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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 17:29
Marie-Claude Marque a conservé ces précieuses coupures de journaux  qu'elle m'a fait parvenir .
A l'occasion du dixième anniversaire de la mort tragique de Fernand Pistor lors de la libération de Marseile ,ses compagnons journalistes et de route et de plume ont publié leurs témoignages dans le Journal d'Alger du 10 Aout 1954 . .
Le Journal d'Alger :





" Aout 1944-Aout 1954 "

Edmond Brua :
Il était Rédacteur en Chef au quotidien "Le Journal d'Alger", et c'est dans ses colonnes  qu'il accueilli tous ces témoignages d'amitié de ses amis,alors  aussi correspondants de guerre,  portés à Fernand Pistor en ce dixième anniversaire de sa disparition .
Edmond Brua n'est évidement pas à présenter tant il accompagné presque quotidiennement les souvenirs de notre vie en exil de l'Algérie. Mais cet écrivain-journaliste et humoriste a aussi écrit un délicieux  conte  " Petit Poisson Rouge " dont voici la couverture que je viens de découvrir avec joie sur le Net.. Encore un souvenir de jeunesse .
Brua-1-copie-1.jpg

Edmond Brua ne fut pas seulement celui qui écrit les Fables Bonoises ou La Parodie du Cid mais fut aussi un philosophe lorsque il écrivit  son essai " Une Hypothèse sur Balzac et Vico " ,un article certes  moins connu du grand public mais à lire pour mieux connaitre l'éventail littéraire et la  culture  étendue du père de Jean Brua .

http://www.ispf.cnr.it/file.php?file=/ispf_lab/documenti/b1972_070_075.pdf

Pour la pérennité de la mémoire de Dodièze :
http://nice.algerianiste.free.fr/pages/bouq_com/brua.html

"Sa Vie et sa Mort..."
Par Edmond Brua :



 "Il  Rayonnait ...."
Par Paul Péronnet :

Paul Péronnet  qui écrivit l'article ci-dessous était un frais agrégé de Lettres en 1939.
Je retrouve sa trace ,(est-ce bien lui ?),comme responsable de la Radio francaise en zone d'Allemagne occupée
d' alors, dans l'article ci-dessous :
http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=VING_080_0025





....".Pierre Ichac m'a mis sous les yeux ce document si bouleversant : la photo d'une civière portée par quelques hommes .Sur la civière un mort ou plus-tot un bléssé aux portes de la mort. Un long corps au visage au trois-quarts dissimulé et dont le mystère se dérobe à nos anxieuses interrogations . Le sien peut-etre,le sien sans doute .

C'était le 25 Aout 1944 à Marseille au bas des escaliers de Notre Dame de la Garde .

Pendant dix ans nous avions ignoré l'existence de cette photo et la mort de Fernand demeurait voilée de brume . Et voici  tout a coup cet agonisant si " cruellement" vraisemblable : quoique nous puissions faire cette image-là va désormais se subsituer en nous à celle que chacun nous gardions au creux de notre mémoire ,à notre dernière image de Pistor vivant ....

…..sur cette page napolitaine pour l'embarquement pour la Provence . Il partait dans les premiers. Il rayonnait. Moi je devais attendre quelques jours encore. Il avait au dos son sac de montagne  . Je ne sais quelle pudeur m'a  refréner l'envie qui me tenait de l'embrasser  : nous nous sommes simplement longuement serrés la main , échangeant un grand et joyeux sourire  et un  "a bientot "  tout calme ,tout sur de lui."



"Ici Jean Pontacq ...."
"Les Supremes Paroles" de Fernand Pistor,alias Jean Pontacq .




"Au travail,l'avant-veille de sa mort au front...."



"A Mon Compagnon...."
Par Barreto Leite-Filho .

Barreto Leite-Filho était un journaliste brésilien francophone qui fut reporter  de la 2ième guerre mondiale en Europe pour les "Diaros Associados". Sur le lien ci-dessous il sera intéressant de lire ses lignes ( en Portuguais) sur le dur combat en Italie de Castelnuovo dont il en avait été très impressioné par l'horreur . ( Sur le plan politique, il est souvent cité sur l'Histoire du Trotskysme ).

http://books.google.com/books?id=OHHqkpGxxSwC&pg=PA129&lpg=PA129&dq=barreto+leite-filho+biography&source=web&ots=Ax5FNeBxGX&sig=4yZN6U3LZleWniehv3nYaAa00Ak&hl=en&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result





J'ai recopié l'article du Journaliste Brésilien pour le rendre plus visible au lecteur : .
 

J'ai été le premier à apprendre qu'on avait des appréhensions de la mort de Pistor,mais je me refusais à y croire comme il advient toujours dans ce cas-là .A cette époque nous étions en France près de Grenoble attendant d'entrer à Lyon .et notre camarade avait disparu depuis Marseille. Je travaillais journellement avec Luc , le meilleur de ses amis dans un autre groupe correspondant  également de Radio-France .Les appréhensions de Luc croissaient  d'instant en instant mais je cherchais à l'apaiser .Pistor avait  échappé à bien d'autres périls .

Son genre comme correspondent de guerre était le genre téméraire .

En effet les troupes françaises ,dont le commandement  allié s'était habitué à admirer la valeur depuis leurs premiers combat en Italie recevaient presque toujours des missions terriblement difficiles et Pistor considérait de son devoir d'affronter les memes risques que les combattants .Nous entrames à Rome cote à cote dans une des jeeps de correspondants francais où j'étais le seul étranger . Depuis lors nous étions restés amis .

Mais Pistor disparut aussitot suivant sa coutume . Il s'en fut prendre part au débarquement de l'Ile d'Elbe .Il fut le premier journaliste à prendre pied sur la terre ferme. Il tarda longtemps à rentrer plus que de raison. Alors commencèrent les premiers bruits inquiétant sur son destin. Des semaines plus-tard Pistor reparut,toujours le meme,toujours  avec le meme enthousiasme tantinet ingénu .,car c'était un pur et attendait impatiement  l'heure d'entrer en France . Nous eumes encore le temps de faire  ensemble notre entrée à Sienne et d'assister à cet espèce de couronnement  de l'action des Francais en Italie .La revue de la Plaza del Campo qui doit etre la Place la plus belle du monde du point de vue de la délicatesse et de l'originalité fut un moment de compensation  pour les homes comme Pistor qui voyaient  la rentrée en scène sur le plan de gloire et de prestige qui avait été le sien depuis les origines . Meme si je m'étais senti spirituellement attaché à la France,ce jour aurait été pour moi un jour heureux pour le seul fait d'avoir pu etre  témoin du bonheur de mes amis . Mais sera-t-il besoin de dire que ce bonheur ne fut vraiment complet que lorsque nous nous retrouvames sur le sol meme de la France ?. Pistor travaillait tout attendri. Pour nous tous cette rapide campagne du Midi fut une campagne idyllique . Mais comment  pourrai-je exprimer ce que je pressentais dans l'ame de mes camarades francais .?
Cette idylle en pleine tragédie n'était pas naturellement pas privée d'épisodes tragiques .
Le plus grave dans la première phase de cette campagne fut Toulon .Pistor était à Toulon nuit et jour possédé de cette espèce passion téméraire qui le dominait aux heures difficiles.  Pour cette unique raison le sort voulut nous faire entrer,cinq camarades américains et moi-meme tous dans la meme jeep à Marseille ,avant lui .On se battait de tous cotés de la ville et avions pu vérifier à nos dépens qu'on n'y passait pas une heure sans risque . Notre entrée à Marseille mobilise  les autres correspondants . Le lendemain matin je vis Pistor partir du camp en compagnie de Vaughan Thomas* de la B.B.C. autre spécialiste de la radio comme lui dont la compagnie était la plus utile pour les possibilités de collaboration qu'elle lui offrait . Je lui demandais où il allait :
"A Marseille !" répondit-il . Je ne sais pourquoi je me suis donné le ridicule de l'avertir,d'avertir Pistor "Prend garde,Marseille est très dangereux" . Le lendemain je retournai moi-meme avec d'autres Français ,parmi lesquels Jean Luc . Je rencontrai tout le groupe sauf Pistor . Serait-il déjà mort ? Je ne saurais   répondre . A l'heure qu'il est  parait-il, on ne sait exactement quand ,ni comment il est mort . J'ai entendu dire que Vaugham Thomas avait pris rendez-vous avec lui pour rentrer, rendez-vous que notre ami avait manqué .  Son habitude de demeurer absent,des jours entiers,perdu aux avant-postes ne nous permit pas de nous inquiéter au début . Mais de ce que nous apprenons de France ,Pistor n'arriva pas à Paris ,du moins son ame de Francais, plus que son ame de correspondent aura poursuivi sans étapes jusqu'en Allemagne . J'ai la certitude qu'en ce moment elle rode du coté des premières lignes , et que, en apprenant que ses compatriotes allaient entrer à Belfort, elle y est entrée avec eux .

( D'après " Présence",Hebdomadaire francais en Italie ) .

* Sur le journalisteWynford Vaughan-Thomas (1907-1987),lire :
http://en.wikipedia.org/wiki/Wynford_Vaughan-Thomas


Dans cette meme page, un poeme de jeunesse de Fernand Pistor :

                                                                                               " Paysage"

Le matin s'argente
D'un pale soleil
Le ciel est pareil
Aux feuilles de menthe

La colline en pente
Et les toits vermeils
Sourient à l'éveil
De l'aube riante

La vie est là-bas
A nos premiers pas
Facile et dorée

Voici le Printemps
L'ame est enivrée !
Nous avons quinze ans !

(Fernand Pistor,écrit à quinze ans)



"Marseille, 25 Aout.. "
par Pierre Ichac

"En 1935-1939, Pierre Ichac fut grand reporter à L'Illustration et à Paris-Match. Il effectue des reportages sur la guerre d'Éthiopie (1935-1936), au Levant (Palestine, Syrie, Irak), sur la guerre civile espagnole (1936), en AfriqueExtrême-Orient (1938, où il participe aussi au film Le Drame de Shanghaï de Georg Wilhelm Pabst), en Europe centrale et dans les Balkans après l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne nazie
En 1940, Pierre Ichac participe avec l'abbé Breuil à la découverte de la grotte de Lascaux et en réalise le premier reportage photographique. centrale (1937), en (1939). Il réalise également un reportage sur les premières lignes aériennes françaises transafricaines. En 1939-1940, Pierre Ichac sera correspondant de guerre en France.

En 1942-1945, Pierre Ichac est correspondant de guerre de la 1e armée française du général de Lattre de Tassigny. Il couvre les campagnes de Tunisie, de Corse, d'Italie (Monte Cassino), le débarquement de Provence, les combats du Jura, des Vosges, d'Alsace-Lorraine. Il réunira ses souvenirs dans le Livre Nous marchions vers la France (1954)."

En 1970 produit pour la TV un film monté avec des documentaires sur la Campagne d'Italie .



"Sous la croix de bois du Souvenir Francais,une dalle de ciment encadrée de petits galets blancs et enserrée dans un cadre de verdure sombre " ...

"Dernières Images d'Italie..."

"Une résurrection à la française" : la revue L'Arche (1944-1947)

par Michel P. Schmitt

"Placée sous le patronage de Gide et lancée par Jean Amrouche en février 1944, la revue L'Arche, éditée chez Charlot à Alger puis à Paris, cherchera d'abord à rétablir, pendant cette période noire, les droits d'une pensée humaniste et libre. Ce sera en fait surtout la défense et illustration d'une littérature française « classique » qui la caractérisera tout au long de ses 26 numéros, et qui l'amènera à s'arrêter quand la Libération sera effective : l'époque, désormais imprégnée de la culture qui se préparait outre-Atlantique, n'était plus à célébrer l'éclat et la dignité d'une littérature libre."






Dans ce numéro de Janvier-Février 1945, sont publiées les "Dernières Images d'Italie" de Fernand Pistor .


l



 
Le célèbre char Sherman face à Notre Dame de la Garde,là où combattit son équipage pour la délivrance de Marseille .
Certainement la zone de feu où fut atteint par un fusant  Fernand Pistor M.P.F. en tant que Correspondant de Guerre . Victime de sa témérité pour etre toujours en première ligne ,ce fut sans doute sa  dernière vision.
Des détails dans les rudes  combats pour libérer la ville :
http://www.military-kits.com/sections.php?op=viewarticle&artid=179



Taken in Marseille, Provence-alpes-cote d'Azur (See more photos or videos here)
43°17' 12" N, 5°22' 12" E43.2866445.369943 Le  Sherman, Monument à la mémoire de l'équipage du char Jeanne d'Arc, tombé lors de la libération de Notre-Dame de la Garde .
Le char presque entièrement brulé a été reconstitué pour en faire un monument  .

Extrait du site : farm2.static.flickr.com


le sherman de Marseille by Dominique Pipet.



                              
                                                 
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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 13:30
 Adolph Otth (1803-1839) fut un  Naturaliste suisse  qui fit un grand voyage qui le conduit entre autres régions de la méditerranée  en Algérie d'ou il rapporta une rare collection d'insectes .En 1839 il entreprend un nouveau voyage au Proche-Orient mais il meurt à Jerusalem et ses collections et ses manuscrits sont perdus .En 1838 sort un livre illustré de 30 lithographies dessinées en Algérie et intitulées :

"Esquisses africaines dessinées pendant un voyage à Alger et lithographiées par Adolphe Otth Dr."

Berne, J.F Wagner (lithographe), 1839


En voici  quelques unes extraites de ce livre :



                                                                     Le port d'Alger

Remarquez le Penon de l'Amirauté ,les bateaux aux sabords armés de canons,et les voiliers traditionnels .


1839 OTTH fine series 28 LARGE FOLIO views of ALGERIA

Un dessin délicat de la Campagne sur les hauteurs d' Alger .Une mère joue avec son enfant tandis qu'une femme remplit son broc à la fontaine de vie.  Les cavaliers avec leurs montures  s'approchent de l'abreuvoir .
Derrière le mur de pierre jaillit une haie infranchissable d' Aloes  aux piquants aigus comme des poignards .
Des noms de localités comme "Fontaine-Fraiche" ou "Fontaine-Bleue" me font encore rever .....

..




Ci-dessous celà semble etre un caravansérail,avec un marabout sur le coté .



..


Une précieuse gravure de la Casbah . Un soldat coiffé du Shako et sa compagne s'attardent devant l'étal d'un boucher en plein air . De coté des sacs de fruits secs . Un dromadaire bien chargé  de marchandises  déambule dans la ruelle . Les poutres en bois étayent et retiennent les façades qui ont tendance à vouloir s'embrasser .
Les fenetres étroites et croisillonées permettent aux femmes de voir sans etre vues . Le soleil n'éclaire la ruelle que lorsqu'il est au zénith et fait une tache blanche sur les pavés .

..




Nous sommes devant une des portes d'Alger,celle de Bab-Azoun. A ces remparts étaient empalées les tetes des suppliciés ,souvent condamnés pour des vétilles suivant les caprices du Dey ,un moyen de régner  par la terreur .



..



Le Palais du Dey et le Marché d'Alger .Cette place doit etre celle qui surplombe la Pecherie et sera la future Place du Cheval..Toute la population  y est représentée.On  remarque les arabes enturbannés,leurs femmes voilées et  en haik et en bas et à droite une femme israelite reconnaissable à son haut hénnin conique qu'elle était obligée de porter pour se différencier des musulmanes .



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Une belle vue d'un aqueduc ,celui de Bab-El-Oued  . En haut le Fort l'Empereur .


..



Sous une voute de l'Amirauté  des portefaix transportent une grosse futaille . Au sol des filets sèchent.
De vieux canons scellés dans le sol servent de bittes d'amarrages . En fond la Casbah partout présente mais déjà aussi des immeubles de style européens .



..


Et l'Amirauté en 1900....et la meme arcade ..







Une superbe villa du temps des Turcs
sur les hauteurs de la ville. Partout des haies de figues de barbarie et
des arbres couverts de plantes grimpantes . .



..


Dans ma prime jeunesse, privés de transport pendant la guerre ,nous allions chaque dimanche nous promener  dans les chemins parfumés d'El-Biar . Derrière presque  chaque haie,une villa au toit couvert de tuiles vernissées de couleur verte . Les fenetres bardées de fer ajoutaient au mystère de ces architectures merveilleuses noyées dans les frondaisons . D'après les descriptions qui en sont faites de leur intérieur,ce sont des faiences de Delft  ou d'Italie ravies aux gallions étrangers par les pirates,  qui tapissaient les murs et couvraient le sol des pièces ainsi toujours fraiches en été .
Les chardons et les orties nous piquaient les jambes ,mais nous machions heureux  les tiges verte et acidulées des "vinaigrettes" aux fleurs jaunes . A chacun de nos  pas s'envolaient des papillons-rois ou des insectes  mordorés ,mais notre suprème joie  était une haie couverte de charmilles  et de grosses mures rouge-sombre  que nous disputions aux abeilles enivrées de leur sucre . Un coin de paradis avant de redescendre en ville .

Adolph Otth nous a légué ces merveilleuses lithographies pleines de détails et dessinées avec la précision d'un  grand Naturaliste,hélas disparu très jeune .

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 09:30

Cher lecteur,

Je n'aime pas généralement discuter des religions et à chacun sa vérité à respecter.
Pourtant je suis tombé sur ce site,dont la vignette d'accueuil est un véritable programme en marche .En Algérie on frémissait en prononcant cette fameuse phrase prémonitoire : " La Valise ou le Cercueuil " .  Cette fois,elle se pose à tous .Car comme dit un proverbe islamique :
" Après le Samedi,le Dimanche..
..."

Amitiés angoissées .



 



http://www.islamuslim.fr/articles.php?lng=fr&pg=154

J'ai lu sur internet en pdf,un travail pédagogique de Master absolument remarquable ,et vous etes invités (ées)
 à le lire bien qu'il soit long,pour vous faire une idée exacte de l'histoire de l'Holocauste et sa continuité à travers 2500 années, de l'Iran d'Assuérus  à l'Allemagne d'Hitler jusqu'à la présidence  d'Ahmadinejad .
L'auteur dans son analyse de la période moderne,analyse la similitude du comportement des Dictateurs lors de la guerre Iran-Irak qui envoyaient au front vers une mort certaine  les enfants en promulgant le recrutement obligatoire dès l'age de...13 ans pour  les employer en rangs exploser les champs de mines . Les nazis qui dans leur plan de Solution Finale,jettaient au feu les juifs,meme à peine nés,on vous l'a enseigné à l'école laique .Les enfants juifs déportés à Drancy (Paris) et envoyés à Auschwitz en wagons plombés,le furent sur l'ordre spécial de Pétain et de ses ministres dévoués. Certainement vous ne savez pas  que meme la Gestapo à cette époque de Juillet 1942 n'en avait pas tant  exigé tout au début et furent étonnés de ce zèle .Les Palestiniens hériterent de cette doctrine où l'enfance n'est plus protégée,pour  endoctriner les leurs  dès l'age tendre et les envoyer se suicider,ou  profiter de l'abri de leurs écoles  pour y installer leurs mortiers ,ou pour transporter dans leurs cartables des engins de mort . Lorsque  les terroristes penétrerent dans le village de Maalot à la frontiere au Nord d'Israel,ce fut pour prendre en otages les écoliers et les assassiner  .

htt les terroristes p://74.125.39.104/search?q=cache:G-OWHwextsMJ:www.imprescriptible.fr/pedagogie/pedagogie/travaux/Beaufils/Beaufils-0.pdf+beaufils+master+holocauste&hl=en&ct=clnk&cd=6

http://www.imprescriptible.fr/pedagogie/pedagogie/travaux/Beaufils/accueil_beaufils.htm

http://www.imprescriptible.fr/pedagogie/pedagogie/travaux/Beaufils/Beaufils-01.pdf

http://www.imprescriptible.fr/pedagogie/pedagogie/travaux/Beaufils/Beaufils-02.pdf

http://www.imprescriptible.fr/pedagogie/pedagogie/travaux/Beaufils/Beaufils-03.pdf

http://www.imprescriptible.fr/pedagogie/pedagogie/travaux/Beaufils/Beaufils-04.pdf


http://www.imprescriptible.fr/pedagogie/pedagogie/travaux/Beaufils/Beaufils-05.pdf


  14 Juillet ,la Fete de la Fraternité,de l'Egalité et de la Liberté . Il n'en fut pas toujours de meme .
En 1942 ce fut cette date qui fut choisie pour la Grande Rafle des juifs de Paris,plus connue sous le nom de la "Rafle du Vel d'Hiv " . De cette monstruosité ne restent que de rares documents photographiques .Quelques témoignages de ces citoyens embarqués dans les autobus de la régie parisienne jusqu'à Drancy .Et surtout les listes bien ordonnées des bourreaux francais et allemands  qui tinrent les registres des trains de déportés vers les Camps de la Mort en wagons de la Société Nationale des Chemins des Fer... Francais .
Voici quelques films d'acualités de l'époque Vichyste pour que les plus jeunes aient une idée de la haine viscérale
inculquée par la propagande de cette époque brune :
http://dailymotion.alice.it/related/x4dtvd/video/x4eb3r_l-oeil-de-vichy-partie-1_politics

Le site de Drancy :
http://www.saij-netart.de/25-s5-Vel-d-Hiv-Drancy.html

Voici un travail de mémoire de Sylviane Cuartero pour que la jeune génération ne dise pas comme leurs parents et grands-parents :nous ne savions pas .
C'est la copie d'un article sur ce que fut ce 16 Juillet 1942 .
Moi,à la fin de cette lecture j'ai murmuré en silence  une prière improvisée en la mémoire de ces victimes de la barbarie . Que les jeunes sachent ,le nazisme n'est pas né ,meme déjà en 1920 :il a avant tout ses racines profondes dans la betise et la lacheté de l'homme
.



LA RAFLE DU VEL D’ HIV
Par Sylviane Cuartero pour Guysen International News
Mardi 8 juillet 2008 à 22:48

Paris, le 16 juillet 1942 Durant la seconde guerre mondiale La police française arrête les Familles juives : pères, mères et Enfants. Lazare Pyrkowicz, 14 ans Est emmené lui aussi avec ses parents Et sa sœur. Ils se retrouvent avec des Milliers de personnes au stade du Vel d’Hiv Entassés dans des conditions épouvantables…

La ronde de l’année poursuit sa course, et avec elle des dates, des évènements, des souffrances et des fêtes… et au début du mois de juillet, toute la France est en effervescence pour la préparation de sa fête nationale du 14 juillet. Villes et villages de France se préparent pour cette journée de grande réjouissance nationale. Mais en cette période, mon cœur se remplit de tristesse car les dates des 16 et 17 juillet sont gravées à jamais dans ma mémoire.

PARIS – 16 et 17 juillet 1942
LA RAFLE DU VEL D’ HIV

Ils nous arrachaient de nos demeures
Ils nous chassaient de notre propre seuil.
Ils ont défoncé les portes,
Ils sont entrés de toute force, à toute force
Dans les maisons juives fermées.
Ils tenaient au poing leur gourdin levé
Ils nous ont cherché, ils nous ont frappés
Chassant sur les chemins jeunes et vieux
dans la rue.
Ils nous ont tous bannis de nos foyers, et pourtant
Ils cherchaient encore le dernier vêtement
Au fond de l’armoire, le dernier grain de kacha,
L’ultime miette de pain !
La rue est morte dans un grand tumulte,
Dans un vaste cri.
La rue, elle paraît vide et pourtant,
Ils cherchaient encore.
Et d’aucuns se taisaient ! !
Oh, les silencieux, ceux qui ne disent rien !
Ils crient plus haut encore en vérité.
Ils regardent alentours, ah, leur seul regard !
Est-ce un cauchemar, dites-moi ou la réalité ?

Itzhark KATZENELSON


Alors que le peuple Juif se croyait en sécurité en France (c’est pour cela que de nombreux Juifs d’Europe de l’Est avaient choisi la France comme pays d’accueil), une monstrueuse rafle fut opérée à Paris et dans toute sa banlieue. C’est la rafle du VELODROME D’HIVER, la grande rafle, la rafle du VEL D’HIV.

Bien que ce « sujet » ne soit guère populaire, je ne peux m’empêcher d’en parler. J’ai conscience que tous les témoignages et articles parlant de la rafle sont insupportables, intolérables. Mais il me serait plus insupportable encore de me taire. Ces dates des 16 et 17 juillet ne doivent pas être oubliées. Le Peuple Juif a toujours été victime de la haine, du mépris, de jalousies, de préjugés honteux et ignobles, de la méchanceté et de la cruauté la plus vile.

Il faut regarder la vérité en face en reconnaissant la grande responsabilité de la France, en collaboration avec l’Allemagne qui n’aurait pas pu agir seule. Il faut affronter le passé pour espérer pouvoir changer l’avenir. On connaît maintenant l’initiative purement française dans la mise en place de sa politique anti-juive et dans l’élaboration par le gouvernement de Vichy de son statut des Juifs (lois du 3 octobre 1940).

Si certains ont pu prétendre que le gouvernement français avait cédé aux exigences allemandes, cette thèse est aujourd’hui largement dépassée. L’examen minutieux des archives laissées à Paris et à Berlin, a permis de ne déceler aucune trace d’instructions qui auraient été données à Vichy par les Allemands en 1940 pour lui faire adopter une législation antisémite. Les mesures anti-juives de l’Etat français sont issues d’une volonté française. Le directeur de cabinet du Maréchal Pétain témoigne que l’Allemagne ne fut pas à l’origine de la législation anti-juive de Vichy.

On peut se poser la question de savoir s’il n’y avait pas certains buts communs aux Français et aux Allemands. 60 ans après les évènements, nous constatons que le parcours suivi par l’Allemagne nazi sur la manière de résoudre la « question Juive » en France, peut se résumer de la façon suivante :

- définir
- recenser
- exclure
- spolier
- regrouper
- exterminer

En participant de manière active aux cinq premières étapes de cet engrenage, le gouvernement de l’Etat Français a contribué de façon active à parachever un processus engagé par les Allemands.

Jamais les 200 000 français et les 140 000 étrangers d’origine Juive vivant en France au début des années quarante n’auraient pu imaginer que le gouvernement de Vichy mis en place pour administrer la France sous le contrôle des nazis, anticiperait, préparerait et renforcerait bien souvent les mesures anti-juives.

Tous pensaient que la France resterait pour eux le pays de la liberté et des droits de l’homme, l’endroit où l’on pouvait enfin espérer être heureux.

Recensés, puis dépouillés de leurs biens en septembre quarante, exclus de leurs professions et donc réduits à la misère un mois plus tard, les Juifs de France furent marqués de l’étoile jaune à partir de mai 1942, environ un mois et demi avant la « grande rafle ».

Raflés par la police française dès 1941 et surtout à partir de la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942. 80 000 personnes vinrent ainsi remplir les nombreux camps d’internement français, gardés par des français et victimes de la cruauté de leurs geôliers. Ces camps, servaient tous d’antichambres de la mort.

Je me suis rendue en juin 2002 à la Communauté Evangélique de Darmstadt en Allemagne. Les sœurs de cette communauté ont sur le cœur un fardeau de culpabilité qui ne les quitte pas.

J’ai été très émue par les paroles que sœur PISTA a déclarées le jour de Yom Hashoah à Jérusalem. Chacun de ses mots pénétrait dans mon cœur car chacun de ses mots était conduit par un amour incommensurable et une sincérité de repentance bouleversante. J’ai d’ailleurs dit à la Communauté que l’Allemagne n’était pas la seule coupable et qu’en tant que française, je ressentais que notre nation devait aussi confesser cette culpabilité envers le Peuple Juif, cesser de la cacher et reconnaître que l’Allemagne n’aurait pas pu agir sans sa collaboration.

Sœur Pista – Yom Hashoah à Jérusalem

En tant qu’Allemands, nous avons plus de raisons que quiconque de confesser nos péchés et ceux de notre peuple. Nous ne pouvons pas fuir notre passé. Notre culpabilité nationale est si grande que, même si nous faisions des cultes de repentance pour le reste de nos vies, ils ne suffiraient jamais pour les six millions qui sont morts de façon terrible.

Une fois, quelqu’un a dit quelque chose de bien simple, mais qui a touché mon cœur et que je ne peux oublier : « Si seulement j’avais six millions de larmes pour pleurer ce crime… Et pourtant ce ne serait qu’une seule larme pour chacun de ceux qui ont péri dans la shoah !

Pouvons-nous , Allemands continuer vraiment à marcher sous un ciel ouvert dans notre patrie, le jour sous le soleil et la nuit sous les étoiles en jouissant de cela sans avoir des sentiments de honte ? Ne devrions-nous pas nous rappeler sans cesse, que sous ce même ciel au milieu de notre peuple, jour et nuit, des flammes gigantesques ont monté des corps brûlants de millions de personnes ? Ces flammes n’étaient-elles pas comme un cri de désespoir et comme un doigt d’accusation ? En effet, le soleil ayant vu ces crimes devrait voiler ses rayons et les étoiles refuser de briller.

Mais ce n’était pas seulement le soleil, les étoiles et le ciel qui l’ont vu. Le cœur de D-ieu le Père, a du en être témoin. Quelle affliction inimaginable doit-Il avoir subi lorsqu’Il a regardé et vu les horreurs des camps de concentration, toutes ces personnes désespérées qui étaient Ses créatures, Ses enfants et membres de Son peuple élu et bien-aimé !

Emmanuel LEVINAS :

« Cette destruction rend impossible et odieuse tout propos et toute pensée qui l’expliqueraient par les péchés de ceux qui ont souffert ou sont morts. »

Lorsque les lois discriminatoires de Vichy à l’encontre des Juifs ont été promulguées, il faut savoir que le « terrain » avait été préparé des années auparavant pour alimenter des haines fondées sur des préjugés, le tout par des propagandes grotesques visant à faire croire que le Juif représentait une menace mondiale (le péril Juif). Tout ce venin honteux et immonde s’est infiltré au fil des années dans les mentalités, préparant ainsi la funeste tragédie des années quarante.

La RAFLE DU VEL D’HIV est une bien triste et lamentable date du calendrier français. Les 16 et 17 juillet 1942, la « grande rafle » fut opérée dans tout Paris et sa banlieue. Quelle ironie, juste après la grande fête nationale où les foules sont en liesse et se réjouissent ! Eh bien, sachez que la date initialement prévue par LAVAL pour la rafle était le 13 juillet 1942. Mais, le 10 juillet, on s’aperçoit que la date du 13 a « l’inconvénient » d’être la veille de la fête nationale, et on décide de reporter la rafle au 16, pour ne pas « gâcher » les festivités !

Et à l’aube du 16 juillet 1942, dans toute la capitale et ses environs, c’est l’horreur, la honte et la désolation…

Témoignages :
« La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et un sauve-qui-peut général s’ensuivit. Tous ceux qui le pouvaient s’enfuyaient à peine vêtus, et cherchant asile chez des voisins français, chez des concierges, dans des caves ou des greniers. Là où les portes ont été ouvertes ou parfois forcées, on vit se produire des scènes déchirantes. . Des femmes s’évanouissaient, des enfants hurlaient et présentaient même des chocs nerveux d’une violence inouïe. Dans leur désespoir, beaucoup de ces persécutés ont eu recours au suicide. Une mère a jeté ses quatre enfants par la fenêtre d’un 4ème étage, puis s’est précipitée pendant qu’on forçait sa porte. Une petite fille de 10 ans a sauté du 3ème étage, affolée. Mais c’est surtout la razzia des enfants qu’il faut souligner. C’est à partir de 2 ans que les enfants ont été considérés comme aptes pour les camps de concentration. Dans plusieurs cas, en l’absence des parents, on a pris des enfants de 6, 10, 12 ans… Les cris et les pleurs remplissaient les rues. Les voisins, les passants, ne pouvaient s’empêcher de pleurer… »

Au cours de cette monstrueuse rafle,12 884 arrestations ont été comptabilisées. 7 000 personnes, parmi lesquelles plus de 4 000 petits enfants, ont été conduites, entassées dans les autobus parisiens au Vélodrome d’Hiver où elles furent enfermées pendant cinq jours.

Témoignage d’une infirmière de la Croix-Rouge
J’ai assuré le service en qualité d’infirmière de la CRF au Vélodrome d’Hiver les 16, 17, 18, 19 juillet 1942, de jour et de nuit, sans médecins sauf ceux qui faisaient partie des Juifs expulsés (comme on les appelait). Il n’y avait pas de médicaments ni d’appareil médical. Le service policier était assuré par de nombreux gardes mobiles français qui étaient commandés par des Allemands en civil. Travail très actif pour nous infirmières, mais horriblement triste et douloureux car nous manquions du nécessaire, et ne pouvions guère que soutenir le moral de tous ces homme, femmes et enfants arrêtés à leur domicile, dans la rue et même dans les hôpitaux où ils étaient en traitement. Aucune installation sanitaire, pas de lavabos ni de WC. L’eau était coupée et nous étions obligées d’aller chercher de l’eau dans des brocs pour étancher leur soif… Aucune nourriture sauf la soupe envoyée par la Croix Rouge, mais en toute petite quantité pour en donner à tous. Atmosphère étouffante et nauséabonde, crises de nerfs, hurlements, pleurs des enfants et même des grandes personnes qui étaient à bout de forces physiques et morales, plusieurs fous qui semaient la panique, tout pêle-mêle sans possibilité de couchage, aucun matelas, et entassés les uns sur les autres. Beaucoup de malades contagieux surtout parmi les enfants. Ces derniers étaient mis à même le sol dans les loges qui entouraient la piste centrale, par catégorie de maladies, et emmenés tous les soirs, mais nous n’avons jamais connu quelle était la destination, ni le sort qui leur était réservé.

Benjamin FONDANE
Vous n’avez pas connu les désastres de l’aube, les wagons à bestiaux, et le sanglot amer de l’humiliation, accusés d’un délit que vous n’avez pas fait, du crime d’exister, changeant de nom et de visage pour ne pas emporter un nom qu’on a hué, un visage qui a servi à tout le monde de crachoir !

Jean-Claude MOSCOVICI
Rescapé du camp de Drancy
Beaucoup d’enfants pleuraient. La plupart d’entre eux n’avaient plus leurs parents et étaient seuls. Il en était ainsi de presque tous les enfants qui étaient internés, comme les 4 000 qui en deux semaines, sur l’initiative du gouvernement français de Vichy, et en particulier de son président Pierre LAVAL, étaient arrivés avant nous, arrachés à leurs parents simplement parce qu’ils étaient Juifs.

Georges WELLERS

Ancien interné de Drancy
Témoin de l’arrivée des enfants
Arrêtés lors de la rafle du Vel d’Hiv


Dans la deuxième moitié d’août 1942, on amène à Drancy 4000 enfants sans parents. Ils étaient âgés de 2 à 12 ans. On les déchargea des autobus comme des petites bestioles. Aussitôt, les plus grands prenaient par la main les tout petits et ne les lâchaient plus pendant le court voyage vers leurs chambrées. Dans l’escalier, les plus grands prenaient sur leurs bras les plus petits et essoufflés, les montaient au quatrième étage. Là, ils restaient les uns à côté des autres comme un petit troupeau apeuré, hésitant longtemps avant de s’asseoir sur les matelas d’une saleté repoussante. Les enfants se trouvaient par 100 dans les chambrées. On leur mettait des seaux hygiéniques sur le palier puisque nombre d’entre eux ne pouvaient descendre le long et incommode escalier pour aller aux cabinets. Les petits, incapables d’aller tout seuls attendaient avec désespoir l’aide d’une femme volontaire ou d’un autre enfant. C’était l’époque de la soupe aux choux à Drancy. Très rapidement tous les enfants souffrirent d’une terrible diarrhée. Ils salissaient leurs vêtements, ils salissaient leurs matelas sur lesquels ils passaient jour et nuit. Chaque nuit, de l’autre côté du camp, on entendait sans interruption les pleurs des enfants désespérés, et de temps en temps les appels et les cris des enfants qui ne se possédaient plus. Ils ne restèrent pas longtemps à Drancy. Deux ou trois jours après leur arrivée, la moitié des enfants quittait le camp en déportation avec 500 grandes personnes étrangères. Deux jours plus tard, c’était le tour de la deuxième moitié. Le jour de la déportation, les enfants étaient réveillés à 5 heures du matin, et on les habillait dans la demi obscurité. Il faisait souvent frais à 5 heures du matin, mais presque tous les enfants descendaient dans la cour légèrement vêtus. Réveillés brusquement dans la nuit, morts de sommeil, les petits commençaient à pleurer, et peu à peu les autres les imitaient. Ils ne voulaient pas descendre dans la cour, se débattaient, ne se laissaient pas habiller. Il arrivait parfois que toute une chambrée de 100 enfants, prise de panique et d’affolement invincibles, n’écoutait plus les paroles d’apaisement des grandes personnes, incapables de les faire descendre. Alors, on appelait les gendarmes qui descendaient sur leurs bras des enfants hurlant de terreur.

Francine CHRISTOPHE
Internée au camp de Drancy à l’âge de 8 ans


Oh les troupeaux d’enfants qui défilent le crâne rasé, les joues creuses, en haillons, de temps en temps attachés par des ficelles les uns aux autres. Généralement enfants Juifs d’Europe Centrale, automatiquement séparés de leurs parents et maltraités jusque dans leur pays de refuge. Les plus petits marchent à peine, les plus grands douze ou treize ans peut-être, les aident. Des troupeaux de vingt, trente, cinquante, cent enfants. Nous leur demandons leurs noms, leurs âges et il ne répondent pas. Chiens battus, hébétés, ils ont tout oublié. Les troupeaux de moutons dans les prairies, ça batifole un peu, les troupeaux de vaches dans les chemins campagnards, ça s’arrête pour attraper un brin d’herbe. Les troupeaux d’enfants Juifs dans les camps, ça n’a plus d’âme, ça avance tout droit, les yeux vagues, lents et morts déjà. Ah maman, je n’en peux plus de voir ça. Je me jette dans ses bras, je m’accroche à elle du plus fort que je peux comme ces petits ont du s’accrocher à leurs mères quand on les leur a prises. J’en ai vu qui ont les bras griffés parce qu’elles ont du se cramponner jusqu’à les retenir avec leurs ongles.

J’ai voulu me rendre en août 2002 au Vélodrome d’Hiver. Je savais qu’il se trouvait près de la Tour Eiffel, et je me suis rendue à la station de métro la plus proche. Là, j’appris avec stupéfaction qu’il avait été rasé, je n’en savais même rien, et qu’à sa place, on y avait construit le Ministère de l’Intérieur ! Je pris la direction qu’on m’indiquait, et je reconnus les grands pylônes du métro aérien que j’avais vus dans des films relatant le « Vel d’Hiv ». Ma gorge se noua et une violente émotion m’étreignit. J’aperçus deux grandes étoiles de David, et je m’approchai très émue. Il restait seulement une toute petite esplanade d’herbe qui rappelait ce lieu, avec les deux étoiles de David composées de fleurs, quelques plaques avec des inscriptions, et juste derrière, sur le lieu même de l’ancien vélodrome d’Hiver, un immense bâtiment moderne à plusieurs étages : le Ministère de l’Intérieur.. J’ai ressenti à ce moment des sentiments d’impuissance et de colère, mêlés d’une tristesse infinie. Quelle aberration, quelle « ironie du sort » quand on pense que des lettres et décrets émanant du Ministère de l’Intérieur, des préfectures et des commissariats de police dans les années quarante, ont contribué activement à la mise en place des lois antisémites et de l’organisation de la rafle du Vel d’Hiv !

Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste
Tout est vanité !
J’ai encore vu sous le soleil
Qu’au lieu établi pour juger
Il y a de la méchanceté,
Et qu’au lieu établi pour la justice
Il y a de la méchanceté.
J’ai dit en mon cœur :
D-ieu jugera le juste et le méchant.
Ecclésiaste 3 V 16

Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste,
Tout est vanité !
J’ai considéré ensuite toutes les oppressions
Qui se commettent sous le soleil.
Et voici, les opprimés sont dans les larmes
Et personne ne les console !
Ils sont en butte à la violence
De leurs oppresseurs,
Et personne ne les console !
Ecclésiaste 4 V 1

« Malencontreux hasard » ou « ironie du sort » aussi, lorsqu’à mon retour de Drancy, j’appris avec stupeur qu’au Vélodrome d’Hiver, trois grandes « campagnes d’évangélisation », les deux premières avec Billy Graham, se déroulèrent en ce lieu en 1955, 1957, et 1958, avec des milliers de participants qui, apparemment, ignoraient complètement ce qui s’y était passé en juillet 1942 ! Cette information m’a laissée complètement abasourdie et cela m’a fait mal, très mal, car j’imaginais le désespoir, la désillusion, le sentiment d’abandon, de rejet et d’incompréhension qu’ont pu ressentir les Juifs qui passaient devant le Vélodrome d’Hiver pendant ces « campagnes » !

Vous qui avez pleuré deux mille ans
Un qui a agonisé trois jours et trois nuits.
Quelles larmes aurez-vous
Pour ceux qui ont agonisé
Beaucoup plus de trois cents nuits
Et beaucoup plus de trois cents jours ?
Combien pleurerez-vous
Ceux-là qui ont agonisé tant d’agonies
Et ils étaient innombrables
Et ils savaient que vous ne pleureriez pas

Charlotte Delbo - Auschwitz


Tous les ans, le dimanche qui suit la date anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, une journée du souvenir se déroule à Paris, mais aussi dans toutes les villes de France. Pour cette année 2008, c’est le dimanche 20 juillet.

Ces journées du souvenir et de la mémoire sont très éprouvantes pour le Peuple Juif, mais je souhaite du fond du cœur que de plus en plus d’amis, au fil des années, viennent s’ajouter afin d’apporter par leur présence soutien et réconfort.

Aimer signifie partager les joies mais aussi les larmes, et porter avec ceux qui souffrent l’insupportable. Il n’est pas juste que le Peuple Juif, victime de tant et tant de souffrances, porte seul le poids énorme du souvenir et de la mémoire.

Souviens-toi

N’oublie pas !


Souvenez-vous non pour haïr ou pour entretenir
de vieilles querelles, mais pour être vigilants,
pour dénoncer et poursuivre toute résurgence
de racisme et d’antisémitisme.





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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 09:34

                                                              Carte de la Campagne de Tunisie

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2f/Tunisia30Janto10Apr1943.jpg

Voici la suite de l'article remarquable de Roland Aloni que je remercie et je me permets  de le publier pour faire connaitre l'Histoire peu connue de la Tunisie pendant cette période de la lutte contre les forces de l'Axe.

*Roland Aloni, M.A d'histoire né à Tunis.  r_aloni@bezeqint.net

    **Cet article a été écrit à l'occasion du cinquantenaire de la libération de Tunis par les Alliés, le 7 mai 1943

    Malgré la surprise, la riposte des Forces de l'Axe au débarquement Allié au Maroc et en Algérie fut foudroyante, tant du point de vue de la rapidité d'exécution plus que du point de vue des moyens employés: le 10 novembre 1942, moins de 48 heures après le débarquement allié, les premiers avions allemands atterrissaient à Tunis. D'après les rapports militaires 100 avions allemands atterrirent à El-Aouyna le 9 novembre 1942. Les Allemands débarquèrent quotidiennement 750 hommes par air et transportèrent par mer quelques 1900 hommes une grande quantité d'armes, de munitions et de matériel (4).

  Les Forces françaises, y compris la Défense Contre Avions ne réagirent pas et permirent aux avions Allemands d'atterrir et de débarquer personnel et matériel sans empêchement (les unités de D.C.A se retirèrent et s'installèrent aux approches du terrain d'EL-AOUYNA pour "protéger les forces de l'Axe").(5). 

 Le 11 novembre, des vedettes rapides Allemandes débarquent à Tunis et à Bizerte. Le 12 novembre, le 190 aime. Bataillon de reconnaissance  blindée, deux compagnies du 5 aime. Régiment Parachutiste et une compagnie du 104 aime Régiment de Panzer Grenadier   arrivent à Tunis (Ces unités  furent retirées des renforts destinés à Rommel). Les troupes allemandes en Tunisie furent placées sous le commandement du Général Nehring. (6).

 Des l'arrivée des premières troupes allemandes,  arrivèrent les premiers éléments de S.S. sous les ordres du Colonel Rauff, de sinistre mémoire (Le Colonel Rauff a été à l'origine de l'idée d'assassiner les Juifs par empoisonnement par  le gaz, dans des camions fermés, dont le pot d'échappement a été retourné vers l'intérieur du camion).(7).

    Le dilemme qui se posa aux Autorités Militaires était de savoir qui était l'ennemi contre lequel il fallait défendre le Territoire: était-ce l'Allemand qui violait le 8 novembre la Ligne de Démarcation et envahissait la Zone Libre ou les Forces Alliées qui débarquaient en divers points sur les cotes du Maroc et d'Algérie?

 Les journées suivantes (particulièrement les 9 et 10 novembre 1942), durant lesquelles les ordres et contre-ordres se suivirent, furent décisives: la confusion des chefs de l'Armée Française en Tunisie, a joué un role primordial sur le sort de la Tunisie et de sa population. Le 11 novembre (invasion de la zone libre par les Allemands), le Général Barré reçoit l'ordre du Général Juin, commandant en chef des forces françaises en Afrique du Nord, de repousser par la force toute tentative d'intervention des forces de l'Axe en A.F.N.(8). Par contre, l'Amirauté Française ordonnait, le mème jour, au Commandant Maritime de Bizerte, de laisser passer sans se mêler à elles, les forces italo-allemandes débarquant en Tunisie(9). Comme on peut le voir, la confusion était comble.

Le Général Barré décida de se replier sur la position de couverture, vers l'Ouest, pour y permettre la concentration des forces Françaises(10).

 Débarquées le 8 Novembre, les Forces Alliées firent des efforts considérables pour gagner la course vers l'Est, et couvrirent la distance de presque cinq cents kilomètres qui séparent Alger de la région de Tunis, en moins de deux semaines   (du 8 au 20 Novembre). La retraite des troupes du Général Barré et leur concentration sur la ligne de défense citée plus bas, déterminera un front plus ou moins stable durant l'hiver 1942-1943. La campagne de Tunisie était ainsi commencée.

 Churchill, dans ses Mémoires de Guerre, retient le fait  de la confusion dans les rangs du Commandement Français: "Le Général Barré, déconcerté, emmena finalement vers l'Ouest le gros de la garnison française et se plaça lui-même sous les ordres du Général Giraud. Mais à Bizerte, quatre destroyers et six sous-marins se rendirent aux Forces de l'Axe" (11).

 Un fait est irréfutable: toute la région côtière de la Tunisie, jusqu'aux approches de la Dorsale Orientale, a été abandonnée aux Allemands et aux Italiens sans aucune résistance sérieuse, à part quelques essais d'actions retardatrices, destinées à couvrir la retraite des troupes françaises. L'Aviation Française de Tunisie se replia le 8 novembre à Djédeida (12) et de là à Biskra, dans le Sud-Ouest(13), alors que dans son instruction personnelle secrète (I.P.S.) du 22 août 1942, le Général Barré avait fixé à l'Aviation une mission d'action retardatrice(14).

 

Les seules considérations qui influencèrent la décision de l'Etat Major des forces Françaises d'Afrique du Nord, de ne pas défendre  le littoral de la Tunisie furent uniquement  militaires et ne tinrent aucun compte de la population  civile qui fut ainsi abandonnée, sans défense, aux forces Allemandes.

    Le Maréchal Juin, Commandant les Forces Françaises d'Afrique du Nord, mentionne, dans ses Mémoires, le fait que le Général Barré, Commandant Supérieur des Troupes  de Tunisie   (C.S.T.T), ne fit pas acte de résistance et, en fait, se replia sans avoir causé les moindres pertes ou les moindres retards aux forces de l'Axe.(15).

     Les Forces Françaises se replièrent vers l'Ouest, et se formèrent en deux dispositifs de défense. Le 19 novembre 1942, dix jours après le débarquement des premières forces de l'Axe, le plan de défense du Général Barré était de former une ligne de défense basée sur la Dorsale Orientale, en vue de défendre les voies qui menaient vers l'Algérie. Le dispositif se présentait comme suit: -Au Nord-Ouest, concentration sur Medjez-el-Bab, Téboursouk, Béja, Souk-el-Arba, Le Kef. Au Sud-Ouest, concentration sur El-Méridj, Tébessa et Gafsa. La  zone de Bizerte, formait une zone autonome qui dépendait du Commandant de la Marine. (16).

 La rapidité de la riposte des Forces de l'Axe, aidée par la confusion des Forces Françaises, qui permirent un débarquement de tout repos aux Forces Allemandes, annoncera pour la population   juive de Tunisie le début d'une période de peur et souffrances.

  Les hésitations des chefs Français en Tunisie privèrent les Alliés d'un succès complet (17). Le 10 novembre 1942, les Forces Françaises de Tunisie comptaient la valeur d'une division, manquant de matériel mais étant en mesure d'opposer une résistance au débarquement Allemand. Fin novembre 1942, les forces de l'Axe en Tunisie comptaient 15000 combattants, 100  chars, 60 pièces de campagne et 30 canons anti-chars.(18).

   Une question se pose, au sujet d'une prise de position plus rapide du Commandement Supérieur des Forces Françaises en Tunisie:    Que serait-il arrivé si les Forces Françaises avaient réagi et défendu l'approche des aérodromes, empêchant ou, au moins, essayant d'empêcher les Allemands d'occuper sans résistance la Régence, quitte à se replier en  combattant, retardant par-là le débarquement ? L'alerte était donnée, les forces étaient en place, et il suffisait de donner l'ordre de résister.  Le temps ne  manqua pas, les possibilités matérielles non plus, comme le prouve la quantité de matériel qui fut évacué vers l'Algérie: 280  Fusils-Mitrailleurs, 6 canons Anti-Chars de 47, 3 canons Anti-Chars de 20, 3 mitrailleuses Anti-Aériennes de 20, 800 véhicules, 75000 litres d'essence, 147 locomotives, 2500   wagons, 2650 tonnes de charbon, 4600 tonnes de matériel de chemin de fer. (19).

 Il est permis de supposer qu'une résistance Française, mème provisoire aurait permis aux Forces Alliées une progression plus rapide vers la Tunisie et, qui sait, aurait évité à la population l'occupation avec toutes ses souffrances et ses brimades.

  

ANNEXE 1

                                                

PRiNCIPALES DATES A RETENIR

1942

9  MAI .IPS  du Général Juin concernant la défense de la TUNISIE.     

23  OCTOBRE-4 NOVEMBRE - victoire Britannique d'El-Alamein.

6  NOVEMBRE. Détection d'importants convois alliés à Gibraltar.

7  NOVEMBRE. Offre Allemande d'aider la France a combattre les  Forces Alliées.

7 NOVEMBRE. Mise en alerte des troupes de Tunisie à l'execption de la garnison du KEF.

8 NOVEMBRE. Le Conseil des Ministres de Vichy accepte l'offre  Allemande d'aide aérienne à partir de Sicile et d'Italie. Nous n'avons pas de preuves que cette  decision  ait été portée à temps à la connaissance du Commandant Supérieur des Troupes Françaises de  Tunisie (voir le télégramme du C.S.T.T à Vichy, daté du 9 Novembre à 14 h. de Tunis).

8  NOVEMBRE. Débarquement des forces alliées au Maroc et en  Algérie.

8 NOVEMBRE. Atterrissages à EL AOUYNA et à BIZERTE.

8  NOVEMBRE. Accoste de vedettes rapides Allemandes a Bizerte et à La Goulette.

8-11  NOVEMBRE. Phase d'hésitations du Commandement Francais en Tunisie.

2-18  NOVEMBRE. Concentration des Troupes de Tunisie. Retrait vers l'Ouest des Forces Françaises en vue de défendre  la Dorsale Orientale.

11  NOVEMBRE. L'Armée Allemande envahit la Zone Libre.

19  NOVEMBRE. Combat de Medjez-El-Bab.

23 NOVEMBRE. Arrestation du Président de la Communauté Juive de Tunisie.

25 NOV-10 DECEMBRE. Tentative Britannique vers Tunis (à partir de Tabarka et de Souk El Arba). Tentative qui échoua.

8  DECEMBRE. Lévée de Travaiilleurs Juifs.

9 DECEMBRE. Rafle de Juifs pour les camps de travailleurs au front. Répartition des travailleurs comme suit: 750 dans la région de Massicault Ford-Frendj,Ksar-Tyr et Bridja, 500 à Zaghouan, 250 à Sainte Marie du Zit à la disposition de l'armée  Italienne; 150 ont été envoyés à Katch-Baya dans la région de Mateur.

10 DECEMBRE.1000 Travailleurs dirigés sur Mateur. La moitié est dirigée sur Bizerte.

12 DECEMBRE. Premier travailleur Juif tue par les Allemands.

17  DECEMBRE.650 travailleurs, dont 500 a l'aéroport d'El Aouyna, 100 au Port et 50 au dépot de munitions du Belvedere. 

19 DECEMBRE 1942-17 JANVIER 1943. Echec de l'offensive du C.S.T.T sur Pont Du-Fahs.

21 DECEMBRE.Départ de 350 hommes sur Bizerte.

22  DECEMBRE.Amende de 20 millions de francs imposée a la communauté Juive.

24 DECEMBRE.134 hommes pour Cheylus, 556 pour Ksar-Tyr.

28 DECEMBRE.166 hommes pour Bizerte.

1943

 Début JANVIER. Bombardement de Bizerte et du port de Tunis par les Alliés. Plusieurs travailleurs blessés.

18 JANVIER-23 FEVRIER 1943. Offensive Allemande tendant à conquérir la Dorsale Tunisienne et à couvrir les arrières des troupes Allemandes d'Afrique.

21-28  MARS 1943. Combat sur la Ligne Mareth-Victoire Alliéee. Retraite des Italiens vers le Nord.

16  MARS-20 AVRIL 1943. Offensive générale Alliée.

20  AVRIL-13 MAI 1943. Phase finale de l' offensive Alliée,  capitulation des troupes de l'Axe.

7 MAI 1943. Libération de Tunis par les forces Alliées.

MI-MAI 1943. Fin de la campagne de Tunisie.

 

ANNEXE  2

NOTES

 1. Juin, Marechal, Mémoires,I, Alger, Tunis, Rome Librairie Arthème Fayard (Paris, 1959), pp 49,50.

2. Les Forces Françaises Dans la Lutte Contre les Forces de l'Axe en Afrique, la Campagne de Tunisie 1942-1943. Ministère de la Défense, Etat Major de l'Armée de Terre, Chateau de Vincennes, 1985, p 69.

3. Warlimont, Walter, Inside Hitler's Headquarter 1939-1945, Weidenfeld and Nicholson (London, 1964), p 238.

4. Major-general I.S.O Playfair and Brigadier C.J.C Molony, the Mediterranean and Middle East Volume IV, The Destruction of the Axis Forces in Africa, London 1966, Her Majesty's Stationnery Office, p 172.

5. Les Forces Françaises, op. cit. p 104.

6. Playfair, op.cit. p 172.

7. ENCYCLOPEDIA OF THE HOLOCAUST, Rauf p 1121, Eliron Associates, (TEL AVIV 1990).

8. Les Forces Françaises, op.cit. p. 90.

9. id. p. 92.

10. ibid. p. 101.

11. Churchill, Winston, Mémoires sur la deuxiéme Guerre Mondiale,IV, Le Tournant du Destin, Librairie Plon  (Paris, 1951), p.223. 

12. Les Forces Françaises, op.cit. p 78.

13. ibid. p 112.

14. ibid. p 397.

15. Juin, op. cit. pp.111,118.

16. Les Forces Françaises, op. cit. p. 68.

17. Churchill, op. cit. p 227.

18. Playfair, op. cit.

19. Les Forces Françaises, op. cit. p 112.

ANNEXE 3

BIBLIOGRAPHIE


1.  Les Forces Françaises Dans La Lutte Contre L'Axe En Afrique, LA CAMPAGNE DE TUNISIE 1942-1943. Ministère de la Défense, Etat Major de l'Armée de Terre, Chateau de Vincennes, 1985.

2.  THE MEDITERRANEEAN AND MIDDLE EAST VOLUME IV, The Destruction of the Axis Forces in Africa. BY MAJOR-GENERAL I.S.O PLAYFAIR and BRIGADIER C.J.C. MOLONY . LONDON,1966, HER MAJESTY'S  STATIONNERY OFFICE.

  .W. CHURCHILL, MEMOIRES SUR LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE, IV-LE  TOURNANT DU DESTIN, LIBRAIRIE PLON.( PARIS, 1951 ).

4. ROBERT BORGEL, ETOILE JAUNE ET CROIX GAMMEE                (ARTYPO 1944,TUNIS).                            

5.  PAUL GUEZ, SIX MOIS SOUS LA BOTTE,(TUNIS, 1944).

6. JUIN,Maréchal, MEMOIRES,I, ALGER,TUNIS,ROME  Librairie Artheme Fayard. (Paris, 1959).

7.  WARLIMONT, WALTER, INSIDE HITLER'S HEADQUARTER 1939-45,

Weidenfeld and Nicholson (London, 1964).

8._ENCYCLOPEDIA OF THE HOLOCAUST, Eliron Associates (TEL AVIV,1990)

La Bataille de Tunisie et Kasserine:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Kasserine

La Campagne de Tunisie,site du SGA:
http://www.defense.gouv.fr/sga/content/download/46022/457697/file/n34
-la_campagne_de_tunisie_dec.1942-mai_1943_mc34.pdf


  Mon père Ingénieur E.S.E faisait partie du Génie jusqu'en 1940.En 1942 fut crée un  tout nouveau bataillon de Transmission équipé de matériel moderne américain,et c'est là qu'il fit la Campagne de Tunisie . J'ai le souvenir
 ( hélas vague) de l'avoir entendu citer les noms de Passy,Pélabon,Guérin ,Merlin et De Monsabert. . Il parla un jour
de la violente contre-attaque des allemands à Kasserine qui menaça Tébessa à tel point qu'il dut se résoudre à couper le cablage électrique de sa station de Transmission pour l'évacuer  et éviter ainsi de la laisser tomber aux mains de l'ennemi .
J'ai retrouve les noms de ses chefs dans internet . 
Chez nous,dans un placard se trouvait une petite armoire à tiroirs . Comme je furetais partout,j'avais rapidement découvert des objets bizarres qui me revélèrent plus tard etre des lampes de radio inutilisables pour émetteur-récepteur datant  de cette époque .  Mon père m'expliqua alors que  son service fabriquait pour etre parachutés en France  des postes minuscules destinés à la Résistance .




  * "
Après le débarquement en Normandie, PASSY est parachuté en Bretagne, et le B.C.R.A. d’Alger est alors dirigée par l’ingénieur du Génie Maritime André PELABON (X1926)."

* Sur le Général de Montsabert,que l'on retrouvera dans sa glorieuse Campagne d'Italie:
http://infaf.free.fr/GU/ind_3DIA.htm

* "Le commandant du Bataillon est le Chef de Bataillon GUERIN Jean et son adjoint le Capitaine BOUCLEY Émile.

La caserne Lemercier à Hussein Dey est considérée comme étant le berceau du 45e Bataillon de Transmissions puisque c'est dans ses murs que s'est formé le bataillon des Sapeurs Télégraphistes. Devant l'importance grandissante des Transmissions, le 45e Bataillon de Transmissions s'installera dans le Bordj de Maison-Carrée. L'appellation des hommes de troupe reste pendant les premiers temps « Sapeurs Télégraphistes »."

Le Régiment de Transmission.

"1er juin 1942 : la subdivision « Sapeur Télégraphistes » du Génie devient l'Arme des Transmissions, par décret ministériel n° 3600/EMA/1 du 4 mai 1942, les transmissions deviennent une arme distincte du génie, au sein de l'armée d'armistice.
Moins de six mois après la création de l'Arme des Transmissions, le débarquement allié en Afrique du Nord entraîne l'invasion de la zone libre par l'armée allemande, et la fin de l'armée d'armistice. Néanmoins, le général Merlin prend à Alger la destinée de l'arme en main. Les transmetteurs reprennent le combat dans les campagnes de Tunisie, d'Italie, de France et d'Allemagne. Afin de privilégier l'engagement des hommes au combat, le général Merlin ouvre l'accès des transmissions aux femmes pour occuper des postes de centralistes téléphoniques et télégraphiques, et d'exploitants radio. Naît ainsi le corps féminin des transmissions. Ces spécialistes seront communément appelées « les Merlinettes ». Certaines participeront aux campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne.


Femmes sous l'uniforme
Les témoignages

 

De Tunis à l'Italie : 
le parcours d'une "Merlinette"

Par Paulette Vuillaume



D'une manière générale, il est rare que la parole soit donnée aux femmes pour parler d'une épopée, et notamment en ce qui concerne celle de notre Armée d'Afrique au cours de la seconde guerre mondiale. Et pourtant, combien d'entre elles participèrent à part entière à l'action, et notamment dans les services, et combien d'entre elles payèrent de leur vie le fait de remplir leur mission jusqu'au sacrifice ? On parle souvent de l'action des femmes dans la résistance et si peu de leur rôle au sein de l'armée combattante. 

Renée Cassin, lauréate de l'Académie française et des Arts et Lettres de France, dans un article paru dans L'Homme Nouveau du 19 juin 1994, écrivit : "Aucun ouvrage ne relate l'histoire du Corps Féminin des Transmissions, fondé en 1943 par le général Merlin en Afrique du Nord. Ce furent pourtant nos premières femmes soldats car, jusque là, l'engagement des femmes était interdit par la loi dans l'armée française. Elles furent en vérité non pas des civiles auxiliaires mais des soldats très souvent en première ligne, d'authentiques militaires". 

Qui mieux que le sergent-major Paulette Vuillaume, engagée volontaire en 1943 et Merlinette du C.E.F.I., peut en parler ? Laissons-lui la parole, dans un extrait de son ouvrage : Elles ont répondu "Oui" au général de Gaulle, où à travers de son histoire personnelle et des récits collectés auprès de ses sœurs de guerre, elle raconte leur odyssée. Ce témoignage a été publié dans le Bulletin de l'Association Nationale du Souvenir de l'Armée d'Afrique, n° 34, Janvier 2004.


Lors du débarquement du 8 novembre 1942, les effectifs français sont limités. Il devient nécessaire d'envisager l'incorporation de femmes volontaires dans les services auxiliaires de l'armée. 

De grandes affiches vont être placardées dans les rues du Maroc et de l'Algérie, puis à Tunis après la libération de l'occupation allemande. Ces affiches représentaient une jeune fille blonde et une jeune fille brune, militaire, avec la légende : "Jeunes filles, engagez-vous, votre place dans les bureaux permettra à un homme de prendre les armes pour reformer notre armée". 

L'afflux de ces volontaires fut considérable. Triées et choisies avec le plus grand soin, aussi bien pour leurs compétences que pour leurs qualités morales, les femmes du corps expéditionnaire français, depuis le premier jour jusqu'à la fin de la campagne d'Italie ont fait preuve d'une tenue magnifique. 

Poussées par la même flamme que les hommes, par le même idéal patriotique, augmenté d'être en terre étrangère, loin de la France occupée, ces Françaises se sont engagées volontaires pour la durée de la guerre. Certaines n'avaient pas 18 ans mais la classe 45 était la première admise au recrutement. Nous allions vivre confondues dans le meilleur esprit de camaraderie, appartenant à toutes les classes de la société, jeunes filles du peuple ou portant les plus grands noms de l'armorial. 

Officiers et soldats du C.E.F., moqueurs et sceptiques au début de la campagne, se sont bientôt inclinés avec respect devant ces camarades "au féminin".

Rien ne nous obligeait à quitter notre famille. Nous aurions pu rester tranquillement à regarder de loin les événements se dérouler. Les combattants hommes mobilisés en Afrique et rejoints par tous ceux qui avaient répondu à l'appel du général de Gaulle feraient leur devoir. Mais voilà, pour la première fois dans l'histoire, la patrie faisait appel à ses filles. Pouvait-on rester insensible ? La Lorraine que j'étais ne pouvait répondre que "présente". 

En accord avec le général de Gaulle, le général Merlin avait créé à Alger, dès février 1943, le corps féminin des transmissions. 

Le surnom de "Merlinettes" était lancé. Ces jeunes filles, engagées volontaires pour la durée de la guerre, allaient faire partie du corps expéditionnaire français en Italie en qualité de simples soldats. 

Les jeunes femmes déjà incorporées, qui venaient du Maroc ou d'Algérie, après une visite médicale très sérieuse et des testes d'aptitude préalables à la formation d'opératrices des transmissions, faisaient leur instruction à Hydra (Alger). 

Engagées sitôt la libération de Tunis par les Alliés en mai 1943, nous étions internes au lycée Armand Fallières, à Tunis, sous le commandement du capitaine Delorme (père blanc de Carthage), aumônier général de toutes les troupes d'Afrique du Nord, particulièrement sévère sur la bonne moralité de ses "ouailles". "Vous oubliez votre condition féminine, vous devenez des soldats", dira-t-il dès le début. La mutation dans la peau d'un garçon ne se fera pas sans mal, l'égalité des sexes n'avait pas encore vu le jour. Finis la coquetterie, le maquillage, etc. 

Déclarées "bonnes pour le service", nous étions strictement soldats de deuxième classe, classe 45, incorporées au 44e bataillon de transmissions de Tunis, Paulette Vuillaume, matricule 23 (mineure).

Tous les matins durant quatre mois, nous allions suivre des cours des trois disciplines des transmissions : radio, télétypiste, standardiste.

Nos instructeurs du génie nous formaient avec patience et compétence. Ils nous apprirent même les installations des postes de communication. Nous montions dans les arbres (faute de pylônes) pour tirer les lignes aériennes. Les épissures devaient être parfaites. 

Nous étions de véritables petits sapeurs. Rapidité et dextérité seraient primordiales dans la fonction qui allait être la nôtre : transmettre principalement les messages codés. 

Les après-midi étaient réservés aux exercices physiques... tous les entraînements destinés aux "bleus" nous étaient imposés... l'enseignement militaire nous était dispensé avec vigueur. Nous avons été habillées en civil jusqu'au jour où un tailleur militaire vint prendre nos mesures pour confectionner nos uniformes de "soldats". Il coupait des jupes pour la première fois dans l'armée... Notre première permission chez nos parents en tenue fut aussi celle de l'au revoir. 

"Faites en sorte de faire respecter l'uniforme que vous portez", avait ajouté le Père Delorme.  

Après cinq mois, fin prêtes en technique, théorie et pratique, nous allions quitter Tunis pour Alger, mutées au 45e bataillon de transmissions, en vue de regrouper toutes celles qui partiraient au C.E.F. 

Le rassemblement sous les tentes installées à Hydra, sur les hauteurs d'Alger, nous fit découvrir cet amalgame de tous les services du C.E.F. réunis dans un même esprit, un même idéal. Nous n'allions pas être les combattantes de première ligne, mais nous porterions sur notre cœur le même insigne en cuivre, le coq gaulois qui se dressait sur ses ergots. Nous allions représenter un seul et unique soldat, le soldat de l'Armée Française d'Italie de 1944.

A Hydra, l'entraînement physique sera intensif. Ayant échangé nos tenues françaises pour le paquetage G.I. américain, nos treillis d'hommes nous donnent l'allure de jeunes conscrits, d'autant plus qu'il nous a fallu passer chez le coiffeur pour une coupe obligatoire "à la garçonne". Celles qui avaient de longues tresses durent les sacrifier. 

Une inspection du général Merlin est annoncée... Les femmes officiers l'accompagnent. Elles ont fait l'école des cadres d'Hydra, elles ont plus de 21 ans. Leur gentillesse permettra des rapports bienveillants à notre égard, comme des sœurs aînées. Ce jour là nous apprendrons notre départ imminent pour Oran, afin de rejoindre l'Italie. Nous embarquerons sur un transport de troupes anglais. Dorénavant, nous appartenons à la compagnie 807 des transmissions du C.E.F.I.

Après la campagne d'Italie, ce fut l'épopée de la Première Armée Française et le général d'armée Jean de Lattre de Tassigny pouvait écrire :

"Les volontaires féminines de la Première Armée, quelle que fût leur tâche, obscure ou exaltante, ont fait preuve d'un dévouement souriant, d'un zèle sans défaillance, certaines d'un héroïsme magnifique. Elles peuvent être fières de la part qu'elles ont prise à notre victoire. Que demain sous l'uniforme encore ou de retour dans leurs foyers elles restent intimement fidèles à l'esprit de l'armée "Rhin et Danube". Ainsi continueront-elles à bien servir la France".

 

 

     
  Matériel de Transmission de la 2ième Guerre Mondiale

  BC-375, BC-348

 

 

 Evidement je n'ai que survolé pour le lecteur ce sujet de la Campagne de Tunisie .

Pour respecter l'ordre chronologique j'aurai du parler auparavant des combats glorieux  d'El-Alamein et de la bravoure des Anglais et des soldats de la France Libre dans le désert . Mais j'ai voulu seulement  accompagner les Correspondances de Fernand Pistor,qui dans le prochain article nous écrira longuement  d'Italie .


 

                                                            

 

 

 

                                                  Fin de la Campagne de Tunisie



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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 07:55
Actualités.
Alors que je viens juste de recevoir par la poste ce Livre de Pistor tant désiré,et que je m'efforce impatiement mais délicatement de l'extraire de son cartonnage et de ses kilomètres de papier collant qui  le font ressembler au déroulement des bandelettes d'une momie,j'écoute aussi les informations de Kol-Israel.Disons  que depuis toujours je suis  un habitué de ces nouvelles délivrées  au moins à chaque heure en temps de calme et le plus souvent hachée par un indicatif spécial de mauvais présage .Ainsi se résume hier  la situation des Kibboutz au Nord Néguev  plus de 50 obus de mortiers,Katiouchas et fusées Grad sont tombés au hasard ,semant la terreur chez les civils israéliens qui doivent depuis sept années à chaque sifflement venant du ciel s'aplatir sur le sol,sous les tables en classes,ou les cages d'escaliers, 10 secondes pour trouver un abri qui n'existe pas .Ces tirs nourris d'hier  pour camoufler l'explosion accidentelle en plein Gaza d'une machine infernale destinée à etre introduite en Israel .Machination machiavélique qui a échoué .Et un mensonge de plus sur leur volonté de Paix ,dévoilé au grand jour .Le feu  déclenché par les explosions ravagent encore les champs cultivés avec tant de peine et de danger par les paysans hébreux et a détruit aussi les grandes serres où sont cultivés sur des sols artificiels arrosés au goutte à goutte les tomates et fleurs qui ont rendu célèbres ce type de culture dans la zone désertique .
Je n'ai pas besoin de chercher loin pour entendre un courageux correspondant de guerre : là-bas chaque habitant israélien en est un malgré-lui.

J'ouvre enfin les Correspondances de Pistor.Il en a été tiré 300 exemplaires numérotés .Je ne suis pas un de ces heureux possesseurs.Mais je me contente  de l'avoir trouvé chez un libraire du Midi de la France,de cette Provence  que Pistor aimait tellement ,comme l'Algérie .
Ainsi accueillent le lecteur ces  mots d'Albert Camus extraits de "Correspondance inédite " :
" Pistor !, Quelle affreuse fin, et si stupide ! Ce sont des hommes comme lui qui nous manquent,nous le savons bien , parceque nous sommes d'un pays où l'on sait juger les hommes .
(22 Aout 1947).
..."Je n'ai rien oublié d'Alger,il s'en faut,et le souvenir de Pistor est toujours vivant en moi .
(25 Novembre 1957).
Correspondant de guerre pour Radio-France sitiuée à Alger Capitale de la France en guerre,Pistor enregistrait sur disque ou sur magnétophone à fil ses reportages où les écrivaient et les envoyaient à Alger ,sa base, où il revenait
de temps à autres  apportant au front éloigné des Journaux d'Algérie fleurant bon le pays . Il tapait aussi à la machine à écrire ses reportages sur cette table pliante que vous voyez sur la photo .Pistor,célibataire et libre de responsabilité familliale s'est livré de toutes ses forces à sa tache dangereuse d'apporter du front les nouvelles fraiches et les témoignages si émouvants  des combats de ces deux années .

En manchette du Daily-Mail chez les Alliés :le débarquement en Afrique du Nord...
L'Algérie peut enfin respirer l'air de la liberté et commencer à se preparer pour libérer la Tunisie envahie
par les Forces de l'Axe boutées par les alliés apres les terribles combats dans le désert Lybien.



                                                                                      Un seul but :La Victoire !
                 


                                                                            La D.C.A britannique en plein désert


http://hsgm.free.fr/rajoutsguerre/campagnedulevant/artillerieantiaerienne.jpg
 
                                                                                     Les restes d'un Stuka

http://hsgm.free.fr/rajoutsguerre/campagnedulevant/restesdunstuka.jpg


                                                          Patrouille anglaise dans la passe de Kasserine

http://hsgm.free.fr/recent/patrouillelignekasserine.gif

                                            L'Occupation Allemande de la TUNISIE

(Nov 1942-Mai 1943).

Roland Aloni*

 

    Au cinquantenaire** de l'occupation et de la libération de la Tunisie, durant la seconde Guerre Mondiale, nous présentons au lecteur une perspective historique des premiers jours de la campagne de Tunisie, qui dura près de six mois.

 

    En Novembre 1942, la situation militaire en Afrique du Nord se présentait comme suit: la Tunisie, l'Algérie et le Maroc Français, étaient sous le régime de l'accord d'armistice signé entre la France et l'Allemagne, mais sous l'autorité de la France, la Lybie était sous le régime Italien, occupée par les forces de l'Axe. La victoire Britannique d'El-Alamein contre les troupes de Rommel (24 octobre-4 novembre1942), changea le cours des opérations et commença a donner une certaine importance aux ports   et terrains d'aviation de la Tunisie, comme lignes de communications des forces de Rommel. 

Dimanche 8 Novembre 1942, au cours de l'Opération  "Torch", les alliés débarquent en Algérie et au Maroc. Ce fut une vague  d'espoir pour les Juifs de Tunisie, espoir éphémère. L'histoire de l'occupation et des souffrances de la population en général et des Juifs en particulier a été écrite. Cinq mille habitants juifs de Tunisie furent pris comme travailleurs de force par les Allemands.

 

Sur la photo ci-dessous,les juifs après la rafle effectuée à Tunis par les allemands,sont rassemblés en ville pour etre envoyés ,quelque soit leur age,équipés de pelles et pioches  faire des travaux forcés de fortifications au port de Bizerte .

 

Ce qui est moins connu, parce que moins publié et moins discuté, a mon avis, est le fait que le Commandement des Forces françaises en Afrique du Nord ait  décide, au mois de mai 1942, six mois avant que les Forces de l'Axe débarquent, que Gabès, Sousse, Sfax et Tunis ne seraient pas défendus, mais que leurs ports et leurs terrains d'aviation seraient rendus inutilisables.

 

Dans son instruction personnelle (I.P.S) très secrète du 30 janvier 1942, le Général Juin a défini la conduite a tenir en cas d'attaque de la Tunisie par les forces de l'Axe. Cette instruction a causé une vive émotion à Vichy et a été brûlée par ordre de l'amiral Darlan, qui craignait la réaction des Allemands. La copie de cette instruction fut transmises aux divers commandants d'Afrique du Nord sous le titre inoffensif d'" Etude sur la défense de la Tunisie en cas d'agression de l'Axe par surprise" (remplace l'I.P.S. incinérée par ordre de Vichy.(1)

 

Il avait été décidé d'évacuer la région côtière et de monter quelques points de défense dans les régions suivantes:  Bizerte, Djebel Zaghouan, Souk-el-Arba en Tunisie et Tébessa en Algerie. (Voir  l'Instruction Personnelle Secrète du Général Juin du 9 Mai 1942.(2.

 

    Comme le dira le Général Walter Warlimont, Sous-chef des opérations a l'Etat-major Suprême Allemand (l'O.K.W), le 8 novembre a pris les Allemands par surprise. Ils n'avaient prévu aucun plan opérationnel pour la Tunisie, et n'avaient pas décidé de la ligne de conduite qui pourrait servir de base a une action immédiate.

 

 Dans la directive No. 42 du 29 mai 1942, l'Etat Major Allemand avait décidé que dans l'éventualité d'un débarquement Allié en Afrique du Nord, la réaction allemande serait l'occupation de la zone dite "Zone Libre" (région du sud de la France) qui n'avait pas été occupée par les Allemands à la suite de l'accord d'Armistice Franco-allemand. Cela ne serait réalisable que dans la mesure ou le Commandant en chef de l'Armée  allemande de

l'Ouest aurait des troupes disponibles. Le plan allemand   prévoyait aussi que les Italiens participeraient à l'opération en occupant la cote française de la Méditerranée et la Corse (3).

 

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                                La joie des habitants de Tunis acclamant les troupes alliées :




Beaucoup omettent le fait que les Juifs tunisiens étaient bien des victimes des persécutions allemandes pendant l'occupation Nazie, de novembre 1942 à mai 1943, alors même que le pays était sous protectorat français.
En six mois d'occupation, de novembre 1942 à mai 1943, sur une population de 75 000 Juifs, 4 000 âmes seront envoyés aux travaux forcés dans des camps – sans compter les « Tunisiens de France » qui seront déportés à Auschwitz.
Les allemands qui étaient refoulés d'Egypte après El Alamein et Tobrouk sont arrivés à la capitale Tunis le 8 novembre 1942.Les Alliés ont alors bombardé lourdement la ville à cause de son port stratégique. Mi- novembre le quartier des rues du Caire et Sadi Carnot a été le théâtre de nombreux massacres.
Tous les hommes juifs de plus de 16 ans ont été pris au travail obligatoire sur le port de Tunis et il y' a eu encore des morts, car les allemands leur interdisaient de se protéger pendant les bombardements. A Tunis les conditions des Juifs étaient bien pires qu'à Sfax ou Sousse.

                                                          Après les bombardements de Sfax :


Un texte de l'avocat tunisien  F. Souhil :

Alors que les Allemands s'installaient dans le pays, les six mois de tous les dangers commencent et les juifs de Tunisie se sont trouvés seuls à la merci de l'armée allemande.
La France les avait abandonnés aux mains des Nazis, alors qu'elle continuait à se soucier, attentionnée, du sort des Français non juifs.
Durant ces terribles six mois d'occupation, des jeunes hommes de la communauté étaient conduits vers l'un des plus grands Camps de Travail forcé du coté de Bizerte. Les familles des travailleurs forcés, quand à elles, subissaient l'humiliation et toute l'injustice de l'occupant nazie.
Chaque famille juive commença alors à coudre sur les vêtements « l'étoile jaune » et les travailleurs juifs forcés, eux, l'ont portée. Défilant sur l'Avenue de Londres, marqués de l'étoile jaune, la pioche ou la pelle sur l'épaule, se rendent tous les matins à leur travail sous les insultes et les huées des arabes tunisiens, et protégés par des soldats allemands.
Durant le Rafle des Juifs de Tunis, un jour du 9 décembre 1942 (le 2 Tevet 5703) quelques 2 000 juifs furent arrêtés, et les Allemands iront même les ramasser jusque dans les synagogues. Des centaines d'entre eux avaient trouvé la mort et plusieurs d'entre eux en trouvé la route de la déportation.
les juifs qui ont vécu sous « la botte nazie » en Tunisie ont supportés les sévices, les souffrances, les humiliations , le travail obligatoire, l'étoile jaune, les privations, les assassinats . Bref ; un enfer comparable à celui des Juifs d'Europe.
Qu'elles se soient déroulées en Pologne ou en Tunisie, les souffrances qu'ont durées leurs effets et les blessures qu'elles ont laissées dans les âmes étaient les mêmes pour toutes les communautés juives. Affamer, dépouiller, priver de leurs biens, de leurs droits, de leur dignité humaine, les nazis avaient tous prévus pour que les juifs tunisiens se soumettent plus facilement.
A Tunis, les Nazis avaient mis en marche ces différentes étapes et avaient commencé à mettre en œuvre les moyens qu'ils avaient rodés en Europe pour atteindre leur but. Ils avaient même commencé à construire, à Djebel Djelloud et à Bou Kornine, non loin de Tunis, des crématoires, qu'ils n'ont pas eu le temps d'utiliser.
Dans ce pays, ils ont connu toutes les séquences, toute la suite ordonnée des éléments qui composaient la chaîne de la démarche qu'empruntait la haine nazie dans son application.
Sauf la dernière séquence. Ils n'en ont pas eu le temps de la mettre en application. Les alliés sont arrivés et les ont délogés de Tunisie.
Le 7 Mai 1943, c'était le jour de la Libération de Tunis, la 8ème armée de Montgomery et la 2ème DB Leclerc sont arrivés plus vite que prévu. Les allemands se sont alors repliés sur Tunis et les prisonniers juifs ont furent libérés.
Il est vrai que malgré leurs succès militaires, les Allemands se faisaient très peu d'illusions sur leurs chances de la vaincre les Alliés qui étaient à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Tunis au niveau de Medjez el-Bab, disposaient d'un armement considérable et qui étaient maîtres de la mer et du ciel.
L'occupation nazie, qui dura six mois, prit fin le 7 mai 1943 avec l'arrivée à Tunis des premiers éléments de la huitième armée britannique suivis le lendemain par les Américains
Même si le bourreau Nazi, n'a pas réussi à mettre en exécution l'ensemble de son plan d'extermination à l'encontre de nos compatriotes juifs ; il y eut pourtant des morts, des déportés, des viols des vols, des dommages physiques et psychologiques irréparables.
ais, si nous ne perdons pas de vue le fait que les Allemands n'ont gouverné la Tunisie que pendant six mois, qu'ils étaient sans cesse harcelés par les alliés, qu'ils étaient incapables sans la collaboration des indigènes, de mener à bien leurs sévices contre les Juifs, il nous est permis de dire que dans cette période malheureuse de l'histoire des Juifs de Tunisie il y eut des réquisitions, des spoliations, des numerus clausus, des amendes infligées aux communautés, le tout sous les bombardements intensifs des forces alliées.
Comme disait Claude Sitbon, les Juifs de Tunisie faisaient bien partie de la Solution finale, et c'est pour cela que la mémoire des Juifs de Tunisie est une responsabilité collective.
Cette première reconnaissance, par un tribunal israélien, du statut de « victimes des persécutions nazies » pour les juifs de Tunisie devrait nous rappeler que la pérennité du peuple Juif découle de l'expérience de la souffrance de chaque juif. On demeure néanmoins attristé, en apprenant surtout, que les allemands n'étaient pas les seuls à se réjouir de la situation des juifs tunisiens : Français, Arabes, Maltais ….tous manifestaient leur joie de voir nos frères juifs martyrisés ! Comme en Europe, devant cette terrible période de l'Histoire, on attend qu'un jour des tunisiens justes se lèvent aussi, pour lever le flambeau de la mémoire et tentent d'instaurer ce devoir de mémoire envers leurs compatriotes juifs.
Cordialement F. souhail de Tunisie .
tunirael@laposte.net





                                                       Le cimetière militaire  américain à Carthage

Le lien ci-dessous nous donne l'occasion de nous recueillir et remercier ceux qui ont combattu l'hydre nazie en Afrique du Nord :.
http://www.ac-versailles.fr/etabliss/lyc-flaubert-lamarsa/pages/htm/sur%20les%20traces/
n%C3%A9cropoles%20tunisie/page%20carthage.htm









                                               Le  cimetière militaire francais de Gammarth :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a7/Gammarth_cimetiere.jpg
Pour encore mieux connaitre ces six mois d'enfer  :

A lire sur le site de Harrissa.com , les témoignages et souvenirs  de tunisiens pendant cette période
http://harissa.com/forums/read.php?46,36095

Sur les préparations des commandos SS en Tunisise pour mettre en oeuvre la Solution Finale des juifs,un ouvrage en anglais extrémement précis et détaillé ,avec réfèrences . La défaite de Rommel dans le désert à El-Alamein ne laissa pas le temps à Rauff* l'émule de Himmler,spécialement envoyé de Berlin, de réaliser son plan diabolique et méthodique .
http://www1.yadvashem.org/about_holocaust/studies/vol35/Mallmann-Cuppers2.pdf.

* Carrière criminelle de Walter Rauff qui trouva refuge en Syrie en 1948 et qui continua à y torturer les juifs :
http://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Rauff

Un court documentaire de l'INA qui a le seul mérite de nous montrer entre autres scènes celles du montage à Alger du matériel americain fraichement débarqué . Meme  les étendues du Jardin d'Essai furent alors utilisées pour l'assemblage des armes,des camions,arrivés en caisses d'outre Atlantique .

Comment  l'artillerie vainquit  Rommel après la défaite des alliés à Kasserine .
Un texte en anglais très complet sur cette bataille dramatique et décisive .
http://findarticles.com/p/articles/mi_m0IAU/is_3_7/ai_89811369

                                                                 



                                                                 ( La suite sur le deuxième article)

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 08:40

En cette période où le superficiel a remplacé la profondeur et le mensonge par omission la véritè, il est bon de relire cette phrase de Jean-Jacques Rousseau pour nous faire une libre opinion,quelqu'en soit le sujet,à condition de faire l'effort  élémentaire de remonter à la source :

"Sitôt qu'on accoutume les gens à dire des mots sans les entendre, il est facile après celà de leur faire dire tout ce qu'on veut."
Jean-Jacques Rousseau.(Emile ou de l'Education).

Le commencement de la fin du Cauchemard :
C'est l'Opération Torch,le 8 Nov 1942 quand  les alliés débarquent  près d'Alger.

Image:Torch-troops hit the beaches.jpg


Le but de cet article est de faire connaitre Fernand Pistor aux jeunes générations qui veulent lire à la source  l'Histoire de leur pays gràce à ceux qui l'ont écrite de leur sang . Louis Lataillade a dressé de son ami Fernand Pistor,un portrait incontournable pour connaitre le poete,le journaliste,l'homme d'action et le patriote que la mort a fauché dans son élan .

                   Avant propos...
à  l'Avant Propos de Louis Lataillade


Ils étaient donc trois amis,de la meme génération,de la meme culture,et compagnons  pendant la Deuxième Guerre Mondiale :Edmond Brua,Louis Lataillade et Fernand Pistor .
Louis Lataillade avait  écrit un bel article en la mémoire de son ami Edmond Brua dans l'Algérianiste No-2 de Juin 1978,l'année de sa disparition.
n.b. Pour lire ces revues ,chargez (le temps en est relativement long) le fascicule choisi que vous pourrez aisément feuilleter à votre guise :
http://www.cagrenoble.fr/revue/revue.html

Et ce fut lui encore ,qui écrivit l'Avant Propos aux "Correspondances de Guerre" de Fernand Pistor ,avec ses amis qui pieusement en rassemblèrent les documents .
Pour la biographie de Louis Lataillade il n'est que d'ouvrir le " Qui est Qui",auquel il participa :

Louis Lataillade (1910-1988) .
"Biographie d'Auteurs choisis de l'Académie de Médecine de New-York ".
Collection des Thèses Médicales internationales
Thèse :Coutumes et supersistions obstétricales en Afrique du Nord,
Thesis (D.M.)--Université d'Alger, 1936. Excerpts PDF

Louis Lataillade est né le 1er Aout 1910 à Pau (Basses Pyrénées) .Il étudia au Lycée de Pau et à la Faculté de Médecine d'Alger et de Bordeaux.Reçut son titre de Doctorat en Médecine à la Faculté d'Alger en 1936. Et obtient aussi un titre de "Master of Public Health" à l'Université d'Harvard .
Lataillade servit comme Docteur à la Station Thermale d'Hamam-Righa (1937),fut Inspecteur de la Santé,Directeur au département des Hautes-Alpes(1946),Directeur du Centre Expérimental de santé publique à Soisson (1950),et Docteur à l'Organisation Mondiale de la Santé en 1957.
Il représenta aussi le WHO en Turquie (1963),et fut Directeur-adjoint du Bureau du WHO à Copenhague (1968-1972) et enfin Inspecteur Régional honoraire de la Santé depuis 1968 .
Dans la présentation de sa thèse ci-dessous,vous pourrez lire aussi la liste longue de noms de la célèbre médecine francaise en Algérie .

http://unchsl3.depts.unc.edu/NYAMTheses/LatailladeAlgiers1936.pdf

Louis Lataillade publia de nombreux sujets médicaux et écrit deux séries de Poemes,  une Nouvelle, et une biographie du Chef algérien Abd el-Kader .

Dans l'Algérianiste No-11 de Septembre 1980,son remarquable article évocatif du sacerdoce de la médecine en Algérie francaise : "Médecin du Bled" .

Louis Lataillade fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur,reçut la Croix de guerre 39-45, et la médaille d'Officier de la Santé Publique .

Sources:

"LATAILLADE (Louis, Marie, Auguste)." Who's Who in France. Qui est qui en France: Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France, dans les territoires d'Outre-Mer ou à l'étranger et de personnalités étrangères résidant en France. 14th ed. (1979-1980). Paris: Editions Jacques Lafitte, 1979.

Voici donc  l'Avant Propos que  Louis Lataillade écrit en préface du Livre de Fernand Pistor ,pieusement composé par ses amis :

                      Avant -Propos

"Le 25 Aout 1944,Jean Pontacq,correspondant de " Radio-France ",à Alger tombait mortellement blessé sur les pentes de Notre Dame de la Garde,à Marseille,au cours du dernier assaut donné par le tirailleurs de la Troisième Division d'Infanterie Algérienne,aux coté de ces soldats dont il avait depuis presque deux ans,en Tunisie,en Italie,à l'Ile d'Elbe et en Provence,partagé la vie et les périls.Il avait 33 ans .
Jean Pontacq c'était le nom de bataille de Fernand-Denis Pistor..Il était né le 6 décembre 1910 à Bordj-bou-Arréridj en Algérie où la famille de son père juriste de talent,avait gardé des liens depuis la conquete.Mais ses parents étaient l'un et l'autre de vieille souche paloise.Il avait perdu sa mère à sa naissance,et fut confié à Pau à la solicitude bienveillante d'un grand-père et de deux tantes .C'est au Lycée de Pau,que jusqu'à la seconde il avait fait ses études,c'est là qu'avec ses plus anciens condisciples il avait crée le journal "Coup d'Aile".
L'Académie de Béarn avait,quand il avait quinze ans,publié ses premiers vers,avec ceux de son ami  Louis Lataillade,sous le titre puéril et touchant,mais qu'il avait choisi lui-meme,des "Goelands aventureux" .
 Tristan Derème avait préfacé cet ouvrage :
Il chantait Pau :
"Mais je songe au Béarn,aux coteaux déployés
que l'automne a vetus de flamme...
...Les jours d'or béarnais se sont enfuis...Mais
j'ai tes vers,mes souvenirs,mes livres.
Mes yeux sont ivres
Encor du Gave clair et de l'azur léger.."
Il chantait aussi la joie de vivre,comme le rappelle Pierre Tucoo-Chala dans sa préface .
Ses premières vacances en ce temps là,il les passait dans la petite maison familliale de Labatmale,près de Pontacq.Et c'est pourquoi,pendant les années d'exil et de guerre ,dans l'attente du triomphal retour en Béarn dont il revait,il avait choisi ce pseudonyme :Jean Pontacq.
Après le Lycée de Pau,ce fut le Lycée d'Alger,un prix d'histoire au Concours Général,et à la Faculté où il mène de front avec son métier de maitre d'internat au Lycée de Ben-Aknoun et au Lycée Bugeaud ses licences de droit et de lettres .
Paul Robert qui reve déjà peut-etre à son dictionnaire,est devenu le Président de l'Association Générale des Etudiants,et avec une équipe d'amis fidèles,parmi lesquels Lataillade qu'il a fait venir à Alger,Pistor dirige "Alger-Etudiant" ,l'organe de  l'association,
préfigurant ainsi sa vocation de journaliste .Ici,comme naguère dans le scoutisme,comme dans le sport ou l'action syndicale la plus généreuse,il s'engage à fond .
C'est enfin à Paris et à la Sorbonne,ou,toujours comme maitre d'internat au collège de Compiègne,au Lycée Hoche à Versailles,à Louis-le-Grand,il passe l'agrégation de lettres et songe à une thèse de doctorat .
Le voici de retour à Alger en 1938,comme professeur cette fois.Dès sa première année d'enseignement,il va,dit son ami Edmond Brua,"surprendre et émerveiller ses élèves et ses collègues par la foi ardente,l'enthousiasme lucide qu'il apporte dans sa mission : on parle de lui comme d'un apotre ".
Survient la guerre.Il est mobilisé en septembre 1939,et la retraite de 1940,cette défaite qu'il n'a pas acceptée et dont il laissera aux archives de son régiment le récit amer et précis,vaut au maréchal des logis-chef Fernand Pistor deux magnifiques citations,dont l'une à l'ordre du corps d'armée.
Démobilisé,il reprend au Lycée Bugeaud un enseignement qui durera deux années. Deux années pendant lesquelles il va marquer d'une manière indélébile de jeunes esprits,qui ne l'oublieront jamais .
Quant à ses collègues,ils s'appellent  Louis Joxe,Jean Luc,Paul Peronnet: les deux derniers sont les pseudonymes de Pierre Jarry et de Jacques Desmoulins deviendront  ses plus fidèles compagnons dans l'équipe des correspondants de guerre sur les fonts de Tunisie,d'Italie et de Provence .
Enfin,le 8 Novembre 1942,les forces alliées débarquent en Afrique du Nord,les premières unités francaises se reconstituent .Fernand Pistor,déjà chargé avec Max-Pol Fouchet des émissions littéraires de "Radio-France",
s'engage comme correspondant de guerre en Tunisie et découvre les voies de sa passion.
Désormais il sera partout,et le premier. Dans Tunis libéree,dans les Abruzzes,dans la tete de pont d'Anzio ,à Rome,en Toscane,à l'Ile d'Elbe,à Marseille enfin. Il partait seul en avant,il "décrochait",dévoré par le désir de témoigner , de participer à la guerre de libération comme à une croisade,d'exercer son métier de correspondant de guerre comme une mission .Bien des hommages lui ont été rendus,dont on trouvera les extraits les plus émouvants à la fin de ce recueil.Son nom a désigné l'un des centres de reportage de la Radio francaise,rue Francois Ier à Paris,puis l'un des studios de l'Ortf . Pierre Ichac lui  a dédié son ouvrage : "Nous marchions vers la France ".Il figure en bonne place dans l'Anthologie des Ecrivains morts à la guerre (1939-1945) de Jacques Meyer,dans les "Poetes du Béarn et du Pays basque " d'Armand Got,dans la thèse d'une italienne,
Madame Belardi Balbi,"Des poemes et des vies pour la France " .Et après une troisième citation reçue à l'Ile d'Elbe,la médaille militaire lui a été attribuée à titre posthume.Mais pour évoquer Fernand Pistor,la plus grande pudeur,la plus parfaite humilité restent de mise .
"Nous savons trop,disait-il dans l'un de ses textes,que les fetes et les commémorations et les discours ne sonnent pas toujours juste, et qu'il est difficile de parler des morts, ou de parler en leur nom. Les morts ne sauraient répondre avec des voies humaines à leurs thuriféraires .Mais leur silence est éloquent .Le silence des morts,ce matin,était riche et fraternel parceque les vivants qu'ils leur parlaient étaient leurs frères " .
Ses camarades,ses amis,ses élèves,ces jeunes footballeurs de l'equipe qu'il animait au Lycée d'Alger,et dont le gardien de but s'appelait Albert Camus,tous les survivants des années heureuses ou tragiques savent bien ce que le nom de Pistor signifiait . Mais a t-il laissé derrière lui autre chose que ces vers d'écolier ?
Et bien, voici ce qui nous reste :des textes de guerre griffonnés sur des pitons à peine conquis ou sur des plages de  débarquement,
dans la neige,la boue ou la poussière,sous les bombardements,ou bien encore enregistrés sirectement sur fil ou sur disque , des mots simples arrachés à la misère et à la souffrance  et aux sacrifices de chaque jour,mais qui allaient porter au loin le message de l'espoir. Il est bien vain,bien illusoire de se demander ce que Pistor eut écrit s'il avait vécu .Il n'a pas eu le temps d'écrire,voila tout. A la littérature ,il a préféré l'action.Il n'a pas  choisi la fiction ou le mythe,mais le témoignage sur les seules choses qui lui tenaient à coeur :l'amour des hommes,la justice,la vérité .
Il a dit ailleurs :"Une contemplation stérile du monde est véritablement une complicité avec les mystificateurs et les bourreaux..Je prends en horreur un culte de la nature ou le sourire humain n'a pas de place" .Il aime rappeler ce que Montaigne souhaitait qu'on aimat les vivants "comme ils sont" ,alors lui regarde "comme ils sont " ces Francais qui se battent. "Je ne vous ai pas rapporté aujourd'hui de ces mots dont on dit qu'ils sont frappés comme des médailles, mais implement ce que j'ai entendu sur la Mainarde".Ou bien encore : "Alors tant pis pour les grands ensembles et les fresques historiques.Nous allons suivre un médecin de bataillon,nous allons nous accrocher à lui,nous allons essayer de vivre avec lui, et comme lui l'affaire qu'il a vécue sur le Belvédère .". Et, pour une fois,un communiqué trouve gràce à ses yeux parce qu'il est bref et direct  :" J'aime ce laconisme et j'aime cette franchise...la vérité étant l'arme des forts ".
Il faut noter cependant  ses dernières réflexions sur l'écriture,  à la fois angoissées et ironiques, quand il attendait dans la baie de Naples,le 11 Aout 1944,l'embarquement vers les cotes de Provence :
"Une grosse bouffée d'émotion m'envahit le coeur,l'imagination s'en mele,et dans mes divagations intérieures je reconnais la figure sournoise du démon littérature...N'est-ce pas lui qui m'a soufflé le titre du premier reportage que j'écrirai au large des cotes francaises :
" France,écoute.." En ai-je assez discuté avec Jean Luc de ce problème littéraire et de la forme à donner à nos reportages ! Littérature ou sécheresse ? Tout dépend,bien sur ,des moyens d'expression.En matière de radio,le
broadcast
direct est question de passion pure,à base de technique .Savoir jouer de son émotion,la dominer,la canaliser.Savoir aussi faire parler les autres,des voix de  France...Mais pour les papiers,c'est une autre histoire.Luc a raison : il faut viser à l'éternel. Ca veut dire qu'il ne faut pas exorciser le démon littérature.Tout au plus l'apprivoiser. "Si tes papiers ne sont pas du tonnerre,m'a dit Plécy,c'est que tu es un pauvre type" . Il dit vrai,parbleu !" .
Oui,voilà ce qui nous reste,des textes de guerre écrits par un homme qui détestait la guerre,qui avait horreur de toutes les violences.Mais aussi ces admirables pages,les seules sans doute qui n'aient pas été rédigées à la hate et sous le feu ,et qui s'intitulent "Dernieres images d'Italie" .
Ces écrits de Pistor,il était juste que des mains pieuses les rassemblent .Ils s'adressent à tous ceux qui l'ont connu et qui l'ont aimé .Ils s'adressent aussi  à ces jeunes élèves du Lycée de Pau qui chaque année vont bénéficier de la Fondation que le père de Fernand Pistor a crée à la mémoire de son fils,pour que cette flamme ne s'éteigne pas,pour que d'autres,à leur tour,connaissent la joie de vivre ".

Louis Lataillade .


Le célèbre  Lycée Bugeaud, à Alger.

Lycée Bugeaud 2

Photo extraite du site de Bernard Venis,  document Jean-Claude Thiodet :le Lycée Bugeaud après le bombardement de 1942 :

après les bombardements du 12 novembre 1942



Notes sur les mots cités :
Thuriféraire: Encenseur,flatteur (Petit Robert).

Hammam-Righa,Station Thermale,(Algérie)
http://www.alger-roi.net/Alger/villages/pages_liees/fghij/hammam_righa.htm

La Mainarde : (Italie)

Eperon stratégique lieu de durs combats en 1943 .

Tristan Derème :
http://www.florilege.free.fr/florilege/dereme/index.htm

Pierre Tucoo-Chala :
http://arpel.aquitaine.fr/spip.php?article6111

Edmond Brua (1901-1977)
Poete-Ecrivain-Journaliste
Consulter le bel article de Louis Lataillade consacré à  son ami disparu ,dans l'Algérianiste No-2,Juin 1978 .
Et aussi:
http://www.alger-roi.net/Alger/portraits/pages_liees/08_brua_edmond_pn45.htm


Louis Joxe (1901-1981)
Aux Affaires algériennes de 1950 a 1962,il fut l'artisan  des négociations avec les assassins du FLN qui aboutirent aux accords d'Evian,et au déracinement des Francais d'Algérie accompagné d'exactions terribles des algériens sur les civils dépourvus de la protection de l'armée francaise et des assassinats des harkis fidèles à la France .

Jean Luc (pseudonyme de  Pierre Jarry)
Correspondant de Guerre.
Lire  le blog d'Arioul :
http://arioul.blog.lemonde.fr/2008/02/16/le-premier-livre/

 
Paul Peronnet (pseudonyme  de Jacques Desmoulins).Agrégé de Lettres en 1939.
Correspondant de Guerre

Paul Robert (1910-1980)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robert

Max-Pol Fouchet (1913-1980)
http://www.maxpolfouchet.com/

A Alger en 1942 M.P. Fouchet,sur la photo ci-dessous.
Lire  sur sa Revue "Fontaine" :
http://www.maisondelapoesie.be/essais/essais.php?id=141



Pierre Ichac (1901-1978)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ichac#Grand_reporter_et_correspondant_de_guerre_.281935-1945.29

Le livre "Nous marchions vers la France " qu'Ichac avait dédié à Fermand Pistor :

Nous Marchions vers la France Pierre Ichac


Albert Camus (1913-1960)
Camus est au centre de cette photo extraite de :
http://maliphane.free.fr/Philosophie/Albert%20Camus.htm

Il serait bon de pouvoir reconnaitre les amis qui l'entourent .Ce cliché semble etre pris à Alger (?).A gauche un personnage en uniforme ,donc d'après 1942 .(?)

http://maliphane.free.fr/images/Camus_Combat_1007.jpg


Sur Armand Got (1890-1976):
http://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Got


 Le prochain article aura trait au livre lui-meme: les  " Correspondances de Guerre" de Fernand Pistor, qui nous entraineront sur les pas de l'Armée d'Afrique .  .

                                                              
  
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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 09:01
lOu de fil en aiguille....l'hommage de Robert Soulé à son maitre Fernand Pistor.

                                         
Regardez-bien l'image de cette couverture  :




                                                                         Et cette autre image intérieure ::




En chinant sur Internet,ma promenade préferée entre les vieilles choses qui jonchent les trottoirs de cette avenue,j'ai soudain découvert  cette reproduction d'un objet pour moi précieux car il éclaira mon enfance et m'avait enchanté quand je commençais à peine à savoir lire ."Pouichorre et la Lénécha"*(1) ,illustré par Charles Brouty .Ce dernier m'était connu car il illustrait aussi un journal pour les jeunes et une de ses vignettes m'avait très impressionnée :elle représentait le Père Levacher attaché à la bouche  d'un canon*(2) de marine par les barbaresques .Par contre le nom de l'auteur,Pierre Jarry ne me disait rien et  alors en fis part à Esmma dont le site est lu par les enfants qui avaient 9 ans à mon époque et 99 ans maintenant (ou presque..).
Jean Brua le Journaliste et Caricaturisque qui est toujours là pour nous subvenir à notre ignorance me répondit :

"Pour répondre à la question de Georges Lévy sur l'auteur de « Pouïchore », l'album illustré par Brouty pendant la guerre. Pierre Jarry était le pseudonyme de Jean Luc, un professeur et journaliste qui termina sa carrière comme directeur des programmes de RTL. Lié avec les milieux intellectuels et artistiques de l'Alger de la guerre, alors qu'il était professeur au lycée Bugeaud, Jean Luc était l'ami de Charles Brouty, Fernand Pistor (également prof à Bugeaud) et Edmond Brua. Avec le premier, il écrivit « Pouïchore ». Avec les deux autres, il fit partie de la phalange des correspondants de guerre qui accompagna en Italie, en Corse et dans les combats de la libération les forces nord-africaines de la France combattante. Son collègue et ami Fernand Pistor (dont le pseudonyme de guerre était Jean Pontacq) devait être tué à l'été 44 au cours du dernier assaut pour la libération de Marseile, sur les pentes de N.-D. de la Garde."

Merci à Jean Brua.qui est une véritable encyclopédie ! Effectivement j'ai retrouvé le nom de Fenand Pistor (Jean Pontacq) qui fut agrégé de lettres en 1937 et figure dans la liste des Ecrivains Morts pour la France, au Panthéon : Une occasion pour lire cette liste de ces hommes qui ont écrit l'Histoire de France en 14-18 et 39-45.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_personnes_cit%C3%A9es_
au_Panth%C3%A9on_de_Paris#.C3.89crivains_morts_au_champ_
d.27honneur

C'est alors que je reçus directement le message suivant :

"Je relève sur internet :
 


Fernand Pistor était un cousin germain de mon père : sa vie et sa mort tragique ont été trés présentes dans ma vie familiale et je suis trés touchée qu'en 2008 on évoque encore son souvenir.
Marie-Claude Marque" .

Une véritable aubaine donc puisque une petite cousine de Fernand Pistor allait pouvoir m'éclairer sur l'écrivain Jean Pontacq .


La documentation de ce blog repose sur les sources suivantes :

1) L'envoi de Jean Brua qui écrit :
  "Ci-joint deux fichiers.  Le premier est la copie du sonnet de mon père à la mémoire de Pistor. Le second est une photo de celui-ci, tirée du livre* édité à l'initiative de Louis Lataillade*, l'un de ses compagnons les plus anciens. La photo a été prise en Italie, entre 43 et 44, alors que Pistor, comme mon père, était correspondant de guerre pour l'Agence France-Afrique et que Lataillade était médecin-chef du 7e Chasseurs d'Afrique."


2) CORRESPONDANCES DE GUERRE (1943-1944)
Fernand Pistor
Ed. Marrimpouey Jeune, Pau.


3) L'article de Monsieur Robert Soulé, a paru dans le numéro-7 de Juillet 1998 .Envoyé gracieusement par le C.D.H.A. :
" Portrait de Fernand Pistor ": (Jean Pontacq ).

4) L'Avant  Propos de Louis Lataillade au livre "Correspondances de Guerre",de son camarade F.Pistor.


5) Le site Alger-roi de Bernard Venis .

Et bien j'aimerai commencer justement par la fin, par le souvenir concis de Fernand Pistor par son camarade et collègue Edmond Brua :
  "J'ai déniché dans mes archives photos un document rare, au dos duquel mon père a écrit « Ben Aknoun 1941 ? ». Pistor (cravate régate) et lui y figurent côte à côte (3e personnage à gauche, inconnu). "



                                                    Fernand Pistor en uniforme de Correspondant de guerre .



IN MEMORIAM FERNAND PISTOR

(par Edmond BRUA) 

Fernand Pistor, je pense à toi

qui roulais sur la Voie Appienne,

échappé dans l'histoire ancienne

en avant du premier convoi.

Je vois la Rome que tu vois

(chaque soldat voyait la sienne).

Nous nous sommes quittés à Sienne

et je devrais rester sans voix. 

Mais si je trouble ta mémoire

c'est pour crier : non ! à l'Histoire.

Tu l'affrontais comme le vent, 

Tu défiais ton assassine

quand tu parlais de Terracine,

quand tu roulais seul en avant… 

                                          (1944)

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Notes sur Pouichore :

*(1)Un site unique et curieux sur l'origine de "Puichor" ou "Pouichore" avec  le récit original ,( Roumain,Gitan ? ) et des précisions sur le livre et commentaires hélas que d'une internaute et moi ! .
http://elguijaronegro.canalblog.com/archives/reves__contes_et_legendes/index.html

*(2) " Le Rais Hamidou " : pour en savoir plus sur " La Consulaire".
http://georges2.over-blog.com/article-7371748.html



  L'article  de Monsieur Robert Soulé,a paru dans le numéro-7 de Juillet 1998 .Quand j'ai demandé au C.D.H.A l'autorisation de publier l'article en entier,j'ai eu la tristesse d'apprendre que l'auteur nous avait quitté en 2004 .
Une raison de plus  pour faire connaitre aux jeunes internautes un peu de ce  qu'il fut à travers son Hommage à son Maitre, envoyé gracieusement par le C.D.H.A. :
 
  Robert Soulé est né donc en Décembre 1926 à Alger .Il a aussi écrit le livre suivant :( qui devint un film )
http://www.amazon.fr/LAlg%C3%A9rie-chim%C3%A8res-Henri-Turenne/dp/270962138X
Ainsi il est présenté sur le net :
"Cinéaste, écrivain, journaliste, Henri de Turenne compte parmi les grands créateurs de la télévision française. Lui-même et son ami Robert Soulé ont été grands reporters pendant la guerre d'Algérie (1954-1962). Ils connaissent bien le pays et son histoire. Ils ont écrit en collaboration les trois épisodes de "L'Algérie des chimères", un film diffusé par Arte et France 2. "

Voici maintenant en entier et extrait du Numéro du 7 Juillet 1998 du C.D.H.A.,avec l'autorisation de reproductionn
le  "Portrait de Fernand Pistor" ,par Monsieur Robert Soulé :

"Hommage au Maitre de mes 15 ans"

Il y a 50 ans,Fernand Pistor,Professeur de Lettres au lycée d'Alger,compagnon de Camus et de Brua,tombait dans les combats pour la libération de Marseille.

Il y a cinquante ans le 24 Aout 1944,Jean Pontacq,envoyé spécial de Radio-France,la station de l'Afrique française en guerre,tombait sous les balles allemandes dans les derniers combats pour la libération de Marseille.Lorsqu'une rafale le faucha,il avançait au premier rang des tirailleurs algériens,lancés à l'assaut de la colline où se dresse Notre Dame de la Garde.Ce grand reporter de choc avait pris tous les risques,comme déjà en Tunisie, où il portait l'uniforme vert des correspondants de guerre.En Provence sa barakka l'avait abandonné.Ainsi disparut à 33 ans sous le pseudonyme de ses ancetres Feranand Pistor,professeur au Lycée Bugeaud d'Alger,
agrégé de Lettres,né à Bordj Bou-Arreridj dans une grande famille de juristes, instaléee en Algérie au lendemain de la Conquete .De cet enseignant hors-série,dans un lycée où les universitaires de valeur étaient pourtant légion,ses éléves ont gardé un souvenir intact et c'est en leur nom qu'aujourd;hui,plus d'un demi-siècle plus tard,j'ai voulu très simplement porter témoignage . Je revois cette classe austère de "Bugeaud" où le 1er Octobre 1941 à 8 heures,le professeur pas comme les autres prenait un premier contact avec la classe de Seconde-A. J'avais 15 ans . J'étais un de ses élèves à qui,pendant une année,il enseignerait le francais,le latin et le grec .Une trentaine de garcons vifs-plus des enfants-pas encore des hommes-sans complexes,turbulents et frondeurs.
Sa réputation nous était connue " un crack" avaient confié ses anciens élèves ."Vous avez Pistor ? Quelle chance".
Un pédagogue étonnant jugeait le proviseur Jean Lalande. A un enseignant  venu de métropole,il avait déclaré,
nous le savions ."Ce n'est pas un établissement comme les autres parcqu'il y a un maitre qui s'appelle Fernand Pistor".
Nous les nouveaux, nous attendions pour voir . Ce qui frappait d'abord chez cet homme au nom romain et au profil de consul,c'était l'intensité du regard. Un visage grave,tendu,aux traits énergiques,qui nous portait une
immense attention,et nous allions le sentir bientot,un immense intéret .Une voix claire.Un propos confiant mais sans complaisance ."Nous allons vivre ensemble,nous dit-il une année importante ".
C'était vrai et pas seulement pour ce qui concernait nos études...

Un Grand Frère Respecté .

En
cet  automne de 1941,le monde était en guerre mais la victoire n'avais pas encore choisi son camp.
L'Algérie provisoirement à l'écart du conflit,vivait en tricolore avec une sensibilité exacerbée. Fernand Pistor nous parlait de notre pays en négligeant l'emphase et la grandiloquence qui donnait souvent un ton un peu niais aux discours a la mode . Très simplement il s'adressait à nous,évoquant l'avenir,la responsabilité qui devait etre la notre .Thème de notre premier travail ,la formule de St-Exupéry :
"Etre homme.c'est précisement etre responsable ".
וUne discussion en commun,vivante,passionnée.Il était 9 heures. Le cours se terminait. Quand Fernand Pistor se tut,nous nous sommes regardés surpris.Les enfants avaient le sentiment d'etre devenu des hommes .Ce fut pour nous une année exceptionnelle.Nous découvrions pele-mèle Thucyclide et Péguy,Virgile et Mozart .La poesie,l'art,l'esprit d'équipe,l'énergie et la tolérance,le respect des autres et la fierté d'etre soi-meme,le stade et la musique,le musée et le theatre . Pistor nous conduisait partout,nous consultait sur tout.Nous parlions à un maitre et nous parlions entre nous comme jamais encore nous ne l'avions fait.Un formidable souffle d'air pur balayait la routine.Nous découvrions éblouis le grand-frère respecté. Il avait rédigé "Alger-Etudiant" avec Paul Robert,futur auteur d'un fameux dictionnaire .Il avait dirigé une équipe de football dont le gardien,nous disions le "goal" s'appelait Albert Camus,et Emond Brua que nous lisions avec délice,lui avait dédicacé une de ses Fables .
Robert,Camus,Brua;tous ses amis.Pistor savait tout faire:conduire une chorale,mettre en scène une pièce de theatre, animer un campp, initier aux joies de l'escalade aussi bien que de la poesie .

La Richesse de nos Différences .

Je garde particulièrement en mémoire un cours ou notre maitre nous invita à réfléchir sur la condition de Francais nés en Algérie .Ily eut une discussion passionnée,quoique exempte d'acrimonie,entre nous,qui nous affirmons "Algériens"-le mot choquait personne-et de jeunes réfugiés,nos camarades de classe venus de métropole occuoée que des familles d'Alger avaient acueillis.J'ai découvert ce jour-là la profondeur de nos racines et la richesse de nos différences."Tous Francais",avait conclu Pistor mais chacun s'enrichit d'une personalité propre. De meme qu'il y a des Francais bretons,alsaciens ou auvergnats,nous sommes des Francais d'Algérie ou mieux peut-etre des "Algériens francais",l'expression était belle .Les jours heureux passent vite.Juillet approchait et les vacances,cette année là,nous ne  les appelions pas avec la meme impatience .En ocobre 42 il y eut une autre rentrée et un autre professeur de lettres dont j'ai oublié le nom Fernand Pistor gardait les "Secondes" .Pour nous ce n'était plus pareil .Nous entrions en Première avec en fin d'année l'épreuve du premier Bac.Des épreuves à vrai dire nous devions sans attendre,en connaitre de plus cruelles.
Le lycée Bugeaud bombardé par la "Lutwaffe" après le débarquement allié du 8 Novembre 1942,le proviseur Jean Lalande tué,les classes en partie détruites .Les plus agés de nos camarades rejoignaient l'armée. Fernand Pistor lui,avait deja revetu l'uniforme des correspondants de guerre.Je ne devais plus le revoir.Un journal m'a apprit sa mort en Aout 1944.
J'en ai éprouvé beaucoup de peine,beaucoup de fierté aussi pour le destin du soldat frappé en pleine gloire.La guerre nous nourrit d'enthousiasmes guerriers.J'ai mesuré, avec le temps combien fut pour nous cruelle la perte de notre maitre de nos quinze ans .Nous avons tenté seuls de suivre le chemin de l'homme qu'il avait fixé d'une main sure ,au carrefour de notre adolescence et c'est très fidèlement que j'ai voulu en cette période anniversaire,lui rendre hommage. Fernand Pistor repose au cimetière de Gairault,sur les hauts de Nice ,face à la mer,au milieu des eucalyptus,des oliviers et des cyprès .Dans la sérenité meme que les Grecs souhaitaient à leurs héros et à leurs sages.

Robert Soulé .

Extraits du site de Bernard Venis "Alger-Roi" ,sur des souvenirs du Lycée Bugeaud pendant la Guerre :

 De Pierre Salort: 01-2004
 " Comme souvenirs particuliers , deux me viennent tout de suite à l'esprit:
- Bugeaud avait servi d'hébergement à des marins Anglais stationnés à Alger ! Des avions allemands, en novembre 42, peu de jours après le débarquement du 8/11, l'ont pris pour cible , causant de gros dégats et la mort pendant leur sommeil de plusieurs dizaines de marins et du proviseur et sa famille.(voir souvenirs ci-dessous de JC.Thiodet).
-Pour l'année scolaire 1941, la Taupe et la Corniche avaient été déplacées , pour des raisons de place , de Bugeaud dans les locaux des écoles normales de Bouzaréah.J'ai connu la Taupe à Bouzareah également en 1942 ; après , je ne sais pas ,ayant été mobilisé le 10/12/42 ! "


De J.CLaude Thiodet:(26-12-2003)
-------"Te souvient-il (cela m'étonnerait , et pour cause), que le jeudi 12 novembre 1942 les Allemands laissaient négligemment tomber une bombe sur l'aile ouest de notre vénérable lycée, tuant du même coup notre honoré proviseur LALANDE, sa femme sa fille et sa belle mère ainsi que le censeur SAUVAGE? Ce qui nous a valu d'émigrer, (et oui encore ou déjà), d'abord vers le collège de la rue Lazerges pour la 4°, puis vers l'école de la rue du Soudan, derrière la cathédrale pour la 3°, puis vers l'école de la rue Rochambaud pour la 2°, pour revenir enfin à Bugeaud en octobre 1945 pour la fameuse 1°A.B. dont à laquelle je t'en ai transmis la photo."


Comme le lecteur a pu s'en rendre compte,Robert Soulé a pleinement souligné  la grandeur d'ame républicaine  de Fernand Pistor enseignant au lycée à un moment triste de son Histoire où la France passa du statut  de République à celui d'Etat .
Je cite ci-dessous les règles de vie imposées à l'Algérie à cette  époque . L'ennemi n'était représenté à Alger  que par une Commission d'armistice Italienne et Allemande ( et de nombreux espions et agitateurs !) .A ce sujet il est capital de lire ce texte d'un journal algérien qui précise les différents contacts des nationalistes algériens avec les nazis en Allemagne et les dix ans de préparations  qui allaient précéder le 1er Nov 1954.
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=60597&idc=39&date_insert=20080212

Lois d'exceptions de  Vichy ordonnées par Philippe Pétain en 1940 et 1941,applicables aussi en Algérie ..
http://www.roi-president.com/bio/bio-fait-lois+antis%E9mites+du+gouvernement+de+vichy.html

Lois antisémites édictées par le gouvernement de Vichy sous l'autorité du Maréchal Pétain, il est à rappeler que ces lois n'ont pas été demandées par l'occupant allemand et que le gouvernement n'a subit aucune pression pour les édictés, ces lois ont été publiées et appliquées en zone libre.
Passage precisant l'exclusion des Juifs du corps enseignant voir :
Art. 4. Membres des corps enseignants.

Art. 9. – La présente loi est applicable à l'Algérie, aux colonies, pays de protectorat et territoires sous mandat.
Art. 10. – Le présent acte sera publié au Journal officiel et exécuté comme loi de l'État.
Fait à Vichy, le 3 octobre 1940.
Ph. Pétain.
Par le Maréchal de France, chef de l'État français :
Le vice-président du conseil, Pierre LAVAL.
Le garde des sceaux,ministre secrétaire d'État à la justice, Raphaël Alibert.
Le ministre secrétaire d'État à l'intérieur, Marcel Peyrouton.
Le ministre secrétaire d'État aux affaires étrangères,
Paul Baudouin.
Le ministre secrétaire d'État à la guerre,Général Huntziger.
Le ministre secrétaire d'État aux finances,Yves Bouthillier.
Le ministre secrétaire d'État à la marine,Amiral DARLAN.
Le ministre secrétaire d'État à la production industrielle et au travail, René BELIN.
Le ministre secrétaire d'État à l'agriculture,Pierre CAZIOT

J'allais oublier le nom de Jérome Carcopino :
En février 1941, il fut nommé secrétaire d'état à l'Éducation nationale et à la Jeunesse dans le gouvernement de l'amiral Darlan. Il décida à la réorganisation de l'enseignement scolaire du 15 août 1941. Dans ces fonctions, il fit appliquer les lois du régime de Vichy, notamment les textes excluant juifs et francs-maçons des fonctions publiques.

Quand, le 7 octobre 1940, le gouvernement de Vichy abrogea le décret Crémieux, retirant aux Juifs tous leurs droits à la citoyenneté française et refaisant d'eux des "indigènes" au même titre que les Musulmans, ce n'était pas uniquement le résultat de la politique décidée en métropole mais aussi la conséquence de cet antisémitisme persistant au sein de la société européenne d'Algérie. 12 000 enfants juifs furent expulsés de l'enseignement public primaire, secondaire et professionnel à la rentrée de 1941, le nombre d'enfants écartés se montant à 18 000 l'année suivante. Seize camps, de vocations diverses, souvent gardés par d'anciens légionnaires ouvertement pro-nazis, furent ouverts en Algérie, dont certains regroupaient les soldats juifs algériens de la classe 1939, contraints à des travaux forcés. Les Anglo-Américains, en arrivant en novembre 1942, au prix de lourdes pertes (les autorités françaises d'Algérie leur ayant infligé 1 500 morts, enterrés dans le cimetière qui domine encore Oran), y dénombrèrent au total 2 000 détenus.[...] Ce ne fut que le 20 octobre 1943, soit près d'un an après le débarquement allié en Afrique du Nord - le Service des questions juives d'Alger étant resté ouvert jusqu'en mars 1943 -, que le Comité français de libération nationale accéda à la demande des Juifs d'Algérie de recouvrer leurs droits politiques de citoyens,

  " La sensation d'exil intérieur est particulièrement forte s'agissant de l'enseignement. Le fait d'être chassé de l'école de la République restera incontestablement le traumatisme le plus vif de cette période. En 1940, 465 professeurs ou instituteurs sont sommés de quitter leur emploi du jour au lendemain. Une nouvelle campagne antijuive contre les étudiants et les écoliers, pour l'instauration d'un numerus clausus, aboutit à la loi du 21 juin 1941, promulguée en Algérie le 23 août. Aux termes de cette loi, les juifs ne sont plus admis dans les facultés ou instituts d'études supérieures que dans une proportion de 3 % de l'effectif des étudiants non juifs inscrits l'année précédente. À la rentrée universitaire de 1941, 110 candidats juifs seulement sont acceptés à l'université d'Alger sur 652 postulants. L'enseignement public, primaire ou secondaire, reste accessible dans les proportions de 14 % des effectifs de chaque école. Une loi du 19 octobre 1942 réduit le numerus clausus à 7%. L'historien Michel Ansky dans son livre Les Juifs d'Algérie remarque que cette loi est appliquée en Algérie avant même sa promulgation. En fonction de ce texte, 19 484 élèves sont immédiatement exclus des écoles publiques. La loi interdit aux élèves juifs de l'enseignement privé de se présenter aux concours et examens d'un niveau supérieur au certificat d'études. Cette mesure, qui touche ainsi l'ensemble de la population scolarisée à la hâte par les institutions juives, est particulièrement ressentie par les familles.

Dès la fin de l'année 1940, en effet, le Consistoire a improvisé une instruction de remplacement, en mettant sur pied un enseignement primaire privé avec l'aide des instituteurs juifs révoqués. À la fin de l'année scolaire 1941-1942, soixante-dix écoles primaires et six écoles secondaires fonctionnent, difficilement. Dans ce pays où n'existe pas encore, contrairement au Maroc, le réseau des écoles de l'Alliance israélite universelle, cette exclusion mise en oeuvre immédiatement et de manière restrictive est un choc, dont témoignera notamment Jacques Derrida.
Né à Alger le 15 juillet 1930, il est âgé d'une dizaines d'années lorsque s'installe le régime de Vichy. Le jour de la rentrée scolaire, en octobre 1941, le proviseur de son lycée le convoque et le congédie. Le tout jeune adolescent n'est plus français, et en tant que juif est exclu de l'enseignement. Il gardera de cet affront une blessure ineffaçable mais constitutive car elle fera de lui, surtout à la fin de sa vie, le philosophe des sans-papiers et des sans-abri, l'intellectuel éperdument épris de justice."
L.D.H. (Toulon) .

                                                                           Timbre d'Algérie en Mai 1941:



En Algérie celà commença par le recensement des Juifs dans les commissariats,sous peine de prison...




En  1942 eut lieu à Paris la Grande Rafle des juifs qui fut conduite par la police francaise et la Gestapo. Transportés dans les autobus de la Régie Parisienne d'abord au Vélododrome d'Hiver puis au Camp d'internement de Drancy gardés par les gendarmes,ils attendaient parqués comme des betes leur tour de monter dans les wagons plombés des Chemins de Fer nationaux pour débarquer après plusieurs jours sur les quais pour subir la sélection : directement à  la chambre à gaz pour les bébés et vieillards,et malades, ou pour les jumeaux l'infirmerie où les  attendait Menguele et ses "docteurs"* complices comme Dohmen pour ses expériences à vif, et  pour les autres la mort lente par le froid,la faim, les lourdes  pierres à porter,les coups des sadiques et les appels sans fin sous la douche gelée et enfin le suicide libérateur sur la cloture électrifiée .
De toute les souvenirs de cette période maudite,je retiendrais le témoignage de l'Ingénieur Saul Oren qui a publié son récit aux Editions de l'Harmattan à Paris . Cet enfant polonais,Saul ( Hornfeld) fut déporté avec sa famille,et seul survivant fut élevé en France à sa libération,il faut lire son livre raconté sans la seule passion que la vérité . (J'ai  l'honneur de le connaitre ).
http://judaisme.sdv.fr/histoire/shh/oren/feu1.htm

Si j'ai rappelé le tragique sort des juifs francais ou étrangers  réfugiés en France à cette époque,c'est pour signaler au jeune lecteur que l'Algérie était prete à suivre les consignes de la France collaboratrice  et observait  avec zèle les consignes de Vichy . Déjà les opposants républicains,des communistes et des juifs furent envoyés dans les Camps un peu partout dans le Sud, comme celui de Bedeau gardé par de féroces légionnaires allemands et pour y mourir du typhus ou des mauvais traitements . Le débarquement du 8 Nov 1942 arriva à temps,et ( quoique  celà soit peu connu) les israelites déchus de leur nationalité  française ne la retrouvèrent qu'en 1943 !! .    ( Les américains jouant au début la carte Giraud; bien que 90% des résistants qui aidèrent à paralyser Alger en attente du débarquement  américain, étaient juifs, dont les plus célèbres étaient de la famille Aboulker et Carcassonne )..

En Octobre 1942 le Proviseur du lycée E.F. Gautier envoya à la maison cette lettre :



Lycée Gautier
                                                                                                                      Alger,le 2 Ocobre 1942


Monsieur,

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint une notice contenant les conditions d'admission des élèves juifs qui viennent de m'etre notifiées.
Votre fils doit attendre à la maison la décision de la Commission que je vous communiquerai immédiatement .
Ceci bien entendu à condition qu'il possède un des deux titres exigés.
Dans le cas contraire,je vous demande de me prévenir .
Veuillez agréer,Monsieur,mes salutations distinguées .
                                             Le Directeur :
                                                 X . Blanc

( Ma mère étant pupille de la Nation de 14/18, mon frère (" privilégié" !! ) fit parti du quota du numérus-clausus ,et rejoignit sa classe ) . Il n'en fut pas de meme de mes cousins .

J'avais reçu un jour un témoignage de Jean Brua sur l'expulsion d'un élève de 7 ans :
"Les photos des pièces me rappellent un bon et un mauvais souvenir de 1941.Le bon, c'est que j'avais reçu une pièce de 5 F francisquée  de ma tante pour une place de 1er en CE1. J'avais tout dépensé le jour même... en pétards, ce qui en faisait un sacré paquet !
Le mauvais, c'est que j'avais assisté peu après à une scène odieuse dans le même cours : l'expulsion, devant tous les élèves, du seul élève juif  de la classe par le directeur, M. Saindely, avec la complicité haineuse de la maîtresse, Mme Mas. Quand j'ai rapporté la scène à la maison, ma mère a éclaté en sanglots et s'est rendue un peu plus tard chez les parents pour leur témoigner notre solidarité.Je sais que ta  famille a souffert des mêmes injustices. Je n'avais pas tout à fait 7 ans, mais je n'ai oublié aucun détail de l'incident et encore moins le chagrin de mon camarade."

Je viens d'entendre à Jérusalem cette semaine de Mai, une conférence d'Albert Bensoussan qui en parlant des professeurs israélites chassés de leurs postes, formèrent des classes privées pour les enfants  expulsés de leurs écoles et lycées.( Numérus Clausus).Et justement il cita le dévouement d'un Albert Camus qui vint aider  enseigner cette génération pour ne pas prendre de retard.
Personnelement j'avais entendu parler dans ma famille de l'éminent  Professeur de Mathématiques Spéciales à Bugeaud ,Henri Adad,agrégé de math en 1927,qui fit aussi parti de ces enseignants sauvés de la misère par  ces classes improvisées de la rue Emile-Maupas,à coté de la Bibliothèque Nationale,dans la basse -Casbah.
 
"  Adad H. Recherches sur les surfaces plusieurs fois cerclées. "Annales de la faculté des sciences de Toulouse Sér. 3, 27 (1935), p. 259-364
Notice complète | Texte intégral djvu | pdf | Analyses Zbl 0014.27702 | JFM 62.1452.01
En pdf pour les mathématiciens et les curieux ,voir surtout la page de garde avec l'entete du Lycée Bugeaud:
http://archive.numdam.org/ARCHIVE/AFST/AFST_1935_3_27_/AFST_1935_3_27__259_0/AFST_1935_3_27__259_0.pdf

Je me souviens de Jacqueline et Henri Adad. Ils habitaient sur les hauteurs d'Alger à la Robertsau et étaient amis de ma famille .Jacqueline frele et fragile de santé, originaire de Clermont-Ferrand était dans les cercles de Bridge très connue .A Alger leur fils Pierre fut un élève extrèmement brillant (Ingénieur des Mines) pour qui le Bridge devint sa passion. Il représenta souvent avec succès la France dans les concours internationaux . Quand nous jouions moi et mon frère chez-lui pendant que les mères papotaient,par jalousie sans doute pour son train mécanique objet fort rare en ce temps-là, je cherchais souvent à le faire dérailler en activant faussement les aiguillages, et alors les wagons filaient sous  le balcon en fer forgé pour tomber dans le jardinet en contre-bas ! Il est temps de demander pardon à Pierre que je n'ai depuis pas revu. 
Pierre Adad :
http://www.imp-bridge.nl/players/1463pl.html

Maintenant que nous avons passé rapidement en revue cette époque trouble et avons séparé le bon grain de l'ivraie,nous pourrons grace aux "Correspondances de Guerre" de Fernand Pistor,suivre la France combattante,
composée principalement de citoyens nés en Algérie et de toutes les classes et religions ,sur les chemins de sa gloire de 1943 à 1944. Louis Lataillade un de ses fidèles amis  avec Edmond Brua, nous fera découvrir Fenand Pistor grace à sa magnifique préface aux " Correspondances de Guerre "

ו Dans le prochain article, je pourrai commenter le livre " Correspondances de guerre",que j'ai commandé dans une librairie d'occasion du Sud de la France,que j'ai hate de lire car ce fut aussi le trajet de mon père et de mes oncles sur les chemins de la Tunisie,d'Italie et de  Provence .
                                                                     
                                                                                       

                                                                            
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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 15:17


Mon ami est de ma génération .Il est né comme moi en 1938 .Avant l'Anschluss*(1), comme avaient coutume de dire mes parents .Leur vie avait été divisée en  trois épisodes,comme pour beaucoup de citoyens, leur jeunesse heureuse et travailleuse avant le Fascisme ,les angoisses pendant la  Guerre,et la joie de revivre après la Libération . Joie de courte durée ,jusqu'en 1954 qui fut le début d'un autre compte à rebours .
Mon ami pourtant bien que conçu avant les hostilités naquit une deuxième fois,hors de son pays natal ,au Levant,comme on le découvre en dernière page :
Achevé d'imprimer
Le 19 Mars 1945 à l'imprimerie Gédéon *(2)
B E Y R O U T H
(Quatrième tirage ).
"Ce livre a été réédité par les Lettres Francaises sur le conseil du Comité de Culture Française dans le Proche-Orient.Il ne peut etre vendu que dans les pays,qui en droit ou en fait ne peuvent s'approvisionner auprès de l'éditeur originaire ".
Ce livre "La Grammaire et le Francais",Leçons et Exercices,est le fruit du travail  d'A.Souché,Inspecteur de l'Enseignement primaire et J.Lamaison. Agrégé de Grammaire ,pour les classes de 4ième et 3ième.
 Le présent volume est une reproduction de l'ouvrage édité par la Maison Fernand Nathan .
Editeur ,18 Rue Monsieur-Le-Prince,Paris (VI-ième)."
Une étiquette à bouts cassés, et cernée d'une double bordure bleue sur la page intérieure de la couverture porte à l'encre Waterman le nom de mon frère ainé
" Michel Lévy,Classe de 4ième B3".
Et bien je peux dire avec fierté que  je l'ai doublé,triplé,quadruplé et meme sextuplé cette classe en compagnie de ce livre qui ne paye pas de mine !
Ce petit volume à la couverture cartonnée d'une rébarbative couleur marron et sans une seule image fut pour moi une petite bibliothèque portative où j'aimais tout lire,les courts récits, les exemples,les questions  et meme les sujets de rédaction .Caractères gras,ou en italiques sont les seules fantaisies graphiques pour rehausser ces pages qui nous invitent à connaitre les beautés de la langue francaise par des extraits d'oeuvres  de grands écrivains.Ce livre petit par sa taille fut pour moi un trésor immense que je lisais en tournant les pages au hasard,avec souvent une tartine de pain beurré ou de confiture à la main....Les miettes encore collées entre les feuillets sont mes signets .. .Bien sur ,le temps qui marque aussi nos  tempes a ajouté des taches de rousseurs sur ce papier de mauvaise qualité qui n'a jamais eu la blancheur du vélin,et le cartable l'a aussi un peu malmené en le brinquebalant sur le chemin du Lycée,mais pour moi il est chaque année encore plus précieux car lui ne vieillit pas :ses morceaux choisis sont immortels.Quand sonna l'heure de l'halali et que nous ne  pouvions plus nous leurrer sur l'avenir que la France nous imposa à coups de fusil-mitrailleur ,le 26 Mars 1962,il fallut bien en Juin remplir une valise de mes plus précieux souvenirs .Les vieux jouets dépareillés,les objets accumulés et qui chacun d'eux avaient une histoire à raconter,mes premiers cahiers et pages d'écriture,mes  dessins et gouaches du Lycée,mes collections de  revues des deux guerres,j'ai du les abandonner presque tous,dans les fonds de tiroirs,et l'heure venue je dus inexorablement faire un choix et passer impitoyablement au crible les témoins silencieux qui ensoleillèrent ma jeunesse .
Ce livre fut un des privilégiés qui se blottit dans ma valise ,monta la passerelle  du Président Cazalet et fut ,emporté dans la cale par des dockers haineux . S'ils avaient su quel trésor pour moi était  caché dedans ,ils l'auraient jeté à la mer ,par accident ...
Aujourd'hui,en ouvrant mon livre au hasard,les feuillets fatigués se sont arretés sur la Dictée  que je recopie . Et cette dictée il faut la lire lentement comme de la bouche du maitre,pour mieux en savourer le sens des mots :

"Quand la vigne meurt"


En enlevant leur veste malgrè le froid,car le travail allait etre rude, ils se mirent à arracher la vigne .L'un et l'autre,ils avaient causé d'assez bonne humeur,en faisant la route .
Mais des qu'ils eurent commencé à becher,ils devinrent tristes,et ils se turent pour ne pas communiquer les idées que leur inspiraient leur oeuvre de mort et la fin de la vigne.
Lorsque une racine résistait par trop ,le père essaya deux ou trois fois de plaisanter et de dire : " Elle se trouvait bien là,vois-tu,elle a du mal à s'en aller.. .." Il y renonca bientot .Il ne réussisissait point à écarter de lui-meme, ni de l'enfant qui travaillait près de lui,la pensée pénible du temps où la vigne prospérait,où elle donnait abondament un vin blanc,aigrelet et mousseux,qu'on buvait dans la joie,les jours de fetes passés .
Chaque année,depuis qu'il avait conscience des choses,Driot avait taillé la vigne,biné la vigne,cueilli le raisin de la vigne,bu le vin de la vigne . Et elle mourait !
Chaque fois que ,sur le pivot d'une racine,il donnait le coup de grace, qui tranchait la vie définitivement, il éprouvait une peine .

René Bazin,La Terre qui Meurt, (Calman-Lévy edit.)
.

Et tout de suite sous la Dictée, après les questions et le paragraphe du vocabulaire vinrent deux sujets de Composition francaise :

1) Avant de quitter la maison natale.
Votre famille est obligée de quitter définitivement la maison où vous etes né et où vous avez vécu jusqu'alors et à laquelle se rattachent tant de souvenirs . vous en parcourez une dernière fois les diverses pièces,les alentours,le jardin,et à mesure c'est tout votre passé d'enfant qui ressuscite .
2) Etes-vous de l'avis de Ste-Beuve formulant ce souhait :
"Naitre,vivre et mourir dans la meme maison " ?


Je ne savais pas qu'un jour je n'aurai pas à faire un effort d'imagination pour entrer dans la peau d'un homme obligé de se couper de ses racines, comme  on coupe en situation d'urgence un bateau de ses amarres !.

    L'inévitable flacon Waterman                                               Et le stylo avec le levier sur le
                                                                                                    coté pour presser la pompe .            

 


Et bien remplissons d'abord le stylo à pompe en bakélite . Une opération toujours dangereuse  pour l'entourage !
 Moi J'aurai  préféré écrire à l'encre verte mais notre Prof nous l'interdisait  ! Cela nous semble si futile
 maintenant !  Le stylo à pompe fut ensuite détroné par les cartouches à la manipulation plus propre .
Un jour de reverie en classe, à force de machonner le couvercle de mon stylo,peut-etre pour m'aider à trouver de l'inspiration, je le brisais entre mes dents et dans ma surprise en avala un morceau ! . Trop tard pour faire quoique ce soit . J'avoue que ce fut pendant 24 heures un vrai sujet d'inquiétude pour moi qui n'osa le raconter à personne à la maison ,mais dévora un pain de mie entier pour atténuer les tranchants.... Je devais avoir un estomac d'autruche car à ce jour je suis encore vivant
.

Et bien donc faisons le tour de l'appartement . Logiquement ,je devrai commencer par l'entrée .
Mais moi je veux rester fidèle à moi-meme,meme au prix de passer pour un original.
Je me revois comme dans mes anciens  reves d'enfant  assis dans la baignoire de fonte  émaillée de blanc mais étrangement comme suspendue à l'extérieur de l'immeuble ,ainsi qu'une vraie peinture de Chagall où souvent  planent ses personnages . Celà vient de ce que je compris une fois que derrière la peinture de laque écaillée qui découvrait le ciment de la brique,qu'une faible épaisseur de bloc me séparait du vide du haut du cinquième étage . Et ainsi en eut ce vertige qui revenait la nuit  dans mes cauchemards !

N.B.
(1)*Anschluss :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anschluss


(2) *On retrouve les traces de cette Imprimerie  (aussi de timbres ) dans le site philatélique,section Liban ( A lui seul passionnant ) :
http://www.coppoweb.com/merson/etranger/fr.me_syr.php



                                     L'affaire Syrie-Liban (juin-juillet 1941)

Je cite :

"La Syrie et le Liban étaient des territoires placés sous tutelle française par un mandat de la SDN que les Français considéraient donc comme faisant partie de leur Empire. Début 1941, le général Dentz y commandait une armée de 40 000 hommes. En s'en échappant quelques mois avant pour rejoindre les F.F.L. (Forces Francaises Libres ) en  Palestine, le général de Larminat n'avait réussi à entrainer que 300 hommes....

Le 1er avril 1941, il se produisit en Irak (pays sous influence britannique) un coup d'État antibritannique soutenu par les services allemands. L'enjeu pétrolier est évidemment de première importance. Tout en négociant les protocoles de Paris dont l'un est relatif au Levant (nom alors donné au Moyen-Orient), Darlan,avec l'accord personnel du maréchal Pétain, approfondit la collaboration avec l'ennemi en lui accordant en Syrie un soutien technique, ainsi que, aux avions de la Luftwaffe, la base d'Alep d'où ils sont autorisés à utiliser les aérodromes de la Syrie pour aller bombarder les Britanniques en Irak. Darlan rencontre Hitler le 14 mai 1941, puis Abetz avec lequel il signe les accords de Paris qui prévoient, entre autres, de façon explicite, l'utilisation des bases françaises en Syrie. Cette situation nouvelle ne fait qu'aggraver l'inquiétude des Britanniques et des Américains. Lorsque les Britanniques en ont fini avec la rébellion de Rachid Ali, ils attaquent les forces françaises de la Syrie et du Liban* (3)(4) le 8 juin 1941. 30 000 soldats britanniques épaulés par une Division de Francaise Libre attaquent les 40 000 hommes du général Dentz. Loin de se limiter à un « baroud d'honneur », les Français du général Dentz résistent. Les combats durent jusqu'au 14 juillet et se soldent par 1 066 tués et 5 400 blessés pour les Français du général Dentz, 650 tués et blessés pour les Francais Libres  et 4 060 tués et blessés pour les Britanniques. Le gros des troupes regagne la France, mais, malgré la dureté des combats qui viennent de les opposer, 5 500 hommes se rallient à la France libre. Pourtant les Britanniques qui ne souhaitaient peut-être pas le maintien d'une force française importante au Moyen-Orient, avaient rendu difficile le contact entre officiers français libres et les prisonniers vichystes ."

*(3,4) Moché Dayan à cette époque participa à la Campagne du Liban en 1941:

http://www.globalsecurity.org/military/library/report/1988
/KAA.htm

En voici la traduction :

Cette année de 1941 Rommel concevait une attaque contre l'Egypte .Les Anglais étaient dans la situation très dangereuse de se voir couper de leur ravitaillement.
Alors ils reconnurent le "Palmach" (5) que les Juifs de Palestine venaient de créer pour s'auto-défendre et ils initièrent des négociations avec l'Agence Juive représentante de la population hébraique,pour associer ces Commandos aux forces britanniques . A la condition que le Palamach ne fasse pas partie officiellement de l'Armée de sa Majesté  !!! ( C'était l'époque honteuse du Livre Blanc *(6) où les Anglais limitaient les visas d'entrée en Palestine des juifs qui cherchaient à fuir les nazis ) . Comme l'infanterie légère du Palmach aurait eu peu d'effet sur les Forces de Rommel,l'Angleterre préféra les utiliser dans des opérations de reconnaissance et de commandos.Moché Dayan ayant une parfaite connaissance de la région,car son Kibboutz était situé dans le Nord de la Galilée,eut donc pour mission de collecter le maximum d'informations sur  deux ponts menant à Beyrouth et situés sur la route du littoral.
Et le 7 Juin 1941 il rassembla un commando de 10 australiens,cinq juifs et un arabe .
Il s'avança avec ses hommes déguisés en paysans locaux jusqu'à une profondeur de 12 km en territoire ennemi .Là ils se positionnèrent à proximité de ces deux ponts à controler,attendant l'arrivée du gros des forces britanniques . Comme ceux-ci tardaient alors que l'aube se levait,Dayan craignant d'etre découvert proposa  d'organiser leur défense dans un proche Poste de Police.Mais il ne savait pas que ce fortin était
  occupé par les forces de Vichy,et à leur approche subirent
brusquement un feu  nourri qui les clouèrent au sol. Moche Dayan pensa alors

que le meilleur moyen de défense était de lancer un brusque assaut,ce qu'il fit .
Et après que les Vichyssois subirent des pertes,le reste s'enfuit du Poste . Et Dayan réorganisa son groupe avec des armes récupérées sur les défenseurs .
Comme ce fortin avait une importance régionale les forces de Vichy l'encerclèrent de nouveau et ouvrirent un feu intense . Alors que leurs munitions diminuaient Dayan décida de  s'organiser en vue d'une contre-attaque . Ce qui arriva ensuite est mieux expliqué par Moshe Dayan lui-meme :
"Je saisis mes jumelles pour localiser l'origine des tirs .A peine en avais-je réglé
la mise au point
qu'une balle s'écrasa sur mes jumelles,éclatant les verres et le boitier dont les morceaux s'encastrèrent dans mon orbite gauche.Et immédiatement perdis conscience " .Alternativement sortant de son évanouissement il attendit en souffrant ,encerclé pendant six heures, les premiers secours anglais. Evacué à l'Hopital de Haifa,les chirurgiens ne purent rien faire que d'extraire les éclats .L'os atteint ne pouvait meme plus recevoir un oeil de verre . Ainsi à 26 ans Moché Dayan dut porter cette célèbre oeillère de cuir noir pour cacher sa blessure qui lui rappelait quotidiennement le prix humain de la Guerre .

* (5) Palmach :prononcer  "Palmar"
http://fr.wikipedia.org/wiki/Palmach

* (6)  Le Livre Blanc (D'après Alain Dieckhoff  ) :
"Le Livre blanc constitue politiquement un coup très dur pour le sionisme puisqu'il sera mis en application au moment même où le judaïsme européen va se trouver confronté à une entreprise d'extermination systématique. L'inflexibilité britannique ne faiblira pas et les réfugiés « illégaux » qui atteindront les rivages de la Palestine pendant la guerre seront soit internés, soit déportés vers des colonies africaines. Pourtant, le second conflit mondial bouleversera radicalement l'équation proche-orientale: désormais affaiblie par sa résistance héroïque et sa victoire sur l'Allemagne nazie, la Grande-Bretagne sera obligée de liquider son empire et verra la Palestine partagée en deux par la force du droit (résolution de l'ONU du 29 novembre 1947) puis par celle des armes (première guerre israélo-arabe de 1947-1949).

A cette époque cruciale de sang et de feu, David Ben Gourion exposa fort bien le grand dilemme du double combat des Juifs : «Nous ferons la guerre contre Hitler comme s’il n’y avait pas de Livre Blanc et nous combattrons le Livre Blanc comme s’il n’y avait pas la guerre. »
     
                                          
              
n.b. Il semble que je n'ai respecté ni l'unité de lieu,ni l'unité de temps ,ni meme d'action dans ces lignes à baton rompu,car une évocation en appellait une autre ,mais  il apparaitra certainement dans ce modeste texte l'unité de coeur .
 
                                                           ( A suivre )



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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 06:57



                                                                            ( Gravure d'Alger en 1830)

                                    La  " Northwestern University Library  " nous offre ce superbe cadeau  :


Ce plan d'Alger imprimé à Paris en 1870 est très utile pour y voir les noms de rues des quartiers authentiques  avant  la grande modernisation de la Capitale  Francaise
Les outils pratiques fournis ( Zoom) et flèches de déplacement nous permettent de nous faufiler facilement et de retrouver l'emplacement de lieux dont parlent les nombreuses évocations  historiques que nous lisons eventuellement  sur la Ville .
http://ansel.library.northwestern.edu/ImageServer/index.jsp?filename=/dimages/public/images/afrmaps/inu-afrmap-4236360-recto-ah.jp2&title=Plan%20de%20la%20ville%20d'Alger%20et%20de%20ses%20Faubourgs


                                                                       Marquette :" Rue des Jannissaires "



                                                                     " Maguen David" (Bouclier de David)
                                                                             dans la Casbah d'Alger



Dans cette ruelle de la Casbah,le photographe Yves T. a sauvé de la ruine cette  Etoile de David,qui peut-etre signalait alors une des nombreuses petites Synagogues fréquentées depuis des siècles par des Israélites  qui vinrent   d' Espagne et du Portugal, ( Entre autres pays,après la Grande Diaspora  qui suivit la destruction   du  Temple de Jérusalem  de l'an 70 , et qui  les dispersèrent un peu partout ). En Algérie ils durent  subir les humiliations des différents despotes Ottomans,  qui faisaient planer quotidiennement la menace du cimeterre sur leurs tetes en les maintenant  au rang d'habitants à la liberté très précaire et achetée à prix d'or  .
Les Deys successifs les limitèrent à des métiers pleu glorieux,  leurs imposèrent   des  habillements et des
coiffes distinctifs, et des  interdictions comme celles de monter
à cheval, ou d'avoir une échoppe de plein-pied avec  la  rue . ( Il fallait y descendre quelques marches pour y  accéder et la hauteur du porche était aussi limitée pour les obliger à baisser la tete ! ). Pourtant gràce à leurs contacts dans le bassin méditerranéen,
surtout avec les Juifs
de Livourne , ils formaient une classe d'un grand savoir moderne de Savants,Docteurs
et Lettrés tout en maintenant les traditions religieuses . En 1853 ,la première  imprimerie dans  ce pays était tenue par les Juifs,toujours en avance dans la connaissance  .
L'arrivée de la France à laquelle ils offrirent leurs services et leur excellente pratique de la langue arabe et dialectes  pour les guider dans une  Algérie  inconnue leur ouvrirent les portes de la Liberté et dès le Senatus-Consul  de 1865 définitivement ratifié par le Décret Crémieux en 1870,ils reçurent avec joie  la citoyenneté Francaise, avec les droits et les devoirs que cela impliquent .
( Je ne m'étendrai pas sur  cette Loi infàme parue au Journal Officiel en 1941 qui nous retira  cette nationalité et aussi les moyens de vivre ) . Les musulmans quant à eux craignant pour l'hégémonie de  leur religion et l'assimilation ,restèrent en arrière .
En une seule génération  les Juifs d'Algérie s'épanouirent à la vie moderne et burent la culture Francaise à plein traits tout en restant fidèles à leur culte ,dans une  République Laique  . Longue est la liste de ces Francais de religion israélite qui sont tombés dans les Guerres  de 14-18 et 39-45  pour ne citer que celles-ci .Le 8 Nov. 1942, 300 juifs préparèrent  Alger  au Débarquement libérateur en paralysant pendant 24 heures les forces de Vichy.



                                                                " Vieux Juif " -  (Musée du Quai Branly-Paris )



L'ancetre de mon Arrière Grand-Père maternel a du etre l'un d'eux de ces anciens émigrés  venus d'Espagne  pour habiter la Casbah . Mon Grand-Père travaillait déjà dans un de ces  magasins sous les arcades de la  Rue  Bab-Azoun. Je me plais à penser que peut-etre il a  fréquenté cette Synagogue . Comme beaucoup de sa génération, il disparu à Verdun et git quelque part sans tombeau  ni couronne ,après qu'un jour funeste de Juillet 1916  il soit tombé à la Cote 304  " S'étant porté volontaire pour une mission " .

Alors que j'écris ces  lignes nostalgiques,j'entends ici en Israel où j'habite, les  quotidiennes nouvelles de bombardements mortels de fusées et obus de mortier en provenance   de Gaza  sur les Kibboutzim et villages et villes du Nord Néguev .  Mais la terreur semée par  ces fanatiques ne nous chassera jamais de notre terre .

                                                                   Visite de Napoléon III à Alger en 1865


La Parade se déroule face à la Cathédrale St Phillipe (Anciennement Mosquée Ketchaoua et  redevenue ) , et sur la Place où sera plus tard érigée la statue du Duc d'Orléans .


                                                                 La Place du Gouvernement actuelle



                                                               Aquarelle ancienne :  Enfants Juifs à Alger
                                                                    ( Musée du Quai  Branly -Paris )


                                                                                   Fillettes juives d'Alger



                                                                            
                                                                               Jeune Fille Juive- (1896)



Costumes Algériens d'avant la Conquete.Au centre une femme juive avec  le haut Henné   imposé par les Deys  pour la différencier d'une musulmane .



 





                                                                                        F I N ( Provisoire )




 
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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 18:07

Si je t'oublie jamais, Jérusalem, que ma droite m'oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies. (137, 5-7).

En souvenir des 6 millions assassinés par l'hydre nazi, nous inclinerons notre tete .

Regardez bien cette image prise à Auschwitz ,cette machine infernale de destruction.
Ces femmes-soldates  allemandes  jeunes et éclatantes de joie et de sante ont posé pour l'éternité au Camp de
Concentration ,pendant une pause-café,réjouies au son de l'arcordéoniste, se reposant un temps de leurs
fonctions de brutes assoiffées de sang  ,comme si elles étaient  dans un camp de vacances .




Hélas,tous les criminels n'ont pas été jugés :
Comme ce monstre recherché :Aribert Heim,Docteur tortionnaire .

Extrait du Journal Israélien Haaretz du 30/4 /2008 .

Tags: Holocaust, Aribert Heim 
As the Simon Wiesenthal Center prepares to publish its list of most-wanted suspected Nazis on Wednesday, the The Associated Press investigates the case of the concentration camp doctor who tops the list.

Karl Lotter, a prisoner who worked in the hospital at Mauthausen concentration camp, had no trouble remembering the first time he watched SS doctor Aribert Heim kill a man.

It was 1941, and an 18-year-old Jew had been sent to the clinic with a foot inflammation. Heim asked him about himself and why he was so fit. The young man said he had been a soccer player and swimmer.


Then, instead of treating the prisoner's foot, Heim anesthetized him, cut him open, castrated him, took apart one kidney and removed the second, Lotter said. The victim's head was removed and the flesh boiled off so that Heim could keep it on display.

"He needed the head because of its perfect teeth," Lotter, a non-Jewish political prisoner, recalled in testimony eight years later that was included in an Austrian warrant for Heim's arrest uncovered by The Associated Press. "Of all the camp doctors in Mauthausen, Dr. Heim was the most horrible."

But Heim managed to avoid prosecution, his American-held file in Germany mysteriously omitting his time at Mauthausen, and today he is the most-wanted suspected Nazi war criminal on a list of hundreds who the Simon Wiesenthal Center estimates are still free.

"Heim would be 93 today and we have good reason to believe he is still alive," said Efraim Zuroff, the Simon Wiesenthal Center's top Nazi hunter. He spoke in a telephone interview from Jerusalem before the center plans to release a most-wanted list Wednesday, and to open a media campaign in South America this summer highlighting the $485,000 reward for Heim's arrest posted by the center along with Germany and Austria.

According to an advance copy of the list obtained by the AP, the most wanted, after Heim, are: John Demjanjuk, fighting deportation from the U.S., which says he was a guard at several death and forced labor camps; Sandor Kepiro, a Hungarian accused of involvement in the wartime killings of than 1,000 civilians in Serbia; Milivoj Asner, a wartime Croatian police chief now living in Austria and suspected of an active role in deporting hundreds of Serbs, Jews, and Gypsies to their deaths; and Soeren Kam, a former member of the SS wanted by Denmark for the assassination of a journalist in 1943. His extradition from Germany was blocked in 2007 by a Bavarian court that found insufficient evidence for murder charges.

The hunt for Heim has taken investigators from the German state of Baden-Wuerttemberg all around the world. Besides his home country of Austria and neighboring Germany where he settled after the war, tips have come from Uruguay in 1998, Spain, Switzerland and Chile in 2005, and Brazil in 2006, said Heinz Heister, presiding judge of the Baden-Baden state court, where Heim was indicted in absentia on hundreds of counts of murder in 1979.

Thousands of German war criminals were prosecuted in West Germany after World War II. In the 1970s, Western democracies began a hunt in earnest for Eastern European collaborators who had fled claiming to be refugees from communism, and the end of the Cold War gave access to a trove of communist files in the 1990s.

"All of a sudden there was pressure on countries like Latvia and Estonia to put these people on trial," Zuroff said. "So two times in the past 30 years we've been given a tremendous infusion of new energy and new possibilities.

The Wiesenthal Center's previous annual survey counted 1,019 investigations under way worldwide. The number is lower this year and inexact because not all countries responded, but new investigations were up from 63 to 202, Zuroff said.

Still, a lack of political will in many countries, and what Zuroff called the misplaced-sympathy syndrome - reluctance to pursue aging suspects - has meant that few people have been brought to trial and convicted.

Lotter, the witness to Heim's atrocity, was in Mauthausen because he fought with the communists in the Spanish Civil War. His statement from the 1950 arrest warrant was viewed by the AP at the National Archives in College Park, Maryland.

Now that the necessary evidence is in place, numerous witness statements have been taken and Heim has been indicted, all that's left is to find him.

Born June 28, 1914 in Radkersburg, Austria, Heim joined the local Nazi party in 1935, three years before Austria was bloodlessly annexed by Germany.

He later joined the Waffen SS and was assigned to Mauthausen, a concentration camp near Linz, Austria, as a camp doctor in October and November 1941.

While there, witnesses told investigators, he worked closely with SS pharmacist Erich Wasicky on such gruesome experiments as injecting various solutions into Jewish prisoners' hearts to see which killed them the fastest.

But while Wasicky was brought to trial by an American Military Tribunal in 1946 and sentenced to death, along with other camp medical personnel and commanders, Heim, who was a POW in American custody, was not among them.

Heim's file in the Berlin Document Center, the then-U.S.-run depot for Nazi-era papers, was apparently altered to obliterate any mention of Mauthausen, according to his 1979 German indictment, obtained by the AP. Instead, for the period he was known to be at the concentration camp, he was listed as having a different SS assignment.

"This cannot be correct," the indictment says. "It is possible that through data manipulation the short assignment at the same time to the (concentration camp) was concealed."

There is no indication who might have been responsible.

Eli Rosenbaum, director of the Justice Department's Nazi-hunting Office of Special Investigations, was on the road and did not immediately respond to requests for comment.

The U.S. Army Intelligence file on Heim could shed light on his wartime and postwar activities, and is among hundreds of thousands transferred to the U.S. National Archives. But the Army's electronic format is such that staff have so far only been able to access about half of them, and these do not include the file requested by the AP.

Heim was relatively well-known, however, having been a national hockey player in Austria before the war, and there were plenty of witnesses from his time at Mauthausen.

Austrian authorities sent the 1950 arrest warrant to American authorities in Germany who initially agreed to turn him over, then told the Austrians, in a December 21, 1950 letter obtained by the AP, that they could not trace him.

What happened next is unclear, but in 1958 Heim apparently felt comfortable enough to buy a 42-unit apartment block in Berlin, listing it in his own name with a home address in Mannheim, according to purchase documents obtained by the AP. He then moved to the nearby resort town of Baden-Baden and opened a gynecological clinic - also under his own name, Heister said.

In 1961, German authorities were alerted and began an investigation, but when they finally went to arrest him in September 1962, they just missed him - he apparently had been tipped off.

Heim continued to live off the rents collected from the Berlin apartments until 1979 when the building was confiscated by German authorities.

Proof that he is alive may lie in the fact that no one has claimed his estate. Heim has two sons in Germany and a daughter who lived in Chile, but whose current whereabouts are unknown.

In Frankfurt, Heim's lawyer said he still officially represents the fugitive, but has not heard from him for 20 years and has no clue to his whereabouts.

Asked in a telephone interview if Heim was dead, Fritz Steinacker said only: I don't know.

Ruediger Heim, one of the sons, would not comment when telephoned at his Baden-Baden villa.

"All I can say is that it has been implied that I am in contact with my father, and that is absolutely false," he said. "The rest is speculation, and I can't enter into that."


Nous voici devant le Mur de l'Ouest à Jérusalem, débri de ce que fut le Temple d'Israel détruit par deux fois, et jamais reconstruit que dans notre coeur . Maintenant que l'accés au Mur est libre seulement  depuis 1967 après des combats sanglants d'où Israel sortit vainqueur,nous pouvons y prier et espérer la Paix pour nos enfants . Et ce soir,nos pensées irons aux Trois soldats prisonniers Israéliens dont nous sommes sans nouvelle depuis l'été 2006 . Et aussi à ceux qui sont tombés  dans les nombreuses guerres d'Israel depuis sa création pour  nous permettre de vivre comme des hommes et des femmes libres sur le sol de nos ancetres.

Regardons  en temps réel la base de ce que fut le Temple où brulait le chandelier à sept branches,pillé par Titus en 70.

http://switch3.castup.net/cunet/gm.asp?Clipmediaid=45486
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