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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 12:34
Ces Africains viennent de loin,de la métropole, déportés de 1848 , de l'Alsace-Lorraine occupée de 1870,de l'Espagne de l'Inquisition  comme plus tard de l'Espagne républicaine fuyant Franco,de l'Italie ,de Suisse,de Grèce et de presque tout le bassin méditerranéen.Mais aussi avant existaient  les autochtones lointains,chassés après la Destruction du 2ièmeTemple de Jérusalem par Titus,établis dans les Comptoirs de Tipasa et plus tard  ayant vécu dans le royaume  de la Reine Kahena vaincue en Kabylie par les arabes en l'an 600.Peu importe cette mosaique,à l'arrivée de la France,tous formèrent  un peuple sous le meme drapeau tricolore,parlant outre leurs idiomes la meme langue véhiculaire,chacun apportant la richesse de son héritage spirituel et s'enrichissant des différences du voisin.
J'ai extrait les informations suivantes et images  du site sur l'Armée d'Afrique,dans un but de mémoire et vous en trouverez aussi dans la revue de l'Algérianiste.


L'Armée d'Afrique sous le Second Empire : officier et zouave de la Garde impériale,
tirailleur et spahis algériens, officier et cavalier de chasseurs d'Afrique


Chasseur d'Afrique, 1853-1860

i
Officier de chasseurs d'Afrique avec l'étendard
du 4e régiment, Second Empire


Tirailleur algérien vers 1860



Extrait du site: orleansville.free.fr Rubrique le Souk
C'est nous les Africains
  " Lors de chaque réunion d'anciens combattants, il est de tradition d'entonner quelques chants traditionnels. Il est rare qu'un des participants ne lance "Le Chant des Africains'' qui remporte toujours un franc succès. C'est avec allant et émotion que les Anciens d'Algérie, au garde-à-vous, reprennent en choeur cet air fameux. C'est une façon de se souvenir de ceux qui sont tombés "là-bas'' et de leur rendre hommage.
   Lors des commémorations officielles des guerres passées, les fanfares et les cliques interprètent régulièrement cet air de tradition, symbole du souvenir de l'éternelle Armée d'Afrique. Il accompagne très souvent notre Marseillaise. Il n'est pas un ancien d'Algérie qui n'en connaisse au moins l'air, sinon les paroles du refrain. Les couplets en sont moins connus et l'origine de ce chant est obscure pour beaucoup. Il est de coutume de penser que cet air date des années 43-44 car le Corps Expéditionnaire Français en Italie était composé presque exclusivement de soldats d'Afrique du Nord de toutes origines.
  De fait, ce chant date de 1915. La Grande Guerre se prolongeant, occasionnant des pertes effroyables, la France dût faire appel à tous ses enfants, y compris ceux d'Algérie, Maroc, Tunisie, d'Afrique Occidentale et Orientale Française et d'Outre-Mer. Les paroles sont attribuées au Commandant REYJADE qui, en 1915, écrivit une marche destinée à ses Tirailleurs Marocains et dont le titre était " C'est nous les Africains qui arrivons de loin. ".   La musique est du Sous-Lieutenant Félix BOYER, Chef de la musique de la XIVe Division d'Infanterie. En 1940, Félix BOYER, devenu Capitaine, est fait prisonnier mais, comme ancien combattant de la 1ère Guerre mondiale, il est rapidement libéré. Il est alors appelé pour organiser la musique régionale des Chantiers de Jeunesse en Afrique Française du Nord par le Général de la PORTE du THEIL, le fondateur des Chantiers de la Jeunesse Française. Le Colonel Alphonse S. VAN HECKE crée le 7ème Régiment de Chasseurs d'Afrique à partir des Chantiers de Jeunesse. Le Régiment est incorporé aux réserves générales de la 1ère Armée Française et équipé de Tank-Destroyers (TD). Le Capitaine BOYER reprend la version initiale du chant de 1915, destinée aux Marocains, pour l'adapter aux Africains. "Les Africains" devient le chant traditionnel des Chantiers de la Jeunesse Française d'Afrique du Nord. Il est chanté dans tous les Groupements, à Rabat, à Alger, à Constantine, à Tunis. Le Capitaine BOYER, nommé Chef de musique de la garnison d'Alger, donne une nouvelle vigueur au chant des Africains qui devient le "Chant de guerre des Africains''. L'Armée d'Afrique reconstituée adopte aussitôt ce chant martial et flamboyant. Il sera interprété et joué dans toutes ses campagnes de Tunisie, de Corse, d'Italie, de France et d'Allemagne. Les rutilantes noubas de nos Régiments d'Afrique ont fait retentir les accents des "Africains'' dans toute la France et dans une grande partie de l'Europe. Voilà qui explique son immense popularité.
   Jacques TORRES
   A propos du chant " C'est nous les Africains " On a beaucoup écrit au sujet de ce chant que certains qualifient de chant de l'O.A.S. (sic) ; faut-il y voir l'ombre de l'excommunication, déjà encourue du fait de l'occupation allemande en 1941-1942 ou la manie des anti-France, de montrer du doigt tout ce qui leur paraît " politiquement incorrect "
   Nous avons publié par deux fois, dans les n° 92 de décembre 2001, p. 119 et n°100, p. 112, de ''L'Algérianiste'', l'histoire de ce chant.
Mais il restait un point d'ombre : qui était le fameux commandant Reyjade. La légende, et non pas l'histoire, dit que le commandant (sic) Reyjade, des Tirailleurs marocains, écrivit en 1915, une marche destinée aux troupes marocaines, qui commençait ainsi : " C'est nous les Marocains qui arrivons de loin ". Une autre source attribue le texte au sergent Bondifala et au tirailleur Marizot, en 1915, sur la musique de l'Hymne de l'Infanterie de Marine.
   Il est deux points sur lesquels nous sommes d'accord : année de création (1915), et la musique de l'Hymne de l'Infanterie de Marine. Mais pour le reste, à propos de Reyjade, nous nous posons la question : est-il vraiment commandant ? Il est inconnu des contrôles militaires de l'époque.
   Bien entendu parce que, plus prosaïquement, les paroles sont de Jeanne Decruck, en 1915 (pseudonyme de Reyjade). Décédée en 1954, elle était aussi connue sous le nom de Jeanne Breilh, Breilh-Decruck, ou Fay-Béryl (sources Sacem).
   Mais question que nous posons : qui lui a demandé de composer ces paroles ou si cela est à son initiative personnelle, en quelle occasion ? En 1940, le capitaine Félix Boyer fut libéré par les Allemands en tant qu'ancien combattant de la Grande Guerre. Récupéré à Alger par le général de la Porte du Theil, placé à la disposition du commissaire régional des Chantiers de Jeunesse Française en Algérie, Alphonse S. Van Hecke, il reçut la charge d'organiser la Musique d'Afrique du Nord à Hussein-Dey.
   Le capitaine Félix, Frédéric, Marius Boyer reprit la Marche de Armée d'Afrique composée en 1915. Les " Marocains " devinrent les " Africains " et le chant de gloire des Chantiers de Jeunesse Française d'Afrique du Nord dans les groupements, les districts, les sections de l'ADAC (Association des Anciens des Chantiers), à Rabat, à Alger, à Constantine et à Tunis. Nommé chef de musique de la garnison d'Alger, le capitaine Félix Boyer rebaptisa officiellement cet hymne : " Chant de guerre des Africains " (nous évoquons ces souvenirs dans l'algérianiste n°92, p. 119).
La Musique des Chantiers eut, à l'époque, une grande notoriété en Alger et région. La nouvelle Armée d'Afrique, avec l'intégration des Chantiers dans le 7e régiment de Chasseurs d'Afrique, adopta aussitôt ce " Chant de guerre des Africains " et l'emmena dans ses campagnes de Tunisie, de France et d'Allemagne. Le capitaine Félix Boyer, alias Grasso Boyer, est décédé en 1980 (sources Sacem).
   Lorsque Reyjade écrivit les paroles des " Africains ", seul un refrain (devenu) célèbre et trois couplets composaient ce chant. En 1943-1944, un quatrième couplet est venu s'intercaler entre le deuxième et troisième existant depuis l'origine. Ceci pour honorer les évadés par l'Espagne qui ont rejoint, au nombre de 25 000, l'armée d'Afrique.
   Ce chant jugé séditieux par l'occupant, fut interdit dès 1941 et il faudra attendre le débarquement américain du 8 novembre 1942 pour qu'il retentisse à nouveau sur la Route Moutonnière, au retour vers le Hamma.
   Nous, en mémoire des Dupont, Sanchez, Mohamed ou David d'Algérie tombés sur tant de chemins pour libérer la France, vibrons encore aux accents du " Chant des Africains " évocateur de souvenirs glorieux et douloureux.
   Ce texte n'aurait pu être écrit sans la participation active du président des Anciens du 7e régiment de Chasseurs d'Afrique, Alain Abdi et du capitaine Francis Josse de l'Amicale du 7e régiment de Chasseurs.
   Je remercie aussi Paul Rossignol pour sa communication à Lionel Faivre de " Un peu d'Histoire autour de ce Chant des Africains " et transmise par ce dernier à la chronique.
   Théo Bruand d'Uzelle, 39500 Tavaux "
                          
                        ***************************
Ce chant,comme il se doit,cloturera la fin de ce blog.




Les Turcos étaient revétus de gilets à passementerie,et d'une large ceinture de coton serrée sur le ventre pour protéger le soldat...des coliques.




Merci à Jacques Varlot pour ce cliché du défilé de Spahis,le long des boulevards.
Cette cavalcade superbe faisait sonner ses sabots sur le pavé.Avec la  chéchia rouge,la gandoura immaculée flottant au vent,les cavaliers avaient fière allure et il y avait toujours un cheval qui se rebiffait et rendait encore plus impressionante
leur apparition toujours trop brève à mon grès !



  

Monsieur Isaac Toubol,m'a fait parvenir ces souvenirs
de juste après-guerre 39/45.




La Légion défile le long des Boulevards Baudin et Carnot.
        

Isaac ,jeune homme pose devant les canons de14/18 du Parc de Galland.




Isaac,en haut,4ième à partir de la gauche,à l'Ecole de la Rue Daguerre avant la 2ième guerre mondiale.Tous ces enfants croyaient en la Liberté,Egalité,Fraternité enseignés par les instituteurs,jusqu'à l'arrivée des fascistes de  Vichy au pouvoir.



Il m'a écrit de Jerusalem :

"Pour moi, après avoir été renvoyé de l'école de la rue Daguerre en 1941 comme juif,comme mes deux frères,je me suis mis au travail, et j'étais employé comme "clerc-saute-ruisseau" (coursier) à l'etude de Me MENET, notaire 2 rue de la Liberté à Alger, fin 41. Après avoir porter un dossier à l'étude de Me HACOUN-CAMPREDON avoué dans une rue adjacente au square Bresson, au retour, j'ai ete interpellé au bas de la rue Dumont-d'Uville (au coinde la rue de la Liberté) par deux individus, qui portaient au revers de leurs vestons l'insigne de Vichy, une Francisque. Ils m'ont mis dans un camion (je n'avais que 14 ans) dans lequel il n'y avait que des adultes de plusde 20 ans.Ici j'ouvre une parenthèse, suivant leurs "réglements", ils ne devaient arreter que les Juifs de plus de 15 ans, et pour moi ils faisaient une erreur.J'ai été enfermé dans un Camp a Duvivier et ensuite transfereéà Bedeau.*.
Croyez-moi c'est vraiment une histoire très longue...je ne peux pas vous la raconter entièrement, celà prendrait des heures....sachez seulement qu'après avoir été libéré du camp,  j'ai fait de la résistance à Alger....je suis un de ceux qui avont accueilli le capitaine Pillafort, qui apportait les plans du débarquement américain pour la résistance algéroise ainsi que le mot de passe qui devait etre annoncé à la radio pour nous avertir que ce débarquement commencait c'était " ALLO ALGER ROBERT ARRIVE" ce pauvre Capitaine a été assassiné devant le Commissariat Central, Bd Baudin, d'une balle dans la tete par les vichyssois. Plus tard, face à ce commissariat, il lui avait été dressé une statue en bronze.Je voudrais bien savoir ce qu'elle est devenue.Vous savez j'ai tellement de souvenirs de toute cette époque que tout se bouscule dans ma tete et il est fort possible qu'il m'arrive de mélanger un peu les choses,non pas à cause de mon age, mais il y a presque 70 ans..."
Non Monsieur Toubol,votre mémoire est parfaite et votre témoignage précieux.
* Ce Camp infame était situé au sud  de Sidi-Bel-Abès et tenu par des militaires francais sadiques,un autre témoin a écrit :
"
  Renvoyé du lycée après l’abolition du décret Crémieux et bien que déchu de la citoyenneté française, Ephraïm, comme d’autres juifs de son age, furent incorporés sous les drapeaux. Chose étonnante s’il en est pour cette période de tyrannie, ces jeunes appelés avaient le choix d’intégrer des bataillons pétainistes ou comme mon grand oncle Alfred de se joindre au Bataillon des Pionniers Israélites (BPI). Ce que firent la plupart des jeunes juifs, ne désirant se retrouver aux côtés des « enfants de Pétain ».
   Conscrits dans la Légion puisque étrangers, mais pas pour autant faits combattants. Ils ne suivirent aucune instruction militaire. Ils furent envoyés à Bedeau, de sinistre souvenir, dans le Sud de l’Oranie, région inhospitalière, pour ce qu’il est plus juste d’appeler un camp de travaux forcés plutôt qu’un camp militaire. Vêtus de guenilles, privés de fierté soldatesque, mal nourris, brimés non pas pour les aguerrir aux épreuves du combat mais par pur sadisme. Il en fut ainsi jusqu’en Novembre 1942, date du débarquement des forces américano britanniques en Afrique du Nord "


Pour avoir une idée de la populaion en Algérie,voici un article extrait des Cahiers du Centenaire ,écrit par E.F. Gautier sur l'évolution en un siécle des populations en Algérie.Un extrait:
"
Les juifs algériens ont une importance du même ordre, mais plus grande. Ils sont là à peu près ce qu'ils sont plus ou moins dans l'univers entier, un corps étranger enkysté. Nulle part ailleurs pourtant les juifs n'ont tourné le dos aussi complètement, immédiatement, aux indigènes du pays où ils sont pourtant fixés eux-mêmes depuis quinze cents ans, depuis toujours."
Une remarque évidement fausse,et à relent fasciste,encore plus grave car venant d'un personnage éminent.Il n'était pas facile d'etre juif en Algérie.Les Drumont,les Max-Régis,les agitateurs d'avant guerre heureusement ne représentaient pas l'entière population.
 http://aj.garcia.free.fr/Livret3/L3p32-33.htm

              Un pionnier visionnaire et philantrope

S'il fut un de ces Africains qui consacrèrent leur vie entiére  à faire avancer l'état des populations locales,ce fut bien mon Grand-Père paternel.Il arriva en Algérie à l'àge de deux ans avec ses parents originaires de Soultz (Haut-Rhin).Après la défaite de Sedan,et pour ne pas devenir allemands,ils s'installérent dans le Territoire de Belfort et suivirent ensuite la vague d'émmigration pour s'établir sur les Hauts Plateaux sétifiens.Son oeuvre est très briévement résumée dans cet article de l'Echo d'Alger,paru le 4 Avril 1959.Disons qu'il ne réussit à réaliser qu'une faible partie de son programme de Paysanat en faveur des populations locales,ayant à lutter contre
l'inertie des Gouverneurs Généraux successifs,la vue basse du pouvoir central,et aussi le racisme de certains, bouffis dans leur arrogance et qui comprirent trop tard que ventre affamé n'a pas d'oreilles.
Tout jeune,son père l'avait envoyé à Paris pour terminer de brillantes études. Grand admissible à Polytechnique,il osa contrarier son examinateur de mathématiques à l'oral sur une solution de son choix,et ainsi revint à Sétif sans l'uniforme brodé ! Il fut le premier a se servir de matériel moderne agricole et reçut des mains du Président Millerand en visite dans la ferme modèle de Fermatou la Médaille de l'Agriculture.
Il fut fait Commandeur de la Légion d'Honneur pour "Services Exceptionnels Rendus à l'Algérie".
Mon Grand-Pére était d'un optimisme sans  pareil qui rayonnait sur ses proches et amis et jusqu'à sa mort en 1959 à sa table de travail faisait des projets pour améliorer l'avenir de tous.
Je peux affirmer avec une quasi  certitude,que s'il avait été entendu,la présence francaise ne se serait pas terminée dans un bain de sang.
Avec l'àge,il souffrit d'insomnies et occupait ses nuits à la lecture des derniers livres parus.Chaque fin de semaine,j'accompagnais mon père aux Editions de l'Empire,rue Michelet et là nous choisissions
les meilleurs écrivains de l'époque.Nous sortions de la librairie les bras chargés d'une pile de bouquins à l'encre odorante,de quoi pourvoir une semaine de lecture nocturne.Et ces livres une fois lus par mon grand-père,revenaient chez nous s'empiler sur les étagères de la bibliothéque.Et moi je n'avais plus alors qu'un heureux embarras du choix pour occuper mes loisirs. 



Un autre Francais  d'Afrique,né à Sétif,un des trois fils de Charles Lévy .C'est mon père,René Lévy Ingénieur E.S.E engagé volontaire dans l'armée de Libération comme ses frères,il servit au B.C.R.A. et fit la Campagne de Tunisie après la chute de Vichy qui lui avait retiré, à lui et sa famille,la nationalité francaise.Il citait souvent De Monsabert et aussi les Colonels de la Résistance Pélabon,et Passy dans les services desquels il servit.



Mon père,photographié en 1940 au "Sudio Gonzales,
Rue de Constantine,Hussein-Dey".Sans doute à proximité de l'Ecole de Transmissions.



Sa carte d'Identité militaire,Lieutenant en 1942 au B.C.R.A.
Vive la croix de Lorraine !!


Photo de famille prise en 1939.Papa,Maman,Michel et Georges. (Ce siècle en barboteuse avait deux ans..)





Jacques Ventre,mon voisin du 20 de la rue Sadi-Carnot,
a conservé cette photo de sa famille au balcon du 3ième,et m'a envoyé des photos d'un défilé commémorant le 8 Nov,le 11Nov,le 8 Mai ou... le 14 Juillet,peu importe,l'essentiel pour nous est que les troupes défilaient sous nos fenetres jusqu'au Champ de Maneuvres.





Les canons tractés passent devant la gare de marchandises de l'Agha.De ma fenetre,face au quai de cette gare,j'ai joui du spectacle inoubliable dans les années d'après le Débarquement de l'armada vers le front tunisien des troupes alliées et francaises avec tout leur matériel,canons tanks,armes et munitions.De ma fenetre j'agitais ma petite main,et les soldats me répondaient en riant par des doigts en "V'.




Les chars aux noms  historiques,Arcole,
Austerlitz,Bir-Hakeim,...passaient à grand fracas et laissaient des traces blanches sur les pavés de granit.




Dans cette courbe des rails de la gare de triage,les locomotives Garattes à vapeur prenaient lentement de la vitesse,trainant les longs wagons de voyageurs vers leur lointaine destination,Maroc,Tunisie,ou le Sud...



La grande batisse de gauche est la "nouvelle" Maison des Chemins de Fer qui nous boucha la superbe vue du port et de la rade que nous avions alors !



Pourtant cet immeuble nous sauva la vie en 1962.Une nuit,accompagnés par un intense concert de casseroles ,des camions blindés des C.R.S.passèrent lentement sous nos fenetres,à l'heure du couvre-feu.Par le pur des hasards (?),un pot de géranium suivit la loi de Newton et se brisa avec un bruit terrible dans la rue. Les C.R.S.,peu habitués à recevoir des fleurs ouvrirent le feu de par leurs fenetres grillagées,heureusement vers la facade d'en face qui fut criblée d'impactes que  tous les curieux allèrent contempler le matin...

Jusqu'en 1962,l'oeuvre de  Paul Landowski ,"Le Pavois" :le Monuments aux Morts,se dressait,dominant Alger, face à la mer,témoin du sacrifice des francais d'Algérie pour libérer  la Mère Patrie par deux fois,en 14-18 et 39-45.( Et meme en 1870).
A ses enfants la Patrie reconnaissante avait gravé dans le marbre les noms des héros algérois,sans distinction d'origine ou de religion,tombés au Champ d'Honneur
.



Après 1962,la France préoccupée par ses champs de pétrole au Sahara (elle paya le F.L.N. pour éviter les sabotages),
ne se soucia pas de rapatrier cette oeuvre émouvante qui vit depuis 1920 les générations rallumer la flamme du Souvenir,sans doute pour en effacer définitivement le témoignage genant.Le F.L.N. se fit une joie de couler une chappe de béton sur ce monument.Mais il sera impossible de noyer notre mémoire.




Cette photo,unique,montre quelques plaques de marbres
qui n'avaient pas été encore systématiquement fracassées au marteau et détachées.(comme celle de gauche).
Ma mère,chaque fois que nous montions à cette esplanade pour m'y emmener jouer,me faisait caresser avec sa main le nom de Salomon Schebat,mon Grand-Père,tombé à Verdun ,cote 304,en 1916.,4ième régiment de Zouave . (Elle fut tot orpheline ,sa mere étant morte de chagrin).
Au cimetière de Saint-Eugène, un monument à la Gloire des régiments de Zouaves,déjà dressé en 1906 !.



Tout proche,au cimetière israélite,la Communauté Juive a apposé une plaque commémorative avec le nom de tous ses enfants d'Alger Morts pour la France.Chacun de ces noms de famille évoque le passé historique du Judaisme algérois,dont il ne reste que des noms gravés dans la pierre..
Merci pour cette photo magnifique et précieuse,oeuvre de Jacqueline Simon lors d'un voyage à Alger en 2006.
Mon Grand-père n'ayant eu de sépulture que la boue,c'est là devant son nom que je peux me recueillir :



Nos cimetières n'ont pas tous eu cette chance de conservation.Des sauvages les ont profané,éventré et meme à l'intérieur de l'Algérie,passé au bulldozer,et aussi ont interdit aux visiteurs de pouvoir photographier leur triste état.
Le temps hélas ne panse pas les plaies,car le fondamentalisme et le fanatisme ne font que s'amplifier.
Ce Chant des Africains lui-meme est bien trop simpliste pour résumer notre drame.Il fait partie du folklore,de la légende,et meme sonne un peu creux.Et avec les années,on apprend que dans la vie tout n'est pas noir et blanc,mais plein de nuances.
Il faut se méfier des marches militaires entrainantes vers on ne sait où,mai
s celle-ci est un joli brin de musique qui vivra bien apres nous....
 
                                 Appendice
                                                 -------------------

Lors de l'écriture de ce blog,j'avoue que mon plaisir a été gaché par certains témoignages et documents historiques que j'ai glané sur la toile.Certes je connaissais parfaitement les Lois de Vichy de 1941,le Numerus Clausus,le passage de Francais au statut de juif indigéne.Mais un point très noir qui est passé sous silence encore à ce jour par la France,est le sort réservé aux jeunes juifs patriotes qui interdits de s'enroler dans l'armée réguliere,furent envoyés de force dans des Camps,(Il en a existé plusieurs !!),où ils furent prisonniers dans un service dit militaire qui n'était qu'un piège pour les enfermer dans des conditions atroces,quand le but était outre le travail forcé,de les humilier,les battre,en faire des sous-hommes.Disséminés dans le Sud,ils étaient gardés par des sadiques en uniformes francais.Quand aux Chantiers de Jeunesse,c'était une création Vichyste réservée aux Aryens pour qu'ils ne soient pas melés aux citoyens juifs et influencés par leur esprit de résistance à la collaboration.Les Peyrouton, Weygand,Darlan,Giraud,Van Eycke,tout l'appareil antisémite de Pétain en Algérie appliquerent férocement les Lois d'Exceptions ,alors que seule résidait à Alger une Délégation Allemande,et pas un seul soldat nazi.Le pire est qu'après le 8 Nov 1942,les bagnards du Sud ne virent pas leur condition s'améliorer et il fallut attendre 1943 pour leur libération.
Après avoir été lachement persécutés,ils s'engagèrent dans l'Armée d'Afrique ,autorisés à verser leur sang redevenu francais de Monte-Casino à Bertchtesgaden,le nid d'Hitler.
Ce retour au passé de Bedeau,non reconnu officiellement par la France  me laisse un gout amer parce qu'il fait parti sans doute d'une mémoire honteuse.

Annexe sur les Camps de Vichy en Algérie :
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"Les années noires des Juifs d?Algérie "(1940-1944) ,par Norbert Bel Ange:
 (Ces textes et témoignages complètent les souvenirs de Mr Isaac Toubol).
"Les juifs d'Algérie et de Tunisie, les deux autres colonies françaises d'Afrique du Nord, n'échapperont pas plus que le Maroc aux lois antisémites de Vichy. À Alger comme à Tunis, les autorités françaises leur imposent un numerus clausus (quotas) dans les professions libérales, un inventaire de leurs biens, etc. En Algérie, les autorités françaises vont même plus loin qu'au Maroc. En 1940, le décret qui accordait la nationalité française à tous les juifs algériens est abrogé, renvoyant ces derniers à leur statut d'indigènes. Comme au Maroc, les colonies arabes de la France auront aussi droit à leurs camps d?internement. Dans le cas de l'Algérie, les juifs étrangers essuient les plâtres, bientôt rejoints par tous les "indésirables" de l'Algérie vichyste : gaullistes, communistes et francs-maçons. La France de Vichy poussera le cynisme jusqu'à interner les soldats juifs algériens, auparavant mobilisés dans l'armée française. La guerre perdue, ils ne peuvent plus servir de chair à canon, ils sont devenus quantité négligeable. Envoyés dans des camps situés sur la frontière maroco-algérienne, ils participeront à la construction de la ligne de chemin de fer du Transsaharien. De l'autre côté de la frontière, à quelques kilomètres, des juifs étrangers internés oeuvrent aussi à ce grand projet "civilisateur". Une manière pour la France de Vichy d'optimiser sa main-d'oeuvre esclave. Réputé pour sa dureté, le camp de Djenen-bou-Rzeg (dans le sud oranais) est un bagne où les militaires français, souvent membres de milices fascistes, manient la cravache de bon coeur et usent de sévices corporels. Contrairement au Maroc, le débarquement américain de novembre 1942 ne mettra pas fin à leur calvaire. Bien au contraire. Plus de 12 000 appelés juifs, exclus des unités combattantes françaises, sont envoyés aux camps de Bedeau à partir de janvier 1943. La fermeture des camps algériens ne commencera que fin avril 1943."


http://www.parolesdhommesetdefemmes.fr/BEDEAU-le-camp-de-la-honte.html



                         Situation de Bedeau:sud de Sidi-Bel-Abés



Avant de nous séparer,écoutons le Chant des Africains en espérant que cette musique restera notre lien pour tous ceux qui ont servi la France et combattu pour défendre la Liberté et pour ne rien oublier du passé .Ouvrez à fond votre audio,et fermez aussi vos fenetres,car cette musique n'est pas toujours  du gout de tous....
http://musique-militaire.fr/Les_Africains.html



                                                                    



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Published by georges - dans souvenirs
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 12:34



   C
es Africains viennent de loin, de la métropole, déportés de 1848 , de l'Alsace-Lorraine occupée de 1870, de l'Espagne de l'Inquisition  comme plus tard de l'Espagne républicaine, fuyant Franco, d'Italie , de Suisse, de Grèce et de presque tout le bassin méditerranéen. Mais aussi avant, existaient  les autochtones lointains, chassés après la Destruction du 2ièmeTemple de Jérusalem par Titus, établis dans les Comptoirs de Tipasa et plus tard  ayant vécu dans le royaume  de la Reine Kahena, vaincue en Kabylie par les arabes en l'an 600. Peu importe cette mosaique, à l'arrivée de la France, tous formèrent  un peuple sous le même drapeau tricolore, parlant, outre leurs idiomes, la même langue véhiculaire, chacun apportant la richesse de son héritage spirituel et s'enrichissant des différences du voisin.

J'ai extrait les informations suivantes et images  du site sur l'Armée d'Afrique, dans un but de mémoire et vous en trouverez aussi dans la revue de l'Algérianiste.


L'Armée d'Afrique sous le Second Empire : officier et zouave de la Garde impériale,
tirailleurs et spahis algériens, officier et cavalier de chasseurs d'Afrique


Chasseur d'Afrique, 1853-1860

i
Officier de chasseurs d'Afrique avec l'étendard
du 4e régiment, Second Empire


Tirailleur algérien vers 1860



Extrait du site: orleansville.free.fr Rubrique le Souk
C'est nous les Africains
  " Lors de chaque réunion d'anciens combattants, il est de tradition d'entonner quelques chants traditionnels. Il est rare qu'un des participants ne lance "Le Chant des Africains'' qui remporte toujours un franc succès. C'est avec allant et émotion que les Anciens d'Algérie, au garde-à-vous, reprennent en choeur cet air fameux. C'est une façon de se souvenir de ceux qui sont tombés "là-bas'' et de leur rendre hommage.
   Lors des commémorations officielles des guerres passées, les fanfares et les cliques interprètent régulièrement cet air de tradition, symbole du souvenir de l'éternelle Armée d'Afrique. Il accompagne très souvent notre Marseillaise. Il n'est pas un ancien d'Algérie qui n'en connaisse au moins l'air, sinon les paroles du refrain. Les couplets en sont moins connus et l'origine de ce chant est obscure pour beaucoup. Il est de coûtume de penser que cet air date des années 43-44 car le Corps Expéditionnaire Français en Italie était composé presque exclusivement de soldats d'Afrique du Nord de toutes origines.
  De fait, ce chant date de 1915. La Grande Guerre se prolongeant, occasionnant des pertes effroyables, la France dût faire appel à tous ses enfants, y compris ceux d'Algérie, Maroc, Tunisie, d'Afrique Occidentale et Orientale Française et d'Outre-Mer. Les paroles sont attribuées au Commandant REYJADE qui, en 1915, écrivit une marche destinée à ses Tirailleurs Marocains et dont le titre était " C'est nous les Africains qui arrivons de loin. ".   La musique est du Sous-Lieutenant Félix BOYER, Chef de la musique de la XIVe Division d'Infanterie. En 1940, Félix BOYER, devenu Capitaine, est fait prisonnier mais, comme ancien combattant de la 1ère Guerre mondiale, il est rapidement libéré. Il est alors appelé pour organiser la musique régionale des Chantiers de Jeunesse en Afrique Française du Nord par le Général de la PORTE du THEIL, le fondateur des Chantiers de la Jeunesse Française. Le Colonel Alphonse S. VAN HECKE crée le 7ème Régiment de Chasseurs d'Afrique à partir des Chantiers de Jeunesse. Le Régiment est incorporé aux réserves générales de la 1ère Armée Française et équipé de Tank-Destroyers (TD). Le Capitaine BOYER reprend la version initiale du chant de 1915, destinée aux Marocains, pour l'adapter aux Africains. "Les Africains" devient le chant traditionnel des Chantiers de la Jeunesse Française d'Afrique du Nord. Il est chanté dans tous les Groupements, à Rabat, à Alger, à Constantine, à Tunis. Le Capitaine BOYER, nommé Chef de musique de la garnison d'Alger, donne une nouvelle vigueur au chant des Africains qui devient le "Chant de guerre des Africains''. L'Armée d'Afrique reconstituée adopte aussitôt ce chant martial et flamboyant. Il sera interprété et joué dans toutes ses campagnes de Tunisie, de Corse, d'Italie, de France et d'Allemagne. Les rutilantes noubas de nos Régiments d'Afrique ont fait retentir les accents des "Africains'' dans toute la France et dans une grande partie de l'Europe. Voilà qui explique son immense popularité.
   Jacques TORRES
   A propos du chant " C'est nous les Africains " On a beaucoup écrit au sujet de ce chant que certains qualifient de chant de l'O.A.S. (sic) ; faut-il y voir l'ombre de l'excommunication, déjà encourue du fait de l'occupation allemande en 1941-1942 ou la manie des anti-France, de montrer du doigt tout ce qui leur paraît " politiquement incorrect "
   Nous avons publié par deux fois, dans les n° 92 de décembre 2001, p. 119 et n°100, p. 112, de ''L'Algérianiste'', l'histoire de ce chant.
Mais il restait un point d'ombre : qui était le fameux commandant Reyjade. La légende, et non pas l'histoire, dit que le commandant (sic) Reyjade, des Tirailleurs marocains, écrivit en 1915, une marche destinée aux troupes marocaines, qui commençait ainsi : " C'est nous les Marocains qui arrivons de loin ". Une autre source attribue le texte au sergent Bondifala et au tirailleur Marizot, en 1915, sur la musique de l'Hymne de l'Infanterie de Marine.
   Il est deux points sur lesquels nous sommes d'accord : année de création (1915), et la musique de l'Hymne de l'Infanterie de Marine. Mais pour le reste, à propos de Reyjade, nous nous posons la question : est-il vraiment commandant ? Il est inconnu des contrôles militaires de l'époque.
   Bien entendu parce que, plus prosaïquement, les paroles sont de Jeanne Decruck, en 1915 (pseudonyme de Reyjade). Décédée en 1954, elle était aussi connue sous le nom de Jeanne Breilh, Breilh-Decruck, ou Fay-Béryl (sources Sacem).
   Mais question que nous posons : qui lui a demandé de composer ces paroles ou si cela est à son initiative personnelle, en quelle occasion ? En 1940, le capitaine Félix Boyer fut libéré par les Allemands en tant qu'ancien combattant de la Grande Guerre. Récupéré à Alger par le général de la Porte du Theil, placé à la disposition du commissaire régional des Chantiers de Jeunesse Française en Algérie, Alphonse S. Van Hecke, il reçut la charge d'organiser la Musique d'Afrique du Nord à Hussein-Dey.
   Le capitaine Félix, Frédéric, Marius Boyer reprit la Marche de Armée d'Afrique composée en 1915. Les " Marocains " devinrent les " Africains " et le chant de gloire des Chantiers de Jeunesse Française d'Afrique du Nord dans les groupements, les districts, les sections de l'ADAC (Association des Anciens des Chantiers), à Rabat, à Alger, à Constantine et à Tunis. Nommé chef de musique de la garnison d'Alger, le capitaine Félix Boyer rebaptisa officiellement cet hymne : " Chant de guerre des Africains " (nous évoquons ces souvenirs dans l'algérianiste n°92, p. 119).
La Musique des Chantiers eut, à l'époque, une grande notoriété en Alger et région. La nouvelle Armée d'Afrique, avec l'intégration des Chantiers dans le 7e régiment de Chasseurs d'Afrique, adopta aussitôt ce " Chant de guerre des Africains " et l'emmena dans ses campagnes de Tunisie, de France et d'Allemagne. Le capitaine Félix Boyer, alias Grasso Boyer, est décédé en 1980 (sources Sacem).
   Lorsque Reyjade écrivit les paroles des " Africains ", seul un refrain (devenu) célèbre et trois couplets composaient ce chant. En 1943-1944, un quatrième couplet est venu s'intercaler entre le deuxième et troisième existant depuis l'origine. Ceci pour honorer les évadés par l'Espagne qui ont rejoint, au nombre de 25 000, l'armée d'Afrique.
   Ce chant jugé séditieux par l'occupant, fut interdit dès 1941 et il faudra attendre le débarquement américain du 8 novembre 1942 pour qu'il retentisse à nouveau sur la Route Moutonnière, au retour vers le Hamma.
   Nous, en mémoire des Dupont, Sanchez, Mohamed ou David d'Algérie tombés sur tant de chemins pour libérer la France, vibrons encore aux accents du " Chant des Africains " évocateur de souvenirs glorieux et douloureux.
   Ce texte n'aurait pu être écrit sans la participation active du président des Anciens du 7e régiment de Chasseurs d'Afrique, Alain Abdi et du capitaine Francis Josse de l'Amicale du 7e régiment de Chasseurs.
   Je remercie aussi Paul Rossignol pour sa communication à Lionel Faivre de " Un peu d'Histoire autour de ce Chant des Africains " et transmise par ce dernier à la chronique.
   Théo Bruand d'Uzelle, 39500 Tavaux "
                          
                        ***************************
Ce chant,comme il se doit,cloturera la fin de ce blog.




 Les Turcos étaient revêtus de gilets à passementerie, et d'une large ceinture de coton serrée sur le ventre pour protéger le soldat...des coliques.




    Merci à Jacques Varlot pour ce cliché du défilé de Spahis, le long des boulevards.
Cette cavalcade superbe faisait sonner ses sabots sur le pavé. Avec la  chéchia rouge, la gandoura immaculée flottant au vent, les cavaliers avaient fière allure et il y avait toujours un cheval qui se rebiffait et rendait encore plus impressionante leur apparition toujours trop brève à mon gré !



  

Monsieur Isaac Toubol, m'a fait parvenir ces souvenirs
de juste après-guerre 39/45.




       La Légion défile le long des Boulevards Baudin et Carnot.

        
Pour avoir une idée de la populaion en Algérie, voici un article extrait des Cahiers du Centenaire , écrit par E.F. Gautier sur l'évolution en un siécle des populations en Algérie. Un extrait:
"
Les juifs algériens ont une importance du même ordre, mais plus grande. Ils sont là à peu près ce qu'ils sont plus ou moins dans l'univers entier, un corps étranger enkysté. Nulle part ailleurs pourtant les juifs n'ont tourné le dos aussi complètement, immédiatement, aux indigènes du pays où ils sont pourtant fixés eux-mêmes depuis quinze cents ans, depuis toujours."
Une remarque évidement fausse, et à relent fasciste, encore plus grave car venant d'un personnage éminent. Il n'était pas facile d'etre juif en Algérie. Les Drumont, les Max-Régis, les agitateurs d'avant guerre heureusement ne représentaient pas l'entière population.
 http://aj.garcia.free.fr/Livret3/L3p32-33.htm

              Un pionnier visionnaire et philantrope

 S'il fut un de ces Africains qui consacrèrent leur vie entiére  à faire avancer l'état des populations locales, ce fut bien mon grand-père paternel. Il arriva en Algérie à l'êge de deux ans avec ses parents originaires de Soultz (Haut-Rhin). Après la défaite de Sedan, et pour ne pas devenir allemands, ils s'installérent dans le Territoire de Belfort et suivirent ensuite la vague d'émmigration pour s'établir sur les Hauts Plateaux sétifiens. Son oeuvre est très briévement résumée dans cet article de l'Echo d'Alger, paru le 4 Avril 1959. Disons qu'il ne réussit à réaliser qu'une faible partie de son programme de paysanat en faveur des populations locales, ayant à lutter contre
l'inertie des Gouverneurs Généraux successifs, la vue basse du pouvoir central, et aussi le racisme de certains, bouffis dans leur arrogance et qui comprirent trop tard que ventre affamé n'a pas d'oreilles.
Tout jeune, son père l'avait envoyé à Paris pour terminer de brillantes études. Grand admissible à Polytechnique, il osa contrarier son examinateur de mathématiques à l'oral sur une solution de son choix, et ainsi revint à Sétif sans l'uniforme brodé ! Il fut le premier à se servir de matériel moderne agricole et reçut des mains du Président Millerand en visite dans la ferme modèle de Fermatou la Médaille de l'Agriculture.
Il fut fait Commandeur de la Légion d'Honneur pour "Services Exceptionnels Rendus à l'Algérie".
Mon grand-pére était d'un optimisme sans  pareil qui rayonnait sur ses proches et amis et jusqu'à sa mort en 1959 à sa table de travail faisait des projets pour améliorer l'avenir de tous.
Je peux affirmer avec une quasi  certitude, que s'il avait été entendu, la présence francaise ne se serait pas terminée dans un bain de sang.
Avec l'âge, il souffrit d'insomnies et occupait ses nuits à la lecture des derniers livres parus. Chaque fin de semaine, j'accompagnais mon père aux Editions de l'Empire, rue Michelet et là nous choisissions
les meilleurs écrivains de l'époque. Nous sortions de la librairie les bras chargés d'une pile de bouquins à l'encre odorante, de quoi pourvoir une semaine de lecture nocturne. Et ces livres une fois lus par mon grand-père, revenaient chez nous s'empiler sur les étagères de la bibliothéque. Et moi, je n'avais plus alors qu'un heureux embarras du choix pour occuper mes loisirs. 



   Un autre Francais  d'Afrique, né à Sétif, un des trois fils de Charles Lévy . C'est mon père, René Lévy ingénieur E.S.E engagé volontaire dans l'armée de Libération comme ses frères, il servit au B.C.R.A. et fit la Campagne de Tunisie après la chute de Vichy qui lui avait retiré, à lui et sa famille, la nationalité francaise. Il citait souvent De Monsabert et aussi les Colonels de la Résistance Pélabon, et Passy dans les services desquels il servit.



   Mon père, photographié en 1940 au "Sudio Gonzales,
Rue de Constantine, Hussein-Dey". Sans doute à proximité
de l'Ecole de Transmissions.



  Sa carte d'Identité militaire, Lieutenant en 1942 au B.C.R.A.
   Vive la croix de Lorraine !!


   Photo de famille prise en 1939. Papa, Maman, Michel et Georges. (Ce siècle en barboteuse avait deux ans..)





 Jacques Ventre, mon voisin du 20 de la rue Sadi-Carnot,
a conservé cette photo de sa famille au balcon du 3ième, et m'a envoyé des photos d'un défilé commémorant le 8 Nov, le 11Nov, le 8 Mai ou... le 14 Juillet, peu importe, l'essentiel pour nous est que les troupes défilaient sous nos fenêtres jusqu'au Champ de Maneuvres.





 Les canons tractés passent devant la gare de marchandises de l'Agha. De ma fenêtre, face au quai de cette gare, j'ai joui du spectacle inoubliable dans les années d'après le Débarquement de l'armada vers le front tunisien des troupes alliées et francaises avec tout leur matériel, canons tanks, armes et munitions. De ma fenetre j'agitais ma petite main,et les soldats me répondaient en riant par des doigts en "V'.




    

Les chars aux noms  historiques, Arcole,
Austerlitz, Bir-Hakeim,...passaient à grand fracas et laissaient des traces blanches sur les pavés de granit.




Dans cette courbe des rails de la gare de triage, les locomotives Garattes à vapeur prenaient lentement de la vitesse, trainant les longs wagons de voyageurs vers leur lointaine destination, Maroc,Tunisie,ou le Sud...



La grande batisse de gauche est la "nouvelle" Maison des Chemins de Fer qui nous boucha la superbe vue du port et de la rade que nous avions alors !



     
Pourtant cet immeuble nous sauva la vie en 1962. Une nuit, accompagnés par un intense concert de casseroles , des camions blindés des C.R.S.passèrent lentement sous nos fenêtres, à l'heure du couvre-feu. Par le pur des hasards (?), un pot de géranium suivit la loi de Newton et se brisa avec un bruit terrible dans la rue. Les C.R.S.,peu habitués à recevoir des fleurs ouvrirent le feu de par leurs fenêtres grillagées, heureusement vers la facade d'en face qui fut criblée d'impactes que  tous les curieux allèrent contempler le matin...

Jusqu'en 1962, l'oeuvre de  Paul Landowski ,"Le Pavois" :le Monuments aux Morts, se dressait, dominant Alger, face à la mer, témoin du sacrifice des francais d'Algérie pour libérer  la Mère Patrie par deux fois, en 14-18 et 39-45.( Et même en 1870).
A ses enfants la Patrie reconnaissante avait gravé dans le marbre les noms des héros algérois,sans distinction d'origine ou de religion, tombés au Champ d'Honneur
.



Après 1962, la France préoccupée par ses champs de pétrole au Sahara (elle paya le F.L.N. pour éviter les sabotages),
ne se soucia pas de rapatrier cette oeuvre émouvante qui vit depuis 1920 les générations rallumer la flamme du Souvenir, sans doute pour en effacer définitivement le témoignage gênant. Le F.L.N. se fit une joie de couler une chappe de béton sur ce monument. Mais il sera impossible de noyer notre mémoire.




  Cette photo, unique, montre quelques plaques de marbres
qui n'avaient pas été encore systématiquement fracassées au marteau et détachées.(comme celle de gauche).
Ma mère, chaque fois que nous montions à cette esplanade pour m'y emmener jouer, me faisait caresser avec sa main le nom de Salomon Schebat, mon Grand-Père, tombé à Verdun , côte 304, en 1916.,4ième régiment de Zouave . (Elle fut tôt orpheline , sa mère étant morte de chagrin).
Au cimetière de Saint-Eugène, un monument à la Gloire des régiments de Zouaves, déjà dressé en 1906 !.



   Tout proche, au cimetière israélite, la Communauté Juive a apposé une plaque commémorative avec le nom de tous ses enfants d'Alger Morts pour la France. Chacun de ces noms de famille évoque le passé historique du Judaisme algérois, dont il ne reste que des noms gravés dans la pierre..
Merci pour cette photo magnifique et précieuse, oeuvre de Jacqueline Simon lors d'un voyage à Alger en 2006.
Mon Grand-père n'ayant eu de sépulture que la boue, c'est là devant son nom que je peux me recueillir :



   
   Nos cimetières n'ont pas tous eu cette chance de conservation. Des sauvages les ont profanés, éventrés et même à l'intérieur de l'Algérie, passés au bulldozer, et aussi ont interdit aux visiteurs de pouvoir photographier leur triste état.
Le temps hélas ne panse pas les plaies, car le fondamentalisme et le fanatisme ne font que s'amplifier.
Ce Chant des Africains lui-même est bien trop simpliste pour résumer notre drame. Il fait partie du folklore, de la légende, et même sonne un peu creux. Et avec les années, on apprend que dans la vie tout n'est pas noir et blanc, mais plein de nuances.
Il faut se méfier des marches militaires entrainantes vers on ne sait où, mai
s celle-ci est un joli brin de musique qui vivra bien apres nous.



 
                                 Appendice
                                                 -------------------

 Lors de l'écriture de ce blog, j'avoue que mon plaisir a été gâché par certains témoignages et documents historiques que j'ai glanés sur la toile. Certes, je connaissais parfaitement les Lois de Vichy de 1941, le Numerus Clausus, le passage de Francais au statut de juif indigène. Mais un point très noir qui est passé sous silence encore à ce jour par la France, est le sort réservé aux jeunes juifs patriotes qui interdits de s'enrôler dans l'armée réguliere, furent envoyés de force dans des Camps, (il en a existé plusieurs !!), où ils furent prisonniers dans un service dit militaire qui n'était qu'un piège pour les enfermer dans des conditions atroces, quand le but était outre le travail forcé, de les humilier, les battre, en faire des sous-hommes. Disséminés dans le Sud, ils étaient gardés par des sadiques en uniformes francais. Quand aux Chantiers de Jeunesse, c'était une création Vichyste réservée aux Aryens pour qu'ils ne soient pas mêlés aux citoyens juifs et influencés par leur esprit de résistance à la collaboration. Les Peyrouton, Weygand, Darlan, Giraud, Van Eycke, tout l'appareil antisémite de Pétain en Algérie appliquèrent férocement les Lois d'Exceptions , alors que seule résidait à Alger une délégation allemande, et pas un seul soldat nazi. Le pire est qu'après le 8 Nov 1942, les bagnards du Sud ne virent pas leur condition s'améliorer et il fallut attendre 1943 pour leur libération.
Après avoir été lâchement persécutés, ils s'engagèrent dans l'Armée d'Afrique , autorisés à verser leur sang redevenu francais de Monte-Casino à Bertchtesgaden, le nid d'Hitler.
Ce retour au passé de Bedeau, non reconnu officiellement par la France  me laisse un goût amer parce qu'il fait parti sans doute d'une mémoire honteuse.

    Annexe sur les Camps de Vichy en Algérie :
----------------------------------------------

   
"Les années noires des Juifs d'Algérie "(1940-1944) , par Norbert Bel Ange:
 (Ces textes et témoignages complètent les souvenirs de Mr Isaac Toubol).
 "Les juifs d'Algérie et de Tunisie, les deux autres colonies françaises d'Afrique du Nord, n'échapperont pas plus que le Maroc aux lois antisémites de Vichy. À Alger comme à Tunis, les autorités françaises leur imposent un numerus clausus (quotas) dans les professions libérales, un inventaire de leurs biens, etc. En Algérie, les autorités françaises vont même plus loin qu'au Maroc. En 1940, le décret qui accordait la nationalité française à tous les juifs algériens est abrogé, renvoyant ces derniers à leur statut d'indigènes. Comme au Maroc, les colonies arabes de la France auront aussi droit à leurs camps d'internement. Dans le cas de l'Algérie, les juifs étrangers essuient les plâtres, bientôt rejoints par tous les "indésirables" de l'Algérie vichyste : gaullistes, communistes et francs-maçons. La France de Vichy poussera le cynisme jusqu'à interner les soldats juifs algériens, auparavant mobilisés dans l'armée française. La guerre perdue, ils ne peuvent plus servir de chair à canon, ils sont devenus quantité négligeable. Envoyés dans des camps situés sur la frontière maroco-algérienne, ils participeront à la construction de la ligne de chemin de fer du Transsaharien. De l'autre côté de la frontière, à quelques kilomètres, des juifs étrangers internés oeuvrent aussi à ce grand projet "civilisateur". Une manière pour la France de Vichy d'optimiser sa main-d'oeuvre esclave. Réputé pour sa dureté, le camp de Djenen-bou-Rzeg (dans le sud oranais) est un bagne où les militaires français, souvent membres de milices fascistes, manient la cravache de bon coeur et usent de sévices corporels. Contrairement au Maroc, le débarquement américain de novembre 1942 ne mettra pas fin à leur calvaire. Bien au contraire. Plus de 12 000 appelés juifs, exclus des unités combattantes françaises, sont envoyés aux camps de Bedeau à partir de janvier 1943. La fermeture des camps algériens ne commencera que fin avril 1943."


http://www.parolesdhommesetdefemmes.fr/BEDEAU-le-camp-de-la-honte.html



                         Situation de Bedeau:sud de Sidi-Bel-Abés



     
    Avant de nous séparer,écoutons le Chant des Africains en espérant que cette musique restera notre lien pour tous ceux qui ont servi la France et combattu pour défendre la Liberté et pour ne rien oublier du passé . Ouvrez à fond votre audio, et fermez aussi vos fenêtres, car cette musique n'est pas toujours  du goût de tous....

http://musique-militaire.fr/Les_Africains.html





                                                                    



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Published by georges - dans souvenirs
commenter cet article
19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 09:36


Oui,vous voici en pélérinage devant le Lycée Emile-Felix Gautier,tel qu'il apparut a travers l'objectif de Jacqueline Simon,cet été 2007.Il a l'air bien triste ce batiment autrefois retentissant de nos rires.
Au fronton,vous chercherez mais en vain le nom de ce Géographe....Par contre le hall d'entrée en blocs de verre,reste intact:c'est là que les prof recevaient les parents d'élèves,et généralement pas pour féliciter leurs enfants....
(Parlerais-tu en connaissance de cause ?).....
Le brave concierge ventripotent aux cheveux déjà blanchis associait son métier de sonneur et de préposé au portail,à celui de vendeur de sandwiches aux récréations.Sortir du Lycée en dehors des heures de cours,(tapez "cao"*),n'était pas  une chose facile avec lui !!

*D'après le Dictionnaire de Jacques Abbonato,"Cao" ou "caoue",signifie l'école buissonnière ,mot originaire de l'italien "manca ora".




La Police pleine de malice y a interdit meme le stationnement..


Jean Brua :un invité de marque qui nous a fait l'honneur de participer à cette Galerie. Pour les jeunes qui n'ont pas connu l'Algérie telle qu'elle fut dans sa splendeur,une lecture essentielle pour leur rappeller ce qu'évoque le nom de Brua père et fils :

http://nice.algerianiste.free.fr/pages/conf3/brua.html#brua


Ci-dessous un envoi hors série de ce Journaliste,qui manie aussi bien la plume que le pinceau.
C'est un ancien de Gautier,et si lui a eu comme prof de dessin Mr Lacroix,il se souvient de ces heures que nous avions passées au chevalet,dans cette meme salle.Hélas,lui si doué pour les croquis,n'a rien conserve de son passé "A4" de lycéen algérois !.Mais il vient de se rattrapper en m'envoyant cette esquisse si vivante que chacun se reverra en cours.
Merci à Jean au nom de tous les garnements que nous fumes.





Je ne peux m'empecher,suite à ce dessin, de citer un extrait de l'écrivain Albert Bensoussan.(Né en Algerie en 1939,Agrégé d'Espagnol,il a enseigné à Alger,puis à la Sorbonne et à l'université de Rennes.Il est aujourd'hui professeur émerite de l'Université de Haute-Bretagne.
Dans "Aldjezar",il a ecrit des souvenirs merveilleux de la ville perdue..

Extrait "d'Aldjezar" :

"Certes on n'était pas en panne pour tourner en dérision nos professeurs:M'sieur S... qui était Géographe devint "Zoulou" tracé sur tous les murs de la ville,comme le facheux Burel notre prof de dessin,qui s'était retrouvé cloué au pilori des facades sous l'appellatif infamant de"Burel-Coulo"...tout cela parcequ'en classe il avait la manie de chevaucher le banc du chevalet derrière l'apprenti barbouilleur en se collant contre lui,pour adopter,disait-il,son point de vue...et dans la classe lubrique,tout le monde d'ahaner..."

Et il ajoute dans l'Algérianiste numéro 30 :

"Dans la salle de dessin,Burel régnait sur les pinceaux,peintre sans gloire,rendons lui hommage,il fut le premier à me montrer Cézanne et à m'expliquer les pommes".


Là je ne suis plus d'accord !! Burel sans gloire ? Lui le Grand Prix Artistique de l'Algérie !!.Vous admirerez dans Cimaise-3
deux de ses oeuvres magistrales.


Dans "Eldjezar" une superbe illustration de Sébastien Pignon
d'ou s'eleve une odeur qui chatouille nos narines :le Vendeur de Brochettes.

 


Retournons rue Hoche: La récréation est terminée,deux par deux,mais nos rangs un peu désordonnés,les classeurs cliquetants nos cartables attendons un signe de Burel pour monter les escaliers et entrer sans cette salle baignée de lumières . En hiver  accrochions aux portes manteaux nos capes et écharpes.Le mur de gauche était tapissé des dernières gouaches et dessins les plus réussis (à son avis!).
Réussis n'étaient pas cependant ceux les plus ressemblants,
mais ceux par exemple dont les ombres s'étaient impregnées
des couleurs du décor.


Les Prof de Gautier:Sur la photo de tous les Enseignants que vous trouverez sur le site d'Alger-Roi,Jacques Burel en est absent.Dommage.Ce n'était pas le genre à vouloir etre immortalisé en strict complet....Un rapin en veste à treillis aurait détonné dans cette galerie trop sérieuse...

Maintenant tous prenions une grande feuille de papier Canson,sortions crayons HB,gomme,pinceaux,chiffon et boite de Pébéo et dans un léger brouhaha nous nous mettions à l'oeuvre de tout notre coeur.En allant chacun remplir un godet d'eau au robinet pour délayer les couleurs.

Dans l'ordre alphabétique,les envois des anciens éléves qui ont eu la gentillesse de répondre à mon appel:

Jacques Camps
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"J'ai trouvé sur le LO de Es'mma ton message et ton idée de vouloir faire une galerie en l'honneur et à la mémoire de notre cher "Bubu" et je trouve cela super.
J'ai fouillé dans mes cartons et j'ai retrouvé quelques esquisses, jaunies et estompées par le temps.........elles ont été faites ds les années 54- 55 quand je fréquentais la 2ème M, à Gautier.
Des souvenirs de Burel........je revois une silhouette un peu voûtée, avançant à grand pas, le visage  allongé, le cheveu long et même très long (pour notre époque) la chemise kaki, le pantalon de velours et son inséparable veste d'un vert délavé (je me demande si ce n'était pas une  veste militaire).
De ses cours, pas de grand souvenir car j'aimais le dessin et je n'avais pas de problème avec lui.Je sais qu'une fois il avait fait une exposition au sous sol d'une librairie qui se trouvait rue Michelet, à coté du cinéma Empire.J'avais été surpris par sa peinture, je me souviens d'un nu au couleurs vives et d'un autoportrait d'une couleur verte !!! "

Un portrait de couleur verte ? :

Le célèbre dessin de Matisse ,"le portrait a la raie verte" de 1905, illustre bien la vision de Burel:





 
"Les dessins que je t'envoie retrace en gros une année de cours ..........on commençait par dessiner des bustes en platre  " :

Rendre le relief par les ombres !
Toute une technique...




Toujours les statues de la Grèce antique au galbe parfait.




Et au nez aquilin...



 "Puis on se dessinait les uns les autres " :



 Durantet (à gauche) et Leblois*
n.d.l.r.:*Leblois engagé volontaire est mort pour la France en Algérie.





Callus (à gauche) et Perrotet .


"Ce fameux Seguin était un parisien qui ne semble pas avoir "séjourné" longtemps à Gautier."




Séguin de dos.





" Ma première peinture à la gouache ............c'est peut être elle qui m'a donné le goût de peindre par la suite !!! qui sait".
n.d.l.r:remarquez en fond ce petit cheval de bois,je m'en souviens encore,Burel nous l'avait fait dessiner avec une quille à coté.


Jean-Louis Feménias
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1959-60: 2e A'C1. Cette année-là a été un peu comme 
la fin de mon enfance.
Je ne résiste pas à l'envie d'envoyer la couverture de
la pochette où j'ai retrouvé toutes ces "oeuvres de
jeunesse".Hasard?
On dit que le hasard est la façon pour Dieu de passer
incognito...
Une semaine avant mes 15 ans, le 24 janvier 1960,
j'étais près d'elle, et pour la première fois de ma vie
je comprenais "pour de vrai" pourquoi en littérature on
disait poétiquement le "miaulement des balles".

1959-1960.

"C'est peut-être cette année-là qu'à ma grande
surprise,je l'ai vu
débarquer chez moi.Un soir papa rentrant de la territoriale en treillis est arrivé à la maison accompagné d'un autre territorial à qui il se proposait  d'offrir l'anisette... C'était Burel! Burel en militaire, c'est rare! Il en a profité pour scruter le petit deux-pièce dans les détails et me dire que j'avais là, entre les bibelots, les cuivres et les santons que ma pauvre mère affectionnait, des tas de sujets de dessin et de peinture sous les
yeux... Et qu'il fallait que je m'y mette!"
 
1959-60: 2e A'C1. Burel, sûr. Ici ce sont les peintures. Je n'ai
jamais eu la sensibilité des couleurs; je préférais le
trait.Je me souviens encore parfaitement de Burel me dire,
au sujet du 6,le terme d'argot professionnel
correspondant à mon platrage de couleurs (voir les
craquelures).Malheureusement le terme lui-même est sorti
de ma mémoire...


1958-59: 3e B3.Le problème est que je ne me souviens plus
si j'avais eu Burel cette année-là, mais je crois que oui.
Avec un peu de bonne volonté, le dessin 5 est
relativement ressemblant (comparer avec les photos de
classe);mais son intérêt est au dos:la griffe du maître!
On salue et on passe!
959-60: 2e A'C1. Burel, sûr. Ici ce sont les dessins,
sujets moins puérils que ceux des peintures
comment pouvait-il faire peindre des nounours à des
salaouètches de 15 ans???).

1959-60: 2e A'C1. Burel, sûr. Ici ce sont les peintures. Je n'ai
jamais eu la sensibilité des couleurs; je préférais
le trait. Je me souviens encore parfaitement de Burel me
dire,au sujet du 6,le terme d'argot professionnel
correspondant à mon platrage de couleurs (voir les
craquelures).Malheureusement le terme lui-même est sorti
de ma mémoire...

1957-58: 4e B3, toujours Burel. Je me souviens cette
année-là d'un printemps magnifique.


J'envoie tout ce que j'ai retrouvé, le bon, le moins bon
et le pire.Comme vous l'avez écrit, ce n'est pas un
concours!!
Pour me situer, voici mes dates à Gautier:
1955-56: 6e A4. En dessin j'avais M. De Crescenzo,
je n'envoie donc pas.
1956-57: 5e A4 avec Burel.
Je ne résiste pas à l'envie d'envoyer la couverture de la pochette
où j'ai retrouvé toutes ces "oeuvres de jeunesse.

Hasard?

Cette pochette de feuilles blanches,quel plaisir que
de caresser le papier canson et de s'asseoir devant une
page vierge pour y chercher l'inspiration!! Le premier
coup de crayon est décisif ....



Une belle interprétation de cette cruche;comme une pointe sèche pour gravure sur cuivre !



Remarquez la petite boite ronde "Avec Zan vous vivrez cent ans",c'était la réclame de ces délicieuses pastilles de réglisse à la menthe qui nous raffraichissaient en été.



Une bouteille de Courvoisier (vidée par qui ?) et autres flacons à vapeurs d'alcool à dessiner pour jouer avec la lumière.



Un Isaie à la barbe biblique..(mais à la coiffe moyenageuse !)



1958-59: 3e B3. Le problème est que je ne me souviens plus si j'avais
eu Burel cette année-là, mais je crois que oui. Avec un peu de bonne
volonté, le dessin 5 est relativement ressemblant (comparer avec les
photos de classe); mais son intérêt est au dos: la griffe du maître!
On salue et on passe!
Jean Louis,autoportrait.
Quel souvenir  précieux !




Au dos de cette compostion,Burel a dessiné pour l'exemple une étude de l'oeil....




"Comment pouvait-il nous faire peindre des
nounours à des salaouètches de 15 ans??? "




Le Maitre ne laissait rien passer."loupe" a t-il écrit sur cette gouache pourtant si travaillée !
(Burel n'adressait pas de flatteries superfétatoires !)

1959-60: 2e A'C1. Burel, sûr. Ici ce sont les peintures. Je n'ai
jamais eu la sensibilité des couleurs; je préférais le trait. Je me
souviens encore parfaitement de Burel me dire, le terme d'argot
professionnel correspondant à mon platrage de couleurs
(voir les craquelures). Malheureusement le terme lui-même est sorti
de ma mémoire...
(Burel avait parlé de "Couches géologiques" dans un
interview
)



Une superbe Bécassine au Nounours..




Des personnages plus sérieux drapés dans leur dignité...
L'art de rendre les plis d'un platre blanc au crayon noir...



Merci à tous pour ces beaux témoinages.

                   Fin de Cimaise-2. (à  suivre: Cimaise-3)
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Published by georges - dans souvenirs
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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 09:27

Cet Hommage à Jacques Burel comporte 3 parties :Cimaises-1,Cimaises-2,Cimaises-3 dont voici la première.Ecoutons d'abord cette musique qui baigna la jeunesse bretonne de  notre Professeur. avant qu'il ne s'établisse à Alger :

http://bmarcore.club.fr/bretonne/danse.mid

Le Ministère de la Culture,sur son site "Joconde" nous donne un bref appercu sur le peintre Jacques Burel,en présentant deux tableaux exposés au Musée de Quimper avec une fiche explicative.(Hélas  ils n'apparaissent pas sur le site ).J'en retiens  que Jacques Burel enseigna à Alger de 1949 à 1960 et habita l'hôtel Saint-Saens,rue Valentin,peut-etre au numéro 17.Il n'avait donc qu'un court chemin pour descendre cette rue pentue,tourner Rue Michelet et bifurquer dans la rue Hoche pour descendre cette voie royale et rejoindre  notre Lycée Gautier.Il y arrivait de sa démarche déjanté,en pantalon de velours cotelé de couleur tabac,comme ses doigts, souvent en battle-dress,et s'ouvrait un chemin d'un geste bon-enfant dans la foule des petits se pressant au portail de verre.Pour les autres professeurs ,par respect surtout  mélé de crainte ,les élèves s'écartaient instinctivement pour les laisser passer.C'était là toute la différence,Burel était un camarade.Mais à cette époque algeroise,ses élèves,du moins moi,ignoraient quelle chance nous avions d'avoir comme maitre un si grand artiste.



  
1922 ; Landivisiau, 2000
Titre
Marie-Jeanne Le Meur épouse Corentin Quénéhervé
Millésime
Matériaux / 

 
Inscription
Précision inscription
En bas à gauche et sur le cadre : J. BUREL / 1951 ; Marie-Jeanne Le Meur 1874-1959 / épouse de Corentin Quénéhervé - Locjean en Kernevel 29140 / Grand-mère de l'auteur de cette toile / Jacques BUREL - Prof de dessin à Alger de 1949 à 1969 / puis au lycée Turgot à Paris de 1961 à 1987 / BUREL Hôtel St Saëns, rue Valentin Alger / Portrait de la grand-mère du peintre 1951
Sujet représenté
Précision représentation
Portrait à mi-corps d'une femme âgée portant la coiffe de Rosporden
Lieu de conservation
Quimper ; musée départemental Breton

1922 ; Landivisiau, 2000
Titre
Youn Flao
Période
Millésime
Matériaux / Techniques
Etat
Bon état
Dimensions
H. 92 ; L. 65
Inscription
Précision inscription
En bas, à droite, Au dos sur le cadre : J. BUREL ; YOUN FLAO / LOCJEAN KERNIVEL. 1874-1970. de mémoire / d'après croquis. J. BUREL / PORTRAIT D'APRES Croquis après la mort de tonton Youn / INACHEVE - Fautes dans le bas du corps
Sujet représenté
Précision représentation
Un homme âgé endormi dans un fauteuil auprès d'une cheminée. La tête penchée en avant, il porte le costume traditionnel glazig de deuil des personnes âgées
Lieu de conservation
Musée de France


C'était un dessinateur et un coloriste remarquable comme nous pouvons l'admirer
dans ses tableaux  enluminés par la vie bretonne traditionnelle.


  • Jacques Burel (1922-2000) - Témoin de la vie paysanne bretonne
    Les moissons (détail), fusain, Jacques Burel

    Musée départemental breton à Quimper :

    Jacques Burel (1922-2000) - Témoin de la vie paysanne bretonne

    "En 2000, le Musée départemental breton a bénéficié d'un don très abondant de l'artiste Jacques Burel, décédé à Landivisiau. Il était demeuré sa vie durant marqué par les séjours passés dans son enfance chez ses grands-parents, en Landivisiau et à Rosporden. Avant de se tourner, au début des années 1960, vers l'abstraction, son oeuvre tout entier fut consacré à rendre compte d'un monde rural auquel il demeurait profondément attaché. Effectués entre 1940 et 1970, les cent cinquante dessins présentés par le Musée constituent un exceptionnelel et émouvant témoignage, documentaire et artistique, sur la vie des paysans du Finistère."



EXTRAIT
JACQUES BUREL ET OUESSANT
PORTRAIT D'UNE ÎLE ÉTERNELLE
"Juillet 1945. Un jeune homme de 23 ans arrive à Ouessant pour la première fois. De son enfance passée dans les bois de Coat Meur, à Landivisiau, Jacques Burel a gardé le goût des natures intactes. Ouessant va le combler. En quatre semaines il y accumule croquis, dessins et peintures. Il reviendra souvent.
L'île, alors, semble hors du temps. A 11 milles du continent, loin des innovations, on y a préservé des pratiques agricoles, techniques et sociales basées sur la solidarité : culture de la terre à la bêche, moissons à la faucille, battages au fléau ...
Toute une série de dessins vont surgir de ces amitiés qui se nouent entre le jeune artiste et la population de l'île : portraits de femmes, intérieurs de maisons, travaux des champs, scène de cimetière ... Tout cela est possible parce que le peintre est totalement accepté.
L'année suivante, Jacques Burel reviendra compléter son étude.
Rassemblés, ses dessins composent le portrait riche et nuancé d'une île éternelle : vastes espaces de champs ouverts, jardins bordés de murs de pierres sèches où poussent timidement quelques arbres, scènes de pêche à bord du Vive-Jaurès, atmosphère admirablement restituée du passage à bord du courrier où se côtoient les hommes et les bêtes ...
Passionné très tôt par la Bretagne et les objets d'art populaire, Jacques Burel avait saisi toute l'importance documentaire de son travail. En mer, avec Henri Chalm, il n'oublie pas de relever le mécanisme du gui à rouleau, la forme exacte des casiers. A terre, il note soigneusement les gestes des champs, les détails d'un moulin, d'une façade, d'une hutte ...
« Tout donc me paraissait beau, à la fois nouveau et antique, en tout cas précieux et à noter de toute urgence comme tout ce qui est menacé » ...

 

  
          

 

Laissons parler Jacques Burel:
"A propos de peinture :
Il m'est difficile sinon impossible d'analyser ma propre démarche en peinture. On dit que tout est dans le premier geste. Ce n'est pas évident, même lorsqu'on est propulsé par un désir que le travail doit élucider. On sait quand on commence, on ignore ce qui adviendra. On peint l'avenir.., comme les politiques font l'histoire sans savoir exactement où ils mènent le monde ni où ils sont menés par lui.
Parfois l'entreprise peut durer des semaines, des mois, voire des années après mise au «rencart » de la toile Il s'ensuit une série de couches superposées pareilles à des sédiments géologiques. On pourrait faire des coupes dans les «repentirs », puis la conclusion survient (quand elle survient...) la plupart du temps en une seule séance au cours de laquelle toute la surface est de nouveau couverte.
Le but d'atteindre l'unité, la cohérence formelle, l'équilibre. De rester dans le plan du support, de n?avoir pas de couleur qui recule ou au contraire semble en avant du reste. De faire en sorte que des touches soient intégrées, n'aient pas l'air posées dessus (encore que certaines fois cela passe).
Il n'y a pas de dessein préalable conscient, de volonté d'exprimer ceci ou cela, de donner dans l'émotion ou la littérature. Il y a un côté artisanal qui veut obéir aux « invariants plastiques ». On n'exprime que ce qu'on est dans le moment où l'on peint, la liberté est donnée au spectateur éventuel d'interpréter à sa guise le résultat. La plupart du temps c'est lui-même qu'il lit, à son insu, dans le travail d'un autre. Il y accroche son imaginaire, y cherche une représentation (et parfois la trouve !).
La toile de 1979, relativement colorée paraît dynamique par l'abondance du graphisme qui la parcourt. [cat. 6] Celle de 85 a l'opacité d'un mur. On m'a parlé d'une toile de pierre. [cat. 12] Celle de 89 semble une sorte de barrière sombre, désintégrée mais pas n'importe comment. [cat. 16] Celle de 95 vise, elle aussi à l'unité du mur (et avec le mur si l'on peut la poser), mais semble plus sereine. [cat. 23]
Je ne puis en dire davantage...
Jacques Burel .le 4 août 1995 "

Extrait du site du Musée de Morlaix:

Il faut attendre les années 1980pour que la collection d'art ethnographique s'enrichisse grâce à la volonté de Jacques Burel qui incite la Conservatrice à acquérir des objets d'art populaire.Jacques Burel était un homme indépendant au caractère bien trempé,discret et taciturne,attaché à ses racines cornouaillaises et au territoire breton.Il a légué nombre de ses objets et oeuvres au Musée, après
sa mort le 28 Septembre 2000.

Je reçus un jour de René Rando le message suivant :

http://freddytiffou.blogspot.com/search/label/Sa%20vie

Bonjour,georges,je t'envoie un lien ou l'on parle de notre prof de dessin jacques burel avec un débat ,en 1959 entre lui et d'autres peintres algérois.amitiés,René :-)
Un extrait :

"""Ceci dit, je suis allé en Bretagne, et il me semble avoir été vérita­blement bouleversé par la décou­verte de la statuette populaire bre­tonne au point que cette décou­verte me semble aussi importante pour moi que le fut la révélation de l'art nègre pour Vlaminck, De­rain et les Cubistes. Il y a dans ces formes quelque chose d'éternel et de dépouillé. Cela traverse le temps silencieusement. "

Mais moi,par un hasard inoui,j'ai trouvé un jour la photo de cette statuette
Voici l'annonce ,telle que je l'avais copiée sur Internet :

MAGNIFIQUE SCULPTURE DE STE THERESE DE L'ENFANT JESUS
OEUVRE REALISE EN 1944 PAR L' ARTISTE BUREL DE 40 CM DE HT
SCUPTEE DANS UNE POUTRE EN CHÊNE
 STE THERESE EST MARQUEE SUR LA BASE AVEC 3 ROSES A SES PIEDS ET UNE DANS SA MAIN DROITE.
SIGNEE BUREL AU DOS AVEC DATE DE GRAVEE 1944




------------------------------------------------------
Burel était un dessinateur hors-pair,..avant qu'il ne sombrat en fin de vie dans un abstrait aux chaudes couleurs,mais assez obscur ! (pour moi du moins !) .Ses illustrations,ses études sont superbes :




JACQUES BUREL - DE RONCE ET DE FROMENT
Editeur : Coop Breizh
Parution : 1994

 

"Jacques Burel revoit son adolescence, sa jeunesse. La guerre se dessine en filigrane derrière les images paisibles d'une société paysanne dont il s'essaie à conserver le témoignage par le dessin, dans la tradition qu'il emprunte au plus grand « croqueur » de la société bretonne de son temps, qu'il admire, Mathurin Méheut.
Les personnages qu'il saisit dans la banalité mais aussi dans la singularité de leur vie quotidienne, ce sont les siens, ses grands-parents, ses oncles, ses tantes et les voisins.
De Coat-Meur en Landivisiau où son grand-père est garde-chasse, à Loc-Jean près de Rosporden, berceau de la famille de sa grand-mère, c'est une même société qui vit et travaille, une société qui, en son temps fascina Paul Gauguin et quelques uns de ces peintres qui, à Pont-Aven et au Pouldu, révolutionnèrent la peinture ; une société dont les racines s'enfonçaient dans un terreau profond, une société que l'on avait pu croire immuable, mais qui, à cette époque, tendait déjà à abandonner une bonne part de ce qui faisait sa spécificité.
Jacques Burel le ressentait comme il ressentait la nécessité de conserver des témoignages de ces racines profondes, des images des êtres et des choses qui, bientôt, ne seraient plus. Comme l'on regrette que d'autres n'aient pas eu cette intuition, qui avec les moyens de leur temps auraient pu contribuer, plus que cela n'a été fait et jusqu'à nos jours, à enregistrer de tels témoignages.
Les carnets de croquis de Burel nous conservent des visages, des attitudes, un décor qui font aujourd'hui partie de notre passé récent."

       


Jean Nogues (1940),Secretaire actuel de la "Taupe Arabe" de Bugeaud m'a envoyé ce message,avec une précieuse coupure de Journal :

"C'est grace à une réunion d'ESMMA pour les Rois à Paris où ma fille a souhaité m'accompagner que j'ai appris,par elle,bien des années après qu' étudiante elle avait approché Burel pour avoir des infos sur Alger et...son père à Gautier.!
Burel se souvenait  de ses élèves,alors qu'en 6èmeA2 en 1951 je n'avais que le 1er accessit ,Caussé et Hollande trustaient les prix"

 "J'ai ramené d'Alger le Palmarès du Lycée Gautier du 30juin 1951..rare
document survivant de cette époque pour moi..
Y étais tu ? (ma réponse:helas non !!)
Ma fille née à Paris m'a confié avoir rencontré Burel chez lui pour
qu'il lui parle d'Alger qu'elle ne connaît pas.(Dans les années 70).
Je pense que c'est lui qui lui a remis une coupure de journal :
"Jacques Burel achève deux belles peintures murales pour
le lycée Delacroix d'Alger" dans l'un des vastes ateliers de la villa
Abd-el-tif (danseuses).
Il est hélas en noir et blanc et de faible qualité.
Burel est cigarette au bec,mais je ne peux deviner sous les taches si
son pantalon est de velours marron comme à l'ordinaire!
Pour ma part j'ai rencontré bien plus tard Burel à Collioure où il peignait
une danse "sardane" devant le café des Templiers Maison Pous riche de
tableaux des fauves,impressionistes et de Picasso qui peignaient aussi
sur leur nappe et réglaient leur séjour...en tableaux!"








Voici une belle photo de Studio de Jacques Burel en 1956,à Alger donc.




 

Cette semaine j'ai eu l'excellente surprise de recevoir un message de Monsieur Maurice André, petit-cousin de Jacques Burel, qui corrige ce Blog en me précisant que J.B n'était pas décédé de cette maladie des poumons qui emporta sa soeur, mais d'une leucémie et de plus me dit que la photo de J.B avec un collier de barbe et un complet, n'est pas du tout de lui , qui était toujours vetu comme un artiste . Je supprime donc cette photo, mais la remplace par un envoi exceptionnel de Maurice André: un superbe tableau du Peintre par lui-meme (?) qui est exposé à Landivisiau, (Bretagne) .Je ne peux discerner la signature.
( Remarquez sa cigarette allumée, qui l'accompagnait souvent).


2002-12-Landivisiau-Expo Jacques-018

Monsieur Maurice André m'écrit:
Il y a en ce moment deux expositions consacrées à JB, l'une à Landivisiau (sa ville natale)
jusqu'au 30 avril sur le thème "scènes de la vie en pays léonard", avec notamment
plusieurs portraits de Marie-Jeanne Quénéhervé née Le Meur dite "Marraine". Marraine était son
sujet favori (sur votre site,dessin p.22). C'était sa grande-tante et mon arrière grand-mère.
(Hommage à jacques Burel, Espace culturel Lucien Prigent, Landivisiau).
L'autre exposition est à Morlaix jusqu'au 31 mai et présente des objets du
patrimoine breton de la collection personnelle de Jacques ".

Un brillant ancien élève :
Je voudrai signaler aussi que que Mr Christian Grégori fut l'élève doué de J.Burel au Lycée Gautier dont il garda un excellent souvenir
et garda le contact avec le Peintre près l'exode .
Christian Grégori étudia aux Beaux-Arts et devint Professeur d'Art Plastique, et nous le connaissons particulièrement pour ses illustrations sur le sujet de l'Algérie Française. Voici son riche trajet artistique sur le site :
http://oran1962.free.fr/biblio_gregori.htm


Il ne peut être une évocation,même incomplète de Jacques Burel sans avoir vu aussi le superbe article de Georges Busson dans Essmma,où figure un portait magnifique de notre Professeur par cet ancien élève,qui lui aussi réside maintenant en Bretagne.Vous y lirez une coupure de journal consacrée au Grand Prix Artistique de l'Algérie qui fut attribué à l'artiste en 1958.

http://perso.wanadoo.fr/esmma4/burel.htm

Voici une coupure de l'Echo d'Alger sur son exposition :
600405peinture

 


Pour terminer,une marche bretonne exécutée à la Harpe par les doigts habiles d'une jeune musicienne talentueuse.(Tout le crédit à "Youtube").

http://www.youtube.com/watch?v=_GAMZ6rO_NE



              Fin de la première partie, à suivre:Cimaises-2 et 3.)
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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 08:51
 





O Alger, pour paraphraser le cruel Caesar,
Ceux qui y ont vécu, avant de mourir te saluent,
Et dans leurs tombes, emporteront leurs souvenirs perdus.
Lorsque le bateau abandonna les eaux plates
Pour affronter les vagues d'une mer scélérate,
Je me dis en moi-même, au diable ce danger,
Affaissé sur ma valise, à la proue du Cazalet,
Puisque enfin je quitte cette terre ensorcelée.

Ne voulant qu'effacer les images ensanglantées
De femmes et d'enfants à bout portant fusillés,
De vitrines défoncées et paniers abandonnés,
De camionnettes découvertes aux corps entassés,
De chauffeurs affolés un drapeau blanc au poignet,
Fonçant vers l'hôpital devant une foule hébétée,
De cette union populaire en tuerie transformée .
Pour arrêter un dernier sursaut du Drapeau Français,
Il n'eut pas mieux qu'une embuscade, un coup fourré,
Pour le lendemain voir aux arbres des listes de Héros,
Entendre de parents éplorés leurs poignants sanglots ,
Tandis que les passants couvraient de fleurs,
Les flaques de sang pour cacher l'horreur,
De ces murs criblés, et d'une France sans coeur.


--
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Published by georges - dans poésies
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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 19:56

       

       Le USS Missouri (BB-63) est un cuirassier. Le 3 ième navire à porter ce nom en l'honneur de l'Etat du Missouri. C'est le dernier des navires de 45.000 tonnes du type Iowa. Il est célèbre pour avoir été le lieu de reddition du Japon à la fin de la 2ième Guerre Mondiale. Il fut projeté en Juin 1940 et participa aux batailles d'Iwo-Jima et Okinawa dans le Pacifique. Après la guerre de Corée, il fut désarmé mais en 1984, modernisé, il reprit du service pour  participer à la Guerre du Golf. En 1998, il fut transformé en musée flottant, amarré au port de Pearl-Harbour, à Hawai.

       Après la victoire sur les Forces de l'Axe, et sous prétexte de transporter à Istanbul le corps de l'Ambassadeur Mehmet, décédé en 1944 à Washington, le Missouri et son escorte, passant Gibraltar, firent escale dans de nombreux ports du bassin méditerranéen : Maroc ,Grèce,Italie, Turquie, histoire de montrer la Pax Américana dans cette région instable.

Et ce passage dura les 2 mois d'Avril-Mai 1946.

Ainsi s'imposa définitivement  la Sixième Flotte dans nos eaux  juste au début de la Guerre Froide. Et ainsi nous eûmes l'aubaine de voir ce monstre de 45.000 tonnes en rade d'Alger.

Une enveloppe , Jour d'Emission. Lancement du Missouri le 29 Janvier 1944.

 


Quand le Missouri sort ses griffes :

 


Le Missouri fait feu de toutes ses batteries !
Remarquez l'onde de choc produite sur la mer .

 



Jour de la Victoire sur le Japon. Le 2 Septembre 1945, les avions américains survolent le Missouri au large de Tokyo.

L'Empereur du Soleil Levant, Hiro Hito annonça à son peuple exangue la reddition du Japon, dans un language fleuri qui ne comportait pas le mot de "capitulation" ! Ce qui n'empêcha pas de nombreux suicides d'officiers fanatiques. Il fallut deux bombes atomiques, à Hiroshima et Nagasaki pour le persuader de déposer les armes. (Exception faite dans la Jungle de quelque île isolée où un japonais continua quelques années encore à se croire en guerre !).

 Et celà, deux mois après la Capitulation de l'Allemagne, le 8 Mai 1945. Curieusement (ou pas), l'Empereur ne fut pas condamné pour ses crimes de guerres, comparables à ceux de ses amis nazis vis à vis des populations civiles (et prisonniers militaires). Hiro Hito coula des jours paisibles dans un Japon démilitarisé mais en pleine expansion économique, face à la Chine Communiste.

Ci-dessous un certificat de présence, souvenir pour tous ceux qui assistèrent à la signature de la capitulation, comme le "Lieutenant Commander Balfour".

 



Qu'est devenu ce Lieutenant Commander Balfour  ? :
http://lcweb2.loc.gov/diglib/vhp-stories/

loc.natlib.afc2001001.02531/



Le Général Mac-Arthur paraphe après les officiels Japonais l'arrêt des combats (avec six stylos!). A cet endroit, fut incrustée, sur le pont, une plaque commémorative dont je me souviens de la couleur cuivrée.
Le Général Leclerc représenta la France à la cérémonie de la reddition sans conditions.
Voici un reportage sonore d'Actualités Françaises de l'INA :

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?

vue=notice&id_notice=AFE86003265

Mais revenons à Alger au printemps 1946 .

Je devais avoir dans les huit ans, et déjà toutes mes dents, lorsque le Lion des Mers de l'U.S. Navy, le Cuirassé Missouri, croisant en Méditerranée, vint faire à notre ville une visite d'amitié et mouilla dans notre port. Ce fut pour nous les enfants, un événement à ne pas manquer .
Nous étions habitués par les revues de propagande en couleurs et sur papier glacé aux silhouettes  de ce genre de navire de guerre , comme  le "Victory", en les ayant taillés dans le bois, et en ayant construit des canons avec des épingles, et des tourelles collées au chewing-gum !
Mais cette fois, il ne fallait pas manquer l'aubaine de poser nos sandales sur ce pont.
Evidement trop imposant pour être amarré à quai, des chalands en file indienne reliaient la terre ferme à son flanc. Des planches recouvraient l'espace entre deux bages et je me souviens d'avoir un peu appréhendé cette traversée de quelques pas, en voyant l'eau noire du port à travers!

Des marins nous aidèrent à gravir cette passerelle qui pendait le long de la coque de ce monstre gris..

Une photo rare du Missouri dans le port, prise d'un autre navire de guerre de l'escorte sans doute..


Les impressionnantes tourelles à triples tubes.
Pompons rouges et Bonnets blancs fraternisent.

 



Mes remerciements à Christian Ripoll pour ces souvenirs remarquables du printemps 1946: Christian est à droite sur le cliché. A gauche, son ami Claude Bisquerra (décédé).
Une vue épatante de l'hydravion embarqué, un mono flotteur.
Du type Vough OS2U, avion bi-places pour la reconnaissance et surtout le sauvetage en mer. La vedette de l'Amiral est sur sa remorque .



Mais le Cuirassé reçut aussi la visite d'élégantes algéroises en robes blanches, bien-sûr.

 


A la suite de notre correspondance sur Essmma au sujet du Missouri, un message de J.P.Follaci :

J.-P. Follacci (Nice)

 

07/12/2005 14:21

 

Le livre d'or fait ressurgir trois souvenirs enfouis de ma visite au Missouri :
- le jus d'orange gentiment offert par un marin noir qui semblait droit sorti de nos comics préférés,
- Hiro Hito capitulant en chapeau haut de forme,
- l'énormité des canons.
Un de nos copains, dont la binette juvénile figure sur Es'mma et qui se reconnaîtrait s'il pratiquait le web, garde un souvenir cuisant d'une escale de l'US Navy. Attiré à bord par l'espoir d'une juteuse combine à base de Lucky Strike à bon marché, il faillit y être initié aux moeurs de la marine. Il ne dut son salut, au terme d'une fuite éperdue dans des coursives de hasard, qu'à un plongeon nocturne dans les eaux glauques du port, depuis un hublot étriqué.


Une vue des deux hydravions embarqués et de la grue qui les hissait sur le pont.


Retour au bercail, l'hydravion  amerrit, opération délicate par gros temps .



Une vue superbe de l'équipage du Vough, avec l'hydravion prêt sur sa catapulte à vapeur.
Sur le site ci-dessous, une maquette en "3D" pour les amateurs d'aéromodélisme :
Maquette 3d Vough OS2U KinG-Fisher

http://www.lembrechtsart.be/en/3d7.htm


Ouvrez votre audio, car  voici que s'avancent , montant vers la rampe Chasseloup-Laubat , les Fusillers-Marins devançant la fanfare de l'US Missouri , escortés par les yaouleds enchantés de ce spectacle,
(et nous aussi):

http://www.usarmyband.com/Audio/

flash_player/media/ceremonial/american_spirit/

the_army_goes_rolling_along.mp3

Après de longues journées en mer, quelques heures de permission bien méritées pour visiter la mystérieuse Casbah, qui clignait de l'oeil aux soldats, juste au dessus du port..



Mais ça n'a pas l'apparence des Contes des Mille et une Nuits !

La Guerre en musique :
-------------------------------
Avec l'arrivée des Alliés, je découvrais des chansons de guerre que je chantais à tue-tête dans la salle de bains qui résonnait si bien. Cet air que je chantais, c'était celui des pilotes alliés au mess, autour d'une chope de bière. Ce "Bless em'All", c'est mon père qui me l'avait fait découvrir alors qu'à l'armée il était en contact avec les américains en Tunisie pour utiliser le nouveau matériel de Transmissions. En fait, c'était une rengaine datant de la Première Guerre Mondiale, et d'ailleurs toujours actuelle....

Photo du disque de l'époque (1912),78 tours/minute:

Ecoutons l'interprétation :

http://sniff.numachi.com/pages/

tiBLSSAL10;ttBLSSALL.html

(
Words and Music by Irving Berlin)

Bless 'em all, bless 'em all
The long and the short and the tall
Bless all the sergeants and W.O. Ones
Bless all the corp'rals and their blinking sons
For we're saying good-bye to them all
As back to the barracks we crawl
You'll get no promotion this side of the ocean
So cheer up my lads Bless 'em all,

Mais voici une version beaucoup plus poivrée !!:

To the tune of
"Bless 'Em All"

Sod 'em all. Sod 'em all,
The long and the short and the tall,
Sod all the sergeants and WO ones,
Sod all the corporals and their bastard sons,
For we're saying goodbye to them all,
As back to their billets they crawl,
You'll get no promotion
This side of the ocean,
So cheer up, my lads, sod 'em all.

Mais j'avais aussi à mon répertoire le non moins célèbre "Typperary" :

IT'S A LONG WAY TO TYPPERARY !!...

Certainement l'air le plus populaire chanté par les soldats sur le chemin du Font Ouest pendant l'enthousiaste début de l'été 1914.

Tipperary est une ville d'Irlande.
La chanson fut écrite par Jack Judge et Harry Williams quelques deux années auparavant, en 1912. Et reprise avec succés par les alliés en 39/45.



C'est un air que j'aimais chanter sans en comprendre les paroles, puisque je croyais que "C'était une longue marche pour arriver à ...Paris " !!!!

It's a Long Way to Tipperary

Up to mighty London came
An Irish lad one day,
All the streets were paved with gold,
So everyone was gay!
Singing songs of Piccadilly,
Strand, and Leicester Square,
'Til Paddy got excited and
He shouted to them there:

It's a long way to Tipperary,
It's a long way to go.
It's a long way to Tipperary
To the sweetest girl I know!
Goodbye Piccadilly,
Farewell Leicester Square!
It's a long long way to Tipperary,
But my heart's right there.

Paddy wrote a letter
To his Irish Molly O',
Saying, "Should you not receive it,
Write and let me know!
If I make mistakes in "spelling",
Molly dear", said he,
"Remember it's the pen, that's bad,
Don't lay the blame on me".

It's a long way to Tipperary,
It's a long way to go.
It's a long way to Tipperary
To the sweetest girl I know!
Goodbye Piccadilly,
Farewell Leicester Square,
It's a long long way to Tipperary,
But my heart's right there.

Molly wrote a neat reply
To Irish Paddy O',
Saying, "Mike Maloney wants
To marry me, and so
Leave the Strand and Piccadilly,
Or you'll be to blame,
For love has fairly drove me silly,
Hoping you're the same!"

It's a long way to Tipperary,
It's a long way to go.
It's a long way to Tipperary
To the sweetest girl I know!
Goodbye Piccadilly,
Farewell Leicester Square,
It's a long long way to Tipperary,
But my heart's right there.

Extra wartime verse

That's the wrong way to tickle Mary,
That's the wrong way to kiss!
Don't you know that over here, lad,
They like it best like this!
Hooray pour le Francais!
Farewell, Angleterre!
We didn't know the way to tickle Mary,
But we learned how, over there!


http://www.firstworldwar.com/audio/

American%20Quartet%20&%20Billy%20Murray%20-

%20It's%20A%20Long%20Long%20Way.mp3


La Ligne Siegfried était une suite de fortifications érigées par Hidenburg à la Premiere Guerre mondiale et qu'Hitler en hâte modernisa
à la seconde:


http://musi.ca/refer/weregoi2.MP3

On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried

Un p'tit  Tommy chantait cet air plein d'entrain
En arrivant au camp
Tout les p'tits poilus joyeux apprirent le refrain
Et bientôt le régiment
Entonnait gaîment:

Refrain :
On ira pendr' notre linge sur la ligne Siegfried
Pour laver le linge, voici le moment
On ira pendr' notre linge sur la ligne Siegfried
A nous le beau linge blanc.
Les napp's à fleurs et les ch'mis's à Papa
En famille on lavera tout ça
On ira pendr' notre linge sur la ligne Siegfried
Si on la trouve encore là.

Tout le monde à son boulot en met un bon coup
Avec un c?ur joyeux
On dit que le colonel est très content de nous
Et tant pis pour les envieux
Tout va pour le mieux

Refrain

The washing on the Siegfried line

Mother dear I'm writing you from somewhere in France
Hoping this find you well
Sergeant says I'm doing fine "A soldier and a half"
Here's the song that we'll all sing
It w'll make you laugh

Refrain :
We're gonna hang the washing on the Siegfried Line
Have you any dirty washing mother dear ?
We're gonna hang the washing on the Siegfried Line
Cos' the washing day is here
Wether the weather may be wet or fine
We'll just rub along without care
We're gonna hang the washing on the Siegfried Line
If the Siegfried Line 's still there.

Ev'ry body's mucking in and doing their job
Wearing a great big smile
Ev'ry body's got to keep their spirits up to day
If you want to keep in swing
Here's the song to sing

Refrain


                                               A T T E N T I O N   

                      

    A partir d'ici ce texte est interdit au moins de dix-huit ans !

http://www.youtube.com/watch?v=sjAC3IJbTJo&mode=related&search=
                             

     "Ya Mustapha par Bob Azan" !!!


" Let  Take You to the Casbah ".....

Billet de 5 Francs, imprimés par l'Amérique en 1942 et distribués  aux soldats Alliés..Pas de mention de la "République Francaise"! Les Etats-Unis battèrent la monnaie jusqu'à l'arrivée tardive de De Gaulle en 1943, après que les eaux troubles d'Alger se soient éclaircies....


J'ai le souvenir des pièces de deux francs jaunes qui remplaçaient celles à la francisque.


De tout temps, le danger de la vie militaire n'est pas qu'au combat :
Déjà en 14-18 l'affiche prévenait le soldat du danger des maladies vénériennes .

"Soldat ! la Patrie compte sur toi,
Garde toutes tes forces "

  Les lignes qui suivent peuvent choquer, et donc ne s'adressent qu'au plus de 18 ans!  (Quoique à notre époque  les enfants en savent presque plus que leurs parents !).

   Ce qui nous amène à découvrir le témoignage d'un soldat Anglais,le Sergent Len Scott, en garnison à Alger .

   Je n'ai pas voulu traduire ce texte scabreux pour ne pas le déflorer et  laisse le soin au lecteur ou à la lectrice de le découvrir dans son originalité .
   Le sujet est universel, toujours actuel tant qu'il y aura des soldats mobilisés loin de leurs foyers.

 

 Soldats en goguette dans la casbah.


                                  Belmondo (Nu,1935).       



 Sex in the City: Algiers,1943 (Ou le repos du Guerrier )

"I had become friendly with an RAPC corporal before I went overseas, and had introduced him and his wife to my own wife, Minna. She invited them to 'Clear View', our Warlingham hilltop home. All went well until, as Minna wrote: 'He entered upon an indignant accusation against the indiscriminate issue of prophylactics to soldiers and sailors brought to his notice by a letter in a Catholic paper... from an equally indignant soldier serving abroad. My visitor's wife heartily concurred. He called it an insufferable interference in a man's private life, encouraging promiscuity, turning men into animals etc. Let them dare to treat him that way - he would show everybody. Of course, the Catholic Church was dragged into it over and over again - and I just wanted to tell him that I thought him an intolerable, self-righteous little blighter, particularly with his wife sitting there voicing her approval, big with child.

They both refused to believe that enforced separation made any difference to the physical well-being of men and women. Apparently religion of the right brand - their brand - sees to all that. By heaven I could have told them a thing or two but managed to refrain. I do not wish to discuss my private life with anyone but you.' It is only fair to add that their attitudes changed after the war? and that we all became the best of friends ? but at the time I shared Minna’s feelings.

'Poor chap,' I wrote, 'I can just imagine him sitting there, his fists pounding the table, his eyes gleaming. If I could write freely [all my letters were censored] I could advance a hundred practical arguments against his ?spiritual? ones. He should live here for just one day. In any case, his facts are wrong. For "indiscriminate" substitute "on demand".'

Military censorship apart, I could not bring myself to write about the Allied soldiers, sailors and airmen waiting outside a brothel only a few hundred yards from our office; the grunting and gasping coming from Army trucks parked in side-streets (with a pimp standing nearby); or the corrupt shoe-shine children ('You want jig-a-jig, Johnny? My sister very pretty, very clean, very cheap... twenty cigarettes!'). Nor did I quote the little couplet circulating as the battle for Tunisia reached new heights:

'Pox does more than Rommel can
To bugger Monty's battle-plan.'

We believed (without knowing any figures) that VD casualties were far from negligible, though jaundice was another common and crippling illness. An order had appeared affecting all those who chose to use brothels or obliging locals. As I recall it, it demanded that after intercourse a visit to a prophylactic station was obligatory and a certificate would be issued. Any man contracting VD who could not show a certificate would, possibly, face a similar charge as for a self-inflicted wound. Later on in the war my unit in Italy had its own 'prophylactic station' in the First Aid Room where the procedure was called 'a wash and brush-up'.

Place thousands of young men, womanless, in a strange country and home-nurtured moral attitudes usually succumb to hormonal activity. I heard that French soldiers in battle areas had access to medically supervised mobile brothels, but could never confirm this. As in my earlier article, Race Relations in Algiers, it is imperative to put in context the situation of we young Britons in 1942-45. To do so I have to use words and phrases which are now politically unacceptable.

In pre-war Britain access to condoms was difficult. Few of us dared to ask for them at a chemist's shop, where the assistant might be a woman. My hairdresser would ask 'Is there anything you need for the week-end, sir?' As for condoms in slot machines... inconceivable (sic). The contraceptive pill - like political correctness - had yet to be invented, and girls who produced ?bastards? were often ostracised. Abortion? Illegal, but it might be had - expensively - in some back-street room with a dodgy doctor or, more cheaply, from a woman with a knitting needle. Some families contrived to get the delinquent girl certified and sent to what we called a lunatic asylum. Years later Minna and I became visitors to such a place (by then described as a ?mental hospital?) and discovered just such a case.

For most lads and girls sex was never simple - it was hedged about with fear, religious prohibitions, disgrace and terror of venereal disease. So 'nice girls didn't' until they grasped their marriage certificates. Divorce was frowned upon, and was difficult and expensive. There were prostitutes on our city streets, but they were liable to arrest and many were infected with V.D. Alexander Fleming had discovered penicillin but in the mid-1930s it had hardly developed. I may invite ridicule when I suggest that in 1942 the majority of young unmarried soldiers were still virgin. Now, suddenly, sex was on tap for a modest sum in francs, and the prophylactic stations - rightly or wrongly - lulled the fear of disease. Algiers was, for many, an Aladdin's cave of once-forbidden delights.

An NCO I knew made no secret of his brothel-visits and it was he who proposed a communal visit to 'The Sphinx' where 'the girls would give us "an exhibition" which will make your toes curl.' We looked at each other, all tempted by something unimaginable in the Britain we knew. 'The madam won't fix it for less than a dozen of us, but I've already got six R.E.s who want to come. So how about it?' I had always despised what is now called peer pressure, but this time I went with the stream, propelled also by intense curiosity.

'The Sphinx', situated in a side-street, was vaguely Moorish in character. There was a large salon furnished with divans and a scatter of chairs. On right and left stairs led up to a balcony, at the rear of which were half-a-dozen doors. A few girls were on the balcony - some naked, some wearing short chemises. I had expected the 'madam' to be a tough old crone. She was young and pretty. After collecting her fees she clapped her hands, and half a dozen girls descended the stairs in a hip-swinging, provocative manner. Four, at least, were European, the others doubtful - brown-skinned, dark-eyed. All were naked.

I leave the scene which followed to the imagination. Enough to say that whatever could be done by them (with the aid of 'appliances') as a duet, trio or sextet was done - largely obscene or grotesque but occasionally unintentionally comic. After about fifteen minutes ?madam' suggested that we might like to take on one or more of the girls and give 'a real 'exhibition'. There were no takers.

Little was said as we returned. I discovered something about myself: it is possible to be excited and disgusted at one and the same time, and there can be a delight in disgust. Later, when recalling the scene, I found that disgust prevailed. One of the others was a timid little fellow who seemed even more timid after this experience. He began shouting in his sleep and exhibiting other nervous symptoms. Matters grew worse; and he was removed to hospital for observation. In a month or two he was in what we called the 'bomb-happy' ward and was sent home as a psychiatric case.

Another of us, a bright and intelligent man, was invited to a party close by AFHQ (the Hotel St. George). There were lots of American servicewomen, the food good and the drinks plentiful. He enjoyed himself hugely. I knew him as a quiet young man who never used foul language. He was even more quiet when he returned, and not until a day or two later did he confide what had happened. 'I danced several times with this American girl and then we went out into the gardens. She was good-looking and I wanted to kiss her, you know, have a bit of a cuddle. So I did. She looked at me in a funny way and I thought she was angry. Then she said, "Have ya gotta rubber?" I didn't know what to say, where to look, mumbled something. Then she just laughed and walked away.'

Apart from brothels, there were hôtels where a tip, a nod and a wink to the barman would elicit the number of a certain room where satisfaction awaited the client. Of a different class was the Hôtel Aletti, down by the sea front. This elegant establishment - reserved for officers of field rank (majors and above) - was reputed to provide ladies of equal elegance. It was further reported that some of these ladies, if reasonably thrifty, would be able to buy hotels of their own after the war.

There was another curious aspect to the sexual scene in Algiers. At a certain hour a cluster of respectable-appearing civilians would be waiting outside our local brothel. Some were wheeling perambulators. When the girls appeared they embraced their men and kissed their babies. All walked away together. Occasionally, on a Sunday, I had seen some of these girls emerging from the cathedral, clasping their prayer books, their heads covered with lace mantillas.

I had been brought up in the Catholic faith and knew the serious sins (known as 'mortal') which, unless repented and confessed, merited damnation and a permanent residence in Hell. This knowledge had been impressed upon me by constant reiteration, and further impressed upon my palms and posterior with a cane. Fornication was one such sin, and missing Sunday Mass another. Taking Holy Communion while in a state of 'mortal' sin aggravated the offence. Problem. How could the girls - after servicing the Allies all week - go to confession on Saturday, participate in the Mass on Sunday and resume fornication on Monday? Perhaps my one-time War Office Catholic friend knew the answer. I did not. After the war Minna and I saw a French film, ?Le Corbeau?, (made, oddly enough, in 1943). There was one scene which particularly amused us. One character, an atheist anti-clerical, was spotted emerging from Sunday Mass and was challenged by a friend. 'Well,' said he with a grin, 'I don't expect my house to burn down, but I take out fire insurance.' So how do I describe myself in 2004? Like Graham Greene, I am 'a sort of Catholic.'

Many of the soldiers I knew never frequented brothels but yearned for congenial - not necessarily sexual - feminine company among respectable French girls. I saw them sauntering along the Rue Michelet, impeccably turned out - trousers with knife-edge creases, gaiters blanco-ed, cap-badges gleaming. I had also seen Italian prisoners-of-war employed on various menial jobs. Their P.O.W. status was shown by a circle of contrasting colour sewn upon the backs of their often dilapidated uniforms. They were young, often darkly handsome with black curling hair, moving with animal grace and arrogant confidence. 'I can't bloody understand it,' said a soldier to me, 'The girls go with those scruffy Eyeties with the backsides hanging out of their trousers.' And so it often was... Latins attracted by Latins perhaps.

I suspect that most of we soldiers remained relatively chaste, with an occasional lapse. 'I have been faithful to you, Cynara, after my fashion' was the favourite quote of a sergeant I knew. Me? Once, in a barman-friendly hotel. A brief encounter. All went normally until the air-raid siren sounded. A classic case of coitus interruptus. Alcohol was the popular relief and with local wine at the equivalent of 5p the litre, the night-time streets of Algiers stank of urine. The Military Police cruised around in jeeps and trucks breaking up brawls and collecting supine bodies.

Other remedies? Masturbation, naturally - but in all my five years of service I heard of only one court-martial for sodomy. I might have got relief in my love-letters to Minna, but they could be read by the Army censor. Impossible. To write such a letter would be like learning to dance with two left feet.

Today there is a torrent of pictures and reports from Iraq, but I have yet to discover anything which examines this side of a soldier?s life. Are today?s young men so different from those I knew? Is censorship still a problem? Is this too sensitive a subject to be tolerated by those ?at home?? Or do today?s soldiers relieve their frustration and loneliness on their mobile telephones?"

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 11:01





         Le long du littoral sud d'Israel, le promeneur peut parfois passer à côté d'un arbre monumental , le "Ficus Sycomorus" et s'abriter du soleil ardent à l'ombre généreuse de son feuillage vert sombre . En été, le sol est parsemé de baies roses , molles comme de très petites figues qui s'écrasent facilement sous les pas et font la joie des oiseaux.
La nuit par contre, bien cachées des rayons du soleil dans les cavités du tronc ou dans les ramures, les chauves-souris s'ébattent au clair de lune et s'enivrent de cette pulpe sucrée.
Mais il n'est pas nécessaire d'aller si loin : restons en ville .




Habituez vous d'abord à cette semi-obscurité du cliché dûe à la végétation généreuse.
 Cet arbre est plus tordu que le tronc de l'Olivier : ses branches très noueuses  n'ont pas de direction bien précises, les racines, elles, continuent à fleur de terre leur travail de sape. Et ceux que nous cotoyons aujourd'hui sont au moins tri-centenaires. Lorsque au centre de Tel-Aviv fut construit le Musée d'Art Moderne, les architectes bâtirent un patio autour de ces rares arbres vénérables et permirent à leurs branches de progresser vers le soleil entre des poutres de béton décoratives .





L'un d'eux est si âgé que, dans son tronc, s'est formée une grande niche fermée maintenant par une petite porte en ogive et qui me rappelle inévitablement le Conte d'Andersen de notre enfance enchantée: "Le Briquet". Alors moi aussi je bats mon briquet, une fois, deux fois et voici sous vos yeux le récit fabuleux que j'adorai lire , surtout le soir au lit pour meubler mes rêves ...N'hésitez pas à retomber en enfance !

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Briquet_(Andersen-Soldi)


Idéalement placé pour laisser vagabonder les pensées du promeneur, m'invite à m'asseoir, un banc providentiel sous la ramure touffue du "Shikma"*.
En me laissant guider par le sentier, j'ai rencontré un jardinier et son aide occupés à installer des bancs nouveaux. Et il me demanda mon avis quant à leurs places la plus favorable :à l'ombre ? mais au risque d'être souillés par les baies trop mûres et les Chauves-souris !
Au soleil ? mais les rayons brûlent une grande partie de l'année! Dans un coin reculé ? mais cela appelle les mauvais garcons, les drogués et les clochards! Je voulus lui répondre que peu importe pour les amoureux (qui se fichent pas mal du regard oblique..) l'emplacement des bancs publiques. Alors je l'ai laissé à ses hésitations. Je suis sûr qu'à l'heure qu'il est , il les changent encore de place !





La petite porte  mystérieuse, toute noire , que l'on distingue à peine sur le tronc cache-t-elle un gnome ? il parait qu'ils se nourissent aussi de baies !.
Dans la zone sableuse proche d'Ashkelon là où fut construite l'usine où j'ai fait mes premiers courts-circuits (!), les architectes avisés ont conservé pieusement quelques arbres qui ont dû voir passer des générations de caravanes . Lorsque à la pause, nous nomadisions nous aussi dans le parc en passant  à l'ombre de ces géants, j'étonnais toujours mes camarades en cueillant et dégustant ces fruits divins dont ils ignoraient l'existence  pourtant providentielle pour les Anciens.
Et voici les fruits dans leurs différentes périodes de croissance :





Cette photo ci-dessus est extraite du site du Jardin Botannique de Jérusalem.
Remarquez que les figues  poussent sur le tronc, et non pas sur les branches!! Déjà dans les temps anciens l'habitant avait coûtume d'inciser le fruit pour en augmenter considérablement  (après trois jours seulement) son taux de sucre et le rendre comestible et facile à digérer.
IDans le Talmud de Babylone, il est écrit :" Il existe trois sortes de Vierges:
La femme vierge, la terre vierge.et le Sycomore."
Mais si vous voulez vraiment en savoir plus sur cet abre, un site très savant s'offre au lecteur curieux :

http://www.tela-botanica.org/page:figuier_sycomore

En fait ce long texte est à lire en entier si l'on veut découvrir le mystère de sa vie, ses origines, sa biologie, son rôle historique, ses zones géographiques, sa culture et l'apport de la main de l'homme pour améliorer sa maturation sucrée.
Et aussi comment nous est parvenu ce nom de Sycomore :
des versions diverses accompagnent l'Histoire Ancienne,
Biblique,Grecque,et Egyptienne:
*"Pour Michael Zohary, "sycomore" est la seule traduction correcte de l'hébreu "shiqmim" ou "shiqmoth", mot qui apparaît sept fois dans la Bible et toujours au pluriel".

Au Jardin d'Essai d'Alger, il existe certes une splendide Allée des "Ficus-Macroppylla" mais qui n'ont rien de commun sinon le nom vulgaire avec le "Ficus-Sycomorus".
Vous pouvez aller saluer ces nobles vieillards sur le site "Mare Nostrum" de Marguerite . Pour leur botanique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Figuier_de_la_baie_de_Moreton

Le Sycomore d'Europe a été souvent un symbole romantique dans la littérature, comme dans ce poeme de Leconte de l'Isle:

Sous l'épais Sycomore

Sous l'épais sycomore, ô vierge, où tu sommeilles,
Dans le jardin fleuri, tiède et silencieux,
Pour goûter la saveur de tes lèvres vermeilles
Un papillon d'azur vers toi descend des cieux.

C'est l'heure où le soleil blanchit les vastes cieux
Et fend l'écorce d'or des grenades vermeilles.
Le divin vagabond de l'air silencieux
Se pose sur ta bouche, ô vierge, et tu sommeilles !

Aussi doux que la soie où, rose, tu sommeilles,
Il t'effleure de son baiser silencieux.
Crains le bleu papillon, l'amant des fleurs vermeilles,
Qui boit toute leur âme et s'en retourne aux cieux.

Tu souris ! Un beau rêve est descendu des cieux,
Qui, dans le bercement de ses ailes vermeilles,
Éveillant le désir encor silencieux,
Te fait un paradis de l'ombre où tu sommeilles.

Le papillon Amour, tandis que tu sommeilles,
Tout brûlant de l'ardeur du jour silencieux,
Va t'éblouir, hélas ! de visions vermeilles
Qui s'évanouiront dans le désert des cieux.

Ëveille, éveille-toi ! L'ardent éclat des cieux
Flétrirait moins ta joue aux nuances vermeilles
Que le désir ton coeur chaste et silencieux
Sous l'épais sycomore, ô vierge, où tu sommeilles .

Ajoutons que suivant la Bible,la feuille de Sycomore fut le premier cache-sexe d'Adam et Eve......

Revenons aux temps modernes.
Au Théatre Habima sera toujours associé le nom de la grande actrice Hanna Robina dans son role du "Dibouk",créé à Moscou en 1917.


Le Théatre dans les années 60.

http://en.wikipedia.org/wiki/Hanna_Rovina

Mais aussi voir l'adaptation moderne de Maurice Béjart :
http://www.bejart.ch/fr/argus/dibouk.php

C'est donc dans ce petit jardin que j'ai choisi de me promener avec mon modeste 24X36 pour une fois m'y arreter et photographier aussi les grands travaux  de l'ensemble de ce complexe artistique voisin,qui va etre reconstruit . 
Ci-dessous,la facade du théatre telle qu'elle existait encore il y a quelques mois !
(Photo de la Municipalité)

The image ?http://www.telavivcity.com/BusinessPic/Business1277Pic150.JPG? cannot be displayed, because it contains errors.


 
Il y a peu d'années,à la période des attentats en ville, la facade vitrée était masquée par un haut mur de sacs de sable on se serait cru à Londres au temps du Blitz.
Et cette semaine,le batiment est en voie de dispartion sous les coups des marteaux-piqueurs,mais comme un sphinx il renaitra de ses ruines,avec des installations ultra-modernes adaptées aux exigences acoustiques et logistiques.
Là où s'étalait l'esplanade,un immense trou béant y a fait place.Un parking à étages pour mille voitures fera la joie des riverains et  permettra un stationnement aisé aux amateurs d'Art Dramatique venus de loin.
Mais les passants échaudés par les guerres successives ne croient pas à la pancarte et prétendent (à tort) qu'en fait ce sera un énorme bunker...
Voici le théatre,tel un vaisseau géant :





Les palissades sont garnies d'affiches. On y voit les soldats Israéliens revenant des combats de Juillet 2006. Un retour à la réalité d'un autre drame :plus d'un an passé sans absolument aucune nouvelle des trois soldats enlevés par le Hizbola .





Enfin un graffiti optimiste: "Marchons ensemble,Vivons ensemble"




Pour revenir au début de notre promenade, je pourrai chantonner

Nous-n'irons-plus-au- bois,
Les arbres-sont-coupés,
Les bâtisseurs-que-voilà
Les ont-tous-déracinés....

Ces arbres vaincus par le béton, Arik Sinai les glorifient mélancoliquement dans sa version célèbre  :  "Le Jardin des Sycomores" dont j'ai traduit librement les paroles , sous l'image de Youtube .




------
 

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Le Jardin de Sycomores .

Jadis Jadis se dressaient ici des Sycomores
Et tout autour un paysage de sable d'or,
La ville Tel-Aviv de ces  jours d'alors
N'était que quelques maisons au bord de mer
Et quelquefois les hommes s'asseyaient
A l'ombre de ces arbres verts,
Au côte à côte avec les filles qui riaient.

Oui, c'est lui, oui c'est lui,
Le jardin des Sycomores
Comme il y en avait alors
Dans le temps qui s'enfuit.

Tel-Aviv s'agrandit de nouveaux quartiers
Et  comme dans tout projet bien ordonné,
Furent ouvertes des rues qui oublièrent les Sycomores
Et couvrirent de poussière blanche leurs feuillages morts.

Tout fut construit en l'espace d'une génération ,
Des magasins et de hautes constructions,
Et seulement si nous jetons un regard en arrière
Nous nous souviendrons des Sycomores verts.

Oui, c'est lui, oui c'est lui,
Le jardin des Sycomores
Comme il y en avait alors
Dans le temps qui s'enfuit.

Aujourd'hui les Sycomores ont presque tous disparu ,
Seul un écriteau nous rappelle qu'il en fut,
Quelques oiseaux qui pépient dans la charmille,
Et un banc installé au coeur de la ville
Attirent quand le soleil descend
Et que montent au ciel les étoiles d'argent,
Un clochard , un promeneur solitaire,
Ou un couple de jeunes, amoureux pour la vie entière.

Oui, c'est lui, oui c'est lui,
Le jardin des Sycomores
Comme il y en avait alors
Dans le temps qui s'enfuit.





                                                          F I N
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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 20:29
    






            Bien-sûr, ce croquis merveilleux est de Charles Brouty, l'amoureux de notre ville d'Alger et qui a célébré, par ses dessins inoubliables, la Casbah.

 Mais ne cherchez pas, sur les catalogues, ce dessin : vous ne le trouverez qu'en noir et blanc, tel que Brouty l'a dessiné à l'origine ! Et moi, que cet artiste me  pardonne mon audace,  j'ai osé coloré son tableau, pour rendre hommage à ce paysage
grouillant de vie, avec des crayons de couleurs, comme à l'école!!  Et j'en ai d'autres dans mon cartable.......



  Comme par exemple la Rue Kléber ci-dessous !
Certes, elle n'est pas large comme l'Avenue à Paris, mais elle recèle bien des secrets, des odeurs de fruits et de musc et des silhouettes inquiétantes au coeur de ce quartier maintenant en péril.




      Vous vous souvenez des photos de soldats Américains ? En voici une, ci-dessous, d'une autre source, mais du même quartier.
     Remarquez l'inscription à l'encre à côté du petit minaret, rajoutée sur le cliché : " Cat Home".. Un souvenir aimable ?.....
      La suite viendra quand j'aurai retrouvé mon taille-crayon......




 Je me permets de vous aiguiller sur le site  d'Alger-Roi ci-dessous :un article remarquable du critique Louis-Eugène Angeli sur Charles Brouty qui connaissait  cette Casbah et ses habitants, comme si il y était né.

http://www.alger-roi.fr/Alger/portraits/
pages_liees/20_brouty.htm


   Sur la photo suivante prise par Melvin Shaffer dans la Casbah, nous sommes loin des rêves des Mille et une Nuits....
     C'est pourtant ce qu'offrait cette Dame au photographe.



     Aucun rapport non plus avec les fantaisies Orientalistes, comme celles du peintre quasiment érotique Rochegrosse dans "L'esclave et le Lion".
      Ce peintre vécut une partie de sa vie en Algerie et habita à El-Biar .


http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges-Antoine_Rochegrosse



     Une illustration musicale ? "Les Escales" de Jacques Ibert, celle spécialement nommée "Nefta", vous la connaissez pour l'avoir entendue chaque jour à l'ouverture de Radio-Alger. Alors écoutons plus tôt la chanson  réaliste et plus explicite de Marie Dubas. ( Et interpretée plus tard par Edith Piaf ):
     Marie Dubas  enregistra la première cette chanson à succés , "Mon Légionnaire" en 1931. Une chanson bien de l'ère coloniale qui sent aussi le sable chaud.....
     Cette triste histoire d'Amour millitaire illustrera ces photos de soldats en permission.


http://www.chanson.udenap.org/enregistrements/
dubas_marie_mon_legionnaire_1936.mp3




                                                                F I N

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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 14:18





        ...  Et une Algéroise à sa fenêtre.

       En 1943, j'avais cinq ans, des boucles blondes et je me mettais presque à pleurer quand on me faisait un compliment de par ma timidité maladive !

      Quand maman allait me faire respirer l'air pur sur la "hauteur" du Monument aux Morts, les soldats Anglais et Américains en goguette se prenaient en photo, avec en fond  la splendide vue d'Alger et de sa baie.
Et moi, souvent  je jouais  en me heurtant à ces géants qui avaient toujours dans leurs poches des pastilles sucrées couleurs d'arc en ciel qu'ils m'offraient en pensant certainement à leurs propres enfants.
     Alors,  j'ai toujours en mémoire ces journées ensoleillées et je me revois même avec précision assis sur les genoux d'un soldat , fasciné par l'insigne doré en forme de pièce d'artillerie, épinglé sur son calot .
    Ces jours-ci, par un heureux hasard, je suis tombé en arrêt sur le site de Melvin Schaffer un citoyen américain mobilisé, qui fut envoyé  en Algérie à cette époque de la Deuxième Guerre Mondiale et qui, avant de partir à l'armée, s'était muni d'un bon appareil photographique, condition sine qua non pour rapporter de beaux souvenirs. Mais ces photos talentueuses ont été prises avec beaucoup de sensibilité qui ne s'achète pas. Pour un ex-algérois, ces vues d'une époque révolue matérialisent beaucoup de souvenirs qui allaient en s'évaporant.  La construction de son site est remarquable avec index et sous-titres en anglais facile.Je me permets de choisir en prologue la photo ci-dessous parce qu'elle a été prise justement de l'aire de mes jeux, l'esplanade du Monument de Landdowski.
      Regardez bien le port en guerre et ses navires attendant dans la baie :




      Comme la chance sourit parfois plus d'une fois, (encore faut-il l'aider un peu), j'avais reçu d'une amie internaute, Francoise Leroy-Vandevelle, un trésor dont je ne saurai jamais assez la remercier. Lors d'une correspondance en évoquant Alger, et en lui racontant que, comme tous les enfants, j'adorais gribouiller et dessiner la guerre telle que je l'entendais en ajoutant à l'image, de mes joues gonflées, le bruitage des avions et le tir des canons bofors,
Francoise s'est rappellée que sa grand-mère ( Alice-Julienne Verdy) , à cette époque avait fait des croquis du port d'Alger vu de sa fenêtre. Hélas, elle ajouta que ces dessins étaient introuvables et craignait le pire pour eux...
       Après quelques mois, elle finit par les retrouver pour sa plus grande joie et la nôtre. En voici un, couché sur du mauvais papier (il était si rare à cette époque ), mais qui n'en est que plus précieux....La baie, les navires de guerre, le phare tripode du port, tout y est !  Moi, j'en suis tout ému.



    L'Armada attend, dans la baie, de délivrer son matériel et ses munitions. Hélas en 1943, lors du grutage, des mines tombèrent sur le quai et ce fut
l'énorme explosion de la cargaison, qui souffla toutes les vitres du Hamma et plus encore.



    Des Chalutiers Lamparos à l'abri de la jetée.



    Le bâtiment des Douanes :



      Un des 2751 "Liberty-Ship " construits entre 1941-45.
L'ingénierie remarquable de leurs constructions permit le remplacement rapide des navires de transports coulés, torpillés ou bombardés dans l'Atlantique. Vous souvenez-vous du film avec Humphrey Bogart "Action in the North Atlantic " ?.
    Les marins des bateaux atteints, périssaient dans la mer à cause du mazout absorbé que vomissait le ventre du bateau en perdition.



   Au centre, un gros transport de troupes à 3 cheminées :



    Toute la baie d'Alger :les remorqueurs et vue sur le Hamma.







 Un destroyer :



      Un autre transport de troupe à deux cheminées :






      A droite, un Porte-Avions avec son poste de commande au centre du navire :




    Et voici l'image qui fait battre mon coeur :  les mères assises sur le banc de pierre et les enfants qui jouent à des jeux de leur invention, faute de mieux ! Et le soldat qui pose face à la plus belle perspective du monde (du moins à mon avis  !).
Je suis sûr qu'en regardant cette image beaucoup se sentiront de nouveau fillette ou garçonnet, en remontant le passé.
      La photo a été prise en fin d'après-midi: l'ombre du soldat s'allonge et nous donne la direction de l'ouest, perpendiculaire à la perspective.




 Maintenant, grâce à Melvin Shaffer et son appareil, vous allez pouvoir vous promener dans l'Alger de nos parents et de notre enfance. L'Index est très utile pour voir  tous les quartiers que vous reconnaitrez non sans émotion : le centre, les hauteurs de la ville, la casbah, avec ses habitants et ses transports, et même l'intérieur d'un appartement de la rue d'Isly où Melvin fut sans
doute accueilli comme alors s'offrirent de le faire beaucoup de familles algéroises. (Son voyage ne s'arrêta pas là, car il suivit les troupes en Italie et en Allemagne )

http://digitallibrary.smu.edu/cul/gir/ww2/mcsc/nafrica.html

 
    Avec eux les soldats apportèrent outre le chewing-gum "Wrigley" et autres douceurs, la culture du Jazz dont à l'époque Glenn Miller  était un des célèbres représentants.
  ( Notez sa fin ... en service commandé !)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Glenn_Miller

    Ecoutons le dans le classique "In the Mood". Mais avant ouvrez bien votre audio et vos fenêtres pour que les amoureux du Jazz en profitent ! A la fin de l'écoute, cliquez sur le X rouge pour terminer mais rester sur le Blog !
     Merci à l'auteur de ce site pour ce bel enregistrement :

http://www.youtube.com/watch?v=ZJE-onnw2gM

     Impossible de nous quitter sans écouter le fameux "J'ai deux Amours" de Joséphine Baker qui prêta son talent à l'effort de guerre et passa à Alger. Alger Capitale de la France en guerre: nos yeux étaient tournés vers Paris proche de sa libération. Et nos coeurs angoissés battaient pour les nôtres au front contre l'ennemi commun, mais aussi attendions avec angoisse des nouvelles de nos familles de France qui presque toutes furent livrées aux nazis et périrent dans les fours crématoires.
Mais pour terminer, une pensée reconnaissante pour ces Forces Alliées qui nous delivrèrent du joug Hitlérien: sans ce débarquement du 8 Nov 1942 je ne serai pas là aujourd'hui pour évoquer ces jours, car à Alger, le Gouvernement Vichyste avait déjà dressé les listes des étoiles jaunes.

http://www.chanson.udenap.org/enregistrements/
baker_josephine_j_ai_deux_amours_1931.mp3

   
                                                       F I N
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 09:20
     


      


         Ausone de Chancel fut un haut fonctionnaire en Algérie tout au début de la Conquete, qui est surtout connu ...pour ses citations,comme :

 "On entre,on crie- Et c'est la vie ! - On baille, on sort - Et c'est la mort ! "

 " Si beaucoup te craignent,méfie-toi d'eux !"

Peu de renseignements sur sa vie ,si ce n'est que ce fut un écrivain-fonctionnaire aux idées préconçues et définitivement racistes :


Bibliographie par Wikipedia :

  • Poésie, Mark, 1840
  • Le Sahara Algérien, en collaboration avec le Général Daumas
  • Cham et Japhet, ou De l'émigration des nègres chez les blancs considérée comme moyen providentiel de régénérer la race nègre et de civiliser l'Afrique intérieure. Publié en 1859, Typographie Hennuyer, Rue du Boulevard, 7 Batignolles
La thèse de ce livre, ouvertement raciste, est que l'esclavage est un moyen voulu par Dieu pour éduquer l'homme noir par le biais d'une période de servitude auprès de l'homme blanc. Un ensemble d'arguments religieux, de civilisation, et économiques tentent de montrer les bénéfices que peut apporter l'esclavage :
  1. arguments religieux : la servitude des noirs a été voulu par dieu et l'évangélisation des esclaves répandra le christianisme ;
  2. arguments de civilisation : l'homme blanc doit propager ses valeurs (travail, hiérarchie, prospérité) ; l'esclavage évite les massacres et les atrocités inutiles en Afrique : les prisonniers sont vendus et non plus tués ;
  3. arguments économiques : il est très avantageux d'utiliser des esclaves, moins chers que les ouvriers blancs ; une retenue de salaire permettra de créer des tontines qui bénéficieront aux esclaves ensuite ; enfin, les noirs sont plus aptes que les autres aux travaux manuels.


Ainsi il pensait en employant les noirs  comme esclaves auprès des blancs, les sauver de leur négritude !! Comme il l'écrit dans son livre en 1859 :"Cham et Japhet"
La lecture de ces pages est édifiante et fait frémir quand on pense aux dégats que fit cet homme par son comportement  déjà en 1859,et aux rapports sur l'Algérie qu'il a du envoyer alors à Paris.

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre7193.html


Alexandre Dumas parle dans un de ses récits d'Ausone de Chancel,son compagnon de voyage à qui arriva une aventure facheuse et dont il s'en sortit au prix d'un dédommagement....  d'un douro :

http://www.dumaspere.com/pages/biblio/chapitre.php?lid=v7&cid=25


Dans le premier numéro d'Octobre de 1856 de la Revue Africaine,Ausone de Chancel se fait protecteur des antiquités :

MOUZAIAVILLE:

M. Ausone de Chancel, sous-préfet de Blida et notre correspondant dans cette partie de la province, témoigne un zèle très remarquable pour les antiquités locales. On lui doit la conservation de plusieurs objets précieux trouvés à Mouzaïaville, notamment la statue de Bacchus, exhumée à peu près intacte et qui est aujourd'hui un des principaux ornements de notre Musée.

Tout récemment, on a découvert, dans cette localité, une inscription qui paraît trancher une question importante de géographie comparée. M. de Chancel l'a aussitôt recueillie pour l'adresser au Musée de notre ville.

Elle est gavée sur une tablette de marbre, haute de 75 cent. et large de 50 cent. Le haut de cette tablette a été brisé; mais, d'après ce qui reste de l'inscription, on peut conjecturer que la lacune n'est pas considérable. Par malheur, elle porta précisément sur le nom du personnage auquel elle est dédiée.

Voici ce qui subsiste encore, d'après un estampage pris par M. Berbrugger:

tablette

Il n'y a d'entières dans la première ligne que les lettres .. ... ...IS EXI. ... ..., mais les amorces des autres caractères suffisent, avec le sens, pour suppléer ce qui manque.

Nous proposons cette traduction, sauf à prouver ensuite la partie qui peut être contestable:

"........ Donatus, éprouvé par plusieurs exils et reconnu pour un digne défenseur de la foi catholique, a rempli les fonctions épiscopales pendant dix-huit ans, deux mois et douze jours. Il a été tué dans la guerre des Maures et inhumé le 6 des ides de mai de l'année provinciale 456."

On a vu, dans un article précédent (l'Ere mauritanienne), que les dates provinciales de la Mauritanie ont pour point de départ la mort de Ptolémée, arrivée en 40 de J.-C. Le 6 des ides de mai 456 de notre inscription répond donc au 10 mai 496. Il y avait alors deux ans que Guntamund, roi vandale de l'Afrique, avait rendu aux catholiques leurs églises et leurs évêques. Il est vrai que, dans cette même année 496, où mourut le Donatus de notre inscription, Trasimund, successeur de Guntamund, voulut les supprimer de nouveau, mais le concile de la Byzacène s'y opposa.

On savait que tout le règne de Guntamund et celui de son successeur avaient été agités par les attaques des peuplades indigènes mais on ne citait parmi les révoltés que les Maures de la Tripolitaine; il parait, par notre inscription, que la Mauritanie Césarienne fournit aussi son contingent à la rébellion.

Pour décider si nous avons eu raison d'appeler Donatus l'évêque dont le nom manque sur notre document épigraphique, provenant des ruines d'El-Hadjeb, auprès de Mouzaïaville, il faut d'abord établir à quel établissement romain ces ruines peuvent correspondre. Nous croyons que c'est à Tanaramusa Castra, par plusieurs motifs dont, pour le moment, nous ne citerons qu'un seul(2).

Il est à remarquer que, de toutes les stations indiquées dans les anciens itinéraires entre Sufasar (Amoura) et Rusuccuru (Dellis), Tanaramusa est la seule qui soit un évêché. Or, précisément, nous trouvons dans les ruines d'El-Hadjeb, qui sont sur cette ligne, à la distance convenable et qui nous identifions à Tanaramusa, l'épitaphe d'un évêque qui certainement a été inhumé dans l'endroit même où il siégeait. Car autrement on aurait eu soin, après la formule implevit in episcopatu, d'indiquer le lieu où il avait exercé.

Marchant de déduction en déduction, nous arrivons à expliquer pourquoi nous avons appelé Donatus, dans notre traduction, cet évêque de Tanaramusa dont le nom manque sur son épitaphe; par suite de la brisure signalée plus haut.

Cet évêque, éprouvé par beaucoup d'exils, est mort en 496 de J.-C. après avoir exercé pendant 18 ans. Il était donc déjà revêtu de la dignité épiscopale en 482 et a pu, deux ans après, souffrir sa part des persécutions d'Huneric contre les prélats catholiques. Et, en effet, nous trouvons qu'à cette époque, un Donatus, évêque de Tanaramusa fut exilé par ce roi arien. (V. Morcelli, Africa christiana, T.I. p.311. )

Nous apprenons, par le même correspondant, qu'on a trouvé tout récemment dans les ruines de Tanaramusa une grande pierre ornée d'un bas-relief d'une nature très obscène. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails pour lesquels le langage ne nous fournit pas d'expressions assez voilées. Nous nous bornerons donc à dire que le sujet est un oiseau placé entre deux phallus. D'après la mauvaise réputation que les auteurs anciens ont faite au corbeau, il est permis de croire que l'artiste a voulu représenter un de ces animaux, quoique son talent n'ait pas servi très fidèlement ses intentions.



Mais meme lorsque il voulut décrire Alger dans un poeme,ce fut
comme une charge.En quelques coups de plume,il croque habilement cette ville  (quant à nous superbe) et en fait une caricature et s'il n'est pas très charitable dans sa description c'est parcequ'elle est teintée de l'idéologie de l'écrivain :

L'Algérienne


Figurez-vous Paris englouti dans la Seine
Et Montmartre debout, seul dominant la scène
La pleine mer sera vers le quartier latin
D'où viendront les vaisseaux dans le quartier d'Antin
Mouiller au bord du quai qui sera Saint-Lazare;
Passez au lait de chaux ce Montmartre bizarre,
En triangle étendant sa base dans, la mer
Et dont le sommet fuit sur le ciel outremer.
Enveloppez le tout d'une vapeur ignée,
Et vous aurez Alger, la ville calcinée,
Atone de plâtre blanc échelonnant le sol,
Sans un arbre dont l'ombre y fasse parasol;
Vrai fouillis de maisons, sans art, mais non sans grâces,
Entre elles faisant corps et toutes en terrasses
Si bien qu'on peut aller, aéronaute ?  pié,
L'un chez l'autre, le soir, fumer le latakié
Et puis, quand le sommeil a pris la ville entière,
Faire, ainsi que les chats, l'amour sur la gouttière.

(Première Algérienne, par M. A. de Chancel, 1844).
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