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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 00:00
           

Scènes d'Algérie


Les artistes algériens du siècle dernier saisirent avec humour et précision la vie quotidienne du petit peuple laborieux. Les Assus,Chagny, Drak-Oub, Herzig, Tugot, Kleiss furent les perles d'un collier d'aquarelles qui nous enchantent maintenant, encore plus que jamais. Surtout nous, les anciens d'Algérie qui ont eu le privilège d'y vivre sous le drapeau français.
Ces dessins respectent toujours ces personnages, souvent pauvres, que nous avons connus surtout en voyageant à l'intérieur du pays.
En regardant avec attention ces tableaux, je suis émerveillé par la précision des détails, des couleurs et des mouvements,et je crois entendre les intonations des conversations, même si je n'en comprends pas le langage.
J'ai choisi cette grappe d'aquarelles de Roger Jariera qui a su saisir ces attitudes si vivantes pour les fixer pour l'éternité. Hélas, je n'ai rien trouvé de sa biographie, du moins sur Internet, et je suis loin de la Bibliothèque Nationale de France !.



                                                Illustrations de Roger Jariera
                                
                                             ( Éditées par Baconnier Frères à Alger )




Comme partout la fontaine est l'occasion en remplissant les pots de cuivre ou d'argile, de rencontres et bavardages  interminables entre voisines.

Algerie A la fontaine

Cette fillette veille toute imbue de sa responsabilité sur son petit frère et sa chevrette.


Algerie Aicha, son frere et la Chevre


Ces femmes de l'Aurès agitent leurs corps dans une danse sauvage qui fait cliqueter leurs colliers ornés de pièces de métal.


Algerie Aurassiennes

Le barbier avec dextérité laissera une touffe de cheveux
aux plus croyants pour que
le jour venu, puisse Mahomet  tirer le fidèle vers le Ciel.

Il faut avoir vraiment confiance en son barbier pour confier sa gorge au fil du rasoir !


Algerie Barbiers

Le mouton, la chèvre suffisent à faire vivre le fellah qui fait commerce de sa viande,
 de sa peau, de sa la laine, et de son lait. Voici le
boucher qui a installé son étal en plein air, et déjà la vieille femme ramasse sur le sol les déchets de l'abatage, comme ces tètes de mouton. ( Ce qui m'étonne d'ailleurs, car ces tètes aussi cuisinées font en général partie de l'étalage). On peut distinguer le mou (les poumons) suspendus au bâton.
Les mouches, trop petites pour l'aquarelle, sont absentes, quoique omni-présentes dans ce cas.
Etes-vous devenus subitement végétariens ?

Algerie Boucher en plein air


Qui ne se souvient avec compassion d'avoir croisé  ces femmes, pieds-nus sur les sentiers caillouteux, chargées de bois-mort, en plus du bébé retenu par le large foulard sur son dos.



Algerie en roue pour le Gourbi

La Laine du mouton est filée: le rouet est la main et le pied du fileur !

Algerie Fileurs


L'âne chargé de ses lourds paniers attend patiemment la fin de la discussion sans fin que provoque la pesée. Chacun jurant sur la tête de sa mère de son bon droit.


Algerie Marchandage

L'écrivain public avec son encrier sur le tapis a une fonction importante dans les relations entre le citoyen et l'administration et la "chicaya" dans la vie courante.

Algerie l'Ecrivain Publique
Je ne sais pas de quoi souffre ce patient, et surtout quelles sont ces choses plantées dans sa nuque ! Des sangues pour décongestionner ? Non, des pointes d'acupunctures ?
Non plus ! Et ce pot plein de sang ?
Un traitement de toutes les façons pas très
antiseptique
! J'ai encore dans ma mémoire le souvenir d'un drame au marché aux moutons de Maison-Carrée que mon Grand-Père me fit visiter un jour, proche de son moulin. Un homme en burnous s'écroula sur le sol, atteint d'une crise cardiaque, et son entourage demanda d'urgence un couteau pour le saigner à l'oreille, et ainsi soulager sa pression artérielle !


Algerie Medecine en plein air

Les Ouled-Nails étaient  des beautés qui enchantaient dans une rue réservée de Bou-Saada,( 200km d'Alger), les touristes plus que les sédentaires.
Elles dansaient au son aigre d'une flute, des tambourins,et du Oud (sorte de luth ), pour ensorceler les spectateurs.
Fortune faite (toute relative !), elles pouvaient s'acheter des parures en pièces d'or,et des vêtements brodés.et ainsi dotées cherchaient à se marier et se refaire une réputation, sinon une virginité.

Algerie Ouled-Nail

Le Couscous n'est pas seulement un plat traditionnel, mais aussi une cérémonie. La farine de blé dur est d'abord tamisée. Mélangée avec de l'eau, elle est pétrie à la main pour en faire des graines de pates qui sont cuites à la vapeur dans une double jatte en argile.


Algerie Le Couscous

Quand l'eau ne vient pas toute seule, il faut aller la chercher souvent loin. L'outre en peau de chèvre est un moyen commode et souple pour le transport. On devine la silhouette gonflée de la pauvre bête encore utile après sa mort violente.
La peau joue aussi le rôle de la gargoulette en argile pour garder la fraîcheur du liquide.
L'eau contenue dans l'outre humidifie en permanence sa paroi, et l'évaporation du liquide
la  maintient fraîche.


Algerie Les Porteurs d'Eau
AINSI SE TERMINE CETTE VISITE CHEZ LES PAYSANS ALGERIENS. TOUS OU PRESQUE PARLAIENT JUSQU'EN 1962 LE FRANCAIS. MAIS COMBIEN,  SURTOUT DES CITADINS DES GRANDES VILLES ET ISSUS DE METROPOLE, POUVAIENT-ILS ENGAGER UNE CONVERSATION EN ARABE ? LES ISRAELITES INSTALLES ,EUX, DEPUIS BIEN DES SIECLES DANS CE PAYS, PARLAIENT COURAMENT CETTE LANGUE JUSQU'A L'ASSIMILATION FRANCAISE TOTALE. AINSI MA GENERATION ET LA PRECEDENTE, ETUDIERENT PLUS TOT LA LANGUE DE "NOS ANCETRES LES GAULOIS" POUR FAIRE NOS HUMANITES ET AINSI LE FOSSE CULTUREL S'AGRANDIT.



Note :

La semoule en Algérie provenait de blé dur. Du blé frustre qui pousse plus facilement sur des terres peu arrosées naturellement. Les grains de blés triés et séparés des impuretés (grains de sable, de terre), sont humidifiés pour pouvoir séparer la graine elle-même de son enveloppe qui est le son. Les graines sont alors moulues  sous une meule de pierre, une nouvelle fois tamisées, et ainsi prêtes à fabriquer les grains de couscous. Placés dans une jatte en argile vernissé  au fond percés de multiples orifices, elle même recouvre une marmite d'eau bouillante. Une pièce de tissu nouée à la jonction des deux vases empêche la vapeur de fuir. La semoule gonfle sous l'action de la vapeur, est plusieurs fois égrenée à la main entre chaque cuisson jusqu'à obtenir la graine de couscous de taille voulue.

Je me souviens que ma mère continuait cette tradition une fois l'an, pour le dîner qui rompait le Jeune de Kipour. Et ce couscous  qui était préparé à partir de graine  de blé déjà moulu cuisait chaque année dans le même couscoussier d'argile enturbanné, sur le réchaud à gaz. Il n'était pas question pour moi d'aller folâtrer dans la cuisine déjà étroite et surchauffée et gêner cette préparation sans laquelle cette clôture  de Kipour aurait perdu de son charme, car pour moi c'était le soir où je me régalais d'une assiette de couscous d'un blanc éclatant arrosé de sucre en poudre brillant sous la lumière du lustre...Les autres convives préféraient le déguster avec les légumes et viande assaisonnés de sauce piquante...


 

 


Un superbe couscoussier berbère

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:15
                                        En descendant de ma Colline


L'hiver en Israel, surtout à Tel-Aviv, n'est pas un trimestre sérieux, à l'image d'ailleurs de la région (!). C'est un paradis pour le promeneur que je suis devenu, après des années englouties pour gagner le pain quotidien.
J'exagère un peu, disons plutôt la brioche, car je suis un favorisé qui a fait une carrière sans menace de compression de personnel ou de réaménagèrent de l'usine pour notre bien, (of course !). 

Lorsque le ciel est légèrement voilé de nuages cotonneux qui s'effilent, je peux faire de longues escapades dans la ville sans fatigue, alors que le long été, très humide transforme les rues en un bain de vapeur éprouvant.


Ainsi hier j'ai cherché, joignant l'utile à l'agréable, un horloger pour changer le bracelet de ma montre, donnant des signes certains de mise à la retraite.
Si l'âge d'un chien se compte par rapport à celle de son maître en le multipliant par sept, pour celle d'un bracelet-montre il faudrait le multiplier par soixante-dix !!. J'avais encore il y a quelques années la patience de le changer moi-même au risque de voir s'échapper ce diable de petit axe télescopique qui le retient, et de le chercher à quatre pattes sur le carrelage !


January 2010 033


Un achat pas si évident car je le cherchais en matière synthétique et non en peau de bête. Certainement suite au lavage de cerveau que mes enfants m'ont fait, comme des jeunes de la nouvelle vague verte.
Pas si agréable de porter au bras un cuir d'agneau bien doux qui ne peut plus bêler !. J'ai fini par trouver ce simple objet chez cet artisan qui toute sa vie... lutte contre la montre. J'ai pris ce cliché de l'extérieur de son magasin, n'ayant pas trouver assez d'espace vital pour y pénétrer. Un mètre courant aurait presque suffi à mesurer son contour.
J'ai bien sur demandé son autorisation, et dans son silence amusé, il devait
se demander à quel original il avait à faire ! Il y a quelques années, je n'aurai pas eu cette audace.
Mais ce mini-local m'a rappelé l'échoppe de notre cordonnier de la rue Drouet-D'Erlon, à Alger. D'ailleurs il est coiffé d'une Kippa  en coton perlé avec un motif dentelé qui est celui des sépharades originaires d'Afrique du Nord. En Israel, il est facile de deviner l'origine et même la tendance politique de son propriétaire, simplement à la vue de son couvre-chef, tricoté, de tissu lisse,ou de velours brodé,de coton perlé à dessin symétrique, blanc à filets d'argent pour un mariage ou noir macabre pour un enterrement, porté au sommet du crane ou de coté tenant à un cheveu pour les militants qui vont par monts et par vaux, descendant presque jusqu'aux oreilles pour les plus  mystiques, ou portée avec désinvolture en arrière pour les gros-bras, mais toutes attachées par une épingle à une boucle, "car la tête du croyant doit toujours être couverte pour  rappeler la présence de Dieu au dessus de lui ".
Alors les plus conservateurs, pour être surs de ne jamais transgresser les Écritures, portent en supplément, comme il y a des siècles en Europe Centrale, un large chapeau en feutre qui leur sert aussi à cacher leur visage à un éventuel photographe.

Et vous, Georges, que portez-vous ?
- Je porte sur mes épaules le poids des années d'accusations de déicide et cela  me suffit !

Mais malgré la large Kippa que porte aussi sa Sainteté, à Rome et dans ses déplacements, je n'arriverai jamais à deviner pour qui elle pencherait car elle est posée au centre exact de la tonsure. C'est sans doute la Kippa du Silence. Ce Silence qui fait tant de bruit ces jours-ci !...



Mais voici des T-Shirts, pas pour moi, mais pour le plaisir de photographier tous ces dessins jeunes et colorés !



January 2010 032

Non ce n'est pas une erreur de mathématique ! Deux T-shirts à manches longues pour 100 shekels, et deux autres modèles, mais à capuchon, pour 200 shekels .(Un euro est l'équivalent de 5 shekels environ).

J'avais à peine déclenché mon appareil, que passa devant-moi une silhouette étrangement bariolée .
Je n'ai pu la saisir que de dos. Par la même occasion ai évité d'éventuelles protestations du sujet ! En continuant mon chemin dans la même direction, je l'ai vu s'arrêter devant un étal de livres d'occasion et feuilleter un bouquin. Cela m'a tranquillisé sur son état !




January 2010 031


        Et sur le même  trottoir ai présenté mes respects à  un passant à quatre pattes, dont je n'ai pas très bien compris ses intentions. Dans ce cas il vaut mieux être poli et passer son chemin.




5769_0388.jpg



Cette bête bien repue, a certainement plus de chance que cette gentille chienne bouclée sur l'affiche collée à la vitrine: Les passants peuvent y lire son appel au secours :
"Je suis enceinte, et j'ai été jetée à la rue, et ne sais où aller.
Chaque Shekel m'aidera !
Merci beaucoup "!



January 2010 011




Mais Tel-Aviv est aussi chargée d'Histoire :


jacob_0378.jpg


A chaque coin de rue vous trouverez des plaques qui rappellent le sacrifice  de ces jeunes de la Hagana, la future Armée de Défense. Ici le 25 Mars 1946 un petit groupe de juifs engagea un combat de diversion contre les Anglais, pour les empêcher d'atteindre la plage où devait débarquer un navire sa charge d'immigrants.
Toutes les cotes au Nord étant activement surveillées, le Quartier Général décida de faire se rapprocher le bateau "S/S Wingate" le plus possible de la cote de Tel-Aviv, espérant que le débarquement serait plus facile avec l'aide de la population de la ville.
Mais dans l'accrochage Bracha Fuld fut tué et trois de ses compagnons blessés furent capturés par les Anglais. Ils étaient tous du kibboutz Givat-Haim.
La Royal Navy se saisit du bateau et des immigrants à portée de main de leur Patrie, quelques mois seulement après la Capitulation de l'Allemagne nazie et les renvoya dans des Camps soit à Chypre ou même à Hambourg.


Ci-dessous le timbre commémorant l'immigration clandestine de 1934 à 1948. Les vieux rafiots généralement de nuit s'échouaient sur la cote et les habitants des Kibboutzim voisins aidaient à les débarquer dans les vagues pour les cacher dans les villages pionniers.



Immigration-Clandestine.jpg


Je ne peux m'empêcher avant de terminer cette promenade d'évoquer les journées terribles de Haïti dévastée par un tremblement de terre. L'Etat d'Israel a envoyé sur le champ ses meilleurs docteurs, chirurgiens, réanimateurs et même gynécologues avec un hôpital de campagne, le premier déployé à Port au Prince, avec des équipes de secouristes, hélas très entraînés (à cause des attentats) dans le sauvetage d'habitants coincés dans les décombres, avec un matériel de détection ultra-moderne : ils ont réussi à sauver,hier même, après dix jours passés sous les ruines, un haïtien âgé de 22 ans !.

IDF :Israel Défense Corps à Haiti, après l'accouchement à l'hôpital israélien.
Un bébé naît, 200000 personnes sont mortes ou agonisent.


The first birth in the IDF field hospital, Haiti (Photo: IDF spokesperson)



Si je me permets de rappeler cette actualité au lecteur, ce n'est pas par orgueuil, encore que dans ce cas il soit justifiable, mais c'est parce qu'un ignoble individu a déclaré sur une vidéo de Youtube, que les israéliens avaient pour but essentiel dans ce sauvetage, de se saisir des organes de ces blessés !
Une accusation moyenâgeuse qui rappelle celle d'assassinats d'enfants chrétiens pour se servir de leur sang pour confectionner la Galette de Pâques !
Israel n'est lié en rien avec cet Etat, et n'a rien de commun avec sa civilisation, sa religion, son économie, ses traditions, et son Histoire. Seulement comme l'Etat Hébreu l'a déjà fait en Turquie, à Mexico, et partout où ses secours ont été acceptés, son but n'est évidement qu'humanitaire, comme se doit de le faire tout état du monde libre.
Mais cet exemple reste comme un épine en travers de la gorge de nos détracteurs.
Disons que les jumeaux nés avant-terme et encore dans les incubateurs
de cet hôpital, avec les milliers de sourires d'habitants sauvés d'une mort certaine , ne suffiront jamais à dissiper la propagande haineuse des ennemis d'Israel, occupés , même sur la scène internationale, à démoniser à chaque occasion le seul pays démocratique de cette région du monde.



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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 14:16


Mes Valises


VALISE 5


(I)

Cette valise, je l'ai sauvé d'un tas de chiffons qui attendaient sur le trottoir le passage des Services de la Voirie . En me promenant dans la ville par ces fraîches mais ensoleillées  matinées de Janvier, je n'ai pu m'empêcher de lui tendre ma main et de la prendre avec précaution par la poignée .
C'était une modeste mallette comme on en voit sur les scènes de théâtre . Mais pour moi, irrésistiblement une soeur de celles qui figurent sur les photos de déportés en marche vers les gares, et qui y avaient été bourrées en catastrophe des objets de première nécessité, rapidement inutiles puisque ces malheureux durent laisser ces baluchons sur les quais d'embarquement pour être entassés dans des wagons à bestiaux plombés. Une valise "à la Anna Frank" comme je suis sur l'auraient dit mes enfants en voyant cet objet, comme de bons Sabras* qui ont  l'humour noir facile pour masquer leur angoisse  devant cet inimaginable horreur que fut l'Holocauste.

Cette valise dont le propriétaire devenu israélien avait eu plus de chance était heureusement vide, car je n'aurai pas supporter d'y voir des effets d'un disparu .
Mais ce bagage fatigué, aux flancs cartonnés et aux coins renforcés portait une adresse parisienne peinte  grossièrement au pinceau. Elle avait du donc appartenir à un émigrant qui après la guerre avait choisi de partir en Israel pour essayer de se construire une vie nouvelle en espérant laisser derrière lui ses cauchemars. J'ouvris avec peine les serrures piquetées de rouille et y lu sur l'intérieur du couvercle la même adresse en lettres blanches "..Rue Oberkampf". C'est à Paris un quartier où nombre de juifs ashkénazes avaient trouvé refuge en fuyant d'abord les persécutions tsaristes et ensuite la montée du nazisme allemand. Ce quartier d'anciens fourreurs et artisans du textile a été vidé le 16 Juillet 1942 de la plus part de ses habitants juifs lors de la Rafle dite du "Vel-d'Hiv", avec le concours efficace et zélé de la police française .
Alors j'ai décidé de la poser sur un proche banc public pour la photographier: Peut-être le même banc où son possesseur aimait s'asseoir au soleil d'hiver et émietter du pain pour les pigeons .

Et puis au bas d'une murette, j'ai vu un graffiti comme il y en a tant.
 Il m'a fait sourire. Alors j'ai eu l'impudence pour exorciser les mauvais souvenirs de poser cette valise orpheline à coté de ce jeune dessin au pochoir comme il y en a tant qui fleurissent en ville. Le lecteur interprétera lui-même ce message mural, encore qu'il parlat tout seul au passant.


VALISE 8



(II)


La Valise ou le Cercueil ?. C'est l'immédiat association d'idée qui vient à l'esprit de mes compatriotes d'Algérie :

"
C'est  un livre de Paul Reboux intitulé Notre Afrique du Nord. Maroc. Algérie. Tunisie. Et sous-titré… "La valise ou le cercueil !" Un livre de 1960, 1961, 1962 ?  aucunement !.  
Un livre paru en 1946 aux éditions Chabassol
et où on peut lire : "Tandis que ronronne le moteur, je suis obsédé par une petite inscription que l’on a pu voir sur les murs de certaines villes d’Algérie : la valise… ou le cercueil !" Voilà les cordiaux conseils, voilà les aimables avertissements donnés par certains indigènes aux Européens, et lisibles sur les murs, tracés au goudron, charbonnés, peints à l’huile, ou même imprimés sur ces petits papillons de papier dont usent les propagandistes" .
(Cette présentation  limpide est du remarquable historien Maurice Faivre) .

                                           Réponse à la question !       

 

Impossible d'effacer de ma mémoire cet embarquement pour l'autre coté de la méditerranée . Ce n'était pas une croisière mais une fuite avant la date fatidique décrétée au Rocher-Noir par les traîtres. Je ne reparlerai pas des jours passés au soleil brûlant avec des milliers de familles, d'abord sans espoir aucun à l'aérodrome de Maison-Blanche à cause d'Air-France en grève et ensuite sur le port aux guichets des Messageries Maritimes dès que le permettait la levée du couvre-feu, ou la file d'attente rue Waisse pour retirer la somme maximale en liquide autorisée à sortir d'Algérie, car ce ne furent pas des circonstances très glorieuses pour abandonner pour toujours ma ville et ma jeunesse. J'avais pourtant en hâte un soir, rempli dans ma chambre une valise d'objets que je ne pouvais laisser derrière-moi à leur destin. Non, presque pas de vêtements encombrants et remplaçables. Mais quelques livres rapidement entassés qui m'avaient fait croire que j'étais un vrai fils de la France tant je m'étais imprégné de leurs lectures ,en particulier un petit aide-mémoire Bordas  à couverture rouge de littérature française que j'avais acquis à l'époque des Baccalauréats . Et puis aussi un livre de Grammaire qui avait appartenu à mon frère en classe de 4ième et qui à chaque page citait un extrait remarquable d'un auteur pour illustrer une tournure grammaticale. Et je choisi aussi de sauver un livre relié en plein cuir de Maurice Maeterlink,"L'oiseau Bleu" qui m'avait tant charmé par ses images où des objets familliers parlaient:

Un frère et une sœur, Tyltyl et Mytyl, pauvres enfants du bûcheron, regardent par la fenêtre le Noël des enfants riches lorsque la fée Bérylune leur demande d'aller chercher l'Oiseau bleu pour guérir sa petite fille qui est malade (elle voudrait être heureuse). À travers cette quête, aidés par la Lumière, Tyltyl et Mytyl vont retrouver leurs grands-parents morts, leur petit frère pas encore né et bien d'autres personnages encore. L'Oiseau bleu parle également de personnages ennemis ne facilitant pas la tâche des enfants, tels que la chatte, prête à tuer les enfants pour sauver sa vie (en effet, une fois que l'on a tourné le Diamant, animaux et éléments prennent vie), aidée de la Nuit, des arbres et d'autres encore.. . ( Wikipedia).


J'avoue que je n'avais pas du comprendre dans mon enfance tout le récit, car il est en fait dramatique. Toujours est-il qu'un docker aux yeux de fauve m'arracha ma valise de mes mains au bas de la passerelle pour me réclamer, plus précisant m'imposer, un pourboire faramineux auquel je n'avais pas intérêt à refuser si je voulais conserver mes derniers souvenirs. Cette solide valise en fibre me servit de siège toute la traversée sous la pluie et les embruns, car l'accès aux cabines était barré par une odeur épouvantable de vomi qui montait de la cale, le navire n'étant pas nettoyé entre ses allers et retour dans une mer démontée. Certainement qu'on pensait en haut et bas lieux que cette encombrante  marchandise embarquée ne valait pas cet effort.

                                           (III)

Mais je n'ai pas que des souvenirs tristes de ces valises. Un été d'après la tourmente, chacun enfin ayant trouvé un digne emploi, et mes parents m'ayant  rejoint à Paris, (après que l'atelier d'Hussein-Dey de mon père fut confisqué et déclaré "Bien Vacant" par une soudaine affiche collée sur le portail !!), nous décidâmes de prendre des vacances. La 4cv 170-GR9A rapatriée elle-aussi ayant suivie l'intendance, nous emmena vaillement tous les quatre de Paris à Font-Romeu sans escale, pour nous rapprocher du soleil .
Michel au volant, papa à coté, moi et maman sur la banquette arrière ,et deux valises ligotées sur le porte-bagages. J'allais oublier: le coffre avant étroit était bourré entre la roue secours, les outils et le cric, de livres techniques dont mon frère avaient besoin dans ses études. Maman appelait ainsi ce transport familial, "La Roulotte", car nous étions à la fois aussi errants et solidaires que des gitans qui se déplacent avec leur maison.
Ces courtes vacances se déroulaient dans cette région de rêve où la flore est vierge, et poussent loin des hommes* les plantes les plus embaumées et rares que les Pyrénées Orientales aient jamais portées dans ses hautes vallées. Papa ne se déplaçait qu'avec précaution pour ne pas blesser les fleurs, courbé sur ces prairies sauvages, avec un livret illustré de naturaliste pour identifier ces merveilles butinées par des papillons et insectes aussi nombreux que multicolores, soûlés du suc de leurs butins.  
Mais moi je décidais d'abréger brusquement mes vacances et de rentrer par train à Paris, une camarade israélienne m'ayant signalé son passage. (Oui, comme dans les contes, "ils se marièrent et eurent beaucoup
d'enfants" !). Mais cette remarque est une anticipation !
 Si mon père aimait collectionner et classer les fleurs dans son herbier, moi je ramassais des pierres roulées et polies dans les torrents, des silex et des éclats de bombe volcanique, bref tout ce qui me paraissait précieusement veiné ou paré de quartz scintillant. Même un lourd morceau de ce granit bleu incrusté de grains noirs dont sont bâties là-bas en pierre de taille les maisons pour l'éternité.. J'en avais trié quelques exemplaires pour les emporter dans ce bagage vétéran , qui avait traversé la mer avec succès. Monté dans le train, je hissais avec peine mon trésor pour le glisser sur le filet haut perché. Quelques minutes avant le départ deux Douaniers ouvrirent  bruyamment la porte à glissière du compartiment et avec un air de Dupont et Dupont me demandèrent d'ouvrir la valise d'apparence innocente. Poliment ils m'aidèrent à la descendre,un peu surpris de son poids, ils savouraient certainement une bonne prise car la contrebande était florissante comme dans toute région fron
talière.
J'eus du mal à me contenir de rire en constatant leur désappointement: point de cannabis, point d'herbes interdites, même pas un alcool ou un parfum, ou encore un manteau en cuir achetés à Andorre, que de la pierraille et un sac de linge pour la machine à laver... Ces Douaniers m'aidèrent même à remettre la valise dans son logement. Mais ils n'avaient pas découvert que j'avais quand même passé en contrebande un flacon bien bouché et rempli de l'air pur de ces montagnes là où la frontière avec l'Espagne est virtuelle.

                                                 
(IV)

J'ai donné cette relique à ma fille. Je pensais qu'avec son talent de décoratrice elle aurait voulu la couvrir de fleu
rs, ou même la vaporiser avec de la poudre dorée, ou autre laque, ou la parer de zébrures multicolores. Mais non, elle s'est contentée de la brosser, et de la poser innocemment à une encoignure juste à sa taille, tout  près de la porte de sortie.
 

J'en fus déçu, car cela signifiait pour moi un mauvais présage, que notre transhumance n'était pas terminée. Il n'y a pas si longtemps, lorsque Sadam Hussein bombardait Israel avec ses fusées "Scud", nous avions disposé près de la porte une valise qui renfermait les papiers
de famille, des médicaments et trousse d'urgence, pour être prêts à courir à l'abri, avec les enfants réveillés en sursaut par la stridente sirène d'alerte, munis chacun du masque à gaz posé de travers qui à lui seul nous étouffait.
Mais comme je ne voulais rien oublier de ces évènements, avant de sortir en vitesse de la maison, j'allumais le magnétoscope à cassette pour enregistrer les informations ininterrompues de la Télévision, car ses journalistes intrépides étaient perchés au sommet du plus grand immeuble pour filmer en temps réel les chutes des fusées brillantes dans la nuit ! Avec une rentrée dans l'atmosphère de vingt mille km/h, l'ogive surchauffée par sa friction avec l'air est semblable à une comète et sa traîne de feu. Un beau feu d'artifice dans le ciel avec aussi les fusées "Patriotes" tirées du sol pour essayer d'intercepter en vol les "Scuds" irakiens. Depuis Janvier1991 je n'ai jamais regardé ces enregistrements sinistres et les cassettes attendront comme moi des jours meilleurs .


               Ce graffiti au pochoir date de la Guerre du Golfe . Un poulbot de Tel-Aviv
        
                              joue au Yo-Yo équipé de son masque à gaz.
                                           Notre sort serait-il suspendu à un fil ?



5769 0097



Maintenant qu'Aminedjad continue la tradition de nos voisins de vouloir nous exterminer, mais avec cette fois  des fusées bien plus puissantes et précises, je ne serai plus là pour veiller sur mes enfants car depuis ils se sont envolés du nid pour se disperser dans la ville.
    
  J
e hais les valises !
Car elles sont le symbole de l'instabilité .

Notes:

Font-Romeu : Ce paradis s'est vu, dit-on, attaqué par des constructions sauvages et des déboisements sans pitié.

Sabré : ce nom en hébreu de la Figue de Barbarie est le surnom des jeunes nés en Israel qui sont comme le fruit "piquants au dehors et doux à l'intérieur":

Trousse d'urgence : en cas d'attaque au gaz tant redouté,(Sarin, ou autre saloperie), il faut immédiatement se planter dans la cuisse  une seringue à ressort : son "atropine" est censée  de ralentir la paralysie des nerfs due au gaz. Seulement ce produit dessèche très rapidement la victime et il faut alors avoir à portée de la main un jerrican d'eau douce (20 litres!)...

Yo-Yo :
"Le yo-yo est considéré comme le jouet le plus ancien du monde après la toupie. Son origine est inconnue mais il semblerait que cet objet provienne de la Chine ou des Philippines où il était utilisé comme une arme. Son nom actuel vient du tagalog (une langue des Philippines). Il était connu en Grece il y a plus de deux mille ans".(Wiki)


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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 15:18

En cherchant précédemment une illustration de la Campagne algéroise, (lors d'un billet précèdent) j'ai tardivement découvert ce peintre français Edgar Stoebel, qui lui-même natif d'Algérie, s'est enthousiasmé pour la musique de Jazz au contact des libérateurs américains en 1942, lorsqu'il s'engagea au 7ème R.T.A., et fit la Campagne d'Italie aux cotés des alliés.
Cette fréquentation alla révolutionner sa peinture.  Le tableau ci-dessous est l'interprétation de son style original de dessinateur où  mouvement et  musique ne font qu'un .

Stoebel Edgar "Piano-Jazz"



Edgar Stoebel, (1909-2001), né à Frenda près d'Oran est le pseudonyme de René Teboul Ichoua. Teboul est un patronyme algérien répandu qui signifie "Joueur de Tambour": un nom prédestiné pour Ichoua qui jongla  avec les lignes et les couleurs  avec  la bénédiction du soleil algérien. Il fut élevé dans une tradition judaïque que reflète ce tableau, comme un instantané transparent d'un Mariage Juif sous le Dais traditionnel .


            Stoebel Edgar " Le Mariage Juif"               





Deux Fillettes
Aux multiples fleurettes

Stoebel Deux Fillettes



Toujours dans son oeuvre figurative, un typique Paysage Breton
au ciel chargé
  Stoebel Paysage Breton
Et un "Rivage Breton" dont les traits saillants et dépouillés rappellent la rudesse du pays d'Ouessant .

Stoebel Rivage Breton

  Le "Tire Bouchon" :
Les teintes plates et les traits droits nous font penser à Utrillo.


stoebel01 Le Tire-Bouchon



Dans un style tout différent , il  exprime le meilleur de lui-meme dans ce dessin, cher à son invention de la Figurasynthèse.


 Encre de Chine

Stoebel Figurasynthese Encre de Chine



Colombe, Chandelier à Sept Branches et Religieux à papillotes
des motifs de son éducation algérienne.



Et une danse étourdissante avec cette  "Femme sur fond rouge"




                                    
En ce qui concerne ces oeuvres, la cote de ses tableaux ne cesse de s'élever, Ichoua Teboul étant enfin très apprécié des connaisseurs .


Cet artiste aux multiples talents qui évolua dans la Bohème Parisienne  comme un poisson dans l'eau, buvait la vie à grandes lampées .
Ichoua Teboul fréquenta, tout en continuant à peindre, un cabaret près de l'Olympia où il chantait ses propres textes . Il édita à frais d'auteur quelques disques 78 tours :

"Elle a une jolie robe
Il y a quelque chose de dessous
C'est sûrement quelque chose
Qui peut vous rendre fou
Mais entre nous c'est clair
Les affaires en dessous
Sont faites pour nous plaire
Réussir à tout coup "..



Et une autre chanson  "Paulo", intitulée les mat'
las, trop osée pour paraitre en clair:

http://www.bide-et-musique.com/song/10072.html



Le lecteur trouvera un grand intérêt à lire plus de détails de la biographie
d' Edgar Stoebel dans ces liens dont j'ai extrait mes informations , et aussi à visiter ses oeuvres, si vous êtes de passage  à Paris:

http://www.museedumontparnasse.net/DP_stoebel.pdf

http://www.gerard-hadjer.com/photosStoebel.php


http://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Stoebel



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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 11:09








friends-12
Je remercie l'internaute  qui m'a envoyé cette photo


Chers amies et amis,

Ces deux camarades, si différents que nous pouvons l'être aussi parfois l'un de l'autre  me permettent de croire que quand même le genre humain finira  un jour à se mettre en paix avec lui-même, au moins pour le bien de notre descendance , avant qu'il ne soit trop tard . Cette année encore nous avons eu le plaisir d'échanger des messages, les vôtres toujours instructifs, qui ont raccourci les distances qui nous séparent, avec en fond de teint, les souvenirs colorés de l'Algérie d'alors. J'espère que nous resterons longtemps ainsi à pouvoir échanger nos idées, avec des messages humoristiques ou sérieux , tant que nous le permettra la santé et les circonstances indépendantes de notre volonté . Chacun et chacune de nous a atterri plus ou moins en douceur il y a cinquante ans, sur la drop-zone choisie pour recommencer sa vie, mais nous avons en commun le privilège de savoir que l'identité Nationale, mot si à la mode, n'est pas seulement un tampon sur une carte, mais un tout indestructible et précieux que nous ont enseigné nos parents dès notre plus jeune âge ainsi que  nos dévoués instituteurs d'Algérie.  Si pour vous en métropole l'avenir n'est chargé que (!!) des nuages gris de la récession et que vous souffrez des fois du choc de ceux qui non seulement refusent de s'intégrer mais veulent vous mettre au pas, pour moi la situation est bien plus claire. J'ai choisi de vivre en Israel, car dès 1967 j'avais prévu que l'antisémitisme en France reprendrait son effroyable visage d'avant guerre, et c'est un fait qui n'est presque jamais raconté dans la grande presse, que nombreuses sont les violences dont souffrent les enfants juifs à l'école, sur le chemin de l'école, et aussi les adultes attaqués au hasard des traits de leurs visages .
 Il y a un courageux bureau parisien qui enregistrent leurs plaintes et les transmet aux Commissariats de Police, mais la Justice est étrangement lente.
La propagande palestinienne a réussi à noyauter une bonne partie de la presse mais aussi déjà en 1962 , bien avant la Guerre des Six Jours déclenchée par Nasser (qui contrôlait alors la bande de Gaza et y entretenait la  haine et la pauvreté !!), je voyais les bureaux de leur propagande raciste installés au coeur des Universités dont les murs et les tours étaient barbouillés de leurs slogans nazis qui jusqu'alors tapissaient les urinoirs ou les coins sombres du métro.
Jour après jour ils ont enfoncé le clou dans le cerveau des citoyens français pour en arriver à transformer les innocentes victimes juives en assassins, et les terroristes islamiques en résistants.  Ils sont aussi été encouragés dans leurs mensonges historiques par de hauts dignitaires négationistes (comme Mgr Williamson et ses amis) qui après une brève ex-communion, viennent officiellement de rentrer dans le sein de l'Eglise.

NaziPriestsSaluteHitler
      L'Eglise et "Heil Hitler". A droite, le sinistre Goebels Ministre de la propagande nazie .


Près de 65 années après l'ouverture des Camps où six millions de Juifs ont péri de faim, de froid, de coups,par balles, gazés, brûlés, disséqués ou enterrés vivants,  le cauchemar recommence avec la proche canonisation du Pape Pie-XII, au service actif du Führer,avant la guerre en signant le Concordat avec l'Allemagne d'Hitler, pendant la guerre en bénissant les troupes nazies et leurs exactions et après la guerre en fournissant des passeports de complaisance aux criminels pour les sauver des mains de la Justice.
Une grande joie pour les négationnistes qui après 65 ans de sape rebaptisent  l'Histoire et souillent le souvenir de l'Holocauste. C'est à désespérer des hommes .

L'extrême droite et l'extrême gauche, qui se ressemble s'assemble, ont donc un dénominateur commun  avec Aminhedjad le dictateur de Téhéran, qui chaque jour vomit en arabe et en anglais sa volonté de détruire physiquement l'Etat d'Israel. Ses centrifugeuses d'enrichissement de plutonium tournent sur terre et sous terre et l'Iran nargue les Grandes Puissances, qui je finis par le croire, font semblant de s'opposer au rêve qui n'en est plus un, de la réalisation d'une arme nucléaire iranienne . Je crains qu'en cette année 2010 Israel se retrouve seule  devant cette menace qui changera par son chantage la face du Moyen-Orient. Israel affaiblie, ce sera comme une onde de choc jusqu'aux plus profond des campagnes.
En cette veille des Fêtes de Noël* et de l'année Grégorienne, je vous souhaite une excellente santé et vous adresse mes voeux les meilleurs pour vous et votre entourage .

Bartolomeo Veneto  : La Circoncision de Jésus


Musée du Louvre (1506)

BARTOLOMEO VENETO La Circoncision. de Jesus
* Vous n'oublierez pas que le nom original de Jésus est Ichoua et que le 1er Janvier, huit jours après sa naissance, il fut circoncis comme tout bon petit Juif .

N.B : Hier, celui qui fut le très jeune Capitaine de l'Exodus et le symbole de la lutte de juifs rescapés pour forcer l'embargo britannique , vient de mourir à son Kibboutz . Ce sont des hommes comme lui au coeur d'or et à la volonté d'acier qui me permettent d'espérer en l'avenir d'Israel , après 65 ans encore ballotté par les flots.
Et puis à l'instant je viens d'entendre à la radio qu'un innocent automobiliste israélien vient d'être assassiné par balles par de lâches terroristes. Il laisse une veuve et sept orphelins. C'est ainsi l'interprétation des Fêtes par les palestiniens .
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 18:51
Pièces Algérie Francaise
Déjà presque la mi-Décembre et enfin le ciel se couvre de son manteau gris et l'air froid pique les narines. Il est temps de sortir les vêtements d'hiver. J'ai des manteaux de pluie et des blousons de toutes sortes, rangés comme pour une revue mais depuis quelque temps je préfère une espèce de veste très légère et imperméable avec capuchon, de couleur bleu foncé mais pas même fourrée.
 Elle appartenait à mon père qui la portait souvent à Paris, et de son armoire, j'avais choisi de conserver ce souvenir vestimentaire qui me rappelle de loin sa silhouette quand de la fenêtre je le voyais sortir le matin. Il préférait aller à pieds à son Labo des Ponts et Chaussées où il traduisait des ouvrages d'ingénierie russe en français et anglais.
 La couleur est maintenant un peu passée et avec des reflets moirés dus aux frottements du tissu. Les coutures chaque fois sont refaites  artistement à la jonction des manches lustrées qui s'usent le plus vite, mais la fermeture-éclair coulisse encore bien. Somme toute, je suis avec lui encore présentable, et avec mes cheveux blanchis j'ai moi-même l'air de papa d'il y a quelques dizaines d'années, sans hélas sa patiente bonté, sa culture universelle et son intelligence hors-pair .
Quand je mets mes mains dans les poches j'ai toujours la surprise de tâter une trouvaille car la doublure intérieure  n'a pas résisté au pointu du trousseau de clefs* et ainsi se baladent prises au piège des boules de papier-mâché qui furent des tickets avant leur passage dans la machine à laver, des piécettes brillantes et même des bonbons à la menthe dans leur cellophane. Non ne  vous trompez pas, je n'ai pas l'air d'un clochard, le tissu tombe sans pli et de loin a même un petit air sportif. A propos de surprises, quand j'étais très jeune je jouais à cacher mes billes sous le coussin du fauteuil de la chambre de mes parents et après m'étonnais toujours d'en retrouver de bien plus grosses en agate aux riches  couleurs que subrepticement glissait mon père pour m'émerveiller.
Mes vestes neuves, chaudes et rembourrées pourront attendre encore un peu, puisque ainsi je peut rester près de mon père et sentir sa chaleur et même des fois lui poser des questions en imaginant ses réponses. J'ai de la chance car il ne se servit pas de canne, c'est toujours un objet trop triste à regarder. Je me souviens des vers qu'il aimait tant déclamer du "Bateau Ivre" en allongeant le pas, pour faire oublier la longueur du chemin :

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais......

(Arthur Rimabaud "Le Bateau Ivre") .

Mais combien de temps encore pourrais-je me réfugier dans ce vêtement, et j'appréhende le jour où il deviendra trop fragile pour même tenir sur un cintre. Il est irremplaçable comme un père pour sa famille. J'oserai même dire qu'il me serait préférable de disparaître avant qu'il ne séparât de moi, tant j'en serai chagriné. Mais ne serait-ce pas pousser trop loin l'idolâtrie des objets ?, chose défendue dans le Judaïsme.
Je ne pourrais même pas laisser à mes enfants ces milliers de livres qui tapissaient sa bibliothèque à Alger. Avec l'arabisation de l'Algérie en 1962 tous ces livres choisis avec soin en fin de semaine aux Éditions de l'Empire et lus avec amour ont sans doute disparu dans la poubelle de l'Histoire .
Maintenant je dois quelques fois chercher mes mots, ce qui pour moi est le plus humiliant, et je me sens glisser comme sur une corde noeuds pour me raccrocher à des expressions qui traduiraient précisément mes pensées. Les Fleuves de mots ne me laissent plus descendre où je voudrai et moi aussi je ne suis plus guidé par ces haleurs de la langue française, je butte dans mes phrases et j'en accuse des assassins d'il y a cinquante ans qui choisirent comme premières victimes ce couple d'instituteurs, les Monerot venus apporter les Lumières de la France laïque dans un douar isolé dans une montagne de Kabylie .

*Note explicative tragi-comique:

"Tocca Ferro" ou "Touche du Fer" !

  Que le lecteur me pardonne, mais en fait peut-être que la doublure de la poche était trouée à force d'y agiter les clefs en croisant sur le trottoir une soutane innocente, tout en prononçant dans un fou-rire un silencieux "Tocca Ferro" pour éloigner le mauvais sort, comme nous en avions l'habitude !.
Il est vrai que nous n'avions pas oublié les Rois Fernand et Isabelle qui avec l'aide des  successifs Torquemada  torturèrent les Juifs pour essayer de les convertir, et les chassèrent de leur patrie espagnole. Le Roi du Portugal en fit autant. Même les "Maranes" qui se plièrent à ce dictât religieux et renièrent par force leur judaïsme ne trouvèrent pas le repos .
Ainsi ce fut en 1492, après le Décret de l'Alhambra, que l'expulsion en catastrophe  conduit une partie des 200.000 juifs espagnols en Afrique du Nord .
En 1541 Charles Quint fort de son succès sanglant à Tunis où il mit à mort
nombre de Juifs, essaya avec une importante flotte de conquérir Alger. Mais une forte tempête drossa ses navires sur la cote. La Communauté juive d'Alger angoissée et qui se souvenait des récentes persécutions subies en Espagne, écrivit une action de Grâce ("Piyout" en hébreu), pour remercier Dieu de les avoir sauver de la soldatesque de Charles Quint. La synagogue au nom du Rabbin d'Abentoua dans la Casbah, (et depuis très longtemps détruite ), avait sa chaire construite dans le bois d'une membrure d'une galiote espagnole éventrée sur les rochers.


Alhambradecret

Décret d'Alhambra :
..."Nous avons décidé d'ordonner à tous les juifs, hommes et femmes, de quitter nos royaumes et de ne jamais y retourner. A l'exception de ceux qui accepteront d'être baptisés, tous les autres devront quitter nos territoires à la date du 31 juillet 1492 et ne plus rentrer sous peine de mort et de confiscation de leurs biens ..."

Sachez que le Décret de l'Alhambra est resté officiellement en vigueur jusqu'en l'an 1967 (mille neuf cent soixante sept !!) et fut abrogé alors par le Ministre du Tourisme espagnol .


Mais dans ma jeunesse, lorsque les "Cornettes" sonnaient régulièrement à la porte de notre appartement pour demander la charité, (comme le faisait aussi souvent l'Armée du Salut), c'était moi qui courait leur donner l'obole, prise d'une coupelle de pièces réservées à cet effet par maman  dans un coin de la cuisine.

Cornette
Je me souviens d'elles, de leur bon sourire, quêtant silencieusement deux par deux, vêtues de leur ample robe bleue et de la large cornette blanche amidonnée .
De loin, on pouvait croire à des voiles gonflées glissant sur la Méditerranée .


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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 19:17
Poisson Chinois


Ce matin de début Novembre, mes poissons rouges ne m'accueillirent pas comme de coutume par des cabrioles aquatiques et en écrasant leurs lèvres  vermillons contre la vitre de l'aquarium. Ils faisaient la planche, endormis la bouche ouverte, insensibles à ma présence et au bruit de la boite à grains que j'agitais comme une carioca pour leur souhaiter un bon matin . 
Tout simplement ils étaient morts, bercés dans un nid de bulles qui montaient du fond de leur paysage sous-marin. Je ne pouvais quand même pas leur faire du bouche à bouche pour essayer de les réanimer.
J'ai pensé à une nourriture empoisonnée, mais ces granules ne sont pas fabriquées en Russie.
Peut-être étaient-ils morts de rire en écoutant à la proche TV le rapport Goldstone*. Peut-être étaient-ils morts d'inquiétude en lisant la manchette du Journal que je pose chaque soir pour les abriter de la lumière du lustre et les inviter ainsi à dormir. (En gros titre," Le Hamas a expérimenté à Gaza une fusée fabriquée en Iran pouvant atteindre le coeur de Tel-Aviv").
Et tous les Cyprins n'ont pas le coeur  aussi solide que les Tel-Aviviens.
Car hier justement, je pense avoir trouve la solution de cet énigme médical. A onze heure du matin, il y a eu un essais des sirènes d'alerte dans tous les quartiers et je n'avais pas pensé à prévenir mes amis. Cette musique ondulante qui descend des hauteurs sur la ville et qui me pétrifie, l'eau l'a transmise pendant deux minutes et a du les saisir d'effroi, ces habitants habitués au calme des abîmes et aux caresses oxygénées.
Seul, le petit poisson noir et laid, dont le rôle est de nettoyer les parois des détritus microscopiques qui engendrent la mousse verdâtre, continuait consciencieusement son travail de balayeur. Tout concentré dans sa tache il n'avait rien entendu. Mais ces Princes à la traîne mordorée ont bien choisi leur date de décès, car le mois de Novembre est riche en évènements historiques.

Le Premier est la date de l'insurrection des Algériens en 1954, avec sur une route de l'intérieur de la Kabylie, l'assassinat des occupants d'un car. Guy Monnerot et sa femme étaient deux Instituteurs dont l'idéal était d'aller enseigner le savoir français dans un petit hameau algérien. Guy fut la première victime égorgée par le F.L.N. L'institutrice fut laissée pour morte sur la route. Un des passagers, le Caïd Hadj Sadok* qui voulut les protéger fut lui aussi assassiné .

Le 4 Novembre 1995 Ytzak Rabbin, Premier Ministre, l'artisan de la victorieuse Guerre des Six Jours de 1967, tombait sous les balles d'un juif fanatique, un Ravaillac israélien. En fait il ne tua pas la Paix, car pour la vouloir il faut être deux et Yasser Arafat avait tout fait pour la torpiller en planifiant les assassinats au coeur du pays hébreu. Les carcasses d'autobus fumantes presque quotidiennes avec leurs passagers mutilés furent une de ses sinistres interprétations de sa Paix .

Le Huit Novembre 1942, les alliés débarquaient en Afrique du Nord Française . Un groupe de résistants juifs dont le Chef était José Aboulker, paralysa les centres névralgiques d'Alger pour des heures précieuses à l'avancée americaine .
Ils sauvèrent ainsi par ricochet la déportation des Juifs recensés déjà dans les Commissariats de quartiers, dont moi âgé de trois ans. Les étoiles jaunes étaient déjà commandées. Mais étrangement ce n'est qu'un an après que les Lois d'exception de Vichy furent abrogées  que les prisonniers enfermés dans les Camps du Sud-algérien furent libérés et que nous retrouvâmes notre nationalité française !

Le 11 Novembre 1918 célèbre l'armistice entre la France et Allemagne. L'Alsace et la Lorraine imbibées du sang des combattants allaient fournir d'excellentes cuvées. Quelle horreur quand je pense à ces millésimes ! Les régiment de Zouaves constitués de "pieds-noirs" dont mon Grand-Père allèrent abreuver de leur sang les sillons de la France. Cinquante après leurs enfants étaient chassés d'Algérie par un référendum métropolitain ! L'Histoire jugera .

Le 22 Novembre, c'est l'anniversaire de maman. J'aime à la revoir jeune sur les photos qui lentement jaunissent. Je souris à la mode d'alors qui l'habillait après la guerre. Je l'entends encore aller de son pas rapide et décidé en frappant le sol de ses talons hauts et moi je redoublais mes enjambées tant j'avais de la peine à la suivre dans ses courses.

Novembre en Israel est le mois le plus agréable à vivre du point de vu climatique. L'air est frais mais le soleil dore encore la Nature. Le paysage
a été lavé par la première pluie timide, du nom qui sonne joliment aux oreilles israéliennes: la "Yorée". Mais espérons que le ciel sera plus généreux en précipitations que les années précédentes déficitaires .


* Un torchon recommandé par l'ONU pour accuser Israel de s'être défendu pour mettre un terme à 8 ans de bombardements de jours et nuits de ses civils par des milliers de fusées tirées  de Gaza. En plus la propagande palestinienne accuse les soldats israéliens de tuer des arabes pour s'en servir pour faire des transplantations...  Quand on sait que les enfants cancéreux de Gaza sont traités dans les plus modernes hôpitaux d'Israel de même que leurs déformations cardiaques opérées gratuitement, avec les familles à leurs chevets, je rage d'impuissance en lisant ces accusations moyenâgeuses .

*Reçoit l'appellation de Hadj le musulman qui a fait le saint pèlerinage de la Mecque .

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 15:30


 


"Marcher vers la sainteté", tel est un article en anglais écrit par Admiel Kosman dans le journal israélien "Haaretz". dont j'ai traduit (mal) quelques passages .

De 1881 à 1888, deux ans avant son suicide, Vincent van Gogh a peint huit représentations de vieilles chaussures.




"L'une d'entre elles, exposée au musée Van Gogh à Amsterdam, est par la suite devenue l'entretien de salon post-moderne. La clef de voûte de cette discussion complexe, a été fournie par le philosophe allemand Martin Heidegger, qui a visité le musée en 1930. Heidegger a employé la peinture pour démontrer sa thèse au sujet de l'essence de l'art. Selon lui l'art a un rôle qui est antithétique à celui de la technologie, qui elle ,asservit l'homme dans une course pour commander le monde.




L'art, en revanche, permet à l'homme de saisir pendant un instant sa signification d'être ici dans ce monde. Il lui permet de voir d'autres choses que que les objets prévoyaient pour leurs usages.  Ces chaussures, Heidegger pour quelque raison a décidé qu'elles appartiennent à une femme du monde rural. Dans « le poids raboteux » de ces chaussures, il voit la ténacité d'un femme innocente marchant dans la campagne.
Le psychopathologist renommé Kurt Goldstein,d'Amsterdam, s'est réfugié aux Etats-Unis deux ans avant que Heidegger ait donné une série de conférences qui ont été éditées en 1935-36 comme « Origine de l'oeuvre d'art, » et qui incluent la discussion au sujet de la peinture de Van Gogh. À l'Université de Columbia Goldstein a porté les mots de Heidegger à la connaissance de l'historien d'art Meyer Schapiro. Schapiro les a considéré et a contesté Heidegger en décidant que les chaussures n'ont appartenu ni à une femme ni à un paysan ; en revanche, elles étaient les propres chaussures de Van Gogh. Preuve d'une certaine date de la peinture en 1886, quand l'artiste résidait avec son frère Théo à Paris. Ainsi Schapiro rejette la description campagnarde de Heidegger. L'argument de Schapiro se repose en partie sur une description occasionnelle des chaussures de Van Gogh qui apparaît dans les mémoires de Paul Gauguin. Par ces chaussures le disciple en voit la vie misérable de Van Gogh .



Schapiro ainsi que Jacques Derrida ont donné  une conférence commune  1977, explorant la « vérité » de l'acte artistique. Derrida abordera plus tard le sujet longuement dans son livre « la vérité dans la peinture, » dans ce qu'il a présenté, entre autres, à une série de questions soulevées par le conflit de Schapiro-Heidegger. Dans ce cas-ci, dit Derrida, ils prêtent à la peinture de multiples intentions, alors qu'il remarque, dans un aparté,qu'il existe des choses plus pressantes  en arrière-plan, telles que les nombreuses paires de chaussures perdues se situant quelque part dans un amas. Derrida pour un instant dénonce la frivolité de la discussion de Heidegger, qui s'engage dans un entretien à vide tandis qu'un peu plus tard s'empileront  les chaussures des victimes de l'Holocauste (1) .En février 1943, par exemple, Himmler a reçu un rapport de 22.000 chaussures d'enfants entassées à Birkenau).




Une autre voix qui plus tard a joint la discussion était celle du critique littéraire Fredric Jameson, de Duke University, qui, écrivant d'une perspective marxiste, a souligné la misère qui pleure  des chaussures des pauvres. Avec lui, les chaussures représentent « le monde humain rudimentaire de totalité du travail dur rural épuisant, un monde réduit à son état plus brutal et plus menacé, primitif et marginalisé, » comme il a écrit dans le « Postmodernism, ou à la logique culturelle du défunt capitalisme »). Jameson parle plus généralement des peintures rurales de Van Gogh, voyant même les arbres dans les campagnes, avec leur richesse de couleur, en tant que « bâtons épuisés sortant du sol pauvre. »

Dans l'esprit de ces mots, et pas en contradiction avec eux, on pourrait offrir une autre perspective. Il est bien connu que Van Gogh a été un homme profondément religieux.  En 1877 il a étudié la théologie à Amsterdam, et bien qu'il n'ait pas accompli sa formation, il a commencé un an après à travailler en tant que missionnaire dans la région belge de charbonnage de Borinage. Là, aussi, il a clairement senti une identification profonde avec la pauvreté des mineurs locaux.
Par conséquent, le motif des chaussures devrait être compris en tant qu'expression non seulement de l'obscurité, comme les disciples du travail de Van Gogh ont réclamé ; c'est également une expression religieuse optimiste, une déclaration que ces régions pauvres sont exactement d'où le salut et la révélation viendront (et de ce que, peut-être, explique également le mystère de la couleur riche). Ces chaussures reflètent la grande pauvreté et une vie difficile, mais à la différence de Jameson, je crois que Van Gogh ne proteste pas contre le « capital » ici. Van Gogh va avec ses  chaussures beaucoup plus loin que cela, et il écrit, dans la langue de la peinture, comme la Bible Hébraïque, où il est dit à Moise devant le Buisson Ardent : « Retire  les sandales de tes pieds, car l'endroit sur lequel tu te tiens est la Terre Sainte » (exode 3 : 5)..."

Pour moi, qui eut la chance d'être le temps d'un été un humble volontaire dans un kibboutz, des godasses  sont le souvenir heureux de mes journées de labeur dans les vergers. A mon tour, je réalisais le rêve judaïque du retour à la terre, de cette terre qu'il nous fut partout interdit de posséder et qui reléguait ainsi mes ancêtres au sort de Juifs Errants. Je me revois revenant avec mes compagnons à l'heure du déjeuner. A l'entrée de la salle commune, je décrottais mes souliers de la terre rouge sous le filet d'eau, tout fier d'imiter ces kibboutzniks, hirsutes et tannés par le soleil, et allais m'asseoir en traînant mes pieds comme un vétéran, vers la première place libre .La nourriture frugale de mon plateau jamais ne m'apparut aussi délicieuse....

 (1) Il est connu que dans bien des coutumes et par signe de respect, les chaussures sont laissées devant les portes. C'est ainsi une obligation dans la religion musulmane . Et même actuellement chez les rares Juifs Karaites (20000 en Israel) qui se déchaussent pour prier à la Synagogue.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kara%C3%AFsme

 (2)
6/2/1943:Himmler reçoit un rapport sur la quantité de matériaux récoltés sur les déportés de Birkenau: 97 000 habits d’hommes, 132 000 pantalons d’hommes, 97 manteaux de femmes, 3 000 kilos de cheveux. Les récupérations d’enfants incluent 15 000 manteaux, 11 000 vestes, 9 000 robes, 22 000 paires de chaussures.

Note:
Est-ce utile d'ajouter que moi aussi je dois ôter mes chaussures avant d'entrer chez-nous, question d'hygiène et pour ne pas salir le carrelage ? Un impératif plus brûlant que le Buisson !

- Maintenant j'apprends que vient d'être mis aux enchères un de ces tableaux, au prix de départ de vingt millions de dollars.... soit vingt  millions de chaussures neuves !
....Quand on sait que Van Gogh est mort dans la misère !!



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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 08:27





Le Musicien inconnu



Mon paysage est simple,
Sous ma fenêtre un arbre vénérable
Une sorte d'érable,
Qui n'est pas là pour la rime
Car il est le roi du jardin,
Une cité pour tous les bijoux ailés
Qui les abrite du soleil en été
Et en hiver les protège du vent glacé.
A ses pieds un banc, pour les mamans et leurs couvées,
Les pigeons s'y pressent pour becqueter
Les miettes des goûters.
Ils ne s'effrayent ni des cerceaux, ni des petits pieds bottés.

Lorsque le soir tombe et que sonnent les carillons,
Une ombre furtive enjambe le portillon
Déballe sa maison,
S'entoure d'une couverture, et serrant dans ses bras un violon
S'endort sur le banc avec comme compagnon d'occasion
Un chat noir décharné
Qui se réchauffe à ses pieds.

A l'aube, quand le soleil dore les plus hautes branches
Et que les oiseaux s'essaient timidement à pépier
Le vagabond se lève, étire ses membres ankylosés
Par le froid et l'humidité,
Bois un grand bol d'air frais en guise de café,
Plie sa besace, et disparaît avant que le gardien
Ne vienne ouvrir le jardin aux  passants pressés:
Une traverse charmante de feuilles jonchées
Qui crissent sous les pas joyeux des écoliers engoncés.

Au coin d'une rue, devant la banque aux larges baies
Je l'ai retrouvé, cet artiste avec son costume froissé
Tirant son archet sur un violon au vernis écaillé.
Dans le bruit des autos,
Sa musique n'avait pas d'écho.
A ses pieds de rares piécettes dans son béret fatigué
Tandis que vont et viennent à ses cotés
Des inconnus qui transforment en billets
Une  curieuse carte codée.

Sans logis, sans famille, il s'accroche à la vie
La terminant au son d'une Petite Musique de Nuit
Flattant les oreilles de passants gênés,
Qui pressent le pas et détournent la tête
De la misère qui se joue à leurs pieds.

Soudain s'ouvre la porte vitrée,
Vint à lui un homme au col amidonné et cravaté,
Lui enjoint de s'éloigner, et d'aller mendier
Loin de la clientèle qui se presse aux guichets.
Comme un Crainquebille moderne, il dut obtempérer.

Le lendemain quand je revins dans le quartier
Le trottoir était noir du monde qui retirait sa monnaie
Car la banque était assaillie par des rumeurs fondées :
Comme un château de cartes, les cours s'écroulaient
Et chaque matin naissait un musicien qui tendait la main !
Tous formaient un orchestre que la foule applaudissait.
Ce n'était pas le Pactole*
Mais le vieil homme était sauvé par les oboles.
Il gagnait suffisamment d'argent pour s'acheter un dîner,
Et le partager avec le chat et la gent ailée du jardin enchanté.

Fffou ! fffou !, cher lecteur ce n'est qu'une fourmi égarée
Sur ma feuille de papier
Que je viens de chasser
Avec les miettes de mon pain tressé.
Peut-être reviendra-t-elle demain
Affamée, armée d'un archer
Pour jouer sur cette ligne inachevée
Quelques notes, et quémander
La charité s'il vous plaît !

 

Note:
Ce musicien jouait rue Dizengoff, une rue de Tel-Aviv. Il tirait de son instrument les tristes accords de "La Cinquantaine", une musique que mon père aimait jouer comme lui au cello. Ce vieil homme, un ancien citoyen de l'ex-URSS,  m'a souri, résigné, lorsque je lui ai demandé l'autorisation de le photographier. J'ai eu  honte de mon audace. Je lui dédie ce modeste texte qui n'a de valeur que de rappeler ceux qui  eurent un passé plus brillant et que le destin a conduit à mendier.
Écoutons "La Cinquantaine" de  Jean-Gabriel Marie (1852-1928):

http://www.youtube.com/watch?v=EoMK8KlwCuM


*Pactole: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pactole


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Published by Georges Lévy - dans souvenirs
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 18:18


 Le Prisonnier



 



Non, ce dessin n'est pas celui d'un prisonnier à la Santé*, mais bien de moi, prisonnier de ma santé pendant de longues années. Inconsciemment j'avais fait le dessin  de cet enchaîné essayant de se libérer, tourné vers la lucarne d'où perce un rayon de liberté inaccessible, enragé par le désespoir. Bien-sur aujourd'hui ce carré de papier peut paraître excessif, et il m'effraye encore tant il fut l'expression exacte de mon état d'âme quand je sortis de l'enfance pour entrer dans le monde des adultes. Tout simplement je souffrais alors d'un asthme*cruel qui gâcha ma jeunesse. Une maladie qui accompagnait chacun de mes pas avec le sifflement en cadence de mes bronches.
 Je n'étais cependant pas né asthmatique. Je le devins lorsque en 1942 nous devions nous précipiter à l'abri qu'envahissait à chaque alerte le gaz fumigène qui se répandait sur la ville, pour cacher l'armada américaine et les installations portuaires dont nous étions proches. Ma mère me couvrait en vain le visage d'un mouchoir imbibé d'eau de Cologne lorsque nous attendions impatiemment, assis sur nos chaises pliantes la sirène de fin d'alerte.

       Sur le trottoir du Blvd Carnot, face au Port
 une batterie américaine de canons Bofors anti-aériens.

Les algérois  remarqueront à droite le Casino (Hotel Aletti) et à gauche la Nouvelle Mairie



Alger était une très belle ville, comme toutes celles bâties en amphithéâtre avec la méditerranée à leurs pieds. Mais sa situation géographique transformait les bas-quartiers en un bain d'humidité qui montait à l'assaut des collines avec le soleil levant. C'est cette hygrométrie féroce qui remplissait mes poumons de liquide et transformait mes nuits en calvaire. L'asthme disent les spécialistes est un mélange d'allergie mais aussi d'état nerveux, d'angoisse, et de sensibilité maladive.
 Moi j'essayais toutes mes ruses pour tromper l'ennemi qui rampait sournoisement autour de moi. Comme les crises d'étouffement se déclenchaient la nuit quand j'essayais de m'endormir, je décidais un soir de ne plus me coucher. Je m'asseyais devant la petite table dans ma chambre, ouvrais l'épais Gaffiot pour faire semblant de me plonger dans la traduction de ma version latine à rendre le lendemain. En me concentrant sur ces lignes qui sautaient devant mes yeux fatigués, j'essayais quelques fois avec succès à atteindre  indemne la frontière du jour libérateur. Mais le plus souvent je passais mes nuits accoudé à la fenêtre du bureau qui s'ouvrait sur une vue panoramique de la baie .


          Albert Marquet -Le Port Embrumé (1943)





Cette fenêtre avait l'avantage inestimable d'avoir un rebord épais à la hauteur de mes bras qui ainsi pouvaient s'y agripper exactement comme à une bouée . Et la cage thoracique soutenue  me permettait une respiration moins haletante.
 La nuit n'était pas vide. Ses travailleurs  n'étaient pas silencieux aussi. En bas à la gare de l'Agha les cheminots triaient les wagons de marchandises grâce au large réseau de rails en pente. La Tour d'aiguillage se dressait sur ma droite proche du Hamma, illuminée des lumières colorées des sémaphores. Les cheminots libéraient les wagons en desserrant leurs freins pour constituer une rame. Pour éviter un tamponnement trop brutal, ils les accompagnaient  arc boutés sur le marche-pieds pour en fin de course peser de tout leur poids sur le levier de frein  et sauter en marche avant l'inévitable choc qui faisait tressaillir la nuit. Un métier très dangereux.
Je les revois se courbant pour se faufiler entre les tampons et accrocher les lourdes chaînes pour relier les wagons. Ainsi s'organisaient les convois de marchandises. Au petit matin s'y attelaient les noires locomotives à vapeur pour gravir la pente à grands coups de  panaches et disparaître à ma vue dans la courbe vers Hussein-Dey  pour assurer la prospérité des villes algériennes.

Le port aussi était une attraction nocturne avec ses remorqueurs infatigables qui glissaient en silence dans les bassins en rayant l'obscurité de leurs fanaux jaunes et verts. Quand j'étais las de fouiller ces paysages, j'observais sous mes yeux dans ma rue les éboueurs qui déroulaient les longs tuyaux d'arrosage. Ils ouvraient la vanne située au bord du trottoir avec une clef à haut manche en forme de T, et alors jaillissait de la lance en laiton un puissant jet que l'homme botté avait même de la peine à maintenir en se penchant en avant.
Les trottoirs devenaient luisants, décrassés de leurs poussières et les pavés brillaient pour accueillir un jour nouveau. Juste à l'aube, lorsque le Cap-Matifou tout gris sortait de l'ombre éclairé dans son dos par le ciel rose du soleil levant, s'approchait dans un fracas de métal la voiture de la Ville qui collectait les ordures ménagères avec des concerts de poubelles entrechoquées à réveiller les morts. Maintenant tout devenait net, le Djurdjura reprenait sa place dans le décor, les coteaux de Mustapha se piquaient de cubes jaunes, les coins noirs devenaient verdoyants, et dans ma rue les pavés sonnaient du trot des petits chevaux gris des maraîchers. Montait une odeur fraîche de la campagne mêlée à celle du crottin matinal, les premiers tramways tanguaient sur leurs rails étincelants, les camions des livreurs faisaient trembler l'immeuble, les sirènes du port annonçaient une journée de labeur et moi, enfin, je sortais vainqueur de cette nuit interminable .
 
A cette époque, je dus subir tous les assauts des apothicaires. J'étais bourré de théophylline*, de phénergan, ai du respirer un révolutionnaire mélange gazeux de je ne sais quelle composition secrète chez le Docteur Zaffran à Belcourt, faire des cures au Mont Dore et y boire des solutions volcaniques et aspirer des émanations délétères venant tout droit du centre de la terre, et même subir, je n'ai pas encore compris la raison, des jets d'eau à forte pression qui me collaient tout nu au mur de la salle de cure, comme on "soignait" dans le temps les forcenés dans les hôpitaux psychiatriques. Le tout sans résultat convainquant, bien au contraire.
Puisque à chaque retour à Alger, je piquais une crise épouvantable, mais prévue par le célèbre Dr Debidour du Mont Dore, comme une réaction naturelle après la cure !




Du Mont Dore cette photo de mon copain (avec son bateau) prise par un photographe ambulant sur le chemin du bassin du Parc. Je recopie la dédicace presque illisible au dos du cliché:
" En souvenir du Mont Dore à mon camarade Georges .Amitiés. Armand.
Armand Besambles, 103 rue de Javel.Paris 15ème."
Hélas, malgré mes recherches n'ai pu retrouver la trace de mon camarade de cure et de jeux. Je vécus en Auvergne de belles journées radieuses et y découvris la joie de vivre.


A un stade quasi critique, je fus soigné par l'excellent Docteur Georges Benyamine, un homéopathe renommé à Alger, mais qui n'hésita pas au début à me soulager à l'aide de cortisone, médicament radical mais à effets secondaires. Ce Docteur qui connaissait bien les limites de la médecine conventionnelle m'interrogeait souvent après les auscultations habituelles, et ensuite compilait ses gros livres pour choisir un  anti-histaminique au nom savant et calculer la dilution la plus favorable. Dans mes nuits, revenaient alors un rêve bizarre où roulaient vers moi des rangées menaçantes de grosses boules, ou bien parfois aussi c'était un mur d'eau qui sortait de la baie, comme un vrai tsunami avant bien que j'appris l'existence de ce phénomène !
Ce Docteur nous dit un jour, que le seul remède efficace serait d'aller habiter à.... Colomb-Bèchar où la siccité de l'air et le calme m'offriraient de meilleures conditions.

Paul-Elie Dubois (1886-1949). Au Désert.



Moi j'étais prêt à faire n'importe quoi pour me libérer de ce carcan.  Mais la situation en Algérie étant catastrophique cette solution devint caduque .
Un soir que j'étais de garde à mon poste d'observation, et regardais de ma fenêtre du coté du carrefour de l'Agha, un éclair bleu jaillit du Maurétania, suivit d'un grondement qui alla se répercuter sur les hauteurs de la ville. Après un court moment, j'entendis dans la nuit sèche de l'été une pluie. Une pluie de débris de verre qui tombait de la façade de l'immeuble aux centaines de fenêtres brisées par le souffle du plastic posé à coté des piliers d'Air France.
Peu de temps auparavant, le petit immeuble des Contributions de la rue Marceau juste derrière la fenêtre de ma chambre, se vida  de ces dossiers que les contribuables avaient remplis, dans une explosion du même genre, cette fois joyeusement accueillie par les citoyens ! Seule une vitre de ma fenêtre se fendilla et je ne jugeais même plus nécessaire de la réparer.
 Les  huit années rougies par les attentats du F.L.N. avec les épouvantables explosions quotidiennes mettaient les nerfs à fleur de peau. Je me souviens particulièrement des explosions mortelles des lampadaires, tout près de chez moi, à l'arrêt des Deux-Moulins, synchronisées par les assassins avec la sortie du Lycée Gautier et des Écoles communales . Les terroristes s'étaient déguisés en employés de la Compagnie de l'Electricité pour mettre des charges à retardement à l'intérieur des pieds des lampadaires en ouvrant la plaquette de visite des fusibles.

Mais dans la vie il ne faut jamais désespérer !
 Un 4 Juin 1958, De Gaulle atterit à Maison-Blanche et je fus l'un parmi les centaines de milliers d'algérois crédules qui attendirent son entrée de Sauveur à Alger. En fin de la Route Moutonnière*,son escorte emprunta la rampe Veuve et Pérez, passa devant l'École de Commerce tourna à gauche en franchissant le pont Chassériau et tout de suite à droite pour déboucher triomphalement au Boulevard Baudin. Je l'attendais avec mon Elgy-Lumière au deuxième étage de l'immeuble de vieilles parentes, juste en face de l'immeuble des Étudiants . Ce jour-la j'étais en pleine forme, ne pouvant manquer ce jour historique.



 En exactement quatre années "il" réussit graduellement à ruiner la situation politique et militaire, et creuser un fossé entre les Français pour arriver à son but: Échanger l'Algérie Française contre du pétrole et du gaz saharien et des bases nucléaires,et se déconnecter de ces algériens qui s'étaient obstinés pendant 130 ans de colonisation... à ne pas vouloir se convertir. De Gaulle ne voulait pas en faire des citoyens à part entière qui auraient envahi la France !.

En Juin 1962, je dus donc comme presque un million de Français d'Algérie, partir pour des "vacances" définitives en métropole. J'avais comme tous bien des regrets, mais un très personnel, original et angoissant : je ne pouvais emporter avec moi le rebord boisé de ma fenêtre qui m'avait si souvent aidé à attendre la délivrance du matin !.
Je dus donc me ressaisir et ne compter que sur ma volonté pour ne plus ressembler à un poisson sorti de l'eau, qui cherche, les yeux exorbités à respirer par ses branchies à sec.
Je débarquais à Paris, au climat continental et vivifiant que même l'hiver si rude  de 1962 n'arriva pas à me terrasser. Cette année terrible pour la majorité fut pour moi une délivrance. Je réussis à surmonter ma maladie et découvris la vie normale de mon âge.
 Adieu les Chameaux de Colomb-Bèchar, à moi les Chamelles de Paris !

Mais ceci est une autre histoire .

Notes :
 1) J'ai passé volontairement sous silence les détails des tortures d'une crise d'asthme. Au moins les pendus meurent après quelques minutes de tressautements. Mais le non moins terrible peut-être l'attitude peu compréhensive d'un enseignant  devant les absences répétées qui transforment la vie scolaire en un supplice semblable au tourniquet espagnol.

 2) Théophylline : Broncho-dilatateur extrait des feuilles de Thé .
                                          Feuilles de The Vert

 3) La Santé. Quel drôle de nom pour cette sinistre prison parisienne !.
 
 4) Route moutonnière. Cette route du littoral était sans doute  un chemin facile pour les troupeaux de moutons vers les marchés et abattoirs. La mer qui roulait  des vagues blanchies d'écume qui s'envolait au vent pourrait etre une origine plus poétique du nom de cette route .

 5) L'asthme est presque guérissable, il ne faut jamais perdre l'espoir d'une amélioration et le malade est généralement son meilleur médecin. Sachez qu'à mon arrivée en Israel, je dus en tant que réserviste faire mes classes dans les désertes collines de Judée, mais jamais les efforts physiques 
ne m'importunèrent, moi qui au Lycée était dispensé de l'heure hebdomadaire d'éducation physique dont le but est justement de développer la capacité pulmonaire !


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