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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 06:42



     Non,excusez-moi si j'ai commis ce mauvais jeu de mots avec ce titre,ce n'était pour vous éloigner du véritable sujet ,mais simplement  parceque moi qui  vit avec mes mes souvenirs d'Alger , je les vois comme des défunts: sans espoir un jour de jouer au  touriste pélerin et revoir ma ville . De plus,les changements qui ont blessé la cité, que ce soit de la main de l'homme qui a sauvagement bati des constructions hideuses tout en livrant des merveilles bi-centenaires aux intempéries,m'obligent à me replier sur moi-meme et me réfugier dans les témoignages superbes que nous ont laissé les artistes qui eux ont immortalisé les paysages de mon enfance.Joachim du Bellay a exprimé dans ses "Regrets"  l'essence de ce que ressent chacun qui a été arraché de sa terre :

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Dans les derniers mois avant l'exil,nous avions une frénésie de promenades sur les hauteurs d'Alger et leurs balcons sur la Ville. Et nous nous disions pour nous rassurer,et pour voiler notre angoisse de condamnés en sursis en admirant la rade et son alliance en forme d'amphitheatre que tout en bas venait lécher la méditerranée:
" Est-il pensable que la France abandonne cette perle de culture " ?.
Serrés dans notre "4cv-affaires",170-GR9A, toute blanche,sans chrome et sans reproche,en redescendant d'El-Biar nous nous arretions au bord du Boulevard Galliéni pour boire peut-etre une derniere fois la vue qui a inspiré tant d'artistes..Assis derrière avec mon frère,je regardais le coeur serré dans le rétroviseur de la voiture les visages tristes de mes parents . Et de dos,leurs cheveux déjà blanchis par les soucis qui ne cessaient de les accompagner depuis le début de la deuxième guerre mondiale . Cette fois chacun savait bien dans son for intérieur que tout était perdu,et que ces paysages impassibles à notre détresse allaient bientot changer de spectateurs ..
Depuis je collectionne virtuellement les oeuvres d'art qui me rappellent  mon enfance.
J'ai trouve par chance ce tableau à l'huile d'Eugénie Clarac .Il a du etre peint des hauteurs de ce qu'on nommait alors "Mustapha-Supérieur ".

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A travers ce vase de délicates fleurs sur le rebord de pierre de la fenetre, le rouge des pétales a déteint sur Alger-la-Blanche qui a prit une couleur rose embuée. Je peux regarder ma ville dans le silence de la nature ,sans mesure.
Je n'ai pas trouvé hélas,aucune autre précision sur la biographie de l'artiste . 
Clarac était un nom répandu en Algérie .

Charles Pichon,en 1930 a peint cette aquarelle d'Alger , Vue du Parc  de Galland.
Les grands arbres apportaient une ombre fraiche l'été venu. Aujourd'hui ce panorama est masqué par des constructions qui détonnent sur le paysage tout en douceur de la ville.Bien que les marchands de tableaux citent les aquarelles
de ce peintre,aucun détail sur lui n'apparait . Le C.A.O.M. n'en a pas conservé de trace. 

           
Charles Pichon, Alger - Panorama vu du parc de Galland

    Une fin de bel après-midi dominical,en "Quatre puces" nous descendions le large boulevard Gallieni qui entaillait la grande falaise de craie jaune,toujours sujette aux glissements de terrain,et arrivés au carrefour du Palais d'Eté,salués par des spahis en burnous rouges dans leurs guérites,nous empruntions le haut de la rue Michelet ,devenu plus tard Franklin-Roosevelt, pour retrouver les bruits de la ville et regagner le carrefour de l'Agha. Arrivés à la hauteur du magasin "A la Ville de Lyon " une forte détonation retentit et bientot nous dépassames un morceau de ferraille qui avait atterri sur le trottoir.
   Un obus piégé avait explosé dans la malle d'une voiture en stationnement à une centaine de mètres plus-bas. Un rappel brutal de la réalite. Un mauvais début de semaine. C'était la saison des attentats . Une interminable saison qui durait depuis des années .Mais pourquoi raviver ces souvenirs qui de toutes les façons ne font que faire souffrir les rescapés et  réjouissent leurs auteurs criminels ? 

     D'où que l'on soit,le port d'Alger caractéristique par ses jetées en zig-zag est visible aux yeux du promeneur.Ce sont les bras qui protègent les navires ancrés dans ses eaux.C'est l'impression que donne ce tableau de Claude Coquerel .Cette gouache très colorée de 1930 nous offre une ville amoureuse qui enserre les navires dans ses bras.
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     Remarquez le navire franchissant la jetée .C'est un transport de passagers. Peut-etre Le Ville d'Alger avec ses deux cheminées qui fut ensuite modernisé  avec son changement de carburant pour n'en garder qu'une .

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Connaissez-vous Micheline Cannaut-Utz ? J'ai découvert un magnifique tableau à l'huile du Port d'Alger (1943) vu à travers la fenetre de son salon.
Remarquez le nombre de bateaux de guerre qui attendent dans la baie.

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L'intérieur a les magnificences d'un Renoir .
Mais ce tableau dès la première vue ne m'est pas étranger :c'est certainement d'un immeuble du Boulevard Carnot que l'artiste a posé son chevalet.
En effet j'allais souvent rendre visite à un Grand-Oncle de ma mère qui habita 
un fabuleux appartement dont la hauteur des plafonds et la superficie des pièces m'étaient inhabituels . L'ameublement dans ce tableau ne diffère guère de celui que je connus, avec la différence que les jours de la semaine,les fauteuils étaient recouverts d'une housse blanche. Un mois de Mars 1949
le Président Vincent Auriol * vint en visite à Alger à bord du Georges Leygues.
Un feu d'artifice fut organisé en son honneur . Et nous fumes invités à le voir le soir,du balcon de pierre ,à un deuxieme étage qui se transforma en loge idéale pour admirer les prouesses de Rugieri . Les bouquets éclataient dans le ciel,au dessus du port avec des gerbes multicolores qui se croisaient et illuminaient le ciel d'Alger. Des étincelles argentées coulaient comme des fontaines installées sur la jetée, les détonations pacifiques se répercutaient en échos sur les hauteurs de la Bouzaréa,une somme folle partie en fumée,de quoi nourrir et habiller tous les yaouleds une année au moins....
Quelques douze ans plus tard, Grandeur et Décadence, j'attendais patiement mon tour dans la file qui débordait sur le trottoir de la rue Waisse. Histoire de retirer la somme d'argent qui faisait partie de mes économies et qui était accordée avec la parcimonie qui me rappellait notre marchand de lait en 1942 quand il nous versait l'or blanc avec sa petite mesure en zinc. Soudain je tressaillis au bruit d'une fusillade qui éclata dans les parages.Mais personne n'abandonna sa place pour un détail aussi futile... Dans ces memes mois qui précèderent notre exil,je passais à pieds derrière la Grande Poste,Boulevard Bugeaud lorsque une explosion sèche retentit  et des passants qui venaient à ma rencontre eurent vite fait de commenter un attentat au plastic dans l'immeuble de l'Echo d'Alger,celui la-meme où mon grand-oncle habitait.Je hatais le pas vers la rue de la Liberté où l'imprimerie avait son entrée . Le portail principal était coté Boulevard Carnot .Les machines et les linotypistes étaient situés au sous-sol,mais la déflagration avait été si forte que les portes des locataires du deuxième étage avaient été soufflées:les lourdes portes de bois avaient été arrachées de leurs gonds et gisaient dans les couloirs d'entrée. Je marchais sur des débris de verre et échardes de chambranles en montant les escaliers. Ma tante n'eut pas à m'ouvrir la porte... Meme  le bureau de mon oncle qui faisait face à l'entrée était bouleversé .Mais ma tante,qui heureusement était alors au fond de l'appartement, paraissait moins émue que moi par l'explosion que par la poussière des platras qui avaient envahi son salon...

Le port d'Alger  a attiré comme  Marquet des peintres les plus célèbres,comme Armand-Jacques Assus . (1892-1977).
Au contraire de l'aquarelle exhubérante de Coquerelle,la peinture à l'huile d'Assus marie les dégrades verts des palmiers et le rouge de leurs fruits avec une mer plate où ce navire-marchand  est le sujet principal.


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Ce port je le connaissais bien pour l'avoir exploré avec mon grand-frère .Nous étions attirés par les navires de guerre et le traffic du port de commerce,et le manège des grues. Nous trouvions toujours de petites pierres pour nous essayer aux ricochets ,et sautions d'une grande enjambée pour atterir sur le pont d'un chaland amarré au quai.

J.A.R. Durand *( 1914-2001) a traité le meme sujet de sa belle manière en 1940
:


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Charles Brouty (1897-1984) est célèbre pour ses croquis pris sur le vif de la vie populaire à Alger. Ce tableau à la gouache du port est plein de poésie .

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Un chalutier trainant sa barque franchit la passe. Il va faire sa peche de nuit au lamparo*.Des voiliers sont posées comme des mouettes.Un marin et son amie du Dimanche trainent nonchalement leurs ombres .Un pecheur assis sur une bite d'amarrage a recouvert sa nuque d'une pièce de tissu ,il a disposé ses paniers à portée de la main . La mer reflète les bleus du ciel. L'eau clapote près du quai.
Charles Brouty nous offre une tranche de bonheur . Grace à lui cette journée ne finira jamais.
Il a peint aussi de son meme style chaud et généreux la gouache ci-dessous.
Ce doit etre  l'été ,une jeune femme s'est endormie sur une couverture jetée à meme le sol. C'est une fille du pays avec ses cheveux de jais. La chemisette
bleue éclaire le bistre de la peau de son visage. Un corps plein de santé,une pose pleine de pudeur .Lecteur,ne fait pas de bruit,elle dort....

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                            Au dessus des quais,la Mosquée de la Pecherie.


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Ce dessin rapide et précis
n'est pas de Brouty, mais d'Oscar Spielman (1901-1973). Né dans l'ancienne  Tchécoslovaquie, il est devenu algérois par amour de la ville .
Il a campé fièrement le Duc d'Orléans sur son cheval . Une européenne élégante
traverse à petits pas rapides la Place. Une mauresque couverte de son haik est escortée par une fillette qui porte avec souplesse une panier sur sa tete .
Il ne faut pas plus de détails pour imaginer la vie de ce dessin.
Dans le numéro 33 de 1986 de l'Algérianiste ,(digitalisé),J-P. Arnold a écrit un bel article sur ce peintre .

Ces escapades portuaires de jeunesse inspiraient mes dessins qui souvent étaient des navires  à la proue pointue,pour mieux fendre des vagues imaginaires. Mes bateaux attaqués,coulaient aussi en pointant leurs proues vers le ciel .... J'ai essayé de reproduire le plus maladroitement possible ( je n'en ai eu aucune peine !!) mes gribouillis d'enfance. Il n'y manque que les bruits de la bataille que mes joues gonflées et mon imagination illustraient...

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Ce dessin enfantin ci-dessus, montre combien était grande
mon ignorance de ce qui était masqué sous la rouge ligne de flottaison par l'eau noire .

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Wikipédia nous explique dans quelques lignes hydrodynamiques l'avantage et la nécessité d'un bulbe pour offrir moins de résistance à l'eau. :
 "Un bulbe d'étrave est une partie de lla coque d'un bateau : il s'agit d'un renflement à l'avant, au niveau du brion en-dessous de l'etrave.La principale fonction du bulbe d'étrave est de créer une vague à l'avant du système normal de vagues généré par le navire en route ; à une certaine vitesse, le creux de cette vague additionelle coincide avec le sommet de la vague d'étrave, qui se retrouve annulée : la résistance hydrodynamique est ainsi réduite et le navire peut aller plus vite pour une même puissance. De plus, la première crète de vague est déplacée à l'avant, ce qui augmente virtuellement la longueur a la flottaison du navire et donc sa vitesse maximale théorique ".
 

 

Compléments :

* Dans les Archives d'actualites de l'INA,vous pourrez voir quelques photos
d'Alger "en liesse" sur le site :
http://orbis.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=
Auriol%2C+Vincent&num_notice=4&total_notices=87

 
* Sur J.A.R. DURAND le superbe site :
http://www.bouzarea.org/durabd.htm


*La peche au Lamparo :
http://www.cataloonya.com/magazine/entreprises-artisanat/la-peche-au-lamparo/

Voila,refermons la boite aux souvenirs. Adieu notre port,ou peut-etre au revoir !







as pour vous eloigner d'un sujet pournti_bug_fck
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 16:36

Rita Calef a été arretée à Lyon où elle vivait avec sa famille. Elle avait alors treize ans. Elle a été déportée avec son frere Léon et ses parents Guilis et Suzanne par le convoi de la S.N.C.F numéro-63 du 17 Décembre 1943.
 Elle a été assassinée à Auschwitz le 20 Décembre 1943.

undefinedElle avait écrit le texte  ci-dessous,sur une carte à en-tete "Bonne Année",
une ode pleine d'innocence  à la Paix entre les peuples :

"Au lieu de se battre entre eux
Les hommes ne feraient-ils pas mieux
De s'aimer et de s'unir,
Et de la guerre en finir
Ne sommes-nous pas tous frères ?
N'avons nous pas tous le meme père ?
Juifs ou Chrétiens
Protestants ou Paien ?
On devrait s'aimer bien. "

             Rita .
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Je remercie le site Akadem d'où j'ai recopié ce document pour le faire parvenir à la connaissance de la jeune génération, qui ne pourra pas prétendre comme  certains de leurs parents et grands-parents : je ne savais pas ! je n'avais rien vu des autobus qui emportaient les familles vers les centres ,ni vu les gendarmes et les policiers qui montaient dans les immeubles pour les arreter, et les bousculaient avec l'aide des soldats allemands pour les entasser dans les wagons à bestiaux et les envoyer au supplice.
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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 18:47
   Ainsi Albert Delvoux*  décrit le Rais Hamidou au début de son livre  :

" Pour moi, c?est bien ainsi que je me représente invariablement un raïs : une figure rasée,
  des moustaches assez longues pour pouvoir être nouées derrière la tête, plus une énorme
  pipe. J?ajouterai que Hamidou n?était ni turc, ni coulougli : il appartenait à cette classe d?arabes
  fixés dans les villes depuis plus ou moins longtemps, que les indigènes appellent citadins
  et nous maures. C?était, pour me servir de l?expression pittoresque des Algériens, un enfant
  d?Alger."


                 Mohamed Racim a peint le frère de Barberousse,Khair-El-Din,un corsaire aussi   
                 redoutable .
  Dans le fond,on remarque un Chébec dans la rade.  Remarquez la 
                 richesse 
du costume ,des parures,  la décoration du sabre et du poignard, et les yeux
                 percants du Rais .

"Barberousse, nom donné aux frères corsaires Arudj (1474-1518) et Khayr al-Din (1476-1546). Le nom de Barberousse dériverait de celui de Baba (« père » en turc) Arudj, l?aîné.
Fils d'un potier grec de Mytilène (ou, selon les versions, d'un Sicilien renégat), les deux corsaires ont fait la guerre de course au nom du sultan de Constantinople.
L?aîné, Arudj, se met au service de l'émir d'Alger pour chasser les Espagnols installés au Peñon, à l'entrée du port d'Alger (1515). Il investit la cité et soumet l'arrière-pays.
Son frère, Khayr al-Din, lui succède sur les côtes nord-africaines, chasse les Espagnols du Peñon et fait fortifier la ville par des captifs chrétiens. Il dévaste les côtes italiennes et même Nice (1543), bien qu'alliée de la France en lutte contre Charles Quint."





                          A l'époque de cette Course les corsaires algériens ne tiraient que des
                          boulets  pleins . Les boulets explosifs furent une invention francaise .  



                         Cette maquette nous laisse voir dans les détails,toute la beauté et la finesse
                         ailée de ce Chébec.Sa coque était meme enduite d'un savon pour mieux
                         glisser sur la mer.Plus tard les derniers Chébecs furent pourvus de toiles
                         carrées pour porter de plus grosses charges,mais au dépens de son agilité.

                                                      Le sort des captifs :

"Les artisans tels que : forgerons, maçons, charpentiers, fabricants de voiles, et tous ceux ayant un travail fixe, se rendaient à leur atelier ; les autres étaient divisés en petits groupes et obligés, sous le contrôle d?un argousin, de faire les travaux les plus durs, comme de décharger les bateaux ou chercher et traîner de lourdes pierres [pour renforcer la digue du port], ce qui se passait rarement sans une pluie de coups de bâtons...Un des secrétaires me conduisit vers l?atelier des voiles où une trentaine d?esclaves, tous chefs ou pilotes de petits bâtiments, étaient en train de travailler, tandis que les capitaines des plus grands bateaux étaient, en général, libérés sur parole, grâce aux consuls ".
                        
                                                  
Le Cours des esclaves :
                                                     

"Le prix de vente d?un esclave à Alger est compris entre 553 et 973 francs, soit 725 francs en moyenne, chiffres confirmés par les rares annotations du registre qui distinguent, dans le produit de la capture, la valeur de la cargaison de celle de l?équipage dont le nombre est précisé : 722 francs pour les membres de l?équipage de la frégate portugaise prise par le Raïs Hamidou en 1802, 531,5 francs pour les matelots d?un bâtiment sicilien en 1814. Reste donc à déterminer le montant des rançons que les propriétaires d?esclaves exigent, et obtiennent après marchandage, pour les rendre à la liberté."



             Rheda Chikh Bled,un artiste algérien contemporain, a réalisé cette statue
             de plus de sept  mètres de  haut au centre  Pompidou à  Paris. Elle se dresse à Alger
             dans un espace vert  au bas de Bab-El-Oued . Je suppose que la statue a été coulée
            en  bronze .


Ci-dessous une belle description*  relatant la rentrée au port d'Alger du bateau du Corsaire,sans  son Rais tué au combat après un engagement avec la flotte américaine plus forte en nombre et mieux armée :

"Les gens se pressaient davantage sur les quais tentant d?apercevoir ce qui restait d?une frégate qui rentrait dans la baie, dans un piteux état. Le bateau endommagé s?offrit à présent aux regards curieux. Il était nu comme un squelette dépouillé de sa chair et vacillait sous la pression des vents qui s?étaient brusquement levés et le faisait tournoyer comme un vulgaire morceau de bois à la dérive. Le bout cassé de son grand mât était resté suspendu et se balançait dangereusement dans les airs en raclant au passage la voile ferlée. Les cordages détachés de la coque, touillaient autour des vergues. On baissa la chaîne du port dans un fracas de bruit de ferrailles. Le bateau s?arc-bouta contre la digue lourdement. Son bois craqua comme s?il allait s?effondrer en lamelles pourries, provoquant un oh de surprise parmi la foule qui suspendu à son râle, restait immobile, les yeux rivés sur les gesticules du premier homme, celui qui s?était investi en guetteur, harcelant de son doigt charnu le grand mat nu. Les dizaines de yeux obliquèrent vers ce lieu précis, et à nouveau cette clameur sourde qui traversa en onde glacée l?assistance. Le grand étendard vert frappé d?un croissant et d?étoiles dorées qui par habitude flottait à la poupe n?était plus à sa place. Le malheur se dévoilait, par signes, par affirmation, se glissait lentement de cette passerelle qu?empruntaient à présent des dizaines de corps livides, portant les traces d?un combat livré en haute mer, couverts de poussière et de sang. Par grappes cliquetantes, épées entrechoquées, crissement de fer les corsaires s?agglutinaient sur le pont, encore étourdis par la houle des vagues, s?offrant dépouillé de leur assurance au regard pénible d?une foule anxieuse. "

* Le texte à lire en entier : "La Nuit du Rais Hamidou " dans :

http://www.vitaminedz.com/articles-281-0-2433-toute_l_algerie--la_nuit_du_rais_hamidou-3.htmlsA


Voici  "La Consulaire"  sur son affut original :.


                               (  Photo provenant du site  "Antiquaire-Marine" ):
                                              Musée de la Marine ,numéro 1913
"La Consulaire,pièce de canon ainsi nommée parce qu'en 1683 les Algériens s'en servirent
pour lancer sur la flotte francaise les membres du corps du Consul de France " G.B.

Photo extraite du site :
http://antiquairemarine.blogspot.com/2007/09/canon-la-consulaire.html

Dans la " Société des Annales d'Emulation des Vosges" , figure page 54 cette communication savante qui nous donne des précisions sur cette pièce d'artillerie :

"Un morceau de la couleuvrine en bronze dite
 la consulaire, prise à Alger et érigée maintenant
 à Brest, d'après les dessins de notre collègue et
 compatriote M. Petot^ comme un monument de
 la victoire des Français. 
 La consulaire a six mètres cinquante-huit décimètres
 de longueur; son diamètre intérieur est
 de dix pouces; elle pèse treize mille kilogrammes.
 Ce fut ce canon qui, le i5 juillet i683, lança sur
 le vaisseau commandé par l'amiral Duquesne,
 les membres du consul français Le Vâcher. Le
 fragment est déposé au musée départemental. "


Et la voici érigée en colonne à l'arsenal de Brest :


                                                                      Brest- Le Port Miltaire-
                                            "La Consulaire" prise à Alger le 5 Juillet 1830,
                                                      Jour de la Conquete de cette ville" .

         ( Voir en fin de blog,la demande d'autorisation de publier ce document de la Collection
           de Monsieur Erwan Le Vourch dont le superbe site est :
                                                     
http://retrophotos.ifrance.com/brest_laconsulaire.htm


" En 1682, les Barbaresques capturent une frégate de la marine royale française et réduisent, comme à leur habitude, l?équipage en esclavage.
Louis XIV s?en offusque et réagit en envoyant l?amiral Abraham Duquesne à la tête d?une expédition punitive. Près d?une centaine de navires équipés de bombes incendiaires bombardent la Ville Blanche. La puissance de feu française fait plier le dey Baba Hassan qui capitule. Le révérend père Le Vacher, consul du roi à Alger depuis 1671, se charge des négociations.
Tous les captifs chrétiens sont relâchés. Cependant, un certain Mezzo Morto, riche négociant de la ville,fomente une révolte. Le dey est assassiné, Duquesne reprend les bombardements. En représailles, le nouveau maître d?Alger inaugure une méthode restée célèbre. Le consul, accusé de traîtrise, est placé devant la bouche à feu de l?énorme Baba Merzoug avant que les artilleurs ne fassent feu en direction du vaisseau amiral ! Depuis ce jour la Marine Francaise a surnommé ce canon "La Consulaire" en mémoire du diplomate martyr.L'armada de Duquesne rentra en France sans avoir sounis Alger.L'Amiral d'Estrée tentera à son tour de soumettre la ville en 1688 mais en vain".
                                                      Une Consulaire peu Diplomate :

Cette pièce d'artillerie de Marine avait été coulée en bronze en 1542 par un fondeur Vénitien. Elle est longue de sept mètres et sa portée à l'époque était remarquable : plus de quatre kilomètres. Comme toute les grosses pièces d'artillerie elle recut un nom "Baba Marzouk",ou le "Père Fortuné " Braquée dans la direction de la Pointe Pescade,et servie par quatre hommes, elle interdisait l'approche d'Alger aux  navires "ennemis". Mais les Francais débarquèrent bien loin ,hors de sa portée,à Sidi-Ferruch située à 30 km d'Alger-la-Blanche . 
Il parait que son avantage était que son corps en bronze se refroidissait après un tir ,plus rapidement que les canons européens en acier ,et ainsi avait une cadence de feu plus rapide.
Emportée comme trophée,elle s'élève maintenant sur un quai du port de Brest, plantée sur un piédestal orné de plaques gravées par Le Sueur.
Sur l'une d'elle on peut lire :

"L'Afrique vivifiée,délivrée,éclairée par les bien-faits de la France et de la Civilisation "

Perché sur la bouche du canon,le Coq Francais triomphe,une patte posée sur un boule qui symbolise le globe terrestre. La France, Reine des terres et des  mers ...Cette piéce est l'orgueuil de la Marine Francaise. Je dois ajouter que ces dernieres années les Algériens la réclament (en laissant sans doute généreusement à la France les plaques gravées et son Coq ) et meme en exigent son retour à sa place originale .
Jusqu'à aujourd'hui,la France a refusé les sollicitations de l'ancien vaincu.
Espérons que ce litige ne finira pas par un coup d'éventail .
A mon humble avis,une condition "sine qua non" serait de recevoir en retour le Monument Aux Morts,Oeuvre de Paul Landowski, noyé à Alger sous une chappe de béton. Il faut quand meme admirer le patriotisme et la ténacité des Algériens qui réclament leur symbole,alors que la France dans sa débandade a abandonné les siens et ses monuments et cimetières,et à ce jour ne s'en soucie guère..

Remarque : Pour vous donner une idée de la longueur des affuts de canons,celui de la Grosse Bertha qui terrorisa Paris en 14/18 avait dix-sept mètres de longueur,se déplacait sur rails et pesait 2000 tonnes.Mais le plus long canon du monde,cependant ne fut pas celui de Jules Vernes,mais bien celui d'un Ingénieur Canadien qui construit  en 1990 pour contenter la folie de Saddam Hussein,un canon de...250 mètres (oui) de longueur,reposant fixement sur un lit de béton en pente,pointé définitivement sur ...Israel ! Les trois ci-nommés,l'Ingénieur,le Canon ,le Patron ne passèrent pas l'hiver...


              
                             Le canon à peine visible ( à droite ,en clair ) est écrasé par la masse 
                             de cette   immense grue.



                   C'est une  ancienne carte postale .On distingue à la base  les plaques de bronze
                   du Sculpteur Le Sueur . Peut-etre qu'un lecteur obligeant et habitant Brest pourra
                   fournir plus de renseignements sur les inscriptions et photographier ce monument
                   avant qu'il ne change un jour de propriétaire.
                   On ne sait jamais de quoi demain sera  fait !.

                  ( Voir en fin de blog,la demande d'autorisation de publier ce document de la Collection
                  de Monsieur Erwan Le Vourch dont le superbe site est    :
http://retrophotos.ifrance.com/brest_laconsulaire.htm

                                            
                        Une autre miniature pour reposer nos yeux de ces évocations guerrières :


                                  Merveilleux   "Bouquet de Fleurs" par Mohamed Racim.
                                               Sur le vase un fier cavalier a cheval .

 
Nous voici maintenant en l'année 2008 du Calendrier Républicain : Le Rais Hamidou est toujours vivant  et écume toujours la Méditerranée :

"  Depuis le 15 janvier et jusqu'au 2 février, les forces navales françaises et algériennes mènent un exercice commun, baptisé « Raïs Hamidou 07 », en Méditerranée occidentale. Pour l'occasion, la Marine nationale a engagé l'aviso Commandant Birot et un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Les Algériens déploient, de leur côté, quatre navires, dont la frégate Raïs Korso, un groupe de fusiliers marins et un avion ".
( Communiqué de la Marine Nationale Francaise).



                                  Le " Rais Hamidou " est une corvette d'origine soviétique.
                                                        de la classe " Nanuchka "


             
                               L'Artiste Rheda Chick Bled a voulu dessiner le coeur de la Casbah
                               tournée aussi vers son passé historique en  Méditerranée .




Bibliographie :
A ne pas manquer de lire les sites suivants :
  
  1) http://sauvonslacasbahalger.viabloga.com/baba_marzoug_pere_fortune.shtml

  2) Sur la Course en Afrique du Nord,un très bel article de Daniel Panzac indispensqble  pour
      nous éclairer sur les hauts et bas de la piraterie en méditerranée .                       
Référence électronique :

Daniel Panzac, « Les esclaves et leurs rançons chez les barbaresques (fin xviiie - début xixe siècle) », Cahiers de la Méditerranée, vol. 65, L'esclavage en Méditerranée à l'époque moderne, 2002, [En ligne], mis en ligne le 15 octobre 2004. URL : http://cdlm.revues.org/document47.html. Consulté le 08 février 2008.

  3) http://cdlm.revues.org/document47.html

  4) Le livre d'Albert Delvoux édité en 1859 :

http://www.algerie-ancienne.com/livres/essais/essais2.htm

LE
RAÏS HAMIDOU
NOTICE BIOGRAPHIQUE
SUR
Le plus célèbre Corsaire algérien du XIIIe siècle de l?hégire
D?APRÈS DES DOCUMENTS AUTHENTIQUES
Et pour la plupart inédits
PAR
ALBERT DEVOULX
Conservateur des Archives arabes du Service de l?Enregistrement
et des Domaines, à Alger,
Membre de la Société historique Algérienne,
Correspondant de la Société Académique du Var
ALGER
TYPOGRAPHIE ADOLPHE JOURDAN
IMPRIMEUR-LIBRAIRE-ÉDITEUR
Place du Gouvernement
1859

La Photo de La Consulaire (Aout 1916) est extraite de la Collection sur Brest de
Monsieur Erwan Le Vourch que je remercie. Son site est :
                                  http://retrophotos.ifrance.com/brest_laconsulaire.htm

 Dans la mesure où l'autorisation de publier cette carte dans mon Blog me serait refusée par son propriétaire,je le prie de bien vouloir me l'écrire sur mon e-mail:
                                     levygeorges@gmail.com
pour que je la retire de mon Blog.
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 08:17

28/01/2008 - Lettre de Nicole GUIRAUD à la maire de St-Ouen. -
 
 
                                                                                     
                                              
 
 

 

Madame le Maire,

 

        Victime à l'âge de 10 ans d'un attentat a la bombe du FLN, le 30 septembre 1956  au Milk Bar d'Alger,  ayant fait de nombreux morts et une bonne soixantaine de blessés , surtout des enfants et leurs mamans, je tiens à vous féliciter chaleureusement  pour votre judicieuse initiative  d'avoir fait apposer une plaque  en l'honneur de l'une des militantes  de ce mouvement "révolutionnaire" (sic),  qui a causé la mort de centaines de milliers de Français, de Musulmans, de Français d'Algérie, aussi bien en Algérie que dans la métropole.
 

 

        Cette idée est vraiment excellente dans la mesure ou elle exprime, sans ambigüité, l'exacte position  de ceux qui l'ont conçue... De plus, elle prouve l'exquise délicatesse  de votre part, ainsi que de vos  collaborateurs, envers les victimes innocentes d'un terrorisme que vous semblez particulièrement apprécier ...

 

        Je dois reconnaitre qu'avec des élus tels que vous, la France peut sans crainte regarder droit vers l'avenir, et être fière d'elle....

        Cette attitude courageuse est sans aucun doute unique en son genre parmi tous les pays d'Europe ...

        Encore "bravo" donc pour cette initiative qui, n'en doutons pas, est tout à fait appropriée pour apaiser les esprits et les mémoires douloureuses, et permettre le rapprochement tant souhaité entre nos deux peuples....

 

 

        Mais sans doute avez-vous voulu honorer avant tout la poétesse ...?

        Sans doute ne s'agit-il que d'une méprise de la part de malencontreuses victimes du FLN .... qui, de toutes façons, n'existent pas puisque c'est l'Histoire Officielle qui le dit ...

  

 

        Afin de réparer ce dérapage de  TRES MAUVAIS GOUT, je vous demanderais donc, au nom de toutes les victimes du FLN ,civiles, militaires, Harkis, de bien vouloir décrocher au plus vite cette plaque infamante, qui pourrait avoir sa place en Algérie,  mais non en France.

        Car nous sommes encore en France, madame le Maire, l'auriez-vous oublié ?

 

        Ou bien seriez-vous capable de faire apposer, dans une rue de votre ville, à proximité de cette plaque, une autre plaque en l'honneur d'un Français victime du FLN ?

 

        Seriez-vous capable de soutenir une initiative analogue EN ALGÉRIE, c.a.d. l’apposition officielle d'une plaque en l'honneur d'un poète (ou chanteur, ou médecin, ou enseignant...) engagé POUR LA FRANCE  que ce soit comme soldat, comme Harki, comme combattant de l'OAS, ou comme simple Pied-Noir tombé sous les coups du FLN  ????

        Dans ce cas seulement,  la France pourrait redresser la tête ...

 

        Dans le cas contraire, je ne pourrais que vous conseiller, avec tout le respect que je dois à votre fonction, de vous remettre à l'étude de la guerre d'Algérie. Il existe entre-temps de très nombreux et excellents ouvrages sur la question, qui seraient susceptibles de combler certaines lacunes de votre savoir en la matière.

 

        Pour commencer, je me permets de vous envoyer en pièce-jointes deux photos de petites victimes du FLN.

  

        En vous priant d'agréer, Madame le Maire, mes salutations avec le respect que je dois à votre titre.

 

 

                                                               Nicole Guiraud

                                             Victime a 10 ans du terrorisme du FLN

 

           

 

 
 



 

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 08:27




      Après la Grande Poste et la Dépeche Quotidienne, les Galeries de France de la rue d'Isly firent l'orgueil des architectes des années 1930, et en fait étaient  en dehors de leur rôle  fonctionnel de véritables monuments architecturaux . Nous passions devant ces trésors de stuc, de boiseries  ajourées, de vitraux et de cuivres sans plus nous en étonner , habitués depuis toujours à ces beautés qui ornaient notre ville.

Ce n'est qu'après en avoir été privé pour le reste de ma vie que je compris quel fut mon bonheur et ma chance d'avoir fréquenté ce qui avaient été les bijoux d'Alger.

Voici une très belle vue des Galeries Algériennes, ex-Galeries de France, prise en 2006 par l'excellent photographe amateurJacques Varlot  à son passage à Alger .
Ces Galeries longtemps abandonnées à leur triste sort, après cinquante deux années d'errance se virent attribuées des fonds sans fond pour ses transformations.
Remarquez , cher lecteur et lectrice, ces deux cages d'ascenceurs et les balustrades de bois ciré et  travaillées dans le style algérien d'alors par les architectes francais du Centenaire .





Et voici ces Galeries , maintenant  transformées en Musée d'Art Moderne Algérien, ( ce qui est très louable en soi) ), si ce n'est que cette operation esthétique a signé un arrêt de maure en ce qui concerne les boiseries qui faisaient toute la beaute de cet intérieur monumental. En effet, tous les bois ont été enduits d'une sorte de blanc .....



Photo récente du Musée, extraite du Blog  http://ahmed-window.blogspot.com/

                                                     
                                                                 "La Mauresque voilée "

                                                                  ( Photo de Lehner )



                            Aquarelle tirée de : http://hconline.ifrance.com/orient/orient2b.htm

                                                               " Le Thé à la Menthe "
                                                                                    

GÉRARD :
"Et vous croyez qu'elle est belle?"
FREDERIC :
"Ravissante, dit-on!"
Du Livret de "Lakmé",Opéra de Leo Delibes  :
"Quand une femme est si jolie,
Elle a bien tort de se cacher".

                                                Un  Souvenir de la Rue d'Isly

J'ai décidé. Ce Jeudi après-midi de printemps, j'irai au rayon des jouets des Galeries de France. Sans un centime en poche, mais seulement pour y admirer un grand voilier en bois  vernis que je rêve de faire naviguer sur le grand bassin du Parc de Galland.
Je me sentais encore un enfant, malgrè un fin duvet qui commencait à orner ma lèvre supérieure. Comme d'habitude, je marche à pas rapides, je connais le trajet par coeur mais ces sacrées chaussettes hautes dont ma mère s'obstine à me munir, glissent tout le temps,
malgrès les élastiques qui me coupent les jambes: et comme un héron en équilibre sur une patte, je dois les remonter l'une après l'autre tous les cent pas. La rue d'Isly ombragée par les ficus taillés en brosse est bruyante et sur les trottoirs se melent les poussettes de mères précautionneuses, les flanneurs âgés, les acheteurs en quête de bonnes affaires.
Je voyais déjà se détacher au loin ce qui aurait pu sembler être un Musée ou une Mosquée, orsque vint à moi une apparition gracieuse, un visage fin aux yeux noirs soulignés de bleu pastel, un voile brodé d'or transparent cachant à peine des joues maquillées. Je dus me retourner  sur cette apparition fugitive, et ne vis que le dos d'une silhouette altière, chaussée de talons hauts et d'un bracelet d'argent à une cheville fine, qui laissa dans son sillon une mystérieuse odeur de musc. Je restais sur place, tout surpris par cette image comme sortie d'une page des Mille et Une Nuits, et une bouffée de chaleur empourpra mes joues .....
Je continuais ma promenade comme un automate, mais le rayon de jouets brusquement ne m'intérressait plus, occupé seulement à conserver vivante cette vision merveilleuse. C'était pour moi tout le mystère de l'Orient qui se révélait en un éclair dans cette  beauté orientale :et après tout, bien au fond de la rue d'Isly, la Casbah n'était pas si lointaine, mais je n'osais m'y aventurer dans ses secrets qu'en rêve..Après tant d'années, j'envie encore ces peintres de l'Ecole Abdel-Tiff qui ont peut-être eu cette jeune femme comme modèle de leur odalisque..     


Sur le nouveau Musée ,deux autres articles locaux :

http://www.dzira.com/actualites/article-6117.htm

http://www.algerie-dz.com/forums/showthread.php?t=64598

 
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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 19:07

Aujourd'hui,Journée du Souvenir de l'Holocauste,décrétée par les Nations Unies.
Une occasion pour les barbares de vetir d'une écharpe palestinienne,Anna Frank .
La pieuvre nazie a de multiples tentacules.


 
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 15:50
L'Obscurité n'est jamais complète,il existe toujours un fanal qui indique la bonne direction.
Boualem Sansal est l'un d'eux , et il m'a redonné l'espoir de jours meilleurs en peignant  la situation tragique de l'Algérie actuelle ,en semant la vérité à tout vent.
J'avoue qu'un peu perdu dans une actualité brulante,j'ai  eu la chance de lire sur le journal israélien en hébreu."Haaretz" ( "La Terre" ) la transcription d'une communication, téléphonique (hélas) entre sa journaliste et l'Ecrivain Algérien francophone Boualem Sansal .Je vais essayer de traduire ce court entretien extrèmement intéressant d'un homme libre qui ne craint pas pour sa vie.
*Si les Islamistes fondamentalistes en venaient à arriver au pouvoir,celui-ci deviendrait semblable au régime nazi,déclare l'écrivain algérien dont les oeuvres viennent d'etre interdites a la publication en Algérie,mais sont éditées en France. Avec ses nombreus prix littéraires Boualem Sansal
 de nouveau provoque des remous dans les milieux intellectuels chaque jour.Dans cette communication téléphonique Boualem Sansal n'ignore pas les dangers pour sa vie
 
:Un Homme comme moi se doit de rester dans sa Patrie,meme si celà déjà n'est plus efficace 
Pto / GettyImages
  Téléphonant  à Alger,la ligne est perturbée,et souvent des conversations s'embrouillent
 et on peut penser surement  que sa ligne est sur table d'écoute,car on l'enregistre sans cesse, de la part de la Censure gouvernementale mais aussi des Islamistes.La conversation devient familière.  C'est un homme charmant et sincère qui montre de l'intéret en tout ce qui concerne Israel

Mais voici un  article plus détaillé sur ce déjà célèbre écrivain algérien de langue française à un journal de métropole ..
Mais avant  voyez ce  timbre,année d'émission 1976,pour célébrer le soutien de l'Algérie à la palestine.
Notez que le drapeau palestinien recouvre toute la région comprise entre la mer et la Cisjordanie.
Israel est rayé de la carte,car le but depuis 1948 est d'évincer l'Etat Hébreu de la région pour y installer à la place un état palestinien fanatique .Rien d'étonnant,déjà par deux fois,en 1967 (Guerre des Six Jours) et en  1973 ( la longue et meurtrière Guerre du Kippour ),l'Algérie se vante d'avoir  envoyé ses troupes terrestres et aériennes pour participer (mais en vain) à l'hallali contre Israel.






Extrait de "bibliobs".

Par Grégoire Leménager

Alors qu'il publie «le Village de l'Allemand», le grand romancier algérien s'explique ici sur les liens entre hitlérisme et islamisme, la politique de Bouteflika et les choix diplomatiques de Sarkozy. Ce qu'il dit est terrible
En exergue, un mot du narrateur annonce la couleur du livre. Noire, très noire: «il y a des parallèles dangereux qui pourraient me valoir des ennuis». Ce n'est pas une coquetterie. Il n'y en a jamais chez Boualem Sansal. Dans son cinquième roman, deux frères d'origine algérienne tiennent leur journal. Ils vivent en France, banlieue parisienne, et apprennent avec horreur la destinée de leur père: Hans Schiller, héros du FLN, était officier SS; il vient de finir ses jours au bled, égorgé par le GIA.
Pour son fils aîné, l'histoire des camps d'extermination se découvre dans son insupportable singularité, et s'inscrit dans sa chair, jusqu'à la folie. Pour le cadet, directement confronté à la «talibanisation» de sa cité, l'équation entre nazisme et islamisme s'impose avec cette certitude: «l'imam de la tour 17, il faut lui couper le sifflet». Entre leurs deux voix alternées, Sansal fraie la sienne, subtile mais ferme, qui dans une intrigue serrée noue sans faiblir les questions les plus brûlantes: banlieues, Algérie, nazisme, fanatisme... Servi par tant de talent, son courage force l'admiration. «Le Village de l'Allemand» est un coup de poing dans le gras de nos plus rassurantes illusions: la fin de l'histoire n'a pas eu lieu.
Note de Georges :après la défaite nazie,nombreux furent les  officiers allemands qui trouvèrent refuge dans les pays arabes.Spécialement chez Nasser qui employa 6000 de ces spécialistes de la Gestapo pour encadrer sa police intérieure et faire la chasse aux juifs égyptiens.La Syrie elle reçut à bras ouverts le sinistre Alois Bruner . Pas un ne fut extradé ,et tous accomplirent une carrière sanglante  qui commença sous les ordres d'Hitler et se termina sous ceux des Dictateurs du Moyen-Orient .
.Le Nouvel Observateur - Ce qui donne son titre au roman, c'est la destinée d'un criminel de guerre nazi, ancien SS qui a trouvé refuge en Algérie, où il est devenu un héros de la guerre d'indépendance en formant des combattants du FLN... S'agit-il d'une histoire vraie? Comment est né ce roman?
 
Boualem Sansal
©C. Hélie Gallimard
Boualem Sansal. - «Le village de l'Allemand» est né d'une histoire vraie et d'un déluge de questions. Un jour, au début des années 1980, alors que j'étais en déplacement professionnel à l'intérieur du pays (dans la région de Sétif), je me suis arrêté dans un village (Aïn Deb, dans le roman), attiré par son «look» exotique. Il ne faisait pas couleur locale, il avait un petit air d'ailleurs. J'y ai pris un café et en arrivant à destination, j'ai questionné les personnes qui m'attendaient. J'avais à peine fini de dire «En venant chez vous, je suis tombé sur un drôle de village qui m'a fait pensé au village d'Astérix le Gaulois...» qu'on s'exclama fièrement: «Ah! le village de l'Allemand». On m'expliqua que ce village était «gouverné» par un Allemand, ancien officier SS, ancien moudjahid, naturalisé algérien et converti à l'islam. Dans la région, on le regardait comme un héros, un saint homme qui avait beaucoup fait pour le village et ses habitants. J'ai senti chez mes interlocuteurs une réelle admiration à l'évocation de son passé nazi, ce qui n'était pas pour me surprendre: la geste hitlérienne a toujours eu ses sympathisants en Algérie, comme d'ailleurs dans beaucoup de pays arabes et musulmans, et sans doute plus aujourd'hui en raison du conflit israélo-palestinien et de la guerre d'Irak. Avec quelque emphase pour bien m'éblouir, on m'expliqua que cet Allemand avait été envoyé par Nasser comme expert auprès de l'état-major de l'ALN et qu'après l'indépendance il avait enseigné dans la prestigieuse académie militaire de Cherchell. C'était en effet quelqu'un. J'avais voulu retourner au village et voir cet homme de près mais le temps m'avait manqué.
Depuis, j'ai souvent pensé à cette histoire. Je lui trouvais beaucoup d'aspects intéressants: le côté aventureux et romantique de cet Européen venu se battre pour l'indépendance de l'Algérie, sa retraite dans un village du bout du monde, sa conversion à l'islam, l'ascendant sympathique qu'il a pris sur ses habitants. Il y avait aussi le côté noir, celui de l'officier SS ayant servi dans les camps d'extermination.

N.O. - Comment cet aspect-là pouvait-il être occulté?
B. Sansal. - En y pensant, je me suis avisé de quelque chose que je savais mais sans lui avoir jamais accordé plus d'importance que cela: la Shoah était totalement passée sous silence en Algérie, sinon présentée comme une sordide invention des Juifs. Ce constat m'avait choqué. Le fait est que jamais, à ce jour, la télévision algérienne n'a passé de film ou de documentaire sur le sujet, jamais un responsable n'en a soufflé mot, jamais, à ma connaissance, un intellectuel n'a écrit sur le thème. C'est d'autant plus incompréhensible que nous avons fait de notre drame durant la guerre d'Algérie, l'alpha et l'oméga de la conscience nationale. Je pense qu'à ce titre nous aurions également dû nous intéresser aux drames qui ont frappé les autres peuples, partout dans le monde. Il me semble qu'on ne peut avoir pleine conscience de sa tragédie et s'en trouver plus fort que si on considère aussi celles des autres. Quelle autre façon avons-nous de situer son histoire dans l'histoire humaine une et indivisible? Ne pas le faire, c'est quelque part mépriser sa propre histoire, c'est privatiser quelque chose qui appartient à l'humanité, pour en faire, par glissement naturel ou par calcul, au mieux une épopée que chacun peut agrémenter selon ses besoins, au pire un manuel de lavage de cerveau. En Algérie, au demeurant, on a réussi à faire les deux: une merveilleuse épopée en mouvement perpétuel et un abominable manuel de décérébration massive. Je me demande comment nous pourrions un jour sortir de ce double sortilège.
 
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N.O. - Pour reprendre le titre d'un livre paru en 1990, votre roman propose en somme une nouvelle vision, extrêmement sombre, des rapports entre «le croissant et la croix gammée» (1). D'autant qu'à l'arrière-plan se profile le rôle des services secrets égyptiens de Nasser... Ce passé-là en tout cas, volontiers méconnu - sinon occulté, nous entraîne très loin des visions manichéennes de la décolonisation qui ont souvent cours. N'est-ce pas une nouvelle façon pour vous de déconstruire l'histoire de la libération nationale en Algérie (dont vous avez déjà dénoncé les mythes, notamment dans «Poste restante: Alger»)?
 
Boualem Sansal. - Quand j'ai décidé de faire de l'histoire de cet Allemand la trame d'un roman, je me suis retrouvé avec beaucoup de questions sans réponses. Je n'ai hélas pas pu me rendre dans ce village pour mener enquête. Tant de choses ont changé en Algérie depuis le début des années 1980 qu'il m'est vite apparu inutile de m'y rendre. Durant la «décennie noire», tout déplacement était suicidaire, le pays était sous contrôle des GIA. Et plus tard, alors que la sécurité sur les routes s'était améliorée, j'y ai renoncé, je me suis dit que le village était au mieux sous la coupe d'un notable issu de l'Alliance présidentielle, donc livré à la gabegie et à la corruption, au pire sous la férule d'un émir «résiduel» du GIA et que toute trace de cet Allemand avait dû être effacée. J'ai recueilli quelques dires ici et là, et puisé dans les livres pour reconstituer la possible trajectoire de cet homme, et d'une manière générale de ces criminels de guerre nazis qui se sont réfugiés dans les pays arabes.
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Pour retrouver Boualem Sansal dans l'émission d'actualité littéraire de CanalObs.tv, cliquez ici
En avançant dans mes recherches sur l'Allemagne nazie et la Shoah, j'avais de plus en plus le sentiment d'une similitude entre le nazisme et l'ordre qui prévaut en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans et arabes. On retrouve les mêmes ingrédients et on sait combien ils sont puissants. En Allemagne ils ont réussi à faire d'un peuple cultivé une secte bornée au service de l'Extermination; en Algérie, ils ont conduit à une guerre civile qui a atteint les sommets de l'horreur, et encore nous ne savons pas tout. Les ingrédients sont les mêmes ici et là: parti unique, militarisation du pays, lavage de cerveau, falsification de l'histoire, exaltation de la race, vision manichéenne du monde, tendance à la victimisation, affirmation constante de l'existence d'un complot contre la nation (Israël, l'Amérique et la France sont tour à tour sollicités par le pouvoir algérien quand il est aux abois, et parfois, le voisin marocain), xénophobie, racisme et antisémitisme érigés en dogmes, culte du héros et du martyre, glorification du Guide suprême, omniprésence de la police et de ses indics, discours enflammés, organisations de masses disciplinées, grands rassemblements, matraquage religieux, propagande incessante, généralisation d'une langue de bois mortelle pour la pensée, projets pharaoniques qui exaltent le sentiment de puissance (ex: la 3ème plus grande mosquée du monde que Bouteflika va construire à Alger alors que le pays compte déjà plus de minarets que d'écoles), agression verbale contre les autres pays à propos de tout et de rien, vieux mythes remis à la mode du jour.... Fortes de cela, les dictatures des pays arabes et musulmans se tiennent bien et ne font que forcir. Plus que mille discours, cinq petits jours de Kadhafi à Paris ont suffi pour édifier les Français sur la nature de nos raïs. Ah, quelle morgue, ce Kadhafi! Maintenant, ils peuvent comprendre ce que nous subissons tous les jours qu'Allah nous donne à vivre sous leurs bottes.
 
N.O. - Mais ce que raconte votre roman, c'est surtout la découverte du nazisme lui-même, aujourd'hui, par les deux fils de l'Allemand devenu Algérien. Pour eux, qui vivent dans une cité de la banlieue parisienne, cette découverte est un traumatisme. La question de la transmission de cet insupportable héritage est ainsi au cœur du livre - notamment à travers le texte de Primo Levi qui s'y trouve cité. Est-ce une question qui vous hante directement? S'agit-il de lutter contre une forme de négationnisme ambiant?
Boualem Sansal. - Je me pose souvent la question: comment réagiront nos jeunes le jour où ils ouvriront les yeux et que tomberont les certitudes débilitantes qui ont été leur pain, leur lait et leur miel quotidiens depuis la prime enfance. On imagine le chaos. Ils devront repenser tout ce qui leur a été inculqué: religion, identité, histoire, société, Etat, monde. Je me dis avec tristesse qu'ils ne pourront pas mener ce travail de reconstruction et que probablement ils ne trouveront personne pour les aider. Les vieux auront aussi à se refaire. C'est parce que leurs yeux se sont quelque peu décillés au début des années 1980 sur l'impasse dans laquelle le FLN avait mis le pays, que les jeunes Algériens ont massivement rejoint le FIS et les groupes armés. Ils avaient besoin d'autres certitudes, c'était urgent. Vers quoi iront-ils maintenant qu'ils ont compris que l'islamisme ne payait que par la mort et que la voie de l'émigration leur était fermée? J'ai voulu m'engager dans cette problématique, le choc de la vérité, et j'ai choisi de le faire d'une manière à la fois positive, façon de ne pas insulter l'avenir et croire que nos jeunes sauront trouver une issue (comme Malrich, l'enfant des banlieues) et dramatique comme pour Rachel que la révélation de ce que fut le passé de son père a mené au suicide. Je ne sais pas si l'Allemand de Aïn Deb avait des enfants. Je lui en ai donné deux, Rachel et Malrich, et je les ai brutalement mis devant le passé de leur père. Ils ne sont pas réels mais je m'en suis voulu pour la douleur que je leur ai infligé.
Devant ces révélations, se pose la terrible question: sommes-nous comptables des crimes commis par nos parents, d'une manière générale par le peuple auquel nous appartenons? Oui, cette question me hante et je n'ai pas de réponse. Je me dis que nous ne sommes responsables de rien mais en tant qu'héritiers, le problème nous échoit, nous n'y pouvons rien. Je me dis que nous n'avons à faire ni repentance ni excuse mais en tant qu'héritiers le problème nous échoit. Il n'y a pas de réponse mais il y a peut-être une solution: que les enfants des victimes et ceux des coupables se rencontrent et se parlent, autour d'une histoire qu'ils écriront eux-mêmes. Ensemble, de cette façon, ils éviteront peut-être le manichéisme que naturellement les acteurs de la tragédie portent en eux. N'est-ce pas d'ailleurs ce que nous faisons depuis que le monde est monde?
 
Boualem Sansal
© C. Hélie Gallimard
 

N.O. - Votre Ministre des Anciens combattants a récemment déclaré que Nicolas Sarkozy devait son élection, en France, à l'appui d'un «lobby juif». Faut-il y voir une sorte de résurgence - ou de symptôme - du passé qu'évoque votre roman? Et que pensez-vous de la façon dont Sarkozy a réagi à cette provocation? De son attitude, en général, vis-à-vis des dirigeants algériens et sur les relations franco-algérienne?
Boualem Sansal. - N'était la réaction française qui a éveillé notre attention, les propos scandaleusement antisémites d'un de nos ministres, comme ceux du chef du gouvernement contre Enrico Macias, seraient passés inaperçus chez nous. Il faut le savoir, nos oreilles sont saturées, nous n'écoutons jamais les insanités de nos sinistres gouvernants. De Ben Bella à Bouteflika, c'est le même discours de haine, enseigné dans nos écoles et nos mosquées, relayé et amplifié par la télévision et les officines de la propagande.
Je trouve que Sarkozy a été pusillanime, il aurait dû différer sa venue, et demander officiellement à Bouteflika de désavouer publiquement son ministre. Il aurait dû maintenir Macias dans sa délégation. Sarko et sa délégation étaient les invités de l'Algérie, pas seulement de M. Bouteflika.
Sarko et Boutef qui se donnaient allègrement du «Mon ami Abdelaziz» par-ci, «Mon ami Nicolas» par-là, n'ont pas été au bout de leur soudaine amitié. Pour nous, la chose est sacrée: L'ami de mon ami est mon ami. En foi de quoi, Macias, l'ami de Sarko, aurait dû, obligatoirement, trouver sa place dans le cœur de Boutef. Je ne me souviens pas, soit dit en passant, que celui-ci ait été mis devant pareil et inutile affront lorsqu'il est allé en France, à l'invitation de Chirac. Au contraire, il eu droit au grand jeu, Parlement, Champs-Élysées, petits fours et tutti quanti. En se dérobant, Sarko lui a donné quitus de son insulte (car nul ne doute qu'il ne soit derrière les déclarations de son ministre), il l'a même encouragé à récidiver et pour nous qui espérions voir les relations algéro-françaises enfin se tourner vers l'avenir et nous apporter un peu d'air et de progrès, c'est décevant.

N.O. - Ce qui frappe de plein fouet à la lecture, ce qui est très violent dans votre roman, c'est évidemment le jeu de miroir entre le nazisme d'hier et l'islamisme d'aujourd'hui. Le journal de Rachel insiste sur la spécificité de l'Extermination. Mais son frère Malrich, qui perçoit l'imam de sa cité comme un SS, va jusqu'à écrire: «quand je vois ce que les islamistes font chez nous et ailleurs, je me dis qu'ils dépasseront les nazis si un jour ils ont le pouvoir». Dans quelle mesure partagez-vous ce point de vue?
Boualem Sansal. - Nous vivons sous un régime national-islamiste et dans un environnement marqué par le terrorisme, nous voyons bien que la frontière entre islamisme et nazisme est mince. L'Algérie est perçue par ses enfants eux-mêmes comme une «prison à ciel ouvert», disent les uns, et comme «un camp de concentration», disent les autres qui meurent à petit feu dans les cités. On ne se sent pas seulement prisonniers de murs et de frontières étanches, mais d'un ordre ténébreux et violent qui ne laisse pas même place au rêve. Nos jeunes ne pensent qu'à se jeter à la mer pour rejoindre des terres clémentes. Ils ont un slogan qu'ils répètent à longueur de journée en regardant la mer: «Mourir ailleurs plutôt que vivre ici». Les Harragas (les brûleurs de routes) avant d'être des émigrés clandestins sont des prisonniers évadés. Ils devraient être accueillis en tant que tels et non comme des hors-la-loi que l'on punit de la manière la plus cruelle: en les renvoyant au pays.

N.O. - En ce qui concerne la menace islamiste, plusieurs événements récents donnent hélas raison à l'inquiétude et à la noirceur qui imprègnent votre roman: les attentats qui viennent de se produire à Alger, par exemple. Des voix s'élèvent pour mettre en cause la responsabilité de la politique de «Réconciliation nationale» menée par le président Bouteflika. Est-ce aussi votre avis? Entre l'épisode sanglant des villageois égorgés par le GIA en 1994 - que l'on trouve dans votre livre - et ces attentats-suicides orchestrés par Al-Qaïda, quelle évolution voyez-vous se dessiner?
Boualem Sansal. - La «Charte pour la Réconciliation nationale» de M. Bouteflika n'est pas un moyen de rétablir la paix et ce qui va avec, la justice, la vérité, la démocratie, la culture, la prospérité. Elle est un anneau de plus à la chaîne totalitaire que le régime du FLN a déroulée sur le pays depuis l'indépendance. Elle ne dit rien d'autre que cela: «Réconciliez-vous autour de moi, Bouteflika, que les islamistes cultivent leur champ et que les démocrates et les laïcs cultivent le leur, l'Algérie est riche pour tous». Nous avions une Algérie qui se battait pour la liberté, nous voilà avec deux Algérie séparées par un fossé plein de sang et d'amertume. En vérité, la Réconciliation avait un autre objectif: couvrir les chefs de l'Armée et des Services secrets coupables de crimes massifs durant la «décennie noire», redorer le blason du régime, apporter une pièce maîtresse au dossier de M. Bouteflika qui rêve d'être couronné Nobel de la Paix.
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Le Dr. Saïd Saadi, chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a récemment déclaré que l'Algérie était en voie d'«irakisation». Je partage ce point de vue. Tant que le régime sera là, le désordre ira croissant. Comme elle le fut dans les premières années de son indépendance, une terre d'expérimentation où tous les vendeurs d'utopies dans le monde venaient proposer leurs recettes-miracles, l'Algérie sera, comme l'Irak, un terrain où viendront s'affronter toutes les factions et toutes les mafias du monde. El-Qaïda l'a bien compris, elle y a installé une succursale. Hier, c'était les Frères Musulmans, puis les Afghans, aujourd'hui, c'est la nébuleuse El-Qaïda et demain, on rebattra les cartes et de nouveaux acteurs apparaîtront. Le système corrompu et nauséabond du FLN est ainsi, il attire les mouches. Le barrage à cela est une démocratie insérée dans l'ensemble maghrébin et l'Union méditerranéenne.

N.O. - Comment lutter contre cette menace terroriste? Votre livre pose à de nombreuses reprises la question, mais n'apporte guère de réponse... Quel rôle peuvent jouer les démocraties occidentales? La façon dont Sarkozy vient de recevoir Kadhafi est-elle, comme il le dit, une voie possible pour encourager la démocratie face à l'islamisme?
Boualem Sansal. - Avec des régimes comme ceux de Bouteflika et Kadhafi, les démocraties occidentales ne peuvent pas grand-chose. Tout ce qu'elles diront et feront sera retourné contres elles et contre nous. Nos leaders sont de redoutables tennismen. Ils connaissent tous les coups pour détruire les balles en vol. Comme d'habitude, ils se dresseront sur leurs ergots et crieront : ingérence, colonialisme, néocolonialisme, impérialisme, atteinte à nos valeurs islamiques, lobby juif, etc!
La menace terroriste ne les gêne pas plus que ça. En tout cas, ils veulent la gérer selon leurs vues et besoins tactiques, loin du regard étranger. «Le terrorisme reste à définir», disait Kadhafi en Espagne. Bouteflika avait dit une chose similaire. La menace terroriste est pour eux pain béni, elle leur permet de maintenir la société sous étroite surveillance et ridiculiser ses prétentions démocratiques, toujours présentées comme susurrées par l'Occident dans le but d'affaiblir nos valeurs nationales.
La méthode Sarkozy est peut-être une voie. En recevant les dictateurs, en travaillant avec eux, on les légitime, certes, mais peu à peu on les déshabille, on les montre sous leur vrai jour, on les implique dans des projets communs. Ne se sentant plus menacés par les discours de l'Occident sur les droits de l'homme, ils pourraient avancer sur la voie de la normalité (je le dis sans trop y croire). La méthode implique que dans nos pays, la société civile et les partis politiques se mobilisent pour accentuer la pression interne. Quoi qu'il en soit, il est trop tôt pour juger de l'efficacité de la méthode Sarko. J'aurais quand même préféré qu'il reçoive Kadhafi dans la discrétion, ce richissime bandit ne méritait pas tant d'égards.

N. O. - Qui peut agir alors?
Boualem Sansal. - La lutte contre l'islamisme, matrice du terrorisme, réclame un engagement des musulmans et de leurs théologiens. Il leur revient de sauver leur religion et de la réconcilier avec la modernité, faute de quoi l'islam finira par n'être plus que l'islamisme. Mais le danger dans les pays arabes et musulmans est tel qu'aucun théologien n'ose entreprendre ce nécessaire travail d'ijtihad. Et les intellectuels qui s'y emploient avec talent dans les démocraties occidentales (Soheib Bencheikh, Malek Chebel, Mohamed Arkoun, Abdelwahab Meddeb...) ne sont guère entendus dans nos pays. Mon humble avis est que l'islam a déjà trop pâti de l'islamisme et du nationalisme arabo-musulman, je ne vois pas comment il pourrait reprendre le chemin des Lumières qui jadis fut le sien.

N. O. - L'islamisation de certaines cités de banlieue, en France, est également au cœur du livre: non seulement on y «fabrique» des talibans, mais c'est un véritable état (totalitaire) dans l'état (républicain) qui se dessine. Un état avec ses lois et son impôt: «la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée», prophétise Malrich. Pire, il la compare à un «camp de concentration», dont les habitants, en proie au désœuvrement, seraient sous l'autorité tyrannique de l'imam leurs propres «kapos». Là-encore, ce diagnostic extrêmement radical (du personnage) vous semble-t-il justifié? N'est-il pas quelque peu caricatural? Et si non, sur quels éléments vous fondez-vous?
Boualem Sansal. - Le diagnostic de Malrich n'est pas exagéré. C'est la triste réalité. Dans nos pays, les cités populaires abandonnées par l'Etat à la misère, au banditisme et à l'islamisme sont déjà des camps de concentration. Certaines banlieues françaises sont de la même manière sous la coupe des gangs mafieux et islamistes, en connexion avec les gangs d'Algérie et les réseaux salafistes d'El-Qaïda dans le monde. Le journaliste Mohamed Sifaoui, à travers ses enquêtes sur le terrain et ses documentaires, en a apporté la preuve. Moi-même, au cours de mes déplacements en France, j'ai eu l'occasion de le constater et de l'entendre de la bouche même des habitants de ces cités.

N.O. - Le seul remède indiqué par votre roman, ici encore dans la filiation de Primo Levi, c'est l'usage de la parole, le souci de dire la vérité contre l'oubli, le mensonge, le silence. Pensez-vous que l'écriture peut être une arme politique? Au moment du 11 septembre 2001, vous aviez été l'un des rares et tout premiers intellectuels de culture musulmane à dénoncer le fanatisme. Vous sentez-vous moins seul aujourd'hui?
 
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Boualem Sansal. - Le Verbe est tout. Il peut tuer et ressusciter. Je ne me situe évidemment pas à ce niveau. J'écris pour parler, parler à des gens, des frères, des amis, des passants tranquilles, et même, s'ils le veulent bien, à ceux qui rêvent de détruire l'humanité et la planète.
 
Ce sont les lecteurs qui font des livres une arme politique. Plus ils sont nombreux et plus ils sont forts, ils peuvent s'associer, crier, brandir le poing et chasser ceux qui nous font du mal avec leur fanatisme, leurs mensonges, leurs rapines, leurs crimes.
Le 11 septembre a été pour nous tous un choc terrible. Ce jour, nous avons commencé à comprendre que l'islamisme était dans une démarche autrement plus radicale que celle que nous lui attribuions: lutter contre les tyrans en terres d'islam et instaurer la charia. Sa véritable démarche est l'extermination de l'autre, le croisé, le Juif, l'athée, le musulman laïc, la femme libre, le démocrate, l'homosexuel, etc (la liste ne cesse de s'allonger). Il n'est limité dans son projet que par l'absence entre ses mains d'armes de destruction massive. Devant une telle folie, la mobilisation a été bien timorée. Pire, ici et là, on a composé avec lui, on lui a fait des concessions (voile islamique, gestion des mosquées, éducation, prêches à la télé, fermeture des écoles enseignant en français...), on lui a abandonné des zones entières (des villes et des banlieues) et très peu aujourd'hui osent aborder frontalement la question de l'islamisme, encore moins celle de l'islam, otage de l'islamisme. En Algérie, en application de la «Réconciliation», ce mot, comme celui de terroriste et beaucoup d'autres, ont tout simplement disparu du vocabulaire des officiels. On parle «d'égarés manipulés par la main de l'étranger». On revient toujours au complot contre la nation algérienne.

N.O. - En exergue, le narrateur principal indique que le livre contient «des parallèles dangereux qui pourraient [lui] valoir des ennuis». Ne craignez-vous pas vous-même d'en avoir? Vous avez dû quitter vos fonctions dans l'administration en 2003. Et votre dernier livre [«Poste restante : Alger»] a été interdit en Algérie en 2006. Pensez-vous que celui-ci sera autorisé? Et pourquoi, au fond, restez-vous en Algérie, là où beaucoup ont préféré l'exil?
Boualem Sansal. - Les censeurs sont légions dans nos pays et ils sont très vigilants. Ils traquent le mot, la virgule, l'attitude. «Poste restante Alger» a été interdit avant même d'arriver en Algérie. «Le Village de l'Allemand» le sera certainement. Comme il touche à plusieurs thèmes sensibles, je m'attends à un déluge de tirs croisés. Je le dis comme ça dans le but de provoquer une réaction inverse: un grand silence méprisant. C'est le mieux qui puisse arriver. Nos censeurs sont toujours très dangereux quand ils s'intéressent à quelqu'un.
Comme beaucoup d'Algériens, les jeunes et les moins jeunes, je suis constamment taraudé par l'envie de «m'évader» du camp. Et toujours, au moment de ramasser mon baluchon et de prendre la clé des champs, je me dis que, après tout il est plus intelligent de détruire le camp, une pièce rapportée, que de fuir le pays. L'Algérie est un beau et grand pays, il vient de loin, il a une longue et passionnante histoire, ayant fricoté de près avec tous les peuples de la Méditerranée, il n'est pas né avec le FLN, il n'a rien à voir avec sa culture, ses camps, ses apparatchiks et ses kapos, un jour il reprendra sa route sous le soleil et sa terre reverdira. J'aimerais être là pour le voir.
Propos recueillis par Grégoire Leménager
«Le Village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller», par Boualem Sansal, Gallimard, 256 p., 20 euros.
 
 
Boualem Sansal
© C. Hélie Gallimard
Né en 1949, Boualem Sansal vit près d'Alger* . Il est l'auteur de plusieurs romans, dont «le Serment des barbares» (1999) et «Harraga» (2005). Haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie, il a été congédié en 2003.
09/01/2008
* Plus exactement à Boumerdès,l'ex Rocher-Noir,de sinistre souvenance..

En conclusion on ne peut que souhaiter que Dieu protège Baoualem Sansal dans sa carrière courageuse, ainsi que ses semblables muselés.
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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 15:36
              J'aurai pu intituler ainsi cet hommage à l'artiste :"De la Nature et des Hommes"

                                                                  Buste de Réuven Rubin
                                                                      ( Rubin Zeilicovici)
                                           né en 1893 en Roumanie,décédé en Israel en 1974   

Ces journées de Janvier 2008 sont en Israel étrangement et magnifiquement ensoleillées,avec un air très froid et sec que nous envoie la Russie : un temps idéal pour se promener à pas rapides .Alors les miens me conduisent rue Bialik,au coeur de l'ancien Tel-Aviv, d'abord parceque les maisons qui la bordent sont du style Bauhaus,une architecture apportée de Berlin de l'Ecole Gropius par les  juifs allemands à la montée du nazisme. Elle se caractérise par des constructions blanches  peu étagées,avec une verrière qui éclaire la cage d'escalier sur toute sa hauteur,et de  larges balcons envellopants qui font ressembler ces maisons à une passerelle du Normandie .En bref ,elles sont baties à l'échelle humaine et on y flane sans l'impression d'etre écrasé par l'ombre des  modernes tours des autres quartiers.A leur entrée il y a souvent un coin de verdure où se réchauffent des chats blottis les uns contre les autres,qui ont  l'air heureux des repus gràce à la générosité d'une association qui les nourrit et dispose aussi des soucoupes d'eau claire..Quelle chance que d'etre chat à Tel-Aviv...Et aussi d'etre pigeons qui ne les craignent pas et meme se font un plaisir gourmand de finir les miettes laissées apres la visite féline.Et puis ,tout au bout de la rue miroite le  bleu clair de la  Méditerranée striée par des amateurs de  planche à voile au sang chaud ! Mais à force de rever devant ce paysage vivifiant,j'ai failli dépasser le but de ma promenade : une visite au Musée Réuven Rubin. (Prononcez "Rubine"). Dans cette maison à trois étages ,au 14 de la rue Bialik* ce peintre a habité avec sa famille et en avait fait son atelier d'artiste. Rubin en 1912 émigra à Jérusalem pour y étudier à l'Ecole des Beaux-Arts Bézalel, puis voyagea à Paris où il fréquenta les plus célèbres contemporains de l'Ecole de Paris..En 1920 il peigna  des oeuvres naives rappelant le style du Douanier Rousseau...Dans les années 1930 établit son studio à Tel-Aviv..Il  éternisat avec son pinceau les campagnes et ses habitants juifs et arabes en utilisant la généreuse lumière méditerranéene .Ses tableaux accompagnent l'évolution d'une jeunesse pionnière de la nouvelle génération hébraique.

"Réuven Rubin ne voit autour de lui que lumière. “Ici même l’ombre est lumineuse“ aime-t-il à dire ; “tout est brillant, plein de lumière et paisible !“.“Marron, jaune, gris et noir !“ : ces quatre couleurs définissent pour lui, en 1920, dans ce Tel-Aviv surgi au milieu des dunes, la Palestine d’alors. Dans le même temps, commencent déjà à s’accumuler dans son atelier, les toiles qui feront de lui l’un des maîtres de la peinture israélienne contemporaine."
(Catherine Beckman")

"Je peints ceux que j'aime,mon peuple,ma famille,mon pays.Peindre c'est comme chanter,et chaque artiste doit faire entendre sa voix" ,écrit-il. Rubin avait à peine 19 ans quand il réunit ses derniers sous pour monter en Terre Promise après un voyage aux imprévus picardesques..
Tel-Aviv était alors un petit village isolé dans les sables
.Et lorsque il regarda ces petits cubes blancs serrés contre la mer,il décida de lier son destin avec ce pays.Son exceptionnelle imagination poétique et son don pour la fantaisie ne s'exprimèrent jamais mieux que dans ses tableaux de campagne de Galilée ou de Jérusalem.Il écrivit dans un journal en 1926:
" A Jérusalem,Tel-Aviv, Haifa ou Tibériade ,je me suis sentis renaitre .La  Vie et la Nature sont miennes. Dissipés sont les nuages gris de l'Europe et mes souffrances aussi. Tout ici est baigné dans la splendeur du soleil,dans la lumière vive,dans le bonheur de la création,juste comme le désert fleurit sous la main du pionnier.."

                                                                        " En Famille"



                                                                         " Les Fiancés "
                                Non,vous ne vous trompez pas,l'imagination fabuleuse de Rubin
                                   lui fait peindre un agneau tout de douceur à la place du chien.



                                                                "Le premier soir de Paques"
                                                                   ( Le Seder de Pessah)

 Famille et amis assis autour de la table où repose la galette (matza) de farine cuite à l'eau sans     levain,pour rappeler le départ précipité d'Egypte;un pichet de vin pour sanctifier et le plateau traditionnel qui contient les herbes amères  pour les prières lors de la lecture de 
"La Haggadah"  qui raconte la sortie d'Egypte,la traversée de la Mer Rouge,l'arrivée au pays de Canaan.....


                                                             
                                                        
                                                                      
                                                                         Le vieux Port de Jaffa
                                     
                                                                            Les Fruits de la Terre
                                                                                  ( tryptique)

                                                                           
                                                                            Le Berger
                                                                            (tryptique)


                                                                       Sérénité-La Bédouine
                                                                               (tryptique)





                                                                            Sophie
                                             Jeune femme du quartier juif de Boukhara
                                                    dans la vieille ville de Jérusalem



                                                              Sur la route de Jérusalem
 
                                      

                                                                   En vue de Jérusalem


                                       Fenetre ouverte,le vent s'engouffre dans les rideaux


                                                                     L'Echelle de Jacob


                                                                   La Madone des sans-logis
                                                                          
                                                                      Le Vieux puit
                                 ( La Noria qui remonte l'eau est  actionnée par un dromadaire ).
                                                                            L'Oliveraie
                                                                  ( La cueillette des olives )
                                                 
                     " Les Cyclamens "

                         (En hébreu : "Rakafotes";elles tapissent le sol des forets de Jérusalem )


                                                                        Auto-portrait à 70 ans
        

                                                                      Les Grenades

                                                                            
                                                                                Quartet

      
                                                                        Le Coq Bleu


                                                                  Le Pigeon de la Paix

Ce n'est pas par hasard que se termine cette brève galerie avec ce tableau merveilleux par ses couleurs,mais aussi par son message pacifique .Je sors de cette exposition plein d'optimisme et aussi un peu jaloux de ce peintre qui a eu la chance d'avoir vécu l'Histoire de l'Etat d' Israel  et a consacré son art uniquement à l'amour de la Nature et des Hommes de cette région.

Ces reproductions sont extraites du remarquable site du Musée Rubin.
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 19:52
Je me souviens enfant d'une plaisanterie de cour de récréation sur mon camarade de classe Bastelica racontant que les Corses  travaillaient tous les jours,sauf  évidement  le Samedi, le Dimanche,...et les jours..en "i".
Mais ce que j'ai vraiment retenu de mon école primaire c'est le récit de l'écrivain Prosper Mérimée,"Mateo Falcone",dont je relisais anxieusement le fameux passage des soldats piquant de leurs baionnettes la paille à la recherche du fugitif, tout en plantant mes dents dans une tartine à la confiture. Ces deux conditions réunies , nourriture de l'esprit et du ventre me  rendaient le plus heureux des gamins.  Ecoutez  le récit en entier (trente minutes) qui vous replongera  vous aussi dans votre jeunesse et les odeurs du maquis..

http://www.france-litterature.net/mateofalcone.html

Et à la masison nous rions de nous meme en prétendant que Lévy aussi était donc un nom Corse puisque se terminant par la meme consonnance que les patronymes de l'Ile de Beauté.  Et bien après 60 ans,je viens de découvrir que cette plaisanterie avait  (peut-etre)  des racines...dans un petit village perché dans la montagne !

                                             Le village de Levie dans la Corse du Sud

Levie

Ecoutons une chanson populaire : "Sinfonia nostrale "

http://www.youtube.com/watch?v=6Rn1jpLAR1Q&feature=related


 Le texte ci-dessous est une copie d'Israel Magazine,paru en 2004  :

«L'histoire des Juifs en Corse remonte à plusieurs centaines
d'années. Les premières traces d'une présence juive dans l'ile se
situent aux alentours de l'an 800. A cette époque, une importante
immigration venue d'Egypte s'est installée dans le Sud de la Corse ;
une grande partie de ces femmes et hommes juifs parlaient et
écrivaient l'hébreu.
La majorité d'entre eux s'est implantée à proximite d'un village
denommé Levie (la bien nommée), situé à l'interieur des terres à 20
km environ de Porto-Vecchio .
Par la suite, les membres de la communauté se sont dispersés un peu
partout dans l'ile en devenant partie intégrante de la population
autochtone et dans certains villages de montagne, des églises
gardent encore la trace de documents rédiges en hébreu à coté de
ceux rédigés en latin.
Bien des siècles plus tard, dans les années 1500-1530, environ 1000
Juifs de la region de Naples trouvèrent refuge en Corse,fuyant très
certainement une persécution locale, et ils s'installèrent dans les
régions montagneuses du centre de l'ile.
En l'an 1684, la ville de Padoue, située en Italie, qui était
peuplée en grande partie par des Juifs qui habitaient un ghetto
édifié en 1516, fut le theatre de violences dirigées contre ses
citoyens juifs, dont une partie faillit se faire lyncher. Une rumeur
malveillante selon laquelle leurs coreligionnaires de Buda, avaient
commis des actes de cruauté contre les Chrétiens de la ville
hongroise, déclencha cette flambée de brutalité dirigée contre la
communauté juive de la ville.
C'est grace à l'intervention d'un père Franciscain nomme Père Marco
qui écrivit une lettre afin de dénoncer cette mystification, que la
communauté juive échappa au massacre annoncé. Une grande partie de
la communaute juive de Padoue décida à la suite de ces évenements
d'émigrer sous d'autres cieux plus cléments. Certains arrivèrent en
Corse, et les habitants les nommèrent Padovani, ce qui signifie :
venu de Padoue. Le nom de famille Padovani est un nom très répandu
de nos jours en Corse.
Mais la plus importante vague d'immigration juive qu'ait connue la
Corse se situe entre les années 1750 et 1769. La Première République
constitutionnelle et démocratique d'Europe venant de naitre, le
leader de l'époque Pascal Paoli fit venir en Corse entre 5000 et
10000 Juifs du nord de l'Italie, ( les chiffres varient selon les
sources) de Milan, de Turin ainsi que de Genes pour revitaliser
l'ile suite à 400 ans d'occupation génoise. Afin de les rassurer sur
leur intégration et sur la volonté du peuple corse de les considérer
comme leurs égaux, ce meme Paoli fit une déclaration destinée aux
nouveaux venus : "Les Juifs ont les memes droits que les Corses
puisqu'ils partagent le meme sort".
Celà fit comprendre aux Juifs qu'ils étaient des citoyens à part
entire et qu'ils bénéficiaient d'une totale liberté de culte, ce
qui n'était pas le cas dans bon nombre de pays.
Ces immigrants portaient pour la plupart des noms à consonance
ashkenaze, qui étaient très difficilement prononçables par la
population locale. Une partie d'entre eux étant roux, ils se virent
affublés du surnom de Rossu qui signifie rouge et désigne les
rouquins ce qui donne au pluriel Rossi, nom extremement répandu en
Corse.
En réalite, c'est plus de 25% de la population corse qui aurait des
origines juives. En lisant les états civils, on peut facilement s'en
rendre compte : les noms tels que Giacobbi, Zuccarelli, Costantini,
Siméoni... tres communs dans l'ile de Beaute, ne laissent planer
aucun doute quant à leur origine.
Le nombre peu important des membres de la communauté juive, ajouté
au fait que les Corses n'ont fait aucune différence entre les
originaires de l'ile et ces nouveaux venus, est très certainement à
l'origine d'un grand nombre de mariages mixtes qui declenchèrent une
assimilation quasi-totale.
Malgrè celà, les signes sur l'Ile de Beauté d'une ancienne présence
juive y sont très nombreux ; un exemple probant en est le nom d'un
village Cazalabriva qui selon plusieurs sources concordantes
viendrait de: casa di l'ebreo, littéralement la maison de l'hébreu
(le mot juif n'existant pas en Corse).
Ou bien encore, de nos jours dans certaines régions, il subsiste une
tradition très ancienne de donner aux nouveaux-nés des prénoms
d'origine hébraique tel que Mouse (Moise) etc. ...
Lors de la première guerre mondiale entre 1915 et 1920 800 refugiés juifs,certains sous protection francaise,durent fuirent les provinces ottomanes de Syrie et Palestine et furent acueuillies en...Corse.Séparés en deux groupe,l'un à Ajjaccio,l'autre à Bastia.Ils furent pris en charge par l'Administration francaise et aussi par l'Alliance Israélite Universelle.Vetements,école,travail,tout fut organisé pour rendre leur sejour forcé tolérable.
Quand enfin vint le temps de pouvoir retourner chez eux,la majorité choisit de quitter  l'Ile,mais
les liens restèrent bien vivants. Entre les deux guerres certains retournèrent en Corse et des descendants peuvent etre encore retrouvés dans la petite communauté de Bastia
Plus proche de nous, durant la seconde guerre mondiale, alors que la
Corse était occupée par les fascistes italiens, les habitants de
l'ile se mobilisèrent pour aider les Juifs à se cacher. Avec les
moyens du bord, ils aidèrent hommes,femmes et enfants à se réfugier
dans les villages de montagne.
Un haut fonctionnaire francais accomplit un travail admirable et, au
mépris de sa vie, sauva à lui seul, plusieurs dizaines de Juifs. Il
s'agit du sous préfet de Sartene Pierre-Joseph Jean Jacques Ravail.
Il travaillait avec le réseau mis en place par les partisans de Paul
Giacobbi, grand pere de l'actuel prefet de Haute-Corse qui refusait
d'opter pour la voie de la collaboration.
La Corse eut donc une attitude plus qu'honorable envers les Juifs
persécutés, et pas seulement pendant la Seconde guerre mondiale. En
effet, c'est le seul endroit en Europe ou l'on n'eut jamais à
déplorer des actes antisémites, et cela mérite d'etre dit.
En 1947, la Corse apporta sa contribution à la creation de l'Etat d'Israel.
Des Corses d'alors décidèrent de secourir les combattants juifs
luttant pour leur indépendance et pour former leur Etat. Leur
mission: accueillir des avions qui vont etre bourrés d'armes pour
s'envoler vers des lieux gardés par la Haganah. Ajaccio est alors
choisie comme piste d'atterrissage.
Des hommes,parmi eux des policiers mais aussi des voyous, rendent
visite au préfet de l'epoque; il a pour nom ... Maurice Papon.
L'homme a un passé confus, trois Corses lui expliquent que
l'aéroport d'Ajaccio sera reservé à ces transports d'armes. Les
Corses béneficient de l'accord du gouvernement socialiste qui ne
peut agir ouvertement. Maurice Papon ferme donc les yeux et il
laissera filer parait-il le bébé. Les armes transiteront par la
Corse pour s'évaporer vers le futur Etat juif.
Il ne faut pas oublier de souligner qu'hormis toutes les vagues
d'immigration juive qu'ait pu connaitre la Corse , des individus
isolés sont venus s'y installer, provenant notamment des communautés
juives d'Afrique du nord.
De nos jours, la communaute juive de l'ile, très peu nombreuse, se
concentre essentiellement à Bastia. Son président Mr Ninio, natif de
Tibériade, ouvre deux fois dans l'année la synagogue qui possède
deux Rouleaux de la Torah en parfait état: pour Roch Hachana, le
jour de l'an Juif et Yom Kipour.
Les jeunes, pour la plupart, quittent l'ile pour aller étudier sur
le continent et bien souvent ils y rencontrent leur moitié et s'y
installent définitivement.
Il existe en Corse de très nombreuses personnes soutenant l'Etat
d'Israel dans la période difficile qu'il traverse actuellement.
Parmi ces amis d'Israel, certains sont allés jusqu'à écrire des
missives au Prés Français Jacques Chirac, à la Haute Cour
internationale de La Haye ainsi qu'aux médias francais, afin de
dénoncer la politique européenne et francaise, en particulier,
toujours pro palestinienne.
Ce soutien inconditionnel s'explique en partie par le fait que
beaucoup de corses ont le sentiment qu' il y a un gouffre entre ce
qui se passe reellement et ce qui se dit dans les médias Francais au
sujet de ces deux communautés.
Du reste , une association Corse - Israel s'est crée afin de
rapprocher les deux communautés et de développer le dialogue entre
elles .
 

Voici un autre article ,un peu différent,extrait de "L'Investigateur" :

La Corse pendant la deuxième guerre mondiale

"La Corse a été majoritairement vichysoise si on en croit le vote des députés insulaires lors des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Seul Paul Giacobbi, grand-père de l’actuel député, a refusé d’opter pour la voie de la collaboration. François Pietri, chef du clan de droite, a au contraire prôné la fusion avec « l’intelligence allemande ». D’autres Corses, qui militaient avec le fasciste Simon Sabiani appartenaient au PPF de Jacques Doriot et ont donc combattu pour certains sous l’uniforme nazi. Sur place la Corse est passive. Elle est dirigée par le préfet Paul Louis Emmanuel Balley qui est nommé à Ajaccio le 20 août 1940. C’est un pétainiste convaincu qui avec lui les partisans de François Pietri, de son gendre Horace de Carbuccia, patron du journal extrémiste « Gringoire », du préfet Chiappe et du parfumeur Coti. Ces fascistes corses, aidés par les sabianistes de Doriot, se lancent dans des campagnes antisémites qui trouvent des relais dans les catholiques ultras d’Ajaccio et de Porto-Vecchio. Les décrets antisémites de 1941 sont appliqués dans l’indifférence générale. Ils prévoyaient le limogeage de tous les fonctionnaires « d’origine juive ». Plusieurs dizaines de Corses d’origine juive sont donc révoqués pour des raisons raciales. En novembre 1942, la Corse est envahie par les Italiens avec l’accord du gouvernement de Vichy. Le choc est terrible dans l’île. La Résistance est toujours inexistante. Elle va alors commencer à se former essentiellement derrière les gaullistes et les communistes qui vont bientôt combattre sous la bannière du Front national. Des mouvements collaborationnistes continuent d’œuvrer sur des bases nationales et antisémites. La venue de 80000 Italiens (1 pour deux Corses) précipite des collabos vers la résistance ou, en tout cas, la neutralité.

En juillet 1942, les Juifs de France ont été déportés après que les autorités de Vichy aient accepté la politique d’extermination prônée par l’Allemagne. Dans la zone sud, dont fait partie la Corse, il n’y a pas de déportations pour la simple et bonne raison que les Allemands n’y sont pas présents. De novembre 1942 au 25 juillet 1943, date à laquelle Mussolini est déchu de ses pouvoirs, les Chemises noires n’exercent que très peu de campagnes antisémites car les fascistes italiens sont relativement peu d’accord avec la politique raciale du Reich allemand. Tout change à partir de juillet 1943. Les SS prennent les choses en main en Italie et dans les territoires français de la zone libre passée sous contrôle italien (ailleurs les déportations avaient déjà commencé). La période de déportation pour la Corse va donc durer du début du mois d’août 1943 au mois de septembre, date du soulèvement général en Corse.

Dans l’île la Résistance s’est organisée avec ses bonheurs et ses malheurs. Fred Scamaroni l’un des responsables gaullistes a été capturé et affreusement torturé avant de se suicider pour ne pas parler. Le 4 avril 1943, le sous-marin Casabianca avait débarqué un faible contingent de troupes, ô combien symbolique.



Sous-marin Casabianca ralliant Alger                                   Sous-marin Casabianca ralliant Alger. Source : SHD


Dans l’administration, le préfet a changé.

Le préfet Balley a été jugé trop mou et a été remplacé par Pierre Lecène qui lui obéit aux ordres de Paris. Il commence à regrouper les Juifs.

Contrairement à la légende répandue en Corse, 70 d’entre eux sont capturés et seront déportés. Mais il est par contre exact que la population corse cache tous ceux qu’elle peut cacher. Souvent la nuit, avec les moyens du bord, elle fait monter hommes, femmes et enfants dans les villages de montagne afin de les protéger. Un haut fonctionnaire accomplit un travail admirable au mépris de sa vie. Il s’agit du sous-préfet de Sartène depuis le 11 avril 1942, Pierre Joseph Jean-Jacques Ravail. Il avait été nommé le 6 novembre 1940 à Corte où il avait travaillé avec le réseau mis en place par les partisans de Paul Giacobbi. Il a sauvé à lui seul plusieurs dizaines de Juifs. Il sera d’ailleurs nommé préfet de la Corse délégué dans ses fonctions le 18 septembre 1945. La Corse eut donc une attitude plus qu’honorable envers les malheureux persécutés. Mais la vérité oblige à dire que la population de l’île placée dans l’incertitude, fut d’abord pétainiste comme le reste de la France avec son contingent de fascistes et de racistes.

Le 9 septembre 1943, alors que Rome était déclarée ville ouverte parce que libérée, des SS de la division « Reichsfuhrer » dirigée par le général Stenger, forte de 10.000 hommes et de 100 chars entrent en Corse. Petite curiosité : cette division comprenait dans ses rangs, le futur député libéral allemand Schonhuber. Elle ouvre la voie aux 30.000 hommes de la 90ème Panzer Grenadier Division du Général Lungerhausen. C’est elle qui va détruire en partie la ville de Bastia. Les combats commencent. La Résistance, jusqu’alors, très faible, grossit de jour en jour. Des milliers de Corses font le coup de feu contre les nazis. Beaucoup d’Italiens les ont rejoints de même que des combattants marocains.

La Corse se libérera seule et deviendra le premier département français débarrassé de l’occupant nazi.

Pour en revenir aux Juifs, c’est en 1947, que la Corse renouera avec l’histoire du peuple d’Israël. Des Corses décident alors d’aider les combattants juifs de Palestine à former leur état. Il leur faut accueillir des avions qui vont être remplis d’armes pour s’envoler vers des lieux tenus par la Hagannah. Ajaccio est alors choisi comme piste d’atterrissage. Des hommes qui comptent parmi eux des policiers mais aussi des voyous rendent visite au préfet de l’époque. Il a pour nom Maurice Papon et il a été nommé dans l’île le 21 janvier 1947 avec pour fonction de reprendre le pouvoir au parti communiste. L’homme a été secrétaire général de la préfecture de Gironde. Il a un passé confus. Trois Corses lui expliquent que l’aéroport d’Ajaccio sera réservé à ces transports d’armes. Les Corses ont l’autorisation du gouvernement socialiste qui ne peut agir ouvertement. Maurice Papon, en bon fonctionnaire obéissant, ferme donc les yeux. Et les armes transitent par la Corse pour s’envoler vers la Palestine. En 1948 l’état d’Israël est créé un peu grâce à des Corses. Papon* recevra en guise de récompense un fusil d’assaut fabriqué en Israël. "

(Note du Blog :* Papon passa en justice :Après un procés fleuve a été condamné  puis libéré,bien qu'accusé d'avoir signé de sa propre main la déportation de 1690 juifs dont 250 enfants vers les Camps de la Mort. Lui, est mort dans son lit,entouré d'honneurs.)

Article paru  dans :
http://www.investigateur.info/news/articles/article_2003_06_28_excuser.html

Pour connaitre tous les aspects de  la Corse :
http://corsicanostra.free.fr/index.htm

Impossible de parler de la Corse sans évoquer l'épopée du sous-marin Casabianca  qui refusant de se saborder à Toulon regagnat Alger,Capitale de la France en Guerre. Un superbe site :
http://big.chez.com/jlv16/PAGE10.htm

Et aussi sur la Libération de la Corse :
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=&idPage=2559


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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 07:48
  Delacroix nous a laissé dans son Carnet de Dessins des aquarelles et des esquisses très vivantes lors de son voyage en Algérie. Elles furent souvent la base  de ses superbes tableaux orientalistes détaillés..Au paravant voici quelques images glannées sur son séjour en Afrique du Nord. (A titre de rappel pour la nouvelle génération, le mot  "A.F.N." était l'abréviation de  "l'Afrique Francaise du Nord " et A.O.F. était celle de " l'Afrique occidentale Francaise",dans tous les livres d'Histoire et Géographie,abréviations glorieuses de tous ces pays depuis longtemps indépendants qui sont rongés maintenant par les guerres,l'intégrisme,la famine  et les maladies effroyables.



                                                                "Scène d'intérieur "



                                                        Etudes pour  "Les Femmes d'Alger "


                                                              Et le tableau définitif :

http://www.chess-theory.com/images1/01913_eugene_delacroix.jpg

                                                                  "  Etudes de vetements "
                                          


                                                                       " Jeune fille "



                                                                 " Portrait d'une jeune femme "                                    





                                                   "   Une maison mauresque avec son patio "

                               Ce sont deux petites cartes postales que j'avais acquises fin 1962
                               en France en souvenir de l'Algérie perdue.


                                                                   " Jeune fille arabe "



                                                                 "La Mariée Juive"

zoom -

Suivant  l'habillement imposé aux juifs sous la domination musulmane,les juives devaients se distinguer des autres femmes par un chapeau conique,une sorte de Henné qui leur était particulière. 

Voici un article intéressant que j'ai recopié :

Juive de Tanger
 
  La Juive de Tanger

Eugène Delacroix
(1798-1863)

MD 1996-15
1833
Eau-forte sur chine appliqué ; 1er état avant la lettre
Achat, 1996
Feuille : H. 0,296 ; L. 0,225
Trait carré : H. 0,213 m ; L. 0,173 m
Signée en haut, à gauche : Eug. Delacroix, 1833

" Dans le catalogue de la vente posthume de Delacroix, cette gravure est intitulée à tort comme Juive d'Alger avec une négresse, assise dans un intérieur. L'ambassade française, durant son séjour à Tanger, s'était vu attacher comme interprète un juif, Abraham Benchimol. Celui-ci mit Delacroix en relation avec toute la communauté israélite de la ville et lui permit même d'assister à une noce. Inspirée très certainement de cette célébration, la gravure représente une mariée juive en compagnie de sa servante, cloîtrée après avoir été richement parée, selon l'usage, dans une chambre obscure où elle devait rester, pendant la durée de la noce."

"Un des évènements les plus marquants du séjour de Delacroix en Afrique du Nord, en 1832, fut une noce juive à laquelle il fut convié le 21 février et dont il nota dans un carnet conservé au Louvre les moments les plus pittoresques. A partir de ses notes et de quelques croquis, il composa en 1841 une toile qui figura au Salon sous le titre Noce juive dans le Maroc (Paris, musée du Louvre). L'année suivante, Delacroix raconta dans un article publié dans le Magasin pittoresque tous les détails de la cérémonie."

 " La position impassible de la Juive, celle de la servante assise contre le mur, certains objets du décor se retrouvent dans une aquarelle montrant un Maure rendant visite à une mariée juive entourée des membres de sa famille (collection particulière). Mais en cadrant l'eau-forte sur la seule figure de la mariée et de sa servante, Delacroix a conféré au sujet une portée noble et intemporelle, allant bien au-delà de l'anecdote et du pittoresque. "

                                                   "Noce juive dans le Maroc "

http://www.chess-theory.com/images1/01916_eugene_delacroix.jpg


Pour donner un nom à tous ces vetements que portaient alors les femmes algériennes,il n'est
qu'a découvrir ce très beau site détaillé sur les coutumes vestimentaires  avec la description de  ces robes et corsages qui sont encore portés à l'intérieur de l'Algérie,et bien sur dans les cérémonies :

http://www.orientale.fr/article_10427_new.htm

Et voici le fameux  Carnet de Delacroix ;

http://www.imarabe.org/temp/activitejeunes/sdl/publications/livrets/delacroix.pdf

Les Musées de France abritent de nombreuses oeuvres de ce génie du dessin et de la couleur qui avec d'autres Orientalistes ont sauvé une époque . Gràce à lui surtout on peut imaginer ce que furent  la Casbah et les villas turques du Vieil Alger .

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