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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 13:48
Maintenant que Sylvette repose en Paix depuis le 28 Avril 2008, il ne nous reste  qu'à relire ses messages .
Il y a une année Sylvette Cyril-Leblanc  m'envoya le récit photographique d'une de ses escapades .
Elle savait apprécier les belles choses et surtout en faire profiter  ses lecteurs et lectrices.
Au hasard j'ai choisi de publier cet envoi tout empreint de son amour pour les vieilles pierres et la musique .


 
Une histoire de guitare et de vieilles pierres
 
Il y a quelques jours j'allais à un mariage dans la Sarthe, une région que je connais
pour y avoir plusieurs années de suite participé à des stages de guitare.
Alors il ne fallait pas rater l'occasion de revoir ce Prieuré de Vivoin, du XIII e siècle reconstitué au cours des ans,
qui avait obtenu en 65 le prix de "Chef d'oeuvre en péril"
Depuis plusieurs années il est devenu un centre Culturel.
C'est un peu au Nord du Mans sur la route d'Alençon. ( 20 kms)
 
Au départ parait-il, il ne restait que quatre pans de murs.
Et puis tout le village s'est mobilisé... Puis des volontaires d'année en année sont venus reconstituer la maçonnerie
comme au temps des cathédrales et les vitraux aussi.
 
 
                                                                         Une vieille carte postale témoignage du délabrement
 
                                                              La première année, en 86. Fenêtres ouvertes sur le ciel,
                                                             Une petite entrée pour accéder au Prieuré
 
 
 
             
                      Puis au fil des ans:  Une toiture                                                                                Des vitraux 
 
 
 
 
                                                               Et aujourd'hui une grille élégante a remplacé le muret...
 
 
Cour intérieure, où donnent les chambres, le dortoir des jeunes,
les champs, l'ancienne chapelle, les cuisines.
Le crépi est aux couleurs des pierres de la région, une réussite.
 
 
 
 
Voilà la reconstruction en raccourci
 
 
 
 
 
Normalement on ne doit pas avoir accès au chantier! Mais curieuse comme je suis!
 
Voûtes sur croisées d'ogives, les travaux ont duré 6 mois, sur 3 années
Le chantier a reçu le 1er prix en Région Pays de la Loire
du concours des Chantiers Bénévoles de la Caisse des Monuments Historiques
Lors de inauguration nous eûmes droit à de sacrées agapes!
 
 
 
 
Les fameux lavabos des moines dont il ne reste qu'une infime partie (1988)
 
 
Et la belle porte Renaissance qui mène au jardin.
Elle menait au réfectoire des moines, d'où les lavabos tout proches.
 
 
 
 
Aujourd'hui restaurée
 
 
 
 
 
 
Pour répéter,   tranquille dans le jardin : un pommier, une vache, c'était bucolique!
Et  les vaches appréciaient apparemment ; elles arrivaient dès que l'on jouait
 
 
 
 
 
 
En cours avec Philippe Jouanneau ( conservatoire d'Orsay)
 
c'est sérieux
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lors des répétitions à 40 guitares dont quelques unes désaccordées 
juste pour donner un peu de piment à la répétition José de Touris stoïque ne remarque rien
même s'il n'en pense pas moins!
 
 
 
 
 
 
 
 
Les habitués du stage se regroupent ça rit mais ça bosse quand même!
 
 
 
 
Duos avec Laurence (de Reims ) la première année
 Il nous arrive de jouer  encore!
 
                                                    A droite Marie Laure que j'ai revue à Aix en Provence
                                           maman de 3 charmants bambins aujourd'hui!
 
 
 
 
 
Et Nathalie 15 ans qui me maternait!
Lors d'un duo de guitare d'Amérique Latine un peu raté!
Infirmière anesthésiste aujourd'hui
 
 
 
Sébastien Vachez ( de Troyes) que j'ai connu à douze ans maintenant concertiste renommé
 
J'aimais bien "croquer pendant les cours théoriques!
 
 
Ce coup ci toutes les guitares étaient accordées. 
En principe pour jouer dans l'église à 40 ça vaut mieux
A la direction José de Touris (charmant) directeur du stage!  
 
 
 
Et  parfois on se produisait dans un fameux site
L'Abbaye Cistercienne de l'Epau au sud du Mans
Voilà les guitares qui débarquent!
 
 
 
 
 
Et aujourd'hui l' abbaye toujours aussi magnifique. Toujours des expositions.
 
 
 
 
Vue de la salle capitulaire... le cloître, le tombeau de la Reine Bérengère
 
 La reine Bérengère de Navarre
( née en Espagne vers 1170. Son père Sanche VI surnommé "Sanche le sage" est alors roi de Navarre ),
épouse de Richard Cœur de Lion
 
 
 
 
Là aussi des lavabos et même plus....
 
 
Dans le dortoir des moines. On se prépare au concert
 
 
 
 
L'acoustique de ce dortoir des moines
au plafond de forme semi cylindrique en bois est excellente
ça devait être terrible pour dormir avec les ronfleurs car le moindre son est amplifié...
 
 
 
 
 
 

 
Les concerts dans ce cadre furent un vrai régal
Que de beaux souvenirs....
 
Et encore vous n'avez pas vu le Vieux Mans, une merveille!
 
Sylvette
 
 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 18:47

Cette photo est celle que Sylvette Leblanc avait choisi en préface de son Blog.


Un jour elle me conseilla de lire un livre sur l'Algérie," L'Escalier de Béni-Saf" de l'écrivain Henriette GEORGES.
Elle avait trouvé ce bijou littéraire en chinant,toujours curieuse, lors d'une de ses escapades .Ce livre n'existe presque  plus sur les rayons d'occasion. (Il a été édité en1988 et fut rapidement épuisé ). Sylvette l'avait lu avec enthousiasme et parce qu'il était introuvable eu la gentillesse de l'envoyer en Israel,de l'autre coté de la méditerranée qui nous réunit et ne nous sépare pas de nos amis et amies. Tout de suite elle engagea une correspondance avec Madame Henriette GEORGES et Sylvette m' envoya un jour ce livre .

"S.L." comme elle signait ses messages ,était à juste titre fière de l'appréciation d'émotions communes avec ce  grand écrivain qui fait revivre dans son livre la joie simple des communautés diverses dans la vie quotidienne de Béni-Saf. Ce livre,et bien il circule maintenant,certainement comme  l'aurait  souhaiter Sylvette,dans les mains de ses amis fidèles .





J'avais alors recopié la page 340 dont voici  les premières lignes de Madame Henriette GEORGES :

"C'était la-bas une autre vie, accordée au soleil,à la mer et au quotidien.
Fabuleusement riche de tout ce qui ne s'achete pas,nous vivions les bras nus et les gestes libres.
C'était hier la corde douce des espadrilles,le sable brùlant et les carrelages frais .
Aujourd'hui les parquets cirés et la pluie tetue et grise .
Mes rythmes intenses et profonds ont été imprimés là-bas et mon corps s'en souvient .
Il n'a que faire de la raison .Les versets de ma vie sont inscrits d'une encre indélébile dans la terre assoiffée,les pierres,le ciel bleu et la mer.
Vivre ici ou ailleurs c'est pour moi traduire une langue étrangère..."

Henriette GEORGES a semé à tout vent en Algérie son amour de la langue francaise :

Dans le beau site de Mohamed Seghiouer sur Béni-Saf,je lis ses souvenirs d'écolier:
"J'
ai aussi usé mes genouilléres dans la cour de l'école de garçons " Paul Langevin " de la Plage du Puits,sous la direction de monsieur Martiquet et de mon institutrice madame Georges Henriette ( auteur du livre " l' Escalier de Béni-Saf".)Je n'ai jamais pu la rencontrer pour au moins la remercier de m'avoir inculqué les bases de l'enseignement et de m'avoir fait aimé la lecture, suivie bien plus tard, par mon autre professeur, Monsieur Orth, qui m'a aidé à faire de la lecture, une grande passion..."

  Alors cette dame déjà agée écrivit la lettre suivante à Sylvette dans une rare réponse a son admiratrice :




Orléans,Février 2004

Chère amie de là-bas,

Enfin ce petit mot, après tout ce temps un peu difficile pour vous
dire combien j'ai été sensible à votre lettre à laquelle je me propose
de répondre plus longuement .Merci de tout ce qu'elle offre de souvenirs,
de communauté,de pensées,d'interets et , de regard sur les choses .
Je l'ai lue et relue avec beaucoup de plaisir .
Soyez assurée de mes fidèles pensées.
Merci de cette longue lettre ,
Bien amicalement .
Henriette Georges .

Pendant ce temps Sylvette écrivait les dernières pages de son livre
qu'elle réussit à éditer pour notre plus grande joie,hélas peu après
remplacée par l'immense tristesse de sa disparition à la  fin d'un combat
inégal et sans pitie de ces dernieres années .


Carte postale (1910) des Célèbres Ficus du Jardin d'Essai.
Leurs branchioles se penchant sur le sol ont la particularité
de pousser comme des racines créant ainsi une vraie jungle de lianes .
( Un épisode de Tarzan avait meme y était tourné m'avait précisé Sylvette ! )



Octobre 1954
Jardin d'Essai

Voila plus de trois mois que nous avons quitté le Hamma, ce quartier d'Alger où je suis née
pour venir habiter sur les hauteurs de Maison-Carrée,dans la banlieue est . Que de changements,
du coup,dans ma vie !
Ce qui me manque avant-tout,mon terrain de jeu privilégié,le Jardin d'Essai !
Un jardin unique au monde,à deux pas de chez nous- si grand qu'on aurait pu s'y perdre - ses arbres gigantesques,ses parterres fleuris,son zoo aux tortues géantes,centenaires auxquelles nous ne manquions pas de jeter un coup d'oeil intéressé à travers les grilles à chacune de nos visites .
Visiter le Zoo...Depuis toujours ma soeur Geneviève et moi nous en revons . Mais c'était toujours la
meme réponse de maman :" une autre fois,si vous etes bien sages " .Nous restions souvent en arret,réveuses,devant la caisse au dessus de laquelle,sur le mur d'un blanc éclatant,un oiseau déployait en arc de cercle une superbe queue aux plumes bleues et vertes...un paon,faisant la roue,comme dans mon livre de sciences
naturelles .Et puis un jour,ma soeur avait trouvé dans l'allée menant au Zoo,deux billets d'entrée qu'elle avait vite ramassés .Nous étions accourues vers maman,en laissant éclater notre joie triomphante .Lassée de nos demandes répétées,elle avait pousse un soupir résigné. Puis elle avait échangé un regard avec sa complice,
notre tante Fifine et comme nous attendions sa réaction,hésitanté encore,elle nous avait lancé :
" Allez-y,qu'est que vous attendez !" .
Et nous voilà parties pour la visite comme des grandes,quelle fierté !
Ce qu'elle n'avait pas prévu,c'était que nous allions attendrir une bonne àme et que ça marcherait .
Apres elle a eu la peur de sa vie en ne nous voyons pas revenir ! Nous, du haut de nos six et huit ans,avec notre naiveté et nos billets périmés,nous avions entrpris la visite du Zoo, oubliant complétement la famille et le reste du monde ! .


Sylvette a illustré la couverture de son livre : c'est elle qui guette dans le ciel étoiléle
 passage du Spoutnik en pensant à la chienne Laika qui l'habite....



Novembre 57

 Ma fête est passée inaperçue. Il n’y a plus qu’un seul sujet de conversation,

 « Spoutnik » lancé par les Russes qui cette fois-ci emmène un être vivant là-haut,

une petite chienne dressée qui doit répondre aux signaux qu’on lui envoie par un aboiement.

 Bientôt ce sera le tour d’un homme. C’est le début de la conquête de l’espace.

 Un  jour on ira peut-être sur la lune, tout va si vite. Il paraîtrait que ce Spoutnik

envoie des signaux lumineux que l’on peut capter la nuit.

 Alors je guette par la fenêtre de la chambre.

C’est difficile d’imaginer celà et pourtant c’est réel. "



:49:58 +0200
Cher Georges,
 
Je n'ai pas rêvé, je viens de retrouver la lettre de mimi Grezel ...devenue madame Conybeare.
Lettre précieuse car elle n'écrivait plus guère.
Elle n'avait pas pu s'empêcher de me faire des corrections quant à mes envois d'écriture, très scolaires !
J'ai scanné et je vous envoie.
 
J'ai en même temps retrouvé celle de notre Henriette qui, malgré ce qu'elle me promet ne m'a jamais écrit plus long!
 
 
C'est elle, charmante au premier rang à droite.
Dire que dans mon esprit je la voyais très vieille et pas si "sexy" finalement!
Elle s'est mariée à la cinquantaine ou presque avec un écossais charmant, une fois sa mère à laquelle elle s'est consacrée, disparue.
 
A gauche en manteau clair c'est la première directrice.
  
Voilà partie dans mes souvenirs, j'ai oublié un peu mes soucis actuels.
 
L'orage a cessé je vais pouvoir sortir.
A tantôt
 
Sylvette


Lettre de Madame Grezel :



Ma chère Sylvette,

J'ai été très heureuse de notre petite conversation qui vous
a rendue très presente ainsi que la rieuse photo jointe à votre
 Pour vos "Essais",notre conversation a été fertile.
Vous excuserez mon retard, j'écris de plus en plus mal et en ai honte.
Vos "Essais" m'ont beaucoup interessée,je crois que nous avons dit "l'essentiel".
Je vais reprendre avec vous quelques une de nos impressions.
"Rencontre hors du Temps" ,essai interéssant et fin.Evitez l'expression
"espace-temps"
qui fait penser à un philosophe naif et orgueuilleux.
Le "temps" serait mieux .

"Pénétration" titre à rejeter,vous contenter de "Vers l'infini" ou "Infini" .
"Hotel du Nord"-essai très valable par la juxtaposition d'une passion naissante
 d'une très jeune fille .Le feu du "réel" et du reve bien rendu,aussi d'ailleurs que
 l'opposition du "réel-reve" et du "réel" à l'écran.

" Fin du Petit Poucet"  : pourquoi ne pas lui donner une sorte de pensée prémonitoire.
Cette beauté ressentie comme liée à l'heureuse fin du drame qui les attend.

11 Mai.

Je reprends cette missive. Longue interruption due à un gros souci de santé .
J'ai bien reçu votre deuxième envoi .J'y répondrai dès que j'irai mieux .
Merci pour les petites photos qui me permettent d'imaginer une gentille Sylvette
dans une atmosphère heureuse.

Vos "essais"  de conteuse sont vibrants de finesse et de légereté .

14 Mai.

Navrée de ne pas avoir pu bavarder avec vous .Ennuis dus à mon aide auditive
nouvelle et pas au point .

Mon mari heureusement m'a donné votre message : nous serons heureux de votre
visite vers la mi-juin .Elle nous permettra une bien meilleure conversation.

Je pense à vous avec affection et vous embrasse de tout coeur .

Signature (illisible).

 

L'original de la lettre  :
 




Entre ses chorales,sa guitare,et la littérature Sylvette fréquentait aussi un Atelier de Peinture
qui l'enchantait .Voici un message qu'elle m'envoya avec ce superbe  tableau définitif qu'elle ne cessait
de retoucher !

Bonsoir Georges,
 
Je redeviens fonctionnelle. J'étais bien embêtée par cette installation qui ne voulait pas se faire.
Wanadoo, de plus, avait justement des problèmes.
Je n'ai pas ouvert votre carte pour l'instant car je ne suis pas sûr de mon anti virus...merci toutefois
 C'est fini (j'espère) et ça m'a montré que j'étais trop accro à l'ordinateur!
 Voici la suite de mon atelier de peinture, c'était mardi et je n'ai pas trouvé le temps de m'y remettre. C'est loin d'être terminé. Personne n'apprécie le nouveau prof, il a l'air très sûr de lui de ceux qui ne savent pas tout... il prend le pinceau des mains pour corriger ce que je n'apprécie pas du tout. J'ai dit aux autres qui râlaient qu'il faut le prendre comme il est et essayer de progresser car quand même il donne quelques bases. Mais je n'en pense pas moins...
J'ai un stock impressionnant de tubes( qui datent mais sont encore très bien)  et il voudrait encore un rouge spécial,vermillon un peu plus orangé il suffit d'y mettre du jaune et  je suis désolée on doit pouvoir se débrouiller avec une classique et là je ne suis pas d'accord. C'est pourtant pas difficile!
 
 
 
 
J'essaie, non sans mal, de mettre sur DVD les films de famille. Malheureusement c'est très long car il y a des coupures sans arrêt dues à la qualité de la cassette VHS.
 Dimanche une sortie prévue à Paris dans le Marais avec deux couples amis et ensuite le spectacle de chevaux Barrabas...super, non????
 Voilà pour les nouvelles
 Ce soir je teste une chorale très haut niveau, je vais juste écouter et si ça me plait j'intègrerai..
Ils doivent chanter le Requiem de Mozart avec l'orchestre du Trocadéro très prochainement après ce seront les chants de Noël.
 A bientôt Georges, avec la fin de ces soucis internautiques mon moral est remonté. Et pui la copie de ces cassettes que je surveille de temps en temps me rappelle des temps heureus...fini ..il y a un temps pour tout.
 
Bonne soirée à vous aussi
 
Sylvette
 

Bonsoir Sylvette pour une nuit éternelle....


Il ne nous reste plus qu'à murmurer  cette comptine, et y déposer ce Coquelicot
sur la Terre de son Jardin

            "J'ai descendu dans mon jardin "

J'ai descendu dans mon jardin (bis)
Pour y cueillir du romarin
Gentil coquelicot, Mesdames

Gentil coquelicot nouveau
J'n'en avais pas cueilli trois brins (bis)
Qu'un rossignol vint sur ma main
Gentil coquelicot, Mesdames
Gentil coquelicot
Il me dit trois mots en latin (bis)
Que les hommes ne valent rien
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot
Que les hommes ne valent rien (bis)
Et les garçons encore moins bien
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot
Des dames, il ne me dit rien (bis)
Mais des d'moiselles beaucoup de bien
Gentil coquelicot Mesdames
Gentil coquelicot....

 

                 f i n

Non,car ses amis se  souviendrons longtemps de Sylvette .

 

   



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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 19:41
    



                                                   ( Cliché de la Collection privée  Jacques Varlot } .

C'est l'histoire d'un petit pavé et de sa famille.Depuis des années ils se faisaient rouler (il n'y avait pas que des gens honnetes à Alger) sous les pneus de camions fumants et ils étaient assourdis par le bruit des tramways qui grinçaient sur les rails. Bien sur, tot le matin,l'éboueur venait avec sa grande lance nettoyer les taches d'huiles et chasser les poussières accumulées toute la journée,celles des sacs de farine ou de ciment des  camions à remorques,et poussait sur le coté dans la bouche d'égout des épluchures ou des journaux froissés et meme des avions en papier quadrillé lancés la veille par les enfants. Alors,brillants et propres ils pouvaient attendre le défilé des spahis caracolant sur leurs montures nerveuses qui les faisaient sonner avec leurs sabots ferrés.Les chenilles des tanks les marquaient de stries blanches dont ils se souvenaient longtemps,mais nos petits pavés étaient patriotiques et ne savaient pas se plaindre.Des fois,de laborieux ouvriers de la voierie venaient renouveler leur lit de sable et les aligner de nouveau tout en sifflotant pour leur donner une nouvelle jeunesse.
Quelquefois,passait une charette revenant du marché,et fatalement laissait derrière elle un crottin fumant sur les pierres bombées.Mais nos petits pavés n'en étaient pas humiliés,car c'était une chose naturelle,et en plus des volées de petits moineaux venaient ensuite agréablement sautiller sur leur dos. Ils avaient meme à supporter les plaisanteries de jeunes lycéens qui découvraient des formules peu respectueuses comme celle des deux AB sur deux PI (R) au carré. Mais il fallait bien que jeunesse se passe !!.....
Hélas,leur vie  citadine fut troublée un jour  de Janvier,lorsque un peuple en colère décida de monter une barricade:En quelques heures réquisitionnés et mobilisés
ils furent empilés d'office les uns sur les autres,  et on leur planta meme un drapeau sur le monticule.
Alors,ce fut à l'image du pavé dans la mare,et  tomba la décision dans les hautes sphères,là bas,vous savez ,tout en haut des escaliers , que pour rétablir l'ordre public,il fallait au plus vite  les arracher tous de leur terre,et les envoyer,on ne savaient où et comment peu importe,loin, très loin de leurs chers quartiers.....
Certains se retrouvèrent avec les pavés du Nord,ceux que le cycliste et l'automobiliste maudissent en roulant dessus,d'autres furent abandonnés sur le bas-coté d'une route de canton,trop usés.
Les plus chanceux servirent à construire un  Monument,un peu en en hauteur pour échapper aux crachats, mais près de la mer en souvenir de tous ceux enterrés de l'autre coté de la Méditerranée.....
Et puis avec le temps un revetement de bitume vint les recouvrir d'un drap noir et épais . Et de nos chers petits pavés d'Algérie, ne reste aujourd'hui  que le souvenir de leurs bonnes intentions .

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 14:47


                                                     
                                                    La Synagogue du Grand Rabbin Bloch à Alger vers 1900           

En cette veille de Paque 5768 du calendrier hébraique,(ou 2008 du calendrier républicain),cette année,peut-etre encore plus que les précédentes si celà était possible,je considère avec émerveillement l'Histoire du peuple Hébreu  et son parcours héroique ,( mais  toujours menacé) , qui seulement depuis 60 ans est sorti définitivement de l'esclavage et de l'errance , pour rebatir un pays moderne,gràce à une jeunesse ardente qui a su faire la symbiose de l'expérience et de la culture de ses pères tout en restant profondément judaique. Lorsque je regarde les insoutenables photos des camps de concentrations,et que je découvre la méprisante littérature anti-juive actuelle qui ose meme nier l'Holocauste, alors je n'ai qu'à regarder autour de moi en Israel,pour m'encourager à la vue de ce pays merveilleux qui lutte à la fois sur tous les fronts, économiques,
sociaux et militaires pour survivre et progresser dans la voie de la Paix à laquelle chacun aspire.
En ce soir de Paque,qui est aussi une fete de la Liberté retrouvée,chaque foyer juif aura une pensée pour nos 3 soldats prisonniers,ravis en 2006 et dont aucune instance internationale n'est capable de nous donner de leur nouvelle.  Je ne sais meme pas si dans leur cruelle solitude,coupés de l'extérieur,ils sauront la date de cette fete où un couvert libre les attend à la table familliale .Ces jours memes, encore d'autres soldats viennent de tomber au combat dans le Néguev,bombardé sans cesse de fusées et d'obus par un ennemi fanatique qui terrorise les populations civiles depuis Sept années .
Paque restera pour ces familles endeuillées une terrible période : ces enfants sont morts pour que nous ne retournions plus jamais en esclavage.
Je souhaite un Séder heureux à tous,et spécialement à ceux qui éloignés de nous le célébrerons en silence,sans prier trop haut ou chanter trop fort,de peur d'etre entendus et dénoncés dans un pays où la Démocratie n'est qu'un chiffon de papier.
Alors,un peu plus chaque année,je me replonge dans mes souvenirs de ces Fetes religieuses en Algérie
ou j'allais accompagner mes parents à la Grande Synagogue située au coeur de la Casbah .
Voici une photo prise de l'ancienne Place du Gouvernement: en recul,au centre,domine un minaret jouxtant le Dome de la Grande Synagogue  de la rue Randon.Cette Synagogue fut pillée et ses fidèles blessés lors d'une émeute organisée par le F.L.N. déjà en Décembre 1960 !. Le Minaret,lui, a été rajouté après 1962 .



 Ces deux soirs de Paque,le chef de famille lit le récit de la sortie d'Egypte : La " Hagada",mais aussi  chaque assistant peut à tour de role en lire un paragraphe,et le moment le plus émouvant arrive quand les jeunes enfants lisent les questions et les explications sur le récit de l'Exode et des miracles qui ont épargné le  Peuple Juif dans sa fuite . Mais la lecture est aussi chantée à certains passages,et ce sont ces musiques non écrites qui se transmettent de génération en génération avec les accents typiques de chaque pays de la Diaspora .
Avant  de monter tout seul en Eretz-Israel,j'avais photographié cette Hagada familliale .
Le Grand-Père de ma mère était Emmanuel, le frère du Grand Rabbin d'Alger.



Dédicace sur la page de garde :
Isaac Bloch
Grand Rabbin
Alger
15 Mars 1886
Donné à mon bon frère
Emmanuel Bloch
Alger le 25 Juin 1890
I. Bloch.
----------------------
Hagada
Ou Rituel des Deux Premières Nuits de Paque
Avec les Prescriptions s'y rapportant
Traduit en Francais par Martin Serror
Rabbin .

Mais en Hébreu il est écrit :
" L'Exemplaire de la traduction de l'Hébreu en Francais  est de  Mordechai Ben Schlomo Serror d'Alger."
Note :( A la traduction de son nom,le prénom a été francisé !) .Je me souviens d'une rue Martin Serror.
Et juste dans l'Algérianiste de Mars 2008,numéro 121,une réponse précise son parcours de Rabbin à Alger.

Service de la Veille du 14 Nissan....
"Alors la veille du 14 Nissan, les fidèles doivent rechercher le pain levé qu'ils ont dans leurs maisons en s'éclairant d'une chandelle "...( La Maison doit etre pure de toute trace de pain contenant de la levure ).

Ce livret a été imprime par Abraham Boukabza et Cie, 2 Rue Pavy  -Alger (Algérie)

Mais qui fut Bloch Isaac ?


" Bloch,Isaac :Rabbin Francais; né àSoultz,Alsace le 17 Juillet 1848. Il reçut son éducation au Lycée de Strasbourg et au Séminaire Israélite de Paris.Durant le siège de Paris (1870/71) par les Prussiens,il servit comme Aumonier auxiliaire.En 1873 fut employé à l'office de l'Alliance Israélite Universelle. Deux ans plus tard fut nommé Rabbin à Miremont ; en 1878 fut désigné comme Rabbin principal à Oran ; en 1882 devint Grand Rabbin d'Alger ; et en 1890 fut nommé au Grand Rabinat de Nancy, postion qu'il tient encore en 1902.
Parmi un grand nombre de sermons.Bloch a publié une nouvelle,"Les fils de Samson" en 1887
et  les " Inscriptions Tumulaires des Anciens Cimetières Israélites d'Algérie" en 1888. En 1877 il traduisit une Nouvelle d'Allemand en Francais,de S.Kohn,intitulée "Gabriel" .
Il contribua souvent à la fois en prose et en vers à  "L'Univers Israélite",aux "Archives Juives",et à la Revue des Etudes Juives" .
Note : A cette époque le Consistoire Israélite de France envoya en Algérie des Rabbins du rite "Ashkénaze",
c'est à dire d'Europe Centrale, car à Alger le Rabbinat local du rite  "Sépharade" (originaire d'Espagne) était miné par des rivalités qui affaiblissaient le Judaisme,bien qu'évidement la population juive  était dans l'immense majorite locale et implantée depuis des milliers d'années en Afrique du Nord.Ces Rabbins dits "modernes"
 n'étaient pas étrangers à l'Algérie,puisque Isaac Bloch et plus tard (années 1940) comme le Grand Rabbin Maurice Eisenbeth,ils laissèrent  de célèbres recherches sur le Judaisme algérien .
Les Rabbins Algériens locaux furent tout au long de l'Histoire de l'Algérie les Sages et les Savants réputés
qui écrivirent les célèbres "Taquanot "  .

Voici dans sa pureté et construite dans le style oriental une autre vue de la Synagogue de la Place Randon,dénommée ensuite Synagogue du Grand-Rabbin Bloch :



Cent trente ans après :
C'est un vue actuelle prise des toits de la Casbah décadente .Cette Synagogue dit-on est animée par
des fidèles particulièrement fanatiques .


Les Paraboles cherchent à capter la Voix de la Vérité d'outre méditerranée....

Cette gravure ancienne serait-elle celle de la Grande Synagogue précédente la "nouvelle" batie juste avant en 1900? Car quand furent percées  la Rue de la Lyre et la Place de Chartres,de nombreux batiments furent démolis.


Il est écrit dans cette Hagada que tout juif doit se considérer comme sortant d'Egypte .
Car la Liberté est une valeur très fragile acquise au prix du sang de ses défenseurs et  il faut veiller sur elle comme nos très lointains ancetres veillaient à entretenir le feu .


Je remercie vivement  les auteurs de ces photographies prises au hasard de la fourchette sur  le Net
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 13:50

Tumulus :(Terme d'Archéologie )
" Tertre artificiel élevé au dessus d'une Tombe " .

( Définition extraite du remarquable dictionnaire "Petit Robert ", dont l'auteur Paul Robert fut un descendant d'une famille des Hautes-Alpes  émmigrant en 1849 dans le Chéliff en Algérie).
Il n'est que de becher et retourner cette librairie sans fond qu'est Internet pour y trouver toujours un trésor.
Pour moi, ce fut le Carnet de Notes de Léonardo Da Vinci, ou du moins quelques pages des dizaines de feuillets où le Génie Florentin consignait des esquisses de ses  inombrables inventions .
La British Library nous en donne un gout . En activant ce site (une minute de chargement), allez jusqu'en bas de l'accueuil : un bouton vous permettra d'écouter la présentation .
Puis, en tirant avec la souris la première page de droite à gauche, apparaitront les 3 possibilités :le texte, le son, et une loupe pour examiner les dessins . Dix pages émouvantes par la sensation de tenir dans votre main ces feuillets fragiles. De Vinci écrivait de droite à gauche . Ecriture dite "spéculaire" *(1). J'ai essayé d'inverser ses lignes avec un miroir, mais ce n'est pas pratique avec l'écran de l'ordinateur !. Ces Carnets au complet sont consultables pour les favorisés au Cyber-Louvre du Musée  ou à l'Institut , nous précise-t-on dans l'accueil.

1) Explications en Francais du site du Louvre sur le contenu des Carnets :
ttp://www.bibliotheque-institutdefrance.fr/historique/devinci.html

2) Vision de quelques feuillets du site Anglais :
Dans ces pages, des croquis de Four Solaire ( précédent de cinq siècles celui de Font-Romeu !), des dessins de mécanique de levage, comme ce treuil, frère de la Machine d'Atwood qui nous fit souffrir au Bac , et bien d'autres géometries appliquées et même  d'architectures .
http://www.bl.uk/collections/treasures/leonardo/leonardo_broadband.htm?top

Mais pourquoi ma curiosité m'a- t-elle poussé en Italie ? Et bien parceque dans un des feuillets,( qu'hélas je ne peux en voir le dessin),  Léonard de Vinci y a  fait, entre autres croquis d'architecture , une esquisse d'un projet de mausolée bizarre que l'on ne retrouve que dans la civilisation étrusque ou nubienne .
En effet  le "Notesbooks of Leonardo da Vinci ", Jean-Paul Richter*(2) l'a traduit et  publié pour la première fois en  1880 .Voici le paragraphe 757 qui a piqué ma curiosité   :
http://books.google.co.il/books?id=eioDAAAAQAAJ&pg=PA291&lpg=PA291&ots=QxAZ8Qszbp&dq=


  Design for a Mausoleum.
"Pl. XCVIII (P. V., 182. No. d'ordre 2386). In the midst of a hilly landscape rises an artificial mountain in the form of a gigantic cone, crowned by an imposing temple.
At two thirds of the height a terrace is cut out with six doorways forming entrances to galleries, each leading to three sepulchral halls, so constructed as to contain about five hundred funeral urns, disposed in the customary antique style. From two opposite sides steps ascend to the terrace in a single flight and beyond it to the temple above. A large circular opening, like that in the Pantheon, is in the dome above what may be the altar, or perhaps the central monument on the level of the terrace below.
The section of a gallery given in the sketch to the right below shows the roof to be constructed on the principle of superimposed horizontal layers, projecting one beyond the other, and each furnished with a sort of heel, which appears to be undercut, so as to give the appearance of a beam from within. Granite alone would be adequate to the dimensions here given to the key stone, as the thickness of the layers can hardly be considered to be less than a foot. In taking this as the basis of our calculation for the dimensions of the whole construction, the width of the chamber would be about 25 feet but, judging from the number of urns it contains—and there is no reason to suppose that these urns were larger than usual—it would seem to be no more than about 8 or 10 feet.
The construction of the vaults resembles those in the galleries of some etruscan tumuli, for instance the Regulini Galeassi tomb at Cervetri (lately discovered) and also that of the chamber and passages of the pyramid of Cheops and of
the treasury of Atreus at Mycenae.
The upper cone displays not only analogies with the monuments mentioned in the note, but also with Etruscan tumuli, such as the Cocumella tomb at Vulci, and the Regulini Galeassi tomb[Footnote 1: See FERSGUSON, Handbook of Architecture, I, 291.]. The whole scheme is one of the most magnificent in the history of Architecture.
It would be difficult to decide as to whether any monument he had seen suggested this idea to Leonardo, but it is worth while to enquire, if any monument, or group of monuments of an earlier date may be supposed to have done so.[Footnote 2: There are, in Algiers, two Monuments, commonly called "Le Madracen" and "Le tombeau de la Chretienne," which somewhat resemble Leonardo's design. They are known to have served as the Mausolea of the Kings of Mauritania. Pomponius Mela, the geographer of the time of the Emperor Claudius, describes them as having been "Monumentum commune regiae gentis." See Le Madracen, Rapport fait par M. le Grand Rabbin AB. CAHEN, Constantine 1873—Memoire sur les fouilles executees au Madras'en .. par le Colonel BRUNON, Constantine l873.—Deux Mausolees Africains, le Madracen et le tombeau de la Chretienne par M. J. DE LAURIERE, Tours l874.—Le tombeau de la Chretienne, Mausolee des rois Mauritaniens par M. BERBRUGGER, Alger 1867.—I am indebted to M. LE BLANC, of the Institut, and M. LUD, LALANNE, Bibliothecaire of the Institut for having first pointed out to me the resemblance between these monuments; while M. ANT. HERON DE VlLLEFOSSE of the Louvre was kind enough to place the abovementioned rare works at my disposal. Leonardo's observations on the coast of Africa are given later in this work. The Herodium near Bethlehem in Palestine (Jebel el Fureidis, the Frank Mountain) was, according to the latest researches, constructed on a very similar plan. See Der Frankenberg, von Baurath C. SCHICK in Jerusalem, Zeitschrift des Deutschen Palastina-Vereins, Leipzig 1880, Vol. III, pages 88-99 and Plates IV and V. J. P. R.]"

Ainsi nous voici devant quelques sites archéologiques qui auraient pu inspirer le projet du Florentin :

1) En  Italie, avec les ruines de Cerveteri..
2) En  Algérie avec le tombeau dit de La Chrétienne près du Chenoua, et un    semblable Le Médracène près de Batna .
3) En  Israel, avec les ruines d'Hérodion .

En Italie : à Cerveteri .

James Fergusson* (3) a publié dans son "The Illustrated Handbook of Architecture" des précisions sur le Mausolée decouvert par Régulani et Galéani à Cerveteri . A la page 291 et suivantes, aisément accessibles vous y verrez un dessin précis de cette construction , (vous aider des flechettes pour tourner les pages ,et en attendez le plein chargement ) :
http://books.google.co.il/books?id=eioDAAAAQAAJ&pg=PA291&lpg=PA291&ots=QxAZ8Qszbp&dq=


En Algérie : Les Djedars .
Un beau lien à ne pas manquer de lire :
http://www.frenda.org/djedars.htm

Le Tombeau dit de " La "Chrétienne" .
Robert Dournon, dans le site d'Algérianie, a fait un beau travail de recherche sur ce Mausolée.
On y lira aussi avec intéret les légendes qui entourent ces ruines  :
http://www.algerianie.com/Lieux.htm#chretiennehttp://www.algerianie.com/Lieux.htm#chretienne

Mais aussi , il faut parcourir ce lien Kabyle très savoureux sur l'état actuel des Ruines :
http://www.kabyle.com/spip/spip.php?article12391

Souvenirs d'excursion, dans les annéees 50 .
De ce  littoral algérois aux  ruines archéologiques si riches, ce Tombeau  est une parmi tant de merveilles que le passé nous a légué. J'étais  jeune lors de ma premiere visite en famille. Le site était désert en cet après-midi caniculaire . Un vieux gardien en chéchia ,qui tenait sans doute une fonction héréditaire de Guide
nous proposa la visite intérieure de cet amas de pierres aux tons rouges . Au premier abord, je n'en vis pas l'entrée . Le vieil homme se munit de sa lampe à acétylene, battit le briquet et une longue flamme jaune sortit en sifflant qu'il raccourcit en adjustant la vis du bruleur.
Et en  nous baissant pour ne pas heurter notre tête à la roche, nous pénetrâmes, moi pas rassuré du tout sur les pas de mon père, dans ce couloir où dansaient nos ombres sur les  parois menaçantes suivant le caprice de la flamme . Pour enfin déboucher dans une salle haute, et fraiche vide de tout sarcophage ou de trésor gardé par des serpents...? Ma déception fut largement compensée par le retour à la lumière qui déjà dorait les blocs en fin d'après-midi.

Cette lampe à carbure*(4) je l'ai rencontré plus tard en cours de chimie . Dans l'amphi du Lycée Gautier, notre excellent professeur Bringuier écrivait à la craie avec sa fougue coutumière la réaction suivante, tout en nous expliquant ....hélas je ne m'en souviens plus , alors internet m'a sauvé la face ! :

- "Alors voici la donnée: On parle d'une lampe alimentée en carbure de calcium solide CaC2 qui réagit au contact de l'eau pour donner un gaz combustible l'acétylène C2H2 selon l'équation :
                                                   CaC2(s)+2H2O(l)-> C2H2(g) +Ca(OH)2(s) 
(ou  s est l'initiale pour solide, g pour gaz, et l pour liquide ) " .

Et se retournant, la craie d'une main, le chiffon de l'autre, enchaina  :
" Une documentation sur cette lampe précise : que le carbure de calcium du commerce contient environ 25% d'impuretés la consommation de 100g de carbure exige environ 50 g d'eau et permet de faire fonctionner la lampe pendant une demi-heure , une lampe comsommant un litre de gaz a la minute ".
Là, les choses se compliquaient ....

Je ne peux résister à insérer cette photo de classe (1954) avec Bringuier en blouse blanche . Merci Jean-Paul Follacci et Essmma  !.




Le carbure au contact de l'eau se transformait en gaz acétylène inflamable (5) ! C'était alors une lampe très utilisée dans les campagnes isolées  .

Le Médracène*. Dans la région de Batna.( Sur la carte en haut, près du chott)
*L'orthographe est variable suivant les auteurs !


LAMBESE

Photo ancienne extraite de "l'AFN de 1830 a 1962 " : Le Médracène


tombeau d'une reine de mauritanie


" Il est difficile de parler du Tombeau de la Chrétienne sans signaler qu'il existe dans le département de Constantine, près de Batna, un Mausolée analogue, le Médracen, qui serait le Tombeau de Massinissa, et qui semble avoir inspiré les constructeurs du Kober Roumia.
L'un et l'autre sont essentiellement formés d'un énorme tas de pierres recouvert d'une enveloppe architecturale. Le tas de pierre, plus ou moins haut, plus ou moins orné, a toujours été une sépulture africaine."

Voici un extrait du site :
 http://www.algerie-dz.com/forums/archive/index.php/t-37569.html


Thirga. ounevdhou
06/01/2007, 16h08
" Cinq milliards de centimes ont été octroyés par la wilaya de Batna pour la restauration du monument funéraire de Aguellid (Medracen) afin de le remettre dans son état primitif, a-t-on appris par la direction de l'urbanisation et de la construction de la wilaya de Batna. Pour ce qui est de l'étude du plan du site et de ses alentours, il leur a octroyé le montant de 1 milliard de centimes. En ce qui concerne l'étude et la restauration, il leur a été destiné la somme de 4 milliards de centimes.
Quant à l'équipe qui sera chargée de la restauration du tombeau de Médracen, si l'on se réfère aux dires du DUC de la wilaya de Batna, elle serait composée de spécialistes en matière de restauration ayant fait leurs preuves sur les sites de la ville de Tlemcen. Des travaux de restauration ont été engagés et le DUC de la wilaya de Batna préfère parler de la "phase de travaux d'urgence". Concernant les travaux de restauration, toujours selon ce responsable, ils seront incessamment engagés par des professionnels. Nous espérons que les monstruosités indélébiles commises par le restaurateur italien ne seront pas répétées.
Ces blocs en béton (côté est du monument) sont encore là comme témoins d'un crime commis sur la beauté d'un monument archéologique, témoignage de l'existence des Numides. Rappelons que le monument de Medracen aurait été érigé entre le IIe et le IVe siècles avant J.C. "

Détails de la construction .

Le Médracen (ou Madghassen), érigé au sommet d'une petite colline, est un gigantesque cône de pierre, à gradins, posé sur un socle cylindrique.

Cette base, peu élevée (4,43 m), est ornée de soixante colonnes engagées, surmontées de chapiteaux de style dorique supportant une architecture lisse et une corniche à gorge, caractéristique des monuments puniques.

L'ensemble rappelle beaucoup le Mausolée royal maurétanien proche de Tipasa. Mais il est plus tassé et les dimensions en sont plus réduites : 59 m de diamètre (61 m pour le " tombeau de la Chrétienne'). 18.50 m de haut (contre 33) avec vingt-quatre gradins seulement.

Edifié vraisemblablement à la fin du III siècle av. J.-C., ce tombeau a dû servir de modèle au mausolée de Tipasa et à quelques autres.
Il révèle une influence carthaginoise jusqu'en plein pays numide et porte témoignage de l'existence d'une civilisation brillante où les artisans savaient parfaitement tailler les pierres et les agencer d'une manière remarquable.

Le Médracen est contemporain des dynasties numides indépendantes ; on l'attribue généralement à Massinissa ou à son fils Micipsa. "
 
Photo aérienne absolument remarquable du Médracène extraite du site :
http://laportj.club.fr/stawski/index.html







En Israel :


Des archéologues retrouvent le tombeau du roi Hérode :

par Claire Dana Picard
mardi 8 mai 2007 - 09:07
Les archéologues font un métier passionnant, tout le monde en conviendra.
 Mais il peut quelquefois s'avérer très ingrat lorsque leurs recherches acharnées n'aboutissent pas. Cependant, leurs efforts sont parfois couronnés de succès comme ce fut le cas, fin 2006, sur le site du Hérodion, lors de la découverte des vestiges du tombeau du roi Hérode, que des chercheurs espéraient retrouver depuis une trentaine d'années.
Le Hérodion se trouve à une douzaine de kilomètres au sud de Jérusalem. Cette forteresse surplombant le désert de Judée abrite de nombreux appartements somptueux construits à l'époque par Hérode.

Cet événement, qui revêt une grande importance, a été relaté ce mardi matin par le professeur Ehoud Netser, chercheur à l'Institut d'Archéologie de l'Université hébraïque de Jérusalem, lors d'une conférence de presse. Il a souligné que les fouilles n'étaient pas terminées mais qu'on pouvait déjà être certain qu'il s'agissait bien de la sépulture du souverain. Il a encore précisé que la tombe avait été trouvée en hauteur, à proximité de trois puits, et que le sarcophage avait apparemment été brisé volontairement, sans doute par des adversaires de Hérode qui auraient ainsi assouvi leur vengeance.
Qui était ce souverain surnommé Hérode le Grand ? Hérode, fils d'Antipater, a régné sur Israël entre l'an 37 et l'an 4 avant l'ère chrétienne. Né à Ashkelon en 73, il avait été placé sur le trône par les occupants romains.
Hérode était un roi juif, issu d'une famille d'Iduméens convertie trois générations plus tôt et son épouse, Mariamne, était une descendante de la dynastie juive des Asmonéens (hashmonaïm). Ayant été nommé par les Romains, il a toujours été considéré comme un étranger par la population juive.
D'ailleurs, d'après des sources historiques, un peu avant sa mort, des jeunes Juifs auraient profité de son agonie pour décrocher l'aigle romain qu'il avait fait installer sur la façade du Temple, à l'encontre de la tradition juive. Il est connu également pour ses exécutions sommaires. En outre, sous son règne, le Sanhédrin a perdu le rôle primordial qu'il jouait auparavant et l'autorité suprême qu'il détenait pour devenir un simple tribunal religieux.
 Mais le roi Hérode, surnommé également le roi bâtisseur, est connu en outre pour les magnifiques édifices et les places fortifiées bâtis sous son règne. Sa plus belle réalisation est sans aucun doute la rénovation du Temple auquel il a rendu sa splendeur, l'agrandissant notamment par des murs de soutien gigantesques.
Hérode a en outre élevé des nouvelles cités comme par exemple celle d'Antipatris, près des sources du Yarkon, du nom de son père, ainsi que le théâtre et l'amphithéâtre de Jérusalem. Parmi les forteresses qu'il a construites, on compte celle de Massada, au bord de la Mer Morte, qui comportait un magnifique complexe constitué de plusieurs palais. Il a en outre restauré celle d'Antonia, à l'extrême Nord-ouest du Mont du Temple, ainsi que les murailles de Jérusalem.
L'historien Flavius Josèphe a rappelé dans ses mémoires que Hérode avait fait construire le Hérodion à l'emplacement d'une bataille qu'il avait remportée contre les Asmonéens. Il y avait réservé un terrain pour une sépulture royale où il comptait être enterré. Flavius Josèphe a relaté dans une de ses œuvres les obsèques du roi Hérode. Et c'est donc ce tombeau que les archéologues viennent de découvrir après des dizaines d'années de recherches.
 
* (2)Note de Wikipedia :
On trouve une utilisation pratique de l'écriture spéculaire de nos jours sur certaines voitures de secours, notamment, où le mot "AMBULANCE" apparaît en très larges caractères et en écriture spéculaire, afin de pouvoir être déchiffré rapidement par les automobilistes .......dans leurs rétroviseurs ! .
Vous avez du vous en apercevoir dans les films américains !

*(3) Sur James Fergusson (1808-1896):
http://www.answers.com/topic/james-fergusson

*(4) La Lampe au Carbure,un superbe  lien d'un collectionneur :
http://www.acethylene.com/

*(5) Et si vous voulez revenir à  votre jeunesse (chimique) studieuse :
http://sciencesphy.free.fr/lycee/Seconde/Lampeacetylene.htm

Ainsi gràce à l'inspiration de Léonardo da Vinci, nous avons voyagé en Italie , en Algérie, et en Israel, à la recherche de Mausolées ayant en commun une architecture typique mais gardant chacun leurs mystères ..

Je remercie les auteurs des liens (tous cités ), où j'ai puisé  textes et photos .


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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 19:45



En Mars 2007,  j'ai raconté mes souvenirs de ce jour cruel dans un court texte intitulé:
                       "Le dernier printemps d'Alger"

Le lecteur, intéressé par  un aspect personnel de cette journée, pourra s'y  reporter , en m'excusant de me citer:  


http://srv02.admin.over-blog.com/index.php?id=15643507&module=admin&action
=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=831206559151


A vrai dire, je n'attends pas (et ne  pense ne pas être le seul )  cette date fatidique pour me replonger dans ces heures où la foule patriote était allée vers le centre d'Alger pour manifester sa solidarité avec le faubourg populeux de Bab-el-Oued, assiégé par les forces Francaises : Quelquefois je revis , les nuits de cauchemard, tous les détails de ce début de semaine ensoleillé et si vite ensanglanté . En général, dans les Démocraties, après le crime la police tôt ou tard arrête le ou les criminels et la Justice applique la Loi .
Dans le cas du 26 Mars 1962, seuls sont connus les assassinés ( et encore pas tous, puisque certains même n'ont pas été identifiés à la morgue !) , mais le ou les criminels courent encore à moins qu'ils ne soient déjà décédés dans leur lit, de mort naturelle.
Nous autres, les Francais d'Algérie, tels qu'on nous nomme, puisque le terme de Francais est réservé à ceux de métropole, nous espérons et réclamons seulement  que la Vérité Historique soit enfin imprimée dans les livres scolaires pour que les petits écoliers n'aient pas plus tard à rougir de leurs parents de l'hexagone, qui (celà devient une habitude ), et comme  à une autre époque brune, se réfugiaient derrière un facile  "Je ne   savais pas "......
Un petit souhait, qui loin de coûter un sou à la France, enrichirait son passé et son avenir.






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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 11:25

Ce Pourim est dédié à Guilad Shalit,enlevé par le Hamas le 25 Juin 2006,à Eldad Réguev et Ehud Goldwasser enlevés le 12 Juillet 2006 par le Hezbollah. Aucune organisation humanitaire n'a pu s'assurer de leur santé et conditions de leur détention,au mépris des lois internationales. 


"Sort " est la traduction francaise du mot hébreu "Pour" ,au pluriel :"Pourim"

Les événements commémorés par la fête de Pourim se situent au temps du roi de Perse Assuérus (le plus souvent identifié à Xerxès), dans la capitale Suse. Esther, une jeune femme qui cache ses origines juives comme le lui a conseillé son oncle Mardochée (Mordekhaï), est choisie comme nouvelle reine par Assuérus.

Dans un monde où Dieu semble être absent (le Livre d'Esther et le Cantique des cantiques sont les seuls livres de la Bible où le nom de Dieu n'est pas mentionné), les Judéens sont alors menacés d'extermination. En effet, Haman, descendant d'Amalek, ministre du roi, a convaincu celui-ci de faire publier un décret contre ce peuple pour se venger de Mardochée, le Juif qui refuse de se prosterner devant lui.

Mardochée, qui avait autrefois dénoncé un complot préparé par des « gardiens du seuil » pour tuer le roi, a connaissance de ce sombre projet. Il prévient Esther. Celle-ci demande à tout le peuple juif et à ses servantes de jeûner pendant 3 jours et de prier pour elle, tandis que Mardochée parcourt la ville couvert de cendres, en signe de deuil, pour rassembler le peuple juif.

Esther va donc au devant du roi, au péril de sa vie, dévoile son identité juive. Elle démasque le tyran. Le roi autorise les Juifs à se défendre contre les attaques décrétées par le ministre. Haman est pendu à la potence qu'il avait préparée pour Mardochée. Mardochée est nommé premier ministre. Le sort s'est retourné contre les auteurs du funeste dessein d'extermination des Juifs.

 

Cette fete de Pourim  qui est une occasion pour les enfants d'Israel de manifester leur joie en se déguisant a en fait plusieurs facettes .Ci-dessous un Rouleau enluminé du 17 ième siècle : .


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  Pour écouter la chanson, cliquez ici.



Pour les non-hébraisants,l'Histoire d'Esther est connue par la Pièce de Theatre en 3 actes que Racine a écrite
et que nous avons étudiée dans nos années d'humanités
.En voici les derniers vers  :

Ton Dieu n'est plus irrité,
Réjouis toi,Sion,et sors de la poussière,
Quitte les vetements de la captivité,
Et reprends ta splendeur première.
Les chemins de Sion à la fin sont ouverts.

Rompez vos fers
Tribus captives,
Troupes fugitives,
Repassez les monts et les mers,
Rassemblez-vous des bouts de l'univers.


 


 Jean Racine ,je peux l'écrire en relisant ses alexandrins a ainsi été un prophète du Sionisme......

Les Juifs dans le monde célèbrent Pourim en souvenir du sauvetage de la communauté juive de Suze, sauvée du massacre décrété par Haman. C’est aussi l’occasion de célébrer d’autres calamités auxquelles les Juifs ont échappé. ( Hélas,la liste en est longue ! ).

Mais qu'est le Pourim d'Alger ? Le récit ci-dessous est extrait du Livre d'Ab.Cahen .

Et voilà que la nuit du 23 octobre 1541 se déclenche une énorme tempête. Celle-ci fait des ravages dans la flotte de Charles-Quint. Cette dernière perd plus de 150 bateaux.Les rescapés de cette armée, se réfugient à Bougie, subissant le froid et la faim, avant de rejoindre l'Espagne.
Cette incroyable issue a, pendant des siècles, été fêtée le 3 et 4 Hechvan, par un jour de jeûne à l'image du jeûne d'Esther suivi d'un jour de joie et de fête.De nombreux poèmes ont été écrits pour célébrer cette occasion. Ils font partie du rituel algérois et étaient lus à chaque anniversaire de cette délivrance.
La synagogue Abentoua, du nom d'un des rabbins de  l'époque, possédait une Téba (pupitre de l'officiant) bien particulière, puisqu'il parait qu'elle était  faite du bois des épaves de cette flotte. La communauté juive d'Alger a célébré un second Pourim dit Pourim de Tamouz ,institué au 18 ième siècle.
Cet anniversaire qui commémore ce jour de Providence qui les sauva de Charles Quint est célèbre aussi par la lectures  en hébreu de Poesies ,( "pioutim" ), spécialement  composées par ce meme Rabbin Abraham-Jacob  Ibn Taoua .( Y est mentionnée aussi la tentative avortée en 1516 d'un autre débarquement Espagnol... )

Sur  la liste des des Rabbins d'Algérie :
http://www.sephardicstudies.org/pdf/r-algeria-10-2002.pdf
On peut y lire :
Rabbin Ibn Taoua,Yaacov ben Yehuda.Alger (1480-1550) .
Rabbin Ibn Taoua ,Abraham ben Yacov,petit fils du Rambam et de Rashbatt's.Alger (1510-1580)
Rabbin Ibn Taoua,Abraham ben Yehuda .Alger(1577-1640).
Qu'est devenue cette synagogue au nom d'Ibn Taoua,situee dans le très vieil Alger ?

Julien Zenouda (1935),Secrétaire en Israel de " Memoire et Traditions du Judaisme d'Algérie" m'a écrit :

 La Synagogue Ibn Taoua : "En partant de la Place du Gouvernement  vers la rue Bab-Azoun ,on prend la première à droite,c'est la Rue Sainte. Petite rue très étroite  qui débouche rue de Chartres  et coupe  la célèbre Place de Chartres.Dans sa prolongation et un peu plus haut  il y avait une autre  synagogue plus grande :la Synagogue Siari  du nom de son fondateur ( 1840 ) .Cette synagogue a toujours joué un  très important dans le respect des Traditions des Sages Rabbins vénérés  enterrés au Cimetière Israelite de St-Eugène ".

Je n'aii pas trouvé de gravure de cette synagogue,ni bien sur de photo. Par contre au carré Juif du cimetière de St-Eugène,sous une coupole peinte en ocre jaune et éclairée de vitraux de couleur,les tombes
de ces deux Rabbins,transferés après la destruction de l'antique cimetière juif situé à l'emplacement de la Rue Sainte,en 1830.

Voici une remarquable photo des tombes, prise par Jacqueline Simon lors d'un  de ses voyages à Alger. 
Y reposent les  Grands Rabbins,Ribach et Rachbat's, Chefs de la communaute israélite algérienne .

 
            
Un autre Historien Philippe Dahan m'a écrit qu'en 1840, avaient été détruites dans la Casbah plus de dix Synagogues pour le percement du nouveau quartier de la Place de Chartres. La Grande Synagogue, Place du Grand Rabbin Bloch  date de juste avant 1900.
( Dès Decembre 1960 elle avait été profannéee et  pillée,ses fidèles molestés,lors des émeutes dans la Casbah,et en 1962 définitivement transformée en Mosquée avec l'adjonction...d'un minaret .Elle est maintenant dit-on,le fief d'un mouvement particulierement fanatique.
   

L'histoire de la Reine d'Esther .
Telle qu'elle est contée dans la Meguilat (Rouleau).

  Il y a de très nombreuses années, dans le lointain pays de Perse, régnait le méchant roi Assuérus. Il habitait un magnifique palais à Suse, la capitale.
Il était très riche et très puissant. Il dominait sur de nombreux peuples, dans un immense royaume qui s'étendait de l'Inde à l'Ethiopie. Mais il haïssait les enfants d'Israël qui avaient été exilés dans son pays et qui souffrirent beaucoup sous son règne.Sa femme, la reine Vachti, était tout aussi cruelle que lui. Elle faisait travailler très durement les jeunes juives, les humiliait et les forçait à profaner le Shabbat. Mais elle ne tarda pas à être punie, comme vous allez le voir.

Un jour, trois ans après être monté sur le trône, Assuérus, voulut exposer à tous, sa gloire et ses fabuleuses richesses. Il organisa alors, pour les princes et les courtisans du royaume, un immense festin qui devait durer cent quatre-vingts jours ! Ces festivités terminées, il invita ensuite toute la population de Suse, du plus grand au plus petit, à participer à un somptueux banquet de sept jours dans les jardins du palais.
Quelle magnificence ! Sur le sol dallé de marbre blanc et coloré, avaient été installés des lits d'or et d'argent, recouverts de belles tentures de brocart ! Chacun pouvait boire et manger à sa guise ! On y servait en abondance, dans de la vaisselle très précieuse, les mets les plus raffinés et les vins les plus vieux. Mais ce méchant roi, pour se vanter, utilisa aussi les ustensiles sacrés que ses prédécesseurs avaient volés au Bet Hamikdach. Quel sacrilège !
La reine Vachti, elle aussi, offrit un festin à toutes les femmes de la ville. Evidemment, la population de la capitale n'allait pas se priver de profiter de cette magnifique fête !

À Suse vivait un Juif, un Tsadik, appelé Mordekhaï. C'était un grand Sage, un des membres du Sanhédrin.Lorsqu'il eut connaissance de l'invitation du roi, il prit peur et avertit les Juifs : « Mes frères, n'y allez pas ! N'y participez pas ! Il nous est interdit de profiter du repas d'un racha ! »
Mais les Juifs n'écoutèrent pas leur Maître. Craignant la réaction d'Assuérus, la plupart d'entre eux se rendirent au palais. Quelques-uns seulement obéirent à Mordekhaï.
À ce moment-là, à cause de leur péché, une terrible décision fut prise dans le Ciel !
Le septième jour du banquet (c’était un shabbat), le roi, qui avait bu beaucoup de vin, était d’humeur très gaie. Que fait-il ? Il ordonna à Vachti de se présenter devant les invités avec sa couronne sur sa tête, afin de montrer, à tous, sa beauté.
Or, au même moment, Vachti venait de recevoir sa punition : envoyé par Hachem, l'ange Gabriel lui avait fait pousser une corne ! Quelle honte ! Bien sûr, elle refusa de s'exhiber ainsi chez le roi ! 

Complètement ivre, Assuérus entra dans une violente colère. « Quel châtiment vais-je donner à cette femme rebelle demanda-t-il à ses conseillers. « Majesté ! » Intervint le ministre Memouhan, « pour avoir désobéi à son illustre mari, la reine mérite la mort. » Assuérus écouta son conseiller et fit immédiatement exécuter Vachti. Elle qui avait forcé les jeunes juives à transgresser le shabbat reçut son châtiment un jour de shabbat, comme elle l'avait mérité (mida kenéguèd mida) !
Peu de temps après, lorsque le roi se fut calmé et qu'il n'était plus grisé par le vin, il se souvint de Vachti et de ce qu 'il lui avait fait.
« Malheur à moi ! » Se lamenta-t-il. « Je n'ai plus de reine ! » « Majesté ! » Proposèrent ses serviteurs, « nous allons rassembler pour vous toutes les plus belles jeunes filles du royaume parmi lesquelles vous n'aurez qu'à vous choisir une nouvelle femme ! »
Et il en fut ainsi.

A Suse vivait alors une bonne et pieuse jeune fille qui s'appelait Esther. Elle n'avait plus son père ni sa mère et Mordekhaï, son cousin, l'avait recueillie chez lui. Elle suivait toujours fidèlement à son enseignement. Lorsque les gardes du roi remarquèrent sa beauté, ils la ravirent immédiatement pour l'amener au palais. Quel malheur ! Esther ne voulait pas qu'on la prenne pour être choisie comme reine !
Juste avant son enlèvement, Mordekhaï avait eu le temps de lui chuchoter : « Esther, même dans le palais de ce méchant roi, n'oublie jamais les Mitsvot de la Torah ! Et surtout, ne révèle à personne tes origines, de quel peuple tu viens ! » « Mordekhaï », avait-elle courageusement répondu, « je te promets de t'obéir fidèlement ! »
Au palais royal, une multitude de jeunes filles de toutes les nationalités avaient été rassemblées. Esther gagna immédiatement la bienveillance du garde des femmes, qui lui accordait tout ce qu'elle demandait. Mais son seul désir était de pouvoir continuer d'observer les Mitsvot. Grâce aux sept servantes qui avaient été mises à sa disposition et qui se relayaient tout au long de la semaine, elle réussit à tenir le compte des jours et à garder le shabbat. Elle se nourrit uniquement de graines et ne toucha jamais à un aliment non cachère.
Quant à Mordekhaï, il se rendait chaque jour devant la cour du palais pour prendre des nouvelles d'Esther.
Toutes les jeunes filles attendaient impatiemment leur tour pour être présentées au roi et chacune espérait être choisie comme reine. Elles se parfumaient, elles se paraient de bijoux pour paraître aussi belles que possible.
Mais Esther ne fit aucun effort de ce genre. Elle ne souhaitait aucunement devenir la femme de ce méchant roi ! Et pourtant, quand son tour arriva, c'est précisément elle qui trouva grâce aux yeux d'Assuérus. Il la couronna et elle devint ainsi reine de Perse à la place de Vachti. Pour l'occasion, le roi offrit un grand banquet. Malgré les insistances de son mari, Esther ne lui révéla toujours pas ses origines, respectant ainsi les instructions de Mordekhaï qui continuait, quant à lui, de venir régulièrement près du palais.

Un jour, deux gardes du roi - Bigthan et Thérech - qui étaient en colère contre Assuérus, complotèrent contre lui.« Pif kaï tchouk, pouf tai moun », chuchotèrent-ils en tharcite, « voilà comment nous allons empoisonner le roi... » Ils pensaient que personne ne comprenait leur langue. Ils ignoraient que Mordekhaï, assis là, aux portes du palais, était un membre du Sanhédrin et qu'il connaissait donc toutes les langues.
Lorsque ce dernier entendit ce qu'ils projetaient de faire, il alla immédiatement en informer Esther.
Celle-ci s'empressa d'avertir le roi :

« Majesté ! Mordekhaï le Juif a entendu que vos gardes Bigthan et Térech veulent attenter à votre vie ! Il m'a chargée de vous prévenir afin de vous sauver ! »
Très effrayé, Assuérus procéda aussitôt à des vérifications. En effet, on trouva que le repas qu'on allait justement lui servir était empoisonné !
Les deux conspirateurs furent pendus. Rempli de reconnaissance envers Mordekhaï, le roi fit inscrire son nom dans son Livre de Mémoires.

 

Quelque temps après, Assuérus fit monter en grade son conseiller Haman, fils d’Hamdata, qu'il nomma à la tête de tous les ministres. Sur l'ordre du roi, tout le monde devait se prosterner devant Haman. Le cœur de celui-ci s'emplissait d'orgueil au spectacle de tous ces hommes se courbant à son passage.
« Qui est aussi important que moi ? » Pensait-il. « Qui est puissant comme moi ? Tous les sujets du royaume me sont soumis ! Je suis comme un dieu ! »

Au comble de la vanité, Haman accrocha sur sa poitrine l'image d'une idole !
Tous, craignant l'ordre du roi, s'inclinaient devant Haman et son idole. Tous, sauf Mordekhaï ! Mordekhaï le Tsadik ne voulait à aucun prix se prosterner devant cet homme qui se prenait pour un dieu, et encore moins devant son idole ! Les serviteurs du roi lui demandèrent : « Pourquoi désobéis-tu au roi ? Ne crains-tu pas d'être sévèrement puni ? » Mordekhaï leur répondit : « Non, je n'ai pas peur ! Il est interdit aux Juifs de se prosterner devant une idole et jamais je ne le ferai ! » Et malgré leurs insistances, Mordekhaï ne céda jamais. Haman en fut averti. Lorsqu'il constata que Mordekhaï, effectivement, ne se courbait jamais devant lui, il entra dans une vive colère et pensa : « Comment ose-t-il me tenir tête ? Quel châtiment exemplaire vais-je lui infliger ? Il mérite la mort ! Mais il ne me suffit pas de le tuer tout seul. Puisque Mordekhaï est juif, c'est tout son peuple, ce sont tous les Juifs que je veux faire disparaître !
Et le méchant Haman commença à mettre au point son terrible projet :
« Tout d'abord », pensa-t-il, « fixons une date pour cette extermination. Voyons…quel serait le meilleur moment ? Aux environs de leur fête de Pessakh ? ... Peut-être de Chavouot? Ou alors de Souccot ? Ah non ! Comme les Juifs observent de nombreux commandements pendant ces périodes, leur Dieu les protège particulièrement.  »

Haman réfléchit, réfléchit, et finalement, décida…de tirer au sort ! Il inscrivit le nom de tous les mois sur des bouts de papier qu'il plia soigneusement et les mélangea dans une boîte. Il retira ensuite un billet, l'ouvrit et lut : « Mois d’adar », « Parfait se réjouit Haman, les Juifs ne célèbrent aucune fête pendant ce mois-ci ! Mais quel jour exactement va-t-on perpétrer le massacre ? Tirons à nouveau au sort ! »
Il sortit un nouveau papier où était inscrit le nombre treize. Haman était maintenant fixé : Ce serait donc le treize du mois d'adar. Il s'empressa de se rendre chez le roi pour obtenir son autorisation.
« Majesté ! » Dit-il, « Savez-vous qu'il y a un peuple très étrange éparpillé dans tout votre royaume ? Ses membres ont des coutumes particulières et ne se conduisent pas comme les autres nations. Ils n'obéissent pas aux ordres de Sa Majesté. Lorsqu'on leur demande d'effectuer des travaux pour le pays, ils disent : « C'est shabbat aujourd'hui, nous n'avons pas le droit de travailler ! Le roi n'en retire vraiment aucun profit ! Que Sa Majesté décrète leur extermination et je ferai parvenir au trésor royal la somme de dix mille écus d'argent ! »
Le méchant Assuérus fut très heureux de la proposition. « Voici ma bague », dit-il à Haman en lui tendant l'anneau royal, « tu pourras l'utiliser pour cacheter de mon sceau tous les édits que tu voudras. Je te cède tous les pouvoirs sur ce peuple, fais-en ce que bon te semble ! Quant à l'argent, il est à toi, garde-le ! »
Haman se mit immédiatement à l’œuvre. Il fit écrire par les scribes de la cour des missives dans toutes les langues du royaume. Au nom de Sa Majesté, on y donnait l'ordre à l'ensemble de la population de se tenir prête à piller et à tuer tous les Juifs, du plus jeune au plus vieux, y compris les femmes et les enfants, cela en un seul jour, le treize du mois d’adar ! Des messagers furent chargés de remettre au plus vite les lettres scellées dans toutes les provinces du royaume. Assuérus et Haman se mirent à boire joyeusement pour fêter leur accord, mais chez les Juifs de Suse, ce fut la consternation !

Mordekhaï apprit l'effroyable nouvelle. Il savait que c'était à cause de leurs péchés et de leur participation au festin que ce terrible décret avait été promulgué contre les Juifs.
Il déchira ses vêtements, se couvrit d'un habit de deuil et parcourut les rues de la ville en criant et en pleurant :
« Juifs, mes frères ! Un projet d'extermination totale a été décidé contre nous ! Faites Techouva, faites pénitence ! Peut-être que Dieu nous prendra en pitié, nous pardonnera et nous sauvera ! »
Et l'appel de Mordekhaï fut entendu ! Dans toutes les provinces de l'empire perse, partout où l'on apprit l'affreux édit, les Juifs éclatèrent en pleurs et prirent le deuil. Ils prièrent, ils jeûnèrent, ils se repentirent de leurs fautes et supplièrent Dieu de les sauver.

Mais Esther, dans son palais, ne savait rien de tous ces événements.
Ses servantes firent brusquement irruption : « Majesté dirent-elles, « nous venons de voir près des portes du palais Mordekhaï le Juif vêtu d'un cilice, en train de pleurer et de crier ! » « Que se passe-t-il ? » S'exclama la reine, très effrayée. « Ne sait-il pas qu'il est interdit d'entrer en habit de deuil dans l'enceinte du palais ? Apportez-lui immédiatement d'autres vêtements ! » Mais Mordekhaï refusa de se changer. Esther, comprenant alors que c'était sérieux, envoya Hatakh, son fidèle serviteur, lui demander des explications.
Mordekhaï lui raconta en détail tout ce qui s'était passé, et lui montra même la copie du terrible décret. Il fit demander à Esther de se rendre chez le roi pour intervenir en faveur de son peuple.
La reine fit alors répondre à Mordekhaï : « Tout le monde ici sait que quiconque ose se présenter dans la salle du trône sans y avoir été invité se rend passible de mort, sauf ? Si le roi lui tend son sceptre. Or, cela fait déjà un mois que je n'ai pas été appelée ! » Mordekhaï lui transmit ce message : « Chère Esther, ne crois pas que tu seras seule épargnée parmi tes frères ! Si tu préfères garder le silence, Dieu les sauvera par un autre moyen, mais toi tu seras punie. Tu ne peux pas attendre l'occasion d’être convoquée, car qui sait si, à l'approche de la date fatidique, tu seras encore reine ? »
Esther lui fit alors parvenir la réponse suivante : « Va, rassemble tous les Juifs de Suse. Qu'ils ne mangent ni ne boivent pendant trois jours. Moi, je ferai de même avec mes servantes. Ensuite, je me rendrai chez le roi malgré l'interdiction, même si je risque la mort. »
Mordekhaï fit ce que lui avait ordonné Esther, et tous les Juifs - les enfants y compris - jeûnèrent sans interruption pendant trois jours d'affilée.
Le troisième jour, Esther revêtit ses habits royaux et se rendit courageusement chez Assuérus. Elle adressa à Achem une ardente prière pour qu'il lui permette de réussir dans sa dangereuse mission. Et Dieu l'exauça. Dès que le roi, assis sur son trône, la vit arriver, elle trouva grâce à ses yeux. Il lui tendit son sceptre et Esther, encouragée par ce miracle, s'approcha pour en toucher le bout ! Elle était sauvée !

 

 « Qu'as-tu, chère Esther ? » Lui demanda le roi.  « Que veux-tu ? » Je suis prêt à t'accorder jusqu'à la moitié du royaume ! « Je suis venue inviter Sa Majesté, s'il lui plaît, ainsi que son ministre Haman à un banquet que je leur ai préparé », lui répondit-elle. « J’accepte avec plaisir. Gardes ! Allez prévenir Haman qu'il est invité chez la reine ! » ordonna Assuérus.
Assuérus et Haman se rendirent donc chez Esther. Ils buvaient avec délectation tous les vins qu'elle leur offrait... « Chère Esther », lui demanda à nouveau le roi au milieu du banquet, « quelle est donc ta requête ? Je suis prêt à t'accorder jusqu'à la moitié du royaume ! »
« Si j'ai trouvé grâce à ses yeux, que Sa Majesté revienne avec Haman à un nouveau banquet que j'offrirai demain. J'y révélerai tout ! »

Haman sortit tout heureux de chez la reine. Quel honneur lui faisait-on, mais voilà qu'il vit Mordekhaï, assis aux portes du palais, qui ne se levait ni même ne bougeait à son passage ! Son cœur s'emplit d'une violente colère qu'il eut grand-peine à contenir. Il s’empressa de rentrer chez lui, réunit tous ses amis ainsi que sa femme Zérech et leur raconta avec orgueil : « Vous savez à quel point je suis riche et puissant. Après le roi, il n'y a pas plus important que moi dans tout le royaume ! La preuve en est que la reine n'a convié que moi au banquet qu'elle donne pour le souverain. Elle m'a même invité avec lui une deuxième fois, pour demain. Mais tout cela ne compte en rien pour moi, car dès que je vois Mordekhaï, ce Juif, qui ose me narguer, cela me rend fou de rage ! »
Zérech et tous ses amis lui proposèrent alors :
« Tu n'as qu'à monter une potence haute de cinquante coudées et demain matin, avant d'aller au banquet, demande au roi que l'on y pende Mordekhaï. Tu pourras alors te rendre chez la reine le cœur tranquille. "
Le conseil plut beaucoup à Haman et il se mit aussitôt à l’œuvre. Toute la nuit, il travailla à construire dans sa cour une immense potence ! Quand il eut fini, il se dit :
« Ah ! Je m'imagine déjà Mordekhaï pendu là-haut, balancé à tous les vents ! Mais je suis curieux de savoir ce que fait ce Juif en ce moment. »
De ce pas, il alla chercher Mordekhaï. Et où le trouva-t-il ? Au Bet Hamidrach, bien sûr, dans la maison d'étude où il enseignait la Torah. Il était assis par terre, en tenue de deuil, entouré de tous les petits-enfants. Ils jeûnaient depuis bientôt trois jours. Tous pleuraient et priaient...

Ce spectacle mit Haman au comble de la fureur. « Je vais faire tuer tous ces enfants en premier ! » Se dit- il. Il ordonna de les enchaîner et disposa des hommes pour les garder.
Les enfants se mirent à sangloter de plus belle, et implorèrent Dieu de tout leur cœur.
Achem entendit les cris de ces petits qui n'avaient ni mangé ni bu pendant trois jours et, par leur mérite, II pardonna aux enfants d'Israël. II eut pitié en voyant le repentir de Son peuple et, dans le ciel, le terrible décret fut aboli... 

Cette nuit, le sommeil du roi fut troublé... Dieu ne voulait pas laisser de repos à Assuérus. Celui-ci s'était éveillé et ne parvenait pas à se rendormir. II était intrigué par le suspens dans lequel Esther l'avait laissé. Il se tournait et se retournait de tous les côtés. Mais en vain. « Apportez-moi le Livre des Mémoires ! » Ordonna-t-il à ses serviteurs. Les gardes (qui étaient des fils d'Haman) obéirent. Ils ouvrirent le gros livre et tombèrent juste sur le passage où il était relaté que Mordekhaï avait sauvé la vie au roi. Ils s'empressèrent de le refermer pour l'ouvrir à une autre page. Mais cette fois également, ils tombèrent sur ce récit ! Ils essayèrent une troisième fois, mais là encore, c'était toujours la même page !

Assuérus commença à s'impatienter : « Que se passe-t-il ? Lisez donc ! » Cria-t-il.
Les gardes furent obligés de lire : « Mordekhaï le Juif a sauvé la vie au roi... » « C'est vrai, je m'en souviens. Au fait, quelle récompense a-t-il reçu pour cela ? » questionna le souverain. « Euh... il n'a encore rien reçu... » avouèrent les serviteurs.
À ce moment précis, on entendit des pas dans la cour. C'était Haman, qui ne tenait plus en place et qui voulait, dès la première heure, demander au roi l'autorisation de pendre Mordekhaï. « Qui donc se promène ici à une heure pareille ? » Demanda Assuérus, intrigué. « C'est Haman ! » Lui répondit-on.
« Qu'on l'introduise ! » Ordonna-t-il.
Haman entra, tout heureux. Il n'espérait pas si bon accueil ! « Cher Haman ! » S'exclama Assuérus, « tu tombes bien ! J'avais justement besoin d'un conseil. Que faire, à ton avis, à un homme que le roi veut honorer ? De quelle manière peut-on le récompenser ? »

Haman pensa dans son cœur : « Qui donc, à part moi, le roi chercherait-il à honorer ? Evidemment, il ne peut s'agir que de moi-même ! » « Je crois », proposa l'orgueilleux Haman, toujours avide de gloire, « que le meilleur moyen de récompenser un tel homme serait de lui rendre pour un jour tous les honneurs dignes d'un roi. Qu'on le pare d'un costume et de la couronne de Sa Majesté. Que l'un des hauts gradés de la Cour, après l'avoir ainsi préparé, lui fasse monter le cheval royal, et le conduise à travers la ville en criant : « Ainsi fait-on à un homme que le roi désire honorer ! »
« Très bien, c'est une excellente idée ! » Acquiesça Assuérus. « Je vais d'ailleurs te charger de préparer toi-même toute cette parade. Dépêche-toi donc d'aller chercher le costume et le cheval comme tu l'as dit, et habille ainsi Mordekhaï le Juif, qui est assis aux portes du palais ! »
« Qu... quoi !!! Qui donc ? » S'écria Haman, frappé de stupeur !
« Oui, oui ! Mordekhaï le Juif ! » Confirma le roi. « Et veille bien à ne rien oublier de tout ce que tu as proposé ! »
Quelle catastrophe, quelle honte pour Haman ! Il fut obligé d'aller trouver Mordekhaï, couvert de ses habits de deuil. Il dut le laver, le coiffer et le vêtir du costume royal. Il l'installa sur le cheval d'Assuérus et le guida dans les rues de Suse en criant :

Ainsi fait-on à un homme que le roi veut honorer !

  

Mordekhaï, le Tsadik, chevauchant royalement et acclamé par la foule, ne fut aucunement touché par l'orgueil. Il ne cessait de remercier Dieu pour ce miracle. Quelle joie ce fut pour les Juifs de Suse de voir leur Rav honoré ainsi comme un roi !
Le méchant Haman avait une fille tout aussi mauvaise que lui. Lorsqu'elle vit le cortège par la fenêtre, de loin, elle s'imagina bien sûr que l'homme assis sur le cheval était son père et que celui qui tenait les rênes ne pouvait être que Mordekhaï. Que fit-elle ? Elle versa sur le guide un seau rempli d'eau sale. Plouf ! Surpris par cette douche humiliante, Haman leva la tête. Lorsque la fille vit qu'il s'agissait de son père, elle fut terrifiée. Au comble du désespoir, elle se jeta par fenêtre et se tua !

Après avoir ainsi parcouru toutes les rues de la capitale, Mordekhaï retourna à son jeûne et à ses prières. Quant à Haman, il revint à la maison, fatigué, sale, mouillé accablé par son malheur. Comme il racontait sa mésaventure à ses proches et à sa femme, ceux-ci dirent : « Si ce Mordekhaï devant lequel tu as commencé à perdre ton prestige fait partie du peuple juif, sache que tu ne pourras plus le vaincre. Tu seras totalement battu par lui ! » Ils étaient encore en train de parler que déjà des gardes firent irruption et emmenèrent Haman au banquet d'Esther sans même lui laisser le temps de se laver et de se changer ! Le roi et Haman étaient donc attablés avec la reine... « Chère Esther », demanda cette fois encore Assuérus, « quelle est donc ta requête ? Je suis prêt à t'accorder jusqu'à la moitié du royaume ! » « Si j'ai trouvé grâce aux yeux de Sa Majesté », répondit Esther, « et si Sa Majesté veut bien accéder à ma prière, c'est ma vie que je demande, c'est le salut de mon peuple ! Car nous avons été vendus, moi et mon peuple, pour être tués et massacrés ! Si nous avions été vendus comme esclaves, je me serais tue, car le roi en aurait tiré profit. » « Qui est-il et où est-il, celui qui projette de faire une chose pareille ? » S'écria le roi, en colère.
« C'est lui, ce méchant ennemi, c'est Haman ! » Dit Esther en le montrant du doigt. Haman fut abasourdi ! Quant à Assuérus, très irrité, il se leva et quitta la salle du banquet pour prendre l'air dans le jardin.
Haman, affolé par l'accusation de la reine, se jeta à genoux devant elle et implora sa pitié. Mais le roi, qui revenait, s'emplit de fureur quand il vit son ministre tombé ainsi aux pieds du lit de la reine. « Quoi ! » S'écria Assuérus, « tu oses même t'attaquer à ma femme dans ma propre maison ! »À cet instant, un garde du nom de Harbona (c'était en réalité le prophète Elie) ! Entra et dit : « Je suis venu informer Votre Majesté qu'il y a dans la cour d'Haman une potence haute de cinquante coudées. Il avait l'intention d'y pendre Mordekhaï qui a sauvé la vie au roi. » « Eh bien, qu'on l'y pende lui-même ! » Ordonna Assuérus. Ainsi, on pendit Haman sur la potence qu'il avait préparée pour Mordekhaï, et la colère du roi se calma.

Le même jour, Assuérus transmit les pouvoirs d'Haman à Esther. Celle-ci fit venir Mordekhaï, car elle avait maintenant révélé au roi qui il était pour elle. Le souverain donna son anneau à Mordekhaï, et la reine le nomma à la place d'Haman. Mais sur les Juifs planait encore la menace du terrible décret. Esther se rendit une nouvelle fois chez le roi et tomba à ses pieds. En pleurant, elle le supplia d'annuler cet édit. Assuérus lui tendit son sceptre, la fit relever et lui dit : « Il est impossible d'annuler un décret qui a été scellé de l'anneau royal. Toutefois, j'ai donné ma bague avec mon cachet à Mordekhaï. Il peut donc écrire de nouveaux édits comme bon lui semble et les sceller en mon nom. » Mordekhaï rédigea alors de nouvelles missives et les cacheta au nom du roi. Il y était dit que les Juifs étaient autorisés à se rassembler et à se défendre contre ceux qui voulaient les massacrer, le treize du mois d'adar. Des coursiers s'empressèrent de remettre ces lettres dans toutes les provinces de la Perse.
Mordekhaï sortit de chez Assuérus, vêtu d'habits royaux, d'azur et de pourpre et ceint d'une couronne d’or ! La ville de Suse était en fête ! Quelle joie pour les enfants d'Israël ! Par quel miracle extraordinaire Dieu les avait sauvés !
Ainsi, à cette date qui aurait pu leur être fatale, les Juifs parvinrent à se venger de ceux qui les haïssaient. Contrairement à ce qui aurait dû se passer - venahafokh hou. Ce sont eux qui tuèrent un très grand nombre de leurs ennemis. Personne ne leur résista. Ils pendirent aussi les dix fils d'Haman !

Le quatorze adar, quand les combats cessèrent, les Juifs célébrèrent leur délivrance dans la joie.Esther et Mordekhaï rapportèrent tous ces événements dans une Méguila. Ils instituèrent à la date du quatorze adar la fête de Pourim, en souvenir du pour - du sort - avec lequel Haman avait fixé son projet. En ce jour, les Juifs de toutes les générations doivent se réjouir, lire la Méguila, s'envoyer des cadeaux comestibles, donner de l'argent aux pauvres et remercier Dieu qui, dans Sa grande miséricorde, les a sauvés si miraculeusement.

Fin

Ce conte est tiré du livre « La ronde de l’année » paru aux Editions L’Arche du livre.

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 07:18
Je n'ai pas trouvé d'autre moyen pour retrouver un ami que j'ai perdu de vue depuis  plus de 30 ans ,que de publier par l'intermédiaire de ce Blog un titre qui peut-etre attirera son attention et ainsi, me et se reconnaitra !

Les Matins .

Les matins d'automne de chez nous qui feraient palir d'envie ceux de la vieille Europe,les petits oiseaux à gorges jaunes sortent de leur torpeur et je ne sais si ce sont les pépiements qui font lever le soleil ou l'inverse mais à cinq heure et quart après l'appel de la première alouette, un sifflement timide  éveille les petites boules de plume,et chacun s'essaie à la lueur pale  que l'on devine derrière les lointaines collines,comme pendant  les accords mélangés de l'orchestre avant le coup de baguette magique du maestro.Alors la lumiere jaillit,mais moins bruyante,pas comme en été,de par dessus les toits rouges,coule doucement à travers les arbres feuillus qui passent des verts sombres aux jaunes rouillés et vient dessiner sur le mur blanc de la chambre les ombres  obliques des persiennes.C'est le coup de gràce de la nuit mystérieuse.Les baguettes fines qui sifflent à travers la pomme de la douche lavent la peau des crasses des mauvais reves et chassent les odeurs de la nuit.
La maisonnée dort encore,le chien à demi-assoupi tourne légèrement sa tete vers moi,et frappe le carrelage de sa longue queue pour me souhaiter la bienvenue au royaume du jour.
Dehors la rue est encore assez silencieuse pour que je puisse entendre au passage  des vagissements d'enfants qui s'éveillent,des bruits de verreries, et le ronronement lointain du camion de nettoiement .Il apparait au fond de la rue accompagné de l'entrechoquement des poubelles et des interjections bruyantes des travailleurs, toujours en retard sur le programme du chauffeur qui malignement pousse son moteur,pressé de finir cette tache pour sans doute en commencer une autre complémentaire. Les trottoirs encore mouillés de rosée aux jointures des petits pavés rectangulaires me rappellent mes années d'enfance lorsque sur le chemin de l'école,je m'efforcais de ne pas marcher sur les lignes dessinées par les dalles de ciment,ou de ne pas déranger une colonie de fourmis affairées autour d'un petit cone de sable fin pointant entre deux pavés fendus.
Je bois l'air frais des espaces ouverts et savoure les odeurs des buissons de jasmin et de l'herbe des jardins fraichement coupée,que le vent léger pousse aux quatre coins du quartier,avant que les fumées des camions n'étouffent pour un jour la respiration de la nature.
Je ne suis pas pressé,et je vais en flanant,m'arretant pour lire les titres des journaux à travers les ficelles des paquetages jetés à meme le trottoir du buraliste en retard .J'aime aussi fureter des yeux dans la vitrine de l'électricien,bondée de tas d'articles nouveaux,de lampes de bureau,d'interrupteurs étanches à la pluie ou temporisés,de gaines colorées,
de néons droits ou en  anneaux,de ventilateurs de tables ou sur pied,des rubans adhésifs et aussi des trousses à outils de toutes les tailles à faire rever les plus maladroits,de prises fonctionnelles et d'ampoules  miniatures garanties cent ans et meme des circuits miracles qui allument les plafonniers en un claquement de main.
Lorsqu'il me reste encore quelques minutes,je fais un détour vers la vitrine de l'Auto-Ecole.Sur une table adossée à la grande glace,bien en vue pour accrocher l'oeil du passant,une grande maquette de voiture,à la peinture un peu écaillée,et pas très moderne certes,suffit cependant à expliquer capot ouvert,et moteur coupé dans sa longueur,comme un écorché du cours de sciences-naturelles,les mystères de la mécanique.Des ampoules s'allument au rythme du moteur à quatre temps,des ressorts font monter et descendre les soupapes coulissantes,les feux d'ailes clignotent,le volant peut faire pivoter les roues avec la crémaillère de la barre des roues  avants,et l'arbre  à joint de Cardan entraine avec le miraculeux différentiel le pont arrière suspendu au chassis par des ressorts à lames peints en rouge .Le pot d'échappement de couleur aluminium,le frein à main,les engrenages en bronze de la boite de vitesse éclatée,le circuit du radiateur à eau,tout est là pour faciliter à la jeunesse le passage de l'examen théorique et pour aussi m'enchanter de bon matin!.....

undefinedMais à force de rever je vais rater mon autobus ! C'est un transport du personnel.Un autobus où les habitués s'asseoient presque toujours à la meme place, à coté du meme voisin,comme à la Synagogue,par un accord tacite et muet que personne ne songerait à troubler ....Moi j'ai choisi un coin à la fenetre,derrière le fauteil orthopédique du chauffeur pour jouir ainsi d'une vue panoramique .Je ne suis pas de ceux qui au bruit caoutchouté de la portière qui se referme vont prolonger leurs reves nocturnes,non,ce n'est que gaspillage.Perché au dessus des grandes roues j'ai un champ de vision qui me permet de voir par dessus les murettes et les haies les détails de balcons de villas anciennes,une belle fenetre en ogive,un oeil de boeuf croisilloné sous le fait d'un vieux toit de tuiles moussues,un superbe bougainvillier aux fleurs jaunes à l'assaut d'une cheminée de brique,ou encore les larges feuilles découpées d'un bananier sauvage à coté d'un robinet de jardin, ou meme,à travers les voiles d'une chambre aux deuxième etage,une belle ombre  furtive.Juste avant d'attaquer l'autoroute l'autobus passe  en filant le long du Grand Parc.
Pendant un cours instant je vois à travers les éclaircies d'arbres épineux le grand étang pointillé de hauts échassiers blancs,des rhinocéros melés à une bande de Zèbres se partagent le foin du matin,des autruches dominatrices se dandinent à pas lents,et tout autour,n'appartenant ni au zoo ni au parc voisin les cigognes libres planent en cercles concentriques ,en compagnie de vol de mouettes qui plongent pour saisir en piqué un poisson dans l'eau verte de la pièce d'eau.Ou s'éloignent à toute volée au sifflement des turbines d'un avion de ligne,allongeant sa descente au dessus de nos tetes . A vrai dire,si je n'étais assis au vu de tous les passagers,je me serai mis au garde à vous pour saluer cette merveille du génie humain.Ces dizaines de tonnes  de métal qui ont traversé les mers et surmonté tous les périls de la nuit, vont se  poser en une idéale tangeante sans secousse,comme la cigogne du parc,les pattes tendues en avant,le corps un peu braqué en arrière,les grandes plumes déployées  pour le freinage aérien final.Certes je sais bien que cette coque peinte aux couleurs élégantes peut revetir certains jours des mouchetages verts et jaunes et que les valises des touristes,les cadeaux et les parfums,les vins et les liqueurs peuvent faire place à des machines à tuer,des bombes soufflantes ou au phosphore pour mieux bruler,ou de celles qui en descendant se fragmentent en dizaines de bombelettes pour étendre le champ de destruction,ou des engins qui au contact du sol répandent en rebondissant des nappes de liquides enflamés,ou des bombes à retardement qui en s'enfoncant dans dans le sol se font oublier pour exploser beaucoup plus tard,à la demande, pout tuer les secouristes ou ceux qui croyaient que le danger était passé.Il y a aussi,et c'est très intelligent celles qui explosent à une certaine hauteur,au ras des tetes et qui font passer à la remise ces anciennes  bombes idiotes,toutes simples,qui, si elles atterissaient par mégarde sur le ventre n'explosaient pas,et devenaient une dépense inutile,une charge pour l'Etat en somme....
Brusquement tout mon corps est jeté en avant par un coup de frein prolongé et je sens que l'autobus part en oblique,en roulant sur son bord comme un bateau ivre,il finit par se stabiliser et regagne la ligne droite comme si de rien n'était,les passagers somnolents n'y ont rien compris, les autres retournent à la lecture de journaux, le chauffeur rit nerveusement et change la station de radio qui commencait à diffuser une musique classique légère et à plus de cent vingt  km/h passe à la hauteur d'un camion citerne avec sa remorque qui danse en chassant les graviers du remblais,pour se retrouver à un tour de roue derrière un camion de déménagement,qui porte sur son dos un tout petit container en méchantes planches et papier bitumé,avec des inscriptions russes,sans doute un piano droit,tout le patrimoine d'une famille qui a troqué le bonheur du régime soviétique pour celui de la Terre Promise. L'halali final débute à quelques km quand les différents autobus convergent comme des affluents vers le meme fleuve en essayant de se dépasser les uns les autres pour arriver les premiers aux portes de l'Usine. 
Moi je suis un rituel secret que seul un oeil averti aurait pu déceler,mais à cette heure matinale je n'ai rien à craindre !
Contre les divers batiments séparés par de belles pelouses vertes, le jardinier a aligné des bacs plantés  de mandariniers nains,de rosiers à grosses fleurs blanches,d'arbustes feuillus et comme si de rien n'était ,honoré et enchanté de cet accueil coloré et amical,j'effleurais au passage de mon bras nu jusqu'à l'égratignure,les branchioles,les piquants et le pointu des feuilles comme pour dans un rite ancestral célébrer l'amourde la Nature,je signais un pacte de sang avec les fleurs.C'était ma manière d'aimer  et remercier ceux qui comme le jardinier avec ses roses,ont fait sortir des sables ces grandes industries  en Eretz Israel qui sont l'orgueuil du pays.
Et toute la journée,à partit d'un fantome de schéma ,soudais,pliais,coupais dénudais,assemblais des composants,connectais des appareils de mesure,comme un chirurgien sur son patient et des heures durant souvent les plus passionantes de ma vie,je modelais mon  circuit, corrigeais,retranchais,modifiais mon oeuvre un peu comme le sculpteur modèle sa glaise .Le soir venu recouvrant ma table  j'allais presque à contre-coeur à la maison sans cesser de penser  à mes erreurs.Après des heures acharnées et angoissé par l'échéance du projet,enfin  naissait le jour où les signaux  des instruments s'accordaient à jouer l'hymne à la joie,glissant avec la grace des patineurs sur l'écran de l'oscilloscope,les sinusoides se synchronisaient avec une précision de microseconde comme en theorie et le signal idéal s'immobilisait sur l'écran phosphorescent à me faire pousser des cris de joie.
Ces soirées où je rentrais chez moi le front haut,heureux comme le boulanger qui a réussi sa fournée de bon pain,ce sont celles de mes milliers de camarades qui font que la haut tournent sans cesse ces antennes qui veillent sur nos enfants.
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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 11:14
Le Peintre Maurice Boitel (1919-2007),fut  en 1946 pendant deux années passées en Algérie l'hote heureux  de la Villa-Abd-El-Tif. De ce séjour il nous en laissa  un tableau particulierement attractif de la vue du Port d'Alger .D'après mes souvenirs,il avait du planter son chevalet au haut du Boulevard Lafferière,peut-etre à l'emplacement de ce que fut plus tard l'Horloge Florale . C'est un Alger revenu en temps de paix et vide de ses navires de guerre .

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La ville est  vue à travers les verts fauves  des palmiers qui déteignent meme sur la Grande Poste .Il est original dans la perception de ce peintre qui n'a pas vu un Alger aveuglé par la couleur bleue du ciel et de la mer,mais qui s'est attaché à rendre la générosite des feuillages des palmiers plantés par la main de l'homme comme pour adoucir la mécanisation du port. On peut remarquer la vie active  de ce quartier avec les  arrets de tramways et de trolleys et leurs files de passagers . Les voitures sont encore des modèles d'avant-guerre,en 1946 la France se relevait lentement de ses ruines et les nouvelles Citroen étaient encore réservées à des priorités .
Ce paysage a été le témoin de bien d'évenements historiques,avec le Monument aux Morts et le Gouvernement Général qui se trouvaient sur les hauteurs de cette perspective remarquablement exploitée par les architectes
de cette Ville. Qui aurait cru alors qu'un 26 Mars *1962 allait ensanglanter ce paysage vibrant de soleil et allait enterrer avec les assassinés de ce jour funeste, l'Algérie Francaise ?.

La-Grande-Poste-en-1915.jpg

Ci-dessus : la Grande Poste toute neuve et pimpante ,blanche et  vierge du sang versé .

Grande-Poste-et-Depeche-Quotidienne-en-1927.jpg

La Grande Poste et la Dépeche Quotidienne baties comme tous les grands projets des années 1920/1930 dans le style ottoman .

Voici une autre vue du Port du meme artiste,en 1947. Ce tableau aurait-il été peint des hauteurs de Mustapha ?.

Maurice-Boitel-Port-d-Alger--1947-.jpg

Le Square ci-dessous me semble etre un des plus ancien d'Alger :le Square Bresson.

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Mais en fait je ne suis pas sur ! Je ne me souviens pas dans ce square de cette vasque avec les jets d'eau .
Et egalement  on n'y voit pas les petites anesses qui promenèrent notre jeunesse docilement sur leurs dos !. Mais on peut observer des mauresques en haik blanc,un homme en gandourah,un jeune enfant portant sur son dos un bébé .Un gardien de square, certainement un invalide  de guerre auquel ces postes étaient alors  réservés, regarde les ébats des enfants et veille à la tranquilité du square.
Du Parc de Galland il  n'en est pas question,car il était fréquenté surtout par la jeunesse favorisée qui habitait le haut de la rue Michelet. A moins que ce soit le Square Marengo ? Mais alors le peintre aurait certainement choisi comme fond de sujet le Tombeau des Princesses. Quant au Jardin d'Essais il est si reconnaissable à son vaste bassin ! Pourtant en cherchant une carte postale sur le fameux site d'Alger-Roi de Bernard Venis,j'ai vu sur son lien du quartier Marengo:
http://www.alger-roi.net/Alger/jardin_marengo/pages_
liees/9_marengo297.htm

deux cartes anciennes, l'une de "La Fontaine et les Palmiers" et l'autre :"Allée du Bosquet de la Reine" (297) où on peut voir distinctement cette vasque double et son jet d'eau ! Chers artistes peintres,n'oubliez jamais de préciser avec votre signature le lieu exact où la Muse vous a touché du doigt pour ne pas tourmenter les nuits de futurs exilés ....

Merci à ce peintre,qui avec ses confrères lauréats de la Villa Abde-el-Tiff,nous ont transmis ces témoignages artistiques et ainsi immortalisé les paysages de l'Algérie Heureuse.

* Ce jour funeste qui a cloué le cercueuil de la présence Francaise en Algérie
a fait l'objet de nombreux sites très documentés qu'il est bon chaque année de relire pour ne pas oublier le vrai déroulement de l'Histoire  qui est  la proie des Négationistes de tous bords.


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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 07:20

Le commandement du service d'urgence " Zaka " qui avec le Maguen David Adom est venu secourir les victimes et reconnaitre les corps sur les lieux de l'Ecole Religieuse de  Jérusalem,a décrit  la scène dans la Bibliotheque où étaient réunis les étudiants  comme "une boucherie". Les élèves assassinés sont :

Yochai Lipchitz,18 ans,de Jérusalem .
Yonathan Itzchak  Eldar,16 ans de Shiloh '
Yonadav Chaim Hirscheld 19 ans,de Kochav Hasharar .
Neriah Cohen 15 ans ,de Jérusalem .
Roeh Roth,18 ans d'Elkana .
Segev Pniel Avihayil,15 ans de Neveh Daniel .
Abraham David Moses,16 ans d'Efrat .
Maharata Trunoch,26 ans d'Ashdod.

Cette Ecole, un internat situé à l'entrée de Jérusalem notre Capitale est célèbre pour son enseignement religieux d'ou sont sortis de grands noms  de l'intelligenzia juive patriotique.

Hier soir ,7 Mars 2008,à 21 heure,un terroriste au nom du Coran a ouvert le feu dans la bibliothèque où des élèves de tous ages étudiaient encore tardivement les enseignements universels de l'Ancien Testament,pour continuer cette chaine d'amour qui a commencé il y a plus de 2000 ans..
Les blessés sont nombreux et certains dans un état très grave,tous ayant été atteints à bout-portant.
Nous prions pour leur rétablissement .

La mort de ces martyrs renforcera encore plus notre volonté en Israel de nous accrocher à ces quelques arpents de terre ensanglantée par des hommes sans foi ni loi qui n'ont d'humain que le nom.

Que ces crimes aient été commis dans une Bibliothèque est un symbole. Cela n'empechera pas le Peuple du Livre d'étudier et de cultiver cette terre que les Nazis eux-memes ne réussirent pas à nous enlever.

Que la mémoire de ces jeunes tombés pour que Vive Israel,soit  bénie à tout jamais :
Elle restera un flambeau de la lutte de la lumière contre l'obscurantisme.

Voici extraite d'un journal israélien de cette semaine,la photo
d'un  prématuré né de parents palestiniens habitants à Gaza.Un médecin spécialiste juif en prend soin dans son incubateur à l'Hopital Israélien Barzilai d'Ashkelon . Après que cet hopital soit devenu la cible des fusées  Katiouchas des  terroristes du Hamas,les soins sont donnés au sous-sol .

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Les petits cancéreux palestiniens, et ceux qui souffrent de malformation cardiaque,tous de Gaza,sont hospitalisés dans les établissements les plus modernes d'Israel,cote à cote de leurs petits voisins israéliens.
Mais hier l'O.N.U. a été incapable de voter une résolution dénonçant les crimes des palestiniens,qui veulent rayer Israel de la carte et la remplacer par une Palestine,au lieu de fonder leur patrie en vivant  cote à cote,comme le sont les petits hospitalisés et leurs voisins. En 1948 déja,les arabes avaient refusé la Partition et s'étaient rués en masse dans l'espoir d'écraser la naissance d'Israel.
C'est donc dire que notre Guerre d'Indépendance n'est pas terminée.


Je voudrai pour conclure ce jour triste vous faire entendre Shuli Natan,qui chanta juste avant la guerre de 1967 la chanson célèbre pleine d'espoir de Naomi Shemer : "Yeroushalaim shel Zhav" ,en hébreu "La Jérusalem d'Or..."
http://www.youtube.com/watch?v=JD-4a7Z_yPo




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