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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 12:36

                          

                     Sur  Trois Roues et Deux Bosses

Vous vous souvenez (peut-être, sinon ne craignez-rien, vous n'irez pas au piquet !), de ces photos d'une motocyclette exportée Angleterre sur les champs de batailles de la deuxième guerre mondiale et en particulier vers les sables du moyen-orient. Le Mandat britannique en pliant ses bagages avaient laissé des exemplaires à Chypre, à quelques encablures donc d'Israel. J'avais rencontré ce side-car, en parfait état de marche, et son heureux cavalier vêtu d'un gilet de peau de mouton pour se protéger du vent de la course et d'une coiffe à oreillettes pour supporter le bruit effrayant de la mécanique.

    Çà, c'est le propriétaire, fier d'avoir réussi  à démarrer
au troisième coup de pédale:
Tous les pigeons du quartier se sont envolés d'un coup d'aile.


Carreaux--2-Tel-Aviv-ancienne-009.jpg

                                     Moi j'ai voulu en faire autant...

BSA_1951.jpg

Et bien j'ai rencontré dans un journal(1) ce matin, son presque homonyme, avec un chamelon(2) un peu malade (mais au regard malin !) sur le chemin du vétérinaire, dans le désert d'une République de l'ex-Union Soviétique.

 Le side-car a été improvisé en civière avec le vieux tiroir d'une armoire qui ainsi a retrouvé une nouvelle vie.
L'avantage de ce véhicule, est qu'en cas de panne de moteur ou d'essence, le conducteur peut continuer son chemin à dos de chameau.
(C'est sans doute la raison pour laquelle vous ne voyez pas de pneu de secours).




Sur le chemin du Vétérinaire



Mais aussi, en cas de pénurie de combustible, le crottin qui est naturellement déshydraté est un excellent combustible pour réchauffer une tasse de thé. Il n'est pas question en effet de brûler les meubles, (ici le tiroir) comme Bernard Palissy dans ses efforts pour émailler ses pots.
Comme vous le voyez, les arbres ont disparu de ce territoire depuis des milliers d'années, comme de notre Sahara !

Cela m'a donné l'envie d'aller voir son cousin asiatique au Safari de Tel-Aviv. Ses bosses proéminentes et sa panse ventrue dénotent qu'ici il est choyé.

 

Picture 116

 

 

Mais à Eilat, attend les touristes un mono-bosse, un beau dromadaire harnaché d'une selle de cotons de couleurs. Remarquez la teinte rose de la pierre qui caractérise la région. 

 

Alger 0507

                                     

                        Une invitation en trois langues à une promenade à l'intérieur du pays.

                                                           (Et une pelle pour ramasser les cartes de visites inévitables !)

 

Alger 0506

 

Comme moi, peut-être avez-vous envie de caresser la toison touffue de cette monture pleine de santé.  Surtout n'en faites rien. Sa mâchoire est redoutable.

Par précaution, son propriétaire Bédouin m'en a fortement déconseillé ! (Son véhicule ne devant pas être assuré) ! Arrêtez-vous plus d'un instant sur la photo ci-dessous :

Ce port de tête magnifique mériterait un portrait au fusain . Je crois qu'il sourit en devinant ma pensée .

 

Alger 0502

 

                  

           Une excursion sur les fonds de Coraux, en face la ville Jordanienne d'Akaba

 

Alger 0496

 

L'Hôtel qui nous a accueilli, à l'écart de la ville est fait de bungalows en bois et bambous de style thaïlandais, au flanc de la colline abrupte. (Avec tout le confort sanitaire et conditionneur d'air indispensable). Il a déjà brûlé une fois, ce qui est rassurant pour les vacanciers. De toute façon il y a toujours possibilité de piquer une tête dans la piscine d'eau désalinisée qui est un rêve bleu dans la sécheresse du décor.

En été la siccité de l'air aide à supporter dehors la température de 40 degrés à l'ombre.

Il y a quelques décades, du temps que j'étais jeune, insouciant, et vivant d'amour et d'eau fraiche, j'avais justement trouve cette eau  miraculeuse dans la condensation des conditionneurs d'air qui s'écoule en un filet d'eau distillée d'excellent gout et à portée du passant.

Il faut préciser que pour ma bourse d'alors, le prix d'une boisson était comme affiché en farenheit !!

 

 

Alger 0600


Le serveur que vous voyez en action poussant sa table roulante vers le restaurant est en fait un travailleur Érythréen entré illégalement en Israel par le Sinai. Très nombreux sont ceux qui tentent leur chance pour fuir guerre et misère en passant par le Soudan et l'Égypte pour atteindre Israel. Souvent ils sont rattrapés et abattus par les soldats égyptiens. Dans les sables, la frontière n'est constituée que par des bornes et ces réfugiés payent très cher les passeurs bédouins qui souvent les abandonnent en plein désert à leur sort. Démunis de papiers, ils trouvent du travail à Eilat mais leur avenir est incertain vu le nombre considérable des infiltrés. En aucun cas ils ne peuvent revenir sur leurs pas. Un problème énorme qui s'ajoute aux autres. Dernièrement un journaliste israélien qui a voulu faire un reportage sur ces malheureux, a été arrêté avec les réfugiés juste avant la frontière par une patrouille égyptienne. Après deux semaines d'interrogations l'israélien a été libéré. Quant aux réfugiés ils doivent pourrir dans une prison.

Cette pointe sud d'Israel est enclavée entre le Sinai, la  Jordanie et même l'Arabie Séoudite. Le port est le poumon d'Israel vers les eaux libres de la mer Rouge qui conduisent vers l'Océan Indien par le détroit de Bab-El-Mandel en passant entre des pays hélas hostiles .

Alger 0598

Attention un sous-marin ! Mais celui-ci est le pacifique sous-marin jaune qui plonge pour visiter les eaux peuplées de poissons merveilleux. Au bout de la passerelle, le musée océanographique non moins intéressant. 

 Lorsque le soleil baisse à l'horizon, se dessine enfin le relief des montagnes d'Akaba.

 

Alger 0610

 

Note:

(1) Ce curieux journal hebdomadaire et de grand format, "The Epoch-Times", traduit en hébreu, et illustré en couleurs est distribué gratuitement dans tous les kiosques. Outre des nouvelles locales, il dénonce surtout les souffrances quotidiennes du peuple chinois et la légèreté avec laquelle le menu fretin est déporté, emprisonné, lorsqu'il ose  protester. Les exécutions sommaires et les transplantations d'organes qui en suivent laissent douter de la Justice locale. La pollution effroyable des régions industrielles y est dénoncée, comme bien d'autres sujets qui font de la vie courante en Chine, (est-il écrit), un enfer.
. De même que les traitements infligés aux moines tibétains pour les faire disparaître. (Pas tous*: sont protégés quelques spécimens pour les visiteurs étrangers). Par contre, vous pouvez vous en douter, est décrite abondamment la vie moderne, intellectuelle et artistique de Taiwan....!

(2) Chamelon,(il est injuste d'en avoir fait une injure). Après un gargarisme de Google, j'ai appris que: "Le petit du chameau s'appelle le chamelon, il naît après une gestation de 12 à 14 mois. A sa naissance, il est entièrement formé. Il ne lui manque que ses bosses. (Ses réserves de graisse et non d'eau !!). Il faut également savoir qu'une femelle chameau ne met au monde en moyenne qu’un petit tous les deux ans et ceci de 4 ans jusqu'à ses 30 ans. Son espérance de vie est d'une cinquantaine d'années. Lorsque la femelle a mis au monde son petit chamelon, elle n'y est pas vraiment attachée, elle n'est pas très affective. La mise au monde est purement fonctionnelle. Même si il peut brouter de l'herbe dès sa première semaine d'existence, un petit chameau tète pendant au moins un an".

( sylkarde le 2008-09-29 ).

(3) Pas tous.
Hitler avait planifié la disparition de tous les juifs sauf un exemplaire qu'il aurait voulu encager au Zoo de Berlin pour l'éducation des enfants des écoles. !!
 

 

 

"Algerian Camel": une gravure intéressante dans ses détails. Cette monture était aussi un vaisseau de guerre. Ce soldat armé d'un long fusil et d'un pistolet, transporte sur sa monture l'essentiel: on y distingue les piquets de tente, un maillet, un seau, et une grande gourde plate et un coffre à effets. Ce méhari militaire à la lourde charge servait  de rempart, couché sur le sol lors des combats .

 

Dromadaire

 

  Un tableau orientaliste plus pacifique

La coiffe des personnages est caractéristique d'une région de l'Asie centrale. La marche à l'amble de la monture: d'abord les pattes antérieure et postérieure gauches puis les pattes antérieure et postérieure droites . Roulis et tangage assurés..

Dromadaire et arabes (Ecole orientaliste).

 Étymologie

 

"Chameau" a pour racine latine Camelus provenant lui-même du grec Kamélos. Ce nom a été emprunté à l'hébreu "Gamal" dont la première lettre est un "ג" (Gimel). Cette lettre à l'origine représentait une bosse qui en s'inclinant a donné le "C". En arabe "Gemal", cette bête noble a été associée à un nom: Gamal-Abdel-Nasser !. (Doctus cum libro).

 

  Dans les trésors de la  B.N.F. une photo d'un héros malgré-lui, sous-titrée ainsi :

" Tête du Chameau qui a franchi environ  390 km  en 96 heures".

J'espère pour le méhari que c'est le corps et la tête réunis qui ont accompli cet exploit saharien !!

 

 

RequestDigitalElement-copie-1.jpeg

A Alger, pendant les restrictions dues à la Deuxième Guerre mondiale, les bouchers chanceux proposaient de la viande de Dromadaire. Sans doute eus-je été obligé d'en manger sans le savoir. Je n'en suis pas devenu bossu pour autant, mais peut-être têtu...

L'été 1962 en Algérie, profitant du démembrement des institutions françaises, associé à une violente sécheresse, des troupeaux de dromadaires par milliers remontèrent du Sud chercher des paturages faciles. Arrivés sur les Hauts-Plateaux sétifiens ils dévorèrent  la dernière récolte de blé, en précédant les moissonneuses batteuses des fermiers doublement ruinés.                

 

 
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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 16:23
Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /2010 13:53



Du Danger du Civisme !



Hier sur mon* trottoir je suis passé à la hauteur d'une bicyclette adossée à un lampadaire. Soudain au passage d'un gros camion qui fit vibrer le sol, la bicyclette glissa et le casque posé sur le guidon dégringola dans la rue. Instinctivement (et imprudemment) je me suis précipité pour le ramasser et débarrasser ainsi la voie pour éviter un éventuel accident de la circulation du à cet obstacle inattendu.
Mais, si moi-même avais provoqué un incident en faisant dévier de sa course une voiture par ma présence, j'aurais peut-être été accusé et pourvu en justice pour avoir mis le pied hors d'un passage protégé pour piéton. C'est alors que m'est revenu à l'esprit la délicieuse Nouvelle de Samuel Agnon "La Pelure". Le Prix Nobel de Littérature l'écrivit il y a près d'un siècle et son paysage natal se situe dans une lointaine province de Galicie, l'Ukraine d'aujourd'hui. 

       Samuel Agnon (1888-1970)

 

Samuel AGNON

 

Son oeuvre écrite en yiddish mais surtout en hébreu a rendu son auteur immortel. Il écrivit en 1925 les "Contes de Jérusalem". Un témoignage pittoresque de la vie juive en Europe de l'Est avant qu'elle ne soit décapitée par le nazisme. Avant de rendre ce livre à ma* bibliothèque municipale, je ne peux me retenir de vous faire connaître un extrait de ce livre  magnifiquement  traduit en français.

Voici
Buczacz, la ville natale en Galicie de Samuel Agnon. Les marchés étaient des lieux de rencontres et d'échanges entre les différentes composantes ethniques de la ville et des environs.

 

expo2 01 l

 © Coll. CDJC/Mémorial de la Shoah

          C'est donc ce paysage qui inspira l'écrivain Agnon à écrire ses Contes.


"La Pelure", récit extrait des Contes de Jérusalem, de Samuel Agnon débute ainsi : 

 

(Comme le conseille Quichottine dans son illustre Blog, en appuyant sur "Contrôle" et "+"  à la fois, vous agrandirez le texte pour le lire avec plus d'aisance ! )

 

PEL-0001                                                                                                

 

 

PEL-0002    

   

 

PEL-0003

 

 

    

PEL-0004

                                  

 

PEL-0005

 

PEL-0007-copie-1

 

* "Ghémara" ,livre écrit au début en araméen après la Destruction du Temple de Jérusalem, pour collecter les réflexions orales des Sages comportant surtout des questions et interprétations sur le Talmud pour faire réfléchir ses élèves. Un exercice de l'intelligence qui aida à survivre à l'isolement,  la misère des ghettos et les guerres. Le Talmud devint rapidement partie intégrante de l'étude et de la vie juive, à travers les générations et dans la grande majorité des communautés juives. « Pilier du judaïsme   », il fut dès le XIIIème siècle  la cible d'attaques de la part des chrétiens lorsque ceux-ci s'aperçurent que la foi des Juifs reposait autant sur le Talmud que sur la Bible. Ainsi vingt-quatre charretées remplies d'ouvrages talmudiques furent brûlées à Paris en 1242. Soumis à la censure chrétienne, mis a l'index des livres interdits en 1565 par l'Église catholique romaine, le Talmud n'en continuait pas moins à être étudié, au point que même les Juifs les plus pauvres d'Europe orientale possédaient une étagère de « livres » talmudiques. Il devint la seule matière enseignée dans les écoles religieuses après la Haskala, équivalent juif du Mouvement des Lumières. (Citation Wikipedia).

 

En fin du texte la signature en hébreu de "Shye Agnon" ( Samuel Agnon). et son portrait sur un billet de 50 Shekels (environ 50 euros).

J'avoue ne pas aimer cette mauvaise habitude (d'ailleurs internationale) de graver le portrait de personnages célèbres sur de l'argent-papier .

Agnon dans sa modeste vie était si loin de ce que l'argent représente au propre et..au sale !. Ce serait plutôt la place d'un Ministre des Finances qui de toutes les façons par sa fonction même n'est jamais très aimé !...

 

                             

 "NOTES DE PASSAGE, NOTES DE PARTAGE"

Nous offrent dans ce très beau site, une biographie et une analyse des oeuvres d'Agnon . Et aussi le texte d'un autre conte célèbre "La Chèvre" .


http://images.google.com/imgres?imgurl=http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/agnon/agnon4.jpg&imgrefurl=http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/agnon/agnon.html&usg=__8Kjorb7I1Aa8C7wNr3J_d2uDMh8=&h=337&w=300&sz=20&hl=en&start=91&itbs=1&tbnid=eAGAX3TxksIfbM:&tbnh=119&tbnw=106&prev=/images%3Fq%3DAGNON%26start%3D84%26hl%3Den%26sa%3DN%26gbv%3D2%26ndsp%3D21%26tbs%3Disch:1

 

  Rien ne peut égaler la main de Chagall pour mieux illustrer Agnon:
 "Le Policier"

9w Chagall fev108

 

           Marc Chagall a peint une maison de sa ville où il est né: Vitebsk



chagall137

Je suis sûr que vous avez aimé comme moi toute cet enchaînement de réflexions philosophiques, plus actuelles et profondes que jamais. Ces pensées quelquefois ubuesques n'ont évidement pas de frontière et en traduisant les erreurs des hommes deviennent universelles.                                                                                  

 Chagall: "Le Violoniste"


Chagall-66 The Green Violinist, 1923~24
                                                                   Chagall: "La Maison Bleue"

Chagall La Maison Bleue

Notes supplémentaires sur l'écrivain :
http://hebreunet.ovh.org/agnon.htm

Sur le Peintre :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Chagall

Oui, réfléchissez à deux fois avant de vous baisser pour ramasser quelque chose dans la rue...Je me souviens d'une de mes lectures qui enchanta mon enfance insouciante et avide de Nouvelles ." La Ficelle", de Guy de Maupassant fut l'une d'elles. Vous la relirez avec autant de plaisir que moi, comme un bijou de la langue française.
http://membres.multimania.fr/jccau/ressourc/biblio/maupas/divers/ficelle.htm

  * "Mon,"Ma"... A force de parcourir le même chemin, voilà que je m'en attribue la propriété ! Lorsque je descends de chez-moi, je ne n'emprunte jamais le même trottoir pour y remonter. Outre la diversité des devantures, il en est un autre avantage: celui de ne pas faire partie du paysage pour les anciens assis serrés sur leurs bancs qui attendent que leur soleil s'éclipse.

A l'entrée de cette bibliothèque toute neuve dans mon quartier, une table où sont empilées pour le tout-venant, de ces Encyclopédies magnifiques en multiples tomes, trop lourdes à transporter et maintenant détrônées par des disquettes méprisantes,  de quelques grammes.

Un vrai crève-coeur !. Elles finiront leur vie (au mieux) en recyclage pour devenir des sacs très écologiques. Dans la religion mosaïque, (celle de Moïse), les vieux livres de prières ou autres écrits saints devenus inutilisables, ne sont jamais jetés à la décharge publique mais enterrés dans un coin de cimetière. J'ai toujours été très impressionné de cette manière de respecter la lettre jamais morte.

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:00

 

 

 La Princesse Verte

 

 

La Princesse Verte P.E. Dubois

 

Ce tableau fascinant est l'oeuvre de Paul-Elie Dubois .

Paul-Émile Dubois (1886-1949) fut un Pensionnaire de la fabuleuse Villa Ab-del-Tif à Alger. En 1928 le Gouverneur de l'Algérie Pierre Bordes l'envoya en mission au Hoggar. Il y retourna en 1938 avec sa femme, elle-même artiste, Jeanne-Henriette Dubois-Damart. Il fit encore des séjours dans le Sud en 1946/47.
Ce tableau, "Yasmila", Princesse des Sables... (aux pieds-nus), fut exécuté en 1939.

La lumière éblouissante du Désert rend les contours plus durs et les couleurs violentes. Le regard de cette femme parée de ses bijoux et enveloppée de vêtements moirés est vraiment royal .

        Les Hommes Bleus armés de leur lance, poignard en forme de Croix du Sud,

    et bouclier de cuir, c'étaient les Princes des Sables avant que le pétrole ne jaillisse !..

 

touareg-paul-elie-dubois

 

Paul-Emile Dubois illustra magnifiquement  l'Atlandide.

Quant à moi dans ma chambre feutrée je chevauchais avec l'Escadron Blanc et vivais intensément les accrochages et les razzias des Targuis dans les dunes du Grand Sud.

 

La Villa Turque Abd-El-Tif, un des joyaux du paysage algérois.

Située sur les hauteurs du Hamma, elle fut le havre des peintres boursiers orientalistes.

P.E Dubois a merveilleusement interprété ce panorama, pour moi le plus beau au monde.

 

Alger Villa Abdel-Tiff P.E.Dubois (1886-1949)

 

 

    Les Bananiers du Jardin d'Essai d'Alger

   (Le Jardin enchanteur de notre enfance !)

Je prenais le tram à l'arrêt du moulin, au début de la rue Sadi-Carnot. Le receveur en chéchia rouge me compostait du carnet quatre tickets pour le Musée des Beaux-Arts. Aux pieds de ce musée aux cimaises* enrichies des plus grands noms de la peinture française, la perspective inoubliable de mon paradis du Jeudi. Une forêt artificielle d'essences rares et centenaires entrecoupées de bassins jusqu'à la ligne de la méditerranée. Le tout créé sur un site marécageux et malsain par le botaniste Hardy.

J'avoue que je ne me sentais pas en sûreté dans ces allées presque désertes où rodaient des ombres bizarres. Et j'entrais vite  pour une après-midi au jardin zoologique dont je connaissais bien tous ses locataires, des Lions entourés d'un essaim de mouches aux Girafes hautaines. Des Autruches curieuses se dandinaient lourdement, mais les gazelles étaient mes amies préférées, craintives elles me laissaient juste leur caresser le bout du nez et leurs narines frissonnaient !

Des tortues gigantesques sans age au couple d'énormes caïmans que je retrouvais à chaque visite dans la même position dans leur flaque . Des singes malins qui tendaient leurs mains velues à travers le grillage pour saisir au vol l'arachide que je leur lançais, au Fenech aux grandes oreilles pointues qui allait et venait sans cesse rêvant d'un trou dans les mailles de fer pour s'évader. L'odeur qu'exhalaient les cages des félins était si forte qu'elle me poursuivait jusqu'à mon retour où le rêve se brisait à la perspective des cahiers de mes devoirs de maisons...

 

La France créa dès le début de la conquête un laboratoire végétal pour sélectionner et greffer les plants les plus accommodés aux différents climats algériens. 

Alger Dubois (1886-1949) Bananiers Jardi d'Essai

 

  La Darse de l'Amirauté, et dans le fonds les arcades du Blvd de la République

  qui semblent retenir les cubes blancs dégringolants de la Casbah vers la mer.                              

 

Alger P.E Dubois (1886-1949) Yatch dans le Port

                            

 

 Un pêcheur prépare ses filets pour la sortie du soir.

Des souvenirs me reviennent comme dans un miroir.

Les peintres ont cent fois immortalisé  cette darse :

Tout y commença et finit comme  une sinistre farce.

Les occupants furent des occupés bientôt expulsés

 Seule resta, étale ou festonnée  notre Méditerranée.

Je ne peux quitter mes yeux humides de cette Marine.

Sûr, ce doit être l'odeur du sel qui me pique les narines

 Ou l'image de ma jeunesse, qui errait sur les quais,

 Près des voûtes où se mêlaient aux odeurs  des chais,

Celles des caroubes, des épices, et de poissons fumés

 Et des taches de mazout  suintant des coques d'acier.


                                                  ------------&&&&&&---------

Notes:

*Un documentaire (en noir et blanc!) de la RTF sur la Villa Abd-El-Tif :

           http://www.ha.ina.fr/art-et-culture/architecture/video/CAF91048978/villa-abd-el-tif.fr.html

 

  Lire en pdf le texte d'Elisabeth Cazenave:

http://www.google.com/search?client=gmail&rls=gm&q=alger%20jean%20alazard

Aux cimaises de ces salles étaient accrochées, entre autres, les tableaux d'Orientalistes que la lumière de l'Algérie  avait si inspirés et gâtés. Jean Alazard en fut le brillant conservateur. Hélas, en 1962 la France non seulement abandonna ces trésors du génie français sur place, mais elle renvoya à l'Algérie algérienne à la demande du FLN quelques oeuvres qui avait été avant l'indépendance rapatriées en métropole...(Vae Victis !)

  Pour visiter le Jardin d'Essai :( Très longtemps abandonné à son sort après 1962, occupé par des sans-logis, ce jardin dépérit, et des milliers d'espèces végétales moururent . Les requins de l'immobilier en amputèrent une partie, et mêmes des plantes grasses très rares trouvèrent par enchantement le chemin de jardins privés de notables...Aujourd'hui, il renaît de ses cendres grâce au concours des spécialistes du Jardin des Plantes de Paris. Et les statues (réparées) du sculpteur Gaudissard ont retrouvé leurs places dans les bassins.  La statue de "La France" de Bourdelle qui dominait du haut de l'esplande, et faisait face à la Mère Patrie au delà de la Méditerranée, a été rapatriée en France et se trouve sous la garde de St-Cyriens. Alors stupidement endommagée comme un symbole gaulliste, elle a été réparée par les soins de la famille du sculpteur ) .

Ce site retrace l'histoire de ce Jardin de sa création à nos jours. (Dois-je ajouter avec une pointe d'émotion que le crocodile de ma jeunesse est maintenant exposé...empaillé avec d'autres de mes connaissances enfantines !)

http://www.jardindessai.com/index1.htm

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 10:00

 

                                                                                      Fidélité

 

 

Voici une carte postale représentant la Grande Synagogue* d'Alger, construire en 1885 dans la vieille ville. Proche du Quartier de la Lyre, il lui fut ajouté en bas des escaliers des grilles pour la protéger des étals du marché qui débordaient devant elle.

Vous remarquerez au dessus de l'entrée principale, une hampe .
Le jour de la Fête Nationale, et aux grandes occasions de la République, le drapeau tricolore y flottait .


 La Synagogue au nom du Grand Rabbin Bloch en 1906

Synagogue Gd Rabbin Bloch


Une Prière pour la République française y était récitée en français régulièrement lors des offices du Shabat le matin et à l'occasion de cérémonies officielles comme dans les Synagogues consistoriales françaises. Son origine remonte à la création du Consistoire par Napoléon quand une prière fut créée à l'intention de l'Empereur et de la famille impériale le 17 Mars 1808, dans le cadre des décrets organisant le culte israélite.

« Éternel, Maître du monde, Ta providence embrasse les cieux et la terre ;

La force et la puissance T’appartiennent ; par Toi seul, tout s'élève et s'affermit.
De Ta demeure sainte, ô Seigneur, bénis et protège la République française et le peuple français.

En Choeur : Amen !.
Regarde avec bienveillance depuis Ta demeure sainte, notre pays, la République française et bénis le peuple français.

En Choeur : Amen !.
Que la France vive heureuse et prospère. Qu'elle soit forte et grande par l'union et la concorde.

En Choeur : Amen !.
Que les rayons de Ta lumière éclairent ceux qui président aux destinées de l’État et font régner l’ordre et la justice.

En Choeur : Amen !.
Que la France jouisse d’une paix durable et conserve son rang glorieux au milieu des nations.

En Choeur : Amen !.

Accueille favorablement nos voeux et que les paroles de nos lèvres et les sentiments de notre coeur trouvent grâce devant Toi, ô Seigneur, notre créateur et notre libérateur.
  En Choeur : Amen !. »



(Amen se traduit par "Ainsi soit-il". La  Prière est  prononcée devant au moins 10 fidèles présents) .


* En Décembre 1960, donc  deux ans avant l'indépendance, les terroristes pénétrèrent dans la Synagogue et profanèrent,  pillèrent, et violentèrent les Juifs du quartier. Les objets de culte ne sont pas retournés en France, ainsi que de précieux documents du Consistoire qui furent détruits par le F.L.N pour effacer toute trace du Judaïsme .

A la Synagogue fut ajouté un minaret et ainsi devint une mosquée fréquentée par des extrémistes. Au contraire de ses pays voisins, il n'existe aucune synagogue en Algérie qui ait conservé sa fonction. Transformées en mosquée, ou utilisées comme entrepôt, ou abandonnées aux ruines du temps, elles ne sont plus qu'un souvenir fané du riche passé du Judaïsme algérien.  Voici la photo de la mosquée Ibn-Fares:

 

 

Alger Synagogue Mosque ibn Fares

 

Et du timbre "glorieusement" émis par la poste algérienne pour célébrer ces sinistres jours d'émeutes qui embrasèrent aussi le quartier de Bab-El-oued. Remarquez les flammes qui s'élèvent derrière la pancarte et le drapeau ,

 

Timbre anniversaire 11 Decembre 1960 Alger

 

Et voici un autre timbre algérien de 1976 (oblitéré à Oran) de "solidarité avec le peuple palestinien" . Le principal défaut est que leur palestine couvre tout le territoire du Jourdain à la Méditerranée, et de la frontière libanaise à la Mer Rouge rayant ainsi tout l'Etat d'Israel de la carte !. Certes l'Algérie a envoyé un appui militaire à chaque guerre contre Israel, et entraîne sur son sol des terroristes, mais de là à prendre leurs désirs pour des réalités il y a plus qu'un pas de l'oie !

 

 

1976 647 02 timbre algerien-palestinien

 

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 18:53

 

                                                            Justice !

 


Assassinats de Juifs à Ivangorod  en 1942 .

La mère essaie de protéger son enfant de la barbarie allemande.

Le photographe et ses comparses ont tué Dieu.

800px-Kiev Jew Killings in Ivangorod (1942)



Six millions de Juifs ont été assassinés par les allemands nazis et leurs admirateurs et collaborateurs européens militaires comme civils .

Du fond des profondeurs de leurs fosses nos frères et soeurs crient Justice. A Nuremberg les tribunaux n'ont condamné qu'une infime minorité de criminels . 

La plus part, sans vergogne, sont même restés en Allemagne après la guerre et vécurent et vivent heureux, prospères et entourés de leurs familles .

Et que dire des Négationnistes qui sortent maintenant de l'ombre comme des vipères et reçoivent même la Sainte protection ?.

Ces temps-ci, à Téhéran, un Hitler en puissance aboie et crache sa haine des Juifs en s'inspirant des thèses et discours de l'Allemagne brune que les Démocraties d'aujourd'hui comme celles d'il y a soixante dix ans  temporisent et refusent de prendre sérieusement en considération, puisque après-tout il n'est question que de l'avenir de Juifs en Israel .

 

Pour apprendre à nos ennemis à ne pas se hasarder à une nouvelle aventure, il aurait fallu en 1945 saisir six millions d'allemands, civils comme militaires, les affamer, les déshabiller, les tondre, leur imprimer un numéro sur le bras, leur arracher les dents aurifiées, les faire attendre des appels sans fin dans le froid glacial et les arroser à la lance, leur faire déplacer des blocs énormes jusqu'en haut des collines, leur faire brûler dans les fours leurs propres frères agonisants, en pendre pour l'exemple au son des violons, piquer au couteau leurs femmes pour les entasser dans les chambres à gaz, leur faire creuser leur propre tombe, les arroser de chaux encore vivants, se servir de leurs jumeaux pour des expériences morbides, prélever sur leurs enfants vivants des  morceaux de foie pour tester des vaccins, collecter les yeux et les épingler selon leurs couleurs,  arracher du sein de leur mère les bébés pour fracasser ces innocents sur le sol, découper la peau des tatoués pour en tailler des abats-jour, et fondre la graisse humaine pour en faire du savon. 

Ainsi à la vue de ces horreurs aurions-nous certainement ôté pour toujours l'envie à tous nos nouveaux et voisins ennemis de recommencer une Shoah.

Mais, puisque ce ne fut pas le cas, car nous sommes le Peuple du Livre, nous nous trouvons quotidiennement en manchettes dans la situation d'accusés parce que nous osons désormais riposter en Israel aux attaques criminelles du Hamas ou du Hizbola ou autres choléras téléguidés par Ahmadinejad et ses complices.

Que nos "amis" ne trompent pas, (spécialement  ceux qui pleurent des larmes de crocodile au lieu de se regarder dans un miroir), nous nous laisserons pas conduire à l'abattoir comme du temps où nos familles désarmées croyaient en la civilisation de nos pays d'origine.

 

                                                                   Voici le nouveau Gang:

                                                    

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 12:35

 

                                                                                Aquarelles du Sud

 

Voici une suite d'aquarelles de  Roger Jariera qui viennent compléter les précédentes.

 

 

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      Le Marabout n'est pas un sorcier mais un sage conseilleur des villageois.

 

 

 

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               Le Potier Kabyle et ses oeuvres aux dessins symétriques et monochromes.

 

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Les laveuses battent le linge avec les pieds !   

A Bou-Saada l'oued était à sec une grande partie de l'année.

 

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Jeune fille au couscoussier, avec des sarments pour le réchauffer et cuire la graine à la vapeur.

 

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Un autre Potier avec ses plats et Gargoulettes .

Il s'entoure de sa djellabah en coton pour s'isoler et du chaud et du froid.

 

 

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                   Aurasienne parée de vêtements brodes et de ses nombreux colliers et bracelets d'argent.

 

 

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                                                                    Le Charmeur de Serpent

Une flûte est inutile, car le serpent  est sourd. De plus ses yeux ne peuvent pivoter: son corps se balance en suivant  donc les évolutions de la main du charmeur. Ce Cobra en fait est effrayé et le montre en gonflant sa coiffe. Le plus souvent ses crochets sont arrachés et cette mutilation lui raccourcit la vie.

 

 

 

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Remarquez les tatouages, signes d'appartenance à une tribu, croix ou étoile pour attirer l'attention et masquer les défauts du visage, signes érotiques : tout un langage berbère codé et millénaire .


 

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  On peut filer et aussi bercer et garder le bébé hors de portée des rampants nuisibles !

 

 

 

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La Femme et l'Enfant

Les Berbères ne sont pas voilées .

 

 

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Les Trois  Philosophes:

Deux  résignés et lourdement chargés se reposent debout !


 

  Pour mieux connaître les Berbères:

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8res

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 13:40

Printemps.

Rien ne peut mieux illustrer le Printemps que cette image de Hansi (1)qui nous émerveille avec le retour en Alsace des Cigognes. Je me souviens de celles de Sétif, perchées sur le sommet d'un silo dont elles en avaient fait leur nid. Peut-être venaient-elles même du petit village de Soultz comme mes ancêtres, pour ne pas devenir allemands après la défaite de Sedan.
Prenez du temps pour admirer tous les détails de ce dessin. De l'abbé qui braque sa lorgnette jusqu'au petit enfant qui agite son chapeau, tous accueillent cette fière Cigogne, symbole du renouveau.

Hansi

Il y a quelques jours j'ai appris le triste sort d'un acteur qui, il n'y a pas encore si longtemps brûlait les planches du célèbre Théâtre Habima de La Colline du Printemps*. Il est devenu alcoolique dans sa vie de tous les jours et a du abandonner son métier.
Il ne pouvait quand même pas toujours jouer sur la scène un rôle d'ivrogne ! De quoi vit-il ? Comme ses compagnons d'infortune: il fouille le matin les poubelles pour en retirer les flacons de verre ou de plastique consignés..Depuis cette nouvelle loi très verte qui oblige les industries de la boisson à reprendre les bouteilles ou canettes en aluminium, les clochards peuvent gagner quelques pièces pour se payer une bouteille pleine de rêve !

Le vénérable Théâtre est en réfection, avec l'adjonction de deux étages en sous-sol pour garer les autos. Les Tel-Aviviens toujours sur le qui-vive pensent qu'en fait ce sera aussi un bon abri pour les habitants du quartier en cas d'alerte . L'échelle du tracteur illustre l'ampleur des fondations.


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Près des travaux, j'ai photographié, puisque son visage était masqué, ce sans domicile fixe dormant sous un carton sur un canapé  jusqu'à ce que  le camion de la voirie vienne le réveiller et le sortir de ses vapeurs vineuses. J'avoue que ces clochards qui couchent sous la voûte étoilée sont très rares en ville. D'ailleurs, avant que les conditionneurs d'air se popularisent, bien des habitants qui étouffaient dans l'été humide dormaient sur leurs balcons plus aérés. Sans parler de la jeunesse qui dort sur la plage sous les yeux bienveillants de la Grande Ourse.


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 Généralement ce sont des individualistes qui refusent le soir d'être collectés à l'hospice où ils bénéficient de l'hygiène et de la soupe populaire. J'en connais un, que je rencontre souvent sur la promenade Herbert Samuel qui longe la mer. Très grand, bronzé,  avec une crinière rouge et un visage buriné comme celui d'un loup de mer, il bondit devant le passant en criant toujours la même phrase : "Who are you ?" et le laisse passer...sans attendre de réponse ! Dans mon enfance je n'étais pas aussi téméraire. Une fois en sortant de l'École Clauzel et dévalant les escaliers de la rue Tirman, je dus contourner sur le trottoir une misérable, assise à même le sol.

"La Mendiante" par Edgar Degas ressemble à mes souvenirs d'écolier !
Ce tableau qui représente une pauvresse romaine, fut peint en 1857.
Pauvresse Elle avait des yeux glauques qui lui dévoraient le visage. Comme j'allongeais mes pas, elle se redressa en brandissant une lanière et en la faisant claquer sur ma cape ! Je poussais avec terreur le portail de la maison et vite pris l'ascenseur pour le cinquième étage. J'ouvris avec ma clef la porte de chez nous et la refermai avec en plus le crochet en laiton de sécurité car j'étais seul. Quelque temps après, coup de sonnette. Comme ma mère me l'avait appris, j'entrebâillais la porte tant que me le permettait le crochet. Je reculais avec terreur. C'était cette mendiante qui venait sans doute quêter. Ses yeux sanguinolents me pétrifièrent et vite refermais le battant avec le verrou à double tour..Très longtemps, la nuit je me suis entortillé dans mes draps croyant voir devant-moi les yeux enfoncés et les paupières rougies de cette misérable...

De l'autre coté du trottoir, le jardin du théâtre va retrouver une jeunesse en préservant un des plus vieil arbre Sycomore de la ville. Sur la pancarte de l'entrepreneur, une photo prise il y a 65 ans. Avant les travaux j'allais me reposer sous son ombre. Et même cueillais ses minuscules figues rouges et sucrées. Je n'étais pas seul à ce dessert:  les petites chauves-souris qui y habitent en sont aussi très friandes. Et je les ai vu voleter en plein jour .

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C'est le printemps, les arbres se chargent de fleurs mauves.
Des oiseaux ténus et mordorés, au bec courbe et pointu y trouvent leur bonheur et font le notre. Ils sont si furtifs que je n'ai pu les saisir dans mon objectif.

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Ce couple de jeunes Corbeaux prélève de fines brindilles du tronc de cet arbre pour
tapisser leur nid comme de bons parents attentionnés. Leur comportement conjugal et familial est remarquable. (2)

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                               L'entrée accueillante d'un  Café-Librairie-Galerie:
A l'abri du soleil, la clientèle sirote un café frais-moulu en lisant un livre, ou en écrivant un au clavier de leur Lap-top ! Fini le temps où les écrivains traduisaient leur inspiration sur la nappe en papier d'un guéridon ! 

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Silence on tourne !
Au centre de Tel-Aviv, un acteur joue au touriste ou l'inverse...
Au fond, un immeuble typique du style Bauhaus qui a fait de Tel-Aviv la Ville Blanche.


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  Le Grand Magasin est décoré de ballons pour les enfants en vacances de Pâques.'
Au sous-sol, des livres en solde: achetez-en deux et le troisième est gratuit ! En Israel la quantité de livres édités chaque année est impressionnante (3).
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Moi je suis le sélecteur, n'entre pas qui veut !

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Faut montrer patte blanche !
 
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Une  vitrine de T-Shirts, et un mannequin inattendu: Ahmadinejad !
Son destin sera-t-il celui de Sadam Hussein ?

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J'ai retrouvé un ami d'enfance qui lui n'a pas vieilli.. Pinnochio et Gémini son bon petit lumignon étaient mes meilleurs amis. Je suivais ses aventures toujours émouvantes avec une tartine de pain beurrée qui semait ses miettes entre les pages..
Moi aussi je n'ai pas toujours écouté les bons conseils de mes parents chéris !
Mais si mon nez s'est allongé, c'est parce qu'avec les oreilles, ce sont les deux parties du corps qui grandissent toujours après l'adolescence.


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Ce chat trop bien nourri privilège cet accoudoir pour s'y étaler. Visiteur, attention aux griffes. Avec sa moustache et son poil noirs et sa raie centrale il ressemble à Hitler (Que sa mémoire soit maudite) . Pourtant ce chat a remporté un record éblouissant : il est tombé en chute libre du balcon d'un immeuble de cinq étages, et s'est retrouvé sur ses pattes, absolument indemne.


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Rien ne vaut la marche à pieds. Le prouve cette image ci-dessous. Ce camion-grue a déposé sur son dos cette voiture en stationnement interdit, en moins de 30 secondes !.

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J'avoue que je ne suis pas resté immobile très longtemps moi aussi après avoir pris ce cliché au vol ! Avec ces diables qui enlèvent tout ce qui stationne, j'ai préféré allonger mes pas !...et suis retourné chez-moi, c'est plus  sur !

Notes :
* Traduction mot-à-mot de "Tel-Aviv", nommée aussi "La Ville Blanche" par l'Unesco.

(1) Hansi:
http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Hansi/Hansi_01.htm

(2) Nos amis les Corbeaux:
 http://www.uniformis.net/corbeau.html
(3) La littérature israélienne:
 http://www.centrenationaldulivre.fr/?Presentation-des-litteratures

-----------------------------------------------------ACTUALITÉ--------------------------------------------------------------------------------

Le temps passe, la plaie reste ouverte.
Les responsables restent impunis.
In Memoriam:

Le 26 Mars 1962, la France a commis un crime de sang dans le but de clore définitivement le cercueil de l'Algérie Française. Non seulement le 19 Mars nos dirigeants livrèrent les civils aux mains du F.L.N., en donnant l'ordre à l'armée de rester casernée, mais le 26 Mars organisèrent un guet-apens pour briser tout l'élan patriotique
d'un peuple armé de drapeaux tricolores. En voici les témoignages sur le site :
 http://www.babelouedstory.com/thema_les/26_mars/00_accueil/00_accueil.html

Passant, respectons ensemble une minute de silence en la mémoire de ces Français, qui crurent dans un ultime sursaut en l'honneur de la France.

Je me permets de recopier ces lignes que j'avais écrites alors d'un trait:

Le Dernier Printemps d'Alger
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J'ai encore des cauchemars de ce 26 Mars 1962, et pourtant j'en ai vu des attentats en Algérie et en Israel !.

            Comme d'habitude, en cette période de changement de saison, (encore une bonne excuse de Docteur pour expliquer mon allergie), j'étais souffrant des bronches.
             Une maladie qui m'a peut-être sauvé la vie. Les jours précédents, raccompagnant ma mère d'un ouvroir, "Les Dames Visiteuses", organisation de charité, j'avais pu voir tourner dans le ciel , comme des mouches, des avions de chasse T6 cocardés de tricolore au dessus de Bab-El-Oued.  Pour les jeunes lecteurs, disons que ce quartier prolétaire était l'équivalent d'un Faubourg St-Antoine de Paris, adossé à la Casbah. La Chasse française mitraillait les terrasses ouvrières. De loin,  je n'entendais rien, et ne connut des détails du siège que plus tard.
          Les affiches collées en hâte aux murs pendant le couvre-feu, les attentats, la rumeur publique, les nouvelles vraies ou fausses, les émissions pirates, les concerts de casseroles accompagnaient  les jours et les nuits d'un peuple en colère qui voyait sa patrie se dérober sous ses pieds.
                Toujours est-il que 5 jours (un chiffre porte-bonheur comme une main de Fatma), après le début officiel du Printemps, fut organisée une manifestation de solidarité pour la population de Bab-El-oued, assiégée par les forces de l'ordre.
             A Alger, chaque manifestation converge d'abord vers son coeur, qui est le quartier du Square Laferrière, au bas du Monument aux Morts. Ici, les cris de "A la Bastille !!" sont remplacés par "Tous au G.G*" ainsi du moins le fut le 13 Mai 1958.
            Le 26 Mars 1962, le rendez-vous était devant la Grande Poste, une esplanade vaste où convergeaient des rues aux noms glorieux, Baudin, Michelet, Isly, Bugeaud et autres... De la fenêtre du cinquième étage de la rue Sadi-Carnot, mon poste de guet habituel, où accoudé je passais des heures à mon observatoire pour me distraire et oublier ma poitrine sifflante, je vis ce matin de  Printemps, s'organiser  le cortège  joyeux de passants pacifiques et d'étudiants et écoliers en goguette, nombreux brandissants le drapeau tricolore, en culotte courte et sandales, s'interpellants, reconnaissants des amis et camarades et  tous marchants au milieu de la rue car Alger  était en grève. Les rideaux de fer des magasins étaient baissés, et en face de chez moi, l'immeuble des Chemins de Fer était vide de ses employés, et même  du port ne me parvenaient plus les sifflements des remorqueurs.
        Sous le soleil algérois, les choses les plus graves ne sont jamais sérieuses :J'avais d'en haut, l'impression d'une kermesse. Je vis même de la rue Drouet-d'Erlon déboucher des voyageurs débarqués d'un train à la Gare de l'Agha, se joindre à la foule. Je pouvais suivre des yeux les passants qui montaient la rue Charas et enfilaient le Boulevard Baudin, tout en entendant le reportage à Radio Monte-Carlo, qui était alors la source de nos informations non censurées. Le bruit de la mitraille à la Grande Poste, je l'entendis à ma radio portative, et plus proche de moi, sursautais aux chocs des  ricochets de balles qui martelaient les devantures closes du début de la rue Sadi-Carnot. J'entendis alors les cris de "Halte au feu", enregistrés par Julien Besançon :

http://www.cerclealgerianiste-lyon.org/audio/isly.wav

             Les criminels avaient agi en plein jour. Quelques minutes après, je vis des passants affolés revenant en sens inverse et je devins un témoin impuissant et terrorisé de ce que je vis: un camion à ridelles chargé de corps ensanglantés qui filait à toute allure et à grand renfort d'avertisseur vers l'Hôpital Mustapha en bout de la longue rue Sadi-Carnot.
           Suivirent des camionnettes et autos particulières, leurs chauffeurs agitant éperdument des mouchoirs blancs en dehors des portières. Je ne vis même pas une seule vraie ambulance. Le silence était tombé comme une chape sur le quartier.
             A la radio, un  appel à tous les étudiants en médecine pour se rendre aux hopitaux, un appel pour les transfusions de sang, un appel au secours censuré qui mettra plusieurs jours pour arriver en France.
             Du bleu, du blanc et du rouge de la France n'en restait que le rouge du sang et de la honte sur les pavés d'Alger.
           Délaissant la fenêtre, mon coeur battant trop fort, je vis sur les murs de la chambre de mes parents, une orgie d'arc en ciel qu'un face à main  biseauté réfractait d'un rayon de soleil.
           Je ne pus soutenir ce phénomène merveilleux et incongru et retournai le miroir, en signe de deuil.
          Mon père avait essayé le soir de parler en anglais avec la direction du "New-York Times" pour qu'il diffuse la vérité sur le massacre. Il fallait pourtant que la vérité soit connue et traverse la mer.
       "Il y a, épinglées aux arbres, des listes de Héros", ainsi, j'avais commencé à rédiger ce que je vis en allant le lendemain sur les lieux du Crime. Les troncs des ficus étaient devenus des poteaux de fusillés. Des listes de disparus y étaient piquées. Leurs cadavres furent jetés pèle-mêle à la morgue. 
     Le Plan avait réussi, et fut cloué ce jour- là le cercueil de l'Algérie Française. Tout a été filmé, photographié, enregistré, mais nous resterons pour combien de temps des "profiteurs esclavagistes et des colonisateurs cruels", pendant que les porteurs de valises et de bombes écrivent leurs mémoires de "résistants" ?.
       Plus tard, la vérité que nous crions sur les toits depuis cinquante ans se fera entendre, mais nous ne serons plus là. L'Histoire s'écrit lentement, comme le vin qui dépose sa lie.

        Le "Massacre de la Rue Transnonain" a été immortalisé par Daumier.

     Celui de la Grande Poste d'Alger attend encore à la  grande porte de l'Histoire.


       *"GG" :L'immeuble du Gouvernement Général.(pour les jeunes)
         N.B.Merci au Cercle Algérianiste à qui j'ai emprunté cet enregistrement

 


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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 09:33
   
 

"Être de parti pris, est être partial".

"Je me méfie des partis, ils deviennent facilement des partis-pris"

( Charles de Mazade)*


Avec mes cheveux blancs (qui s'éclaircissent) me vint l'envie de poser quelques bornes sur  mon parcours. Non pas qu'il soit brillant et restera dans les annales scientifiques(!) car si je ne fus toujours qu'un très modeste composant(1) de toute cette industrie électronique,  je suis resté par contre un observateur heureux  de mes souvenirs de cette période passionante. Après un demi-siècle, j'ai fais l'effort nécessaire pour reprendre, là où j'avais interrompu un dialogue, et le continuer en monologue. Ce n'est pas si facile quand les neurones se défont plus qu'elles ne se font !

Un matin de 1968, un bateau de la ZIM(2) accosta à Marseille. J'avais embarqué à Haïfa, mettant ainsi un point final à un volontariat que j'avais commencé en Israel dès la fin de la Guerre des Six Jours. Fouilles archéologiques dans le Néguev, séjour dans un Kibboutz et de longs mois au Sina
ï, le travail physique avait fait de moi un vrai israélien quant à l'aspect extérieur. Et mes idées sionistes ne s'étaient que renforcées sur le terrain que j'avais eu le privilège de parcourir de long en large en vivant en commun le difficile quotidien du menu peuple.
Ma famille fut soulagée de me revoir en bonne forme. J'avais simplement lors de mon absence perdu la notion du temps et mes lettres s'étaient espacées ou perdues dans les sables...Et même un télégramme alarmé cherchait partout ma trace.
J'avais demandé en Juin 1967 un congé d'un petit mois à mon employeur(3) d'ailleurs très compréhensif et n'osais pas me présenter de nouveau après une si longue disparition. Je dus alors armé d'un crayon et des petites annonces classées rechercher un poste, ce qui n'est jamais si facile, d'autant plus que j'avais dans mon curriculum-vitae un espace vierge de plus d'un an ! Et mes explications ne devaient pas plaire à tous les Chefs du Personnel. Pourtant je fus admis à faire parti d'une équipe de techniciens bien sympathiques dont les Ingénieurs à Bagneux devaient développer le Plan Calcul(4) qui avait l'ambition gaullienne d'affranchir la France du puissant matériel digital américain qui dominait le monde. Je n'étais pas habitué à travailler dans un élément syndiqué et très politisé où toujours gronde une colère sous-terraine. Mais j'avoue que je me suis vite plongé dans mon travail, tout en pensant qu'un jour ou l'autre ma vie repasserait de l'autre coté de la méditerranée.
Mon nom de famille qui allait devant moi en Algérie ou à Paris m'a toujours aidé en m'évitant dans mes relations d'avoir à entendre des plaisanteries douteuses et à devoir sèchement dans ce cas remettre l'auteur à sa place. Alors que je m'étais habitué en Israel au tutoiement même avec des inconnus, je recevais tous les matins du Chef de Service avec une poignée de main, un vouvoiement poli pour s'enquérir de ma santé et de...la progression de mon travail. Monsieur Lévy par ci, Monsieur Lévy par là, mon prénom devenait inutile et se rouillait sur ma fiche du personnel. Par contre j'avais remarqué la camaraderie prononcée entre un ingénieur et le technicien qui oeuvraient ensemble.
De stature assez haute et carrée J.M. venait quelques fois converser avec moi. Et bien sur parlions du passé, comment pouvait-il en être autrement de ma part, de la période brune où en Europe la seule lumière fut celle des feux où se consumaient les cadavres des déportés juifs.
Comme je n'étais pas naïf, je compris immédiatement que son approche n'était pas gratuite, mais suivait la ligne du Parti tel que l'enseigne la religion communiste et je jouais le jeu en évoquant l'époque de Rosa Luxemburg(5) et de ses amis. Il était évidement actif dans la Confédération Générale du Travail des Hauts de Seine, et toujours sur la brèche pour défendre les droits des travailleurs. Je me souviens qu'un jour, le syndicat décida de faire une grève surprise ayant pour cause les graves différents entre Sociétés qui par rebondissement pourraient  menacer nos emplois. Pour ma part, j'étais ignorant des interactions entre ces industries de l'électronique, CII, Sperac, CDC, BULL, Honneywell, Thomson ...
Le Chef de Service, obéissant à l'ordre de la grève surprise, coupa lui-même l'électricité au tableau de distribution et m'enjoignit poliment de descendre avec mes camarades dans la cour pour écouter le message de Moscou !
Ce qu'évidement je refusais, et je suis resté assis dans l'obscurité pendant une heure...Je sais, c'est mauvais de se distinguer ainsi mais moi je suis têtu.
A une autre occasion, je vis le Syndicaliste soudain passer entre les tables de travail, lui et son ami tenant les coins d'un drapeau du Vietcong pour faire la quête pour les malheureuses victimes des bombardement américains. C'était l'époque de la Guerre au Vietnam et les murs de Paris étaient couverts d'affiches d'enfants brûlés et déchiquetés par une "assassine Amérique".
(Le Pacte Molotov-Ribbentrop(6), les assassinats politiques, le Procès des Médecins Juifs, le Goulag, les vingt millions assassinés par Staline, n'avaient pas eu cette publicité !) .
Cette fois c'en était trop. J'étais justement monté sur ma table pour travailler sur une haute console. Lorsqu'ils arrivèrent à mes pieds, je le pris à parti à haute voix pour que tout le Labo m'entende, lui faisant d'abord remarquer qu'il enfreignait les règles fondamentales du travail en manifestant à l'intérieur de la Société et en entravant notre projet. Et pour finir le traitais de fasciste. Mais la peau d'un Rhinocéros est plus sensible que celle d'un membre du parti-pris. Ils continuèrent la quête, le Chef de Service ayant lui disparu par enchantement.
J'avoue avoir passé une nuit agitée après cette rare altercation verbale et m'imaginais dans mon cauchemar renvoyé d'un doigt menaçant, d'une envolée de manche comme dans une gravure de Daumier .
Le lendemain matin, comme si rien ne c'était passé la veille avec le drapeau rouge à l'étoile d'or, Jean Mallière vint me dire bonjour et me tendit sa main en souriant.
C'était là sa force. Enfoncer le clou avec le Marteau, avec patience et longueur de temps pour persuader d'adhérer à l'Internationale(7)...Un beau brin de musique d'ailleurs pour enflammer les foules et qui, il n'y a pas si longtemps était encore chantée en Israel le 1er Mai !.
                                        
                                                         La Fête du Travail à Tel-Aviv en 1950

Ier Mai 1950 Tel-Aviv
Mais en aucune façon cela me dérangeait dans ma tache dont j'avais la responsabilité.
Il s'agissait d'un lecteur de bande magnétique à réenroulement très rapide où l'électronique d'asservissement, la logique des séquences, et la mécanique et même l'étude des fluides s'associaient pour faire de la PEN-21 un futur succès et pour moi un vrai casse-tête. La Logique toute TTL (transistor-transistor-
logique) était l'oeuvre de Monsieur Jean Mallière. Monsieur Dumanois était responsable des Servos et des Moteurs, la Platine avec son puits à dépression venait de l'extérieur de notre département.
                                                           Moi et ma "bécane": nous étions tous les deux jeunes et dynamiques !

velizy-0005 Pen-0024
En gros cet appareil devait lire des informations digitales enregistrées sur la bande et aller les chercher en amont ou en aval le plus rapidement possible en minimisant les temps morts. Il ne s'agissait pas évidement de laisser entraîner à leur gré les moteurs des deux bobines de grand diamètre qui enroulaient ou déroulaient la bande qui passait devant la tête de lecture magnétique : la bande se serait immédiatement brisée aux accélérations. Il fallait prévoir une grande boucle qui absorberait les différences de longueur crées pour que le support soit entraîné par sa petite poulie (cabestan) à la surface caoutchoutée sans aucune tension notable et à vitesse de lecture continue. Pour cela, la boucle s'étirait dans un puits d'air extrêmement ingénieux qui l'aspirait variablement pour la maintenir à une profondeur à peu près constante. Le long du puits une mince fente équilibrait les pressions d'aspiration suivant la hauteur de la boucle détectée par des capteurs. Bien des platines furent ainsi essayées avant d'arriver en sécurité à un réembobinage de 20m/seconde de la bande.
Schema Pen-21

La poulie de petit diamètre qui entraînait la bande par auto-adhésion renvoyait sa position à un ampli servo de courant continu grâce à une dynamo tachymétrique. De nombreuses furent essayées, jusqu'à ce que fut choisie une dynamo japonaise qui délivrait sa tension continue avec le plus faible bruit de fond parasite. L'ampli que je construis de toutes pièces était le coeur du problème et me donna aussi beaucoup de soucis jusqu'à ce que j'en corrigea les défauts. Tout transistorisé, il chauffait outre mesure même placé sur un refroidisseur à ailettes. Les gros transistors de puissance rendaient l'âme, et alors la machine incontrôlable se déchaînait, la bande s'étirait, se cassait et à grande vitesse s'envolait comme une fronde au dessus de moi à travers la salle avec un claquement qui faisait trembler les vitres du bureau de Monsieur Chauvel ! Et tout le monde était ainsi alerté de mon échec !
Un autre problème crucial fut aussi résolu : les moteurs d'entraînement des deux grosses bobines étaient de diamètre trop important et ainsi leur inertie étaient telle qu'ils étaient relativement lents à réagir aux inversions de direction. Plusieurs furent commandés; bobinés et rebobinés et essayés jusqu'à l'obtention d'un moteur au rotor de faible diamètre mais tout aussi puissant. Toutes ces expériences étaient passionnantes et jamais ne m'avaient lassé.

Je me revois travaillant sur un circuit qui délivrait un signal en forme de rampe à laquelle devait être asservie la course de la poulie motrice au départ et à l'arrêt. Je modifiais ma plaquette, ajoutant une capacité,modifiant la valeur d'une résistance, jusqu'à l'obtention du signal idéal, comme l'enfant prend du plaisir à donner forme à sa pâte à modeler !.

A l'aide d'un appareil de photo Polaroïd je photographiais l'image donnée par un oscilloscope Tektronix de la tension tachymétrique, pouvant ainsi montrer triomphalement les temps de marche et d'arrêt de quelques millisecondes précieuses sans rebondissement qui étaient le signe de la performance de la console.
Un jour vint une délégation des Pays de l'Est. Comme toujours avec des appareils photos. C'était l'époque où les Soviets internaient l'intelligentsia juive grâce à de faux procès à sensation. (J'ai plus tard connu de ces " refusenik"(8) héroïques  en Israel, après l'écroulement du Rideau de Fer). La Direction donc nous recommanda donc, ce jour plus qu'un autre, d'être prêts pour la revue !
Moi, je ne pus que dessiner dans un coin de la PEN-21, une étoile de David protestataire (à laquelle personne d'ailleurs ne fit attention !).
Je reconnais que les gens de mon entourages étaient bien sympathiques et j'étais à l'aise à mon poste. Les conditions de travail étaient excellentes dans un immeuble très moderne.

                                                Département des PEN

Velizy-Labo des PEN
 
Chacun avait son bureau pour écrire ses rapports, et une table de travail avec à proximité toutes les sortes de tensions électriques nécessaires, évitant ainsi les cordons de traîner au sol, et l'éclairage tamisé n'éblouissait pas les yeux. Les  composants étaient rapides à obtenir du magasinier proche de nous à l'étage. Le matériel de mesure bien-sur très moderne. Matin et soir le chauffeur en casquette et blouse blanches conduisait avec ponctualité le transport du personnel très confortable, que je prenais à la hauteur de la Porte de Versailles. Il y eut encore des remous prolétaires quand il fut question de nous faire participer aux frais du transport...
Mais le fait qu'au salaire de chacun s'ajoutait une prime variable suivant  l'appréciation du Chef de Service, créait des jalousies inévitables. Et les bulletins de paye étaient décachetés à l'abri de tout regard indiscret. Pour éviter toute équivoque, j'avais pris l'habitude d'épingler le mien à la vue de tout le monde....
Une chose pourtant différait du Labo où j'avais travaillé auparavant: l'absence totale de la "perruque". En argot de technicien c'est une réalisation privée (peu en importe l'importance) prise sur les heures de travail pour réaliser un projet personnel en sous-main en se servant des facilités présentes ! Bien sur notre Labo était un endroit trop sérieux pour s'y risquer, mais je peux vous garantir que dans des usines non moins importantes, la perruque avait la belle vie! En fait c'est un signe du dynamisme et du savoir-faire de son auteur, évidement pas de son honnêteté. C'est pour cela que souvent un supérieur vient discrètement demander un service pour dépanner sa radio détraquée "quand vous aurez le temps"....
A l'arrêt du travail à midi, je devisais avec un camarade né comme moi en Algérie, Jean-Charles Valenza.

C'est le dernier jour ! Jean-Charles debout, nous posons avec un retardateur

CII V lizy

 Il était  chargé de la maintenance des appareils de la CDC et SPERAC chez les clients et souvent  voyageait.  Entre pieds-noirs,nous évoquions souvent notre Algérie et les évènements politiques, mais aussi  nos souvenirs des criques des Bains-Romains(9) et de la Méditerranée transparente et si absente ! Où çà ? mais au "Pub", ce genre de café à l'anglaise qui jouxtait la Compagnie. Assis sur des fauteuils de simili-cuir de couleur vert-bouteille, nous prenions notre repas de midi, c'est à dire une baguette aux riettes,ou un saucisson-beurre, accompagné de bière fraîche.  Oui, je me souviens d'un de ses exploits techniques, quand,dans un coin perdu,il eut à dépanner une platine de la C.D.C. Il  fallait changer un moteur,si je me souviens bien de ton récit,et pour cela démonter la poulie bloquée  de l'entraîneur de bande. Alors tu as eu l'idée de te servir d'un extracteur emprunté à un garage voisin, et la réparation fut une réussite !.
Imaginez une cocotte-minute sur le feu avec sa soupape d'échappement bloquée . C'était à peu de chose mon état d'esprit après que De Gaulle ait déclaré l'embargo des 50 Mirages IV promis à Israel pour les vendre éventuellement à la Lybie ! Il voulut ainsi punir Israel d'avoir écrasé les amis arabes vers lesquels la France s'était tournée après l'abandon de l'Algérie. Son discours sur "le Juif dominateur" mit un terme à la lune de miel franco-israélienne qui fut à son apogée en 1956 quand Israel fonça dans le Sinai pour débloquer le Canal de Suez que Nasser avait nationalisé. Mais cet embargo cruel
obligea  Israel (merci Monsieur De Gaulle) à développer ses propres ailes.
J'ai gardé cette caricature du célèbre humoriste Dosh, qui vaut mieux que mille explications.


Caricature ,par Dov 1967-copie-2


Un soir en empruntant les escaliers du métro je vis de petits carrés imprimés d'une Etoile de David que la foule pressée foulait au sol .
Je ramassais ce tract où était imprimé un "Israel Vivra"; une affirmation, un voeux, ou une interrogation, à chacun son interprétation.
Cela changeait des "croix gammées=Israel" peintes sur les faïences des stations. Pour moi, cela ne faisait plus aucun doute. Il était temps de trancher .
Rentré chez moi, j'écrivis ma lettre de démission dont j'ai conservé une photocopie qui a trop pali pour être scannée. Alors je la transcris mot à mot.

Lévy Georges
A.T.E Service D.I.D.
A Monsieur le Chef du Personnel
A Monsieur le Chef du Service D.I.D.

J'ai l'honneur de vous informer de ma démission de la Société CII-SPERAC à compter du 31/7/70 et qui sera donc effective au 31/9/70.
Ma décision est motivée par l'attitude de ma Patrie au Moyen-Orient. Nul n'ignore en effet le but poursuivi par les Dictateurs des Pays arabes et qui consiste avec l'aide de l'URSS en la réalisation de la Solution Finale préconisée par Hitler.
La France en livrant des armes ultra-perfectionnées aux adeptes de Mein-Kampf (Avions, Chars, Fusées, Radar), ne sert ni la Paix ni la Justice.
En maintenant un embargo vis à vis de l'Etat d'Israel au mépris de toute morale internationale mon pays sert une politique criminelle.
Je ne puis donc dans ces conditions continuer en France à payer des impôts dont une partie sert à assassiner les rescapés d'Auschwitz, fondateurs de l'unique État Socialiste de cette région du monde, berceau de humanité .

A Vélizy-Villacoublay le 31/7//70.
Signature.


J'avoue que cette lettre grandiloquente et un peu naïve me fait maintenant sourire. Elle était même injuste comme je pus le vérifier par la suite. C'est pourtant elle qui en brûlant les ponts ne me permettait plus de battre en retraite. Mes Chefs furent très surpris. Le Directeur me convoqua dans son bureau, où m'y attendaient aussi mes Supérieurs, un véritable tribunal. Il me dit que cette lettre était "lourde de conséquences" et qu'il "pouvait encore la déchirer" pour ne pas la transmettre en "haut lieu" . Et puis suivirent des compliments sur mon travail à faire rougir un barreau de fer. Mais je fus inflexible bien que très touché par la sincérité de ces gens qui m'avaient embauché à un moment difficile de ma vie. Après tout, ma "bécane" avait perdu ses ennuis de jeunesse et je la laissais (du moins je le croyais) sur sa voie royale.

Je me souviens de mon dernier rapport avec les mesures faites mes derniers mois. J'ai encore le souvenir des visages des Ingénieurs Touzain, Chauvel, Rybner, Mallière, Dumanois et des techniciens Letocart , Touboul et bien d'autres et d'un câbleur handicapé atteint de polio et toujours plaisantant et qui avait eu la gentillesse de m'écrire en Israel.
En piochant Internet j'ai retrouvé la demande de Brevet pour ce dérouleur de bande par des noms bien connus . Et puis en Pdf, un dessin et une description de cette belle machine PEN-21. Ce moment fut pour moi comme une rencontre très émouvante avec une amie perdue de vue depuis 50 ans.....

Et puis j'ai retrouvé sur internet Jean Mallière, retraité, veillant sur les intérêts des pensionnaires et plus que jamais actif au P.C.

Hélas, je l'ai lu faisant une campagne de libération pour un terroriste récidiviste, arrêté en Israel pour avoir tenté d'assassiner le Grand Rabbin Séfarade d'Israel. Les intentions et les préparatifs de ses  coéquipiers du crime avaient été découverts heureusement à temps. Le P.C a le front de faire un parallèle entre Guilad Shalit(10) au plus total secret dans un trou à Gaza et coupé du monde extérieur, et la situation pénitentiaire de ce terroriste qui reçoit des visites régulières de sa famille, des colis, lis les journaux et voit la tv, reçoit des journalistes et a accès à l'infirmerie quand il a mal aux cheveux. Évidement je n'en m'étonne pas, mais confirme ce que je savais de la ligne du PC  il y a déjà un demi-siècle !
Ces souvenirs remontent assez loin dans le temps et je ne sais si les personnes évoquées seront encore là pour lire accidentellement ces lignes. J'espère n'avoir blessé personne dans mon évocation et adresse à tous mes profonds respects.


                                                Adieu à mon Labo-Jardin !
CII dans le Jardin

Notes:
*Charles de Mazade: http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Mazade

(1) Je lis dans le Littré de 1880 la définition suivante de "Gâte-sauce" :

Marmiton ; mauvais cuisinier. Citation :

" Messieurs, chef, sous-chef, aides, marmitons, tourne-broches, gâte-sauces, vous avez travaillé hier toute la journée, vous avez passé la nuit sur vos fourneaux (SCRIBE et MAZÉRES Vatel, sc.4)".

Quand j'étais questionné sur ma profession, j'aimais répondre: "Gâte-sauce dans l'électronique", pour me moquer de moi-même !!


(2 ZIM: La Compagnie de Navigation israélienne. En hébreu ancien "gros bateau".

(3) Le Directeur du Laboratoire National d'Essais à cette époque était Monsieur Maurice Bellier, aussi Professeur de Machines Electriques au C.N.A.M.

(4)
La courte Saga de la SPERAC et de la CII :
http://www.feb-patrimoine.com/PROJET/histoire_informatique/histoire_sperac.htm

Le Brevet de la PEN:Fernand Calizzano,Michel Chauvel,Jean Malliere, Jean Rybner.
http://www.123people.com/ext/frm?ti=personensuche%20telefonbuch&search_term=malliere%20jean&search_country=US&st=suche%20nach%20personen&target_url=http%3A%2F%2Fwww.freepatentsonline.com%2F3751604.html&section=weblink&wrt_id=217

Détails sur la PEN: Schémas et description .
http://www.freepatentsonline.com/3751604.pdf

 

5) La Vie héroïque de Rosa Luxemburg: http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_Luxemburg

6) Pour les
jeunes lecteurs (éventuels!), sur le pacte infâme Molotov-Ribbentrop et le partage de la Pologne:
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_germano-sovi%C3%A9tique


7) L'Internationale :  http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Internationale

8) Refusenik: mot typiquement israélien pour décrire ces opposants juifs au régime soviétique qui furent déportés en Sibérie pour avoir dénoncé le fascisme rouge. Un des plus célèbres,  Sharansky, isolé dans sa cellule, se forçait à  jouer aux échecs, contre lui-meme, et de tete (!), pour ne pas devenir fou de sa solitude. Au "dégel", il devint par la suite Député et  Ministre en Israel.

 
9) Le site des Bains-Romains :
http://www.bainsromains.com/Intention.html

10) Guilad SHALIT
:
Extrait du site consacré à faire connaitre cet otage franco-israélien, emprisonné dans une cache à Gaza depuis 2006; sans aucune visite, meme de la Croix-Rouge Internationale.
Pendant son service militaire, Gilad a été kidnappé lors d’une attaque menée par des activistes du Hamas le dimanche 25 juin 2006, à Kerem Shalom. Depuis presque quatre ans, Gilad est détenu par le Hamas dans la Bande de Gaza.

 

Un gentil petit poisson nageait au milieu d’un océan paisible. Tout à coup, il vit un requin qui voulait le dévorer. Le poisson ne mit alors à nager très vite, mais le requin fit de même. Soudain, le poisson s’arrêta et interpella le requin : « Pourquoi veux-tu me dévorer ? Nous pouvons jouer ensemble ! »
Le requin réfléchit longuement et dit : « Bon d’accord. Jouons à cache-cache ».
Le requin et le poisson jouèrent toute la journée, jusqu’au coucher du soleil.

Dans la soirée, le requin rentra chez lui. Sa mère lui demanda : « Comment s’est passée ta journée, mon requin chéri ? Combien d’animaux a-t-tu dévoré aujourd’hui ? »
Le requin répondit : « Aujourd’hui, je n’ai dévoré aucun animal, mais j’ai joué avec une créature appelée POISSON ».
« Le poisson est un animal que nous mangeons. Ne joue pas avec lui ! », dit la mère du requin.
Dans la maison du poisson, la même chose se produisit. « Comment vas-tu, petit poisson ? Comment s’est passée ta journée dans l’océan ? » demanda la mère du poisson.
Le poisson répondit : « Aujourd’hui, j’ai joué avec un animal appelé REQUIN ».
« Le requin est l’animal qui a dévoré ton père et ton frère. Ne joue pas avec cet animal », répondit la mère.

Le lendemain, ni le requin, ni le poisson ne se montrèrent au milieu l’océan.
Ils ne se rencontrèrent pas pendant des jours, des semaines voire des mois. Puis un jour, ils tombèrent l’un sur l’autre. Chacun s’enfuit auprès de sa mère, et une fois de plus, ils ne se rencontrèrent pas pendant des jours, des semaines, des mois.

Au bout d’une année entière, le requin sortit faire une petite nage et le poisson fit de même. Pour la troisième fois, ils se rencontrèrent et le requin alors dit : « Tu es mon ennemi, mais peut-être pouvons-nous faire
la paix ? »
Le petit poisson dit : « D’accord ».
Ils jouèrent en secret pendant des jours, des semaines, des mois.
Jusqu’au jour où le requin et le poisson rendirent visite à la mère du poisson et parlèrent avec elle. La même chose se produisit avec la mère du requin. Et depuis ce jour, les requins et les poissons vivent en paix.

                                                                                                     FIN

* En dernière minute : Le PC francais vient de déclarer qu'il s'opposait à ce que la Ville de Paris nommat une rue en hommage à David Ben-Gourion, Pionnier de l'Etat d'Israel, Chef d'Etat, Ecrivain et Visionnaire ( Et Grand Ami de la France). Le PC propose à la place une rue au nom de... Yasser Arafat, ce terroriste qui a fait le malheur des palestiniens et en a détourné  les fonds destinés à améliorer le sort des Gazaouis.

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 18:36
  La Transparence du Fer


Cette semaine je suis allé au Musée de Tel-Aviv ,(Boulevard du Roi Saul), qui habite en plus de ses collections permanentes  classiques et modernes sur deux étages, des présentations itinérantes. Cette fois, était exposé le travail d'un sculpteur, forgeron très moderne, qui ajoure des plaques d'acier pour réaliser des silhouettes étonnantes .
Zadok Ben-David est né en 1949 en Israel et après ses études artistiques à l'École Bezalel de Jérusalem, vit à Londres. Le thème de sa présentation : "L'Homme et la Nature ". Dans un grand espace sont représentés le Corps Humain et des Arbres en totale symbiose. Il faut bien sur prendre du recul pour apprécier ces silhouettes qui se détachent sur le blanc des murs.
Si vous vous approchez et touchez du doigt les contours de la découpe, vous ne sentirez aucune aspérité, aucune bavure, tout est lisse, malgré l'épaisseur de 15m/m de la plaque dans laquelle a été taillée la sculpture. Zadok emploie la méthode plus moderne que la traditionnelle coupe à l'autogène, celle du faisceau au Laser dont l'épaisseur est de l'ordre de quelques microns. L'artiste dessine d'abord un pochoir de son oeuvre sur cette grande plaque. Et puis la machine le lit et engrange les données du dessin, et la découpe suit la programmation. Ces statues sont évidemment mécaniquement très lourdes , mais si aériennes à contempler !
J'ai demandé l'autorisation de photographier à un des gardiens, et à mon étonnement elle me fut accordée sur le champ.

L'Homme est un arbre avec ses ramifications comme une circulation sanguine .


zadok 0769




Le Départ, tous muscles bandés. Cette lourde masse de très grande dimension
est toute légère à l'oeil .



zadok 0771-copie-1


Le tronc de cet arbre est formé de silhouettes humaines qui se terminent en branches . Un arbre superbe pour la collection de Quichottine* .

zadok 0772-copie-1




Un arbre en forme de Lune, comme autant de bras qui veulent enlacer .


zadok 0773


J'ai continué ma visite en
parcourant la rampe douce qui mène au deuxième étage. J'ai reposé mes yeux un peu fatigués par ces treillis noirs et blancs en admirant des tableaux qui rayonnent la chaleur du passé .
Une oeuvre de Nahum Gutman, lorsque Tel-Aviv n'était que le quartier de Neve-Zedek des pionniers. A ses débuts, c'est un israélite originaire d'Algérie, Aharon  Chelouche qui entrepreneur, décida en 1870 de sortir des frontières de Yaffo (Jaffa) pour construire la petite Tel-Aviv. Ce quartier a conservé  son charme, ayant échappé aux Tours qui poussent le long du littoral.

zadok 0775
Et puis un  tableau du peintre israélien Reuven Rubin. De ce salon meublé pour une Musique de Chambre, le paysage d'une campagne d'oliviers.  Ce style léger comme le vent qui fait flotter le rideau me rappelle celui de Dufy.
J'y remarque ce rideau de bois poussé en avant, qui hélas n'existe plus dans les constructions modernes. Lorsque je passe devant un chantier, je cherche toujours à récupérer des décombres un de ces volets, imaginant de le nettoyer tout en gardant les craquelures du vieux bois, pour le placer sur un mur blanc, comme un vrai tableau.
Mais, ce fardeau est trop lourd pour moi, alors je continue à en rêver .


zadok 0777
Enchanté d'emmagasiner dans ma boite ces splendeurs, je fus sorti de mes rêves par les pas pressés d'un gardien qui m'enjoignit de cesser de photographier : ce qui était permis au rez-de-chaussée est interdit à l'étage !
Je dus donc continuer ma promenade, résigné, bien que mon appareil aurait bien voulu capturer un superbe tableau de Matisse représentant une "Fillette Juive d'Alger" que je n'avais vue dans aucun catalogue ! Mais mon Gemini, comme celui de Pinocchio me le déconseilla fortement, d'autant plus que j'étais suivi des yeux par la maréchaussée !.
Une des gardiennes de ce Temple, âgée et émigrée de l'ex-URSS, voyant mon enthousiasme se fit un plaisir de me faire un petit cours de l'Histoire de l'Art, et je l'ai écouté avec émotion, sans oser demander qu'elle fut son activité du coté du Rideau de Fer, pour ne pas la gêner.
Et puis je dus contourner un groupe d'enfants, accroupis et sages, leurs grands yeux ouverts vers le plafond, écoutant les explications de leur petite institutrice sur un mobile de Calder qu'elle essayait, mais en vain, d'agiter en brassant l'air de sa main ! C'est toujours avec émotion que je vois ces écoliers boire à la source les merveilles de l'Art, car jamais les livres ne peuvent remplacer une visite dans un musée.
Après quelques salles somptueuses, j'ai du aviser une chaise isolée pour me reposer. (Les bancs libres, c'est ce qui manque le plus dans les expositions).
Presque tout de suite, je fus accosté par des visiteurs me prenant pour un employé du Musée  avec mes cheveux blancs et mon blouson bleu foncé, pour me demander d'une voix discrète la direction des lieux où on pouvait vider son eau....Il faut reconnaître que la flèche était trompeusement tournée vers  la Sortie .
Je viens d'entendre à la radio que l'exposition tirant à sa fin est assaillie par les visiteurs qui doivent attendre deux heures aux guichets ! Je l'ai donc échappé belle et cela me rappelle la file d'attente aux pieds de Madame Eiffel quand j'avais emmené mes enfants visiter cette extraordinaire et géniale architecture d'acier .
En sortant une affiche rouge sur une palissade attire mon attention .
Au théâtre "Tmouna" seront présentées les "Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Le récitant sera accompagné d'illustrations musicales au piano.
Ouverture des portes à 22h30, 8 rue Soncino " .

zadok 0756
J'avoue que j'ai eu un pincement du coeur, car cette publicité qui se décollait me rappelait aussi à ma vie antérieure. sI éloignée dans mon passé
lycéen quand nous commentions l'Albatros :

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à coté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

  Le Poète est semblable au prince des nuées
  Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
  Exilé sur le sol au milieu des huées,
  Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

Dommage que ces vers magnifiques que je peux lire et relire sans me lasser, ne puissent être aussi accrochés aux cimaises comme les oeuvres d'art.

Mais moi j'avais été surtout très impressionné en classe à la lecture de son poème "La Charogne" , alors que quelques uns ne pouvaient s'empêcher de rire, un réflexe naturel à cet âge. Mais ce ne fut que bien après le Lycée que je me suis heurté à la réalité .
Certes j'avais vu hélas des cadavres, ou des membres de soldats à demi-enterrés dans le désert du Sinai, une vision terrible que les vents de sable et les bandes de chiens errants avaient découverte, mais le soleil implacable les avait desséché et presque momifié en les transformant en lambeaux de cuir en quelques mois. Par contre lorsque notre chat disparut et que je suis allé à sa recherche dans les fourrés où il aimait chasser, j'ai fait une horrible découverte :

"Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
  D'où sortaient de noirs bataillons
  De larves, qui coulaient comme un épais liquide
  Le long de ces vivants haillons."


Baudelaire (La Charogne).

Mais les bataillo
ns de vers qui y grouillaient, eux  étaient blancs, et je dus chercher des forces dont je me croyais incapable et inconnues chez moi pour le sortir du buisson où il était allé mourir et pour l'enterrer. Car les chats sentant leur mort prochaine se cachent des vivants. C'était la première fois que j'étais en contact avec le travail silencieux de la mort et cette image tenace m'accompagne depuis inexorablement quand je suis confronté à la perte d'une vie et imagine l'évolution sourde et rampante dont nul tombeau de marbre aussi lourd soit-il, ne peut arrêter la marche.
Et dans les Cimetières je contemple avec dégoût ces Cyprès verdoyants qui caressent le ciel de leur plumeau pointu et puisent leurs forces dans l'horreur sous-terraine .

Mais je ne veux pas vous quitter sur des lignes tristes . En retournant chez moi, j'ai souri à ce charmant caniche qui garde sérieusement le fouillis de la boutique de tissus de son maître parti en goguette se rafraîchir le gosier...


zadok 0739

Notes:

Ci-dessous un exemple de machine à tailler les plaques grâce au Laser. (Uniquement pour illustration).  L'Artiste a choisi l'acier et non pas l'aluminium plus léger car cette matière brillante dans toute son épaisseur a le grand défaut de renvoyer une partie du faisceau du Laser .

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Un-nouveau-laser-pour-l-atelier-Plasmo-_53147-avd-20090703-56362603_actuLocale.Htm


Le Blog de Quichotinne :
http://quichottine.over-blog.com/

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 17:17

Un Lion pour la Pologne

Je suis allé aux Puces virtuelles et je suis tombé en arrêt sur cette carte postale plus que centenaire !. Bien sur au premier abord à cause de ce "Lion du Sud de l'Algérie" comme l'éditeur l'a imprimé pour évoquer une lointaine et sauvage Algérie. Ensuite j'ai essayé avec patience (et une loupe !) de déchiffrer l'écriture fine et couchée en coup de vent de l'expéditrice.
 Et voici ci-dessous ce qu'elle a écrit :

out-copie-1


Bône, le13 Février 1902,

Rien que l'aspect de votre  traîneau  courant dans la neige me fait frissonner sous notre beau soleil.
Bien froid mais bien pittoresque doit être votre pays .
 Je suis très frileuse et ne préférez-vous pas un ciel éternellement bleu à une atmosphère où voltigent des papillons blancs tombés du ciel ?
Voulez-vous placer le timbre du cote nu de la carte, je vous en serai très reconnaissante.
Mille souvenirs.  


Magali.

A:
 Mademoiselle Pulsk

Marzalkowaska 69,
logement 9,
Varsovie
Pologne
RUSSIE

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Pulsk est un patronyme vraiment Polonais !.
Rien ne permet de nous éclairer sur l'expéditrice de cette carte, seul son prénom Magali qui en Grec signifie "Perle" . Le timbre a été oblitéré à Constantine, la carte écrite de Bône. A cette époque déjà le Lion avait disparu avec la pénétration française, chassé pour la sauvegarde des populations et aussi le plaisir des Bombonnel et Gérard plus précis que Tartarin de Tarascon.
Le Lion* d'Algérie  était caractérisé par sa crinière très épaisse et noire qui se prolongeait sur le poitrail et sur son dos. C'est un symbole important dans le monde maghrébin, à tel point que le Roi du Maroc en a constitué un élevage ayant des caractéristiques génétiques les plus proches de ce grand Lion d'Afrique.
En voici une gravure de 1887, un Lion "marabout" dans la Casbah d'Alger !


Lion a Alger 1887

Et que pensez-vous du Lion de Rochegrosse qui veille sur sa maitresse ?
Certes ce peintre habita une très belle demeure turque à El-Biar, sur les hauteurs d'Alger, mais cette scène est le pur produit orientaliste de son imagination.





Mais loin de ces langueurs algériennes, voici où vivait Mademoiselle Pulsk, dans la rue Marzalkowaska dans sa splendeur en 1912. C'était l'époque  d'une paisible Varsovie qui était la capitale des Arts et des Lettres .
Alger alors était en pleine expansion hausmanienne, mais nous aussi à cette même date, avions deux compagnies de tramways électriques très développées qui sillonnaient les rues, mais sans la neige !.
 


Warszawa - Marszałkowska 1912
Mais remarquez qu'en plus de l'adresse Varsovie-Pologne est ajoutée aussi "Russie" ! Car jusqu'à cette époque, avant la Grande Guerre 14/18, la Russie avait  avancé ses frontières pour englober une partie de la Pologne .

Hélas les Huns sont passés sur cette terre en 39/45 et ont enseveli les populations dans leurs ruines, ou les ont exterminées  dans les Camps.
                       Cette photo a été prise lors de la parade polonaise entrant dans les ruines de la ville en 1945. ( Photographe inconnu). Je rappellerai aux jeunes lecteurs(trices), qu'après la victoire sur Allemagne nazie, Staline réunit les officiers et résistants polonais qui avaient combattu l'ennemi commun, pour les assassiner et ainsi réaliser son rêve de s'attribuer une Pologne vidée de son sang et la convertir au communisme .

800px-Polish Army Parade waf-2012-1502-29 (1945)


Si on ne peut prononcer le mot de Varsovie sans y associer les terribles souvenirs de l'acharnement hitlérien,
il ne faut pas faire l'amalgame entre les deux soulèvements dans cette ville :

Le premier soulèvement héroïque en Europe est celui des Juifs du Ghetto, où dès le début de la Guerre y furent enfermés juifs de la région et citadins  dans des conditions horribles au nombre de 380000.
De là ils étaient déportés au Camp d'Extermination de Treblinka. Le Ghetto de Varsovie limité par des murs barbelés et encerclés par les nazis, était en proie à la faim, au froid et à la misère totale. Dans ces conditions indescriptibles, des instituteurs et professeurs héroïques essayèrent de maintenir une éducation scolaire pour ne pas faire perdre l'espoir aux enfants. Les plus faibles jonchaient les trottoirs, squelettiques fantômes rigidifiés par le froid  et délivrés de leurs souffrances. En 1943, les juifs dans un sursaut décidèrent de se révolter sachant évidemment qu'ils n'avaient aucune chance de vaincre. Bombardés, brûlés par les allemands qui les gazèrent jusque dans les égouts, ces hommes et femmes sans aide extérieure du reste des habitants non-juifs de la Ville de Varsovie, furent assassinés pour la plus part. Hitler et ses sbires s'acharnèrent à raser ces quartiers. Un Chef héroïque et ses amis de la révolte consignèrent toute cette période dans des documents qu'ils enfermèrent dans une petite valise et enterrèrent dans une profonde cache .Il y a quelques années elle fut retrouvée .
De tout le Ghetto ne subsiste qu'un seul pan de mur. Les polonais rasèrent les ruines. Des citoyens juifs rescapés qui sortant des Camps retournèrent dans leurs villages furent lapidés par leurs anciens voisins polonais qui s'étaient emparés de leurs maisons .
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_du_ghetto_de_Varsovie


La deuxième révolte eut lieu en 1944, lorsque les polonais, eux-mêmes  si antisémites, furent eux aidés par des parachutages d'armes et de munitions, d'abord pour se libérer, mais aussi parce que les Soviétiques étaient aux abords de la ville.
Varsovie fut reconstruite en respectant souvent les architectures anciennes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Varsovie


Note : Une très belle description pittoresque du Lion d'Afrique dans le livre de Henri Demesse:
http://www.bmlisieux.com/curiosa/demess01.htm

Et pour retourner en enfance :(oui c'est ma date de naissance !)
http://vodpod.com/watch/1761854-metro-goldwyn-mayer-tanner-the-lion-1938


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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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