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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 06:44

Dans un musée de Tel-Aviv consacré à des émaux et dessins sur verre,j'avais admiré sous une vitrine une collection de coquilles d'oeufs où un patient rabbin avait écrit en lacets des passages entiers de l'Ancien Testament,illisibles dailleurs pour le visiteur sans le secours d'une forte loupe!
Et bien ce record a été largement battu par la science qui a trouvé un moyen electronique pour  graver ,comme exemple frappant,toute la Bible sur ...un grain de riz.
Et en voici l'article :

A technion scientist holding the microscopic bible on his fingertip. (AP)






  


Last update - 09:31 24/12/2007
Haifa Technion scientists create world's smallest bible
By The Associated Press
Tags: Nanotechnology, Technion

Local scientists have inscribed the entire Hebrew text of the Jewish Bible onto a space less than half the size of grain of sugar.

Nanotechnology experts at the Technion - Israel Institute of Technology in Haifa say the surface of the text measures less than 0.5 square millimeters (0.01 square inches). They chose the Jewish Bible to highlight how vast quantities of information can be stored in minimum amounts of space.

It took the team about an hour to etch the 300,000 words of the Bible onto a tiny silicon surface, says Ohad Zohar, the university's scientific adviser for educational programs.


The Technion's microscopic Bible was created by blasting tiny particles called gallium ions at an object that then rebounded, causing an etching affect.

When a particle beam is directed toward a point on the surface, the gold atoms bounce off and expose the silicon layer underneath just like a hammer and chisel, Zohar explains. He adds that the technology will in the future be used as a way to store vast amounts of data on bio-molecules and DNA.

The tiny Bible appears to be the world's smallest. The previous smallest, known copy of the Bible measured 2.8 x 3.4 x 1 centimeters (1.1 x 1.3 x 0.4 inches), weighing 11.75 grams (0.4 ounces) and containing 1,514 pages, according to Guinness World Records spokeswoman Amarilis Espinoza. The tiny text, obtained by an Indian professor in November, 2001, is believed to have originated in Australia

Cette science nouvelle qu'est la Nanotechnologie peremettra dans quelques annees de réaliser ce dont toute la médecine reve : aller porter dans le corps par de micro-robot des médicaments
qui atteindraient uniquement la région à soigner sans se diluer partout inutilement et meme négativement. De meme pour des opérations où le bistouri extérieur sera rangé au musée des horreurs,et remplacé par de micro scalpels electroniques autonomes.
Quant aux applications demandant des mémoires gigantesques comme pour les calculateurs,les limites en  seront presques infinies de meme que leur vitesse d'accés limitee cependant par la vitesse de... la lumière .
Le danger : la perte de notre vie privée et meme peut-etre un jour de notre liberté de penser quand un nano détecteur-émetteur à notre insu dévoilera et alors meme essaiera de changer nos opinions....
" Science sans conscience n'est que ruine de l'ame ". Nous y allons au pas de course .

Pour ceux que la littérature scientifique ne rebute pas,un article remarquable sur  :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nanotechnologie

Quant à moi,je frémis déja à l'idée de tous ces nano-robots qui pourraient se promener dans mon corps sans ma permission,à l'occasion d'une simple inspiration....
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 14:47

Cette année 2007 fut encore une année de combat.Dans cet ancien enregistrement Arthur Rubinstein exécute une dernière fois la Polonaise "Héroique" à l'age de 89 ans.Chopin joué par Rubinstein ouvrira cette année 2008 en hommage aux hommes et aux femmes de bonne volonté .

http://www.youtube.com/watch?v=PsLpMDUJAfM


                                         Introduction : mon état d'ame


Cette semaine j'ai regardé des actualités de la fin de la 2ième guerre mondiale,des images de la fin du Procés de Nurenberg où l'on voit les plus hauts gradés des assassins nazis se lever à l'appel de leur nom et répondre :un "Nein" fort et net à la question du Juge qui leur demandait s'ils plaidaient oui ou non coupable.
Depuis,le négationisme et le cortège d'horreur du fanatisme qui l'accompagne toujours n'a cesse de polluer notre vie à tous.
Ainsi pendant le premier mois de son mandat la Lybie vient d'etre  élue..... Présidente tournante de l'O.N.U. ce Conseil initialement destiné à protéger la paix dans le monde !!!...C'est à grands pas que montent aujourd'hui sur le podium les fiers criminels d'hier .
A notre époque non seulement les Goering et ses comparses n'auraient pas été condamnés à la peine capitale mais auraient vécu en paix avec leurs admirateurs comme beaucoup d'autres en Amérique du Sud ou comme le sinistre Elois Bruner  en Syrie,ou meme au coeur de l'Europe ,comme ces collaborateurs de Satan, décorés après avoir envoyé les enfants juifs aux chambres à gaz.
Eichman lui au moins n'a pas échappé à la justice des hommes avec un procés où vinrent témoigner des rescapés de l'Enfer nazi pour que le monde n'oublie pas que ces monstres ont légalement existé .
2007 se termine très mal,Benazir Bhutto vient d'etre assassinée parcequ'elle voulait sauver le Pakistan d'un Islamisme fanatique qui est bien éloigné de la patience et du respect des autres religions que le Coran enseigne.Elle est allée rejoindre le Panthéon de ceux qui ont lutté au péril de leur vie contre les extrémistes.
Depuis sept ans les villes et villages du Néguev sont bombardés de fusées et d'obus par des terroristes qui tirent des cours d'écoles et s'abritent dans la foule des passants.
En 1947,les Etats du Moyen-Orient refusèrent  la partitition que vota l'O.N.U.,une partition qui faisait d'Israel un pays aux limites géographiques très morcelées et la privant de ses Lieux Saints .Ses voisins pensèrent alors que cette population de 600000 ames succomberait  rapidement sous les attaques de forces arabes de dizaines de fois plus nombreuses et armées.  Ben-Gurion quant à lui ,avec une remarquable vision de l'Histoire,accepta le choix dramatique d'un pays théoriquement indéfendable
et aux prix de pertes humaines relativement plus élevée que dans toutes ses guerres futures imposées,Israel naquit .Et depuis ne cesse d'etre menacée au Nord,à l'Est,au Sud et maintenant par un Dictateur qui de Téhéran promet dans toutes les langues pour mieux etre compris,de rayer Israel de la carte avec un arsenal nucléaire qu'il a crée au vu et au su du monde entier ,lequel reste impassible comme il le fut à la montée d'Hitler.  
Dans ces pays intégristes,l'éducation antijuive de l'enfant se fait à l'école,et à la Télévision d'Etat,par tous les moyens inspirés par la théorie de Goebels qui disait que plus le mensonge est gros,plus il sera cru .Ainsi se forgent dans ces pays les nouvelles générations haineuses qui assurent la relève des  Kamikazes islamiques.
" En outre, la question de l’acceptabilité d’Israël par le monde arabe est la clé de voûte de la vraie et seule paix que toute la région devrait non plus rêver, mais réaliser : une paix fondée sur le franchissement symbolique des frontières culturelles. En Egypte, la coopération culturelle avec Israël est proscrite. Triste rappel, à l’heure où l’on célèbre trente ans de paix entre les deux pays.  La paix ne réussira pas à s’ancrer sans l’échange des cultures qui favorise la connaissance et l’acceptation de l’autre. Nous aurons une paix véritable le jour où les œuvres des musées israéliens seront exposées au musée de Damas, lorsque les galeries phéniciennes du musée de Beyrouth seront exposées à Jérusalem, le jour où les survivants de la Shoah donneront des conférences dans les écoles de Téhéran ou de Bagdad. " ( Agence Guysens).
Et que deviennent les arabes Chrétiens de Betléhem* sous l'Autorité Palestinienne  en ce Noel 2007 ? : En voici la réponse télévisée:
*de l'hébreu beit-lehem:la maison du pain.

 
http://www.guysen.com/tv/?vida=2005

Ce jour, comme tous les jours,nous pensons à Guilad Shalit, Ehoud Goldwasser et Eldad Réguev, les grands oubliés de l’année 2007,enlevés par le Hamas du territoire Sud et Nord d'Israel. Triste sort qu’ils subissent, depuis 554 jours,sans que la Croix Rouge Internationale ait eu le droit de les voir.Et que dire des autres nombreux prisonniers juifs au sort totalement inconnu,comme celui de  Ron Arad depuis maintenant vingt ans ?

Alors pour s'évader de ces cauchemards,il n'y a de meilleur remède que de porter notre regard sur un univers de beauté comme l'est ce Musée.


Vous vous souvenez peut-etre de ce jardin merveilleux où poussent ces Sycomores centenaires,et bien c'est à coté de cet oasis de verdure en plein Tel-Aviv que se dresse le Musée d'Art Contemporain au nom d'Hélèna Rubinstein.Ce pavillon généreusement élevé en 1959 par sa donnation ,est une partie du complexe qui inclut l'Auditorium Mann et le célèbre theatre Habima qui lui est en pleine transformation .
En plus  de sa collection d'Art Moderne,le musée  accueuille aussi des expositions tournantes,dont ce moi-ci une brillante visite des Porcelaines de Meissen .

                           Visite au pavillon Hélèna Rubinstein à Tel-Aviv
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En hommage à Bénazir Bhutto,j'ai mis son image avec son visage magnifiquement maquillé en préface du site d'Hélèna Rubinstein .Pour oublier la vision de son corps horriblement déchiqueté par l'intégrisme international.







                                             Biographie d'Hélèna Rubinstein
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Cette femme qui a contribué à faire enjoliver leurs visages par des générations de femmes est née en 1871 en Pologne.Et à 20 ans en Australie  commence son métier de cosméticienne avec une simple crème. A une époque où les femmes d'entreprises étaient pratiquement inexistantes,Hélèna Rubinstein agrandira son affaire d'Australie à Londres.puis à Paris et enfin à New-York en 1912.Avec la prospérité aidant,cette femme entreprenante s'intéressa aussi aux Arts et accumula des collections variées de sculptures africaines,de peintures modernes,d'art Océanique et Oriental et d'antiquités Egyptiennes.Elle protégea aussi de nombreux artistes maintenant très célèbres dont pas moins de 27 firent son portrait.Elle commença sa Fondation en 1953 en affirmant son principe : " Ma fortune vient des femmes et doit donc les faire bénéficier, elles et leurs enfants, d'une meilleure qualité de vie". Elle encouragea l'éducation des jeunes femmes en leur distribuant de très nombreuses Bourses pour aussi leur permettre d'embrasser de non-conventionnelles carrières.
Héléna Rubinstein décéda en 1965 à l'age donc de 94 ans . Sa Fondation continue son concept philantropique qui est un vivant tribut à sa générosité et à sa vision du futur.

                                                     
                              Quelques portraits dessinés aux long des années..


Helena Rubinstein
                                         Marie Laurençin (1885-1956), Helena Rubinstein Wearing a Yellow Shawl, 1934, Oil on Canvas, 33 x 27 in.


Raoul Dufy (1877-1953), Helena Rubinstein in a sailor dress, 1935 Gouache on paper, 24 x 17 in.
                                         Raoul Dufy (1877-1953) Helena Rubinstein in a sailor dress, 1935, Gouache on paper, 24 x 17 in.


Salvador Dali (1904-1989), Helena Rubinstein's head emerging from a rocky cliff, 1942-43, Oil on canvas, 35 x 26 in.
Salvador Dali (1904-1989), Helena Rubinstein's head emerging from a rocky cliff, 1942-3, Oil on canvas, 35 x 26 in.


Marcel Vertès (1891-1961), Half-length study of Helena Rubinstein, facing right, Gouache on paper, 32 x 21 œ in.
                                          Marcel Vertès (1891-1961), Half-length study of Helena Rubinstein, facing right, Gouache on paper, 32 x 21 œ in.


René Bouché (1906-1963), Seated profile of Helena Rubinstein, c. 1960, Oil on canvas, 40 x 20 in.
René Bouché (1906-1963)
Profil assis d'Héléna Rubinstein (1960)
Huile sur toile 80X 50 cm




Graham Sutherland (1903-1980), Helena Rubinstein in red brocade Balenciaga gown, 1957, Oil on canvas, 61 x 36 in.

Graham Sutherland (1903-1980) Helena Rubinstein in red brocade Balenciaga gown, 1957, Oil on canvas, 61 x 36 in.

                                             
                                          Entrons au Musée à l'étage de :

           L'Exposition de Porcelaines d'Art de Meissien
        ( D'après le catalogue de la collection de Danek et Jadzia Gertner)
 
                Pour illustrer cette visite,Arthur Rubinstein joue un Impromptu de Shubert:

http://www.youtube.com/watch?v=jK7bHaBWPV4&NR=1

Danek Gerter est né dans un village à la frontière Polano-Hongroise en 1919.
La maison familliale était un pole d'attraction intellectuel , du aussi à sa collection d'art  folklorique Ukrainien accumulée par Eliezer Gertner son père.
L'invasion par Hitler de la Polgne en 1939 et l'occupation de la Galicie par les Soviétiques bouleversa toute cette vie.Danek s'engagea dans l'Armée Rouge ,son frère fut tué  par les allemands dans les premiers combats et la famille fut prise dans cette incomparable brutalité que fut l'Holocauste .Danek en réchappa et se maria avec Jadzia. Après la guerre,s'établit à Vienne où il créa une florissante usine de textiles et ensuite d'outillage avec des antennes au Brésil et en URSS..
Danek amoureux des arts  comme son père  supporta philantropiquement de nombreuses institutions comme le Grand Hopital Chaim Shéba,et le Musée de l'Holocauste,et aussi ce Musée où sont exposées de superbes porcelaines de Meissen dans la Galerie Danek et Jadzia Gertner.
Ces photos sont extraites du catalogue de l'exposition.

Lors de cette visite,j'avoue avoir retenu souvent ma respiration en m'approchant pour admirer les détails si ténus de ces statuettes somptueusement décorées de couleurs fines et très variées.Merveilles de l'Art du Feu et des savants mélanges de la matière après des dizaines d'années de recherches en Europe sur ce Kaolin qui fut longtemps le secret de fabrication de la Chine antique.
Les oeuvres étaient certes exposées dans des vitrines à l'abri des poussières,mais pourtant une face latérale était dépourvue de verre,sans doute pour éliminer les reflets de l'éclairage pour mieux percevoir ces délicates pates.Ce qui explique qu'une gardienne abandonnant sa lecture se leva m'accompagna à chacun de mes pas .Cela n'empeche pas que j'avais une irrésistible envie de tenir une de ces statuettes dans mes mains ! "Mirar y not  tocar" dit-on en Espagnol!

                      Horloge,deuxième moitié du 19ième siècle. Hauteur :63 cm.




                            Vase couvert de fleurs et de fruits.Hauteur :45 cm.             




                      Figurine accompagnant une salière.1900.Hauteur :13cm






Enfants dansants autour d'un arbre:                                    Allégorie de la Musique 1880-1900.
Hauteur :25 cm                                                                           Hauteur 25 cm




                                        Le Corbeau (vers 1900 ).Hauteur 54 cm




L'Ivrogne chantant.(1880) Hauteur :23 cm                         L'enfant à la rose .(1900) Hauteur 15 cm.                             




 
                      Une Maure noire embrassant la main d'une femme. (1930).Hauteur :30cm














Mais ci-dessous vous verrez d'autres nombreuses reproductions de ces fragiles merveilles avec des explications sur les fabrications actuelles sur le site :

http://www.porcelain-painters.com/MuseePastree/Meissen/Meissen.htm

Les photos et textes (que j'ai traduits) sont extraits du superbe catalogue de l'exposition de Décembre  2007.

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Published by georges - dans souvenirs
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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 08:47
Inévitablement la période des fetes de fin d'année nous ramène ,nous les anciens, à des images d'un bonheur perdu à tout jamais.Alors j'ai eu envie de scanner quelques clichés de famille,car les photos sont comme les fleurs de la chanson de Jacques Brel,elles sont malheureusement périssables .


Voici ma Grand-Mère paternelle,( née Blanche Blum à Mostaganem), photographiée avec un "barboucha", (c'est moi),l'année de ma naissance en 1938. J'en ai hélas aucun souvenir car elle est décédée alors que j'étais encore en bas age.J'étais alors le plus jeune de ses petits enfants.



C'est  Maman,née Colette Bloch et fille de Marthe et Salomon Schebat ,en 1913 à l'age de deux ans à Alger.Pour la première fois,je viens de le remarquer : serait-ce une main de Fatma porte-bonheur que ce médaillon qu'elle porte à son cou ? Cela ne l'évita pas de se retrouver très jeune orpheline de son père mort à la guerre 14-18 et de sa mère qui en mourut de chagrin.




Maman a cinq ans .Cliché de Février 1916 au Studio Jean Geiser,rue Bab-Azoun.Alger.Peut-etre une des photos envoyée à son père,soldat qu 4ième Zouave qui tomba à Verdun la meme  année terrible.




Maman en 1930,photographiée par mon père qui tirait lui-meme amoureusement ses photos dans un placard transformé en laboratoire. Il avait acquis cette à cette époque chez le photographe Garcia de la rue Richelieu un Zeiss-Ikon d'occasion qu'il conserva jusqu'au jour... où j'entrepris de le démonter pour dépanner son télémètre à miroirs toujours déréglé ...C'était alors à l'appareil photo ce qu'était la Talbot à l'automobile.Avec un objectif d'ouverture 2.8 à baionnette,un obturateur à rideau métallique atteignant la vitesse de 1/1000 de seconde,c'était (neuf),un boitier merveilleux,quoique entièrement manuel.Je m'enfermais avec mon père dans ce placard où à lueur d'un éclairage rouge il comptait à haute voix le temps de pose au tirage et après dévellopait les photos dans les bains de révélateur.C'était pour moi un miracle toujours recommencé de voir dans l'éprouvette apparaitre une image qui se précisait au grès des vaguelettes du liquide que mon père agitait .Il me fit connaitre ainsi les rudiments  et les joies de la Camera Obscura.

              Pour moi,ce fut la plus belle des Mamans...





Maman mariée en 1933,pose dans le salon au 20 de la Rue Sadi-Carnot à Alger





Un bond dans le temps:Le 14 Juillet 1957.

Nous avons voyagé spécialement d'Alger pour complimenter l'Armée Francaise et photographier mon frère descendant les Champs Elysées avec sa promotion de Polytechniciens.On lui avait bien recommandé la veille de se tenir du bon coté dans le défilé
pour que je puisse le filmer avec notre caméra muette de 8m/m.Une Ercsam à moteur à ressort...Deux minutes précieuses de film Kodachrome,et c'est fini ! Nous nous étions levés très tot  de notre lit d'hotel et avons patiement attendu debout et accoudés aux barrières métalliques l'arrivée du Messie.Après la dispersion des troupes,nous fimes cette photo au retardateur avec l'Arc de Triomphe en fond . Nous étions plus fiers que tous les Artabans du monde....
Maman nous avait toujours dit que sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile  dormait un Soldat Inconnu.Puisque le corps de mon Grand-Père n'avait pas été identifié à Verdun,il pourrait théoriquement etre enterré là.Cet endroit pour nous était donc doublement sacré.
Hitler,que maudite à jamais soit sa mémoire,a peut-etre ainsi rendu les Honneurs à  un juif enterré sous la plaque de bronze...






Papa et Maman à Paris
Avec le premier petit-fils qui vint d'Israel se faire connaitre en 1973,juste après la Guerre de Kippour.Papa à cette epoque avait 65 ans et luttait pour garder sa place de Traducteur Technique contractuel au Laboratoire des Ponts et Chaussées de Paris.Arrivé en catastrophe d'Alger,il du comme beaucoup, chercher un emploi que meme ses anciens camarades Ingénieurs et haut placés lui refusaient poliment.Grace à un émigré juif originaire d'URSS,il trouva cet emploi qui exigeait la connaissance parfaite des langues étrangères,puisque le but était de traduire et résumer des  livres techniques de construction et en faire un Thésaurus.Papa avait appris au Lycée le latin , le grec et l'arabe.Cette année-là ce bagage ne lui fut pas utile ! Mais il avait appris l'Allemand et l'Anglais (surtout avec les Alliés en 39/45).Il décida donc d'y ajouter le Russe .Il transforma la petite chambre à coucher en bibliothèque,qu'il construisit lui-meme avec des éléments du Bazar de l'Hotel de Ville.Sur les étagères s'entassèrent des Dictionnaires techniques énormes et mon courageux de père les compulsait très tard dans la nuit .Il réussit dans son  travail ardu et fut envoyé souvent à Bruxelles pour représenter la France dans des Symposiums. J'avais le coeur serré de le voir aller tot le matin dans le froid mordant de Paris,à un age où il aurait du jouir d'une chaude retraite .





l

Cette vue ci-dessous est prise de l'appartement de mon Grand-Père paternel,dont l'entrée de l'immeuble était au Boulevard Baudin,à coté de la Maison des Etudiants.
Ma tante Suzanne Meyer,orientaliste amateur de grand talent avait peint ce panorama .Alors moi je l'avais photographié en parallèle.
Il y aurait tant à dire sur ce paysage dont je reve encore ! Je pouvais rester des heures à cette fenetre boire sans fin l'activité portuaire qui s'offrait à mes yeux,de la grue à vapeur sur chaland qui déchargeait du charbon sur le quai,aux remorqueurs qui  passaient d'une darse à l'autre  pour aider  les navires marchands à sortir de la passe,et jusqu'en  en premier plan  les trains de marchandises et de voyageurs et leurs locomotives "Garatte" toutes noires de suie  et empanachées de fumée blanche.Au pied de l'immeuble un petit terrain occupé par une cablerie: les ouvriers y tressaient des cables maritimes en tournant des filières à plusieurs torons.Une partie de la cour était juste sous la fenetre,
recouverte d'un toit de tole ondulée.

Le sacré vaurien que j'étais balançait du sixième étage des bombes à eau qui  en explosant sur le toit faisaient un bruit de tonnerre et c'était la panique chez tous les chats du voisinage.
Dans cette immeuble où le niveau coté Baudin était donc plus élevé de quelques étages que du coté mer,cette dénivellation avait été utilisée pour  en faire un grand garage à paliers où un vaste monte-charge y distribuait les autos .A l'un d'eux,dans un coin,une magnifique Bugatti bleue,avec de vraies roues à rayon des années 20,et des coussins de cuir et un tableau de bord en bois précieux,finissait ses jours heureux ...sur cales .J'avais eu la chance de voyager une fois avec son propriétaire,un oncle de ma mère,du Boulevard Carnot où il habitait jusqu'au garage.Avec ses ailes en forme de vagues,ses phares chromés proéminents,sa roue de secours de coté,sa malle arrière fermée par des courroies de cuir,c'était une piéce de musée dont ce vénérable avocat ne voulait pas se séparer.....
Au fond à gauche vous remarquerez le tripode de la jetée qui figure sur tous les tableaux de Marquet et de bien d'autres qui ont immortalisé ce port magnifique.
La terrasse de cet immeuble important était de plein pied et accolée à celle de la Maison des Etudiants.Après le débarquement des Alliés,une partie en fut requisitionnée et dans une salle était projetée des films pour distraire les soldats.  Avec l'aide de mon cousin qui habitait l'immeuble,nous escaladions la murette qui séparait les deux terrasses (et qui me semblait infranchissable ) ,pour redescendre par un escalier de service et  assister à des séances permanentes en Anglais auquel je ne comprenais rien .Mais  Laurel et Hardy n'ont jamais eu besoin de traduction !!





Je referme cet album provisoirement .

Que les éventuels lecteurs qui se sont arretés sur ces images,reçoivent de la part d'un amoureux d'Alger,ses voeux les plus sincères pour l'année nouvelle.
Quoi de plus en accord avec ces souvenirs que d'écouter ensemble cette chanson triste "Les Feuilles Mortes",chantée par Yves Montand

http://www.youtube.com/watch?v=7WwJclybPhM


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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 17:30
Le Retour

Lorsque se prépare un voyage pour Alger,
Et que j'imagine déjà les voyageurs excités,
Ranger leurs valises,et classer leurs papiers,
Je ne peux m'empêcher de me revoir rêver,
De mon banc,au fond de la classe et regarder,
Par la fenêtre du coté du Marché
Le bout de ciel bleu d'un jour d'été,
En ce cours moyen de deuxième année.
Je crois même y revoir,dépassant du muret
De l'Eglise espagnole le bouquet du palmier.
Qui de la rue Tirman, en volute s'envolait.

Quand j'étais à Paris,sur un oscilloscope penché,
Personne n'imaginait,que ce travailleur avisé
En fait, sur les quais d'Alger s'était évadé ,
Et se promenait,jetant des cailloux dans l'eau irisée,
Enivré par les épices des voûtes et l'odeur des chais,
Regardant les pécheurs débarquant leurs casiers,
Et les grutiers soutirant des cales des poutres d'acier ,
Ou à un coup d'aile de pigeon,au-delà du square ombragé,
Traversant la rue Bab-Azoun,sous les arcades désertées,
Remontais la Rue Scipion,étroite et mal dallée,
Et poussais la porte de ma Synagogue cachée,
Entre deux bâtisses de l'époque du Dey,
Celle où chaque année que Dieu nous accordait,
Nous prions et chantions le Jour que je jeûnais.

Maintenant que le pays s'est trop éloigné,
J'attends encore  plus le retour de ces passagers.
Cette fois,la porte fermée,seul ,assis à mon clavier,
Puisque personne ne me voit,à l'aise je peux pleurer.
Avide de leurs cliches amoureusement amassés,
Je goûte avec eux,au détour d'une allée,
De leurs joies et émotions  de souvenirs retrouvés.
Je les ai même aux cimetières accompagné,
Et vu sur mon écran,gravé dans le marbre patiné,
Le nom de mon Grand-Père bien-aimé, 
Dont le corps mutilé dans un cratère d'obus est resté,
Pour assurer à la France sa Liberté,
Et à sa descendance à Alger
Le droit d'y vivre en Paix,
    Du moins la Patrie ainsi le proclamait,
      Encore un mensonge que 1962 nous a  apporté.
 
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 18:54



Pour écouter la musique sur laquelle doit être lu le texte ci-dessous,cliquez sur :

Would you like to listen to it?



Travaille donc - sale colon,
Plante ta pioche - dans la broussaille,
Tu me diras - si c'est bon,
Tes mains suent, ton dos craque,
Tu n'es qu'une - sale canaille,
Déporté de France -tu vaut moins - qu'un Canaque,
Dépierre moi -  toute cette terre,
Si tu ne veux pas qu'on t'y enterre,
Trabadja - s'pèce de sale noiraud,
Assèche moi - ce marais de roseaux,
Si tu ne veux pas que je te casse les os
C'est ton bagne -  mon pauvre héros,
Fallait pas crier -  Vive la République !
En dix huit cent -  quarante-huit
Et Vive la France ! - en neuf cent cinquante-huit,
Sale pied-noir,tu t'es fait avoir,
T'as laissé un pays magni - fique,
Et t'en as écrit -  toute l'Histoire,
Ce sera - toujours - ta vraie Gloire.
Et maintenant -  que tu es vieux,
Chantonneras - au coin du feu
Tout en t'essuyant -  les yeux
De l'autre coté - de la Grande Bleue :
Travaille donc -  sale colon...

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 19:11
Jean Nogues
Jean nous envoie de précieux souvenirs:

"Tu as sans doute lu le message récent d'Alain Gerbi sur
ESMMA qui fait état d'un dépôt d'oeuvres d'anciens élèves
à
Mont Saint Aignan;
J'ai ramené d'Alger le Pamarés du Lycée Gautier du 30juin
1951..rare document survivant de cette époque pour moi..
Y étais tu ? (réponse :Hélas non !!!)

 " C'est grace à une réunion d'ESMMA pour les Rois à Paris où ma fille a souhaité m'accompagner que j'ai appris,par elle,bien des années après qu' étudiante elle avait approché Burel (en 1970 ) pour avoir des infos sur Alger et...son père à Gautier.!
Burel se souvenait  de ses élèves,alors qu'en 6ème A2 en 1951 je n'avais que le 1er accessit
Caussé et Hollande trustaient les prix.."

" Ma fille née à Paris m'a confié avoir rencontré Burel 
chez lui pour qu'il lui parle d'Alger qu'elle ne connait
pas.Je pense que c'est lui qui lui a remis une coupure
de journal" :
Jacques Burel achève deux belles peintures murales pour
le lycée Delacroix d'Alger dans l'un des vastes ateliers
 de la villa
Abd-el-tif (Les Danseuses).
Cette coupure est hélàs en noir et blanc et de faible
qualité.

Burel est cigarette au bec,mais je ne peux deviner sous
les taches si
son pantalon est de velour marron comme
à l'ordinaire!

Je vais tenter de le photographier en numérique et
le transformer en jpg pour te le communiquer.
Pour ma part j'ai rencontré bien plus tard Burel à
Collioure où il
peignait une danse "sardane" devant
le Café des Templiers "
Maison Pous", riche de tableaux
des fauves,impressionistes
et de Picasso qui peignaient
aussi sur leur nappe et
réglaient leur séjour...en
tableaux!


PS:Je vois avec mon ami Pompei à Rouen s'il peut agir en
tant que président de la Taupe Arabe("prépas" de Bugeaud
dont il est le Président;j'en suis le secrétaire)
.
























On peut lire ces commentaires du Critique au bas de la photo,que j'ai essayé de recopier:

"Installé dans l'un des vastes ateliers de la Villa Abdel-Tif,Jacques Burel,l'un des plus attachantes jeunes peintres algérois,achève deux grands panneaux muraux qui
orneront bientot (dès que l'on aura procédé à l'élargissement de l'endroit:le hall du Lycée de Jeunes Filles
Delacroix, rue Charles Péguy,à Alger.
C'est dès la premiere vue "une expérience" murale de Burel...Mieux,évitant les poncifs habituels,il apporte à cet art difficile un style nouveau.Ses compositions construites un peu à la maniere des tapisseries groupent leurs personnages en hauteur par touches étagées s'emboitant dans un équilibre aérien.
Les tableaux très différents se continuent dans un meme rythme de lignes et de couleurs:la danse,la douce oisiveté au bord de l'eau .Dans l'une et l'autre une lumière intense émane de la pureté de la beaute meme des jeunes nymphes.
Lumière blanche éclatante,costumes des élèves du cours de Danse encore accutée par les tons chauds du fond,quelques taches de couleurs pures ici et là...Lumière verte des baigneuses dorées par le soleil qui joue avec les robes bariolées..La souplesse des contours,la blancheur des tons plats soulignent la grace charmante des attitudes...."


Remarquons la citation de la "la lumière verte" dont le peintre se sert dans ses tableaux que nous avons déjà rencontrée dans son "Port d'Alger".

Peut-etre que d'anciennes élèves se souviennent de ces fresques.Vraiment dommage que nous n'ayons pas de reproduction en couleurs de cette oeuvre,mais la description
enthousiaste du critique nous aide à imaginer le grand talent de Jacques Burel.







Jean-Manuel Richier

 Je me demande vu ton âge si nous n'avons pas fréquenté le lycée Gauthier en même temps. J'ai commencé en 3° AB1  avec Baccardatz (l'homme aux notes négatives) puis ce furent Laherre, Videau, Choski etc.
 Je me souviens d'un Lévy mais c'était peut-être un homonyme.(oui,en effet)
    Pour Burel mon anecdote est la suivante. Malheureusement beaucoup plus attiré par la piscine du RUA et ses naïades, j'étais nul en dessin et ne cherchait même pas à m'améliorer (je le regrette amèrement). Pour moi l'heure de dessin était une vrai corvée.
    Or un jour Burel que je revois très bien avec ses cheveux longs, c'était mal vu à l'époque, se met sur l'estrade de notre belle salle de dessin, et nous dit "dessinez-moi".
    Quelle épreuve et quel piège pour moi qui était nul, toujours au dernier rang pour filer le plus vite possible après la séance, néanmoins je fais de mon mieux c.à.d. très mal selon les canons artistiques.
    A la fin de l'épreuve, Burel passe dans les rangs fait quelques remarques aux uns et aux autres, puis finit par moi. Après un silence je l'entends éructer derrière moi "Tu te fous de moi ?", et je prends la plus belle (et la seule) taloche de ma vie de lycéen.
    Le malentendu était total, j'avais pourtant sué sang et eau pour aboutir à ce résultat, et il avait cru que mon travail était dirigé contre lui. Je revois encore le dessin, bon il était pas terrible mais j'avais fait de mon mieux.
    Il me ficha par la suite une paix royale m'ayant définitivement jugé.

Morale : Dommage que Burel ait perdu sa patience,c'est ainsi qu'on détourne un jeune ,peut-etre d'une vocation ou simplement du gout de la création.


Philippe Guey


"Au sujet de Monsieur Burel, je n'ai malheureusement aucune trace de mes travaux de l'époque.
Ce que je peux dire et qui trouvera peut-être sa place dans ton musée virtuel, c'est que cet homme que j'ai croisé à la "faveur" de... Deux sixièmes et d'une cinquième  à Gauthier, cet homme prodigieux, véritable passionné de son art et de la transmission de savoir regarder et faire, cet homme enfin, a complètement orienté ma vie depuis cette époque bénie...
  En effet, il est certain que je me traînais vraiment dans les cours de Français et de math - j'ai d'ailleurs quitté le lycée pour aller faire une autre cinquième, mais à Molbert, d'où je venais , mais les heures passées en cours de dessin et de peinture, dans ce véritable atelier avec chevalets, verrière et plâtres tirés de l'antique, ont été pour moi l'antichambre de l'école Nationale des Beaux-Arts que j'ai intégré à 17 ans, après obtention du BEPC, toujours à Molbert, où malheureusement nous n'avions plus ce genre d'enseignant passionné.
  Sa forte personnalité, l'ambiance chargée d'émulation qu'il faisait naître naturellement et sans artifice, son allure tellement décalée par rapport aux autres enseignants, ont fait que je ne pensais qu'à dessiner ou peindre et déjà mes heures de liberté étaient consacrées à la pratique incessante des arts plastiques,
  Jacques Burel a réellement été mon mentor et, tout au long de ma vie de peintre sculpteur et illustrateur en publicité, je n'ai jamais oublié cette merveilleuse rencontre qui avait éclairé mon chemin.  Un peu le cercle des poètes disparus...
  Grâce à cet homme prodigieux, j'ai pu trouver « un de mes chemins de vie ».
  Pour info et illustrer mes propos, voici l'adresse de mon petit site où j'ai mis en vrac quelques oe¦uvres passées et actuelles : http://guey.cabanova.fr
Voilà, c'est mon témoignage sans trace."
  Philippe Guey, 1941 Alger, 7, rue Altairac.

Sans trace ? Non,voici un superbe tableau "L'Inaccessible",choisi dans ta galerie:



 Ce septième volet ne referme pas ce site qui progressera avec les éventuels envois d'anciens  élèves qui ont connu Jacques Burel.
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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 06:43
Daniel Kannengiesser (suite).

BUREL : A poings fermés et à livre ouvert.

 

 

            Je vous livre à présent deux anecdotes relatives à l’excellent professeur de dessin que fut Monsieur Burel. Toutes deux sont indépendantes l’une de l’autre (si ce n’est par l’association d’idée que propose le titre) mais symptomatiques de la façon dont le grand pédagogue qu’il a été enseignait cet art.

 

            Je commence par les poings fermés.

(Non,ce ne sera pas un pugilat,mais un match pour interpréter d'une manière originale le sujet à dessiner !)

 

A poings fermés.

 

            « Messieurs, retroussez une manche de vos pull-overs, déboutonnez la manche de votre chemise, remontez le tout jusqu’en haut du poignet. Fermez le poing pas trop serré, posez le sur le pupitre et dessinez le »

 

            C’est à peu près en ces termes que s’adressa Burel à sa classe . Et tous les élèves d’obtempérer avec certainement une joie non dissimulée de dessiner du « vivant » qui nous changeait complètement des masques hideux, des boîtes d’allumettes ou des feuilles mortes ! Mais l’entreprise s’avéra nettement plus ardue qu’imaginée au départ. Nous sommes certes droitiers (ou gauchers, ne soyons pas racistes !) mais c’est en ces occasions là où nous devons nous servir uniquement d’une seule main (l’autre étant inutilisée ou inutilisable) que nous nous apercevons avoir bien besoin de nos deux mains. Et, en particulier, pour dessiner de l’une et tenir de l’autre la feuille de dessin qui avait la fâcheuse tendance à se débiner sous les coups de crayon HB ou de gomme. Il en résulta de curieuses contorsions des élèves pour coincer ce sacré « Canson » soit sous la main « modèle », soit sous l’avant-bras. Dans les deux cas, main modèle et main dessinatrice ne manquaient jamais de se gêner mutuellement, l’une afin de disposer de suffisamment d’espace pour jouer efficacement son rôle de cale, l’autre afin de bénéficier du maximum de place pour pouvoir tracer ou rectifier à son aise. Et c’était sans  compter sur l’œil du dessinateur qui devait pouvoir embrasser le modèle avec un champ de vision assez large !

 

            Un « modus vivendi » a finalement été mis au point par expériences successives et les élèves finirent par être plus ou moins satisfaits du compromis trouvé, le plus adapté à leurs capacités physiques et à leurs besoins de souplesse vertébrale !

 

            Burel, qui, comme à l’accoutumée, se baladait entre les rangs en ayant toujours l’œil exercé de l’artiste, paraissait s’amuser de nos petits ennuis de positionnement, ce qui ne l’empêchait en aucune façon de nous prodiguer ses conseils ou de nous prêter assistance avec tout le sérieux que nous lui connaissions.

 

            Après plusieurs séances, voici à présent mon dessin quasiment terminé, mais fort de mon expérience antérieure, je ne m’en vantais point et laissais mon Canson sur le pupitre sans rien dire. Voyant que je demeurais les mains inertes, Burel s’approcha. Quelle ne fut pas ma surprise en l’entendant complimenter mon travail. Je commençais à me rengorger et à en soupirer d’aise lorsque je perçus soudainement de nouvelles paroles plus restrictives s’échapper de ses lèvres : « Et pourtant… ». ça y est me dis-je c’est la gaffe ! Il s’en suivit un petit dialogue, audible par toute la classe, dont je me souviendrai longtemps non pas des termes exacts mais de son contexte général (la preuve !)

            Burel poursuivait donc d’un faux air détaché ses « pourtant…, pourtant… »

-         Pourtant ! Qu’avez-vous dessiné là ? me demanda le professeur

-         Mais… c’est ma main ! Fis-je, surpris d’une telle question.

-         Bien ! Et vous pensez que si on exposait votre œuvre telle que vous l’avez reproduite, les spectateurs iront s’arrêter à la vue de ce banal dessin ?

-         Euh !… Non, m’sieur (mais pourquoi pas ? me disais-je « in petto ») !

-         Alors ! Donnez du caractère à votre dessin ! Votre poing est bien dessiné mais il lui manque ce petit quelque chose qui fait qu’on le remarque : un défaut, un ongle rongé, une tache par exemple ?

-         Ben non m’sieur ! rien du tout !

Mais je me souvins brusquement de mes cicatrices : deux cicatrices en croix sur la première phalange du pouce, une cicatrice sur la première phalange de l’index et une cicatrice sur le dessus du poignet. Pauvre main gauche ! Combien elle avait eu à souffrir de mes coups de scie maladroits ayant entamé mon poignet gauche et des incartades d’une hélice en folie sur mes pauvres doigts imprudents lorsque je fabriquais mes sous-marins en bois de manche à balai, trois ou quatre ans auparavant ! A l’heure où j’écris ces lignes, les cicatrices sont encore visibles ! Je me décidai à les montrer à Burel.

-         ça, m’sieur ?

-         C’est une idée. Mais comme la cicatrice sur l’index sera pour vous difficile de la montrer sur le dessin, ajoutez-y une « poupée » !

-         Une poupée ?

-         Mais oui ! un gros pansement avec gaze et sparadrap. Votre main deviendra celle d’un blessé et attirera non seulement les regards mais aussi des interrogations : où, pourquoi et comment ? Vous saisissez ?

 

Et ainsi fut fait. Mon dessin ne fut encore pas épinglé au tableau d’honneur des œuvres primées, mais il n’en demeure pas moins que je pouvais fièrement exhiber à mes parents, et à leur grande surprise, la magnifique reproduction d’une main d’estropié !

 « C’est à toi, ça ? » fut la réaction première de Maman angoissée, toujours pleine d’inquiétude pour ses enfants. Burel avait bien raison : mon dessin suscitait déjà une interrogation !

Je retins cette deuxième leçon. L’essentiel n’était pas de copier servilement un modèle, mais de donner une vie, un intérêt à ce que nous faisions.

Sacré Burel ! J’étais à présent certain qu’il s’amusait gentiment, mais sans malice, en nous voyant travailler avec une ou avec deux mains, et c’était aussi l’opinion de mes camarades. Mais tout son talent avait été de mettre cet amusement au service de sa pédagogie. C’est ainsi qu’il avait réussi à nous faire comprendre que le dessin n’était pas la photographie et que même les nuls en dessin (et c’était mon cas auparavant) avaient une chance dans cet art. Il suffisait d’un peu d’imagination et de fantaisie. Et de la fantaisie, ce n’étaient pas les élèves de Gautier qui en manquaient : ils en avaient plein la tête et plein les… mains !

Puisque Daniel a laissé son dessin en Algérie,voici une main de Maitre de Gustave Moreau que Burel sans doute aurait beacoup appréciée :


 

 
 
 


A livre ouvert

Entrée en atelier de dessin. Sur l’ordre de Monsieur Burel, nous nous assîmes à nos places respectives.

Le prof : - Qu’avez-vous comme cours cet après-midi ? (c’est curieux mais j’ai toujours eu cours de dessin les après-midis)

Nous : - Français et latin, m’sieur.

Le prof : - Ah ! Avez-vous un livre de cours de français ?

Nous (évidemment que nous en avions un !) – Oui m’sieur !

Le prof : - Montrez m’en un.

Le prof prit un des livres de cours qu’on lui présentait et se mit à l’examiner en le feuilletant d’un air intéressé. Nous, nous étions étonnés, ne nous attendant pas à une interro écrite, surtout de la part du professeur de dessin qu’était Burel ! Mais celui-ci ne fut pas long à nous détromper.

- C’est parfait, ce bouquin me plaît. Alors vous allez tous le prendre comme modèle en l’ouvrant à n’importe quelle page, pourvu que l’une d’entre elles soit une gravure en couleurs. Et vous y mettrez à côté du bouquin, ce que vous voulez : un pot à crayons, une trousse d’écolier, un globe terrestre etc.

Nous reconnûmes là la délicatesse de Burel qui ne voulait en aucune façon nous imposer d’amener aux cours un ouvrage supplémentaire dont nous n’aurions plus besoin dans la demi-journée.

Le livre de français était le fameux « Lagarde et Michard » que des générations de collégiens et lycéens ont connu et connaissent encore ! Et le nôtre était une des nouvelles éditions avec papier glacé et photographies en couleurs. Cher peut-être, mais magnifique. Dire que c’est pour cela que nous faisions des progrès en la matière ce serait sûrement aller vite en besogne ! Les professeurs y étaient aussi pour quelque chose (enfin, il fallait l’espérer) En tous les cas il faisait plaisir à voir, sinon à lire, et à dessiner.

Je me souviens avoir choisi une page où se trouvait imprimée la reproduction d’une peinture de Géricault intitulée « Le chasseur à cheval » (je crois que, par erreur, le bouquin l’avait intitulée « Le hussard »), magnifique tableau où la beauté des couleurs qui alliaient toutes les nuances des oranges, des rouges, des fauves et des bruns le disputait à l’harmonie des formes, tant de l’officier fier, fougueux et sabre au clair que de sa monture apeurée, musclée et cabrée. A côté du livre, j’y posais mon étui à lunettes, entrouvert également.

Le dessin ne fut qu’une broutille pour moi qui avais bien retenu les leçons précédentes. Aussi y ajoutai-je en prime quelques feuilles volages qui, tel un épi sournois dans une chevelure, se dressaient, indociles, dans la recherche d’un équilibre en rapport avec les lois de la pesanteur !

Mais ce fut là mon tort ! Burel nous demanda alors de peindre notre œuvre ! Et, précisa-t-il, en faisant attention au jeu des ombres et des lumières qui baignaient nos livres ouverts qu’il s’agissait de traduire avec la gouache. En regardant mon dessin qu’il appréciait disait-il, Burel affirma que j’avais cherché, avec mes pages folles, une difficulté qui n’était pas nécessaire !

Mais, ce qui était fait était fait et je m’attelai à ma peinture sans plus tarder. Or, si mon dessin pouvait certainement être primé, il n’en fut pas de même pour ma peinture qui, elle, se devait de figurer au tableau d’horreur des œuvres ratées !

Burel se rendit compte assez vite de mon désarroi et il vint maintes fois à mon secours. J’avais en effet utilisé en couleurs d’ambiance les rouge, rose carminé, vermillon du tableau de Géricault, ce qui faisait que ma peinture n’était qu’une sorte de grosse tache sanguinolente au milieu de laquelle des espaces blafards étaient censés représenter les pages d’un livre. Quant au tableau de Géricault, il ressemblait davantage à un magma informe de couleur vinasse qu’à un cavalier avec sa monture. Il me fit alors utiliser les ocres, jaune pour le fond éclairé, rouge ou « terre de Sienne » pour les fonds ombrés ; Quant au livre il me conseilla toutes les nuances de gris-vert. Enfin il signala à haute voix à l’intention de toute la classe qu’il ne demandait pas de peindre, en moins bien, une illustration, mais de montrer qu’une image en couleurs était imprimée sur une page du livre ouvert.

Gris-vert ! Je ne comprenais pas pourquoi un livre, tout neuf, devait prendre l’aspect d’un vieux grimoire aux pages moisies ou racornies. Mais Burel me fit alors comprendre que si Picasso voyait comme tout un chacun il représentait autrement ce qu’il voyait. Ce qui n’empêchait pas ses toiles d’obtenir une valeur esthétique certaine. L’essentiel, ajouta-t-il, était le livre et non le « Lagarde et Michard », une illustration et non le « Chasseur de la garde » de Géricault !

J’obtempérais donc et prit aussitôt un tube de vert… Véronèse. Qu’avais-je fait là ?

Non ! Pas ce vert ! s’écria brusquement le professeur. Et d’ajouter pour toute la classe : « Si vous avez un tube de « vert Véronèse », vous le laissez à la maison ! »

C’est ainsi que nous avons appris qu’autant Monsieur Burel adorait les ocres, autant il exécrait le vert Véronèse ! Je voulus en avoir le cœur net chez moi. J’ouvris un tube de cette couleur, en sortis une noisette de peinture d’un beau vert turquoise et ne compris que lorsque je voulus l’étaler avec un pinceau : le beau vert se muait subitement en un vert criard et électrique du plus mauvais effet. Défaut de la marque que je ne citerai pas ?

Ma peinture enfin corrigée, je me souviendrai toujours que je n’étais vraiment pas fier du résultat ! Je regardais avec une envie non feinte les œuvres de certains de mes camarades que je jugeais à l’égal d’un Rembrandt avec ses fameux « clairs-obscurs », d’un Léonard de Vinci ou d’un Géricault !

Je ne pus donc retenir que la leçon sans jamais avoir pu l’appliquer avec efficacité : l’essentiel est de peindre ce qu’on veut montrer et non de peindre ce que l’on voit ! Car hélas, malgré le talent de notre professeur, jamais je ne parvins à faire d’incontestables progrès en la matière et me bornais à ne concentrer mes efforts que sur le seul dessin. Je savais désormais pertinemment que jamais je ne deviendrais artiste peintre, pas même peintre en bâtiment.


 


 
   

 

 

Le Chasseur de La Garde par Géricault. (1791-1824).

Une illustration ouverte a la page du Michaud et Lagarde,classe de 3ième...

 

 

 

 


                                                                                                  
Une autre vision d'un  Livre ouvert ,par Juan Gris,un  ami de Picasso:


Mais entre parenthèses,avez vous déjà vu un Livre Ouvert fermé ?

Une dédicace d'Eluar à Picasso qui aurait plu a Burel :

 "Par ton audace,

  tu prolonges notre vie,

  tu nous lies chaque jour

  un peu plus

  à cet univers sans defaut

  où notre espoir

  ignore les mirages."

 

     


     "Mais la meilleure leçon que nous ayons reçue de la part de Monsieur Burel fut en réalité une leçon de… physique. Elle nous fut donnée en classe de troisième, dernière année où nous étaient dispensés les cours de dessin au lycée Gautier. Je vous la raconterai dans ce prochain chapitre ":

 


Burel et la petite leçon de… physique

 


"Les séances de dessin et de peintures se succédaient avec plus ou moins de bonheur pour moi avec ce même professeur (excepté en classe de 5ème où « Ramsès » - pardon : Monsieur Bénisti - prit momentanément sa succession) : incontestables progrès en dessin, mais toujours des faiblesses (dixit Burel) en peinture.

            Se travaillèrent ainsi les dessins d’une statue (de Cicéron ?) dans les plis de sa toge, le buste de César aux yeux mornes, la peinture d’une bouteille vide (en… vert bouteille évidemment et pas en vert Véronèse !), d’une affiche publicitaire etc.

            Puis un jour, Burel nous demanda de venir au cours prochain avec une glace de poche (pas un « créponé » ! Un miroir !) Il désirait en effet que nous fassions notre autoportrait. Il nous fallait tout oublier des leçons de dessin précédentes ! En effet, il convenait de réaliser cette fois une œuvre ressemblante, mais ni une caricature, ni le portrait du voisin  (ce que certains petits futés avaient tenté de faire mais entreprise vite abandonnée car on ne pouvait tromper la vigilance de Burel) ! Faire son autoportrait c’est comme faire son autocritique : difficile d’avouer tous ses moindres petits défauts !

            Et, au cours suivant de dessin, la classe entière s’est mise au travail avec entrain, un œil sur la feuille de Canson, l’autre sur le miroir calé devant soi, à bonne distance, avec décontraction mais sérieux, connaissant bien à présent la pertinence de l’enseignement de Burel."


 
 

 

 

 <------------------>

 



                                                                                                  

 

                                                                                                             Auto portrait.......Il me reste  quelque chose des leçons de M. Burel, non ?)

          


"Ce fut plus long que d’habitude. Dame ! Tout un visage, et pas seulement une main ou des yeux au regard mort comme celui du buste de Jules (César) ! Et, à chaque séance nous nous demandions mutuellement : « Est-ce ressemblant ? »Et, à chaque fois ou presque, la réponse était « Bof ! ». Chacun pensait évidemment que la jalousie du voisin l’emportait sur sa sincérité, car, bien sûr, chacun s’imaginait avoir réalisé l’autoportrait le plus ressemblant qui soit ! Certes, pour quelques-uns qui savaient bien dessiner et dont la symétrie du visage était assez remarquable, la ressemblance était réelle, mais pour la majorité…"

 

            L’explication nous est venue de Burel lui-même !

 

-        Lorsque vous faites un autoportrait par le truchement d’un miroir, vous dessinez en réalité un portrait inversé car l’image « dans » le miroir est elle-même inversée. Comme vous vous êtes toujours vu par l’intermédiaire d’un miroir, les traits qui vous sont familiers ne le sont pas pour votre voisin qui vous voit en revanche tel que vous êtes. Et comme la symétrie dans le corps humain n’existe pas, il ne vous voit pas exactement comme vous vous êtes dessiné !

 

           " CQFD aurait dit « Amédée » (Monsieur Mas). Belle petite leçon de physique optique aurait avoué « P’tit sac » (Monsieur Vandevelle) !

            J’ai obtenu une bonne note sur ce dernier dessin (Le professeur n’avait pas demandé de le peindre !) et je pouvais quitter Monsieur Burel avec la satisfaction d’un élève conscient de ses méritoires efforts. L’année suivante, triste d’avoir à quitter ce lycée qui avait abrité mes chères études pendant quatre ans, je rejoignais les élèves de Bugeaud en classe de seconde."

 

           " Adieu Gautier, adieu Burel, adieu tous ceux que j’ai aimés, mes camarades comme mes professeurs (pour ceux-ci, à quelques exceptions près !) Adieu rue Hoche, rue Michelet, Parc de Galland et boulevard Galliéni ! "

 

                                                                      

                                     EPILOGUE

 

          "  Mai 1964. Besançon (Doubs) en Franche-Comté. Temps printanier comme seule la région de l’Est de la France peut en offrir à ses habitants, doux et embaumant dans un léger vent d’est aux effluves lointains de charmes, de tilleuls et de sapins qui parvenaient à passer à travers les murailles de sa citadelle.

 

            Avec un camarade compatriote philippevillois prénommé Maurice (Môôôrice !) rencontré là par le seul hasard de nos pérégrinations respectives, à la recherche d’un emploi nous permettant la poursuite de nos chères études, nous tombâmes en arrêt dans la Grande Rue, près du Palais Granvelle et du Kursaal où nous suivions tant bien que mal des cours de droit, devant une entrée encombrée de personnes en belle tenue qui menait à une salle elle-même emplie d’hommes et de femmes en pleine discussion animée !

 

            Un grand monsieur nous demanda alors très poliment mais énergiquement d’y pénétrer. Ainsi que nous eûmes l’occasion de nous en rendre compte immédiatement, nous avons été invités malgré nous au vernissage d’une exposition de peintures d’un artiste local dont nous n’avons même pas retenu le nom. Nous avons fait comme tout un chacun et nous nous sommes promenés à examiner une à une les toiles exposées, certaines fort belles à mon goût, d’autres nettement moins appréciées de ma part (mais on sait que la peinture et moi…)

 

            Au bout de longues minutes d’examen plus ou moins intéressé, nous passâmes à l’apéritif d’honneur offert par je ne sus qui (l’artiste peintre ou le propriétaire de la galerie ?). Maurice et moi étions à cette occasion assez satisfaits de cette collation inattendue et inespérée qui nous permettait d’économiser quelques francs pour le repas du soir ! Après les discours d’usage de diverses personnes dont nous ignorions même la fonction, c’est alors que nous fut présenté à tous deux le… livre d’or !

 

            Grosse surprise et gros embarras ! J’ai  pensé par la suite  que, malgré notre jeunesse apparente, toutes ces personnes nous avaient confondus avec des envoyés spéciaux de je ne sais quel journal d’art afin d’appuyer de quelques commentaires dithyrambiques le vernissage en question. Pas l’envoyé du quotidien local (« L’est républicain ») qui était bien présent, appareil de photos en main. Peut-être également des envoyés de je ne sais quelle académie des Beaux-Arts. Il est vrai que j’avais toujours par-devers moi, mon éternel attaché-case qui contenait tous mes trésors de l’existence présente (diplômes, papiers d’identité, certificats divers d’emploi etc.)

 

            Nous nous efforçâmes donc, Maurice et moi, à inscrire sur le fameux document quelques annotations fort élogieuses sur les toiles examinées, et, comble de perfectionnement, chacun de nous deux a mis en exergue l’une d’entre elles (choisie évidemment selon la logique du hasard !) particulière parce que ceci, parce que cela… en vrai connaisseur d’un art que nous paraissions posséder à la perfection !

 

            Mon camarade Maurice, facétieux comme tout « Pied-Noir » qui se respecte, voulut signer Utrillo ! je l’en dissuadai et il signa alors simplement Maurice.

           

            Quant à moi, en toute humilité, je signai… BUREL ! En hommage au professeur admiré et respecté. Burel qui, en matière d’art, occupait toujours entièrement mon esprit !

 

            Merci, Monsieur Burel ! Merci encore ! Vous avez certainement pu voir que votre enseignement n’a pas été tout à fait perdu : il m’a fait devenir, pour un éphémère instant certes, mais à un moment vraiment judicieux, un critique d’art fort compétent !

 

                        Que, du paradis des artistes où il se trouve actuellement, il veuille bien continuer à me pardonner cette usurpation d’identité dont je ne peux atténuer la gravité qu’en invoquant les nécessités d’une existence précaire et encore pleine d’imprévus, la fougue et l’imagination mise au service de ma jeunesse l’ayant emporté sur la sagesse d’un artiste tel que lui."


                     

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 09:48
                         Rectification en partie enfumée...

               BUREL et le grand prix artistique d’Algérie.

 
"J’ai lu avec un plaisir empreint d’émotion un texte de Georges Lévy (« Burel et la 6ème A2 ») dans un « blog » de l’ES’MMA. L'article m'a fait remettre en mémoire ce digne professeur, qu'aucun élève, fût-il nul en dessin et/ou peinture, n'osait jamais chahuter, tant il paraissait sympa, courtois et pédagogue tout à la fois. C'est avec une peine réelle que j'ai appris son décès récemment.

        Je relève pourtant dans l'article une inexactitude de l'auteur que, pour la mémoire de ce cher professeur, je voudrais rectifier (l'inexactitude, pas l'auteur, qui a droit à tout mon respect, comme tous les "Gautieristes" !). Il y est écrit aux lignes 13 et 14 (je cite) :

"... de ses longs doigts jaunis de nicotine..."

         Hé bien non ! Je regrette cette erreur, pourtant commise de bonne foi. Si Monsieur Burel avait les doigts jaunis, ce n'était certainement pas de nicotine, mais, plus vraisemblablement d'une quelconque peinture (Gouache ou Pébéo) d'une teinte ocre qu'il affectionnait particulièrement (ocre jaune, ocre rouge, terre de Sienne brûlée), en tous cas pas de vert "Veronese" qu'il exécrait !

 Non ! Monsieur Burel ne fumait pas !

         Certes, lorsqu'il obtint le grand prix artistique de l'Algérie en 1958 (voir Jacques Burel "De ronce et de froment" par Georges Busson dans ce même site), le quotidien (l'"Écho d'Alger" ?) qui lui consacra un article de presse appuyé d'une photo le montre avec une cigarette. Mais, il nous l'avait avoué quelques jours plus tard en classe de 4ème, dans son atelier de cours, pour couper... court à nos félicitations : Le photographe de presse lui avait signifié que la photo serait "plus mieux bien", comme on disait en pataouette, si le lauréat se présentait "la cigarette au bec". Il lui mit donc d'autorité une "clope" entre les lèvres et un paquet dans la poche droite de sa saharienne.

         Cette explication ne vous suffit pas ? Poursuivons.

         1) Il n'y a aucun cendrier sur la table ! Un professeur tel que Burel ne s'abaissait pas à jeter les cendres de sa cigarette n'importe où, lui qui aimait l’ordre et la propreté et qui nous faisait jeter le contenu de nos boîtes de rinçage des pinceaux systématiquement à la fin de chaque séance, sinon avant, dans les paillasses prévues à cet effet.

         2) Il n'y a pas de fumée de cigarette sur la photo. Regardez bien : elle est bien éteinte. Que voilà un bon fumeur ! Et d'ailleurs, vu sa position, si fumée il y avait, elle lui serait rentrée dans les narines et les yeux ! Pas bon pour un fumeur ! Encore moins pour un artiste !

         3) Le paquet de cigarettes est dans la poche droite de sa saharienne.

    a) Il est ouvert. jamais un fumeur ne met de paquet de cigarettes non fermé dans sa poche, surtout avec le rabat de l’étui du mauvais côté.

    b) Il est dans sa poche... droite ! Or, tout fumeur droitier (comme Burel) aurait mis le paquet dans la poche... gauche !

         CQFD. Élémentaire, mon cher Watson ! "

         Le Sherlock Holmes de service, alias Daniel Kannengiesser.

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                                            --
Yves Emsellem


Si l'ordre alphabétique n'est plus respecté,c'est que j'ai voulu garder pour la fin un envoi d'Yves qui a la chance extreme de pouvoir contempler chez lui deux tableaux a l'huile de Jacques Burel. Je le laisse parler:

"Mon Père vendait de la musique, à Alger, comme on disait, nous ôtres, à l'époque, les puristes disaient "en Alger". C'était Ultraphone Radio, maison fondée en 1938, petit magasin rue Michelet à côté du bar de la Renaissance, près de l'Avenue Victor Hugo, au dessus du lycée Gautier, près  de la rue Dujonchay, la rue du cinéma  l'ABC.
J?avais quitté le lycée Gautier quand Jacques Burel a fait une exposition avec son amie dont le nom ressemblait à Maria Lecszinska. Nous sommes restés pantois devant son oeuvre 'Bateau poisson redevient arbre'. Cette femme a changé notre vision du monde. Jacques Burel avait exposé un petit tableau du port de Collioure, un ravissement, tout petit, merveilleux, j'ai encore dans la tête les pierres et l'escalier qui descend vers la mer. Et les couleurs. J'en parle à mes parents. Mon père et Jacques se connaissaient bien car Jacques était mélomane. Il adorait la musique. Dès qu'il avait deux sous il se précipitait pour écouter les dernières merveilles. Son seul problème était son électrophone antédiluvien. Mes parents adoraient la peinture. Ils sont donc revenus de l'exposition emballés, sans le petit port de Collioure déjà parti, hélas, avec un amateur raffiné. Mais ils avaient été frappés par la Repasseuse où l'on trouve effectivement la leçon de Burel : 'ne croyez pas que la chair est rose, si vous regardez bien le visage d'une personne, vous y verrez des ombres vertes'.  
Et la Repasseuse avait ces merveilleuses ombres vertes. Bien sûr, les rayures de son pull marin -on ne disait pas T-shirt à l'époque, voyons- sont tout à fait bretonnes.

Et Dieu créa la femme,et "La Repasseuse "....



Ce modèle était-elle l'amie de Jacques Burel ?

"Et la lumière du port d'Alger, mes parents ne l'avaient encore jamais vue comme sur ce tableau :  Burel en a fait un port breton."

 

 (Certes le flash n'a pas réussi à percer les couleurs glauques des eaux du Port,mais cette oeuvre est une interprétation toute Burélienne.
Concentrez-vous sur le détails précis de ce tableau.En fond dépasse le célèbre ponton-grue "Atlas" qui pouvait soulever des dizaines de tonnes.Le Père de Jacques Abbonato (d'Essmma),en était le "Bosco".
Cet engin,grace à ses ballasts pouvait modifier son inclinaison suivant les charges.Il était unique en Algérie et a participé aussi à toutes les constructions de Jetées.Dans les tableaux vaporeux d'Albert Marquet,il y figure souvent ).

"A
lors mon père et Burel ont fait du troc : les deux tableau contre une belle chaîne, des haut parleurs, des disques, et encore des disques. Ils étaient tous les deux ravis, pas d'argent entre amis.  
Quand mes parents nous ont quittés, ces deux tableaux sont venus orner mes murs, la Repasseuse au dessus de la commode et le Portd'Alger face aux canapés, la repasseuse nous accueille le matin, le port nous plonge le soir dans la perplexité."
"Mon père est resté en Algérie en 62. Nous étions chez nous depuis des siècles, depuis que les marchands de Livourne et les émigrés d'Espagne s'étaient installés. Franco, tiasardcom ya Franco, a faire l?inventaire des noms juifs d?Espagne en cherchant dans les cimetières.
Nous avons ainsi su qui était le premier ancêtre espagnol en 1492. Ma mère était une fille Migueres et son grand père a vécu à Lisbonne. En passant à Lisbonne, je parle de mon ancêtre portugais à un ami qui me dit 'ce n'est pas un nom portugais'. Mon oncle, Paul, me dit en riant, à la Bourboule  : ton ami a raison, c'est Espagnol, une déformation de l'Emigré. L'ancêtre qui n'avait pas voulu se convertir au catholicisme était le grand argentier d'Isabelle la Catholique. Quant à mon père, pôur ne pas être en reste, sa mère, est une fille Acrif dont le grand oncle était, comme Roland, le petit poète du Canard, Bacri du coup d'éventail dont la mère est aussi cousine de ma mère?Quelle choukchouka ! "


Je me souviens précisement d'un Burel posant un jour,assis,les jambes croiséesJe l'avais esquissé au crayon et  meme par souci inutile d'exactitude,avait détaillé la semelle  crénelée de ses Pataugas ! (Croquis,qui hélas n'a pas suivi l'intendance !).A ce sujet,Yves m'a précisé,car un souvenir en appelle un autre  :

"Cette histoire m'est revenue complètement à l'instant, Burel avait auparavant acheté une paire de chaussures élégantes qui lui faisaient mal et, un jour qu'il grimaçait, toujours au magasin où il allait souvent, mon père lui dit "écoutez, il ne faut plus souffrir comme ça, achetez vous une paire de chaussures" ...
  
"Tout comme P...., matraqué par les C.R.S. qui était arrivé un matin avec un énorme pansement sanguignolent sur le haut du crâne, Jacques Burel était un libéral, souvent pris à partie par les ultras qui l'avaient secoué une paire de fois. Très pacifique, il en avait gardé de mauvais souvenirs......
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 Un jour, il arrive au magasin de mon père, avec un
 air ravi, il avait une nouvelle paire
de chaussures.
 Bon elles n'étaient pas 
belles, c'était dans le
 genre pataugas, mais, d'un air ravi, il confie à mon père :
"si vous saviez comme on court bien avec" !!....





Je remercie vivement tous ces amis qui ont reussi grace à leurs envois à
  nous faire revivre les heures enchantées passées dans la classe de Jacques Burel.Cette Galerie sera toujours ouverte aux nouveaux venus pour l'enrichir
de souvenirs et d'illustrations à la Mémoire de notre Professeur,Breton de naissance, et Algérois de choix.
 

                       Ancienne carte postale humotistique de Chagny:
                          "Arriverons à 13 heures..belle mer (mère!)"

Adieu aux Armes,adieu sans larme,parceque les parents ne voulurent  pas pleurer devant les enfants de Burel,mais tous restons fiers de notre  passé.Les plus heureux avec leurs valises,mais durent abandonner  les cercueuils des chers regrettés aux ronces et  surtout aux méfaits de l'homme.
Les plus éprouvés durent partir sans rien savoir de  leurs malheureux  disparus,enlevés et sans tombeau.
Un demi-siècle s'est écoulé et la Vérité sur notre Histoire lutte  comme une jeune graine que nous avons semée au retour en métropole, pour  percer la dure terre gelée de France.Arrosons la sans cesse  de nos souvenirs pour que la Justice enfin éclose au grand jour.

Chagny,le caricaturise Algérois des années 1900,n'imaginait pas que le Pied-Noir retournerait ainsi  pieds-nus en France .
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 09:26


Daniel  Kannengiesser

     "Je suis parti d’Algérie sans pouvoir emporter de documents superflus, hormis mes pièces d’identité, sans emporter de photographies de mes lieux de vie antérieure, pas même ma collection de timbres des colonies, patiemment rassemblée au bout de quelques années, encore moins de documents ou d’anciennes affaires scolaires, dont je me souciai peu, à l’époque de la grande débâcle, de leur utilité future pour les besoins de la Grande Mémoire des déracinés de l’espace natal.
     Mais mon ordinateur cérébral, qui fonctionne encore à l’énergie neuronique, exempt de tout virus, excepté celui de la « scriptomania » (ne cherchez pas, c’est un terme que je viens d’inventer), à la mémoire quasi intacte puisqu’il suffit de lui signaler un « mot-clé », mon ordinateur cérébral disais-je, vient à la rescousse pour ressortir du néant et restituer à une existence moins végétative plusieurs épisodes, les uns sérieux, les autres charmants, d’autres enfin plus anodins, de ma trop courte jeunesse algéroise. Métempsycose d’un nouveau genre : celle de l’esprit et de l’âme et non plus celle du corps.
     Ainsi en est-il de « Burel ».
     Burel ! Que de souvenirs qui remontent à la surface à la seule évocation de ce nom ! Il était un de ces professeurs atypiques du lycée Gautier (et je pense même de tous les établissements d’enseignement secondaire d’Alger, sinon d’Algérie).
     Professeur ? Non ! Camarade ou copain ? Pas davantage ! Il était, à nos yeux de lycéens, non pas Burel mais Monsieur Burel. Pour un peu nous serions allés à lui donner du « Maître Burel », car il était non pas craint, au contraire, mais respecté voire admiré tant dans sa façon d’enseigner son art que dans son aspect physique, sa démarche et sa nonchalance feinte. Front haut, chevelure légèrement dégarnie au sommet mais plus longue que la normale sur la nuque (à l’époque, s’entend), voix douce mais bien audible.
     Bref, un personnage pétri de charisme comme on dirait aujourd’hui. Ses élèves disaient seulement de lui : « un prof chouette ». Et cela suffisait pour éviter le chahut de collégiens que d’autres professeurs subissaient au détriment de leur cours, fussent-ils excellents !"
                             

BUREL et le masque de Michel-Ange :
 
"Un jour, en entrant sagement dans l’atelier de cours de dessin du lycée Gautier, nous vîmes, posée bien en évidence sur ce qui servait de bureau ou de piédestal, une moulure en plâtre représentant une hideuse tête de personnage qui paraissait, soit souffrir énormément mais en silence, soit se moquer de nous ouvertement."
                                                                                                                       Le fameux masque est au bas de la statue,a droite et incliné.
Moulage De La Nuit (Monument Funéraire De Julien II De Médicis, Florence)

Auteur : Michelangelo Buonarroti (1475-1564), Michel-Ange (Dit) (D'Ap




   Allégorie de « la Nuit » sur le tombeau des Médicis à Florence

 
 
« Monsieur » Burel nous expliqua qu’il s’agissait du masque de Michel-Ange (Lodovico Buonarroti Simoni dit Michelangelo). Je n’avais pas compris sur le moment si c’était un masque mortuaire que Michel-Ange avait modelé de ses mains ou s’il s’agissait d’un masque fait à partir du visage de Michel-Ange lui-même. Peu importait après tout    puisque, à la demande du professeur, il nous fallait le dessiner.
Après quelques minutes à nous retracer, à grands traits, la vie du grand artiste, il nous intima l’ordre de nous y atteler sans plus tarder. Et de parcourir aussitôt les rangs, entre les pupitres, conseillant l’un, rectifiant l’ébauche d’un autre, ajoutant un commentaire sur le travail d’un troisième ou demandant de changer de crayon (pas de crayon H, trop dur, s’il vous plaît, utilisez plutôt un crayon à mine graphite HB) ou de gomme (jetez-moi cette gomme plastique, ça laisse des traces !) etc.
Quant à moi qui essayais tant bien que mal de suivre ses recommandations, j’entrepris avec circonspection la grande œuvre à petits coups de crayon timides et peu assurés, tant j’avais la hantise d’user prématurément mon crayon, ma gomme ou ma feuille de « Canson ». Mais Burel, passant plusieurs fois derrière moi, semblait apprécier mon travail, puisque jamais il ne me fit part d’un quelconque désaccord sur ma façon d’opérer.
Après environ un trimestre de ce régime (une heure de dessin par semaine, ça fait à peine dix heures dans le trimestre !), mon dessin était pratiquement terminé et j’étais fier de sa ressemblance presque parfaite avec le modèle. Mais j’eus le tort de l’exhiber triomphant au maître ! Il se pencha sur mon travail, prit d’autorité mon crayon et, de plusieurs coups grossiers mais précis et très appuyés, rectifia sans hésiter « mon masque »  que je jugeais à présent complètement dénaturé ! Devant mon air chagriné il prononça à peu près les paroles suivantes : « Si vous appuyez un peu plus sur le crayon, vous mettrez en valeur les traits principaux de votre dessin et le reste du visage sera davantage mis en évidence. De plus, si vous ajoutez de l’ombre là, et là et là, vous donnerez du relief à votre dessin. Vous, vous avez dessiné un masque de carnaval et non une sculpture ! » Et de griffonner alors à même mon « Canson » plusieurs traits d’ombre autour des orbites, de la bouche ou d’une aile de nez. « Vous voyez ? C’est mieux ! Poursuivez comme ça ! » Je murmurais un oui peu convainquant et peu convaincu et le maître s’éloigna pour prodiguer ses « soins » au reste de la classe.
Je pris une nouvelle feuille de Canson et me remit rapidement à l’ouvrage pour rattraper le temps perdu en essayant de suivre l’enseignement du professeur. Il m’avait appris à « donner du relief », à appuyer et épaissir mes traits de crayon, à porter les ombres où elles devaient être, mais mon nouveau dessin, certainement meilleur que le précédent, n’en fut pas pour autant affiché au tableau d’honneur des artistes en herbe. J’avais encore beaucoup de progrès à réaliser !
Et ce n’est qu’à la fin de cette « épreuve » que nous sûmes que le plâtre qui nous avait tant donné de mal était en fait intitulé « le masque de la Nuit ». Ce masque était bien un vrai cauchemar ! même si, paraît-il, il a été confectionné d’après les véritables traits du visage du grand artiste de la renaissance italienne."
            
Pour évoquer l'esquisse de Daniel restée à Alger,voici celle de Henri Chapus qui dessina la statue en entier,et meme agrandit un peu le masque !
Album Chapu Henri  (1833-1891)-53-, folio 42, dessiné au recto ; Carnet recouvert de papier gris beige comprenant 62 feuillets numérotés, avec un croquis sur la couverture. Ce carnet offre des croquis d'après l'antique, et au folio 42 une étude d'après la Nuit de Michel-Ange. H : 0,117 ; L : 0,180





Daniele Sterkers

Hélas, il ne me reste rien de mes cours aux vieux Beaux Arts d'Alger, sinon un bon souvenir !
Mes parents avaient bien emporté un dossier renfermant "mes oeuvres", au fusain ou à l'huile, dans lequel figurait également mon "diplôme" de l'école du jeudi (!)vraisemblablement co-signé par Jacques Burel, mais par erreur notre cave à Paris a été confondue avec l'une de l'ex-Office de l'Algérie et entièrement vidée direction la décharge...
Adieu souvenirs et même "reliques" : le dernier carnet de poèmes et de croquis de mon père (qui écrivait aussi bien qu'il dessinait et jouait du piano).
Je tenais beaucoup à ce carnet enfermé dans une "petite" valise au milieu de mes "petits" secrets de "petite" fille et sa perte m'a procuré beaucoup de chagrin.
Il faut savoir ne pas attacher de valeur aux choses matérielles n'est-ce pas?
 
Nous avons été nombreux à suivre les cours de Jacques Burel (un très chic type). Normalement (mais avons-nous vécu quelque chose de normal à l'époque?) vous devriez récolter  de quoi alimenter une "exposition".

Merci de ce message émouvant. Par miracle pourtant quelques dessins ont franchi le Rubicond.(La Méditérranée traverse la France,comme la Seine traverse Paris !).Mais les souvenirs,eux,sont impérissables.

                                         (
Suite :Cimaises-5 )
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 07:35

Georges Lévy


Un grand merci a Jacqueline Simon qui de passage à Alger,l'été 2007,a pris le cliché ci-dessous,se souvenant d'un de mes messages.
Cet escalier relie le Boulevard Victor-Hugo à la Rue Edmon-Adamd qui débouchait au bas de la rue Hoche,au pied du Lycée.De la rue Sadi-Carnot,c'était le chemin le plus court pour arriver à Gautier.
En haut des escaliers,je rencontrais mon camarade de classe Jean Boizis,éléve brillant  qui me permettait de copier en hate sur la rambarde sa traduction de version latine.Après nous jouions à nous tirer dans les jambes avec le célèbre pistolet "Pneumatir".De conception simple et géniale,comme dans les Westerns pouvait tirer mille coups sans faille.Bati selon  le principe du ...sphincter
que nous avions étudié en Sciences-Naturelles,le plomb sphérique se présentait devant une membrane en caoutchouc,qui ne laissait passer la grenaille que sous la forte pression d'une poire placée dans la crosse et actionnée par les doigts.Le plomb libéré et violement propulsé piquait les bras et les jambes.Une fois je pris du plomb,non dans l'aile,mais dans l'oeil ! De toutes façons,le voisinage excédé par la musique du mitraillage dans leurs carreaux nous chassèrent de notre territoire d'indiens.
Jean hélas,est décédé bien jeune,après avoir terminer ses études de Chirurigie Dentaire.Son père,dentiste en renom,avait son cabinet rue Sadi-Carnot.Dans le petit hall d'entrée,je me souviens de deux tableaux à l'huile représentant très fidèlement son père et sa mère,oeuvres de Jacques Burel,sans doute en remerciement de soins.
C'est Nicole,la soeur de Jean qui,il y a quelques années m'avait annonce la triste fin de son frère.



Avec les années la mode est revenue aux robes longues....



Cette gouache,celle du Marchand de Beignets de la Rue Meissonier,pèse son poids de couches de peinture épaisses, ajoutées à chaque modification à tel point que le Scanner avec peine s'est refermé ! C'est en revenant des Groupes Laiques (le G.L.E.A.),que mon frère m'offrait des beignets sucrés brulants juste sortis du four.Mais il y avait aussi des piles de Makrouds aux dattes et de Zlabias au miel non moins tentants.J'étais plus chanceux que ces rapins obligés de céder leurs oeuvres pour une bouchée de pain....
Mais voici pour corriger cette oeuvre d'enfance un superbe 
"Marchand de Beignets",peint par Léo Nardus,qui a visité l'Algérie.
C'était un peintre Hollandais (et un mécène de Joueurs d'Echecs !)



Revenons en classe.Le sujet:la corbeille à papier !
Ce n'est si simple,car l'osier jaune doit s'imprégner des couleurs
environnantes comme nous l'expliquait Burel.



Le Maitre a corrigé le naperon rouge qui porte sa griffe !



Burel a posé une heure durant.Veste verte,oui,mais où suis-je allé
chercher  cette couleur bleue du pantalon ? Et les chaussures...oranges ?
Notre Prof chaussait presque toujours des..."Pataugas".
(Vous en souvenez-vous,elles furent interdites à la vente car elles
étaient très prisées dans les Djebels !



Devoir de maison:imaginer une Enseigne.Alors j'avais dessiné celle
d'une auberge:"A l'Ecureuil".Cette bete ressemlait plus à un chat
en colère.Alors Burel en passant dans les rangs ne put s'empecher
de saisir mon pinceau,et en quelques coups magistraux dans un coin
du papier dessina ce vif écureuil,croquant une noisette.J'ai agrandi
cette esquisse,et maintenant je possède une Oeuvre du Maitre...

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