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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 10:00

 

                                                                                      Fidélité

 

 

Voici une carte postale représentant la Grande Synagogue* d'Alger, construire en 1885 dans la vieille ville. Proche du Quartier de la Lyre, il lui fut ajouté en bas des escaliers des grilles pour la protéger des étals du marché qui débordaient devant elle.

Vous remarquerez au dessus de l'entrée principale, une hampe .
Le jour de la Fête Nationale, et aux grandes occasions de la République, le drapeau tricolore y flottait .


 La Synagogue au nom du Grand Rabbin Bloch en 1906

Synagogue Gd Rabbin Bloch


Une Prière pour la République française y était récitée en français régulièrement lors des offices du Shabat le matin et à l'occasion de cérémonies officielles comme dans les Synagogues consistoriales françaises. Son origine remonte à la création du Consistoire par Napoléon quand une prière fut créée à l'intention de l'Empereur et de la famille impériale le 17 Mars 1808, dans le cadre des décrets organisant le culte israélite.

« Éternel, Maître du monde, Ta providence embrasse les cieux et la terre ;

La force et la puissance T’appartiennent ; par Toi seul, tout s'élève et s'affermit.
De Ta demeure sainte, ô Seigneur, bénis et protège la République française et le peuple français.

En Choeur : Amen !.
Regarde avec bienveillance depuis Ta demeure sainte, notre pays, la République française et bénis le peuple français.

En Choeur : Amen !.
Que la France vive heureuse et prospère. Qu'elle soit forte et grande par l'union et la concorde.

En Choeur : Amen !.
Que les rayons de Ta lumière éclairent ceux qui président aux destinées de l’État et font régner l’ordre et la justice.

En Choeur : Amen !.
Que la France jouisse d’une paix durable et conserve son rang glorieux au milieu des nations.

En Choeur : Amen !.

Accueille favorablement nos voeux et que les paroles de nos lèvres et les sentiments de notre coeur trouvent grâce devant Toi, ô Seigneur, notre créateur et notre libérateur.
  En Choeur : Amen !. »



(Amen se traduit par "Ainsi soit-il". La  Prière est  prononcée devant au moins 10 fidèles présents) .


* En Décembre 1960, donc  deux ans avant l'indépendance, les terroristes pénétrèrent dans la Synagogue et profanèrent,  pillèrent, et violentèrent les Juifs du quartier. Les objets de culte ne sont pas retournés en France, ainsi que de précieux documents du Consistoire qui furent détruits par le F.L.N pour effacer toute trace du Judaïsme .

A la Synagogue fut ajouté un minaret et ainsi devint une mosquée fréquentée par des extrémistes. Au contraire de ses pays voisins, il n'existe aucune synagogue en Algérie qui ait conservé sa fonction. Transformées en mosquée, ou utilisées comme entrepôt, ou abandonnées aux ruines du temps, elles ne sont plus qu'un souvenir fané du riche passé du Judaïsme algérien.  Voici la photo de la mosquée Ibn-Fares:

 

 

Alger Synagogue Mosque ibn Fares

 

Et du timbre "glorieusement" émis par la poste algérienne pour célébrer ces sinistres jours d'émeutes qui embrasèrent aussi le quartier de Bab-El-oued. Remarquez les flammes qui s'élèvent derrière la pancarte et le drapeau ,

 

Timbre anniversaire 11 Decembre 1960 Alger

 

Et voici un autre timbre algérien de 1976 (oblitéré à Oran) de "solidarité avec le peuple palestinien" . Le principal défaut est que leur palestine couvre tout le territoire du Jourdain à la Méditerranée, et de la frontière libanaise à la Mer Rouge rayant ainsi tout l'Etat d'Israel de la carte !. Certes l'Algérie a envoyé un appui militaire à chaque guerre contre Israel, et entraîne sur son sol des terroristes, mais de là à prendre leurs désirs pour des réalités il y a plus qu'un pas de l'oie !

 

 

1976 647 02 timbre algerien-palestinien

 

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 18:53

 

                                                            Justice !

 


Assassinats de Juifs à Ivangorod  en 1942 .

La mère essaie de protéger son enfant de la barbarie allemande.

Le photographe et ses comparses ont tué Dieu.

800px-Kiev Jew Killings in Ivangorod (1942)



Six millions de Juifs ont été assassinés par les allemands nazis et leurs admirateurs et collaborateurs européens militaires comme civils .

Du fond des profondeurs de leurs fosses nos frères et soeurs crient Justice. A Nuremberg les tribunaux n'ont condamné qu'une infime minorité de criminels . 

La plus part, sans vergogne, sont même restés en Allemagne après la guerre et vécurent et vivent heureux, prospères et entourés de leurs familles .

Et que dire des Négationnistes qui sortent maintenant de l'ombre comme des vipères et reçoivent même la Sainte protection ?.

Ces temps-ci, à Téhéran, un Hitler en puissance aboie et crache sa haine des Juifs en s'inspirant des thèses et discours de l'Allemagne brune que les Démocraties d'aujourd'hui comme celles d'il y a soixante dix ans  temporisent et refusent de prendre sérieusement en considération, puisque après-tout il n'est question que de l'avenir de Juifs en Israel .

 

Pour apprendre à nos ennemis à ne pas se hasarder à une nouvelle aventure, il aurait fallu en 1945 saisir six millions d'allemands, civils comme militaires, les affamer, les déshabiller, les tondre, leur imprimer un numéro sur le bras, leur arracher les dents aurifiées, les faire attendre des appels sans fin dans le froid glacial et les arroser à la lance, leur faire déplacer des blocs énormes jusqu'en haut des collines, leur faire brûler dans les fours leurs propres frères agonisants, en pendre pour l'exemple au son des violons, piquer au couteau leurs femmes pour les entasser dans les chambres à gaz, leur faire creuser leur propre tombe, les arroser de chaux encore vivants, se servir de leurs jumeaux pour des expériences morbides, prélever sur leurs enfants vivants des  morceaux de foie pour tester des vaccins, collecter les yeux et les épingler selon leurs couleurs,  arracher du sein de leur mère les bébés pour fracasser ces innocents sur le sol, découper la peau des tatoués pour en tailler des abats-jour, et fondre la graisse humaine pour en faire du savon. 

Ainsi à la vue de ces horreurs aurions-nous certainement ôté pour toujours l'envie à tous nos nouveaux et voisins ennemis de recommencer une Shoah.

Mais, puisque ce ne fut pas le cas, car nous sommes le Peuple du Livre, nous nous trouvons quotidiennement en manchettes dans la situation d'accusés parce que nous osons désormais riposter en Israel aux attaques criminelles du Hamas ou du Hizbola ou autres choléras téléguidés par Ahmadinejad et ses complices.

Que nos "amis" ne trompent pas, (spécialement  ceux qui pleurent des larmes de crocodile au lieu de se regarder dans un miroir), nous nous laisserons pas conduire à l'abattoir comme du temps où nos familles désarmées croyaient en la civilisation de nos pays d'origine.

 

                                                                   Voici le nouveau Gang:

                                                    

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 12:35

 

                                                                                Aquarelles du Sud

 

Voici une suite d'aquarelles de  Roger Jariera qui viennent compléter les précédentes.

 

 

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      Le Marabout n'est pas un sorcier mais un sage conseilleur des villageois.

 

 

 

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               Le Potier Kabyle et ses oeuvres aux dessins symétriques et monochromes.

 

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Les laveuses battent le linge avec les pieds !   

A Bou-Saada l'oued était à sec une grande partie de l'année.

 

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Jeune fille au couscoussier, avec des sarments pour le réchauffer et cuire la graine à la vapeur.

 

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Un autre Potier avec ses plats et Gargoulettes .

Il s'entoure de sa djellabah en coton pour s'isoler et du chaud et du froid.

 

 

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                   Aurasienne parée de vêtements brodes et de ses nombreux colliers et bracelets d'argent.

 

 

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                                                                    Le Charmeur de Serpent

Une flûte est inutile, car le serpent  est sourd. De plus ses yeux ne peuvent pivoter: son corps se balance en suivant  donc les évolutions de la main du charmeur. Ce Cobra en fait est effrayé et le montre en gonflant sa coiffe. Le plus souvent ses crochets sont arrachés et cette mutilation lui raccourcit la vie.

 

 

 

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Remarquez les tatouages, signes d'appartenance à une tribu, croix ou étoile pour attirer l'attention et masquer les défauts du visage, signes érotiques : tout un langage berbère codé et millénaire .


 

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  On peut filer et aussi bercer et garder le bébé hors de portée des rampants nuisibles !

 

 

 

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La Femme et l'Enfant

Les Berbères ne sont pas voilées .

 

 

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Les Trois  Philosophes:

Deux  résignés et lourdement chargés se reposent debout !


 

  Pour mieux connaître les Berbères:

   http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8res

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 13:40

Printemps.

Rien ne peut mieux illustrer le Printemps que cette image de Hansi (1)qui nous émerveille avec le retour en Alsace des Cigognes. Je me souviens de celles de Sétif, perchées sur le sommet d'un silo dont elles en avaient fait leur nid. Peut-être venaient-elles même du petit village de Soultz comme mes ancêtres, pour ne pas devenir allemands après la défaite de Sedan.
Prenez du temps pour admirer tous les détails de ce dessin. De l'abbé qui braque sa lorgnette jusqu'au petit enfant qui agite son chapeau, tous accueillent cette fière Cigogne, symbole du renouveau.

Hansi

Il y a quelques jours j'ai appris le triste sort d'un acteur qui, il n'y a pas encore si longtemps brûlait les planches du célèbre Théâtre Habima de La Colline du Printemps*. Il est devenu alcoolique dans sa vie de tous les jours et a du abandonner son métier.
Il ne pouvait quand même pas toujours jouer sur la scène un rôle d'ivrogne ! De quoi vit-il ? Comme ses compagnons d'infortune: il fouille le matin les poubelles pour en retirer les flacons de verre ou de plastique consignés..Depuis cette nouvelle loi très verte qui oblige les industries de la boisson à reprendre les bouteilles ou canettes en aluminium, les clochards peuvent gagner quelques pièces pour se payer une bouteille pleine de rêve !

Le vénérable Théâtre est en réfection, avec l'adjonction de deux étages en sous-sol pour garer les autos. Les Tel-Aviviens toujours sur le qui-vive pensent qu'en fait ce sera aussi un bon abri pour les habitants du quartier en cas d'alerte . L'échelle du tracteur illustre l'ampleur des fondations.


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Près des travaux, j'ai photographié, puisque son visage était masqué, ce sans domicile fixe dormant sous un carton sur un canapé  jusqu'à ce que  le camion de la voirie vienne le réveiller et le sortir de ses vapeurs vineuses. J'avoue que ces clochards qui couchent sous la voûte étoilée sont très rares en ville. D'ailleurs, avant que les conditionneurs d'air se popularisent, bien des habitants qui étouffaient dans l'été humide dormaient sur leurs balcons plus aérés. Sans parler de la jeunesse qui dort sur la plage sous les yeux bienveillants de la Grande Ourse.


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 Généralement ce sont des individualistes qui refusent le soir d'être collectés à l'hospice où ils bénéficient de l'hygiène et de la soupe populaire. J'en connais un, que je rencontre souvent sur la promenade Herbert Samuel qui longe la mer. Très grand, bronzé,  avec une crinière rouge et un visage buriné comme celui d'un loup de mer, il bondit devant le passant en criant toujours la même phrase : "Who are you ?" et le laisse passer...sans attendre de réponse ! Dans mon enfance je n'étais pas aussi téméraire. Une fois en sortant de l'École Clauzel et dévalant les escaliers de la rue Tirman, je dus contourner sur le trottoir une misérable, assise à même le sol.

"La Mendiante" par Edgar Degas ressemble à mes souvenirs d'écolier !
Ce tableau qui représente une pauvresse romaine, fut peint en 1857.
Pauvresse Elle avait des yeux glauques qui lui dévoraient le visage. Comme j'allongeais mes pas, elle se redressa en brandissant une lanière et en la faisant claquer sur ma cape ! Je poussais avec terreur le portail de la maison et vite pris l'ascenseur pour le cinquième étage. J'ouvris avec ma clef la porte de chez nous et la refermai avec en plus le crochet en laiton de sécurité car j'étais seul. Quelque temps après, coup de sonnette. Comme ma mère me l'avait appris, j'entrebâillais la porte tant que me le permettait le crochet. Je reculais avec terreur. C'était cette mendiante qui venait sans doute quêter. Ses yeux sanguinolents me pétrifièrent et vite refermais le battant avec le verrou à double tour..Très longtemps, la nuit je me suis entortillé dans mes draps croyant voir devant-moi les yeux enfoncés et les paupières rougies de cette misérable...

De l'autre coté du trottoir, le jardin du théâtre va retrouver une jeunesse en préservant un des plus vieil arbre Sycomore de la ville. Sur la pancarte de l'entrepreneur, une photo prise il y a 65 ans. Avant les travaux j'allais me reposer sous son ombre. Et même cueillais ses minuscules figues rouges et sucrées. Je n'étais pas seul à ce dessert:  les petites chauves-souris qui y habitent en sont aussi très friandes. Et je les ai vu voleter en plein jour .

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C'est le printemps, les arbres se chargent de fleurs mauves.
Des oiseaux ténus et mordorés, au bec courbe et pointu y trouvent leur bonheur et font le notre. Ils sont si furtifs que je n'ai pu les saisir dans mon objectif.

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Ce couple de jeunes Corbeaux prélève de fines brindilles du tronc de cet arbre pour
tapisser leur nid comme de bons parents attentionnés. Leur comportement conjugal et familial est remarquable. (2)

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                               L'entrée accueillante d'un  Café-Librairie-Galerie:
A l'abri du soleil, la clientèle sirote un café frais-moulu en lisant un livre, ou en écrivant un au clavier de leur Lap-top ! Fini le temps où les écrivains traduisaient leur inspiration sur la nappe en papier d'un guéridon ! 

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Silence on tourne !
Au centre de Tel-Aviv, un acteur joue au touriste ou l'inverse...
Au fond, un immeuble typique du style Bauhaus qui a fait de Tel-Aviv la Ville Blanche.


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  Le Grand Magasin est décoré de ballons pour les enfants en vacances de Pâques.'
Au sous-sol, des livres en solde: achetez-en deux et le troisième est gratuit ! En Israel la quantité de livres édités chaque année est impressionnante (3).
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Moi je suis le sélecteur, n'entre pas qui veut !

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Faut montrer patte blanche !
 
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Une  vitrine de T-Shirts, et un mannequin inattendu: Ahmadinejad !
Son destin sera-t-il celui de Sadam Hussein ?

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J'ai retrouvé un ami d'enfance qui lui n'a pas vieilli.. Pinnochio et Gémini son bon petit lumignon étaient mes meilleurs amis. Je suivais ses aventures toujours émouvantes avec une tartine de pain beurrée qui semait ses miettes entre les pages..
Moi aussi je n'ai pas toujours écouté les bons conseils de mes parents chéris !
Mais si mon nez s'est allongé, c'est parce qu'avec les oreilles, ce sont les deux parties du corps qui grandissent toujours après l'adolescence.


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Ce chat trop bien nourri privilège cet accoudoir pour s'y étaler. Visiteur, attention aux griffes. Avec sa moustache et son poil noirs et sa raie centrale il ressemble à Hitler (Que sa mémoire soit maudite) . Pourtant ce chat a remporté un record éblouissant : il est tombé en chute libre du balcon d'un immeuble de cinq étages, et s'est retrouvé sur ses pattes, absolument indemne.


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Rien ne vaut la marche à pieds. Le prouve cette image ci-dessous. Ce camion-grue a déposé sur son dos cette voiture en stationnement interdit, en moins de 30 secondes !.

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J'avoue que je ne suis pas resté immobile très longtemps moi aussi après avoir pris ce cliché au vol ! Avec ces diables qui enlèvent tout ce qui stationne, j'ai préféré allonger mes pas !...et suis retourné chez-moi, c'est plus  sur !

Notes :
* Traduction mot-à-mot de "Tel-Aviv", nommée aussi "La Ville Blanche" par l'Unesco.

(1) Hansi:
http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Hansi/Hansi_01.htm

(2) Nos amis les Corbeaux:
 http://www.uniformis.net/corbeau.html
(3) La littérature israélienne:
 http://www.centrenationaldulivre.fr/?Presentation-des-litteratures

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Le temps passe, la plaie reste ouverte.
Les responsables restent impunis.
In Memoriam:

Le 26 Mars 1962, la France a commis un crime de sang dans le but de clore définitivement le cercueil de l'Algérie Française. Non seulement le 19 Mars nos dirigeants livrèrent les civils aux mains du F.L.N., en donnant l'ordre à l'armée de rester casernée, mais le 26 Mars organisèrent un guet-apens pour briser tout l'élan patriotique
d'un peuple armé de drapeaux tricolores. En voici les témoignages sur le site :
 http://www.babelouedstory.com/thema_les/26_mars/00_accueil/00_accueil.html

Passant, respectons ensemble une minute de silence en la mémoire de ces Français, qui crurent dans un ultime sursaut en l'honneur de la France.

Je me permets de recopier ces lignes que j'avais écrites alors d'un trait:

Le Dernier Printemps d'Alger
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J'ai encore des cauchemars de ce 26 Mars 1962, et pourtant j'en ai vu des attentats en Algérie et en Israel !.

            Comme d'habitude, en cette période de changement de saison, (encore une bonne excuse de Docteur pour expliquer mon allergie), j'étais souffrant des bronches.
             Une maladie qui m'a peut-être sauvé la vie. Les jours précédents, raccompagnant ma mère d'un ouvroir, "Les Dames Visiteuses", organisation de charité, j'avais pu voir tourner dans le ciel , comme des mouches, des avions de chasse T6 cocardés de tricolore au dessus de Bab-El-Oued.  Pour les jeunes lecteurs, disons que ce quartier prolétaire était l'équivalent d'un Faubourg St-Antoine de Paris, adossé à la Casbah. La Chasse française mitraillait les terrasses ouvrières. De loin,  je n'entendais rien, et ne connut des détails du siège que plus tard.
          Les affiches collées en hâte aux murs pendant le couvre-feu, les attentats, la rumeur publique, les nouvelles vraies ou fausses, les émissions pirates, les concerts de casseroles accompagnaient  les jours et les nuits d'un peuple en colère qui voyait sa patrie se dérober sous ses pieds.
                Toujours est-il que 5 jours (un chiffre porte-bonheur comme une main de Fatma), après le début officiel du Printemps, fut organisée une manifestation de solidarité pour la population de Bab-El-oued, assiégée par les forces de l'ordre.
             A Alger, chaque manifestation converge d'abord vers son coeur, qui est le quartier du Square Laferrière, au bas du Monument aux Morts. Ici, les cris de "A la Bastille !!" sont remplacés par "Tous au G.G*" ainsi du moins le fut le 13 Mai 1958.
            Le 26 Mars 1962, le rendez-vous était devant la Grande Poste, une esplanade vaste où convergeaient des rues aux noms glorieux, Baudin, Michelet, Isly, Bugeaud et autres... De la fenêtre du cinquième étage de la rue Sadi-Carnot, mon poste de guet habituel, où accoudé je passais des heures à mon observatoire pour me distraire et oublier ma poitrine sifflante, je vis ce matin de  Printemps, s'organiser  le cortège  joyeux de passants pacifiques et d'étudiants et écoliers en goguette, nombreux brandissants le drapeau tricolore, en culotte courte et sandales, s'interpellants, reconnaissants des amis et camarades et  tous marchants au milieu de la rue car Alger  était en grève. Les rideaux de fer des magasins étaient baissés, et en face de chez moi, l'immeuble des Chemins de Fer était vide de ses employés, et même  du port ne me parvenaient plus les sifflements des remorqueurs.
        Sous le soleil algérois, les choses les plus graves ne sont jamais sérieuses :J'avais d'en haut, l'impression d'une kermesse. Je vis même de la rue Drouet-d'Erlon déboucher des voyageurs débarqués d'un train à la Gare de l'Agha, se joindre à la foule. Je pouvais suivre des yeux les passants qui montaient la rue Charas et enfilaient le Boulevard Baudin, tout en entendant le reportage à Radio Monte-Carlo, qui était alors la source de nos informations non censurées. Le bruit de la mitraille à la Grande Poste, je l'entendis à ma radio portative, et plus proche de moi, sursautais aux chocs des  ricochets de balles qui martelaient les devantures closes du début de la rue Sadi-Carnot. J'entendis alors les cris de "Halte au feu", enregistrés par Julien Besançon :

http://www.cerclealgerianiste-lyon.org/audio/isly.wav

             Les criminels avaient agi en plein jour. Quelques minutes après, je vis des passants affolés revenant en sens inverse et je devins un témoin impuissant et terrorisé de ce que je vis: un camion à ridelles chargé de corps ensanglantés qui filait à toute allure et à grand renfort d'avertisseur vers l'Hôpital Mustapha en bout de la longue rue Sadi-Carnot.
           Suivirent des camionnettes et autos particulières, leurs chauffeurs agitant éperdument des mouchoirs blancs en dehors des portières. Je ne vis même pas une seule vraie ambulance. Le silence était tombé comme une chape sur le quartier.
             A la radio, un  appel à tous les étudiants en médecine pour se rendre aux hopitaux, un appel pour les transfusions de sang, un appel au secours censuré qui mettra plusieurs jours pour arriver en France.
             Du bleu, du blanc et du rouge de la France n'en restait que le rouge du sang et de la honte sur les pavés d'Alger.
           Délaissant la fenêtre, mon coeur battant trop fort, je vis sur les murs de la chambre de mes parents, une orgie d'arc en ciel qu'un face à main  biseauté réfractait d'un rayon de soleil.
           Je ne pus soutenir ce phénomène merveilleux et incongru et retournai le miroir, en signe de deuil.
          Mon père avait essayé le soir de parler en anglais avec la direction du "New-York Times" pour qu'il diffuse la vérité sur le massacre. Il fallait pourtant que la vérité soit connue et traverse la mer.
       "Il y a, épinglées aux arbres, des listes de Héros", ainsi, j'avais commencé à rédiger ce que je vis en allant le lendemain sur les lieux du Crime. Les troncs des ficus étaient devenus des poteaux de fusillés. Des listes de disparus y étaient piquées. Leurs cadavres furent jetés pèle-mêle à la morgue. 
     Le Plan avait réussi, et fut cloué ce jour- là le cercueil de l'Algérie Française. Tout a été filmé, photographié, enregistré, mais nous resterons pour combien de temps des "profiteurs esclavagistes et des colonisateurs cruels", pendant que les porteurs de valises et de bombes écrivent leurs mémoires de "résistants" ?.
       Plus tard, la vérité que nous crions sur les toits depuis cinquante ans se fera entendre, mais nous ne serons plus là. L'Histoire s'écrit lentement, comme le vin qui dépose sa lie.

        Le "Massacre de la Rue Transnonain" a été immortalisé par Daumier.

     Celui de la Grande Poste d'Alger attend encore à la  grande porte de l'Histoire.


       *"GG" :L'immeuble du Gouvernement Général.(pour les jeunes)
         N.B.Merci au Cercle Algérianiste à qui j'ai emprunté cet enregistrement

 


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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 09:33
   
 

"Être de parti pris, est être partial".

"Je me méfie des partis, ils deviennent facilement des partis-pris"

( Charles de Mazade)*


Avec mes cheveux blancs (qui s'éclaircissent) me vint l'envie de poser quelques bornes sur  mon parcours. Non pas qu'il soit brillant et restera dans les annales scientifiques(!) car si je ne fus toujours qu'un très modeste composant(1) de toute cette industrie électronique,  je suis resté par contre un observateur heureux  de mes souvenirs de cette période passionante. Après un demi-siècle, j'ai fais l'effort nécessaire pour reprendre, là où j'avais interrompu un dialogue, et le continuer en monologue. Ce n'est pas si facile quand les neurones se défont plus qu'elles ne se font !

Un matin de 1968, un bateau de la ZIM(2) accosta à Marseille. J'avais embarqué à Haïfa, mettant ainsi un point final à un volontariat que j'avais commencé en Israel dès la fin de la Guerre des Six Jours. Fouilles archéologiques dans le Néguev, séjour dans un Kibboutz et de longs mois au Sina
ï, le travail physique avait fait de moi un vrai israélien quant à l'aspect extérieur. Et mes idées sionistes ne s'étaient que renforcées sur le terrain que j'avais eu le privilège de parcourir de long en large en vivant en commun le difficile quotidien du menu peuple.
Ma famille fut soulagée de me revoir en bonne forme. J'avais simplement lors de mon absence perdu la notion du temps et mes lettres s'étaient espacées ou perdues dans les sables...Et même un télégramme alarmé cherchait partout ma trace.
J'avais demandé en Juin 1967 un congé d'un petit mois à mon employeur(3) d'ailleurs très compréhensif et n'osais pas me présenter de nouveau après une si longue disparition. Je dus alors armé d'un crayon et des petites annonces classées rechercher un poste, ce qui n'est jamais si facile, d'autant plus que j'avais dans mon curriculum-vitae un espace vierge de plus d'un an ! Et mes explications ne devaient pas plaire à tous les Chefs du Personnel. Pourtant je fus admis à faire parti d'une équipe de techniciens bien sympathiques dont les Ingénieurs à Bagneux devaient développer le Plan Calcul(4) qui avait l'ambition gaullienne d'affranchir la France du puissant matériel digital américain qui dominait le monde. Je n'étais pas habitué à travailler dans un élément syndiqué et très politisé où toujours gronde une colère sous-terraine. Mais j'avoue que je me suis vite plongé dans mon travail, tout en pensant qu'un jour ou l'autre ma vie repasserait de l'autre coté de la méditerranée.
Mon nom de famille qui allait devant moi en Algérie ou à Paris m'a toujours aidé en m'évitant dans mes relations d'avoir à entendre des plaisanteries douteuses et à devoir sèchement dans ce cas remettre l'auteur à sa place. Alors que je m'étais habitué en Israel au tutoiement même avec des inconnus, je recevais tous les matins du Chef de Service avec une poignée de main, un vouvoiement poli pour s'enquérir de ma santé et de...la progression de mon travail. Monsieur Lévy par ci, Monsieur Lévy par là, mon prénom devenait inutile et se rouillait sur ma fiche du personnel. Par contre j'avais remarqué la camaraderie prononcée entre un ingénieur et le technicien qui oeuvraient ensemble.
De stature assez haute et carrée J.M. venait quelques fois converser avec moi. Et bien sur parlions du passé, comment pouvait-il en être autrement de ma part, de la période brune où en Europe la seule lumière fut celle des feux où se consumaient les cadavres des déportés juifs.
Comme je n'étais pas naïf, je compris immédiatement que son approche n'était pas gratuite, mais suivait la ligne du Parti tel que l'enseigne la religion communiste et je jouais le jeu en évoquant l'époque de Rosa Luxemburg(5) et de ses amis. Il était évidement actif dans la Confédération Générale du Travail des Hauts de Seine, et toujours sur la brèche pour défendre les droits des travailleurs. Je me souviens qu'un jour, le syndicat décida de faire une grève surprise ayant pour cause les graves différents entre Sociétés qui par rebondissement pourraient  menacer nos emplois. Pour ma part, j'étais ignorant des interactions entre ces industries de l'électronique, CII, Sperac, CDC, BULL, Honneywell, Thomson ...
Le Chef de Service, obéissant à l'ordre de la grève surprise, coupa lui-même l'électricité au tableau de distribution et m'enjoignit poliment de descendre avec mes camarades dans la cour pour écouter le message de Moscou !
Ce qu'évidement je refusais, et je suis resté assis dans l'obscurité pendant une heure...Je sais, c'est mauvais de se distinguer ainsi mais moi je suis têtu.
A une autre occasion, je vis le Syndicaliste soudain passer entre les tables de travail, lui et son ami tenant les coins d'un drapeau du Vietcong pour faire la quête pour les malheureuses victimes des bombardement américains. C'était l'époque de la Guerre au Vietnam et les murs de Paris étaient couverts d'affiches d'enfants brûlés et déchiquetés par une "assassine Amérique".
(Le Pacte Molotov-Ribbentrop(6), les assassinats politiques, le Procès des Médecins Juifs, le Goulag, les vingt millions assassinés par Staline, n'avaient pas eu cette publicité !) .
Cette fois c'en était trop. J'étais justement monté sur ma table pour travailler sur une haute console. Lorsqu'ils arrivèrent à mes pieds, je le pris à parti à haute voix pour que tout le Labo m'entende, lui faisant d'abord remarquer qu'il enfreignait les règles fondamentales du travail en manifestant à l'intérieur de la Société et en entravant notre projet. Et pour finir le traitais de fasciste. Mais la peau d'un Rhinocéros est plus sensible que celle d'un membre du parti-pris. Ils continuèrent la quête, le Chef de Service ayant lui disparu par enchantement.
J'avoue avoir passé une nuit agitée après cette rare altercation verbale et m'imaginais dans mon cauchemar renvoyé d'un doigt menaçant, d'une envolée de manche comme dans une gravure de Daumier .
Le lendemain matin, comme si rien ne c'était passé la veille avec le drapeau rouge à l'étoile d'or, Jean Mallière vint me dire bonjour et me tendit sa main en souriant.
C'était là sa force. Enfoncer le clou avec le Marteau, avec patience et longueur de temps pour persuader d'adhérer à l'Internationale(7)...Un beau brin de musique d'ailleurs pour enflammer les foules et qui, il n'y a pas si longtemps était encore chantée en Israel le 1er Mai !.
                                        
                                                         La Fête du Travail à Tel-Aviv en 1950

Ier Mai 1950 Tel-Aviv
Mais en aucune façon cela me dérangeait dans ma tache dont j'avais la responsabilité.
Il s'agissait d'un lecteur de bande magnétique à réenroulement très rapide où l'électronique d'asservissement, la logique des séquences, et la mécanique et même l'étude des fluides s'associaient pour faire de la PEN-21 un futur succès et pour moi un vrai casse-tête. La Logique toute TTL (transistor-transistor-
logique) était l'oeuvre de Monsieur Jean Mallière. Monsieur Dumanois était responsable des Servos et des Moteurs, la Platine avec son puits à dépression venait de l'extérieur de notre département.
                                                           Moi et ma "bécane": nous étions tous les deux jeunes et dynamiques !

velizy-0005 Pen-0024
En gros cet appareil devait lire des informations digitales enregistrées sur la bande et aller les chercher en amont ou en aval le plus rapidement possible en minimisant les temps morts. Il ne s'agissait pas évidement de laisser entraîner à leur gré les moteurs des deux bobines de grand diamètre qui enroulaient ou déroulaient la bande qui passait devant la tête de lecture magnétique : la bande se serait immédiatement brisée aux accélérations. Il fallait prévoir une grande boucle qui absorberait les différences de longueur crées pour que le support soit entraîné par sa petite poulie (cabestan) à la surface caoutchoutée sans aucune tension notable et à vitesse de lecture continue. Pour cela, la boucle s'étirait dans un puits d'air extrêmement ingénieux qui l'aspirait variablement pour la maintenir à une profondeur à peu près constante. Le long du puits une mince fente équilibrait les pressions d'aspiration suivant la hauteur de la boucle détectée par des capteurs. Bien des platines furent ainsi essayées avant d'arriver en sécurité à un réembobinage de 20m/seconde de la bande.
Schema Pen-21

La poulie de petit diamètre qui entraînait la bande par auto-adhésion renvoyait sa position à un ampli servo de courant continu grâce à une dynamo tachymétrique. De nombreuses furent essayées, jusqu'à ce que fut choisie une dynamo japonaise qui délivrait sa tension continue avec le plus faible bruit de fond parasite. L'ampli que je construis de toutes pièces était le coeur du problème et me donna aussi beaucoup de soucis jusqu'à ce que j'en corrigea les défauts. Tout transistorisé, il chauffait outre mesure même placé sur un refroidisseur à ailettes. Les gros transistors de puissance rendaient l'âme, et alors la machine incontrôlable se déchaînait, la bande s'étirait, se cassait et à grande vitesse s'envolait comme une fronde au dessus de moi à travers la salle avec un claquement qui faisait trembler les vitres du bureau de Monsieur Chauvel ! Et tout le monde était ainsi alerté de mon échec !
Un autre problème crucial fut aussi résolu : les moteurs d'entraînement des deux grosses bobines étaient de diamètre trop important et ainsi leur inertie étaient telle qu'ils étaient relativement lents à réagir aux inversions de direction. Plusieurs furent commandés; bobinés et rebobinés et essayés jusqu'à l'obtention d'un moteur au rotor de faible diamètre mais tout aussi puissant. Toutes ces expériences étaient passionnantes et jamais ne m'avaient lassé.

Je me revois travaillant sur un circuit qui délivrait un signal en forme de rampe à laquelle devait être asservie la course de la poulie motrice au départ et à l'arrêt. Je modifiais ma plaquette, ajoutant une capacité,modifiant la valeur d'une résistance, jusqu'à l'obtention du signal idéal, comme l'enfant prend du plaisir à donner forme à sa pâte à modeler !.

A l'aide d'un appareil de photo Polaroïd je photographiais l'image donnée par un oscilloscope Tektronix de la tension tachymétrique, pouvant ainsi montrer triomphalement les temps de marche et d'arrêt de quelques millisecondes précieuses sans rebondissement qui étaient le signe de la performance de la console.
Un jour vint une délégation des Pays de l'Est. Comme toujours avec des appareils photos. C'était l'époque où les Soviets internaient l'intelligentsia juive grâce à de faux procès à sensation. (J'ai plus tard connu de ces " refusenik"(8) héroïques  en Israel, après l'écroulement du Rideau de Fer). La Direction donc nous recommanda donc, ce jour plus qu'un autre, d'être prêts pour la revue !
Moi, je ne pus que dessiner dans un coin de la PEN-21, une étoile de David protestataire (à laquelle personne d'ailleurs ne fit attention !).
Je reconnais que les gens de mon entourages étaient bien sympathiques et j'étais à l'aise à mon poste. Les conditions de travail étaient excellentes dans un immeuble très moderne.

                                                Département des PEN

Velizy-Labo des PEN
 
Chacun avait son bureau pour écrire ses rapports, et une table de travail avec à proximité toutes les sortes de tensions électriques nécessaires, évitant ainsi les cordons de traîner au sol, et l'éclairage tamisé n'éblouissait pas les yeux. Les  composants étaient rapides à obtenir du magasinier proche de nous à l'étage. Le matériel de mesure bien-sur très moderne. Matin et soir le chauffeur en casquette et blouse blanches conduisait avec ponctualité le transport du personnel très confortable, que je prenais à la hauteur de la Porte de Versailles. Il y eut encore des remous prolétaires quand il fut question de nous faire participer aux frais du transport...
Mais le fait qu'au salaire de chacun s'ajoutait une prime variable suivant  l'appréciation du Chef de Service, créait des jalousies inévitables. Et les bulletins de paye étaient décachetés à l'abri de tout regard indiscret. Pour éviter toute équivoque, j'avais pris l'habitude d'épingler le mien à la vue de tout le monde....
Une chose pourtant différait du Labo où j'avais travaillé auparavant: l'absence totale de la "perruque". En argot de technicien c'est une réalisation privée (peu en importe l'importance) prise sur les heures de travail pour réaliser un projet personnel en sous-main en se servant des facilités présentes ! Bien sur notre Labo était un endroit trop sérieux pour s'y risquer, mais je peux vous garantir que dans des usines non moins importantes, la perruque avait la belle vie! En fait c'est un signe du dynamisme et du savoir-faire de son auteur, évidement pas de son honnêteté. C'est pour cela que souvent un supérieur vient discrètement demander un service pour dépanner sa radio détraquée "quand vous aurez le temps"....
A l'arrêt du travail à midi, je devisais avec un camarade né comme moi en Algérie, Jean-Charles Valenza.

C'est le dernier jour ! Jean-Charles debout, nous posons avec un retardateur

CII V lizy

 Il était  chargé de la maintenance des appareils de la CDC et SPERAC chez les clients et souvent  voyageait.  Entre pieds-noirs,nous évoquions souvent notre Algérie et les évènements politiques, mais aussi  nos souvenirs des criques des Bains-Romains(9) et de la Méditerranée transparente et si absente ! Où çà ? mais au "Pub", ce genre de café à l'anglaise qui jouxtait la Compagnie. Assis sur des fauteuils de simili-cuir de couleur vert-bouteille, nous prenions notre repas de midi, c'est à dire une baguette aux riettes,ou un saucisson-beurre, accompagné de bière fraîche.  Oui, je me souviens d'un de ses exploits techniques, quand,dans un coin perdu,il eut à dépanner une platine de la C.D.C. Il  fallait changer un moteur,si je me souviens bien de ton récit,et pour cela démonter la poulie bloquée  de l'entraîneur de bande. Alors tu as eu l'idée de te servir d'un extracteur emprunté à un garage voisin, et la réparation fut une réussite !.
Imaginez une cocotte-minute sur le feu avec sa soupape d'échappement bloquée . C'était à peu de chose mon état d'esprit après que De Gaulle ait déclaré l'embargo des 50 Mirages IV promis à Israel pour les vendre éventuellement à la Lybie ! Il voulut ainsi punir Israel d'avoir écrasé les amis arabes vers lesquels la France s'était tournée après l'abandon de l'Algérie. Son discours sur "le Juif dominateur" mit un terme à la lune de miel franco-israélienne qui fut à son apogée en 1956 quand Israel fonça dans le Sinai pour débloquer le Canal de Suez que Nasser avait nationalisé. Mais cet embargo cruel
obligea  Israel (merci Monsieur De Gaulle) à développer ses propres ailes.
J'ai gardé cette caricature du célèbre humoriste Dosh, qui vaut mieux que mille explications.


Caricature ,par Dov 1967-copie-2


Un soir en empruntant les escaliers du métro je vis de petits carrés imprimés d'une Etoile de David que la foule pressée foulait au sol .
Je ramassais ce tract où était imprimé un "Israel Vivra"; une affirmation, un voeux, ou une interrogation, à chacun son interprétation.
Cela changeait des "croix gammées=Israel" peintes sur les faïences des stations. Pour moi, cela ne faisait plus aucun doute. Il était temps de trancher .
Rentré chez moi, j'écrivis ma lettre de démission dont j'ai conservé une photocopie qui a trop pali pour être scannée. Alors je la transcris mot à mot.

Lévy Georges
A.T.E Service D.I.D.
A Monsieur le Chef du Personnel
A Monsieur le Chef du Service D.I.D.

J'ai l'honneur de vous informer de ma démission de la Société CII-SPERAC à compter du 31/7/70 et qui sera donc effective au 31/9/70.
Ma décision est motivée par l'attitude de ma Patrie au Moyen-Orient. Nul n'ignore en effet le but poursuivi par les Dictateurs des Pays arabes et qui consiste avec l'aide de l'URSS en la réalisation de la Solution Finale préconisée par Hitler.
La France en livrant des armes ultra-perfectionnées aux adeptes de Mein-Kampf (Avions, Chars, Fusées, Radar), ne sert ni la Paix ni la Justice.
En maintenant un embargo vis à vis de l'Etat d'Israel au mépris de toute morale internationale mon pays sert une politique criminelle.
Je ne puis donc dans ces conditions continuer en France à payer des impôts dont une partie sert à assassiner les rescapés d'Auschwitz, fondateurs de l'unique État Socialiste de cette région du monde, berceau de humanité .

A Vélizy-Villacoublay le 31/7//70.
Signature.


J'avoue que cette lettre grandiloquente et un peu naïve me fait maintenant sourire. Elle était même injuste comme je pus le vérifier par la suite. C'est pourtant elle qui en brûlant les ponts ne me permettait plus de battre en retraite. Mes Chefs furent très surpris. Le Directeur me convoqua dans son bureau, où m'y attendaient aussi mes Supérieurs, un véritable tribunal. Il me dit que cette lettre était "lourde de conséquences" et qu'il "pouvait encore la déchirer" pour ne pas la transmettre en "haut lieu" . Et puis suivirent des compliments sur mon travail à faire rougir un barreau de fer. Mais je fus inflexible bien que très touché par la sincérité de ces gens qui m'avaient embauché à un moment difficile de ma vie. Après tout, ma "bécane" avait perdu ses ennuis de jeunesse et je la laissais (du moins je le croyais) sur sa voie royale.

Je me souviens de mon dernier rapport avec les mesures faites mes derniers mois. J'ai encore le souvenir des visages des Ingénieurs Touzain, Chauvel, Rybner, Mallière, Dumanois et des techniciens Letocart , Touboul et bien d'autres et d'un câbleur handicapé atteint de polio et toujours plaisantant et qui avait eu la gentillesse de m'écrire en Israel.
En piochant Internet j'ai retrouvé la demande de Brevet pour ce dérouleur de bande par des noms bien connus . Et puis en Pdf, un dessin et une description de cette belle machine PEN-21. Ce moment fut pour moi comme une rencontre très émouvante avec une amie perdue de vue depuis 50 ans.....

Et puis j'ai retrouvé sur internet Jean Mallière, retraité, veillant sur les intérêts des pensionnaires et plus que jamais actif au P.C.

Hélas, je l'ai lu faisant une campagne de libération pour un terroriste récidiviste, arrêté en Israel pour avoir tenté d'assassiner le Grand Rabbin Séfarade d'Israel. Les intentions et les préparatifs de ses  coéquipiers du crime avaient été découverts heureusement à temps. Le P.C a le front de faire un parallèle entre Guilad Shalit(10) au plus total secret dans un trou à Gaza et coupé du monde extérieur, et la situation pénitentiaire de ce terroriste qui reçoit des visites régulières de sa famille, des colis, lis les journaux et voit la tv, reçoit des journalistes et a accès à l'infirmerie quand il a mal aux cheveux. Évidement je n'en m'étonne pas, mais confirme ce que je savais de la ligne du PC  il y a déjà un demi-siècle !
Ces souvenirs remontent assez loin dans le temps et je ne sais si les personnes évoquées seront encore là pour lire accidentellement ces lignes. J'espère n'avoir blessé personne dans mon évocation et adresse à tous mes profonds respects.


                                                Adieu à mon Labo-Jardin !
CII dans le Jardin

Notes:
*Charles de Mazade: http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Mazade

(1) Je lis dans le Littré de 1880 la définition suivante de "Gâte-sauce" :

Marmiton ; mauvais cuisinier. Citation :

" Messieurs, chef, sous-chef, aides, marmitons, tourne-broches, gâte-sauces, vous avez travaillé hier toute la journée, vous avez passé la nuit sur vos fourneaux (SCRIBE et MAZÉRES Vatel, sc.4)".

Quand j'étais questionné sur ma profession, j'aimais répondre: "Gâte-sauce dans l'électronique", pour me moquer de moi-même !!


(2 ZIM: La Compagnie de Navigation israélienne. En hébreu ancien "gros bateau".

(3) Le Directeur du Laboratoire National d'Essais à cette époque était Monsieur Maurice Bellier, aussi Professeur de Machines Electriques au C.N.A.M.

(4)
La courte Saga de la SPERAC et de la CII :
http://www.feb-patrimoine.com/PROJET/histoire_informatique/histoire_sperac.htm

Le Brevet de la PEN:Fernand Calizzano,Michel Chauvel,Jean Malliere, Jean Rybner.
http://www.123people.com/ext/frm?ti=personensuche%20telefonbuch&search_term=malliere%20jean&search_country=US&st=suche%20nach%20personen&target_url=http%3A%2F%2Fwww.freepatentsonline.com%2F3751604.html&section=weblink&wrt_id=217

Détails sur la PEN: Schémas et description .
http://www.freepatentsonline.com/3751604.pdf

 

5) La Vie héroïque de Rosa Luxemburg: http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_Luxemburg

6) Pour les
jeunes lecteurs (éventuels!), sur le pacte infâme Molotov-Ribbentrop et le partage de la Pologne:
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_germano-sovi%C3%A9tique


7) L'Internationale :  http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Internationale

8) Refusenik: mot typiquement israélien pour décrire ces opposants juifs au régime soviétique qui furent déportés en Sibérie pour avoir dénoncé le fascisme rouge. Un des plus célèbres,  Sharansky, isolé dans sa cellule, se forçait à  jouer aux échecs, contre lui-meme, et de tete (!), pour ne pas devenir fou de sa solitude. Au "dégel", il devint par la suite Député et  Ministre en Israel.

 
9) Le site des Bains-Romains :
http://www.bainsromains.com/Intention.html

10) Guilad SHALIT
:
Extrait du site consacré à faire connaitre cet otage franco-israélien, emprisonné dans une cache à Gaza depuis 2006; sans aucune visite, meme de la Croix-Rouge Internationale.
Pendant son service militaire, Gilad a été kidnappé lors d’une attaque menée par des activistes du Hamas le dimanche 25 juin 2006, à Kerem Shalom. Depuis presque quatre ans, Gilad est détenu par le Hamas dans la Bande de Gaza.

 

Un gentil petit poisson nageait au milieu d’un océan paisible. Tout à coup, il vit un requin qui voulait le dévorer. Le poisson ne mit alors à nager très vite, mais le requin fit de même. Soudain, le poisson s’arrêta et interpella le requin : « Pourquoi veux-tu me dévorer ? Nous pouvons jouer ensemble ! »
Le requin réfléchit longuement et dit : « Bon d’accord. Jouons à cache-cache ».
Le requin et le poisson jouèrent toute la journée, jusqu’au coucher du soleil.

Dans la soirée, le requin rentra chez lui. Sa mère lui demanda : « Comment s’est passée ta journée, mon requin chéri ? Combien d’animaux a-t-tu dévoré aujourd’hui ? »
Le requin répondit : « Aujourd’hui, je n’ai dévoré aucun animal, mais j’ai joué avec une créature appelée POISSON ».
« Le poisson est un animal que nous mangeons. Ne joue pas avec lui ! », dit la mère du requin.
Dans la maison du poisson, la même chose se produisit. « Comment vas-tu, petit poisson ? Comment s’est passée ta journée dans l’océan ? » demanda la mère du poisson.
Le poisson répondit : « Aujourd’hui, j’ai joué avec un animal appelé REQUIN ».
« Le requin est l’animal qui a dévoré ton père et ton frère. Ne joue pas avec cet animal », répondit la mère.

Le lendemain, ni le requin, ni le poisson ne se montrèrent au milieu l’océan.
Ils ne se rencontrèrent pas pendant des jours, des semaines voire des mois. Puis un jour, ils tombèrent l’un sur l’autre. Chacun s’enfuit auprès de sa mère, et une fois de plus, ils ne se rencontrèrent pas pendant des jours, des semaines, des mois.

Au bout d’une année entière, le requin sortit faire une petite nage et le poisson fit de même. Pour la troisième fois, ils se rencontrèrent et le requin alors dit : « Tu es mon ennemi, mais peut-être pouvons-nous faire
la paix ? »
Le petit poisson dit : « D’accord ».
Ils jouèrent en secret pendant des jours, des semaines, des mois.
Jusqu’au jour où le requin et le poisson rendirent visite à la mère du poisson et parlèrent avec elle. La même chose se produisit avec la mère du requin. Et depuis ce jour, les requins et les poissons vivent en paix.

                                                                                                     FIN

* En dernière minute : Le PC francais vient de déclarer qu'il s'opposait à ce que la Ville de Paris nommat une rue en hommage à David Ben-Gourion, Pionnier de l'Etat d'Israel, Chef d'Etat, Ecrivain et Visionnaire ( Et Grand Ami de la France). Le PC propose à la place une rue au nom de... Yasser Arafat, ce terroriste qui a fait le malheur des palestiniens et en a détourné  les fonds destinés à améliorer le sort des Gazaouis.

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 18:36
  La Transparence du Fer


Cette semaine je suis allé au Musée de Tel-Aviv ,(Boulevard du Roi Saul), qui habite en plus de ses collections permanentes  classiques et modernes sur deux étages, des présentations itinérantes. Cette fois, était exposé le travail d'un sculpteur, forgeron très moderne, qui ajoure des plaques d'acier pour réaliser des silhouettes étonnantes .
Zadok Ben-David est né en 1949 en Israel et après ses études artistiques à l'École Bezalel de Jérusalem, vit à Londres. Le thème de sa présentation : "L'Homme et la Nature ". Dans un grand espace sont représentés le Corps Humain et des Arbres en totale symbiose. Il faut bien sur prendre du recul pour apprécier ces silhouettes qui se détachent sur le blanc des murs.
Si vous vous approchez et touchez du doigt les contours de la découpe, vous ne sentirez aucune aspérité, aucune bavure, tout est lisse, malgré l'épaisseur de 15m/m de la plaque dans laquelle a été taillée la sculpture. Zadok emploie la méthode plus moderne que la traditionnelle coupe à l'autogène, celle du faisceau au Laser dont l'épaisseur est de l'ordre de quelques microns. L'artiste dessine d'abord un pochoir de son oeuvre sur cette grande plaque. Et puis la machine le lit et engrange les données du dessin, et la découpe suit la programmation. Ces statues sont évidemment mécaniquement très lourdes , mais si aériennes à contempler !
J'ai demandé l'autorisation de photographier à un des gardiens, et à mon étonnement elle me fut accordée sur le champ.

L'Homme est un arbre avec ses ramifications comme une circulation sanguine .


zadok 0769




Le Départ, tous muscles bandés. Cette lourde masse de très grande dimension
est toute légère à l'oeil .



zadok 0771-copie-1


Le tronc de cet arbre est formé de silhouettes humaines qui se terminent en branches . Un arbre superbe pour la collection de Quichottine* .

zadok 0772-copie-1




Un arbre en forme de Lune, comme autant de bras qui veulent enlacer .


zadok 0773


J'ai continué ma visite en
parcourant la rampe douce qui mène au deuxième étage. J'ai reposé mes yeux un peu fatigués par ces treillis noirs et blancs en admirant des tableaux qui rayonnent la chaleur du passé .
Une oeuvre de Nahum Gutman, lorsque Tel-Aviv n'était que le quartier de Neve-Zedek des pionniers. A ses débuts, c'est un israélite originaire d'Algérie, Aharon  Chelouche qui entrepreneur, décida en 1870 de sortir des frontières de Yaffo (Jaffa) pour construire la petite Tel-Aviv. Ce quartier a conservé  son charme, ayant échappé aux Tours qui poussent le long du littoral.

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Et puis un  tableau du peintre israélien Reuven Rubin. De ce salon meublé pour une Musique de Chambre, le paysage d'une campagne d'oliviers.  Ce style léger comme le vent qui fait flotter le rideau me rappelle celui de Dufy.
J'y remarque ce rideau de bois poussé en avant, qui hélas n'existe plus dans les constructions modernes. Lorsque je passe devant un chantier, je cherche toujours à récupérer des décombres un de ces volets, imaginant de le nettoyer tout en gardant les craquelures du vieux bois, pour le placer sur un mur blanc, comme un vrai tableau.
Mais, ce fardeau est trop lourd pour moi, alors je continue à en rêver .


zadok 0777
Enchanté d'emmagasiner dans ma boite ces splendeurs, je fus sorti de mes rêves par les pas pressés d'un gardien qui m'enjoignit de cesser de photographier : ce qui était permis au rez-de-chaussée est interdit à l'étage !
Je dus donc continuer ma promenade, résigné, bien que mon appareil aurait bien voulu capturer un superbe tableau de Matisse représentant une "Fillette Juive d'Alger" que je n'avais vue dans aucun catalogue ! Mais mon Gemini, comme celui de Pinocchio me le déconseilla fortement, d'autant plus que j'étais suivi des yeux par la maréchaussée !.
Une des gardiennes de ce Temple, âgée et émigrée de l'ex-URSS, voyant mon enthousiasme se fit un plaisir de me faire un petit cours de l'Histoire de l'Art, et je l'ai écouté avec émotion, sans oser demander qu'elle fut son activité du coté du Rideau de Fer, pour ne pas la gêner.
Et puis je dus contourner un groupe d'enfants, accroupis et sages, leurs grands yeux ouverts vers le plafond, écoutant les explications de leur petite institutrice sur un mobile de Calder qu'elle essayait, mais en vain, d'agiter en brassant l'air de sa main ! C'est toujours avec émotion que je vois ces écoliers boire à la source les merveilles de l'Art, car jamais les livres ne peuvent remplacer une visite dans un musée.
Après quelques salles somptueuses, j'ai du aviser une chaise isolée pour me reposer. (Les bancs libres, c'est ce qui manque le plus dans les expositions).
Presque tout de suite, je fus accosté par des visiteurs me prenant pour un employé du Musée  avec mes cheveux blancs et mon blouson bleu foncé, pour me demander d'une voix discrète la direction des lieux où on pouvait vider son eau....Il faut reconnaître que la flèche était trompeusement tournée vers  la Sortie .
Je viens d'entendre à la radio que l'exposition tirant à sa fin est assaillie par les visiteurs qui doivent attendre deux heures aux guichets ! Je l'ai donc échappé belle et cela me rappelle la file d'attente aux pieds de Madame Eiffel quand j'avais emmené mes enfants visiter cette extraordinaire et géniale architecture d'acier .
En sortant une affiche rouge sur une palissade attire mon attention .
Au théâtre "Tmouna" seront présentées les "Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Le récitant sera accompagné d'illustrations musicales au piano.
Ouverture des portes à 22h30, 8 rue Soncino " .

zadok 0756
J'avoue que j'ai eu un pincement du coeur, car cette publicité qui se décollait me rappelait aussi à ma vie antérieure. sI éloignée dans mon passé
lycéen quand nous commentions l'Albatros :

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à coté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

  Le Poète est semblable au prince des nuées
  Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
  Exilé sur le sol au milieu des huées,
  Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

Dommage que ces vers magnifiques que je peux lire et relire sans me lasser, ne puissent être aussi accrochés aux cimaises comme les oeuvres d'art.

Mais moi j'avais été surtout très impressionné en classe à la lecture de son poème "La Charogne" , alors que quelques uns ne pouvaient s'empêcher de rire, un réflexe naturel à cet âge. Mais ce ne fut que bien après le Lycée que je me suis heurté à la réalité .
Certes j'avais vu hélas des cadavres, ou des membres de soldats à demi-enterrés dans le désert du Sinai, une vision terrible que les vents de sable et les bandes de chiens errants avaient découverte, mais le soleil implacable les avait desséché et presque momifié en les transformant en lambeaux de cuir en quelques mois. Par contre lorsque notre chat disparut et que je suis allé à sa recherche dans les fourrés où il aimait chasser, j'ai fait une horrible découverte :

"Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
  D'où sortaient de noirs bataillons
  De larves, qui coulaient comme un épais liquide
  Le long de ces vivants haillons."


Baudelaire (La Charogne).

Mais les bataillo
ns de vers qui y grouillaient, eux  étaient blancs, et je dus chercher des forces dont je me croyais incapable et inconnues chez moi pour le sortir du buisson où il était allé mourir et pour l'enterrer. Car les chats sentant leur mort prochaine se cachent des vivants. C'était la première fois que j'étais en contact avec le travail silencieux de la mort et cette image tenace m'accompagne depuis inexorablement quand je suis confronté à la perte d'une vie et imagine l'évolution sourde et rampante dont nul tombeau de marbre aussi lourd soit-il, ne peut arrêter la marche.
Et dans les Cimetières je contemple avec dégoût ces Cyprès verdoyants qui caressent le ciel de leur plumeau pointu et puisent leurs forces dans l'horreur sous-terraine .

Mais je ne veux pas vous quitter sur des lignes tristes . En retournant chez moi, j'ai souri à ce charmant caniche qui garde sérieusement le fouillis de la boutique de tissus de son maître parti en goguette se rafraîchir le gosier...


zadok 0739

Notes:

Ci-dessous un exemple de machine à tailler les plaques grâce au Laser. (Uniquement pour illustration).  L'Artiste a choisi l'acier et non pas l'aluminium plus léger car cette matière brillante dans toute son épaisseur a le grand défaut de renvoyer une partie du faisceau du Laser .

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Un-nouveau-laser-pour-l-atelier-Plasmo-_53147-avd-20090703-56362603_actuLocale.Htm


Le Blog de Quichotinne :
http://quichottine.over-blog.com/

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 17:17

Un Lion pour la Pologne

Je suis allé aux Puces virtuelles et je suis tombé en arrêt sur cette carte postale plus que centenaire !. Bien sur au premier abord à cause de ce "Lion du Sud de l'Algérie" comme l'éditeur l'a imprimé pour évoquer une lointaine et sauvage Algérie. Ensuite j'ai essayé avec patience (et une loupe !) de déchiffrer l'écriture fine et couchée en coup de vent de l'expéditrice.
 Et voici ci-dessous ce qu'elle a écrit :

out-copie-1


Bône, le13 Février 1902,

Rien que l'aspect de votre  traîneau  courant dans la neige me fait frissonner sous notre beau soleil.
Bien froid mais bien pittoresque doit être votre pays .
 Je suis très frileuse et ne préférez-vous pas un ciel éternellement bleu à une atmosphère où voltigent des papillons blancs tombés du ciel ?
Voulez-vous placer le timbre du cote nu de la carte, je vous en serai très reconnaissante.
Mille souvenirs.  


Magali.

A:
 Mademoiselle Pulsk

Marzalkowaska 69,
logement 9,
Varsovie
Pologne
RUSSIE

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Pulsk est un patronyme vraiment Polonais !.
Rien ne permet de nous éclairer sur l'expéditrice de cette carte, seul son prénom Magali qui en Grec signifie "Perle" . Le timbre a été oblitéré à Constantine, la carte écrite de Bône. A cette époque déjà le Lion avait disparu avec la pénétration française, chassé pour la sauvegarde des populations et aussi le plaisir des Bombonnel et Gérard plus précis que Tartarin de Tarascon.
Le Lion* d'Algérie  était caractérisé par sa crinière très épaisse et noire qui se prolongeait sur le poitrail et sur son dos. C'est un symbole important dans le monde maghrébin, à tel point que le Roi du Maroc en a constitué un élevage ayant des caractéristiques génétiques les plus proches de ce grand Lion d'Afrique.
En voici une gravure de 1887, un Lion "marabout" dans la Casbah d'Alger !


Lion a Alger 1887

Et que pensez-vous du Lion de Rochegrosse qui veille sur sa maitresse ?
Certes ce peintre habita une très belle demeure turque à El-Biar, sur les hauteurs d'Alger, mais cette scène est le pur produit orientaliste de son imagination.





Mais loin de ces langueurs algériennes, voici où vivait Mademoiselle Pulsk, dans la rue Marzalkowaska dans sa splendeur en 1912. C'était l'époque  d'une paisible Varsovie qui était la capitale des Arts et des Lettres .
Alger alors était en pleine expansion hausmanienne, mais nous aussi à cette même date, avions deux compagnies de tramways électriques très développées qui sillonnaient les rues, mais sans la neige !.
 


Warszawa - Marszałkowska 1912
Mais remarquez qu'en plus de l'adresse Varsovie-Pologne est ajoutée aussi "Russie" ! Car jusqu'à cette époque, avant la Grande Guerre 14/18, la Russie avait  avancé ses frontières pour englober une partie de la Pologne .

Hélas les Huns sont passés sur cette terre en 39/45 et ont enseveli les populations dans leurs ruines, ou les ont exterminées  dans les Camps.
                       Cette photo a été prise lors de la parade polonaise entrant dans les ruines de la ville en 1945. ( Photographe inconnu). Je rappellerai aux jeunes lecteurs(trices), qu'après la victoire sur Allemagne nazie, Staline réunit les officiers et résistants polonais qui avaient combattu l'ennemi commun, pour les assassiner et ainsi réaliser son rêve de s'attribuer une Pologne vidée de son sang et la convertir au communisme .

800px-Polish Army Parade waf-2012-1502-29 (1945)


Si on ne peut prononcer le mot de Varsovie sans y associer les terribles souvenirs de l'acharnement hitlérien,
il ne faut pas faire l'amalgame entre les deux soulèvements dans cette ville :

Le premier soulèvement héroïque en Europe est celui des Juifs du Ghetto, où dès le début de la Guerre y furent enfermés juifs de la région et citadins  dans des conditions horribles au nombre de 380000.
De là ils étaient déportés au Camp d'Extermination de Treblinka. Le Ghetto de Varsovie limité par des murs barbelés et encerclés par les nazis, était en proie à la faim, au froid et à la misère totale. Dans ces conditions indescriptibles, des instituteurs et professeurs héroïques essayèrent de maintenir une éducation scolaire pour ne pas faire perdre l'espoir aux enfants. Les plus faibles jonchaient les trottoirs, squelettiques fantômes rigidifiés par le froid  et délivrés de leurs souffrances. En 1943, les juifs dans un sursaut décidèrent de se révolter sachant évidemment qu'ils n'avaient aucune chance de vaincre. Bombardés, brûlés par les allemands qui les gazèrent jusque dans les égouts, ces hommes et femmes sans aide extérieure du reste des habitants non-juifs de la Ville de Varsovie, furent assassinés pour la plus part. Hitler et ses sbires s'acharnèrent à raser ces quartiers. Un Chef héroïque et ses amis de la révolte consignèrent toute cette période dans des documents qu'ils enfermèrent dans une petite valise et enterrèrent dans une profonde cache .Il y a quelques années elle fut retrouvée .
De tout le Ghetto ne subsiste qu'un seul pan de mur. Les polonais rasèrent les ruines. Des citoyens juifs rescapés qui sortant des Camps retournèrent dans leurs villages furent lapidés par leurs anciens voisins polonais qui s'étaient emparés de leurs maisons .
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_du_ghetto_de_Varsovie


La deuxième révolte eut lieu en 1944, lorsque les polonais, eux-mêmes  si antisémites, furent eux aidés par des parachutages d'armes et de munitions, d'abord pour se libérer, mais aussi parce que les Soviétiques étaient aux abords de la ville.
Varsovie fut reconstruite en respectant souvent les architectures anciennes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_Varsovie


Note : Une très belle description pittoresque du Lion d'Afrique dans le livre de Henri Demesse:
http://www.bmlisieux.com/curiosa/demess01.htm

Et pour retourner en enfance :(oui c'est ma date de naissance !)
http://vodpod.com/watch/1761854-metro-goldwyn-mayer-tanner-the-lion-1938


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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 00:00
           

Scènes d'Algérie


Les artistes algériens du siècle dernier saisirent avec humour et précision la vie quotidienne du petit peuple laborieux. Les Assus,Chagny, Drak-Oub, Herzig, Tugot, Kleiss furent les perles d'un collier d'aquarelles qui nous enchantent maintenant, encore plus que jamais. Surtout nous, les anciens d'Algérie qui ont eu le privilège d'y vivre sous le drapeau français.
Ces dessins respectent toujours ces personnages, souvent pauvres, que nous avons connus surtout en voyageant à l'intérieur du pays.
En regardant avec attention ces tableaux, je suis émerveillé par la précision des détails, des couleurs et des mouvements,et je crois entendre les intonations des conversations, même si je n'en comprends pas le langage.
J'ai choisi cette grappe d'aquarelles de Roger Jariera qui a su saisir ces attitudes si vivantes pour les fixer pour l'éternité. Hélas, je n'ai rien trouvé de sa biographie, du moins sur Internet, et je suis loin de la Bibliothèque Nationale de France !.



                                                Illustrations de Roger Jariera
                                
                                             ( Éditées par Baconnier Frères à Alger )




Comme partout la fontaine est l'occasion en remplissant les pots de cuivre ou d'argile, de rencontres et bavardages  interminables entre voisines.

Algerie A la fontaine

Cette fillette veille toute imbue de sa responsabilité sur son petit frère et sa chevrette.


Algerie Aicha, son frere et la Chevre


Ces femmes de l'Aurès agitent leurs corps dans une danse sauvage qui fait cliqueter leurs colliers ornés de pièces de métal.


Algerie Aurassiennes

Le barbier avec dextérité laissera une touffe de cheveux
aux plus croyants pour que
le jour venu, puisse Mahomet  tirer le fidèle vers le Ciel.

Il faut avoir vraiment confiance en son barbier pour confier sa gorge au fil du rasoir !


Algerie Barbiers

Le mouton, la chèvre suffisent à faire vivre le fellah qui fait commerce de sa viande,
 de sa peau, de sa la laine, et de son lait. Voici le
boucher qui a installé son étal en plein air, et déjà la vieille femme ramasse sur le sol les déchets de l'abatage, comme ces tètes de mouton. ( Ce qui m'étonne d'ailleurs, car ces tètes aussi cuisinées font en général partie de l'étalage). On peut distinguer le mou (les poumons) suspendus au bâton.
Les mouches, trop petites pour l'aquarelle, sont absentes, quoique omni-présentes dans ce cas.
Etes-vous devenus subitement végétariens ?

Algerie Boucher en plein air


Qui ne se souvient avec compassion d'avoir croisé  ces femmes, pieds-nus sur les sentiers caillouteux, chargées de bois-mort, en plus du bébé retenu par le large foulard sur son dos.



Algerie en roue pour le Gourbi

La Laine du mouton est filée: le rouet est la main et le pied du fileur !

Algerie Fileurs


L'âne chargé de ses lourds paniers attend patiemment la fin de la discussion sans fin que provoque la pesée. Chacun jurant sur la tête de sa mère de son bon droit.


Algerie Marchandage

L'écrivain public avec son encrier sur le tapis a une fonction importante dans les relations entre le citoyen et l'administration et la "chicaya" dans la vie courante.

Algerie l'Ecrivain Publique
Je ne sais pas de quoi souffre ce patient, et surtout quelles sont ces choses plantées dans sa nuque ! Des sangues pour décongestionner ? Non, des pointes d'acupunctures ?
Non plus ! Et ce pot plein de sang ?
Un traitement de toutes les façons pas très
antiseptique
! J'ai encore dans ma mémoire le souvenir d'un drame au marché aux moutons de Maison-Carrée que mon Grand-Père me fit visiter un jour, proche de son moulin. Un homme en burnous s'écroula sur le sol, atteint d'une crise cardiaque, et son entourage demanda d'urgence un couteau pour le saigner à l'oreille, et ainsi soulager sa pression artérielle !


Algerie Medecine en plein air

Les Ouled-Nails étaient  des beautés qui enchantaient dans une rue réservée de Bou-Saada,( 200km d'Alger), les touristes plus que les sédentaires.
Elles dansaient au son aigre d'une flute, des tambourins,et du Oud (sorte de luth ), pour ensorceler les spectateurs.
Fortune faite (toute relative !), elles pouvaient s'acheter des parures en pièces d'or,et des vêtements brodés.et ainsi dotées cherchaient à se marier et se refaire une réputation, sinon une virginité.

Algerie Ouled-Nail

Le Couscous n'est pas seulement un plat traditionnel, mais aussi une cérémonie. La farine de blé dur est d'abord tamisée. Mélangée avec de l'eau, elle est pétrie à la main pour en faire des graines de pates qui sont cuites à la vapeur dans une double jatte en argile.


Algerie Le Couscous

Quand l'eau ne vient pas toute seule, il faut aller la chercher souvent loin. L'outre en peau de chèvre est un moyen commode et souple pour le transport. On devine la silhouette gonflée de la pauvre bête encore utile après sa mort violente.
La peau joue aussi le rôle de la gargoulette en argile pour garder la fraîcheur du liquide.
L'eau contenue dans l'outre humidifie en permanence sa paroi, et l'évaporation du liquide
la  maintient fraîche.


Algerie Les Porteurs d'Eau
AINSI SE TERMINE CETTE VISITE CHEZ LES PAYSANS ALGERIENS. TOUS OU PRESQUE PARLAIENT JUSQU'EN 1962 LE FRANCAIS. MAIS COMBIEN,  SURTOUT DES CITADINS DES GRANDES VILLES ET ISSUS DE METROPOLE, POUVAIENT-ILS ENGAGER UNE CONVERSATION EN ARABE ? LES ISRAELITES INSTALLES ,EUX, DEPUIS BIEN DES SIECLES DANS CE PAYS, PARLAIENT COURAMENT CETTE LANGUE JUSQU'A L'ASSIMILATION FRANCAISE TOTALE. AINSI MA GENERATION ET LA PRECEDENTE, ETUDIERENT PLUS TOT LA LANGUE DE "NOS ANCETRES LES GAULOIS" POUR FAIRE NOS HUMANITES ET AINSI LE FOSSE CULTUREL S'AGRANDIT.



Note :

La semoule en Algérie provenait de blé dur. Du blé frustre qui pousse plus facilement sur des terres peu arrosées naturellement. Les grains de blés triés et séparés des impuretés (grains de sable, de terre), sont humidifiés pour pouvoir séparer la graine elle-même de son enveloppe qui est le son. Les graines sont alors moulues  sous une meule de pierre, une nouvelle fois tamisées, et ainsi prêtes à fabriquer les grains de couscous. Placés dans une jatte en argile vernissé  au fond percés de multiples orifices, elle même recouvre une marmite d'eau bouillante. Une pièce de tissu nouée à la jonction des deux vases empêche la vapeur de fuir. La semoule gonfle sous l'action de la vapeur, est plusieurs fois égrenée à la main entre chaque cuisson jusqu'à obtenir la graine de couscous de taille voulue.

Je me souviens que ma mère continuait cette tradition une fois l'an, pour le dîner qui rompait le Jeune de Kipour. Et ce couscous  qui était préparé à partir de graine  de blé déjà moulu cuisait chaque année dans le même couscoussier d'argile enturbanné, sur le réchaud à gaz. Il n'était pas question pour moi d'aller folâtrer dans la cuisine déjà étroite et surchauffée et gêner cette préparation sans laquelle cette clôture  de Kipour aurait perdu de son charme, car pour moi c'était le soir où je me régalais d'une assiette de couscous d'un blanc éclatant arrosé de sucre en poudre brillant sous la lumière du lustre...Les autres convives préféraient le déguster avec les légumes et viande assaisonnés de sauce piquante...


 

 


Un superbe couscoussier berbère

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:15
                                        En descendant de ma Colline


L'hiver en Israel, surtout à Tel-Aviv, n'est pas un trimestre sérieux, à l'image d'ailleurs de la région (!). C'est un paradis pour le promeneur que je suis devenu, après des années englouties pour gagner le pain quotidien.
J'exagère un peu, disons plutôt la brioche, car je suis un favorisé qui a fait une carrière sans menace de compression de personnel ou de réaménagèrent de l'usine pour notre bien, (of course !). 

Lorsque le ciel est légèrement voilé de nuages cotonneux qui s'effilent, je peux faire de longues escapades dans la ville sans fatigue, alors que le long été, très humide transforme les rues en un bain de vapeur éprouvant.


Ainsi hier j'ai cherché, joignant l'utile à l'agréable, un horloger pour changer le bracelet de ma montre, donnant des signes certains de mise à la retraite.
Si l'âge d'un chien se compte par rapport à celle de son maître en le multipliant par sept, pour celle d'un bracelet-montre il faudrait le multiplier par soixante-dix !!. J'avais encore il y a quelques années la patience de le changer moi-même au risque de voir s'échapper ce diable de petit axe télescopique qui le retient, et de le chercher à quatre pattes sur le carrelage !


January 2010 033


Un achat pas si évident car je le cherchais en matière synthétique et non en peau de bête. Certainement suite au lavage de cerveau que mes enfants m'ont fait, comme des jeunes de la nouvelle vague verte.
Pas si agréable de porter au bras un cuir d'agneau bien doux qui ne peut plus bêler !. J'ai fini par trouver ce simple objet chez cet artisan qui toute sa vie... lutte contre la montre. J'ai pris ce cliché de l'extérieur de son magasin, n'ayant pas trouver assez d'espace vital pour y pénétrer. Un mètre courant aurait presque suffi à mesurer son contour.
J'ai bien sur demandé son autorisation, et dans son silence amusé, il devait
se demander à quel original il avait à faire ! Il y a quelques années, je n'aurai pas eu cette audace.
Mais ce mini-local m'a rappelé l'échoppe de notre cordonnier de la rue Drouet-D'Erlon, à Alger. D'ailleurs il est coiffé d'une Kippa  en coton perlé avec un motif dentelé qui est celui des sépharades originaires d'Afrique du Nord. En Israel, il est facile de deviner l'origine et même la tendance politique de son propriétaire, simplement à la vue de son couvre-chef, tricoté, de tissu lisse,ou de velours brodé,de coton perlé à dessin symétrique, blanc à filets d'argent pour un mariage ou noir macabre pour un enterrement, porté au sommet du crane ou de coté tenant à un cheveu pour les militants qui vont par monts et par vaux, descendant presque jusqu'aux oreilles pour les plus  mystiques, ou portée avec désinvolture en arrière pour les gros-bras, mais toutes attachées par une épingle à une boucle, "car la tête du croyant doit toujours être couverte pour  rappeler la présence de Dieu au dessus de lui ".
Alors les plus conservateurs, pour être surs de ne jamais transgresser les Écritures, portent en supplément, comme il y a des siècles en Europe Centrale, un large chapeau en feutre qui leur sert aussi à cacher leur visage à un éventuel photographe.

Et vous, Georges, que portez-vous ?
- Je porte sur mes épaules le poids des années d'accusations de déicide et cela  me suffit !

Mais malgré la large Kippa que porte aussi sa Sainteté, à Rome et dans ses déplacements, je n'arriverai jamais à deviner pour qui elle pencherait car elle est posée au centre exact de la tonsure. C'est sans doute la Kippa du Silence. Ce Silence qui fait tant de bruit ces jours-ci !...



Mais voici des T-Shirts, pas pour moi, mais pour le plaisir de photographier tous ces dessins jeunes et colorés !



January 2010 032

Non ce n'est pas une erreur de mathématique ! Deux T-shirts à manches longues pour 100 shekels, et deux autres modèles, mais à capuchon, pour 200 shekels .(Un euro est l'équivalent de 5 shekels environ).

J'avais à peine déclenché mon appareil, que passa devant-moi une silhouette étrangement bariolée .
Je n'ai pu la saisir que de dos. Par la même occasion ai évité d'éventuelles protestations du sujet ! En continuant mon chemin dans la même direction, je l'ai vu s'arrêter devant un étal de livres d'occasion et feuilleter un bouquin. Cela m'a tranquillisé sur son état !




January 2010 031


        Et sur le même  trottoir ai présenté mes respects à  un passant à quatre pattes, dont je n'ai pas très bien compris ses intentions. Dans ce cas il vaut mieux être poli et passer son chemin.




5769_0388.jpg



Cette bête bien repue, a certainement plus de chance que cette gentille chienne bouclée sur l'affiche collée à la vitrine: Les passants peuvent y lire son appel au secours :
"Je suis enceinte, et j'ai été jetée à la rue, et ne sais où aller.
Chaque Shekel m'aidera !
Merci beaucoup "!



January 2010 011




Mais Tel-Aviv est aussi chargée d'Histoire :


jacob_0378.jpg


A chaque coin de rue vous trouverez des plaques qui rappellent le sacrifice  de ces jeunes de la Hagana, la future Armée de Défense. Ici le 25 Mars 1946 un petit groupe de juifs engagea un combat de diversion contre les Anglais, pour les empêcher d'atteindre la plage où devait débarquer un navire sa charge d'immigrants.
Toutes les cotes au Nord étant activement surveillées, le Quartier Général décida de faire se rapprocher le bateau "S/S Wingate" le plus possible de la cote de Tel-Aviv, espérant que le débarquement serait plus facile avec l'aide de la population de la ville.
Mais dans l'accrochage Bracha Fuld fut tué et trois de ses compagnons blessés furent capturés par les Anglais. Ils étaient tous du kibboutz Givat-Haim.
La Royal Navy se saisit du bateau et des immigrants à portée de main de leur Patrie, quelques mois seulement après la Capitulation de l'Allemagne nazie et les renvoya dans des Camps soit à Chypre ou même à Hambourg.


Ci-dessous le timbre commémorant l'immigration clandestine de 1934 à 1948. Les vieux rafiots généralement de nuit s'échouaient sur la cote et les habitants des Kibboutzim voisins aidaient à les débarquer dans les vagues pour les cacher dans les villages pionniers.



Immigration-Clandestine.jpg


Je ne peux m'empêcher avant de terminer cette promenade d'évoquer les journées terribles de Haïti dévastée par un tremblement de terre. L'Etat d'Israel a envoyé sur le champ ses meilleurs docteurs, chirurgiens, réanimateurs et même gynécologues avec un hôpital de campagne, le premier déployé à Port au Prince, avec des équipes de secouristes, hélas très entraînés (à cause des attentats) dans le sauvetage d'habitants coincés dans les décombres, avec un matériel de détection ultra-moderne : ils ont réussi à sauver,hier même, après dix jours passés sous les ruines, un haïtien âgé de 22 ans !.

IDF :Israel Défense Corps à Haiti, après l'accouchement à l'hôpital israélien.
Un bébé naît, 200000 personnes sont mortes ou agonisent.


The first birth in the IDF field hospital, Haiti (Photo: IDF spokesperson)



Si je me permets de rappeler cette actualité au lecteur, ce n'est pas par orgueuil, encore que dans ce cas il soit justifiable, mais c'est parce qu'un ignoble individu a déclaré sur une vidéo de Youtube, que les israéliens avaient pour but essentiel dans ce sauvetage, de se saisir des organes de ces blessés !
Une accusation moyenâgeuse qui rappelle celle d'assassinats d'enfants chrétiens pour se servir de leur sang pour confectionner la Galette de Pâques !
Israel n'est lié en rien avec cet Etat, et n'a rien de commun avec sa civilisation, sa religion, son économie, ses traditions, et son Histoire. Seulement comme l'Etat Hébreu l'a déjà fait en Turquie, à Mexico, et partout où ses secours ont été acceptés, son but n'est évidement qu'humanitaire, comme se doit de le faire tout état du monde libre.
Mais cet exemple reste comme un épine en travers de la gorge de nos détracteurs.
Disons que les jumeaux nés avant-terme et encore dans les incubateurs
de cet hôpital, avec les milliers de sourires d'habitants sauvés d'une mort certaine , ne suffiront jamais à dissiper la propagande haineuse des ennemis d'Israel, occupés , même sur la scène internationale, à démoniser à chaque occasion le seul pays démocratique de cette région du monde.



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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 14:16


Mes Valises


VALISE 5


(I)

Cette valise, je l'ai sauvé d'un tas de chiffons qui attendaient sur le trottoir le passage des Services de la Voirie . En me promenant dans la ville par ces fraîches mais ensoleillées  matinées de Janvier, je n'ai pu m'empêcher de lui tendre ma main et de la prendre avec précaution par la poignée .
C'était une modeste mallette comme on en voit sur les scènes de théâtre . Mais pour moi, irrésistiblement une soeur de celles qui figurent sur les photos de déportés en marche vers les gares, et qui y avaient été bourrées en catastrophe des objets de première nécessité, rapidement inutiles puisque ces malheureux durent laisser ces baluchons sur les quais d'embarquement pour être entassés dans des wagons à bestiaux plombés. Une valise "à la Anna Frank" comme je suis sur l'auraient dit mes enfants en voyant cet objet, comme de bons Sabras* qui ont  l'humour noir facile pour masquer leur angoisse  devant cet inimaginable horreur que fut l'Holocauste.

Cette valise dont le propriétaire devenu israélien avait eu plus de chance était heureusement vide, car je n'aurai pas supporter d'y voir des effets d'un disparu .
Mais ce bagage fatigué, aux flancs cartonnés et aux coins renforcés portait une adresse parisienne peinte  grossièrement au pinceau. Elle avait du donc appartenir à un émigrant qui après la guerre avait choisi de partir en Israel pour essayer de se construire une vie nouvelle en espérant laisser derrière lui ses cauchemars. J'ouvris avec peine les serrures piquetées de rouille et y lu sur l'intérieur du couvercle la même adresse en lettres blanches "..Rue Oberkampf". C'est à Paris un quartier où nombre de juifs ashkénazes avaient trouvé refuge en fuyant d'abord les persécutions tsaristes et ensuite la montée du nazisme allemand. Ce quartier d'anciens fourreurs et artisans du textile a été vidé le 16 Juillet 1942 de la plus part de ses habitants juifs lors de la Rafle dite du "Vel-d'Hiv", avec le concours efficace et zélé de la police française .
Alors j'ai décidé de la poser sur un proche banc public pour la photographier: Peut-être le même banc où son possesseur aimait s'asseoir au soleil d'hiver et émietter du pain pour les pigeons .

Et puis au bas d'une murette, j'ai vu un graffiti comme il y en a tant.
 Il m'a fait sourire. Alors j'ai eu l'impudence pour exorciser les mauvais souvenirs de poser cette valise orpheline à coté de ce jeune dessin au pochoir comme il y en a tant qui fleurissent en ville. Le lecteur interprétera lui-même ce message mural, encore qu'il parlat tout seul au passant.


VALISE 8



(II)


La Valise ou le Cercueil ?. C'est l'immédiat association d'idée qui vient à l'esprit de mes compatriotes d'Algérie :

"
C'est  un livre de Paul Reboux intitulé Notre Afrique du Nord. Maroc. Algérie. Tunisie. Et sous-titré… "La valise ou le cercueil !" Un livre de 1960, 1961, 1962 ?  aucunement !.  
Un livre paru en 1946 aux éditions Chabassol
et où on peut lire : "Tandis que ronronne le moteur, je suis obsédé par une petite inscription que l’on a pu voir sur les murs de certaines villes d’Algérie : la valise… ou le cercueil !" Voilà les cordiaux conseils, voilà les aimables avertissements donnés par certains indigènes aux Européens, et lisibles sur les murs, tracés au goudron, charbonnés, peints à l’huile, ou même imprimés sur ces petits papillons de papier dont usent les propagandistes" .
(Cette présentation  limpide est du remarquable historien Maurice Faivre) .

                                           Réponse à la question !       

 

Impossible d'effacer de ma mémoire cet embarquement pour l'autre coté de la méditerranée . Ce n'était pas une croisière mais une fuite avant la date fatidique décrétée au Rocher-Noir par les traîtres. Je ne reparlerai pas des jours passés au soleil brûlant avec des milliers de familles, d'abord sans espoir aucun à l'aérodrome de Maison-Blanche à cause d'Air-France en grève et ensuite sur le port aux guichets des Messageries Maritimes dès que le permettait la levée du couvre-feu, ou la file d'attente rue Waisse pour retirer la somme maximale en liquide autorisée à sortir d'Algérie, car ce ne furent pas des circonstances très glorieuses pour abandonner pour toujours ma ville et ma jeunesse. J'avais pourtant en hâte un soir, rempli dans ma chambre une valise d'objets que je ne pouvais laisser derrière-moi à leur destin. Non, presque pas de vêtements encombrants et remplaçables. Mais quelques livres rapidement entassés qui m'avaient fait croire que j'étais un vrai fils de la France tant je m'étais imprégné de leurs lectures ,en particulier un petit aide-mémoire Bordas  à couverture rouge de littérature française que j'avais acquis à l'époque des Baccalauréats . Et puis aussi un livre de Grammaire qui avait appartenu à mon frère en classe de 4ième et qui à chaque page citait un extrait remarquable d'un auteur pour illustrer une tournure grammaticale. Et je choisi aussi de sauver un livre relié en plein cuir de Maurice Maeterlink,"L'oiseau Bleu" qui m'avait tant charmé par ses images où des objets familliers parlaient:

Un frère et une sœur, Tyltyl et Mytyl, pauvres enfants du bûcheron, regardent par la fenêtre le Noël des enfants riches lorsque la fée Bérylune leur demande d'aller chercher l'Oiseau bleu pour guérir sa petite fille qui est malade (elle voudrait être heureuse). À travers cette quête, aidés par la Lumière, Tyltyl et Mytyl vont retrouver leurs grands-parents morts, leur petit frère pas encore né et bien d'autres personnages encore. L'Oiseau bleu parle également de personnages ennemis ne facilitant pas la tâche des enfants, tels que la chatte, prête à tuer les enfants pour sauver sa vie (en effet, une fois que l'on a tourné le Diamant, animaux et éléments prennent vie), aidée de la Nuit, des arbres et d'autres encore.. . ( Wikipedia).


J'avoue que je n'avais pas du comprendre dans mon enfance tout le récit, car il est en fait dramatique. Toujours est-il qu'un docker aux yeux de fauve m'arracha ma valise de mes mains au bas de la passerelle pour me réclamer, plus précisant m'imposer, un pourboire faramineux auquel je n'avais pas intérêt à refuser si je voulais conserver mes derniers souvenirs. Cette solide valise en fibre me servit de siège toute la traversée sous la pluie et les embruns, car l'accès aux cabines était barré par une odeur épouvantable de vomi qui montait de la cale, le navire n'étant pas nettoyé entre ses allers et retour dans une mer démontée. Certainement qu'on pensait en haut et bas lieux que cette encombrante  marchandise embarquée ne valait pas cet effort.

                                           (III)

Mais je n'ai pas que des souvenirs tristes de ces valises. Un été d'après la tourmente, chacun enfin ayant trouvé un digne emploi, et mes parents m'ayant  rejoint à Paris, (après que l'atelier d'Hussein-Dey de mon père fut confisqué et déclaré "Bien Vacant" par une soudaine affiche collée sur le portail !!), nous décidâmes de prendre des vacances. La 4cv 170-GR9A rapatriée elle-aussi ayant suivie l'intendance, nous emmena vaillement tous les quatre de Paris à Font-Romeu sans escale, pour nous rapprocher du soleil .
Michel au volant, papa à coté, moi et maman sur la banquette arrière ,et deux valises ligotées sur le porte-bagages. J'allais oublier: le coffre avant étroit était bourré entre la roue secours, les outils et le cric, de livres techniques dont mon frère avaient besoin dans ses études. Maman appelait ainsi ce transport familial, "La Roulotte", car nous étions à la fois aussi errants et solidaires que des gitans qui se déplacent avec leur maison.
Ces courtes vacances se déroulaient dans cette région de rêve où la flore est vierge, et poussent loin des hommes* les plantes les plus embaumées et rares que les Pyrénées Orientales aient jamais portées dans ses hautes vallées. Papa ne se déplaçait qu'avec précaution pour ne pas blesser les fleurs, courbé sur ces prairies sauvages, avec un livret illustré de naturaliste pour identifier ces merveilles butinées par des papillons et insectes aussi nombreux que multicolores, soûlés du suc de leurs butins.  
Mais moi je décidais d'abréger brusquement mes vacances et de rentrer par train à Paris, une camarade israélienne m'ayant signalé son passage. (Oui, comme dans les contes, "ils se marièrent et eurent beaucoup
d'enfants" !). Mais cette remarque est une anticipation !
 Si mon père aimait collectionner et classer les fleurs dans son herbier, moi je ramassais des pierres roulées et polies dans les torrents, des silex et des éclats de bombe volcanique, bref tout ce qui me paraissait précieusement veiné ou paré de quartz scintillant. Même un lourd morceau de ce granit bleu incrusté de grains noirs dont sont bâties là-bas en pierre de taille les maisons pour l'éternité.. J'en avais trié quelques exemplaires pour les emporter dans ce bagage vétéran , qui avait traversé la mer avec succès. Monté dans le train, je hissais avec peine mon trésor pour le glisser sur le filet haut perché. Quelques minutes avant le départ deux Douaniers ouvrirent  bruyamment la porte à glissière du compartiment et avec un air de Dupont et Dupont me demandèrent d'ouvrir la valise d'apparence innocente. Poliment ils m'aidèrent à la descendre,un peu surpris de son poids, ils savouraient certainement une bonne prise car la contrebande était florissante comme dans toute région fron
talière.
J'eus du mal à me contenir de rire en constatant leur désappointement: point de cannabis, point d'herbes interdites, même pas un alcool ou un parfum, ou encore un manteau en cuir achetés à Andorre, que de la pierraille et un sac de linge pour la machine à laver... Ces Douaniers m'aidèrent même à remettre la valise dans son logement. Mais ils n'avaient pas découvert que j'avais quand même passé en contrebande un flacon bien bouché et rempli de l'air pur de ces montagnes là où la frontière avec l'Espagne est virtuelle.

                                                 
(IV)

J'ai donné cette relique à ma fille. Je pensais qu'avec son talent de décoratrice elle aurait voulu la couvrir de fleu
rs, ou même la vaporiser avec de la poudre dorée, ou autre laque, ou la parer de zébrures multicolores. Mais non, elle s'est contentée de la brosser, et de la poser innocemment à une encoignure juste à sa taille, tout  près de la porte de sortie.
 

J'en fus déçu, car cela signifiait pour moi un mauvais présage, que notre transhumance n'était pas terminée. Il n'y a pas si longtemps, lorsque Sadam Hussein bombardait Israel avec ses fusées "Scud", nous avions disposé près de la porte une valise qui renfermait les papiers
de famille, des médicaments et trousse d'urgence, pour être prêts à courir à l'abri, avec les enfants réveillés en sursaut par la stridente sirène d'alerte, munis chacun du masque à gaz posé de travers qui à lui seul nous étouffait.
Mais comme je ne voulais rien oublier de ces évènements, avant de sortir en vitesse de la maison, j'allumais le magnétoscope à cassette pour enregistrer les informations ininterrompues de la Télévision, car ses journalistes intrépides étaient perchés au sommet du plus grand immeuble pour filmer en temps réel les chutes des fusées brillantes dans la nuit ! Avec une rentrée dans l'atmosphère de vingt mille km/h, l'ogive surchauffée par sa friction avec l'air est semblable à une comète et sa traîne de feu. Un beau feu d'artifice dans le ciel avec aussi les fusées "Patriotes" tirées du sol pour essayer d'intercepter en vol les "Scuds" irakiens. Depuis Janvier1991 je n'ai jamais regardé ces enregistrements sinistres et les cassettes attendront comme moi des jours meilleurs .


               Ce graffiti au pochoir date de la Guerre du Golfe . Un poulbot de Tel-Aviv
        
                              joue au Yo-Yo équipé de son masque à gaz.
                                           Notre sort serait-il suspendu à un fil ?



5769 0097



Maintenant qu'Aminedjad continue la tradition de nos voisins de vouloir nous exterminer, mais avec cette fois  des fusées bien plus puissantes et précises, je ne serai plus là pour veiller sur mes enfants car depuis ils se sont envolés du nid pour se disperser dans la ville.
    
  J
e hais les valises !
Car elles sont le symbole de l'instabilité .

Notes:

Font-Romeu : Ce paradis s'est vu, dit-on, attaqué par des constructions sauvages et des déboisements sans pitié.

Sabré : ce nom en hébreu de la Figue de Barbarie est le surnom des jeunes nés en Israel qui sont comme le fruit "piquants au dehors et doux à l'intérieur":

Trousse d'urgence : en cas d'attaque au gaz tant redouté,(Sarin, ou autre saloperie), il faut immédiatement se planter dans la cuisse  une seringue à ressort : son "atropine" est censée  de ralentir la paralysie des nerfs due au gaz. Seulement ce produit dessèche très rapidement la victime et il faut alors avoir à portée de la main un jerrican d'eau douce (20 litres!)...

Yo-Yo :
"Le yo-yo est considéré comme le jouet le plus ancien du monde après la toupie. Son origine est inconnue mais il semblerait que cet objet provienne de la Chine ou des Philippines où il était utilisé comme une arme. Son nom actuel vient du tagalog (une langue des Philippines). Il était connu en Grece il y a plus de deux mille ans".(Wiki)


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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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