupé de ses racines s'étiole. C'est une loi de la nature que mes parents courageusement ont essayé de vaincre de toutes leurs forces. Ils ont quand même eu la joie de tenir dans leurs bras le premier petit-fils né en Israel .



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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 07:50
(Ce titre, vous en trouverez l'explication au long de ce texte ).

Cette moderne Etoile de David en trois dimensions est une oeuvre qui m'a été offerte par l'Artiste Philippe Guey, un de mes contemporains du Lycée Gautier d'Alger .
La forme pyramidale irrésistiblement me rappelle qu'il y a 4000 ans mes ancetres se libéraient de l'esclavage en Egypte pour une traversée longue et semée de pogroms, de guerres, et d'essais d'annihilation totale jusqu'à la fondation définitive d'un foyer juif en 1947 sur les terres hébraiques .

http://mail.google.com/mail/?ui=2&ik=ea0662ab77&view=att&th=12094702f12b9a03&attid=0.1.1&disp=inline&zw

Si j'ai choisi ce tableau pour illustrer ce texte , c'est que non seulement nous sommes à l'époque de Pessah, la Paque Juive en cette année 5769, mais aussi parce que j'ai découvert (un peu tard certes), le livre d'Albert Cohen :"O vous frères humains" . Ce livre a été traduit en hébreu, mais je l'ai lu d'un trait dans sa langue originale qu'aimait tant cet écrivain Prix Nobel de Littérature , si amoureux de la langue du pays où on y trouve dans son Histoire le meilleur et le pire .
Mais avant d'en parler je voudrai vous conter, pour vous et pour moi aussi, deux anecdotes de jeunesse, futiles pour d'autres, mais qui m'ont marqué tout au long de ma vie .
A l'Ecole Clauzel, j'ai passé mon enfance scolaire dans les soucis des études primaires avec des intituteurs sévères mais remarquables pour leur enseignement laique. Ma classe de cours moyen était une mosaique algéroise. J'y appris à lire à coups de règle la Carte Muette de la France et à réciter des noms sonnant joliment comme le Mont Gerbier-des-Joncs. Clovis et Charlemagne n'eurent plus de secrets pour nous....
Les Brakchi, Baranco  Llobel Santacreux et Brutinnel étaient mélés aux Alezra Lévy et Cohen dans les jeux aux noyaux d'abricots ou dans l'échange des bandes dessinnées et vignettes de coureurs cyclistes. Alors, à la sonnerie de la récréation, telle la vanne d'un barrage qui ouvre les eaux à la liberté, nous sortions en criant dans la cour, et c'était alors une course éperdue que nos instituteurs avaient de la peine à maitriser . Si j'étais petit et malingre, mon copain Brakchi(1) l'était lui encore plus, bien que très souple pour monter sur le rebord du mur pour s'échapper avant que je ne l'attrape à "tu l'as" . Un jour où nous nous battions en nous débraillant l'un et l'autre sans raison, et qu'il se sentit perdant, il me jeta à la figure un "sale juif" qui m'empourpra de colère et plus encore si celà était possible après la chaleur de la course.. La sonnerie nous remit en rangs .
La fois d'après fut une réflexion bien plus préméditée et virulente de la vieille espagnole en noir, qui tenait le petit magasin en face de l'école  où je m'approvisionnais en rouleaux de réglisse brillant enroulé en spirales sur son bonbon d'anis, ou bien suivant la saison des fetes, en amorces pour mon pistolet Solido,ou en pierre à feu pour faire de bruyantes étincelles en la jetant sur le trottoir . Elle vendait aussi des pistolets à ressort qui  percutaient un bouchon lesté de poudre en faisant un bruit énorme de bombarde. Mais  surtout je louchais toujours sur la panoplie d'un fusil de chasse à canon double qui pouvait ainsi projeter deux fleches en meme temps . Au déjeuner ce fut l'occasion pour la première fois de poser la question qu'est-ce qu'un juif ?. La réponse qui est aussi longue qu'une vie, j'allais l'enrichir au fur et à mesure que je grandissais .
Une autre fois, j'étais déjà proche de ma Bar-Mitzwa, nous nous étions donnés rendez-vous au Parc de Galland,une longue marche pour moi qui grimpais depuis Mustapha rejoindre deux amis de classe : Maire, le fils du Docteur était un brillant élève, de stature carrée avec de grandes dents blanches que découvrait son sourire . Brément, avec ses yeux gris et ses lèvres minces était avec moi plus réservé. Ils habitaient à proximité du Parc, dans ce quartier magnifique qui abritait la riche bourgeoisie algéroise. Après les parties de billes avec de savants  tirs à effets  où je perdis mes agathes car j'étais mauvais à ce jeu faute d'expérience, nous avons commencé à nous poursuivre à tour de role autour du Kiosque et de fil en aiguille à nous chamailler pour prouver notre force. Brément qui soudain tomba, au lieu de se rendre comme nous le demandions dans ce cas  me traita de sale juif en se libérant . J'en fus morfondu . Et ils m'abandonnèrent dans ma solitude, ayant perdu ce que je croyais etre des amis .
Au Lycée nous avions un fameux Prof de philosophie. J'aimais les cours de Choski. Je faisais des dissertations de vingt pages avec plaisir . La plume courrait toute seule . Seulement moi j'étais souvent inscrit au cahier des absences, cherchant de l'air à la fenetre de ma chambre comme un poisson sorti de l'eau qui étouffe.
En général c'était en fin de semaine, le Samedi comme une horloge, que la crise m'immobilisait . Lundi matin, mon camarade Malaterre (celui qui écrivait à l'encre verte !) me dit que Choski, à l'appel avait ricanné en associant mon nom avec le Samedi,  qui est chez les Israélites le Jour du Repos . Je rayais donc Choski de la liste de mes préférés. Mes dissertatations se firent plus minces et surtout illisibles .
Ageron le fameux  Prof d'Histoire et Géographie continuait à me tenir en haleine par ses cours brillants. Hélas il défendit la cause du F.L.N et un de plus s'éloignait de moi .Il me reste cependant les souvenirs merveilleux des heures de Francais illuminées par les Doumerc et Chiapporée à Gautier .
A Paris, rapatrié, exilé, désemparé, les nerfs encore à fleur de peau, j'allais à la découverte de visages et paysages nouveaux . Un Dimanche, alors que je me promenais en humant l'air frais et sec du matin parisien, une auto se colla contre le trottoir et m'injuria d'un " Sans Joie" tonitruant en repartant à toute vitesse . Comme le pauvre enfant de Marseille,mais adulte j'avais donc été visé par  mon physique à mon grand étonnement car il était bien loin d'une  caricature. En fait je dois remercier ces voyous qui m'ont renforcé dans mon idée de monter en Israel puisque depuis la France d'aujourd'hui est devenue le berceau du gangstérisme anti-juif que ce soit celui des intellectuels ou de la plèbe facilement intoxiquée de propagande. La République qui nous appelle quand elle a besoin de chair a canons, patine dans des condamnations virtuelles de crimes concrets comme celui d'Ilan Halimi (2) . Les attaques contre les cimetières et les vivants sont devenues chose commune. La rue, l'école ne sont plus surs pour le Peuple du Livre qui pourtant a donné au long des siècles le parfait exemple d'intégration et de patriotisme et  qui a traduit  son amour pour la France  en lettres de sang .
Mais je n'ai pas d'illusion : "Sans Joie " est une insulte qui semble ancrée pour l'éternité dans le vocabulaire francais .

                      Sur  Albert Cohen l'immortel

Né sur l'île grecque de Corfou en 1895, Abraham Albert Cohen appartient à l'importante communauté juive (séfarade) de l'île. Son grand-père préside la communauté juive. Le nom de Cohen le fait descendant d'Aaron.

Issu d'une famille de fabricants de savon, les parents d'Albert décident d'émigrer à Marseille après un pogrom, alors qu'Albert n'a que 5 ans. Ils y fondent un commerce d'œufs et d'huile d'olive. Il évoquera cette période dans Le livre de ma mère. Albert Cohen commence son éducation dans un établissement privé catholique. C'est le 16 aout 1905 qu'il se fait traiter de "sale juif" dans la rue par un camelot de la Canebière, événement qu'il racontera dans Ô vous, frères humains. Le jeune garçon court à la gare Saint-Charles. Il s'enferme dans les toilettes, faute de pouvoir s'enfuir. Sur le mur, il écrit : "Vive les Français !" En 1904, il entre au lycée Thiers, et en 1909, il se lie d'amitié avec un autre élève, Marcel Pagnol. En 1913 il obtient son baccalauréat avec la mention « assez bien ».

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 Ce livre déjà ancien (1972, 213 pages, Edition Gallimard) est très célèbre, mais je ne l'ai découvert que ces derniers temps . Ce fut pour moi un grand  choc .
Il commence ainsi :

"Page blanche,ma consolation,mon amie intime lorsque je rentre du méchant dehors qui me saigne chaque jour sans qu'ils s'en doutent je veux ce soir te raconter et me raconter dans le silence une histoire vraie de mon enfance. Toi fidèle plume d'or que je veux qu'on enterre avec moi, dresse ici un fugace mémorial peu drôle . Oui, un souvenir d'enfance que je veux raconter à cet homme qui me regarde dans cette glace qui me regarde ."

Âgé de 10 ans et le jour de son anniversaire, il déambule heureux et s'arrête à Marseille devant un camelot qui vante des détachants-miracles . En voyant ce enfant naïf et ébahi, le camelot l'insulte et le chasse reconnaissant en ce grec un " type juif" .
Ce sera pour l'auteur assommé une journée d'errance dans la grande ville et de désespoir sur ces méchants dont il ne comprend pas la raison, lui qui adore tant la France et les Français, ayant fuit avec sa famille les pogroms grecs. Il erre jusqu'à la nuit en réflexions amères et décevantes voulant mourir, rencontrant une fille de l'ombre qui lui ordonne de rentrer chez lui , où ses parents affolés par son absence l'attendent avec le gâteau et les dix bougies roses d'un anniversaire gâché pour toujours.
Je dois dire que chaque page de ce livre, chaque phrase sont ciselées en un français merveilleux qui illustre ce drame que chaque jeune israélite a vécu souvent plus d'une fois dans sa vie et dans sa propre patrie .
Je suis hélas incapable de décrire tous mes sentiments à ce sujet. Albert Cohen l'a fait magistralement et a érigé ce monument littéraire pour les autres .
Je cite la dernière page à lire et relire lentement :

"En vérité,je vous le dis, par pitié et fraternité de pitié et humble bonté de pitié , ne pas haïr importe plus que l'illusoire amour du prochain, imaginaire amour, mensonge a soi-même,amour dilué, esthétique amour tout d'apparat, léger amour à tous donné, et c'est à dire à personne, amour indifférent, angélique cantique, théâtrale déclaration,amour de soi et quête d'une présomptueuse sainteté, vanité et poursuite du vent, dangereux amour mainteneur d'injustice, d'injustice par ce trompeur amour fardée et justifiée, o affreuse coexistence de l'amour du prochain et de l'injustice, stérile amour qui au long de deux mille années n'a empêché ni les guerres et leurs tueries, ni les bûchers de l'inquisition, ni les pogromes, ni l'énorme assassinat allemand, o affreuse coexistence de l'amour du prochain et de la haine ".

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                                                          Actualités Francaises

AFP
11/04/2009 | Mise à jour : 14:51
 

"Des croix gammées tracées à la peinture noire ont été découvertes ce matin sur le wagon et la stèle du Mémorial de la déportation à Drancy (Seine-Saint-Denis), lieu emblématique de la mémoire des déportés juifs de France, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur."

"Une croix gammée haute de 1,50 m a été peinte sur le wagon, une autre de 1 m de haut a été tracée sur la stèle, et une troisième a été tracée sur le mur d'un commerce à 500 m de là", a indiqué un porte-parole du ministère à l'AFP".

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Le Président

Sammy GHOZLAN

0609677005

DRANCY LE 11/4/09

 

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme condamne avec la plus grande fermeté l’acte antisémite commis sur le mémorial érigé à l'entrée de la cité de la Muette de Drancy, en souvenir des juifs qui y ont été internés avant d'être déportés vers le camp d'extermination d'Auschwitz pendant la Seconde guerre mondiale.
Cet acte odieux commis dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril 2009,nous scandalise .

Nous demandons à la police de mettre tout en œuvre pour identifier et interpeller l’auteur de cet acte lâche et ignoble.

La présence de croix gammées taguées sur ce mémorial, et sur le wagon ,nous heurte et nous blesse au plus haut point car cela constitue une insulte à tous ces milliers d’hommes ,de femmes , de vieillards et d’enfants, innocents, détenus dans ces lieux avant d’être déportés vers les camps de la mort, parce que juifs.

La France officielle n’est pas antisémite, et nous saluons les déclarations de Mme La Ministre de l’Intérieur, Michele ALLIOT MARIE ,et de monsieur Jean Christophe LAGARDE député  Maire de DRANCY qui ont immédiatement condamné cet acte antisémite inqualifiable.

Toutefois, nous craignons qu’ à la faveur des prochaines élections européennes, les actes antijuifs n’augmentent encore plus, notamment en raison des campagnes engagées par des factions extrémistes de droite comme de gauche, ou antisionistes comme celles de Zahra France et  du pretendu humoriste MBALA MBALA qui vont inciter à la haine d’Israel et pousser immanquablement à l’acte antijuif.

Pour éviter toutes les dérives, et empêcher de nouveaux actes antijuifs déjà trop nombreux, en dépit des mesures prises par les pouvoirs publics,nous demandons à la Ministre de l’Intérieur d’interdire ces partis extrémistes .

Le BNVCA déposera plainte .

                                 A Ilan Halimi

 

Danielle Ferra a compose ce poeme en souvenir d'Ilan martyrisé à l'acide,sa chair découpée au rasoir,comme dans un local de la Gestapo,  par une bande de jeunes francais du quartier de Bagneux ,en toute indifférence .

 

"Je vous envoie ce poème dédié à la mémoire d'Ilan, à l'occasion du procès de ses tortionnaires qui se fera à ma connaissance à huit clos,le 29 Avril 2009, et la sortie du livre de Ruth Halimi sa maman sur la réalité de ce qu'à enduré son fils ainsi que sa famille."
Danielle

 

                                   L’Arbre* Assassiné

 

 

J’ai rêvé cette nuit d’un Arbre Merveilleux

Dont le doux feuillage monte jusqu’aux Cieux

Tels les barreaux d’une immense échelle

Que l’on monte allègrement sans avoir d’ailes.

 

J’ai rêvé cette nuit de cet Arbre Gigantesque

Beau et Immense tel  une vision Dantesque

A coté duquel je ne suis qu’une petite flamme

Une petite goutte d’eau parmi les millions d’âmes

 

J’ai rêvé cette nuit de cette Âme Vivante

Plongeant dans  la Terre jusque dans son Ventre

Puisant sa force de ses puissantes Racines

Et repart d’un bond vers les plus hautes Cimes

 

J’ai rêvé cette nuit de cet Arbre de Vie

Qui, même environné de ses ennemis

A gardé sa Force, sa Foie et son Courage

Nous laissant un sourire pour toute image


 

J’ai rêvé cette nuit de cet Arbre Assassiné

Par des barbares, redoutables d’efficacité 

Des tueurs de Juifs, tueurs de Liberté

Il s’appelait Ilan, et habitait notre quartier…..

 

*Ilan signifie Arbuste en hébreu, il est mort le jour de "Toubichvat",

La fête des Arbres le 13 Février 2006…

 

 

Danielle Ferra le 25 Avril 2006

 

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Note (1) : Brakchi en fait , j'aurai voulu le retrouver, chose quasi impossible, pour lui dire toute mon amitié . Le hasard et internet ont fait ce miracle sur Es'mma :
 ( Brément et Maire , je n'ai pas réussi à les contacter. Je leur souhaite des jours ensoleillés par les souvenirs. A cet age tendre ces enfants ne faisaient que répéter ce qui était coutume d'entendre ) .
 

Lévy Georges (Alger(1938-1962) Envoyer un courriel à Lévy Georges [georges_levy@yahoo.com]

28/02/2006 22:39

Bonsoir Georges Salessy, bonsoir Phillipe Redon.
Puisque vous etes en contact avec Mustapha Brakchi, faites moi le plaisir de lui communiquer mes meilleures souhaits de santé et que je me souviens de nos poursuites dans la cour de l'Ecole Clauzel. Rappelez lui, s'il vous plait, l'histoire encore chaude de la nuit qu'il me raconta un matin dans les rangs: un voleur s'était introduit dans son logis, pour voler le contenu du Coffre à vetements !! Son grand-frère l'avait chassé avant que le larcin soit commis. Dite-lui que je revois aussi son grand-frère, dans son magasin, versant habilement le précieux lait rationné dans le quart d'aluminim A ces mots, je suis sur qu'il me reconnaitra. Je vous souhaite à tous, une vieillesse heureuse.


                                                                            F I N 

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 11:36
Milles Jours se sont écoulés depuis l'enlèvement par un commando de terroristes du Hamas de Guilad Shalit, simple soldat qui avait alors commencé son service militaire depuis six mois à la frontière israélienne de Gaza .


Depuis, pas une seule personne n'est venue témoigner à sa famille de son état, de ses conditions d'emprisonnement au mépris de toutes les conventions humanitaires .
Par contre, les assassins islamistes prisonniers en Israel reçoivent des visites régulières de leurs familles, des visites de leurs avocats, des visites de la Croix-Rouge, des colis, et reçoivent du courrier, des journaux et  peuvent voir sur leurs écrans de Tv les chaînes arabes les plus antisémites et jouissent d'une cantine et d'une nourriture conforme à leur religion musulmane  .  Mais aussi nombreux sont ceux qui suivent des cours et même ont obtenu des Diplômes Universitaires , comme le sinistre boucher Sami Kuntar qui avait écrasé à coups de crosse une petite fille sous les yeux de son père abattu ensuite . Il avait été libéré en échange des dépouilles de deux soldats ravis en 2006 .(Jusqu'à la dernière seconde à la frontière libanaise leurs parents ne connaissaient pas leur sort et l'apprirent en voyant à la Tv le Hisbola sortir d'une camionnette deux cercueils et les mettre à même le sol devant les journalistes du monde entier et les envoyés de la Croix-Rouge stupéfaits, en ruinant férocement  les espoirs des familles .
J'allais oublier : certains prisonniers terroristes ont même des téléphones portables ! Et ont réussi par ce moyen à  organiser à l'extérieur d'autres attentats !
Guilad ,lui, est enfermé quelque part sans que rien ne filtre sur son sort, mis à part les menaces de ses geôliers sur la suite des évènements . Ils savent aussi propager des rumeurs sur sa santé, une fois aggravée, une autre secrète...
mais toujours avec en fond des menaces sur son sort  .
Certes des Diplomates polis et non des moindres ont promis d'intercéder pour sa libération, mais quel en est le résultat tangible sinon des rumeurs transportées comme ce jeu d'enfant de bouche à oreille ? Le Hamas pendant ce temps reçoit des tonnes d'armes et munitions perfectionnées par voie de mer et de terre . Il possède dit-on des fusées menaçants maintenant Tel-Aviv de Gaza .
Les dirigeants du Hamas exigent en tête de file, parmi 500 autres assassins de femmes et enfants,  l'organisateur de l'attentat de l'hôtel Park à Netanya, qui à Pâque, avait causé la mort de plusieurs dizaines de convives et autant de blessés . Ce n'est pas la première fois qu'Israel a libéré des terroristes, mais les statistiques montrent que 50% d'entre sont retournés au crime .
Il n'a pas de plus dangereux pour Guilad que le status-quo.
A la table de Pessah,Guilad aura une place spéciale dans notre coeur
quand nous lirons avec  la sortie d'Egypte, l'épopée d'un peuple entier en marche qui sort de l'esclavage pour s'établir dans ce qui sera le futur Etat d'Israel . Il est dit dans la Haggadah, que partout où il soit, un enfant d'Israel doit se souvenir de sa libération . Hélas nous y avons été mis souvent à l'épreuve ; des temps anciens où nous étions oppressés en Egypte jusqu'à ceux des pogroms du moyen-age et de l'Inquisition  et il y a à peine 60 ans le plus sinistre Holocauste des temps modernes en Europe.

Jean Brua, un Journaliste de France, m'a généreusement fait cadeau de ce dessin qui illustre le sort de Guilad . En ce sens il s'est singularisé de la horde qui hurle avec les loups en tirant à boulets rouges sur Israel . Celà deviendrait-il un acte de courage comme au temps de la peste brune d'informer la vérité ?



Cette image aidera, j'en suis sur, tous les hommes et femmes de bonne volonté qui en parleront, à laisser Gilad sur l'agenda des politiciens de ce Monde pour que son nom ne sombre pas dans l'oubliette de l'Histoire .
Merci Jean .
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 09:53
Pour le lointain lecteur qui n'a pour information sur Israel que des médias qui trient les nouvelles, mentent par omission et trafiquent leurs photos pour plaire aux ennemis de la Vérité, voici quelques commentaires illustrés de la vie infernale de citoyens israéliens qui subissent spécialement depuis huit ans la terreur du Hamas et de ses bandits ; et pourtant continuent à envoyer leurs enfants à l'école apprendre les éléments d'instruction civique pour leur enseigner le respect de tous et  la tolérance dans la vie quotidienne . Rien de bien original pensez-vous, mais dans ce Moyen-Orient, où nos voisins enseignent la haine des Juifs dès l'enfance, impriment et diffusent les
Protocoles de Sion*, nous sommes ici la Démocratie qui est  comme une épine dans la gorge des fanatiques et tyrans qui nous entourent .

Voici une partie de l'arsenal balistique importée par le Hamas à Gaza . Des roquettes de mortiers aux fusées Katiouchas et Grad de longue portée .
Ces engins ont été livrés par des bateaux sur les cotes de la Mer Rouge ou de l'océan Indien . Acheminés dans le désert du Sinai, ils ont franchi la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza grâce à des tunnels dans la zone de Rafa .




Une fusée tirée de la bande de Gaza amorce sa trajectoire vers Israel
La ville de Gaza n'est pas comme souvent les étrangers le pensent,une ville de tentes ! Il y a de nombreux quartiers constitués d'immeubles magnifiques . Ce sont des immeubles de rapport bâtis par les féodaux qui ont volé les sommes fantastiques données depuis 60 ans par les Grandes Puissances aux Dirigeants successifs qui ont détourné souvent cet argent à leur profit, comme l'a fait Yasser Arafat  et le font ses successeurs . D'ailleurs des villas superbes appartiennent aux Ministres du pays, qui ont l'habitude de prélever leur gabelle sur toutes les marchandises entrant à Gaza .



Elle atterrit quelque part en Israel, dans un rayon d'action de 50 km.
Ceci était une auto, transformée en écumoire par la charge de billes d'acier propulsée lors de l'explosion de l'ogive d'une fusée Grad .




De la ville de Gaza, souvent des terrasses ou des balcons des grands immeubles pour profiter de la hauteur,ou encore des mosquées et des cours d'écoles ou les civils malgré eux servent de bouclier, le Hamas et ses complices tirent leurs fusées vers le sud d'Israel . Cela depuis huit années de terrorisme . Tsahal a placé à sa frontière des senseurs qui permettent de détecter les tirs ennemis, et automatiquement déclenchent la sirène d'alerte dans la zone présumée de l'impact, tout en annonçant à la radio la phrase  code qui fait frémir les plus calmes "Couleur Rouge" .
Alors chaque habitant a dix à quinze secondes pour chercher un abri . Un délais illusoire pour être efficace . Les mères se couchent sur leurs enfants, les pères empoignent au vol les plus jeunes pour se précipiter vers une entrée d'immeuble, les enfants à l'école se recroquevillent sous leurs tables, les vieux eux s'en remettent au Bon Dieu et ne bougent pas de leur chaise . Boum !  Boum, la Défense Passive recommande de ne pas bouger pendant encore cinq minutes après le déclenchement de l'alerte de peur d'une autre salve . Les ambulances arrivent .
Les personnes qui ne sont pas blessées par les éclats de boulons ou de billes, sont hagardes , et sont prises de tremblements incontrôlables : c'est le choc nerveux qui va leur laisser une profonde cicatrice intérieure,  toute leur vie . Une maladie de nerfs qui frappe même les plus courageux des combattants .
Les enfants en reviennent à mouiller leurs lits et refusent de se déplacer nulle part, même chez eux, sans accompagnement . Les plus petits qui auraient déjà du parler, prennent du retard . D'autres bébés qui commencent à babiller prononcent leurs premiers  mots tant attendus de Aba et Ima et Adom pour Papa, Maman et aussi "Rouge" le nom de l'alerte tant répété dans la famille !!!  Les écoliers reculent dans leurs études . Comment être attentif dans ces conditions de tension perpétuelle?
Le mois dernier ceux de terminales ont passé le bac dans un local au toit renforcé de béton .
Le rugissement de la sirène d'alerte les a accompagné ! Il faut bien qu'ils s'habituent : l'année prochaine ils commenceront 3 ans de service militaire..

Cette mère n'a pas assez de bras pour se protéger elle et ses enfants . Quelqu'un  de là haut, Le Tout-Puissant, peut-être étendra ses  mains à la dernière seconde...
Elle obéit aux consignes en cas d'alerte . Le hasard fera le reste .



Arsenal d'ogives de fusées à Gaza .



Ici le projectile s'est ouvert comme un fleur en éclatant dans la terre .




Israel après 3 semaines de combats décide de se retirer de la bande de Gaza, sans avoir pénétré dans la ville-même pour éviter des effusions de sang inutiles .
J'imagine avec amertume que Gilad Shalit où qu'il fut alors dans sa cache a du entendre résonner les explosions des combats . Peut-être même les vibrations des pales d'hélicoptères qui le remplirent d'espoir de voir un commando israélien surgir et le libérer . Hélas, la vie n'est pas comme celle d'un film hollywoodien . Ses gardiens ravisseurs ont certainement reçu l'ordre de l'assassiner dans ce cas pour qu'il ne soit pas libéré  vivant. Nous n'avons aucune illusion sur l'inhumanité et les crimes dont sont capables ces bêtes féroces du Hamas . Des journalistes dirent alors que les Chefs du Hamas s'étaient réfugiés à l'abri des sous-sols de l'hôpital Shifa ...D'ailleurs ces journalistes à Gaza rapportèrent que dès le cessez-le-feu les milices du Hamas ont vidé de leurs blessés et malades et chassé les docteurs de départements entiers pour y installer leurs bureaux ,prison et chambres de tortures détruits par les bombardements des immeubles qui abritaient leurs milices.
Cet arrêt des combats  est immédiatement interprété par la propagande du Hamas,comme la suprême Victoire, célébrée à la mode de la Charia par une prière publique .



Employant au début des enfants dans ce travail très dangereux à cause des éboulements de sable, Les chefs de bandes ont maintenant des outils de forage modernes .Les tunnels qui peuvent atteindre une longueur de 1000metres à une profondeur de 20 mètres, sont aérés et éclaires électriquement .Leur hauteur permet un passage aisé à presque hauteur d'homme.
La contrebande  est prospère, mais aussi ces tunnels au nombre de plusieurs centaines alimentent en armes et munitions, explosifs et produits chimiques,les divers corpuscules que coiffe le Hamas . Au tout début les terroristes importaient librement d'Israel d'innocents sacs d'engrais (nitrates) qui avec du sucre et d'autres liquides pharmaceutiques devenaient après une préparation de sorcière de terribles explosifs bourrés dans des tubes en acier d'irrigation convertis en corps de fusées....Maintenant ils reçoivent des explosifs brisants plus puissants  .



Les tunnels sont larges et étayés .
Hier des soldats égyptiens qui ont découvert une entrée dans leur territoire n'ont pas hésité à jeter des grenades asphyxiantes dans la bouche de l'excavation tuant ainsi 5 des travailleurs dans le sous-terrain .
Dans la paume de la main, les billes qui par milliers sont dans le corps de la fusée Grad . L'échelle est donnée par le crayon .
Je frémis  la pensée des ravages que ces billes peuvent commettre dans un corps humain .




Les éclats de billes ou de boulons ou de clous, suivant la nature de la fusée, ont criblé cette façade .





J'ai pris ce cliché d'un lampadaire qui se trouvait sur la trajectoire de la gerbe de billes propulsées comme des balles à l'explosion de la fusée Grad au sol .




En gros plan un projectile qui s'est serti dans le métal . Pour vous donner une idée de la force de sa pénétration, remarquez les lèvres de la blessure crées par le projectile.


 
Depuis 1960, je ne regarde plus les lampadaires d'un oeil distrait .
A Alger des terroristes du FLN, habillés de  coutil bleu comme des employés de l'E.G.A*, avaient ouvert la trappe d'accès au câblage à la base du lampadaire, et y avaient posé leurs charges mortelles avec un retardateur.  Ils avaient choisi un réverbère près d'un passage clouté  du carrefour de l'Agha ,rue Sadi-Carnot, et le second, à l'arrêt dit du Moulin,dans la même rue, en bas des escaliers menant au Lycée Gautier. L'horloge avait été réglée à l'heure de la sortie des écoles. De chez-moi,au numéro 20 de cette rue,j'entendis le bruit terrible de ces deux explosions* .
Alors maintenant, lorsque je passe à coté d'un réverbère urbain,où que je sois, je ne peux m'empêcher d'en regarder la base avec suspicion .
Ce réverbère a un corps métallique hexagonal dont l'épaisseur est de 4m/m . Il a joué le rôle d'un bouclier lorsqu'il a arrêté quelques billes de métal d'une gerbe de milliers  projetées dans toutes les directions par l'explosion de la charge d'une fusée du type Grad .
La Défense Passive enseigne depuis 10 ans que le meilleur moyen de se protéger, faute d'abri immédiat, est de se jeter a plat-ventre immédiatement au hurlement de la sirène d'alerte, avec les mains sur la tête . Les enfants des écoles eux sont passés maîtres à se glisser sous leurs tables . Alors j'ai voulu vérifier cette consigne essentielle .

J'ai mesuré le diamètre des billes en introduisant dans un des trous une mèche de 5.9 m/m de diamètre qui passa librement . Ces projectiles sont donc de 6m/m mortels . Je suis effrayé à l'idée du carnage qu'elles font dans les chairs des victimes innocentes ..
Les impacts sont situés à peu près a 2.5 m de hauteur de la base . Comme j'ai mesuré 50m environ depuis le cratère de l'impact de la fusée, je peux en déduire l'angle de la dispersion par rapport au sol .
Tangente alpha = 2.5 / 50 x 3.14= 0.157 Radians .Et grâce à la table trigonométrique,je lis que l'angle qui à pour arc 0.157 est d'environ 9 degrés . J'en conclus que toute vie se trouvant sous le couvert de cet angle serait plus ou moins sauvée .
Mais évidement seulement qu'à une certaine distance de l'impact. Pour la trouver je suis revenu à Gautier en 6ème, classe de Monsieur Urbain qui nous enseigna fermement les propriétés des triangles semblables .
Si on considère qu'une personne de corpulence moyenne (pas moi), allongée ou agenouillée sur le sol offre une hauteurs hors-tout de son corps de 0.7m,on peut écrire au tableau la relation :
2.5 /0.7= 50 / x ,où x est la distance minimum du point de chute = 14 m .
Donc une personne épousant le sol à 14 m de l'impact de la fusée sera indemne à condition de ne pas avoir une crise cardiaque et les tympans crevés par le souffle .
Pourtant j'ai des doutes sur mes hypothèses en considérant cette précédente voiture transformée en écumoire par la charge de billes ou de boulons .
Le mieux, dans les 10 secondes de sursis avant la retombée de la fusée est donc de prendre...la tangente au plus vite !.
Qu'il est loin le temps de notre enfance où en jouant aux billes en terre ou en verre, nous crions en tirant du pouce: " Bonne échappée" ! . Aujourd'hui ces mots ont ici un sens nouveau .
Mais la vraie solution n'est pas de courir pour se cacher mais certainement de réduire ce nid de vipères qu'est le Hamas . La soi-disante trêve est grignotée par le Hamas et ses complices chaque jour un peu plus en tirant déjà plus de centaines de fusées et d'obus de mortiers sur la zone ouest du Néguev , chose qui ne vaut pas une ligne dans les journaux internationaux occupés à chaque occasion à nous vilipender .
        
Cette stèle de pierre rose en souvenir des deux enfants Dorit et Yuval, innocentes victimes assassinées à Sdérote par une fusée Kassam du Hamas en Septembre 2004 . Cette semaine célébrant l'époque des Récoltes, les enfants en chemisette blanche et cernés d'une couronne de feuilles et de fleurs font la joie de l'Etat d'Israel en défilant sur des remorques décorées  tirées par des tracteurs. Ces enfants sont les plus beaux fruits du pays .






Ci-dessous, voici la vie du milliardaire Chef du Hamas qui dirige les attentats à partir de Damas, tel que le rapporte un magasine égyptien : .

"Khalled Mechaal ou le  tueur milliardaire" .

Le magasine égyptien « Roz el Youssef » a publié le 19 janvier 2009 un article très révélateur sur le chef politique du Hamas , en exil à Damas dont l’ intitulé est le suivant : « Le mariage de sa fille Ftama a dévoilé son vrai visage : Khaled Méchaal un militant …pour le compte de ceux qui payent ».

« Comment vit Khaled Méchaal et sa famille ? Combien touche t-il ? Quel somme lui est versée dans son compte en Iran et au Qatar ? Combien coûte sa résidence et sa sécurité à Damas ? Est-ce que la Syrie a une idée sur sa fortune ? Où ferme-elle les yeux pour l’essentiel qu’il applique l’agenda de Damas et de ses alliés ? D’où vient t-il d’un million et cinq cent milles dollars dépensé dans le mariage de sa fille Fatma ?

Comment fait Khaled Méchaal pour porter des costumes des plus hautes marques internationales qu’il cache sous la kéffia palestinienne symbole de son militantisme ? Pourquoi a t-il mit le pied sur l’autre lors de sa rencontre avec le président soudanais Omar Béchir et il n’a pas oser le faire devant le plus bas des responsables iraniens ? Pourquoi voyait t-il en Ismail Haniyeh un danger pour son positionnent au sein du Hamas ? Pourquoi voulait t-il entre un négociateur en échange de Mahmoud Abbas ? Qui est-t-il en fin du compte Khaled Méchaal ? »

Le mariage de Fatma Méchaal

« Au moment où Gaza était sous le feu et le blocus, sans nourriture, sans eau, sans médicaments, et même sans électricité et dans le summum de la souffrance des gazaouis, Khaled Méchaal a organisé un mariage spectaculaire pour sa fille Fatma qui a coûté un million et demi de dollars de dépenses.

Dans ce moment difficile pour les gazaouis, il criait pour que ses miliciens brisent le passage frontalier de Rafah pour récupérer en Egypte les faux billets de dollars afin de couvrir les dépenses somptueuses du mariage. Sa fille est aujourd’hui la femme d’un riche homme d’affaire syrien d’origine palestinienne Tareff Rachid.

Le lieu du mariage a été prévu dans une grande salle de fête entre Damas et la zone de Saida Zeneb, selon ce qui était mentionné dans les cares d’invitations mais à leur arrivés, les invités étaient dirigés à un autre lieu pour des considérations de sécurité. Mais qui sont ces invités ?

De l’Egypte est venu Fahmi Houidi (journaliste pro islamiste) que le Hamas lui a offert le billet, ainsi que le docteur Mohamed Elboltajii membre du parlement égyptien qui venu comme envoyé spécial de Mahdi Akkef le guide des frères musulmans en Egypte.

De Syrie était présent le ministre des affaires étrangères syrien, en personne, Walid El Moualem ainsi que l’ambassadeur d’Iran en Syrie Ahmed Almousaoui , les ambassadeurs d’Indonésie et de Malysie accrédités à Damas. Il y’avait aussi des anciens responsables militaires et sécuritaires syriens comme Karim Racheh, Mohamed Rateb Naboulsy , Housam Eddin Farfour, Mohamed Hichem Eddin Borhani, le représentant du parlement syrien Mohamed Habbach et le cheik Bokri Tarabichi.

De Londres est venu Rached Gannouchi , président du mouvement islamiste tunisien Ennahdh .Il y’avait aussi des représentants du groupe palestiniens basés à Damas comme Rhamadan Shelleh chef du Djihed islamique, Abou Moussa le sous secrétaire du Fath, Kaled Abdel Majid le secrétaire général du Nidall populaire, Arabi Aoued le secrétaire général du parti communiste révolutionnaire, Maher Taher le responsable du Front populaire en Syrie et Talal Naji le secrétaire général adjoint du Front populaire pour la libération de Palestine.

Le mariage s’est rapidement transformé en tribune politique. Des discours ont été prononcés au milieu de la fête. Les discours sur la Palestine se sont succédés. Les tables étaient remplies de toutes sortes de plats et de spécialités de la gastronomie syrienne alors que Gaza peine sous le blocus. Et entre temps, on entendait la star de soirée, Khaled Méchaal, qui criait à haute voix espérant que les dirigeants arabes unissaient leurs positions pour vaincre Israël.

On voyait, en autres, Ramadan Shellah, le chef du Djihad islamique, qui une fois montait sur la tribune au milieu de la salle, il s’adresse au ministre syrien des affaires étrangères pour le remercier de sa présence et rend un hommage à la Syrie qui accueille sur son sol les groupes palestiniens.

A la fin du mariage, Ramadan Shellah demande à tous les invités ; ministres, ambassadeurs, responsables et tous les autres de crier « Allah Akbar » pour que leurs voix seront entendus à Gaza ».

Traduction de l’arabe , Ftouh Souhail.

Observation à nos lecteurs:

Personne ne peut douter aujourd’hui du caractère hypocrite, arrogant et outrecuidant du chef politique du Hamas à Damas. Le « courageux » Khaled Méchaal peut toujours donner des ordres et déclencher des guerres au mépris des gazaouis tant qu’il est confortablement installé à Damas à coté du concombre Assad. Il n’en a rien à se soucier du sort des palestiniens, puisque son mouvement, le Hamas, les a pris en otage depuis qu’ils se sont emparés du pouvoir, au nez et à la barbe du Fatah, avec lequel ils continuent de s’entr’égorger.

Il est par contre scandaleux de voir que nul au sein de la « communauté internationale » ne s’interroge sur ce qui a été fait des milliards de dollars remis au fil du temps aux mêmes gens. Et si on ne s’interroge pas, c’est qu’on sait parfaitement ce à quoi a servi cet argent : fondamentalement, au terrorisme, à la propagande, à la corruption et maintenant …aux mariages.

Le Hamas, qui dépense un Million et demi de Dollars dans une seule soirée à Damas et qui confisque les colis de nourriture ainsi que des milliers de couvertures dans les entrepôts de l’UNRWA (4 février 2009) est tout simplement une organisation criminelle qui regroupe une masse de voleurs et de pillards loin de vouloir soulager les misères quotidiennes de la population à Gaza.

Extrait du site Le Post http://www.lepost.fr

 

*Les Protocoles des Sages de Sion :

Un pamphlet écrit du temps du Tsar par sa police secrète pour diriger la colère du peuple affamé sur les habitants juifs en les accusant de crimes rituels, et reprit depuis par toutes les tyrannies :

http://www.nuitdorient.com/n138.htm

* E.G.A  : Initiales de la Compagnie  "Electricité et Gaz d'Algérie" . ( La Compagnie Lebon fut avant la nationalisation la première usine à Gaz .)




 

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 12:31

La B.S.A., initiale de la "Birmingham Small Arms Compagny " construisit en ce qui concerne les motocyclettes plus de 120000 exemplaires pour l'armée de sa Majesté .La plus fameuse étant du type M20 .Elle était employée pour les liaisons, mais aussi pour les patrouilles avec le modèle accompagné d'un side-car .
Cette moto a sillonné tous les théâtres d'Opérations de la Deuxième Guerre Mondiale  , mais surtout en Afrique du Nord où combattit l'armée de sa Majesté .
Dans une rue de Tel-Aviv, en ce début de Février déjà printanier, je l'ai rencontrée sagement rangée à un stationnement. Peinte de couleur sable, avec son side-car ayant en guise de porte-bagage une caisse de munitions en métal, récupérée non pas de Tsahal, comme je le pensais au début, mais de l'armée britannique . En effet en essuyant un peu la poussière du couvercle, j'ai pu lire la date estampée en creux dans la tole de...1942 !!! Quelle émotion pour un curieux ! Et que d'événements tragiques évoque cette quatrième année de la deuxième guerre mondiale !!




Le propriétaire de cet engin, collectionneur et mécanicien habile, s'est permis ce rajout utile dans la vie civile, mais aussi a du travailler avec patience  pour maintenir sa monture  en état de marche . J'aurai voulu le rencontrer et lui demander de me conter l'histoire de cette moto, qui est sans doute aussi celle de la fin du Mandat Britannique lorsque Lord Moyne monta dans sa vedette, après la cérémonie de la descente définitive des couleurs anglaises sur cette terre biblique .La BSA n'était pas seule , car les Anglais abandonnèrent aussi des quantités de matériel de guerre aux arabes qui dès Novembre 1947 attaquèrent avec quatre armées régulières, en plus des bandits, l'Etat d'Israel né dans les douleurs .

La photo ci-dessous est extraite du site britannique :"Long Range Desert Group"(2):
L'engin a bonne allure, comme neuf, mais les martiaux occupants eux ont pris de l'âge...



Et celle-ci d'un amateur passionné qui présente sa BSA-M20  dans son état original .

http://www.autogallery.org.ru/k/b/bsaM20_Vintage-imports.jpg

On peut imaginer que ce side-car retourné à la vie civile avait participé à des missions dans le désert de Cyrénaique contre les troupes de Rommel .
Bir-Hakeim, El-Alamein, Tobrouk sont des noms de batailles qui sonneront encore longtemps à nos oreilles . Cet heureux propriétaire israélien a fait des modifications de commodités à ce cheval de trait de 500cm3. D'abord il a changé le siège du pilote et en a rajouté un autre en tandem .Pour des besoins familiaux sans doute ! Et puis aussi un grand rétroviseur, très nécessaire en ville ( et obligatoire ). Mais l'aspect général reste à peu près inchangé . En l'absence de son propriétaire, j'eus donc le temps de prendre quelques photos , pour les comparer à celles trouvées sur le site de fanatiques de ces engins à trois roues ..



A Alger,tout près de chez-moi, rue Sadi-Carnot,je me souviens du magasin des motos Terrot et de son propriétaire Knetch . C'était du temps où les marques allemandes, autrichiennes,anglaises et japonaises n'avaient pas encore étouffé cette firme . Je regardais ces petits monstres avec envie, bien que ne sachant pas même monter à bicyclette ! La dernière fois que je fus assis dans un side-car pour faire un tour, ce fut dans... le manège du Parc de Galland, juste à l'époque où devait sortir cette BSA de la chaîne en Angleterre ... et en chantant en choeur avec les bambins de mon age, et blondinet innocent  "Maréchal nous voilà " ! Non,  ce ne devait pas être Montgomery ! .
 Alors je me suis vengé d'une envie vieille de 60 ans en enfourchant cette motocyclette ,au coin de la rue Saul Tchernichovski(3) et Bograshov à Tel-Aviv, un peu comme un enfant heureux  chevauche dans un caroussel. A mon age ma timidité naturelle s'est émoussée et l'occasion étant trop tentante j'ai risqué d'être pris pour un ...voleur ! .
La preuve en est dans cette photo ! (Quoique pas très loin j'avais admiré une moto Japonaise à deux cylindres en V, toute chromée qui encourageait un peu plus le larcin) !



Je cherchais cependant le propriétaire aux alentours sans le trouver . C'est plus tard en remontant cette rue que je vis le side-car stationné en sens inverse ! , preuve que son pilote n'était pas loin. Il surgit en effet à point , pressé d'aller à ses affaires. Tout en enfilant son gilet en peau de mouton, il essaya de satisfaire ma curiosité. Cet engin, il l'avait acquis  il y a plus de vint-cinq ans. Mais il n'en était pas le premier pilote ! Il m'expliqua qu'en fait un nombre de BSA  abandonnées à  Chypre par les Anglais après la Guerre avait été rachetées au ...poids de la ferraille et firent le bonheur des Israéliens à une époque où posséder une voiture était un rêve inaccessible . En se penchant, il me montra fièrement  l'emplacement discret des initiales de la firme B.S.A sur le carter de la chaîne .




Ainsi que la date du caisson :Wed/6 1942 !



Ayant enfoncé son casque sur la tète, il enfourcha sa monture et par précaution pour ne pas rater son départ devant le photographe occasionnel que j'étais, il titilla un peu la pompe à essence, et se redressa pour appuyer de tout son poids sur la pédale du démarrage . Au deuxième essai, le moteur se réveilla dans un bruit de tonnerre, et j'eus à peine le temps de brandir mon appareil pour  une dernière photo que déjà l'engin avait filé hors de ma vue !!



Je continuais donc ma promenade, tout heureux de ma découverte quoique encore laissé sur ma faim sur cette rencontre : j'avais espéré un récit plus romantique.
 Mais déjà je voyais la ligne bleue de la mer où me conduisait la très longue  rue du Docteur Haim Bograshov . Je l'ai parcouru souvent sans chercher à savoir qui fut cet homme ! Il est temps de retourner aux sources. Bograshov, (1876-1956) naquit en Ukraine en 1876. Il professa dans des écoles juives et obtint en Suisse son Doctorat . En Israel, dès 1906 il fut un des fondateurs et Directeur du premier Lycée hébreu "Hertzliya" ( au nom de Théodore Herzl *). Il y enseigna la géologie et la géographie . Ce Lycée fut la pépinière de bien de personnalités qui préparèrent la Fondation de l'Etat  . Député à la première Knesseth  il décéda en 1956 après une vie toute consacrée au développement du pays . Je dois reconnaître que cette rue aux magasins très orientés vers la jeunesse présente une vie moins austère que ce Docteur : ce n'est qu'une succession de devantures aux couleurs vives et joyeuses avec des galeries d'avant-garde .


On y rencontre aussi des élégantes qui font du lèche-vitrine ..à quatre pattes, très demi-saison  .... !






 Et qui se reposent de la promenade ...




Une pancarte m'attire : ce personnage qui représente Theodore Herzl (4), le visionnaire, nous invite à déguster un Hamburger !!  Le chat sans doute rassasié regarde les passants . L'affichette est celle d'un concert de Jazz.



Encore une rue à traverser et c'est la plage ! Elle est déserte ce matin .( Comme je l'aime pour y rêver au son des clapotis des vaguelettes ) .
Des pigeons y font leur toilette :


Et un chien sportif tout ruisselant sort de sa baignade !!


Tandis que passe la police montée , sur un fond de Yaffo perdu dans la brume .
Les sabots s'enfoncent dans le sable et ne font pas de bruit . C'est pour celà que je ne les ai pas entendus s'approcher ! .


Pour ne pas trop abuser des bonnes choses, et un peu saoulé par l'air marin je décide de prendre l'autobus pour rentrer chez-moi. Comme il vient de filer sous mon nez, en me montrant irrévencieusement son dos, j'en ai profité  pour photographier les candidats aux élections pour gouverner le pays . Nos espoirs sont noyés dans la fumée du pot d'échappement .....Est-ce un présage ?


L'affiche du chef du parti qui va diriger le pays ,en principe pour 4,5 années, pour le meilleur et pour le pire..Un dessinateur nocturne et moqueur a rajouté cette main ...
En fond,les travaux d'agrandissement du théâtre Habima . La vie (politique) n'est qu'une grande mise en scène ...



Et à travers la vitre ,et tout en roulant  devant le centre nerveux administratif, l'instantané d'une grande affiche qui rappelle aux citoyens qu'un de nos enfants est prisonnier à Gaza, depuis presque trois ans dans le secret le plus total .


Cette grande affiche est placardée sous les murs du Quartier Général ,à la vue des centaines de milliers de passants .On y lit
:


"Chef du Gouvernement, Ministre de la Défense,Ministre des Affaires Etrangères, et Députés du Peuple, qu'avez-vous fait aujourd'hui en faveur de Gilad Shalit ?"


Mais une phrase souvent citée par les politiciens arrivés au pouvoir dit à peu près :
"Ce que nous voyons maintenant d'en haut n'a pas la même apparence que vu d'en bas " : afin de souligner  la complexité du problème .
Chaque jour apporte espoirs et déceptions dans les tractations nébuleuses pour sauver Gilad des griffes du Hamas .


Les parents du soldat Shalit ne cessent avec  une dignité exemplaire de frapper à toutes les portes pour que Gilad reste à l'ordre du jour, malgré les torrents des évènements qui quotidiennement balaient Israel.
Tant de soldats israéliens ont été prisonniers et torturés et ont disparu  depuis même vingt ans dans les geôles, spécialement au Liban et en Syrie, que Gilad est devenu un symbole.  
Un site francophone comme la famille Shalit, en Galilée, lutte contre l'oubli...
http://www.francogalil.com/rubrique,g-shalit-livre-pour-enfants,1142193.html

J'y ai ajouté dans la rubrique en commentaire :

Gilad est devenu Caporal,
Le Hamas lui a remis ses galons ......
Une intime cérémonie dans un bunker en béton,
Dans un local sans lucarne où ne filtre pas le son .
Gilad dans cette oubliette, pourrait devenir même Général ....
Cela ne tiens qu'à nous de libérer en échange les pires assassins,
Ceux qui ont du sang sur les mains et prêts à recommencer le lendemain .
La Croix Rouge, l'ONU, le Vatican, n'ont d'yeux que pour les habitants de Gaza,
Cette région qui cultive le fanatisme et gouverne suivant les canons de la Charia,
Ce pays où le Hamas torture les opposants et enseigne la mort aux nouveaux-nés .
Un conseil, au soldat qui viendrait à tomber dans les mains de ces hommes masqués :
Toujours dans votre fusil gardez une balle en réserve pour vous faire sauter le caisson,
Une grenade quadrillée pour percer les agresseurs et franchir avec eux le Rubicond.
Ainsi ferez-vous d'une pierre mortelle trois coups : vous éviterez votre souffrance,
Neutraliserez courageusement vos nombreux assaillants et leurs espérances,
Offrirez à vos parents sur un coussin de velours la médaille de la résistance ....
Mais aussi surtout vous sauverez votre Patrie d'un débat Cornélien ,
Que dans les rangs de l'Assemblée discutent des gens biens ...
Hélas Gilad semble être une épine dans la gorge de Sion :
Faut-il sauver de la geôle un simple centurion
En libérant des assassins par légions ?
Oui ,faite-vite pour l'amour de Sion .

Notes :


(1) Tsahal : initiales de "Tsava Hagana lé Israel"  (mot-à-mot  Armée de Défense d'Israel)

(2) Long Range Desert Group:
 http://www.lrdg.org/LRDG-Photo-  gallery(equipment).htm


(3) Le poète Saul Tchernichovsky (1875-1942). Homme de Lettres et  Docteur . Il a traduit en Hébreu l'Iliade et      
      l'Odyssée et a publié en Latin , Hébreu et Anglais un  célèbre Dictionnaire de Médecine :   
  http://www.answers.com/topic/saul-tchernichovsky-4

(4) Théodore Herzl : le Visionnaire auteur de " Alte Neue Land" .
  http://fr.wikipedia.org/wiki/Theodor_Herzl



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