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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 09:48
                         Rectification en partie enfumée...

               BUREL et le grand prix artistique d’Algérie.

 
"J’ai lu avec un plaisir empreint d’émotion un texte de Georges Lévy (« Burel et la 6ème A2 ») dans un « blog » de l’ES’MMA. L'article m'a fait remettre en mémoire ce digne professeur, qu'aucun élève, fût-il nul en dessin et/ou peinture, n'osait jamais chahuter, tant il paraissait sympa, courtois et pédagogue tout à la fois. C'est avec une peine réelle que j'ai appris son décès récemment.

        Je relève pourtant dans l'article une inexactitude de l'auteur que, pour la mémoire de ce cher professeur, je voudrais rectifier (l'inexactitude, pas l'auteur, qui a droit à tout mon respect, comme tous les "Gautieristes" !). Il y est écrit aux lignes 13 et 14 (je cite) :

"... de ses longs doigts jaunis de nicotine..."

         Hé bien non ! Je regrette cette erreur, pourtant commise de bonne foi. Si Monsieur Burel avait les doigts jaunis, ce n'était certainement pas de nicotine, mais, plus vraisemblablement d'une quelconque peinture (Gouache ou Pébéo) d'une teinte ocre qu'il affectionnait particulièrement (ocre jaune, ocre rouge, terre de Sienne brûlée), en tous cas pas de vert "Veronese" qu'il exécrait !

 Non ! Monsieur Burel ne fumait pas !

         Certes, lorsqu'il obtint le grand prix artistique de l'Algérie en 1958 (voir Jacques Burel "De ronce et de froment" par Georges Busson dans ce même site), le quotidien (l'"Écho d'Alger" ?) qui lui consacra un article de presse appuyé d'une photo le montre avec une cigarette. Mais, il nous l'avait avoué quelques jours plus tard en classe de 4ème, dans son atelier de cours, pour couper... court à nos félicitations : Le photographe de presse lui avait signifié que la photo serait "plus mieux bien", comme on disait en pataouette, si le lauréat se présentait "la cigarette au bec". Il lui mit donc d'autorité une "clope" entre les lèvres et un paquet dans la poche droite de sa saharienne.

         Cette explication ne vous suffit pas ? Poursuivons.

         1) Il n'y a aucun cendrier sur la table ! Un professeur tel que Burel ne s'abaissait pas à jeter les cendres de sa cigarette n'importe où, lui qui aimait l’ordre et la propreté et qui nous faisait jeter le contenu de nos boîtes de rinçage des pinceaux systématiquement à la fin de chaque séance, sinon avant, dans les paillasses prévues à cet effet.

         2) Il n'y a pas de fumée de cigarette sur la photo. Regardez bien : elle est bien éteinte. Que voilà un bon fumeur ! Et d'ailleurs, vu sa position, si fumée il y avait, elle lui serait rentrée dans les narines et les yeux ! Pas bon pour un fumeur ! Encore moins pour un artiste !

         3) Le paquet de cigarettes est dans la poche droite de sa saharienne.

    a) Il est ouvert. jamais un fumeur ne met de paquet de cigarettes non fermé dans sa poche, surtout avec le rabat de l’étui du mauvais côté.

    b) Il est dans sa poche... droite ! Or, tout fumeur droitier (comme Burel) aurait mis le paquet dans la poche... gauche !

         CQFD. Élémentaire, mon cher Watson ! "

         Le Sherlock Holmes de service, alias Daniel Kannengiesser.

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                                            --
Yves Emsellem


Si l'ordre alphabétique n'est plus respecté,c'est que j'ai voulu garder pour la fin un envoi d'Yves qui a la chance extreme de pouvoir contempler chez lui deux tableaux a l'huile de Jacques Burel. Je le laisse parler:

"Mon Père vendait de la musique, à Alger, comme on disait, nous ôtres, à l'époque, les puristes disaient "en Alger". C'était Ultraphone Radio, maison fondée en 1938, petit magasin rue Michelet à côté du bar de la Renaissance, près de l'Avenue Victor Hugo, au dessus du lycée Gautier, près  de la rue Dujonchay, la rue du cinéma  l'ABC.
J?avais quitté le lycée Gautier quand Jacques Burel a fait une exposition avec son amie dont le nom ressemblait à Maria Lecszinska. Nous sommes restés pantois devant son oeuvre 'Bateau poisson redevient arbre'. Cette femme a changé notre vision du monde. Jacques Burel avait exposé un petit tableau du port de Collioure, un ravissement, tout petit, merveilleux, j'ai encore dans la tête les pierres et l'escalier qui descend vers la mer. Et les couleurs. J'en parle à mes parents. Mon père et Jacques se connaissaient bien car Jacques était mélomane. Il adorait la musique. Dès qu'il avait deux sous il se précipitait pour écouter les dernières merveilles. Son seul problème était son électrophone antédiluvien. Mes parents adoraient la peinture. Ils sont donc revenus de l'exposition emballés, sans le petit port de Collioure déjà parti, hélas, avec un amateur raffiné. Mais ils avaient été frappés par la Repasseuse où l'on trouve effectivement la leçon de Burel : 'ne croyez pas que la chair est rose, si vous regardez bien le visage d'une personne, vous y verrez des ombres vertes'.  
Et la Repasseuse avait ces merveilleuses ombres vertes. Bien sûr, les rayures de son pull marin -on ne disait pas T-shirt à l'époque, voyons- sont tout à fait bretonnes.

Et Dieu créa la femme,et "La Repasseuse "....



Ce modèle était-elle l'amie de Jacques Burel ?

"Et la lumière du port d'Alger, mes parents ne l'avaient encore jamais vue comme sur ce tableau :  Burel en a fait un port breton."

 

 (Certes le flash n'a pas réussi à percer les couleurs glauques des eaux du Port,mais cette oeuvre est une interprétation toute Burélienne.
Concentrez-vous sur le détails précis de ce tableau.En fond dépasse le célèbre ponton-grue "Atlas" qui pouvait soulever des dizaines de tonnes.Le Père de Jacques Abbonato (d'Essmma),en était le "Bosco".
Cet engin,grace à ses ballasts pouvait modifier son inclinaison suivant les charges.Il était unique en Algérie et a participé aussi à toutes les constructions de Jetées.Dans les tableaux vaporeux d'Albert Marquet,il y figure souvent ).

"A
lors mon père et Burel ont fait du troc : les deux tableau contre une belle chaîne, des haut parleurs, des disques, et encore des disques. Ils étaient tous les deux ravis, pas d'argent entre amis.  
Quand mes parents nous ont quittés, ces deux tableaux sont venus orner mes murs, la Repasseuse au dessus de la commode et le Portd'Alger face aux canapés, la repasseuse nous accueille le matin, le port nous plonge le soir dans la perplexité."
"Mon père est resté en Algérie en 62. Nous étions chez nous depuis des siècles, depuis que les marchands de Livourne et les émigrés d'Espagne s'étaient installés. Franco, tiasardcom ya Franco, a faire l?inventaire des noms juifs d?Espagne en cherchant dans les cimetières.
Nous avons ainsi su qui était le premier ancêtre espagnol en 1492. Ma mère était une fille Migueres et son grand père a vécu à Lisbonne. En passant à Lisbonne, je parle de mon ancêtre portugais à un ami qui me dit 'ce n'est pas un nom portugais'. Mon oncle, Paul, me dit en riant, à la Bourboule  : ton ami a raison, c'est Espagnol, une déformation de l'Emigré. L'ancêtre qui n'avait pas voulu se convertir au catholicisme était le grand argentier d'Isabelle la Catholique. Quant à mon père, pôur ne pas être en reste, sa mère, est une fille Acrif dont le grand oncle était, comme Roland, le petit poète du Canard, Bacri du coup d'éventail dont la mère est aussi cousine de ma mère?Quelle choukchouka ! "


Je me souviens précisement d'un Burel posant un jour,assis,les jambes croiséesJe l'avais esquissé au crayon et  meme par souci inutile d'exactitude,avait détaillé la semelle  crénelée de ses Pataugas ! (Croquis,qui hélas n'a pas suivi l'intendance !).A ce sujet,Yves m'a précisé,car un souvenir en appelle un autre  :

"Cette histoire m'est revenue complètement à l'instant, Burel avait auparavant acheté une paire de chaussures élégantes qui lui faisaient mal et, un jour qu'il grimaçait, toujours au magasin où il allait souvent, mon père lui dit "écoutez, il ne faut plus souffrir comme ça, achetez vous une paire de chaussures" ...
  
"Tout comme P...., matraqué par les C.R.S. qui était arrivé un matin avec un énorme pansement sanguignolent sur le haut du crâne, Jacques Burel était un libéral, souvent pris à partie par les ultras qui l'avaient secoué une paire de fois. Très pacifique, il en avait gardé de mauvais souvenirs......
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 Un jour, il arrive au magasin de mon père, avec un
 air ravi, il avait une nouvelle paire
de chaussures.
 Bon elles n'étaient pas 
belles, c'était dans le
 genre pataugas, mais, d'un air ravi, il confie à mon père :
"si vous saviez comme on court bien avec" !!....





Je remercie vivement tous ces amis qui ont reussi grace à leurs envois à
  nous faire revivre les heures enchantées passées dans la classe de Jacques Burel.Cette Galerie sera toujours ouverte aux nouveaux venus pour l'enrichir
de souvenirs et d'illustrations à la Mémoire de notre Professeur,Breton de naissance, et Algérois de choix.
 

                       Ancienne carte postale humotistique de Chagny:
                          "Arriverons à 13 heures..belle mer (mère!)"

Adieu aux Armes,adieu sans larme,parceque les parents ne voulurent  pas pleurer devant les enfants de Burel,mais tous restons fiers de notre  passé.Les plus heureux avec leurs valises,mais durent abandonner  les cercueuils des chers regrettés aux ronces et  surtout aux méfaits de l'homme.
Les plus éprouvés durent partir sans rien savoir de  leurs malheureux  disparus,enlevés et sans tombeau.
Un demi-siècle s'est écoulé et la Vérité sur notre Histoire lutte  comme une jeune graine que nous avons semée au retour en métropole, pour  percer la dure terre gelée de France.Arrosons la sans cesse  de nos souvenirs pour que la Justice enfin éclose au grand jour.

Chagny,le caricaturise Algérois des années 1900,n'imaginait pas que le Pied-Noir retournerait ainsi  pieds-nus en France .

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Published by georges - dans souvenirs
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commentaires

Levy Georges 10/05/2008 05:41

Merci Danièle de votre commentaire ! Mais je n'ai pas votre e-mailpour mieux vous répondre .Oui ces tableaux sont pour nous un trésor du passé .

DanièLe 09/05/2008 19:33

Est-il possible que certain(e)s sortent de ce blog intact (e)s ? Personnellement, j'ai été parfois émue aux larmes mais  je me suis aussi surprise à sourire face à mon écran, j'ai écarquillé les yeux devant de sublimes tableaux et je me suis instruite au passage de textes inconnus de moi. Pour autant d'émotions et d'enrichissement, merci Georges.

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