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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 12:38

Maman, Alger 1930

 

Maman en 1930

 

 

Quand la nuit vient à pas de velours

Les fantômes qui se cachent le jour

Légers comme des ailes de papillons

Viennent  effleurer les plis de mon front

Et je reçus dans mon sommeil

Un baiser maternel sans pareil

Mais le passage d'un camion qui fit vibrer la fenêtre

Déchira mon doux rêve que je ne pus faire renaître.


Ma mère depuis longtemps n'est plus de ce monde

Et savoir son corps muré sous la dalle d'une tombe

Dont les racines des cyprès bousculent l'éternité

M'angoisse et ne peux chasser cette funèbre réalité

Qui hante souvent mes pensées, lorsque je pose

Sur le marbre veiné, quelques jolis cailloux roses

Que je choisis d'entre les graviers

Que roule la Méditerranée,

Pour ma mère,

Car ainsi je continue une tradition millénaire,

Lorsque mes ancêtres entassaient de petites pierres

Témoignant ainsi de leur passage en murmurant la prière

Sous le soleil brûlant ou dans le vent du Désert.



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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 22:24

 

 

 

 Claude  Coquerel, La Baie d'Alger (1937)

 

coquerel-baie d'alger

 



Dieu se pencha un matin de sa montagne sacrée


Trempa son doigt dans l'eau bleutée

Dessina une belle courbe


La Baie était née

Jeta dans un coin de gros morceaux de rochers

Saupoudra des pincées de graviers


Le Peñon  était né

Signa son oeuvre d'un large zig-zag

La Jetée était née


Alluma le Phare et satisfait, alla... se reposer

Alger était née.


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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 17:42



                                   Anna Ticho, le Vieil Olivier (1935)



 Que reste-t-il


  D'Alger de ma jeunesse ?

   Une coupe sans fruits

    Des photos jaunies
     
     Un ciel, sans chérubins

      Un pain, sans levain

       Un jour, sans lendemain

        Un abricot, sans noyau

         Un vin aigri

          Une fouta rêche

           Une sandale qui blesse

            Une treille desséchée

             Un sarment mutilé

             Un chien sans collier
            
              Mon ciné censuré

                  Un fruit amer

                   Une orange sans pulpe

                    Un lait tourné

                     Une huile rance

                      Une gargoulette fendillée

                       Un mur décrépi

                        Un jardin sans fleurs

                         Une fontaine sans filet

                      Un olivier décharné

                           Un Monument aveuglé

                            Un Cimetière souillé

                             Un portail cadenassé

                              Une Synagogue muette

                               Un panorama, barré

                                Des  bruits, silencieux

                                 Les parfums évaporés

                                  Les espoirs envolés

                                   Ma rue, inconnue

                                 L'appartement, bien vacant

                                     L'École sans français

                                      La récré sans Caussé

                                       Un drame étouffé

                                        Un décor sans acteurs

                                         La France sans pitié
                                                                         
                                          Je suis chez-moi,


                                            Un étranger .



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Published by Georges Levy - dans poésies
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 09:21


Simon Mondzain (1890-1979)- Quai du Port d'Alger.




L'Enfant du Jour.


Lorsque le matin parait,
C'est pour moi comme l'enfant du Poète.
Je l'ai attendu toute la nuit, accoudé à ma fenêtre
Ce papillon poudré qui sort de sa chrysalide.
Une  lumière dorée monte de par derrière les montagnes,
Éteint les sémaphores et les guirlandes marchandes
Et sort chaque cube encore gris de sa torpeur,
Escalade la ville, l'enveloppe d'un manteau pastel.
En silence chaque toit se peint en rose,
Les terrasses prennent la couleur aveuglante de l'été.
La mer étalée se mélange au ciel bleuté,
Des quais montent les premières fumées,
Émergent les grues et leurs croisillons d'acier.
Les chalutiers lentement contournent la jetée,
Les palmiers des squares enfin se détachent
Et le feuillage sombre vire au vert bouteille.
Alger s'éveille dans sa palette de couleurs
Que l'artiste divin, la nuit, en cachette a choisi pour elle.

Ma ville est du genre féminin,
Ce n'est pas un hasard,
Qu'elle soit aussi Alger La-Blanche,
Car elle est coquette même dans sa misère,
Quand les murs chaulés avant les fêtes
Abritent au détour d'une ruelle aux marches inégales,
Une fontaine  ornée de faïences très anciennes,
Entre deux piliers torsadés
Sur un fond de marbre, rouillé par le filet
Qui coule depuis la naissance d'Alger.
A l'ombre de la voute, le porteur d'eau
Remplit ses outres et les chargent sur son âne,
Qui va à petits pas, apporter la vie
Jusqu'au plus étroit des logis .

Je n'ai plus qu'à baisser mes persiennes
Pour garder la fraîcheur de cette nuitée
Comme un bouclier contre les dards enflammés
De cette boule de feu qui lèche les pierres,
Et transforme notre ville en brasier.
J'ai écrit ces verbes au présent,
Comme un dément,
Comme si j'étais encore un habitant :
Depuis presque cinquante ans je refais le même rêve,
Qui me transporte par dessus la mer, là où je suis né,
Face au port,
Maître après Dieu sur ma dunette au Bougainvillier  
D'où je vois, chaque matin, le soleil écarter le voile de la Cité
Pour mieux l'embrasser .


G.L.



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Le Peintre Simon Mondzain , Polonais de naissance,Français d'adoption, et amoureux d'Alger, fit partie de l'Ecole de Paris .

La petite fille de l'artiste, Raya Baudinet en a écrit la biographie dans:

http://www.exporevue.com/artistes/fr/mondzain/mondzain_biofr.html
 
"Né aux alentours de 1888 à Chelm près de Lublin, en Pologne orientale sous administration russe, Simon Mondzain qui s'appelle encore Szamaj Mondszajn est issu d'une famille juive pieuse. Il se trouve jeune dans l'obligation de fuir son milieu pour accomplir une vocation de peintre qui apparaît aux yeux de sa famille comme un acte profane. À partir de 1905, après avoir quitté son village, il vit d'expédients jusqu'à ce qu'il entre à l'École des Arts et Métiers de Varsovie.

En 1908, une bourse, lui permet de poursuivre ses études à l'Académie Impériale des Beaux-Arts de Cracovie. Il étudie sous la direction de Józef Pankiewicz, peintre d'influence impressionniste, fréquente le milieu intellectuel polonais, et fait à l'Académie la connaissance de Kisling et du peintre polonais Zawado. Il émigre définitivement à Paris en 1912. Il rencontre André Derain qui devient son maître et exerce sur lui une forte influence. Peintre du Montparnasse des années vingt, il côtoie Picasso, Modigliani, Othon Friesz mais aussi Apollinaire.

Cependant, rétif aux avant garde de l'époque, il ne s'inscrit dans aucun courant, seuls les peintres de l'École de Paris peuvent le compter parmi eux. Il écrit dans ses carnets en 1920 : "Je suis resté méfiant envers le monde, j'ai toujours peur d'être renversé, c'est pour cela que dans chaque effort de mon art est souligné avec une force égale, soit un objet, soit un être humain. Il faut que chaque forme, chaque ligne, soit enfermée dans une forme nette, que rien ne la puisse renverser. Les figures doivent être formées d'une construction musculaire solide et où elles sont placés, elles ne peuvent être ailleurs : C'est là et non pas là. La certitude dans la forme est la seule vérité."

Engagé durant la Première Guerre mondiale dans la légion étrangère sous le drapeau polonais, il dessine sa vie de soldat dans les tranchées de Verdun. Évacué en 1917, il peint plusieurs toiles marquantes dont L'Homme à la lettre qu'il présente lors de sa première participation au Salon d'automne en 1919 et Pro Patria un pastel.

Il expose ensuite au Fine Art Club de Chicago en 1920, toiles et dessins, dont une première version du Grand Arlequin. Si la galerie Druet et la galerie Paul Guillaume l'exposent dès 1922, il est surtout présent dans les salons parisiens notamment aux Indépendants de 1920 à 1946. À partir de 1950, il se fait plus rare. Son mariage avec Simone Lemaire, médecin à Alger, l'amène à partir de 1933 à partager désormais sa vie entre Paris et l'Algérie, où il devient un intime d'Albert Marquet. En 1962, après l'Indépendance de l'Algérie, il s'installe définitivement à Paris jusqu'à sa mort en 1979, année où le Musée Granet d'Aix en Provence lui consacre une exposition, qui sera suivie d'une importante rétrospective en forme d'hommage en 1983.

En 1996, le musée Bourdelle présente certains de ses dessins et tableaux pour Paris et les artistes polonais 1900-1918, exposition qui sera reprise en Pologne. Or c'est seulement en 1999, à l'initiative de l'historienne d'art polonaise Elzbieta Grabska, qu'il retrouve véritablement Paris, l'Institut Polonais lui consacrant une rétrospective qui voyagera à la galerie d'art contemporain Zachęta de Varsovie, et au musée de Silésie de Katowice.

Sans particularisme identitaire, pas plus peintre polonais qu'algérois, Mondzain a su résoudre les contradictions d'une identité contrastée, polonaise, russe autant que française, tantôt mystique et gothique, tantôt réaliste et moderne, puis un temps orientaliste. Peu prolixe en propos et en expositions, il fût d'abord un peintre de paysages et de lumières, d'abord en Provence, puis en témoin contemplatif de l'Algérie des années coloniales entre 1925 et 1962, peignant le port et les ruelles d'Alger. Les années 2004 et 2005 marque son retour posthume sur la scène artistique française puisqu'on a pu voir un important accrochage au Centre Rachi à Paris, et également ses dessins de guerre et quelques unes de ses toiles lors de l'exposition : Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 au Musée d'art et d'histoire du judaïsme. "


Raya Baudinet, critique d'art et petite-fille de Mondzain.
 

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Published by Lévy Georges - dans poésies
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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 15:38

Guilad est devenu Caporal,
Le Hamas lui a remis ses galons ......
Une intime cérémonie dans un bunker en béton,
Dans un local sans lucarne où ne filtre pas le son .
Guilad dans cette oubliette, pourrait devenir même Général ....
Cela ne tiens qu'à nous de libérer en échange les pires assassins ,  
Ceux qui ont du sang sur les mains et prêts à recommencer le lendemain .
La Croix Rouge, l'ONU, le Vatican, n'ont d'yeux que pour les habitants de Gaza,
Cette région qui cultive le fanatisme et gouverne suivant les canons  de la Charia,
Ce pays où le Hamas torture les opposants et enseigne la mort aux nouveaux-nés .
Un conseil, au soldat qui viendrait à tomber dans les mains de ces hommes masqués :
Toujours dans votre fusil gardez une balle en réserve pour vous faire sauter le caisson,
Une grenade quadrillée pour percer les agresseurs et franchir avec eux le Rubicon.
Ainsi ferez-vous d'une pierre mortelle trois coups : vous éviterez votre souffrance,
Neutraliserez courageusement vos nombreux assaillants et leurs espérances,
Offrirez à vos parents sur un coussin de velours la médaille de la résistance ....
Mais aussi surtout vous sauverez votre Patrie d'un débat Cornélien ,
Que dans les rangs de l'Assemblée discutent des gens biens ...
Hélas Guilad semble être une épine dans la gorge de Sion :
Faut-il sauver de la geôle un simple centurion
En libérant des assassins par légions ?
Oui,faite-vite pour l'amour de Sion.



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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 14:25
                                              


                                                          E. Laurens : La Baie d'Alger après le débarquement de 1942


                                        
Mon Cyprin m'en a fait voir de toutes les couleurs :
Il était vert de peur à Alger
Et rouge de honte à Paris
Violet de froid à Drancy .

Mon poisson doré me fait les gros yeux ,
Il monte et descend ,
Il ouvre et ferme sa bouche à mon  approche .
Mais je n'y comprends rien.

Dis-moi, pourquoi je ne vois plus le port d'Alger
De mon bocal dans la salle à manger ?

Je ne peux que caresser la vitre
Et frôler son panache enflammé.

Mentir à un poisson
Est moins facile que berner une population .

Alors un jour il cessa de faire le pitre,
Et  je le découvris à l'envers,
Le ventre en l'air,
Un matin,
Noyé dans son chagrin
.



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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 19:07

Aujourd'hui,Journée du Souvenir de l'Holocauste,décrétée par les Nations Unies.
Une occasion pour les barbares de vetir d'une écharpe palestinienne,Anna Frank .
La pieuvre nazie a de multiples tentacules.


 
.
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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 17:30
Le Retour

Lorsque se prépare un voyage pour Alger,
Et que j'imagine déjà les voyageurs excités,
Ranger leurs valises,et classer leurs papiers,
Je ne peux m'empêcher de me revoir rêver,
De mon banc,au fond de la classe et regarder,
Par la fenêtre du coté du Marché
Le bout de ciel bleu d'un jour d'été,
En ce cours moyen de deuxième année.
Je crois même y revoir,dépassant du muret
De l'Eglise espagnole le bouquet du palmier.
Qui de la rue Tirman, en volute s'envolait.

Quand j'étais à Paris,sur un oscilloscope penché,
Personne n'imaginait,que ce travailleur avisé
En fait, sur les quais d'Alger s'était évadé ,
Et se promenait,jetant des cailloux dans l'eau irisée,
Enivré par les épices des voûtes et l'odeur des chais,
Regardant les pécheurs débarquant leurs casiers,
Et les grutiers soutirant des cales des poutres d'acier ,
Ou à un coup d'aile de pigeon,au-delà du square ombragé,
Traversant la rue Bab-Azoun,sous les arcades désertées,
Remontais la Rue Scipion,étroite et mal dallée,
Et poussais la porte de ma Synagogue cachée,
Entre deux bâtisses de l'époque du Dey,
Celle où chaque année que Dieu nous accordait,
Nous prions et chantions le Jour que je jeûnais.

Maintenant que le pays s'est trop éloigné,
J'attends encore  plus le retour de ces passagers.
Cette fois,la porte fermée,seul ,assis à mon clavier,
Puisque personne ne me voit,à l'aise je peux pleurer.
Avide de leurs cliches amoureusement amassés,
Je goûte avec eux,au détour d'une allée,
De leurs joies et émotions  de souvenirs retrouvés.
Je les ai même aux cimetières accompagné,
Et vu sur mon écran,gravé dans le marbre patiné,
Le nom de mon Grand-Père bien-aimé, 
Dont le corps mutilé dans un cratère d'obus est resté,
Pour assurer à la France sa Liberté,
Et à sa descendance à Alger
Le droit d'y vivre en Paix,
    Du moins la Patrie ainsi le proclamait,
      Encore un mensonge que 1962 nous a  apporté.
 
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 18:54



Pour écouter la musique sur laquelle doit être lu le texte ci-dessous,cliquez sur :

Would you like to listen to it?



Travaille donc - sale colon,
Plante ta pioche - dans la broussaille,
Tu me diras - si c'est bon,
Tes mains suent, ton dos craque,
Tu n'es qu'une - sale canaille,
Déporté de France -tu vaut moins - qu'un Canaque,
Dépierre moi -  toute cette terre,
Si tu ne veux pas qu'on t'y enterre,
Trabadja - s'pèce de sale noiraud,
Assèche moi - ce marais de roseaux,
Si tu ne veux pas que je te casse les os
C'est ton bagne -  mon pauvre héros,
Fallait pas crier -  Vive la République !
En dix huit cent -  quarante-huit
Et Vive la France ! - en neuf cent cinquante-huit,
Sale pied-noir,tu t'es fait avoir,
T'as laissé un pays magni - fique,
Et t'en as écrit -  toute l'Histoire,
Ce sera - toujours - ta vraie Gloire.
Et maintenant -  que tu es vieux,
Chantonneras - au coin du feu
Tout en t'essuyant -  les yeux
De l'autre coté - de la Grande Bleue :
Travaille donc -  sale colon...

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Published by georges - dans poésies
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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 08:51
 





O Alger, pour paraphraser le cruel Caesar,
Ceux qui y ont vécu, avant de mourir te saluent,
Et dans leurs tombes, emporteront leurs souvenirs perdus.
Lorsque le bateau abandonna les eaux plates
Pour affronter les vagues d'une mer scélérate,
Je me dis en moi-même, au diable ce danger,
Affaissé sur ma valise, à la proue du Cazalet,
Puisque enfin je quitte cette terre ensorcelée.

Ne voulant qu'effacer les images ensanglantées
De femmes et d'enfants à bout portant fusillés,
De vitrines défoncées et paniers abandonnés,
De camionnettes découvertes aux corps entassés,
De chauffeurs affolés un drapeau blanc au poignet,
Fonçant vers l'hôpital devant une foule hébétée,
De cette union populaire en tuerie transformée .
Pour arrêter un dernier sursaut du Drapeau Français,
Il n'eut pas mieux qu'une embuscade, un coup fourré,
Pour le lendemain voir aux arbres des listes de Héros,
Entendre de parents éplorés leurs poignants sanglots ,
Tandis que les passants couvraient de fleurs,
Les flaques de sang pour cacher l'horreur,
De ces murs criblés, et d'une France sans coeur.


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